Écrit par : Gnostic Instructor   Catégorie : La Vie Gnostique du Bouddha

À l’étape 11 de l’histoire traditionnelle de la vie du Bouddha, il monte dans le ciel de Trayastrimsa. Trayastrimsa signifie littéralement « les trente-trois ». Dans l’Hindouisme, ce nom est une référence à la maison des trente-trois Dieux, comme expliqué dans les Vedas. Par ciel, on entend un niveau élevé de conscience.

Le nombre trente-trois est très significatif dans toutes les traditions ésotériques. Jésus de Nazareth a vécu trente-trois ans. Les Maçons primitifs – qui protégeaient autrefois cette connaissance ésotérique – ont trente-trois degrés d’initiation. Plus important encore, chacun de nous a 33 vertèbres sur notre colonne vertébrale.

En synthèse, ces trente-trois degrés ou années sont un symbole ésotérique se référant au progrès de la Mère Divine Kundalini le long de la colonne vertébrale de l’initié. La colonne vertébrale est l’échelle du ciel.

« Et il (Jacob) a rêvé, et voici une échelle dressée sur la terre (philosophale, symbolique, le corps physique), et son sommet atteignait le ciel: et voici les anges de Dieu qui montaient et descendaient dessus. » – Genèse 28:12

« Je lève mon échelle vers le ciel, afin de voir les Dieux. » – Le Livre Égyptien des Morts, ch. 149

Le 33e degré ou vertèbre représente l’aboutissement du travail. Le ciel Trayatrimsa symbolise le niveau de conscience atteint par celui qui éveille complètement la Mère Divine Kundalini.

Dans l’histoire, le Bouddha quitte la Terre et rend visite à sa mère, qui est dans ce ciel des trente-trois Dieux. Une fois sur place, il leur enseigne le Dharma. Fait intéressant, un moment très similaire se produit dans les textes de la pyramide Égyptienne:

« Le roi monte vers le ciel parmi les Dieux qui habitent dans le ciel. Il se tient sur la grande [estrade], il entend les affaires des hommes. Re te trouve sur les rives du ciel dans ce lac qui est à Nut (la déesse du Ciel). ‘L’arrivée vient!’ disent les Dieux. Il (Re) te donne son bras sur l’escalier vers le ciel. « Celui qui connaît sa place vient », disent les Dieux. O Pur, prends ton trône dans la barque de Ré et navigue dans le ciel… » – (Pyr. 1169-72)

Dans les peintures traditionnelles de ce moment, le Bouddha est représenté assis sur le trône d’Indra, roi des Dieux (parfois de style Occidental, comme le Maitreya). Cela symbolise sa perfection de la pierre philosophale, sa base et son support, son trône; cette pierre est l’énergie sexuelle.

Dans le livre Judéo-Chrétien de la Genèse, après avoir reçu la vision de l’échelle vers le ciel, Jacob a compris comment commencer le processus de l’ascension:

« Et Jacob se leva tôt le matin, prit la pierre qu’il avait mise pour ses oreillers, la dressa pour en faire un pilier, et versa de l’huile dessus. » – Genèse 28:18

Jacob savait qu’il lui fallait transmuter son huile sacrée: l’énergie sexuelle. C’est le même culte des anciens Brahmanes Hindous, qui versaient des liquides sacrés sur le lingam de Shiva comme symbole de la transmutation sexuelle.

Le Bouddha monta pour s’asseoir sur le trône d’Indra – devenant le roi des Dieux – en perfectionnant son énergie créatrice. Maintenant, il crée comme le font les Dieux: parfaitement, sans luxure, colère, jalousie, envie, gourmandise, orgueil ou tout autre désir égoïste. De plus, il a rendu hommage à sa Mère Divine, source de tout.

L’histoire continue en racontant que les êtres de la Terre le supplient de revenir. Lorsqu’il répond à l’appel de l’humanité souffrante, le Bouddha redescend sur terre au moyen d’une échelle divine à trente-trois échelons.

Naturellement, cette échelle divine est symbolique de sa propre colonne vertébrale, illuminée par le pouvoir de la Mère Divine Kundalini. Cette même échelle est dans l’Enfer de Dante: elle monte et descend le dos de Lucifer (littéralement, « le porteur de lumière »), la colonne vertébrale. En d’autres termes, le Bouddha est capable de monter et descendre le long de la colonne vertébrale, d’aller au ciel et de revenir. Dans le symbolisme Védique, le lingam de Shiva a le même pouvoir: le lingam est l’organe sexuel de Shiva, et il est si grand qu’il atteint tout le chemin du ciel à l’enfer et retour. Tous ces symboles rapportent la même vérité: c’est l’utilisation de notre énergie sexuelle qui détermine notre chemin à travers la vie et la mort.

Il est également rapporté que lorsqu’il monte ou descend sur cette échelle, le Bouddha fait toujours trois pas. Comment gravir une échelle de trente-trois échelons jusqu’au ciel en trois pas? Comment descend-on du ciel pour aider l’humanité en trois pas? Les trois pas sont les trois facteurs de la révolution de la conscience :

  1. Mort
  2. Naissance
  3. Sacrifice

Ces trois forces créent. Le Bouddha devient un Bouddha et monte au ciel en perfectionnant psychologiquement ces trois facteurs à travers:

  1. La mort du désir (l’ego) à travers la sainteté
  2. La naissance de l’âme (les corps du Bouddha) à travers la chasteté
  3. Sacrifice pour l’humanité à travers la charité

Le Bodhisattva descend pour aider l’humanité ayant perfectionné ces trois forces à l’intérieur, et illustre cela en descendant dans le monde pour les enseigner. C’est la mesure de tout véritable enseignement spirituel: ils doivent toujours enseigner les trois facteurs. Ce sont les trois pas pour monter et descendre l’échelle.

Dans le Onzième Arcane, nous voyons une image de la Mère Divine tenant ouverte la gueule d’un lion. La carte du Tarot s’appelle Persuasion ou Force. Le Bouddha est le lion du clan Shakya. Le lion a de nombreux symboles: le lion peut représenter la loi du karma, il peut représenter un maître, et le lion peut aussi représenter notre passion animale. Mais dans cette onzième étape de la vie du Bouddha, il monte au Ciel sur les trente-trois échelons de cette échelle, au 33e Ciel pour rendre visite à sa mère. C’est elle qui lui fournit le pouvoir de persuasion, la force, de donner le rugissement de son lion: le Bouddhadharma.

Dans la Kabbale, la Mère Divine émane de Binah, la troisième sephirah sur l’Arbre de Vie. Binah est l’Hébreu pour « Intelligence ». Elle est la direction habile qui dirige le flux du Dharma de la bouche de l’initié. Elle gère habilement la gueule du lion, afin que son rugissement du Dharma puisse guérir le cœur et le mental de ceux qui souffrent sous les illusions de l’ego. Sans cette intelligence nécessaire, le Dharma peut tuer ou nuire. Le Dharma est puissant. Le Dharma (Gnose) est une épée à deux tranchants qui doit être utilisée habilement. Elle doit être donnée à l’humanité souffrante avec beaucoup d’intelligence: la direction de la Mère Divine.

Ainsi, renforcé par sa Divine Mère Kundalini, le grand Bodhisattva est descendu sur son échelle sacrée pour aider l’humanité souffrante.