Écrit par : Samael Aun Weor   Catégorie : Conférences de Samael Aun Weor

Jésus avec les Scribes et les Pharisiens

Parlons de l’auto-réalisation intime de l’Être. Pourquoi sommes-nous réunis dans cette salle, pour quoi ? Évidemment, nous avons des inquiétudes, c’est clair, nous aspirons à quelque chose ; nous ne sommes pas satisfaits de notre façon de vivre. Parce que, sans aucun doute, il y a quelque chose qui nous touche intérieurement, quelque chose d’intime, sinon nous ne serions pas ici, à cet endroit.

Nous devons faire la distinction entre l’Intime (Esprit) et l’essence (conscience) ; l’essence elle-même (pourrions-nous dire, pour parler en synthèse), est une fraction, pourrions-nous dire, de l’Intime en nous. Malheureusement, l’essence est embouteillée dans les agrégats psychiques. De tels agrégats personnifient nos erreurs de type psychologique. Incontestablement, chaque défaut, même s’il est invisible aux sens extérieurs, est dûment personnifié.

Dans un passé très ancien, l’essence n’était pas embouteillée, elle était libre ; elle se manifestait pleinement à travers notre quotidien, à travers nos sens. Alors l’humanité était innocente, sublime, belle ; on ne connaissait ni le bien ni le mal, tout appartenait à tout le monde, et chacun pouvait sans crainte manger de l’arbre du voisin.

A cette époque, les gens étaient en contact avec les créatures des mondes supérieurs. A cette époque, les élémentaux du feu (salamandres), de l’air (sylphes), de l’eau (ondines) et de la terre (gnomes) étaient visibles et tangibles pour tout être humain…

Chaque humain parlait l’Ortho très pure de la langue divine qui coule comme une rivière d’or qui traverse une jungle épaisse et ensoleillée. C’était la langue cosmique ineffable, dans lequel les Élohim parlent, dans lequel parlent tous les élémentaux de la création… C’était la langue originelle…

Cette langue a une grammaire parfaite ; c’est évident. Par exemple, si je voulais vous dire dans une langue sacrée que je resterai ici encore un peu pour vous donner les enseignements, en faisant mon devoir, je dirais : « Samael Aun Weor masleim urim seidau ». Mais si je voulais ajouter que même en me battant et même si j’ai dû faire beaucoup de sacrifices, je dirais : « lutener aeodon »…

Cette phrase qui est apparue sur le mur lors du fameux banquet de Belshazzar, et que Daniel a interprétée, nous la retrouvons dans la pur langue sacrée : « Mene, mene, phares upharsin ». On pourrait aussi dire : « Om mene tekel phares upharsin », c’est-à-dire : « Votre royaume sera livré cette nuit aux Mèdes et aux Perses » ; et nous savons bien que Babylone, cette nuit-là, tomba entre les mains des Mèdes et des Perses… Ainsi, en d’autres temps, les humains parlaient cette précieuse langue.

Alors, l’humanité était innocente. Toute créature humaine à l’époque de l’âge d’or, au milieu de la Lémurie, pouvait clairement percevoir la moitié d’un holtapamnas. Un holtapamnas a environ cinq millions et demi de nuances de couleur et il était perceptible par tout être humain. Les initiés, ceux qui avaient été éduqués ésotériquement, pouvaient percevoir clairement un holtapamnas entier, à l’exception d’une tonalité, qui ne peut être perçue que par l’infinitude qui soutient tout, qui est, le père cosmique commun universel omnimiséricordieux, omniscient et omnipénétrant.

Environ 300 consonnes et environ 51 voyelles étaient normalement utilisées en Lémurie. Au fil du temps, les yeux se sont atrophiés et la capacité de parler a également diminué. L’odorat puissamment diminué, dégénéré, et après la submersion de l’Atlantide, l’espèce humaine plongea définitivement dans le chemin de la dégénérescence.

Maintenant oui, les sept couleurs de base du spectre solaire et quelques nuances sont à peine perçues ; c’est la crue réalité des faits.

Un chien a un meilleur odorat que nous pouvons avoir. Grâce à son odorat, un chien peut suivre les traces de son maître. A des milliers de mètres de hauteur, l’aigle peut apercevoir un lézard et fondre pour l’attraper. Il y a des créatures animales dont les réalisations spirituelles, dont les réalisations de l’Être, sont meilleures que les nôtres ; c’est la crue réalité des faits.

Ainsi, le temps est venu, il faut le savoir, que nous marchions sur le chemin de l’involution, de la dégénérescence. Quand l’essence était libre, elle était éveillée, alors tout était lumière en nous ; on disait que nous étions dans l’Éden. Mais quand l’ego a surgi en nous, l’essence s’est enfermée dans « le moi-même ».

Quand l’essence était libre, la vraie foi existait, le produit de la vraie connaissance, mais quand l’ego a surgi et l’essence est devenue piégée dans le moi-même, sans aucun doute, la foi a été perdue; aujourd’hui le scepticisme règne en maître sur la surface de la Terre.

Il est bon de savoir qu’à partir du 18e siècle, le scepticisme a gagné une grande force parmi toute l’humanité, il a empoisonné les mentals humains. Avant le 18e siècle, on voyait clairement, en Espagne, au large de ses merveilleuses côtes, la fameuse Non Trubada ou île cachée, au sujet de laquelle il existe de nombreuses légendes. C’est une île de la quatrième verticale, une île qui est dans l’état Jinn ou Djinn.

Mais depuis que le scepticisme a pourri, disons, les mentals humanoïdes, à partir du 18e siècle, la Non Trubada est devenue invisible, plus personne ne la voit ; elle existe, mais personne ne la voit.

Parler d’élémentaux ou de gobelins aux habitants primitifs de l’Irlande, à l’époque des Hyperboréens, était aussi naturel que nous le sommes aujourd’hui de parler de poivrons ou d’oignons, ou de pommes de terre. Les gens vivaient avec les élémentaux ; aujourd’hui les scélérats de l’intellect se moquent de toutes ces choses. « Des histoires pour les petits enfants ! », dit-on…

Mais, nos générations passées étaient un peu différentes. Les contes de fées étaient donnés aux enfants pour s’amuser, et il ne fait aucun doute que ces contes préparaient leur mental à la perception des élémentaux. Aujourd’hui, les enfants vivent des aventures de différentes sortes : des choses qui sentent la guerre, des choses qui sentent les armes à feu, des crimes, des vols, etc. En somme, dès la petite enfance, les enfants sont préparés à devenir des meurtriers, des voleurs et cinquante mille autres choses.

Ainsi, au fil du temps, l’ego a pris de plus en plus de force, et l’essence, la conscience a été de plus en plus emprisonnée au sein de l’ego.

Aujourd’hui, quand on naît, il est évident que l’essence arrive un peu à s’exprimer. Il est bien connu que chaque personne normale et ordinaire a 97% de subconscience et 3% de conscience ou essence libre.

En venant au monde, en revenant, en réapparaissant, en se réincorporant, ces 3% d’essence libre imprègnent l’ovule fécondé et se manifestent dans le corps du nouveau-né. Les 97% de subconscience de l’essence sont embouteillées dans les « Moi », les agrégats psychiques ; l’essence n’a pas la possibilité de s’exprimer.

Ainsi, ce qui s’exprime chez l’enfant, c’est l’essence libre, le petit pourcentage d’essence libre ; qui vous donne la conscience de soi, l’objectivité consciente.

Un nouveau-né est conscient de lui-même, mais l’adulte croit que le nouveau-né est inconscient, inattentif et qu’il a tort. Le nouveau-né, justement, est différent : il voit l’état lamentable dans lequel se trouvent les adultes ; il n’ignore pas que les adultes dorment, le nouveau-né les voit tels qu’ils sont ; le nouveau-né est éveillé.

Les « Moi » ou agrégats psychiques (ou peu importe comment nous les appelons), personnifiant les erreurs, tournent autour du berceau de cette créature, ils vont et viennent ; ils aimeraient entrer dans cet organisme, mais ils n’en ont pas l’occasion. Il est intéressant de voir que seule l’essence pure, libre et consciente d’elle-même parvient à s’exprimer à travers l’enfant ; c’est pourquoi l’enfant est éveillé.

Parfois les créatures rient, avec qui rient-elles ? Avec leurs propres « Moi » qui vont et viennent, d’autres fois ils ont peur quand ils voient leurs « Moi » très laids. Ils voient aussi généralement les parents de leurs existences passées ; ils se souviennent de leurs vies antérieures ; ils n’ignorent rien et c’est merveilleux.

Dans les temps où l’ego n’était pas né dans l’espèce humaine, nous étions tous comme des enfants ; nous pouvions voir les anges, les dieux, les êtres ineffables et parler avec eux face à face. Quand l’ego s’est développé, ce bonheur était perdu. De même, lorsque l’enfant naît, en principe son essence se manifeste, mais plus tard les choses changent : les « Moi » commencent à s’exprimer à travers la personnalité, et au final, l’essentiel y reste en arrière-plan, oubliée.

Malheureusement, avec l’éducation que nous recevons de nos instructeurs, avec l’exemple de nos proches, la personnalité se développe. Incontestablement, cette personnalité vient constituer quelque chose comme une sorte de double conscience, ou mieux dit une fausse conscience.

Dans la personnalité se trouvent les coutumes qui nous ont été inculquées, les habitudes que nous avons formées, les doctrines avec lesquelles nous avons été éduqués, les concepts que nous avons élaborés, l’éducation reçue, etc. La personnalité vient remplacer la vraie conscience ; la conscience vient à rester dans les profondeurs de l’oubli, sans possibilité de se manifester. La seule chose qui vient s’exprimer à travers nous, c’est la fausse conscience, la fausse personnalité.

Ainsi, la fausse personnalité agit mécaniquement. Pour chaque question la fausse personnalité a une réponse toujours mécanique ; la fausse personnalité vit selon des habitudes, des concepts, des opinions, des émotions inférieures, des instincts, des impulsions animales, etc.

Les activités de notre personnalité humanoïde sont inconscientes, mécaniques. Notre personnalité humanoïde ne sait rien de ce qu’est la vraie conscience, nous l’ignorons.

Notre vie est complètement mécanique ; elle marche, oui, mais mécaniquement, du fait de la loi des associations. C’est quelque chose de similaire à la conduite d’une voiture : vous conduisez votre véhicule dans les rues de la ville et tous les mouvements de cette machine sont effectués automatiquement. On se conforme à déplacer tels ou tels leviers et l’appareil marche, il bouge ; nous parcourons des milliers de kilomètres et nous ignorons totalement comment fonctionnent les différentes parties de la machine.

Celle qui s’assoit pour jouer du piano est inspirée, elle fait vibrer délicieusement les notes, elle est ravie d’extase, mais que sait-elle du mécanisme du piano ? Comment la mécanique de ses doigts est-elle traitée lorsqu’elle déplace la touche ? Comment fonctionne tout son fonctionnement biomécanique ? Cela est ignoré par elle. Elle est juste en extase en faisant vibrer ses mélodies, et c’est tout.

Alors aussi, la conscience vibre profondément avec le cosmos tout entier ; mais qu’est-ce que la personnalité sait à ce sujet ? Notre vie se déroule dans une mécanique totalement subjective. Nous ne savons rien de la réalité, nous ne sommes pas conscients des mystères de la vie et de la mort ; nous ne savons pas pourquoi nous agissons, pourquoi nous vivons, pourquoi nous travaillons, quel est le but de notre existence. Nous sommes plongés dans l’ignorance la plus supine.

La fausse conscience a déplacé la vraie conscience. Cette flashy fausse conscience est même parfois, disons, surprenante ; mais évidemment elle fonctionne mécaniquement.

Pour parler plus clairement, nous sommes des marionnettes mécaniques, de simples robots programmés pour tel ou tel métier, pour tel ou tel art, pour tel ou tel emploi, ou travail. On est programmé : ils en mettent un à la maternelle selon un certain programme ; puis on passe au primaire selon le programme ; au lycée, au « collège », et si on a beaucoup de chance et que notre cerveau aide un peu, on va programmé à l’université. Enfin on reçoit un titre, c’est évident, le titre aide « pour gagner des pièces », comme on dit par ici. Mais, après tout, ce n’est qu’un robot programmé et c’est tout. La conscience n’est pas du tout intervenue dans tout ce programme.

Dans tout ce programme, la personnalité, qui est le vrai robot, fonctionne ; il n’est pas programmée pour les matières ésotériques, il n’a pas été programmée pour étudier les mystères de la vie et de la mort ; ils n’ont pas non plus programmé ce robot humanoïde pour étudier, par exemple, ce qui est lié aux forces subtiles de la nature. Si à cela s’ajoute que l’essence est embouteillée, emprisonnée dans l’ego, alors il n’y a pas de foi ; d’où viendrait la foi, si l’ego n’a pas la foi ?

Conclusion : on est un robot sans foi, chargé de nombreuses doctrines, qui ne sait rien de lui-même ni des autres ; telle est la crue réalité des faits, et c’est vraiment lamentable.

Le temps est venu pour nous de nous préoccuper un peu plus de nous-mêmes ; le moment est venu pour nous d’essayer de nous auto-explorer pour nous connaître, ce n’est qu’ainsi, vraiment, que nous pourrons réaliser l’éveil de notre conscience.

Il est bon de savoir qu’aujourd’hui, notre centre de gravité est exclusivement établi… c’est-à-dire que notre centre magnétique est complètement établi dans la personnalité. Il est nécessaire que ce centre magnétique change de place : retirez-le de la personnalité et établissez le dans la conscience ; c’est évident.

Au fur et à mesure que nous désintégrons les éléments indésirables que nous portons en nous, le personnalité deviendra plus passive et notre essence ou notre conscience plus active. Lorsque tous les éléments indésirables que nous portons en nous sont réduits en poussière cosmique, la conscience sera active à cent pour cent, et la personnalité totalement en paix ; elle deviendra alors le véhicule de notre conscience : quand cela arrivera, nous posséderons notre âme.

Maintenant vous pourrez comprendre le sens profond de cette phrase de l’évangile qui dit :

« Dans votre patience, vous possédez vos âmes. » – Luc 21 : 19

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas dire que nous possédons notre âme. Au contraire, l’âme nous possède; nous sommes un lourd fardeau pour notre âme ; nous sommes comme une tumeur cancéreuse pour notre âme.

Mais quand nous détruisons complètement l’ego, alors la conscience libérée, l’essence pure se manifestera à travers notre personne humaine avec toute la seigneurie des temps anciens ; alors nous reparlerons dans l’Ortho très pure de la langue divine qui coule comme un fleuve d’or qui traverse une jungle épaisse et ensoleillée ; nous verrons les dieux du feu, de l’air, des eaux, de la terre ; les princes des éléments nous ouvriront les portes de leurs paradis. Nous serons revenus à l’état paradisiaque.

Ce sera alors quand nous posséderons réellement notre âme, quand nous serons vraiment tous âme ; même notre corps humain deviendra une âme et nous serons à cent pour cent âme.

Comparons cet état avec celui dans lequel nous nous trouvons actuellement, avec cette personnalité artificielle, mécanique, éduquée selon certaines coutumes, programmée comme n’importe quel robot.

Que pouvons-nous savoir de la vérité, de ce qui est réel, de ce qui est au-delà du corps, des affections et du mental ? Cependant, nombreux sont ceux qui pensent connaître la vérité. Rappelons-nous les paroles du Christ :

« Et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » – Jean 8:32

La vérité n’est pas une question de théories, de concepts, d’opinions ou d’idées. L’idée que quelqu’un se fait de la vérité n’est pas la vérité ; le concept que quelqu’un a pu élaborer sur la vérité, n’est pas la vérité ; une opinion, si respectable soit-elle, par rapport à la vérité, n’est jamais la vérité.

La vérité est l’inconnu d’instant en instant, de moment en moment ; la vérité est une question d’expérience directe, comme lorsque vous mettez votre doigt dans le feu et que vous vous brûlez, ou comme lorsque vous avalez de l’eau et que vous vous électrocutez.

Quand Jésus le Christ a été demandé: « qu’est-ce que la vérité ? » Il était silencieux ; et quand on a posé la même question au Bouddha Gautama Sakyamuni, il a tourné le dos et s’est retiré. C’est que la vérité n’est pas une question de paroles, mais d’une expérience vécue.

Vous pourriez ressentir l’extase d’un magnifique coucher de soleil, mais comment feriez-vous pour que quelqu’un d’autre ressente la même extase ? Pensez-vous qu’en le racontant vous le ressentiriez ? Cela doit être ressenti par soi-même et directement…

Le moment est donc venu de faire l’inventaire de ce que nous sommes, de ce qu’il nous reste et de ce qui nous manque, pour vraiment travailler sur nous-mêmes, ici et maintenant.

Trois Mentals

Évidemment, il y a trois mentals (et c’est quelque chose dont j’ai beaucoup parlé dans mes dernières conférences).

Le premier que nous pourrions appeler « le mental sensuel ». Il élabore son contenu conceptuel exclusivement avec les données fournies par les sens externes, c’est-à-dire par les perceptions sensorielles externes.

Le second est le mental intermédiaire, dans lequel les croyances religieuses sont déposées.

Et le troisième est le mental intérieur.

Que peut savoir le mental sensuel sur la réalité, sur les mystères de la vie et de la mort, sur l’âme, sur l’esprit, sur l’éternité ? Absolument rien !

Évidemment, le mental sensuel élabore son contenu conceptuel exclusivement avec les données fournies par les sens. Son véhicule est trop étroit et il ne peut pas sortir de la limite du monde mystico-sensoriel.

Le deuxième mental, le mental intermédiaire, aussi brillant soit-il, n’a que des croyances religieuses, mais ne peut rien savoir de la vérité.

Et comme le troisième, l’intérieur, est concerné, il est fermé. C’est le seul qui a accès à la réalité. Jésus le Christ avertit ses disciples :

« Alors Jésus leur dit : Prenez garde et gardez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens. » – Matthieu 16 : 6

Quel est le levain des Sadducéens ? La doctrine des cinq sens, les doctrines matérialistes.

Et qu’est-ce que le levain des Pharisiens ? Les doctrines du mental intermédiaire.

« Alors Jésus parla à la foule et à ses disciples, disant : Les Scribes et les Pharisiens sont assis sur le siège de Moïse: Tout donc tout ce qu’ils vous ordonnent d’observer, observez-le et faites-le; mais ne suivez pas leurs œuvres, car ils disent et ne font pas.

Car ils lient des fardeaux lourds et pénibles à porter et les mettent sur les épaules des hommes; mais eux-mêmes ne les déplaceront pas d’un seul de leurs doigts.

Mais ils font toutes leurs œuvres pour être vus des hommes : ils élargissent leurs phylactères, et élargissent les bords de leurs vêtements, et aiment les salles les plus élevées lors des fêtes, et les sièges principaux dans les synagogues, et les salutations sur les marchés, et être appelé des hommes, Maître, Maître. Mais ne vous faites pas appeler Maître : car un seul est votre Maître, le Christ même ; et vous êtes tous frères. Et n’appelez personne sur la terre votre père, car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne soyez pas non plus appelés maîtres, car un seul est votre maître, le Christ même. » – Matthieu 23 : 1-10

Nous savons bien que les Pharisiens vont dans leurs temples pour que d’autres puissent les voir ; ils assistent à leurs rites pour remplir un devoir, mais ils ne travaillent jamais sur eux-mêmes ; ils occupent toujours les premières places principales dans les synagogues, et les salutations sur les marchés.

« Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites ! car vous êtes comme des sépulcres blanchis, qui paraissent vraiment beaux à l’extérieur, mais qui sont pleins à l’intérieur d’os de morts et de toute impureté. » – Matthieu 23 : 27

Que peuvent savoir les Pharisiens sur la réalité ? Si vous voulez savoir quelque chose sur la réalité, vous devez ouvrir votre mental intérieur. Ceci, en soi, fonctionne avec les données de la conscience superlative de l’Être. Le ressort qui le meut en est un autre : ce ressort est la donnée de la conscience.

Ainsi, celui qui ouvre le troisième mental sait ce qu’est la réalité ; celui-là a un accès direct aux mystères de la vie et de la mort, celui-là peut se souvenir de ses vies antérieures ; celui-là peut étudier les livres de la loi, où sont ses propres débits et crédits ; celui-là peut entrer en contact direct avec les dieux de l’aurore du mahamanvantara, celui-là peut leur parler face à face.

Seul celui qui a ouvert le troisième mental a la foi. La foi n’a rien à voir avec les croyances. La foi est une chose et les croyances en sont une autre. La foi est la connaissance de la vérité, la connaissance directe et vivante de ce qu’est la réalité ; compréhension authentique de la science universelle ; connaissance pure, au-delà de l’amas de théories.

Ceux qui pensent que la foi est quelque chose comme les croyances religieuses ont confondu le troisième mental avec le second. En effet, celui qui pense ainsi ne connaît pas vraiment, à fond, la psychologie révolutionnaire

Il est nécessaire d’ouvrir le troisième mental, quoi qu’il en coûte. Et ceci n’est possible qu’en annihilant les agrégats psychiques. C’est le chemin évident à suivre.

Mais dans cette affaire d’annihilation des éléments indésirables que nous portons en nous, il faut une didactique approfondie et une dialectique vivante : la dialectique de la conscience.

On a beaucoup parlé de dialectique, mais ce qui est vraiment important, c’est la dialectique de la conscience, les événements marquants de la conscience superlative de l’Être.

Il faut vraiment, je le répète, commencer à s’auto-observer psychologiquement, si l’on espère vraiment, un jour, libérer l’essence, revenir à l’état paradisiaque originel.

L’auto-observation psychologique est fondamentale ; c’est clair.

Dans le domaine de la vie pratique, on peut se découvrir ; cela est évident. Dans le domaine de la vie pratique se trouve le gymnase psychologique de notre propre existence. Sans ce gymnase psychologique, la découverte de soi est impossible. C’est dans le gymnase psychologique de la vie que nous pouvons nous découvrir.

L’interrelation est formidable : sans doute, dans nos relations avec nos proches, avec nos collègues, avec des amis dans la rue, à l’école, etc., les défauts que nous avons cachés font spontanément surface ; et si nous sommes dans l’état d’alerte perception, d’alerte nouveauté, alors nous les voyons tels qu’ils sont.

Un défaut découvert doit être jugé analytiquement, puis éliminé…

Élimination des Défauts

Concernant les maîtres Gurdjieff, Ouspensky, Collins, Nicoll, etc., etc., etc., nous découvrons, avec une profonde douleur, une grave erreur : il se trouve que Gurdjieff s’est prononcé contre le serpent igné de nos pouvoirs magiques, et a laissé ses disciples sans armes.

« L’Institut pour le développement harmonieux de l’homme » de Paris, en effet, a échoué. Gurdjieff a fait connaître la doctrine des « Moi » multiples (il l’a apportée du Tibet ; ce n’est pas la sienne, la doctrine des multiples vient du Tibet, et ceux d’entre nous qui ont puisé dans le Bouddhisme Tantrique le savent), mais il a fait une erreur ! Contre la Kundalini

C’est bien que vous sachiez qu’il y a deux serpents : celui qui remonte la moelle épinière jusqu’au cerveau, et celui qui se précipite du coccyx aux enfers atomiques de l’être humain. La première s’appelle « la Kundalini », le second, est « l’abominable organe kundabuffer ».

Celui qui monte est le serpent d’airain qui a guéri les Israélites dans le désert et le serpent qui s’est enroulé autour de la verge d’Asclépios, le dieu de la médecine.

Celui qui descend est le serpent tentateur de l’Éden, c’est l’horrible serpent python à sept têtes, qui rampait dans la boue de la terre, et qu’Apollon, irrité, blessa de ses dards. Ce dernier est celui qui a hypnotisé l’humanité.

Les divers agrégats psychiques que nous portons en nous et au sein desquels est embouteillée la conscience, sont le résultat désastreux du pouvoir hypnotique de l’abominable organe Kundabuffer, le serpent descendant.

Vous comprendrez maintenant pourquoi cet horrible python a massivement hypnotisé toute l’humanité.

Mais attribuer au serpent d’airain qui a guéri les Israélites dans le désert, le pouvoir hypnotique fatal de l’horrible python qui rampait dans la boue de la terre, est en fait à cent pour cent absurde.

Si l’on n’enseigne pas à l’humanité la doctrine du serpent ascendant, on ne pourra sans doute pas désintégrer les éléments indésirables qu’on porte en soi.

Pour cette raison, le très respectable et très vénérable maître Gurdjieff a commis une erreur très grave : il a enseigné la doctrine du multiple comme l’enseignent les lamas dans les pays de Djé Tsongkhapa ; cependant, il n’a pas donné les « armements » aux pauvres disciples. S’il leur a refusé les armes, avec quoi vont-ils détruire les agrégats psychiques, les « Moi » ? Le mental ne peut pas le faire. Krishnamurti lui-même le reconnaît, alors quoi ?

Ce n’est qu’à travers le serpent igné de nos pouvoirs magiques qu’il est possible de désintégrer les agrégats psychiques inhumains que nous portons en nous.

Je vous parle à la lumière d’une expérience vivante ; et je vais répéter, cette fois, une histoire que j’ai répétée bien des fois ; mais ces répétitions sont parfois commodes, pour le bien des étudiants eux-mêmes…

Il y a de nombreuses années, j’avais affaire à un ego de la luxure ; étant hors de la forme dense, j’ai été soumis à de multiples tests de chasteté, alors j’ai échoué. Pourtant, dans le monde physique, j’étais toujours victorieux.

J’avais un comportement ascétique : contrôle total des sens et du mental. Mais en dehors du corps, les choses ont changé ; quand j’ai été mis à l’épreuve, quelque chose m’est venu à l’esprit : un « Moi » séculaire de lascivité, et puis j’ai lamentablement échoué.

J’ai fait appel aux systèmes de Krishnamurti et de Gurdjieff : une compréhension approfondie, profonde, à travers la méditation. Essayant dans la méditation de comprendre le processus de la lascivité, de la luxure.

Incontestablement, le pouvoir de discernement, en s’approfondissant, est devenu extrêmement pénétrant ; c’était comme le scalpel du chirurgien essayant d’y arracher la racine d’une tumeur cancéreuse ; mais tout était inutile…

Un de ces nombreux jours, j’étais plongé dans la méditation, essayant de discerner ce processus de la luxure c’est-à-dire essayer de comprendre ce qu’est ce « Moi » (selon les systèmes de Gurdjieff, Nicoll, Krishnamurti, et bien d’autres), quand, malheureusement pour moi, un phénomène inhabituel m’est arrivé : comme la concentration était si pénétrante, j’ai quitté le corps physique, et pénétra alors dans ce monde que nous appellerions « astral ». Alors, je me suis retrouvé à l’intérieur d’un manoir luxueux, caressant une dame, l’aimant, tombant amoureux d’elle, etc. Exactement le contraire de ce que je faisais, l’antithèse, comme si par opposition obstinée cet infâme Moi voulait totalement détruire mon travail…

Quand je suis retourné dans le corps physique, après l’extase, j’étais déçu. J’ai compris que le système de Krishnamurti (basé sur la compréhension pure), et celui de Gurdjieff, et celui d’Ouspensky, et celui de Collins, et celui de Nicoll et cinquante mille autres auteurs, ne fonctionnaient pas ; en pratique c’était raté…

Incontestablement, j’ai traversé un moment de désorientation terrible, le chaos s’est formé dans mon mental. Je me suis retrouvé dans une impasse. Mais heureusement, j’ai reçu de l’aide : comme je me soucie toujours d’aider les autres, d’enseigner aux autres, eh bien, je méritais d’être aidée. Comment pourrait-on recevoir de l’aide si on n’est pas capable d’aider les autres ? Mais je m’étais inquiété d’enseigner aux autres, donc je méritait d’être enseigné. Et un de ces nombreux jours, j’ai été aidé. En entrant dans le temple, je trouvais sur le seuil un des gardiens du sphinx Égyptien (je connaissais cet adepte, j’avais été son ami pendant de nombreux siècles), me regardant fixement, il me dit : « Parmi un groupe de frères qui travaillaient dans la neuvième sphère, et qui après avoir travaillé se sont présentés dans ce temple, tu es le plus avancé ; mais maintenant tu, me dit-il, tu es en retard, stagnant.

Ma question évidente était, « Pourquoi ? »

Réponse, « Parce que tu manque d’amour. »

« Je manque d’amour ? Mais j’aide l’humanité et je partage ce que je sais avec mes frères et sœurs, avec mon prochain, pourquoi manquerais-je d’amour ? »

« Tu manques d’amour parce que tu as oublié ta mère, tu es un fils ingrat. »

« Quoi ? » J’ai dit, « mais ma mère s’est désincarnée il y a quelque temps, où vais-je la chercher ? »

Il a dit : « Ne sais-tu pas où est ta mère ? »

J’ai dit: « Je ne sais pas. »

Il dit : « Il t’est impossible de ne pas savoir où est ta mère ! Écoute bien, ce que je te dis est pour ton bien ; écoute-moi ! Alors, le gardien m’a dit; et je lui ai dit au revoir…

Quelques jours passèrent et je réfléchissais encore, essayant donc d’approfondir toute cette question.

Enfin, comme le dit le proverbe : « une ampoule s’est allumée dans ma tête »… Un de ces nombreux jours où je me suis souvenu de Devi Kundalini – shakti, le serpent igné de nos pouvoirs magiques, la Mère Cosmique Particulière de chacun de nous. Et moi qui avais lu tant de livres, qui avais lu tant d’auteurs, en vérité ils parlaient tous de Maha-Kundalini, la Mère Cosmique universelle, mais personne n’a parlé de notre Mère Cosmique Particulière et Individuelle. Elle existe, elle est une variante de notre propre Être, mais un dérivé ! Notre Être a de nombreuses parties, et l’une des parties les plus importantes de notre Être est notre Mère Cosmique Particulière et Individuelle. Les Hindous l’appellent « Devi Kundalini » ; « Isis ! » s’exclament les Égyptiens ; « Diane! » crient les Grecs ; « Tonantzin ! » disent nos ancêtres de l’Anahuac…

Ainsi, je me suis profondément concentré sur elle, et j’ai été aidé par elle. Alors, Elle m’a amené devant l’un des tribunaux de la loi du karma. Le juge s’est assis. Et comme disent les écritures sacrées : « les livres s’ouvrirent »… J’avançai de quelques pas ; de vieux récits médiévaux m’ont été lus (erreurs de vies anciennes).

Plus tard, j’ai pu montrer comment ce « Moi » avait surgi ; il a vu les désordres commis au Moyen Age. Des ordres furent donnés au bourreau cosmique, ainsi, il s’avança avec une épée à découvert… Quand je le vis avancer je me sentis terriblement déçu : « Je me suis battu si fort là-bas dans le monde physique pour aider l’humanité, pour leur donner les enseignements, et voilà le résultat ! À quoi cela m’a-t-il servi d’avoir donné des enseignements là-bas dans le monde physique ? »

Mais alors que l’épée s’approchait déjà de ma poitrine, je sentis un étrange mouvement dans les corps existentiels supérieurs de l’Être, et quelque chose est sorti de moi ; j’ai regardé et j’ai vu : oui, cet agrégat psychique inhumain…

L’épée qui était dirigée contre moi a dévié et a continué à être dirigée contre cet agrégat psychologique.

Enfin, il a plongé dans les entrailles de la planète et j’étais libre. Depuis lors, j’ai pu sortir vainqueur de toutes les épreuves liées à la chasteté…

Une telle leçon, pour moi, a été extraordinaire, merveilleuse, et aujourd’hui je la partage ici, avec vous tous, car ce que l’on sait doit être partagé avec ses semblables ; C’est ce qu’on appelle l’amour…

Et j’ai continué à travailler avec Devi Kundalini. Et c’est ainsi que j’ai réussi à éliminer tous les agrégats psychiques inhumains que je portais en moi.

Si je n’avais pas reçu l’instruction du gardien du sphinx du désert, je serais resté désarmé, alors, avec quelles armes aurais-je éliminé ces « Moi » ?

L’expérience m’a appris que sur la base d’une compréhension ou d’un discernement exclusif, ce n’est pas possible. Je ne nie pas que la compréhension soit fondamentale, mais ce n’est pas tout. Il faut aussi éliminer.

La compréhension et l’élimination sont fondamentales. C’est ainsi que nous pouvons avancer sur le chemin de la désintégration des éléments indésirables que nous portons en nous ; comme ça et seulement comme ça…

Aujourd’hui, nous sommes dans l’ignorance, dans la rue, nous ne savons rien. Il n’est pas possible de savoir tant que l’essence n’est pas désembouteillée ; il n’est pas possible de savoir quelque chose alors que la conscience ne s’éveille pas ; il n’est pas possible de s’éveiller ou de se désembouteiller si l’ego, le « Moi », le moi-même, l’obstiné, n’est pas détruit.

Mais il doit y avoir de l’ordre dans ce type de travail psychologique. Nous avons tous le sens de l’auto-observation psychologique. Malheureusement, un tel sens est rabougri dans la race humaine. Il faut que ce sens entre dans une nouvelle activité.

Quand on commence à s’auto-observer, c’est parce que ce sens commence déjà à entrer en activité. En principe on ne voit pas les « Moi ». Plus tard, à mesure que ce sens se développe, on les voit tels qu’ils sont ; et on apprend à connaître par une expérience vivante et directe, le résultat de son travail.

Bien qu’il y ait de multiples « Moi », bien que ceux-ci ne gardent aucune concordance, bien qu’ils ne maintiennent aucun ordre, l’Être intérieur et profond (pour être plus clair, notre Mère Divine cosmique), établit un ordre dans ce (type de travail psychologique).

Je dis cela basé sur la pratique. J’ai dû travailler très dur, d’abord avec les « Moi » infrahumains des infradimensions naturelles ; plus tard, avec ces « Moi » du monde astral ; plus tard, avec les « Moi » du mental et plus tard avec les causes des « Moi » ; et enfin, avec des « Moi » de la conscience de l’Être même…

Ce dernier peut vous sembler étrange. Je veux que vous sachiez qu’avant que les causes à l’origine des « Moi » n’apparaissent, les causes erronées, certains atomes de la conscience de l’Être sont altérés. Et ces atomes altérés deviennent des « Moi » tentateurs. Il faut les annihiler pour que la conscience souveraine reste libre.

Ainsi, j’ai pu comprendre qu’un ordre s’établissait à ce travail (de type psychologique). C’est que les parties supérieures de l’Être tels qu’ils sont : Devi Kundalini, et le Père qui est en secret, ou le Shiva particulier, individuel, ou plutôt nous dirions le Brahma particulier, individuel, qui est au-delà de Shiva, eh bien, ils avaient établi un ordre merveilleux.

Au fur et à mesure que l’on avance dans l’auto-observation de soi, des événements surprenants se produisent : un de ces nombreux jours, nous pouvons nous retrouver, par exemple, dans le monde astral ; notre corps physique dort dans le lit. Alors, nous venons de découvrir, à notre grand étonnement, un nouveau « Moi » ignoble. Peut-être un « Moi » jaloux que nous pensions ne plus avoir, peut-être un « Moi » colérique que nous pensions ne plus posséder, peut-être un « Moi » envieux que nous pensions ne jamais avoir. Un tel événement nous incite à travailler.

Ainsi, à partir de ce moment, nous nous consacrons au travail, d’abord pour comprendre et ensuite pour annihiler ce nouveau « Moi ».

Un autre jour, peu importe lequel, un autre défaut surgit que nous ne soupçonnions même pas à distance. Nous devons y travailler jusqu’à l’annihiler.

Lors d’une réunion d’amis, nous nous sommes soudainement retrouvés à nous disputer là-bas, peut-être que notre estime de soi était blessée. Plus qu’assez de fondation pour travailler contre le « Moi » de l’amour-propre.

Au fur et à mesure que nous commencerons à structurer notre travail, nous verrons qu’il a un ordre. Alors, ce que l’on pourrait appeler la « mémoire travail » se forme en nous.

Chaque « Moi » que nous avons vu nous donne un instantané psychologique ; et bien plus tard, si nous réunissons un groupe de tous ces « Moi » que nous avons vus à travers différents événements psychiques, nous aurons une figure de nous-mêmes, de ce que nous étions. Si nous confrontons cette figure de ce que nous étions avec ce que nous sommes maintenant, nous remarquerons le changement et nous ne voudrons jamais être ce que nous étions. Tout cela est le résultat de la « mémoire travail ».

Il y a en nous des ténèbres impénétrables, profondes, abyssales. Et au fur et à mesure que ces « Moi » se désintègrent, la conscience, qui est la lumière, fera son chemin à travers ces ténèbres ; mais les ténèbres les plus profondes ne le comprennent pas…

Rappelons-nous cette phrase de l’évangile qui dit :

« Et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas comprise. » – Jean 1 : 5

Et la lumière fait son chemin dans les profondeurs abyssales de notre propre intérieur. Et enfin, la lumière surmonte les ténèbres. « la lumière est connaissance ; la connaissance est lumière. Mais les gens ne comprennent pas cela : la relation intime entre la lumière et la connaissance, entre la connaissance et la lumière…

Un jour viendra où la lumière aura triomphé à l’intérieur de nous, et alors nous serons illuminés. L’obscurité est l’inconscience; la lumière est la connaissance éveillée. Quand la lumière triomphera des ténèbres, nous brillerons dans l’espace infini. Nous serons vraiment devenus des maîtres du samadhi, de vrais maîtres illuminés, de vrais maîtres resplendissants…

L’état dans lequel nous nous trouvons actuellement est celui d’une obscurité profonde. Nous sommes de misérables robots, comme je l’ai déjà dit, programmés, malheureusement.

Le temps est venu de comprendre ces choses ; nous devons commencer à nous observer psychologiquement. Tout d’abord, il faut admettre que nous avons une psychologie particulière. Les gens acceptent facilement d’avoir un corps physique parce qu’ils peuvent le toucher ; mais eux, la majorité, n’acceptent pas qu’ils aient une psychologie particulière, parce qu’ils ne peuvent pas la voir. Le mental sensuel ne peut pas voir la psychologie intime.

Mais quand quelqu’un accepte qu’on a vraiment une psychologie, on commence à s’observer soi-même. Celui qui commence à s’observer, donne déjà de l’espoir, devient en fait déjà différent des autres.

Quelqu’un qui s’observe peut incontestablement changer s’il le souhaite. Mais tant qu’ils ne commencent pas à se voir, ils continueront leur conscience endormie, dans l’obscurité profonde ; et c’est lamentable…

Vertus et Vices

La vie pratique est merveilleuse : nous pouvons observer nos attitudes, quelles sont-elles ? Il existe une relation intime entre les attitudes et les événements. Un événement, aussi grave soit-il, peut devenir merveilleux si nous adoptons une bonne attitude. Une circonstance, aussi magnifique soit-elle, peut devenir négative et nuisible si nous adoptons la mauvaise attitude.

L’attitude que nous adoptons à chaque instant est définitive. Comment se comporte-t-on, par exemple, devant l’employé d’un magasin, d’une quincaillerie, d’un magasin de vêtements ? Comment ?

Peut-être que nous nous fâchons parce qu’il ne nous a pas apporté exactement la marchandise que nous avions demandée, parce qu’il est idiot ; parce qu’il ne nous comprend pas, nous le regardons avec colère, n’est-ce pas ? Et on le gronde même. On aimerait le changer, alors qu’en vérité c’est nous qui devons changer, c’est nous les insolents. Peut-être sommes-nous arrogants ; c’est pourquoi nous regardons ainsi le commerçant ou l’employé d’un magasin.

La vanité a tant de phases ; c’est le pire ennemi de la dissolution de l’ego !

Si l’on s’enorgueillit de la vertu de la chasteté, en fait, on la perd. Celui qui dit : « Je suis chaste, je travaille dans la neuvième sphère, je suis cent pour cent Gnostique ! » Incontestablement, au fond de lui, il s’avère être un fornicateur pervers.

Celui qui dit : « J’ai déjà atteint l’humilité, je n’ai d’orgueil avec personne ; Je traite bien tout le monde, même s’ils sont les plus malheureux, je les respecte, je les apprécie ; dans ma maison je reçois tout le monde »… Eh bien, celui qui s’enorgueillit ainsi de la vertu d’humilité, sans doute, ressemble à Aristippe, ce philosophe de la Grèce, qui, revêtant une tunique aux trous énormes (pour démontrer son humilité au monde entier), saisit le bâton de la philosophie et parcourut les rues d’Athènes ; en arrivant devant Socrate, il s’écria : « Ô Aristippe ! Ta vanité se voit à travers les trous de ton vêtement »…

Ils racontent que Diogène Laercia, entrant dans la maison de Socrate, marchant lourdement, dit: « Marche sur ton orgueil Socrate, marche sur ton orgueil! »

Alors Socrate répondit: « Oui, Diogène, avec ton orgueil tu marches sur mon orgueil! »

Alors, ne nous emplissons pas d’orgueil, car ce défaut est le pire ennemi de la dissolution des agrégats psychiques.

Il y a de vraies vertus et de fausses vertus. Les vertus sont comme des pierres précieuses : certaines sont vraies et d’autres sont fausses ; une vertu imitée est une fausse vertu. Par exemple, si quelqu’un décide d’être serein, doux de cœur, de ne pas avoir de colère ; s’il se propose d’imiter la vertu de douceur, il semblerait qu’il ait vraiment cette vertu… J’ai connu des cas d’individus, qui disaient : « Je n’ai de colère contre rien ! ». Et quand quelqu’un les insultait, ils bénissaient et souriaient, mais quand je regardais son sourire, je pouvais voir qu’il se terminait par une grimace. Total : ils ont essayé d’imiter une vertu, mais ils ne l’ont pas eue ; ils imitaient la vertu de la douceur, mais ne la possédaient pas vraiment.

Pour avoir la vertu de la douceur, il faut éliminer les « Moi » de la colère, qui sont légion. Et c’est un travail long et difficile.

Pour avoir la vertu de la chasteté, il faut éliminer les « Moi » de la luxure ; et c’est un travail sérieux, plus amer que le fiel, qui dure toute une vie ; et même plusieurs vies.

Pour avoir la vertu de la tolérance, il faut éliminer l’ego de l’intolérance ; et c’est un travail long et terrible.

Les vertus imitées sont de fausses pierres, elles ne sont pas réelles. Seules les vraies vertus sont authentiques, légitimes, de vraies pierres…

Ainsi, nous devons annihiler les « Moi » pour que les vertus restent en nous. Et pour chaque vertu on doit combattre durement pour arriver à l’avoir ; c’est une pierre précieuse qu’il faut sortir du fond de l’abîme avec la pointe de l’épée.

La vertu n’est pas une question de posture piétiste ; la vertu n’est pas affaire de douceur feinte, ou de puritanisme de mauvais goût, non. Les vertus doivent être obtenues à travers de nombreuses luttes, luttant avec le tranchant de l’épée contre les armées ténébreuses que nous portons à l’intérieur.

« Vertu » vient d’une racine qui est « vir », de « virilité », du « viril ». Ce n’est qu’avec la virilité, c’est seulement par la lutte que vous pouvez obtenir cette pierre précieuse, qui correspond à une certaine vertu. Vous voyez que le travail que nous avons à faire est long, dur, coûteux…

Le changement est nécessaire. Nous ne pourrions pas changer si nous n’éliminions pas les éléments indésirables que nous portons à l’intérieur. Nous devons passer à un niveau supérieur de l’Être ; encore plus, nous devons monter de niveau en niveau, jusqu’à ce que nous atteignions la partie la plus élevée de tous les niveaux de l’Être. Et cela n’est possible qu’en mourant en soi d’instant en instant, de moment en moment. « Ce n’est qu’avec la mort que vient le nouveau, si le germe ne meurt pas, la plante ne naît pas »…

S’éveiller, oui, c’est merveilleux !…

Vous aimeriez tous voir, entendre, toucher et ressentir les grandes réalités des mondes supérieurs, mais vous dormez. Comment pourrait-on accéder à l’expérience de la réalité si la conscience est endormie ? Mais si l’on détruit l’ego, la conscience s’éveille et alors on connaît la réalité.

Malheureusement, la conscience des êtres humains est, disons, coincée dans un cachot horrible, dans un cachot immonde, qui est l’ego. Mais tout le monde pense qu’il est libre, tout le monde se sent libre et tout le monde pense qu’il est libre. C’est là qu’est l’erreur !

Il y a eu beaucoup de combats pour la liberté ; chaque nation a des héros légendaires, qui ont donné leur sang pour la liberté sur les champs de bataille. Mais nous sommes toujours esclaves de nous-mêmes, nous sommes toujours emprisonnés dans l’ego.

Malheureusement, les gens sont enfermés dans cette atmosphère pestilentielle de leur propre mental, adorant leur « cher ego », le vénérant. La seule chose qui leur reste est de le mettre sur un autel avec quelques bougies et de s’agenouiller devant lui.

« Je suis fort », disait quelqu’un qui enseignait la magie noire à ses disciples. « Je suis puissant, je suis grand », etc., etc., etc. Ils sont ainsi ; ainsi est l’humanité.

Libérer la conscience est une grande chose ! On ne sait ce qu’est la liberté que lorsque la conscience sort du cachot où elle est mise, et sort à la lumière de la vie libre dans son mouvement.

Néanmoins, on ne connaît la vérité que lorsque la conscience est émancipée. On ne connaît le bonheur que lorsque la conscience sort de la prison où elle est emprisonnée. Avant, on ne connaissait pas le bonheur ; on prend le plaisir pour le bonheur, mais on ne connaît pas le bonheur.

Alors, je vous invite à réfléchir sur ces mots ; il est nécessaire que vous compreniez…

Questions et Réponses

Je vais maintenant donner l’occasion à ceux qui veulent poser des questions de le faire, et c’est avec le plus grand plaisir que je répondrai à vos questions…

Étudiant : Une identification avec moi-même, je ne croyais pas pouvoir entrer dans le cours… puis, je me suis projeté avec moi-même dans le même cours, et j’ai commencé à comprendre……c’est-à-dire que j’ai raisonné avant avec une logique……et maintenant j’ai commencé à glisser sans problème, à m’identifier au cours magistral…

Samael Aun Weor : Il ne fait aucun doute que l’espace d’un instant, l’essence, un instant est parvenue, disons, à s’émanciper même momentanément de l’intérieur de l’ego, pour expérimenter la réalité de ce que nous avons dit ici. D’autres questions, mes frères ? Voyons parlez…

Étudiant : Est-il nécessaire de connaître, de comprendre le début à partir duquel l’ego a commencé à partir de vies antérieures pour pouvoir le détruire ?

Samael Aun Weor : Évidemment, si nous attendions d’abord de nous souvenir de nos vies passées et que nous commencions ensuite à détruire l’ego, eh bien, on arriverait à une voie sans issue : Parce qu’il n’est pas possible, en effet, de se souvenir de la totalité des expériences de vie passées si l’on n’a pas détruit l’ego.

Commençons par l’auto-observation psychologique immédiate et directe ; Commençons par vivre dans un état d’alerte perception et d’alerte nouveauté, pour découvrir progressivement nos défauts, ici et maintenant. Travaillons d’instant en instant, et de cette façon, nous dissoudrons totalement l’ego. Un jour, quand nous serons éveillés, nous pourrons nous souvenir de nos innombrables naissances, c’est tout.

Étudiant : Qu’est-ce qui est premier, la connaissance ou le mysticisme ?

Samael Aun Weor : Eh bien, le mysticisme est une fonction très naturelle de l’essence, de l’Être. Un individu peut être mystique sans avoir encore éveillé la conscience. De plus, il faut du mysticisme, c’est une fonction très naturelle de la conscience. Celui qui est mystique donne de l’espoir… C’est tout. Une autre question ?

Étudiant : Maître, en quoi consiste le scepticisme ?

Samael Aun Weor : Eh bien, le scepticisme est basé sur l’ignorance. Puisque l’humanité n’a pas ouvert le mental intérieur, puisque l’humanité est seulement piégée par le mental sensuel (qui élabore ses concepts de contenu exclusivement avec les données fournies par les cinq sens), incontestablement, elle ne peut rien connaître de la réalité. Comment le mental sensuel pourrait-il connaître la réalité, s’il n’est pas programmé pour la réalité ? Il est programmé pour le monde extérieur mystico-sensoriel, mais pas pour des extra-perceptions, pas pour l’évidence de l’Être.

Le scepticisme est une caractéristique particulière de l’ego et du mental sensuel, fonctionnalisme de base du mental sensuel et de l’ego. Quand on ouvre le mental intérieur, le scepticisme prend fin.

Mais pour ouvrir le mental intérieur, il faut apprendre à penser psychologiquement. Celui qui sait penser psychologiquement désintègre l’ego, et alors le mental intérieur reste ouvert.

Le mental intérieur travaille strictement avec les données de la conscience, avec les données des centres supérieurs de l’Être. C’est pourquoi le mental intérieur a un accès direct à la réalité, à la vérité. Mais il est impossible pour le mental sensuel, pour lui, d’avoir accès à la réalité.

Il faut se méfier de la doctrine des Sadducéens (le mental sensuel), et de la doctrine des Pharisiens (le mental intermédiaire) qui assistent à leurs rites, leurs cultes, etc., mais sans jamais l’intention de travailler sur eux-mêmes.

Si l’on s’écarte de la doctrine des Sadducéens et de la doctrine des Pharisiens, et apprend à penser psychologiquement, on dissout l’ego, et finalement finit par ouvrir le mental intérieur : il donne une évidence de la réalité ; il fournit les données de la connaissance de l’Être ; il permet de faire l’expérience de tout ce qui est, de ce qui a été et de ce qui sera, alors surgit la foi, qui n’est rien d’autre qu’une sagesse vraie et authentique.

Étudiant : Vous nous disiez tout à l’heure, maître, que lorsqu’on éveille la conscience et élimine les egos, alors on peut voir les anges, tous les êtres supérieurs. Donc, ayant fait cela, par exemple, pourrait-on parler à Jésus de Nazareth, par exemple ?

Samael Aun Weor : Jésus de Nazareth est un maître qui a pu accomplir la résurrection. Avec lui se trouvent de nombreux autres maîtres ressuscités ; et tous ceux qui ont sa conscience éveillée peut entrer en contact avec ces maîtres qui forment le cercle ésotérique de l’humanité divine. Mais vous devez avoir votre conscience éveillée pour entrer en contact conscient…

Catégories : Conférences de Samael Aun Weor