Écrit par : Gnostic Instructor   Catégorie : La Vie Gnostique du Bouddha

Ayant perçu que la vie mène à la maladie, à la souffrance et à la mort, Shakyamuni était convaincu qu’il devait y avoir un moyen de les surmonter. Il n’a pas accepté que tous les êtres doivent souffrir. Il croyait qu’il y avait un moyen d’éliminer la souffrance.

Il vit une personne sainte, un moine, un renonçant et décida de suivre le même chemin. Ainsi, par compassion pour tous ceux qui souffrent, il a abandonné sa vie matérialiste. Il a rejeté son héritage, ses liens matérialistes, et il est sorti dans le désert pour méditer.

Ce renoncement démontre qu’il a vaincu l’épreuve de l’Arcane Six: le choix entre la Vierge et la Prostituée. Shakyamuni a choisi la Vierge: les racines immaculées et sans tache de la psyché. Il a rejeté la prostituée: les désirs du mental. Ce choix doit être fait dans l’action, et dans le chemin initiatique, il est fermement fait à travers la création des Corps Solaires. Par conséquent, un véritable renonçant a totalement renoncé à tous ses liens avec la magie noire: les causes de la souffrance. Sans les corps solaires, ce n’est pas possible. (Voir: Les Sept Paroles)

« … nous devons inévitablement descendre dans les Abîmes pour couper définitivement toute relation, toute racine, tout lien avec les créatures du mal. » – Samael Aun Weor

Cet événement est généralement symbolisé par le Bouddha coupant ses cheveux et les jetant au ciel. Cette étape est honorée par tous les moines et nonnes de ses traditions, qui se rasent la tête. La coupe des cheveux symbolise la coupe de tous les liens avec le matérialisme. L’épée est un symbole de volonté.

Quand il se coupe les cheveux, il est généralement symbolisé comme prenant cette mèche et la lançant dans le ciel, et le Dieu Indra la prend. Et c’est un symbole de renoncement, de tout abandonner à Dieu.

« Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille corrompent, et où les voleurs percent et volent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni la teigne ni la rouille ne corrompent, et où les voleurs ne percent ni ne volent : Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. » – Matthieu 6: 19-21

Mais il y a un symbole plus profond. Dans les mondes intérieurs, la longueur de ses cheveux représente la profondeur de sa chasteté. Ainsi, Gautama se coupant les cheveux indique la perfection de la transmutation sexuelle: la sublimation complète de l’énergie sexuelle sacrée.

À un niveau encore plus profond, cet événement symbolise l’entrée dans le Chemin Direct: le Chemin du Bodhisattva. Motivé par une forte compassion pour la souffrance des autres, et poussé par un fort sentiment de renoncement, le Bodhisattva place tous ses désirs, tous ses biens, tout de lui-même, entre les mains de son Intime.

Le Septième Arcane est Le Triomphe, le char dans lequel l’Intime, le Bouddha de Contemplation, commande son véhicule: le Bodhisattva ou Bouddha de Manifestation. Ainsi, à la septième étape, lorsque Gautama renonce au monde, il jette ses cheveux vers le ciel, il relève ce défi, pour remplir le devoir de son propre Bouddha de contemplation, qui est de se sacrifier, d’enseigner le Dharma au nom de tous les êtres souffrants.

En d’autres termes, grâce à ses efforts antérieurs, travaillant aux côtés de sa femme, il a créé le char: les corps de l’ âme (symbolisés par les colonnes). Désormais, avec son engagement à renoncer à tout intérêt personnel, il accomplit l’Arcane 7 et devient le char, le véhicule, à travers lequel le Bouddha de Contemplation (le guerrier dans le char) peut s’exprimer au nom des autres. Mais pour réussir, le Bodhisattva doit être perfectionné. C’est une chose de fabriquer le char et une autre de le perfectionner.

Analyse en Sept Points

Dans le Bouddhisme, le processus de perfectionnement du Bodhisattva est représenté par les niveaux Bhumis ou Bodhisattva, à travers lesquels le pratiquant supprime complètement toute illusion du mental à travers un processus intensif d’auto-purification. Le but est la perfection de la Bodhichitta ou le mental éveillé de la perspicacité compatissante, une forme spécifique de conscience discernante qui perçoit directement la vraie nature de la réalité.

Dans le Madhayamakavatara de Chandrakirti (600-650 après J.C.), une analyse en sept points du soi est présentée, avec les agrégats représentés par un char et le soi symbolisé par le conducteur. Tant que le Bodhisattva est trompé par l’illusion du « Moi », il reste imparfait. Ainsi, le « Moi » doit être soumis à l’analyse méditative en sept points, qui déclare que le « Moi » – le soi – (le char) n’a pas d’existence indépendante parce que:

  1. Le soi (le char) n’est pas identique aux agrégats (ses parties)
  2. Le soi n’est pas séparé des agrégats
  3. Le soi n’est pas la base des agrégats
  4. Le soi n’est pas basé sur les agrégats
  5. Le soi ne possède pas les agrégats
  6. Le soi n’est pas la collection d’agrégats
  7. Le soi n’est pas la forme des agrégats

Cet entraînement en sept points est une pratique d’analyse méditative du « Moi » – lorsque chaque « Moi » ou ego séparé est pleinement compris, il peut alors être détruit. De cette manière, à mesure que le faux « Moi » est supprimé, la vraie nature de l’Être est révélée. Dans la carte de Tarot, le guerrier (Atman, Chesed, le Bouddha de Contemplation) tient en l’air l’épée de Manjushri: la sagesse discernante de Prajna qui perçoit le Vide illuminant et coupe ainsi toute illusion.

« Percevant que le « Moi » et le « mien » sont tous deux vides,

le yogi sera entièrement libéré. » – Chandrakirti

Ainsi, ayant renoncé à ses liens avec tout ce qui crée la souffrance, Shakyamuni s’est efforcé d’entrer en méditation pour détruire les perturbations mentales et les conditions karmiques qui restaient dans son mental, pour devenir ainsi un char en forme: vide, ouvert et réceptif aux commandements du guerrier, le vrai Soi, le Bouddha intérieur.