Écrit par : Gnostic Instructor   Catégorie : Chemin du Bodhisattva

Prajna est la sixième Paramita. Le terme Prajna vient du Sanskrit et est composé de deux termes Sanskrits: «Pra» qui désigne «ce qui est avant» et «jna» qui fait référence à la connaissance. Le composé de ces termes signifie alors «avant la connaissance», «connaissance racine», «connaissance profonde». Il est souvent traduit par «connaissance parfaite, sagesse intuitive, compréhension, intelligence, discernement ou jugement». Lorsque nous comparons cela avec la Kabbale Initiatique, nous voyons que Prajna désigne à la fois Binah, qui est l’Hébreu pour «intelligence», et Chokmah, qui est l’Hébreu pour «sagesse». Prajna est l’intelligence du Logos, une sorte de connaissance ou de compréhension qui est au-delà du mental, au-delà de l’intellect.

L’une des anciennes écoles du Bouddhisme avait un enseignant nommé Chandrakirti, qui expliquait très bien la doctrine du Bouddha, et il écrivit un texte appelé Madhyamakavatara. Dans ce texte il a écrit cette ligne:

«Un homme seul, doté des yeux,
Peut conduire des multitudes sans vue à l’endroit où ils souhaitent aller.
Et c’est avec sagesse, ici;
Il prend les vertus aveugles, les guidant à la victoire (bouddhéité).» – Madhyamakavatara, Chandrakirti

Autrement dit, Prajna est la sixième Paramita de la perspicacité, de la Conscience discernante. Quand on parle de sagesse ou de connaissance profonde ou de connaissance parfaite, ce n’est pas une intelligence passive ou latente, c’est une intelligence pénétrante, et ce que Chandrakirti dit dans la citation que je vous lis, est que c’est cette Paramitas qui confère la vision, le guidage, à tout les autre Paramitas. En d’autres termes, même si vous pratiquez la générosité, la discipline, le zèle, la diligence et la Méditation, sans perspicacité, vous serez aveugle. Sans Prajna, vous ne pouvez pas connaître la vérité.

manjushri

Dans le Bouddhisme Tibétain, Prajna est symbolisé par un grand Bouddha nommé Manjushri. Manjushri est représenté assis en Méditation, généralement avec une épée dans une main et une écriture dans l’autre. L’épée symbolise Prajna. L’écriture symbolise la maîtrise de toutes les connaissances. Manjushri symbolise cet aspect de notre propre psyché intérieure, notre propre Bouddha intérieur, qui nous apporte le guidage (Telesis), le Prajna, qui traverse l’illusion et qui est le symbole de l’épée. Cette épée coupe tous les liens avec l’existence, elle coupe toutes les illusions, tous les karma.

Si vous avez étudié le graphique qui représente les neuf étapes de la concentration méditative, vous vous souviendrez peut-être qu’il y a trois moines à la partie supérieure de ce graphique. Le moine le plus à Gauche est assis dans la Méditation et à côté de lui se trouve un éléphant reposé qui symbolise son mental stable. Le moine du centre monte sur l’éléphant au-dessus du pont arc-en-Ciel, qui symbolise des niveaux de concentration plus profonds dans le domaine de la forme, au-delà du domaine du désir. Et le troisième moine monte sur l’éléphant, mais fait face à l’autre direction, ce qui symbolise qu’il a la capacité de traverser n’importe quel domaine de la nature par la puissance de sa concentration, et qu’il tient l’épée de Manjushri et cette épée symbolise sa compréhension du Prajna.

Par Prajna, nous ne parlons pas de la simple perspicacité ou de la simple sagesse que notre intellect conçoit généralement, ou attribue à ce terme «sagesse». Nous pensons à la sagesse comme à une personne âgée qui a acquis de la sagesse par l’expérience. Ce n’est pas le genre de sagesse que nous décrivons comme Prajna. Le genre de sagesse de Prajna n’a rien à voir avec l’âge, cela n’a rien à voir avec le temps. Il ne peut pas être acquis; il ne peut pas être développé ou construit ou acheté ou vendu, car il existe déjà.

Nous commençons à entrer dans quelque chose de très profond. Pour comprendre Prajna, nous devons dépasser le domaine de l’intellect.

Prajna est la sixième Paramita, après les cinq premières, et comme vous vous en souvenez, la cinquième s’appelle Dhyana, qui fait référence à la stabilité méditative (tranquillité mentale, Shamatha, Pratyahara, Dhyana, Zen, Chan, Jhana). Tous décrivent le même état essentiel d’un mental en paix, immobile et capable de percevoir sans obscurité. On ne peut accéder à Prajna qu’à partir de cet état.

L’intellect ne peut jamais saisir Prajna. Il ne peut pas. Autant que vous essayez de comprendre intellectuellement la conférence d’aujourd’hui, vous ne la comprendrez jamais avec l’intellect, car l’intellect ne peut que créer des concepts. L’intellect ne peut que comparer; il ne peut que raisonner de manière subjective.

La sphère de l’intellect, le monde de l’intellect, est ce que nous appelons la vérité conventionnelle ou la réalité conventionnelle, et c’est la vérité inférieure. Mais il y a une vérité supérieure, appelée l’Absolu. La vérité supérieure est la vraie nature de l’existence, c’est Prajna, mais l’intellect ne peut y entrer; c’est impossible. Essayer de comprendre Prajna avec l’intellect équivaut à essayer d’aller visiter la lune à vélo. Vous ne pouvez pas; c’est impossible. L’intellect est tout simplement incapable.

Prajna, ou sagesse réelle, intelligence réelle, ne peut être comprise qu’à travers la Méditation, et c’est pourquoi les Paramitas sont données dans l’ordre dans lequel elles sont données. Elles sont donnés dans un ordre définitif. Donc, si votre intellect a du mal à saisir la nature du sujet aujourd’hui; méditez. Méditez. Apprenez à accéder à Dhyana, la stabilité du mental. Apprenez à maîtriser cet état; c’est à partir de là que Prajna peut surgir.

Dans la tradition Zen, il y a une petite histoire qui illustre cela. Le sixième patriarche, qui était l’héritier de la tradition Zen, a demandé à Bodhidharma, l’enseignant du Zen: «Comment est-il possible d’atteindre le Tao?»

Bodhidharma a dit: «Extérieurement, toute activité cesse. Intérieurement, le mental arrête son agitation. Quand le mental est devenu un mur, alors Tao vient.»

«Le mental doit être clair, libre. Il doit être un temple sans écuries poussiéreuses, où ne flambe que la flamme de Prajna, pour ainsi dire, la flamme de l’Être.» – Samaël Aun Weor, Représentations Mentales

En d’autres termes, si le mental est actif, si le mental est agité, si le mental bouge, le Tao ne peut pas être perçu. La vérité ultime, la vérité absolue, ne peut pas être vue par le mental agité. Cela signifie que nous devons méditer, nous devons apprendre à cultiver un état d’être dans lequel le mental est au repos. Lorsque le mental retourne à nouveau dans son état naturel, qui est un état de sérénité et de paix, le mental devient un miroir parfait qui peut refléter la vérité ultime. Sans cela, Prajna restera simplement une théorie déroutante.

La Paramita de Prajna ou la connaissance ultime se rapporte essentiellement à la vacuité ou le vide. Ceci est aussi appelé Shunyata ou l’Absolu. Si vous avez étudié le Bouddhisme, vous avez des études sur la vacuité. Si vous avez étudié l’Hindouisme, vous avez étudié Prakriti; si vous avez étudié le Christianisme, vous avez étudié le vide à partir duquel toutes les choses ont été créées, dans le livre de la Genèse. Si vous avez étudié la Gnose, vous avez étudié le Vide Illuminant, l’Espace Abstrait Absolu. Dans toutes ces traditions, nous avons la même racine essentielle: Prajna, la sagesse suprême ou la connaissance de l’origine dépendante, l’interdépendance, la vacuité de l’existence inhérente qui dit: rien n’existe en soi. Nous n’existons pas, au niveau ultime.

Dans le livre Le Mystère de la Fleuraison d’Or, Samaël Aun Weor l’a expliqué d’une manière très simple. Il a dit:

«La vacuité est simplement un terme Bouddhiste clair et précis qui dénote le caractère insubstantiel et impersonnel des Êtres et une indication de l’état de détachement absolu et de liberté en dehors du temps et au-delà du mental.»

La doctrine de la vacuité est l’enseignement, l’enseignement racine, l’enseignement fondamental de toutes les religions. Sans compréhension de la doctrine de la vacuité, il n’y a que du fanatisme, car notre mental devient attaché. Nous nous attachons à de faux concepts, à des perceptions illusoires qui n’ont aucun fondement dans la vérité.

La vérité a deux aspects: ultime et conventionnel. Notre intellect, le mental auquel nous accédons maintenant, ne peut pas accéder à la vérité ultime. Nous voyons seulement la vérité conventionnelle, et cette vérité conventionnelle est une projection, c’est ce que notre mental produit. Cela ne peut pas être saisi tant que nous restons à l’intérieur de cela. La projection de notre mental semble être réelle jusqu’à ce que nous en sortions et que nous puissions voir ce que c’est. Apprendre à méditer, c’est apprendre à percevoir le projecteur, à voir ce que c’est: un projecteur d’images qui n’a pas de vraie réalité. Et alors, la Méditation nous donne la capacité de pénétrer au-delà du mental, d’expérimenter le Prajna, d’aller au-delà et de voir la vérité.

Nous ne voyons pas la vérité, alors nous souffrons d’ignorance. L’ignorance est la racine de la souffrance. Être ignorant signifie «manquer de connaissance, être sans connaissance». En Pali ou en Sanskrit, il s’agit d’Avidya. «A» signifie sans, «vidya» est connaissance, sagesse. Nous voyons ici dans ce mot «i», «gno»; ignore, le «i» indique également sans. «Gno» vient de Jna, de Gnose, qui signifie «connaissance». Ignorer, c’est être sans connaissance, et c’est notre état; nous manquons de connaissance de l’existence réelle.

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Au centre de la Roue du Samsara, nous voyons trois animaux qui signifient trois éléments imbriqués de la racine de toute souffrance; l’ignorance est la principale. Les deux autres sont le désir et l’aversion, qui représentent (1) l’avidité, la tendance à saisir les illusions comme si elles étaient réelles, et (2) l’aversion, la tendance à éviter les illusions que nous pensons être réelles.

La racine fondamentale de cette ignorance est l’attachement au soi. La souffrance résulte de la croyance erronée que nous sommes un soi qui existe indépendamment. Mais la nature de la vacuité, la doctrine de la vacuité, enseigne que ce soi n’existe pas et c’est sur ce point que beaucoup d’étudiants de religion deviennent très confus. Beaucoup d’étudiants de religion entendent cette doctrine que le soi n’existe pas et ils réagissent immédiatement de deux manières polarisées. Ils rejettent immédiatement ce concept et déclarent: «Cela doit être faux parce que je suis ici et je suis moi-même» et ils adhèrent donc à la doctrine de l’Éternalisme. Ou ils réagissent avec «Je ne suis pas réel, je n’existe pas, alors rien ne compte». C’est la doctrine du Nihilisme. Ce sont les deux points de vue extrêmes et les deux sont des formes d’ignorance. Le Bouddhisme, la Gnose, est la doctrine du Milieu, la Voie du Milieu. La Voie du Milieu n’est pas une voie de la vie matérielle (bien qu’elle puisse le représenter), mais la véritable Voie du Milieu est la voie entre les vues extrêmes, la voie au milieu qui ne tombe ni dans l’un ni l’autre extrême.

Vue juste, vision juste, peut percevoir directement que les deux vérités, conventionnelle et ultime, coexistent. En d’autres termes, le soi que nous estimons être réel n’existe pas, mais nous existons et nous pouvons le percevoir; du point de vue de la vérité conventionnelle, nous existons et nous pouvons tous le confirmer, nous pouvons être d’accord. La réalité conventionnelle est là et nous pouvons percevoir cela, mais lorsque nous apprenons à méditer, à approfondir, nous pouvons percevoir la vérité ultime, à savoir que le soi auquel nous croyons n’est pas réellement réel et est en fait la cause de la souffrance. Par conséquent, nous cherchons à résoudre ce conflit.

En d’autres termes, la doctrine de la vacuité ne réfute pas la réalité conventionnelle, elle cherche à transformer notre relation à celle-ci.

Ne tombez pas dans ces vues extrêmes, comme entendre la doctrine de la vacuité et la rejeter immédiatement parce que vous ne comprenez pas. Rappelez-vous que votre intellect ne peut pas la saisir. Vous pouvez construire un concept, ce qui est important, mais pour vraiment la comprendre, vous devez la vivre.

Dans les sutras, qui sont les enseignements enregistrés du Bouddha, nous trouvons cette ligne:

«Ainsi, ne pouvant pas se rendre compte de ce que l’on appelle la vacuité, pacifique et non produit, les Êtres sensibles errent impuissants dans différents états d’existence cyclique. En voyant cela, les illuminés ont révélé ou établi la vacuité par un raisonnement centuple.»

Le raisonnement centuple est le vaste système de philosophie qui a évolué à partir des enseignements du Bouddha et dont le contenu essentiel est également visible dans les enseignements de la Gnose. Si vous avez lu les livres Psychologie Révolutionnaire, Révolution de la Dialectique, La Grande Rébellion, La Pistis Sophia Dévoilée, tous ces livres sont des livres de Prajna qui enseignent la doctrine de la vacuité. Chacun d’entre eux est enraciné dans la compréhension de la Vacuité (l’Absolu). Vous n’avez peut-être pas vu ce terme «vacuité» en lisant, et vous n’avez peut-être pas reconnu cet enseignement du Mahayana dans les écrits de Samael Aun Weor, mais je vais vous donner quelques exemples.

Premièrement, nous devons comprendre que cette doctrine est la racine essentielle de toutes les religions. Le but de la religion n’est pas simplement de croire en quelque chose; le but de la religion est de changer, de vaincre la souffrance et d’éliminer la souffrance. Non seulement pour nous, mais pour les autres. Pour ce faire, nous devons comprendre la racine de la souffrance, la cause de la souffrance, mais nous ne pouvons pas comprendre cette cause à moins de comprendre la nature de la réalité. C’est pourquoi la doctrine du Vide Illuminant est si importante et si accentuée dans les enseignements de la Gnose. Ne faisons pas l’erreur d’étudier ces enseignements et d’ignorer les enseignements du vide, ce que font malheureusement certains étudiants Gnostiques. Parce que l’intellect ne le comprend pas, certains étudiants et enseignants ne l’étudient pas et ne l’enseignent pas. C’est une erreur fatale dont vous verrez bientôt les conséquences.

Poursuivant dans le livre Le Mystère de la Fleuraison d’Or, le maître Samaël Aun Weor a déclaré:

«Le Vide Illuminant est impossible à décrire en mots humains. C’est indéfinissable, indescriptible. Comme l’a dit l’enseignant Zen Huai Jang, «tout ce qui est dit manque l’essentiel».

Pour nous, nous devons commencer où nous sommes. Pour saisir la nature de la vacuité du soi, nous devons étudier le soi. Nous commençons cela avec la Méditation. C’est seulement quand notre mental est calme, quand nous avons cette qualité de Dhyana, concentration méditative, que la Conscience s’échappe de la cage de l’ego, que nous pouvons alors percevoir la vérité.

«Lorsque le mental est calme à l’intérieur et à l’extérieur, lorsque le mental est en silence à l’intérieur et à l’extérieur, lorsque le mental s’est libéré du dualisme, alors le nouveau vient à nous.

Il est nécessaire de vider le mental de tous types de pensées, de désirs, de passions, d’appétits, de peurs, etc. pour que l’expérience de la réalité vienne à nous.

L’éruption du Vide, l’expérience du Vide Illuminant, n’est possible que lorsque l’Essence, l’Âme, la Buddhata, se libère de la bouteille intellectuelle. L’Essence est embouteillée dans la formidable bataille des opposés: chaleur et froid, aime et n’aime pas, oui et non, bien et mal, agréable et désagréable.

Lorsque le mental est immobile, lorsque le mental est en silence, alors l’Essence reste libre et l’expérience de ce qui est la réalité dans le Vide Illuminant vient. Priez donc, bon disciple, puis avec le mental immobile et silencieux, vide de toutes sortes de pensées, attendez la réponse du Père…»

Tant que notre mode de perception est enveloppé d’une fausse vue, de l’ignorance, tout ce que nous voyons sera faux. Vrai? Si vous portez des lunettes teintées de bleu, tout ce que vous verrez sera bleu. L’ego est une lentille. Le mental est dilué, confus, trompé. La Méditation est le pain de la sagesse. La racine de l’âme. C’est à partir de la Méditation que nous pouvons saisir ces points essentiels.

Lorsque nous apprendrons à s’auto-observer, à observer ce soi-disant «soi» d’instant en instant, nous reconnaîtrons inévitablement quelque chose. Si nous nous regardons sincèrement, nous verrons que nous sommes pleins de contradictions, sans continuité. Quelqu’un qui reconnaît ce point est sur le point de commencer à comprendre la nature de la doctrine du non-soi. Pour comprendre la doctrine du non-soi, nous devons d’abord percevoir directement la doctrine de plusieurs «soi». Ces nombreux «sois» sont la légion mentionnée dans les évangiles.

Quand Jésus a vu le possédé et lui a demandé: «Quel est ton nom?» L’homme dit: «Mon nom est légion». Cette légion se compose de tous les désirs multiples, envies, aversions, peurs, éléments orgueilleux, éléments lascifs, éléments jaloux de notre psyché. Cette multiplicité est constituée d’innombrables perceptions erronées contradictoires, de perceptions erronées à propos de nous-mêmes et de la vie.

La première est que nous croyons que ce soi que nous avons existe, qu’il est réel, et quand nous apprenons à nous observer vraiment et que nous commençons à voir les contradictions que nous avons, nous commençons à voir que cette perception n’est pas exactement correcte. La multiplicité du soi révèle que le mental que nous avons est fracturé, discontinu, chaotique. Donc, lorsque vous vous observez et que vous voyez apparaître un désir, puis quelques instants plus tard un désir contradictoire ou un désir totalement indépendant, vous commencez à percevoir cette incohérence inhérente, le manque de vérité constante. C’est très important.

Pour comprendre la nature de nos souffrances, nous devons comprendre la nature de nous-mêmes. Qu’est ce que la souffrance? Qu’est-ce qui souffre en nous? Quand on nous critique, qu’est-ce qui souffre en nous? Lorsque nous ressentons de la douleur à cause de critiques ou de mots durs, qu’est-ce qui ressent la douleur? Ceci n’est pas un exercice philosophique, ce n’est pas théorique. Nous devons pratiquer cela. Dans les moments où nous ressentons du plaisir ou de la douleur, nous devons observer; quoi en nous ressent cela? Est-ce que c’est réel? Pour déterminer si quelque chose est réel, nous devons examiner ce qui qualifie quelque chose de réel. Pour comprendre la vacuité du soi, nous devons d’abord voir ce soi.

C’est en fait le tout début de ce chapitre dans le Bodhicharyavatara à propos de cette Paramita, et Shantideva écrit exactement ceci:

«Sans entrer en contact avec la chose inhérente, on ne peut pas comprendre la vacuité de cette chose.»

Pour que vous puissiez comprendre la vacuité de la nature comme enseigné dans toutes les religions, vous devez d’abord voir votre propre nature, ce que vous croyez être votre «soi». C’est pourquoi nous commençons avec tous les autres Paramitas: nous commençons par l’auto-observation, nous commençons par l’intention de changer, l’intention de faire le bien, la discipline sur nous-mêmes, d’apprendre à agir de manière utile et à renoncer aux actions nuisibles. Et tout cela est donné afin de nous aider à percevoir qui est ce que nous pensons être, qui est ce que nous croyons être, et voir comment fonctionne notre karma. De ce point de vue, à travers la Méditation, nous pouvons alors commencer à comprendre la vacuité de ce concept, ce soi. Dans le Bouddhisme, cela s’appelle «l’objet de la négation». Pour comprendre la vacuité de quelque chose, nous devons d’abord identifier ce quelque chose, le reconnaître.

Nous ne pouvons pas prétendre débattre de l’existence ou de la non-existence de la réalité, de l’existence ou de la non-existence de la planète, jusqu’à ce que nous puissions le faire avec notre propre soi. Nous devons commencer où nous sommes, avec nos propres perceptions d’instant en instant, en regardant avec une Conscience discernante dans chaque perception que nous avons afin d’établir sa vérité fondamentale ou son absence.

C’est le but de ces enseignements, ce n’est pas de philosopher, ce n’est pas de débattre: c’est de surmonter la souffrance. La souffrance est enracinée dans notre mental, à l’intérieur. La souffrance n’est pas à l’extérieur, elle est à l’intérieur. Ainsi, nous cherchons à découvrir les racines, les causes de la souffrance.

Afin de déterminer si quelque chose existe réellement, nous avons deux conditions que l’objet ou les phénomènes doivent satisfaire. La première est: il doit exister indépendamment. En d’autres termes, au moment où vous avez la reconnaissance en vous-même que vous croyez en un «soi», c’est le moment où vous devez regarder de près cette perception. Nous commençons donc avec l’auto-observation. Si vous avez un conflit dans votre vie, au moment où vous rencontrez ce conflit, mettons un exemple simple comme argument. Vous avez une discussion ou une dispute passionnée avec quelqu’un, vous vous sentez passionné, enflammé. Il y a beaucoup d’énergie, il y a un conduit. Regardez à l’intérieur de cela et analysez cela: «Y a-t-il une conception de soi ici? Dans cet argument, est-ce que j’essaie d’affirmer ce soi ou de le défendre?» Est-ce que ce concept de soi, cette croyance, qui fait rage dans votre sang, dans votre cœur, dans votre mental, existe-t-il indépendamment? Existe-t-il seul? En d’autres termes, si nous supprimons les circonstances, si nous enlevons notre corps, si nous retirons de cette situation l’autre personne ou les mots qu’ils ont prononcés, ce soi que nous ressentons existe-t-il encore? Sera-t-il toujours là? Je ne vous demande pas de théoriser à ce sujet, vous devez le percevoir, vous devez regarder.

Ce que vous remarquerez, c’est que dans une période de temps donnée, après que cette qualité passionnée se soit estompée, vous pouvez regarder à nouveau et constater que ce concept, ce sentiment, ce sentiment de soi ne sont plus visibles. En d’autres termes, il ne s’agissait que des causes et des conditions de cet instant. Et pourtant, vous êtes passionné d’agir et de vous comporter de manière particulière. Cela signifie qu’il ne satisfait pas non plus à la deuxième exigence, à savoir: il ne doit pas dépendre de causes et de conditions.

Dans chaque situation que nous traversons, avec chaque désir que nous avons, à chaque intention, nous analysons en fonction de ces deux conditions fondamentales. Mais cette analyse ne peut pas se limiter à la spéculation intellectuelle, elle doit être traitée à travers la Méditation, et je ne parle pas de concentration. Lorsque nous parlons de Méditation, nous entendons Dhyana, un état dans lequel le mental est parfaitement à l’aise, parfaitement calme, serein, sans pensées. Dans cet état d’équilibre méditatif, nous visualisons l’événement dans lequel nous avons ressenti ce sentiment de soi, nous analysons ensuite cet événement. Regardez pour voir: ces pensées, ces sentiments et ces impulsions étaient-ils réels? Existent-ils en eux-mêmes? Existent-ils au-delà des causes et des conditions?

De toute évidence, ce que je veux dire, c’est que l’ego, le «Moi», ne satisfait jamais à ces conditions. Chaque ego, chaque désir, chaque envie, chaque peur, chaque particule de colère ou de fierté n’existent pas indépendamment et repose toujours sur les causes et les conditions. En ce sens, nous déclarons que le «Moi», l’ego, est vide de la réalité inhérente; il ne peut y avoir que des causes et des conditions. Il n’existe pas de lui-même.

Tout ego, toute souffrance existe à cause du karma. Tout karma, toute souffrance existe à cause de causes et de conditions. C’est pourquoi nous affirmons que la doctrine de la vacuité est identique à la doctrine de l’origine dépendante, à savoir que tout existe dans tout le reste, que rien n’existe indépendamment.

Encore une fois, permettez-moi de répéter, ce n’est pas une simple philosophie. Votre mental voudra philosopher et théoriser, «Qu’est-ce que cela signifie? Pourquoi est-ce important?» C’est le cœur de la doctrine. Nous souffrons parce que nous ne réalisons pas que l’ego n’est pas réel. Nous allons d’événement en événement dans la vie en saisissant les illusions. Nous croyons que nous pouvons acquérir le bonheur dans le monde terrestre en accumulant tout ce qui nous intéresse pour le moment. Ce pourrait être de la richesse, du sexe, du pouvoir. Cela peut être de se sentir religieux, de se voir comme une personne spirituelle ou d’être considéré comme spirituel. Ce sont toutes des illusions, ce sont des projections du mental dont nous devenons à notre tour fascinés, hypnotisés par la suite, et nous percevons alors des projections illusoires, des fantasmes, des rêves qui n’existent pas. Et en tant que tels, nous trébuchons aveuglément et agissons avec ignorance et créons de la souffrance, non seulement pour nous-mêmes, mais pour les autres. C’est donc essentiel. Sans une compréhension claire de la vacuité, il ne peut y avoir de libération, il ne peut y avoir de liberté.

Lorsque nous étendons cette compréhension que le soi n’existe pas comme nous le percevons, le mental devient étonné. Nous pouvons difficilement le concevoir, mais c’est la vérité fondamentale. À ce propos, Samaël Aun Weor a expliqué son expérience que je vais vous lire maintenant afin de vous présenter quelque chose à vous rappeler. Il écrit ceci:

«Il y a de nombreuses années, pendant la Méditation, j’ai vécu cette vérité. Malheureusement, à cette époque, je n’avais pas encore dissous le «Moi» pluralisé. Par conséquent, la terreur a endommagé mon expérience. Je me sentais définitivement perdu dans le vide de l’annihilation Bouddhique, l’océan infini de lumière incompréhensible, au-delà du corps, des affections et du mental. C’était un oubli radical de moi-même. Ainsi, la Conscience, libérée de sa condition égoïque, était perdue comme une goutte d’eau dans la mer. Ce vide semblait devenir plus puissant, un gouffre effrayant. J’ai cessé d’exister. Je me suis senti devenir des mondes, des fleurs, des oiseaux, des poissons, des soleils radieux, une plante humble, un arbre gigantesque, un insecte insignifiant qui ne dure que l’après-midi d’été et un aigle rebelle. Cet océan de mon Être continuait à s’étendre encore plus. La non-personnification semblait devenir de plus en plus profonde. Même la mémoire de ma forme humaine ne restait plus. J’étais le tout et le néant en même temps. Un pas de plus et que deviendrais-je? Oh, quelle terreur! Ainsi, cet océan de mon Être continuait à s’étendre effroyablement. Alors, qu’en est-il de mon individualité bien-aimée? Il est évident qu’elle a également été condamnée à mort. Soudain, ressentant de la terreur, de l’horreur, de la panique, de la peur, je me sentais me retirer à l’intérieur de moi-même et j’ai perdu l’extase, je suis revenu comme le génie d’Aladdin dans la bouteille. Je suis entré dans le temps, je suis resté embouteillé dans l’ego. Le malheureux Méphistophélès tremblait lâchement. C’est ainsi qu’est Satan. Il est évident que le scandaleux m’a fait perdre mon satori Bouddhiste, le Samadhi. Alaya, même éternelle et immuable dans son essence, se reflète dans chaque objet de l’univers, tout comme la lune dans l’eau claire et tranquille.» – Enseignements Cosmiques d’un Lama

Il y a existence, mais ce n’est pas l’existence que nous percevons. Mais si nous permettons à ce point de rester comme une théorie, nous resterons dans la souffrance. Cette doctrine, cet enseignement, n’est pas seulement là pour notre amusement philosophique; c’est un outil très pratique, mais que vous ne pouvez vraiment comprendre qu’en l’utilisant. Nous commençons par identifier ce qui doit être nié, qui est notre «soi». Les enseignements nous disent que le concept de soi que nous avons est erroné. Nous commençons donc par analyser ce soi. À ce propos, le Maître Samael a dit:

«Afin d’expérimenter d’une manière complète l’aspect illuminant de la Conscience, nous devons avant tout, et par tous les moyens, devenir conscients de nous-mêmes.»

La deuxième étape consiste à réfléchir sur ce «Moi» pour voir s’il existe réellement. Voir si ce «Moi», ce soi existe indépendamment du corps. Existe-t-il indépendant du mental? Existe-t-il indépendamment des causes et des conditions? Encore une fois, ne théorisez pas. Vous devez percevoir cela. Les théories ne vous mèneront nulle part lorsque vous essayez de développer Prajna. Nous devons baser notre travail sur l’expérience pratique.

«Donc, s’accrocher à «mien» ou à «mon» est plus que suffisant pour empêcher la reconnaissance de notre néant et de notre misère intérieure.

On s’étonne devant le spectacle d’un feu ou d’un naufrage. À ce moment-là, les personnes désespérées saisissent souvent beaucoup de choses ridicules, sans importance.

Des gens misérables! Ils se sentent dans ces objets; ils s’appuient sur des objets stupides; ils s’attachent à des objets qui n’ont pas la moindre importance.

Sentir que l’on existe à travers des choses extérieures et de poser les fondements dessus équivaut à être dans un état d’inconscience totale.

Le sentiment de la «Séité» (l’Être réel) n’est possible qu’en dissolvant tous ces «Moi» que nous portons dans notre intérieur. Avant cette annihilation, un tel sentiment devient plus qu’impossible.

Malheureusement, les adorateurs du «Moi» n’acceptent pas cela. Ils se croient être des Dieux. Ils croient qu’ils possèdent déjà ces «corps glorieux» dont Paul de Tarse a parlé. Ils supposent que le «Moi» est divin. Personne ne peut effacer ces absurdités de leur mental.

On ne sait pas quoi faire avec de telles personnes. La doctrine leur est expliquée, mais ils ne la comprennent pas. Ils sont toujours attachés aux sables sur lesquels ils ont construit leur maison. Ils sont toujours absorbés par leurs dogmes, dans leurs caprices, dans leurs sottises.

Si ces personnes s’observaient sérieusement, elles vérifieraient alors par elles-mêmes la doctrine du multiple. Ils découvriraient en eux toute la multiplicité des personnes ou «Moi» qui vivent dans notre intérieur.

Comment le véritable sentiment de notre Être véritable peut-il être ressenti à l’intérieur de nous-mêmes, alors que ces «Moi» sentent pour nous et pensent pour nous?

La partie la plus critique de toute cette tragédie est que nous pensons que nous pensons, que nous sentons que nous ressentons, alors qu’en fait, c’est une personne qui, à un moment donné, réfléchit à travers notre mental tourmenté et ressent à travers notre cœur affligé.» – Psychologie Révolutionnaire

Lorsque nous commençons à reconnaître que les multiples «Moi» qui surgissent à l’intérieur de nous d’instant en instant manquent réellement d’existence réelle, nous commençons en réalité à réduire leur pouvoir sur nous. Dans les moments où nous ressentons de la peur et dont nous nous rappelons et cherchons à percevoir le manque de vérité inhérent à cette peur, elle perd le pouvoir sur nous. En d’autres termes, cette peur est temporaire; elle est stimulée par les causes et les conditions. Elle va passer; elle n’existe pas vraiment. Cette peur manque du pouvoir qu’elle avait jadis lorsque nous y avons pleinement cru. C’est comme quand vous étiez enfant et que vous étiez terrifié par le monstre dans le placard ou le monstre sous le lit. Votre mental croit pleinement à la vérité de cette perception et c’est ce que nous appelons la vérité conventionnelle. Un jour, vous avez peut-être eu le courage de regarder sous le lit, et votre mental était étonné quand il n’y avait plus que de la poussière. Cela ressemble à l’effet de comprendre Prajna. Quand vous voyez la vraie nature de cette perception trompée, vous voyez que c’est une illusion et que chaque ego est comme ça.

Mais malheureusement pour nous, cette vraie nature ne peut pas être vue avec les sens physiques. La vraie nature de l’ego ne peut pas être vue avec l’intellect. Cela ne peut être vu que par notre vrai soi, notre soi réel, mais ce soi n’a rien à voir avec l’ego. Donc, dans la Gnose, nous enseignons la doctrine du non-soi, mais en même temps, nous enseignons qu’il y a un vrai soi. Alors, ne vous attendez pas à réfuter simplement l’existence, car ce n’est pas la vérité.

Lorsque nous regardons de près le «Moi», nous commençons à voir que c’est juste une perception trompée et que nous en réduisons le pouvoir. C’est une étape importante, mais ce n’est pas tout. Simplement comprendre le manque de l’existence, la véritable non-existence inhérente du «Moi» ne suffit pas. C’est la même chose, par exemple, si nous entendons cet enseignement et que cela a du sens pour nous, et nous disons: «Oui, je peux comprendre que le soi n’existe pas», et nous pensons que nous avons terminé. Mais cela ne signifie pas que vous avez terminé, cela ne signifie pas que vous avez terminé le travail simplement en acceptant l’idée, car ce faux soi, l’ego, est toujours là. Et même quand vous percevez, directement, en Méditation, que cet ego particulier que vous étudiez n’a pas d’existence inhérente, cela ne signifie pas que vous en avez fini avec. Cela signifie seulement que vous avez commencé à percevoir sa vraie nature, qui est vide d’existence inhérente. Mais, il existe toujours de manière conventionnelle.

Rappelez-vous les deux vérités. Ce soi, la conception de soi, cette idée de soi, la croyance de soi, n’existe pas au niveau ultime, au niveau absolu, mais il existe de manière conventionnelle. C’est pourquoi nous souffrons, c’est pourquoi nous avons mal, c’est pourquoi nous sommes pris au piège de l’illusion.

Il y a donc des étapes à cela: nous devons d’abord reconnaître l’objet à réfuter, l’ego, puis nous devons le détruire. Certaines personnes étudient ces enseignements et parviennent à la conclusion erronée que tout ce qu’ils ont à faire, c’est de reconnaître la vacuité inhérente à tout et ensuite ils sont terminés. Ce n’est pas vrai, ce n’est pas l’enseignement.

Le but de l’enseignement n’est pas simplement de comprendre la nature de la vacuité, c’est de la réaliser. Réaliser signifie «le rendre réel». Cela signifie que la vérité absolue doit pénétrer la conventionnelle. Et cela ne peut arriver que si cette vérité absolue, cette lumière du non-être, qui est le Christ, peut pénétrer dans la réalité conventionnelle. Voilà le Bodhisattva. Le seul qui peut faire cela est un Bodhisattva. Personne d’autre. Le seul qui peut créer le véhicule capable de transmettre cette lumière est un Bodhisattva. Un tel Être est celui en qui le «Moi», le faux «Moi» est complètement mort et tout ce qui reste est la lumière du Christ.

«Il est nécessaire que nos disciples Gnostiques comprennent que le resplendissant Dragon de Sagesse (le Christ Intérieur) de chaque être humain qui vient au monde n’a pas d’individualité. Cette dernière est le résultat du «Moi», et le Christ n’est aucun type de «Moi». Ainsi, il est absurde de parler du «Moi» Christ, alors que le Christ Intérieur n’a aucun type de «Moi». Le resplendissant Dragon de Sagesse transcende tous les types de «Moi» et est au-delà de toute individualité. L’adorable est absolument infini et impersonnel. – Cours Ésotérique de Kabbale Alchimique

Dans une antique écriture, il est dit que Prajna est la lumière qui brille dans le vase de Buddhi. Buddhi, comme vous vous en souvenez, est lié à la Sephirah Geburah ; Buddhi est la Conscience divine, une partie de notre propre âme à laquelle nous n’avons pas encore complètement accès. Le Bodhisattva est sur le chemin pour incarner cela, pour devenir un vase parfait de Buddhi dans lequel la lumière de Prajna brille. Prajna est l’Être, Prajna est Atman (Chesed) tenant en lui la lumière de Binah et Chokmah et Kether(Le trikaya ou corps du Bouddha), cette lumière de vérité absolue qui rayonne à travers Buddhi, l’Âme Spirituelle, qui manifeste alors sa compassion à travers les actions de ce Bodhisattva au nom des autres, en notre nom.

En nous, le véhicule que nous avons est le faux «Moi». C’est pourquoi nous sommes appelés «coquilles vides», Klipoth, les Abîmes, l’Enfer. Nous avons des véhicules, mais ils sont vides de vérité, ils sont vides de lumière, ils n’ont que des mensonges et de la tromperie. Ces bouteilles existent dans la vérité conventionnelle dans notre propre subconscient, mais elles n’existent pas dans la vérité absolue, dans le Christ. C’est la nature de la doctrine du non-soi. Nous n’avons pas de véritable identité avant de renaître avec le Christ à l’intérieur. Alors nous avons une véritable identité, alors nous avons une existence réelle, mais jusque-là nous n’avons pas une existence réelle. Nous sommes dans la confusion, dans le désir et la peur. À ce propos, le Maître Samael a écrit:

«Il ne serait pas possible de nous immerger dans le courant du son, dans le Vide Illuminant, sans tourner auparavant les liens qui d’une manière ou d’une autre nous lient à la Conscience. Nous transformons la subconscience en Conscience avec l’annihilation de l’ego, mais ensuite, nous devons détruire les chaînes qui nous relient à la Conscience

Donc, vous pouvez voir que ce travail comporte des étapes. Pour nous, enfermés dans la souffrance, piégés par notre karma, par nos perceptions erronées, nous commençons par analyser le soi que nous percevons maintenant, en analysant sa vraie nature et en travaillant à détruire les cages psychiques qui nous gênent dans la souffrance. Ce processus n’est possible qu’avec Dhyana et Prajna, les cinquième et sixième Paramitas. Il est impossible de détruire l’ego sans Méditation, car sans Méditation, vous ne pouvez pas accéder à Prajna, la véritable perception de la réalité. Une fois que nous détruisons l’ego et que nous devenons des Êtres conscients, nous devenons éveillés, nous devons ensuite travailler à des niveaux plus élevés pour aller au-delà de la Conscience, pour entrer dans l’Être, qui est au -delà de la Conscience, mais c’est un autre niveau.

Une technique très puissante que nous pouvons utiliser pour nous aider (en plus de notre analyse du soi à chaque instant, chaque jour) est l’utilisation d’un mantra très puissant. Ce mantra est prononcé

Gate, Gate, Paragate, Parasamgate, Bodhi, Svaha

(la signification de ce mantra est la suivante: Vas, Vas, Vas Au-delà, Vas Complètement Au-delà, sois fondé dans l’illumination)

C’est le mantra Prajnaparamita, c’est le mantra de la Prajnaparamita, et il vient d’un sutra appelé le Prajnaparamita sutra. Cet enseignement profond est l’enseignement de la perspicacité dans la vraie réalité, et ce mantra est un son sacré qui utilise et attire l’aide du Christ pour inonder le mental, pour inonder notre Conscience de forces qui peuvent nous aider. Ceci est l’un des deux mantras les plus utilisés dans le Bouddhisme, et l’autre que je vous ai appris la semaine dernière. Ils sont les plus utilisés car ils sont puissants, ils dessinent des résultats, ils fonctionnent.

Le Maître Samael a enseigné ce mantra et il a dit ceci à ce sujet:

«Tout d’abord, détendez absolument le corps.»

Maintenant, laissez-moi m’arrêter là. Les étudiants peuvent facilement commettre l’erreur de lire ces instructions très rapidement et d’essayer très rapidement ces pratiques sans porter une attention particulière à chaque étape du processus, et parce qu’ils sont pressés par l’urgence et désirent avoir une expérience, ils ne parviennent pas à satisfaire chaque étape du processus et aboutir ainsi à une déception. Ne faisons pas cette erreur. La première étape consiste à se détendre. Nous devons détendre complètement le corps. Mais ce corps est plus que de la chair, quel est ce corps vraiment? Vous devez également détendre votre mental, vous devez détendre votre cœur. Nous devons être complètement détendus, sans aucune tension, puis nous passons à l’étape suivante.

«Deuxième étape, vider le mental de toute pensée.»

Encore une fois, je ne peux même pas vous dire combien de fois les étudiants viennent voir les instructeurs et disent: «Je ne peux tout simplement pas obtenir cette Méditation, je fais le mantra, mais mon mental est trop actif. La deuxième étape est très importante, c’est Dhyana, la stabilité méditative, la cinquième Paramita. Si votre mental est instable, si votre mental est trop chaotique, faites les pratiques nécessaires pour établir la concentration et la quiétude mentale. Il y a beaucoup de telles pratiques.

Lorsque votre mental est dans un endroit stable (relativement), commencez la troisième étape. Ceci est de chanter le mantra, chanter le mantra, vocaliser. C’est également une étape importante ; la vocalisation stimule l’énergie et la matière. Ce mantra stimule votre organisme, pas seulement psychologiquement; mais physiquement, spirituellement. Et tout cela prépare votre véhicule. Alors, dit-il en continuant:

«Avec un verbe silencieux, nous cessons de chanter, nous devenons silencieux. Mental vide et corps détendu, nous continuons donc à pratiquer de façon répétée, quotidienne, aussi longtemps que nécessaire, jusqu’à ce qu’un jour, en l’absence du «Moi», le Vide Illuminateur qui est la vérité puisse être expérimenté. Celui qui peut expérimenter la vérité est renforcé pour travailler sur lui-même. Pourquoi les frères et sœurs de la Gnose n’ont pas de force pour travailler sur eux-mêmes, qu’arrive-t-il à eux? Ils manquent de l’expérience de la vérité. C’est une chose de dire d’être sur le chemin pour atteindre la vérité, et c’est une autre chose quand on l’a expérimenté. Celui qui veut expérimenter doit relaxer le corps, vider le mental et utiliser le mantra des Paramitas. Alors un jour il réalisera l’expérience de ce qui n’appartient pas au temps, ce qui est la vérité. Celui qui en fait l’expérience travaillera vraiment avec zèle sur lui-même. Je l’ai vécu quand j’étais à peine un garçon de dix-huit ans. Je l’ai réalisé et je ne l’ai jamais oublié.»

Donc, vous pouvez voir que l’accent mis sur l’expérience du vide est assez catégorique, et il y a une raison à cela. Ceux qui ne comprennent pas la nature du vide, la vraie nature du soi, tombent dans des erreurs, comme nous. Nous subissons déjà les conséquences de nos erreurs, car nous ne voyons pas la vérité et nous souffrons pour cela. Comme je l’ai mentionné, ce chemin du Bodhisattva est le chemin en fil du rasoir. Un rasoir est extrêmement mince, étroit, droit et pointu, et si vous essayez de marcher sur le fil du rasoir, cela vous fera mal, mais qu’est-ce qui vous fait mal? Qu’est-ce qui souffre? C’est le «Moi», c’est l’ego qui souffre. C’est pourquoi beaucoup de ceux qui rencontrent ces enseignements se tournent et s’enfuient, parce que l’ego ne l’aime pas. L’ego est directement confronté à ce type d’enseignement, et l’ego doit mourir. Le Christ n’acceptera pas l’ego. Pour incarner le Christ, connaître le Christ, l’ego doit mourir. Nous n’aimons pas cela, nous voulons aller au Ciel et garder l’ego, mais c’est impossible. Personne au Ciel, au Nirvana, n’a de fierté, n’a de colère, n’a de désir. Ces choses doivent être jetées.

Donc, ce type de connaissance, la doctrine de la vacuité, est la perspicacité directe ou Prajna qui nous mène le long du chemin de ce rasoir. C’est le guide, Prajna. Rappelez-vous, Prajna est synonyme de Christ, synonyme de ce qui existe vraiment. Mais malheureusement, nous avons ceux qui ne connaissent pas cette doctrine ou ceux qui ne la comprennent pas. Et ils se répartissent en deux groupes, deux vues extrêmes. D’un côté, nous avons ceux qui suivent la doctrine de l’Éternalisme. C’est un groupe de vues extrêmes, l’autre est le Nihilisme.

Ceux qui suivent la doctrine ou ont la croyance erronée de l’Éternalisme sont ceux qui croient que lorsqu’ils mourront, ils iront au Ciel ou en Enfer pour toujours, mais c’est une idée erronée, il n’y a aucune preuve, cette idée n’est pas appuyée. Ce sont des gens qui croient en un «Moi» éternel, un «Moi» qui existe de manière indépendante pour toujours, que ce «Moi» soit supérieur ou inférieur. Mais il n’y a aucune preuve à l’appui de cela, ni dans les Écritures vraies ni dans les faits crus et froids. Il n’y a aucun phénomène observable qui soit éternel, qu’il soit observable par les sens physiques ou les sens internes. La seule chose qui soit éternelle et pour toujours, c’est l’Absolu, mais c’est sans condition et c’est sans cause. C’est au-delà de la réalité conventionnelle.

Ceux qui suivent la doctrine de l’Éternalisme croient en de nombreuses variétés de théories, ils peuvent croire qu’il existe un Dieu créateur éternel, une grande figure paternelle qui siège au Ciel et choisit et punit ce triste spectacle de l’humanité de temps en temps. Ils peuvent croire en de nombreuses variétés de concepts religieux ou de croyances du Ciel et de l’Enfer. Certains d’entre eux croient en un soi éternel, comme Atman ou l’Être, comme si l’Être est un «Moi» éternel qui est au-delà des lois de la nature. C’est un point épineux. Malheureusement, il y a des Gnostiques qui développent la perception erronée que la Gnose est une religion comme le Christianisme ou le Bouddhisme ou l’Islam, dans laquelle il y a un Dieu céleste éternel, il y a le Ciel éternel et il y a un Enfer éternel, mais aucune de ces croyances n’est vraie. Il y a un Être, mais l’Être est impersonnel. Il y a le Christ, mais le Christ n’a pas d’individualité. Il y a Dieu, mais Dieu n’est pas personnelle, ni n’a une identité de la façon dont nous pensons de l’identité. Dieu est une force, une intelligence qui dépasse l’intellect.

Les éternalistes tombent souvent dans la conception erronée d’eux-mêmes en tant que Dieu, et c’est ce que nous appelons la mythomanie. Ceux qui disent: «Mon Être intérieur est un grand Maître», ou «Je suis un grand maître», ou «mon Être intérieur est tel et tel Dieu, ou cosmocréateur», ou «Je suis l’incarnation d’un tel» ou «Je suis le prophète tel ou tel». Ce sont toutes des vues erronées, ce sont tous des produits de la mythomanie, produits de l’Éternalisme.

Le vrai Bodhisattva reconnaît son propre néant, reconnaît que la seule existence véritable est l’Être, qui n’est pas nous. Le Bodhisattva est simplement un véhicule qui affiche la lumière de Prajna. Un vrai Bodhisattva n’a pas de soi et n’est là que comme ampoule, pour transmettre la lumière, et ne se réclame donc pas du tout.

De l’autre côté du pendule, nous avons l’autre groupe qui ne comprend pas la doctrine de la vacuité et qui, au contraire, suit la doctrine du Nihilisme. Or, ces deux groupes n’ont probablement jamais entendu ces termes, mais c’est ainsi qu’ils sont présentés dans le Bouddhisme. Quelqu’un qui suit le Nihilisme peut avoir entendu parler de cette doctrine sous une forme ou une autre et dit: «Oh, bien toutes les choses sont vides, cela signifie qu’il n’y a pas d’existence, qu’il n’y a pas de réalité. Par conséquent, je peux faire ce que je veux.» Il y a beaucoup de ce type de personne à cette époque. Avez-vous déjà entendu la phrase «Vivez bien, car demain nous mourrons»? C’est le Nihilisme. Ceux qui, à cette époque, ne croient qu’à satisfaire leurs désirs et à se saturer de désir, à abuser de drogues et d’alcool, de pouvoir et d’argent sont tous des adeptes du Nihilisme. Ce sont des nihilistes; ce sont des gens qui ne reconnaissent pas qu’il y a du karma, qu’il y a des conséquences pour nos actions. Ce type de théorie soutient que le monde est sans but, sans signification, sans valeur, sans vérité. Cette théorie, cette idée est extrêmement commune. Normalement, à cette époque, quand on se dit athée, en réalité, ce n’est qu’un nihiliste, ce qui signifie qu’ils ne croient qu’en leurs désirs, rien d’autre. En d’autres termes, ce sont des animaux qui veulent seulement consommer, détruire et finalement mourir. Ces types de personnes rejettent tout concept d’éthique et de moralité et ne cherchent qu’à suivre leurs désirs. Mais encore une fois, il n’y a pas de preuve à l’appui des idées du Nihilisme, quand on l’analyse en profondeur, on le voit comme une fausse vue. Et ce n’est pas la vraie doctrine de la vacuité.

La vraie compréhension de Prajna ou de la vacuité ne réfute pas le karma, en fait, elle indique que le karma et la vacuité sont synonymes, mais notre intellect ne peut pas comprendre cela. L’intellect dit: «Bien, si toutes les choses sont vides de soi-nature, alors qui est-ce qui produit une mauvaise action et qui, à son tour, reçoit les conséquences de cette action? Voyez-vous la boucle philosophique? Voilà comment l’intellect nous rend confus. Lorsque nous intellectualisons ces idées philosophiques, nous nous confondons et nous confondons les autres, et nous restons ainsi piégés dans l’illusion. L’intellect ne peut pas concevoir cet enseignement. Nous devons le saisir dans une certaine mesure avec l’intellect, puis nous devons méditer. Le vrai Prajna perçoit l’existence simultanée de la réalité conventionnelle et ultime. En d’autres termes, peut voir le manque inhérent d’existence et aussi le karma, l’origine dépendante. Ce sont les mêmes, mais notre intellect ne le voit pas.

Dans ce camp des nihilistes, il y a aussi de nombreuses variétés. Un exemple très clé est le démon Moloch. Moloch et ses amis enseignent et pratiquent l’idée que l’on peut réaliser la vérité dans l’ego. En d’autres termes, en faisant de l’ego très gras, en commettant beaucoup d’actions nuisibles, ils croient qu’ils peuvent pénétrer de l’autre côté des Klipoth et gagner ainsi en sagesse. Cela peut ne pas avoir de sens pour vous maintenant, mais quand vous analysez la Kabbale et que vous voyez comment le courant du son fonctionne, vous voyez, tout au sommet de l’existence, c’est l’Absolu, cette mer primordiale de la nature absolue. Et quand le rayon de la création descend et que toute manifestation apparaît, tout au bas des Klipoth, le niveau d’existence le plus dense qui soit, le niveau le plus dense de l’Enfer, de l’autre côté de celui-ci se trouve l’Absolu. C’est ainsi que se déroulent les notes, l’octave de la création. Donc ces démons croient qu’en se projetant avec autant de force que possible, ils peuvent se précipiter au-delà des Klipoth et passer dans l’Absolu, et convaincre le monde entier que c’est vrai. Ils ont convaincu le monde qu’en réalisant des désirs, en apprenant des moyens plus efficaces de destruction, de violence, que vous pouvez atteindre le bonheur. C’est pourquoi notre société dégénère si rapidement, parce que Moloch et ses amis répandent dans nos médias, dans toutes les églises, dans toutes les synagogues, dans tous les monastères, ce concept: «réalisez-vous dans votre ego, il n’y a pas besoin de le détruire», disent-ils. C’est une vue fausse: ils oublient le karma. Ils retirent intentionnellement le karma de l’équation, comme si le karma n’existait pas, comme s’ils pouvaient faire ce qu’ils veulent sans faire face aux conséquences. Donc, c’est une vue fausse, erronée.

Un groupe de pratiquants du Mahamudra est lié à ce groupe. Vous vous souvenez de la dernière conférence, je vous ai présenté Mahamudra et Dzogchen, qui sont des enseignements du Bouddhisme Tibétain liés à la Méditation et à l’entrée dans Prajna. Il y a des pratiquants de Mahamudra et de Dzogchen qui, en apprenant cette doctrine de Prajna, apprennent la philosophie qui stipule que le soi n’existe pas intrinsèquement et que tout est Absolu. Alors ils arrivent à la conclusion erronée que «si l’Absolu, la réalité fondamentale, est en effet dans tout, alors réalisons cet Absolu dans le Moi, réalisons-nous et devenons illuminés dans le contexte de notre propre mental délirant.» C’est un concept erroné. Malheureusement, ils ont mal compris la doctrine profonde du Mahamudra et l’ont développée en une excuse pour satisfaire l’ego, pour le perpétuer. Et malheureusement, ils diffusent cette idée très subtile, très séduisante, selon laquelle «vous pouvez être comme vous êtes et toujours vous illuminer».

Il y a aussi des Kabbalistes qui enseignent cela, des enseignants de la Kabbale et du Judaïsme qui enseignent que «vous pouvez vous réaliser, vous pouvez vous approcher de Dieu à travers le désir». C’est le Tantra noir, c’est la magie noire. C’est l’enseignement des démons, alors ne vous trompez pas.

«La vraie doctrine de la vacuité est juste une compréhension plus profonde de la loi du karma.
Lorsque le vide des phénomènes est compris,
la loi merveilleuse de la cause karmique et du fruit
brille encore plus merveilleusement,
et bien que l’étonnant soit encore plus étonnant.» – Bodhichittavivarana

Là où il y a du désir, il y a de la souffrance. À propos de cela, il n’y a pas de contestation. Vous entendrez beaucoup de philosophies et beaucoup de théories, et c’est pourquoi vous devez vous baser sur votre propre expérience. Apprenez à méditer et à pénétrer la vérité par vous-même.

Tout ceci est précisément la raison pour laquelle le Bouddha a enseigné la doctrine de la vacuité en dernier. C’est pourquoi Prajna est présentée comme la sixième Paramita. Le Bouddha a d’abord enseigné à tous les autres Paramitas sur la Bodhichitta, sur la souffrance, sur le besoin de compassion, sur le karma; parce qu’il savait et connaissait que si nous entendions cette doctrine de la vacuité sans une solide compréhension du karma, nous pourrions facilement être induits en erreur. Facilement. Et c’est aussi pourquoi cet enseignement dans ses aspects les plus profonds a toujours été refusé à l’humanité.

Lorsque vous combinez la véritable entrée dans Prajna avec la transmutation de l’énergie sexuelle, vous avez entre vos mains des forces qui peuvent complètement changer le monde entier – cette sagesse est un pouvoir extraordinaire – et si vous ne comprenez pas le karma, vous pouvez faire beaucoup de mal aux gens, y compris vous-même.

La Vue Juste est essentielle – en fait, vous pouvez dire que Prajna, en soi, est la Vue Juste. La Vue Juste est l’une des étapes de l’Octuple Chemin. La Vue Juste est définie comme comprenant la compréhension de la vacuité, la compréhension de l’origine dépendante.

La Vue Juste est définie par quatre sceaux ou quatre poinçons, que je vais vous expliquer. Le premier sceau est que toute existence conditionnée est impermanente. Avoir une Vue Juste signifie que, spontanément, vous reconnaissez que tout ce qui arrive est impermanent et ainsi vous ne le saisissez pas et vous n’avez aucune aversion à son égard. Vous restez indifférent. Nous n’avons pas cela, parce que peu importe ce qui se passe maintenant, soit nous le saisissons, soit nous essayons de l’éviter. Nous pourrions être indifférents à cause d’un manque de compréhension ou d’un manque de désir, mais ce n’est pas la même chose que la compréhension.

Le deuxième sceau est que toutes les expériences illusoires souffrent. La souffrance n’est pas simplement une sensation désagréable, c’est aussi une sensation agréable. Nous nous attachons à des expériences agréables, à nous sentir bien dans notre peau. C’est souffrir, car ces sensations sont impermanentes. Quand quelqu’un nous aime et nous loue, nous pouvons avoir un fils ou une fille qui est un grand fils ou une fille, ils nous aiment, ils nous respectent, mais ils deviennent adolescents et deviennent un petit diable. Bien, vous saurez quelque chose sur ce genre de besoin, d’être respecté et apprécié en tant que parent. Et puis ça s’en va, alors vous saurez. Il n’y a pas d’existence inhérente à cette envie, c’est une illusion, et c’est une souffrance.

Le troisième sceau est que toutes les choses sont vides et manquent d’auto-identité.

Le quatrième est que le nirvana, la libération, la cessation, est la vraie paix. Cela fait référence à la cessation de la perception illusoire.

Permettez-moi maintenant d’expliquer, en petit commentaire, un point très important. La libération est une chose, mais la libération absolue ou la Libération Finale est autre chose. Notre Conscience passe par de nombreuses existences pour nous donner l’opportunité d’atteindre la Libération Finale ou ultime. Si nous ne prenons pas ce travail et ne le faisons pas, nous traversons simplement l’existence, encore et encore, à plusieurs reprises. Et à la fin du grand jour cosmique, toutes ces étincelles de Conscience, qui existent dans les corps physiques seront absorbés dans leur source. Cela s’appelle la «libération», parce que c’est la libération de la roue, mais c’est la libération sans réalisation, sans Prajna, sans sagesse, et au début du cycle suivant, le prochain jour cosmique, toutes ces étincelles recommenceront ce cycle où ils ont laissé, avec rien, avec zéro.

La Libération Finale ou libération ultime n’est acquise que par les Bodhisattvas, et ce sont ces Êtres, ces créatures, qui ont développé Prajna, qui ont eu une perspicacité fondamental de l’existence et sont devenus différents.

Il y a en réalité quatre chemins à travers l’existence. Le premier, le plus supérieur, est le chemin du Bodhisattva, le Chemin Direct.

Le second, un travail inférieur, est le Chemin Spiral Nirvanique, c’est le chemin des Dieux, c’est le chemin des Bouddhas qui acquièrent une certaine compréhension mais qui restent dans un niveau inférieur.

Laissez-moi vous expliquer quelque chose: les Dieux Nirvaniques appartiennent toujours à la roue de la souffrance. Lorsque vous regardez les mondes affichés dans la Roue du Samsara, ces mondes supérieurs sont les régions des Dieux. En d’autres termes, les Dieux souffrent toujours d’une perception illusoire, ils croient encore en un «Moi», l’ego, mais c’est un peu différent de notre ego. Dans notre cas, nous sommes affligés de souffrances et d’afflictions très grossières. Dans le cas des Dieux, ils sont attachés au pouvoir, ils sont attachés à la félicité, attachés au plaisir, attachés à l’extase, attachés à un «Je», comme dans «je suis tel ou tel Dieu, je suis tel ou tel Maître.» Ainsi, ils tombent dans le camp des Éternalistes et ils restent dans la souffrance à ce niveau. L’ego à ces niveaux est plus subtile.

Le troisième chemin est ceux qui font un peu de travail sur eux-mêmes mais ne développent jamais réellement aucune capacité ou portion d’âme, et donc ils continuent à reculer, ils n’entrent pas réellement dans le chemin Nirvanique. Ils peuvent devenir un saint d’un certain degré, mais ils n’ont pas réellement les véhicules, les corps solaires.

Le quatrième et le plus commun des chemins utilisés est le chemin lunaire, le chemin des échecs, sur lequel nous sommes tous, car nous sommes tous dans les ténèbres, nous tous ne savons rien.

En ce qui concerne ce chemin du Bodhisattva, et pour conclure cette conférence, je vais vous lire un petit extrait du livre La Pistis Sophia Dévoilée, et je vous invite à vous stabiliser, à vous détendre, à fermer les yeux et à laisser ces mots illuminez votre compréhension, car dans ces mots il y a une forme de sagesse qui ne peut être reçue que si vous y êtes ouverts.

«Les Initiés des Ténèbres, ainsi que les Initiés de la Lumière, tombent à Gauche et à Droite.

Le Chemin du Milieu (l’Octuple Chemin des Bodhisattvas aux cœurs compatissants) nous conduit au port de libération.

Malheureusement, rares sont ceux qui sont capables de marcher sur le Chemin du Milieu vers la Libération Finale. Ceux qui ne tombent pas sur le chemin ténébreux de la Gauche, tombent sur le chemin de la Droite.

Les ténébreux descendent par le chemin de la Gauche dans la demeure de Pluton.

Les Saints montent par le chemin de la Droite vers le merveilleux royaume de la lumière.

Les ténébreux et les Saints tournent dans la Roue du Samsara.

Les ténébreux passent par l’Annihilation Bouddhique dans le cœur du monde.

Postérieurement, ils entrent dans les paradis élémentaux de la Nature, après avoir beaucoup souffert.

Le voyage à travers le monde souterrain est des millions de fois plus amer que la bile.

Les Saints retournent dans la vallée du Samsara. Ils se réincorporent dans un nouvel organisme humain lorsque la récompense est terminée.

Ni les êtres humains avec des peaux de chèvre, ni les êtres humains avec des peaux de brebis n’atteignent la Libération Finale.

L’authentique Libération Finale est réservée aux rebelles, à ceux qui marchent sur le Chemin du Milieu.

Difficile est l’Octuple Chemin des Bodhisattvas avec un cœur compatissant.

La limite du bien est le mal. La limite du mal est le bien.

L’Octuple Chemin des Bodhisattvas avec un cœur compatissant n’a rien à voir avec le bien ou le mal.

Tout ce qui est bien pour ceux qui marchent sur le chemin de la Droite est mal pour ceux qui descendent par la Gauche ténébreuse.

Tout ce qui est bien pour les ténébreux de l’Averne est mal pour les marcheurs qui montent par le chemin de la Droite.

Les démons et les Saints regardent avec horreur et terreur les Adeptes révolutionnaires du Chemin du Milieu.

Personne ne comprend ces rebelles du Chemin du Milieu.

Le Marcheur Révolutionnaire de l’Octuple Chemin (même entouré de nombreuses personnes) marche terriblement seul.

Hitler, qui était terrorisé en présence d’un Adepte du Chemin du Milieu, s’exclama: «Je connais le Sur-Homme. Je l’ai vu. Il est terriblement cruel. J’ai moi-même eu peur.»

Le chemin est sexuel. Nous avançons en annihilant l’ego et en nous sacrifiant pour l’humanité.

Les Bouddhas Pratyeka (même après avoir construit les corps existentiels supérieurs de l’Être) ne sont pas des Bodhisattvas.

De toute évidence, les Bouddhas Pratyeka sont tombés sur le chemin de la Droite.

Il y a aussi beaucoup de Maîtres qui sont tombés sur le chemin de la Gauche par le Tantrisme Noir.

Les Bodhisattvas aux cœurs compatissants se sacrifient pour les humanités planétaires à travers des Mahamanvantaras successifs et, finalement, ils réalisent l’incarnation du Christ.

Seuls les Bodhisattvas du Chemin du Milieu réalisent l’incarnation du Christ en eux-mêmes.

Le Christ Intime vient encore et encore, continuellement, chaque fois que cela est nécessaire.

Le Christ Cosmique est une force, comme l’électricité est une force, ou comme la gravité est une force, etc.

Le Christ Cosmique est au-delà de la personnalité, de l’individualité et du « moi »

Le Christ s’exprime à travers tout être humain parfaitement préparé.

Néanmoins, tous les événements Christiques sont accompagnés de grands tremblements de terre et de confusions.

Les événements Christiques sont terriblement révolutionnaires.»

Avez-vous des questions?

Public: Vous parliez du désir, atteignant Dieu à travers le désir, que vouliez-vous dire par là?

Instructeur: Bien, nous devons faire la distinction entre le désir de connaître Dieu et l’enseignement qui dit que, à travers le désir ou par le plaisir, nous pouvons atteindre Dieu. Parce qu’il y en a beaucoup qui enseignent cela en cultivant nos désirs, en rassemblant des plaisirs, en nous enivrant des substances intoxicantes de la sensation, que nous pouvons alors connaître Dieu, et c’est faux. Il y en a beaucoup qui enseignent cela.

Public: Je ne comprends toujours pas ce que vous dites, je ne comprends pas ce que vous dites. Vous voulez dire que si vous désirez atteindre Dieu, ce n’est pas…

Instructeur: Non non non, le désir de connaître Dieu est différent. Donc, quand je parle de désir, je parle de l’envie de l’ego. Le désir ou l’aspiration de connaître Dieu est naturel, nous en avons besoin. C’est une qualité naturelle de l’âme de se connaître. Mais nous ajoutons à cela. Nous voulons prendre nos désirs avec nous; nos désirs sexuels, notre désir de pouvoir, nos envies de confort, de sécurité. Voilà le genre de désirs dont je parle. Cela a-t-il du sens?

Public: Bien, ce que je pensais que vous vouliez dire, c’était que votre désir, votre désir personnel d’atteindre ou de communiquer avec Dieu ou d’atteindre ce que je perçois être Dieu, parce que je pense que tout le monde a des idées différentes de Dieu. Je pensais que c’était ce que vous vouliez dire, que votre désir d’atteindre Dieu n’est pas, vous n’êtes pas censé avoir ce désir?

Instructeur: Au début, nous avons cela, ce désir de connaître Dieu, et c’est bien. Mais il y a une étape de travail au cours de laquelle nous commençons à découvrir qu’une partie de ce désir est aussi égoïste, alors c’est le point.

Public: Vous êtes ici, vous enseignez cela, je ne sais pas exactement quel est votre enseignement ou d’où vous venez, et c’est tout ce que j’ai eu le week-end dernier, une partie du week-end dernier. Maintenant, ce que je veux dire, c’est que vous n’êtes pas ici, n’est-ce pas ce genre d’égoïsme lui-même?

Instructeur: Cela peut paraître comme ça.

Public: Parce que, bon, vous savez, cela dépend de beaucoup de gens qui font quelque chose et des yeux de quelqu’un d’autre, cela peut sembler égoïste…

Instructeur: Cela peut paraître, mais c’est la nature même de l’enseignement, c’est pour remettre en question les apparences.

Public: Ma question vient de la même chose, n’est-ce pas l’idée qu’on atteint Dieu ou quoi que ce soit, n’est pas ce genre d’égoïsme…

Instructeur: Ce pourrait être.

Public: Bien, mon point est que j’ai beaucoup de problèmes avec ça, mon désir de… Je ressens beaucoup de choses comme la Terre, comme tout, l’univers ou quoi que ce soit, mon idée était que Dieu est tout cela, c’est ce qu’est Dieu, c’est mon idée de Dieu.

Instructeur: C’est pourquoi la Méditation est si importante. Parce que ce questionnement, la façon dont votre mental est un peu agité par le questionnement, par l’intérêt ou par les conflits qui vous apparaissent, parce que le mental a cet état, il ne peut pas le résoudre. Donc, la seule façon de résoudre cette question est de commencer par avoir une paix stable, et c’est pourquoi la Méditation est si importante. Parce que lorsque le mental est en conflit, ou lorsqu’il est dans une bataille entre oui et non ou A et B, le conflit ne peut pas être résolu.

Public: Mais la vie elle-même n’est rien d’autre que des conflits…

Instructeur: Exactement, c’est exactement ça.

Public:… c’est de cela dont vous parlez, de toutes les différentes religions, et d’une certaine manière, non, toutes ces religions étaient toutes fausses.

Instructeur: Bien, nos idées à leur sujet le sont.

Public: Bien, j’ai une compréhension basique des différentes religions et une fois que j’y suis entré, je suis tout simplement confus. Je dis d’oublier cela parce que je ne veux même pas y aller parce que beaucoup de religions ne sont pas vraies pour moi, j’ai le sentiment qu’elles ne viennent pas de Dieu ou de ce que je considère être Dieu, car pour moi Dieu est tout aimer, à moi il n’y a pas, Dieu ne va pas me faire de mal.

Instructeur: Vous êtes exactement au point que j’ai souligné, car lorsque vous pouvez voir les conflits de la vie, les conflits de perception, vous n’avez pas d’autre choix que d’apprendre à méditer, car plus vous continuez à explorer les religions, théoriser, examiner les doctrines, discuter, débattre, les questions ne font que s’aggraver, le conflit ne devient que plus complexe, les problèmes ne font que s’aggraver.

Public: Mais il n’y a pas de réponse.

Instructeur: Il y a absolument et définitivement une réponse, mais la réponse ne peut pas être trouvée avec l’intellect ou avec les cinq sens. La réponse ne peut être trouvée que lorsque vous mettez le mental en état de paix et que, dans ce domaine, vous pouvez apprendre à percevoir quelque chose avec d’autres outils que l’intellect: vous pouvez apprendre avec la Conscience. Dans ce cas, vous pouvez commencer à pénétrer le Prajna, qui est la perspicacité de la vraie nature, alors la réponse viendra, mais vous devez être seulement patient. Mettez le mental en équilibre, détendez-vous et méditez, et vos réponses viendront petit à petit. Plus vous chercherez à remplir le mental et à examiner les doctrines et les théories, plus vous deviendrez confus, vous devrez donc compléter votre étude par la pratique et les faire toutes les deux; petit à petit, vous y arriverez.

Public: Est-ce vrai, est-il possible de pénétrer à travers le niveau le plus bas de l’Enfer?

Instructeur: Non. Ce n’est pas le cas. Les théories avancées par les démons ont leurs racines à l’époque de la Lémurie. Au temps de la Lémurie, cette idée était répandue qu’il y avait un moyen d’atteindre la réalisation plus rapidement, et certains Maîtres et étudiants à cette époque étaient séduits par cette doctrine très subtile et étaient entrés dans le mauvais chemin, croyant pouvoir avancer à travers les Klipoth et entrée dans l’Absolu, et c’est un enseignement erroné, ce n’est pas vrai.

Public: Vous avez dit auparavant que l’ego existe à cause du karma, pouvez-vous en dire plus?

Instructeur: L’ego existe parce que c’est le karma, l’ego lui-même est une conséquence karmique d’une mauvaise action. Au moment où nous sommes entrés dans de mauvaises activités, nous avons produit des conséquences, et cette conséquence dans cet instant initial a été le premier ego, et qui est né du péché originel. Par la suite, des mauvaises actions ont permis d’élaborer des ego supplémentaires jusqu’à maintenant, nous nous retrouvons avec la légion que nous avons à l’intérieur.

Public: Atman existe-t-il dans la vérité absolue?

Instructeur: Atman n’est qu’un véhicule, comme tous les autres niveaux de l’Être. Chaque aspect de l’Être existe dans la vérité conventionnelle. De la même manière que nous avons un corps physique, qui existe ici physiquement, et à travers nos sens physiques, nous pouvons confirmer que le corps physique a une réalité conventionnelle, mais qu’il n’a pas de réalité ultime. De même, nous procédons de la même manière dans tout l’Arbre de Vie, y compris Atman. Atman existe à cause des causes et des conditions, Atman est un développement de Daath, des Elohim, et Atman n’est donc pas quelque chose qui existe indépendamment de tout le reste. Cela a-t-il du sens? Atman est également sujet à une origine dépendante, par conséquent, dans son essence, est vide. Même l’Absolu est vacuité lui-même. Si l’Absolu est vacuité lui-même, comment pourrait-on échapper à cette loi? Rien ne le peut. Tout manque de «Moi», le Christ n’a pas de «Moi» et le Christ est cette parfaite élaboration de l’existence; s’il n’y a pas de «Moi» là, comment peut-il y avoir un vrai «Moi» ailleurs?

Commentaire: Atman est comme une ampoule et sa propre réalité est l’électricité.

Instructeur: Exactement, de même que le Bodhisattva est une ampoule qui transmet la lumière, Atman est une ampoule qui transmet la lumière. Cette lumière dans son cas est cette énergie du Christ qui a besoin de nous pour s’incarner. D’autres questions?

Public: Vous parlez du karma et de la raison pour laquelle nous sommes dans la condition, mais la question est de savoir comment faire quelque chose de mal si vous ne savez pas que ce que vous faites est une erreur et si vous ne le savez pas que quelque chose ne va pas, comment quelque chose ou quelqu’un peut-il vous dire ou vous poursuivre comme si vous l’étiez? Parce que si vous ne savez pas que vous avez tort et que vous vous trompez, comment pouvez-vous dire à quelqu’un: «Vous ne faites pas bien» ou «Vous ne faites pas mal», parfois vous ne faites pas intentionnellement le mal.

Instructeur: Bien sûr, laissez-moi vous expliquer ce que signifie réellement le karma. Karma ne dit pas ce qui est bien et ce qui est mal. Le karma n’est pas une loi de jugement ou d’éthique ou de moralité. Le karma est simplement comme la loi de la gravité. La loi de la gravité existe simplement, dans ce monde physique, donc si nous prenons quelque chose et le lâchons, cela a une conséquence. Le karma est exactement le même. Le karma est juste la loi qui gère l’énergie dans la nature. Pour chaque action, il y a une conséquence; c’est tout ce qu’est le karma. Le karma ne crée rien et le karma ne dit pas: «Vous devriez faire ceci et ne pas faire cela». Nous sommes libres de faire ce que nous voulons, mais c’est le problème. Parce que nous ignorons le fonctionnement de la nature, la façon dont l’existence est réelle, nous persistons à effectuer des actions dont nous ne percevons pas les conséquences. Ainsi, par exemple, nous avons un désir,et parce que nous ne percevons pas que le désir pourrait être nocif pour nous ou pour quelqu’un d’autre, nous persistons à l’explorer ou à le réaliser. Et puis nous en avons les conséquences, et parce que nous ne reconnaissons pas la cause, nous souffrons. Nous ne reconnaissons pas le problème.

Public: Mais n’est-ce pas une manière d’apprendre? Quoi que vous souhaitiez apprendre, vous devez savoir ce que vous voulez apprendre et suivre un chemin pour…

Instructeur: C’est pourquoi nous avons ces enseignements, mais malheureusement, la plupart des gens préfèrent satisfaire leurs désirs plutôt que d’étudier la loi. Vous savez, en Hébreu, Torah signifie «loi» n’est-ce pas? Et la Torah est le corps des enseignements de cette tradition qui exprime: «Si vous faites cela, ceci se produira», «Si vous faites ceci, cela se produira». Le mot Dharma signifie aussi loi, et si nous étudions le Dharma ou l’enseignement, la loi, alors nous comprenons; si nous effectuons cette action, ce sera le résultat. Nous sommes libres de le faire, nous pouvons aller de l’avant et agir si nous le voulons, mais nous en aurons les conséquences. Le problème actuel est que les gens ne sont pas intéressés.

Public: Ok, la question est maintenant, comment savons-nous ce qui est vrai? Comment savons-nous ce qu’est la vérité?

Instructeur: C’est exactement cela, à cause des deux vérités, la seule façon de savoir cette vérité est à travers la Méditation.

Public: Laissez-moi vous expliquer de quoi je parle ou ce que je veux dire. À une époque, nous pensions que le monde était plat et que si vous le contourniez, vous vous perdriez. À ce stade, la vérité était que le monde était plat. Alors, quelles religions, et tout ce que cela dit, la vérité est ce que vous percevez comme réel jusqu’à ce que quelque chose arrive, vous changez de mental ou quoi que ce soit pour vous faire… Bien non, ce n’est pas la vérité parce que quelque chose est arrivée qui a changé ma perception de ce qu’est la vérité

Instructeur: Alors, pourquoi un alcoolique continue-t-il à boire quand il sait que c’est une erreur?

Public: Addiction.

Instructeur: Exactement, c’est le problème. Nous sommes tous dépendants de la sensation: sensations intellectuelles, sensations émotionnelles et physiques. Même si, à un certain niveau, nous savons que quelque chose ne va pas, nous continuons à le faire à cause de la dépendance; c’est trop fort. Nous ne voulons pas le changer, alors nous souffrons jusqu’à ce que nous le changions.

Public: Alors, comment sait-on quoi suivre?

Instructeur: En vous observant vous-même et en apprenant à méditer. Ce n’est que lorsque vous vous séparez de cette dépendance que vous pouvez la voir pour ce qu’elle est. Si l’alcoolique est dans le bar et boit, ils sont là et absorbés, ils ne peuvent pas reconnaître le problème. Ce n’est que lorsqu’ils sortent qu’ils peuvent alors voir «c’est mauvais, ça me fait mal». N’est-ce pas? Nous devons faire la même chose avec notre propre mental. Nous créons notre propre souffrance.

Public: C’est la chose difficile à faire.

Instructeur: C’est très difficile.

Public: Parce que vous êtes sur un globe qui tourne autour et qui ressemble […] à des corps individuels. Maintenant, comment un individu comprend-il l’idée de tout ce qui est et est encore dans ce corps et… Comment le saisit-on?

Instructeur: C’est difficile.

Public: Notre mental ne peut pas saisir…

Instructeur: C’est pourquoi vous devez aller au-delà du mental. La Méditation est la réponse à nouveau.

Public: Mais…

Instructeur: Je sais, il y a beaucoup de mais. (rire)

Public: Mais nous sommes nés dans ce monde physique, et l’idée est la suivante: pourquoi sommes-nous ici? Que devons-nous apprendre ici?

Instructeur: Nous sommes ici pour apprendre qui nous sommes vraiment.

Public: Je sais que nous ne condamnons pas ou nous ne louons pas le travail d’observation, mais condamnons une forme d’observation?

Instructeur: Non, condamner est une forme de jugement.

Public: soi-même?

Instructeur: Quoi que vous condamniez, vous jugez. Vous devez séparer les processus, l’auto-observation est une simple observation. Le jugement ne devrait survenir qu’après avoir médité. Vous ne pouvez pas vraiment juger de quelque chose jusqu’à ce que vous le connaissez, n’est-ce pas? Le jugement lui-même est Prajna, mais vous ne pouvez pas avoir de jugement tant que vous ne le connaissez pas. C’est pourquoi dans la conférence que j’ai lue dans l’Écriture qui dit, vous ne pouvez pas savoir quelque chose, vous ne pouvez pas réfuter l’existence de quelque chose jusqu’à ce que vous sachiez cette chose. La même chose est vraie d’un ego ; vous ne pouvez pas réfuter cet ego, vous ne pouvez pas détruire cet ego, jusqu’à ce que vous connaissiez cet ego, et vous ne pouvez connaître cet ego qu’en méditant sur lui et en le comprenant dans sa profondeur. Alors le Prajna vient, qui est la sagesse, la perspicacité, le jugement, alors vous pouvez l’exécuter.

Public: Oui, mais juste pour dire que quelqu’un vous frappe de colère, n’est-ce pas? Et vous dites que […] je n’ai pas marché dans ses chaussures, alors je ne sais pas si la colère pourrait être due à moi. Juste l’observation de cela, est-ce que […] c’est l’observation de cela?

Instructeur: L’erreur peut survenir lorsque vous observez quelque chose que vous essayez d’analyser ou de juger dans ces moments-là; vous ne devriez pas, vous devriez simplement observer. Lorsque vous passez à l’analyse ou au jugement dans ces moments-là, cela signifie que vous arrêtez votre observation, n’est-ce pas? Vous pourriez manquer quelque chose. Lorsque vous travaillez, lorsque vous allez dans votre vie quotidienne, vous devriez observer d’abord, continuellement. Il pourrait y avoir des moments d’analyse, mais cette analyse devrait pouvoir se produire dans le contexte d’une observation continue, et la plupart d’entre nous n’a pas cette compétence. La plupart d’entre nous, notre Conscience est si faible que nous ne pouvons faire qu’une petite chose à la fois, et même pas très longtemps. Donc, ma recommandation est, au début, de ne pas juger, ne pas analyser; observer. Observez, observez, observez continuellement. Et puis, à la fin de la journée, quand vous pouvez vous séparer de toute distraction, méditer, puis analyser, puis, après analyse, vous pouvez aborder le jugement.

Public: Vous n’êtes donc pas censé juger les egos pendant qu’ils se produisent, par exemple; si je fais quelque chose d’autodestructeur, je dois l’observer ou l’arrêter, n’est-ce pas? Si j’arrête l’action je n’ai plus rien à observer et les egos sont différents quand ils savent que je regarde.

Instructeur: La question est la suivante: observer et juger sont-ils différemments? Si nous observons quelque chose de nuisible et que nous nous arrêtons, nous ne pouvons plus l’observer, alors il est dit dans la question. Il y a une différence nette entre observer quelque chose et y réagir. Vous faites peut-être une mauvaise action et si vous le sentez, si vous sentez en vous-même que c’est mauvais, alors vous devriez vous arrêter. Il est téméraire de persister dans une mauvaise action simplement parce que vous pensez que vous devez apprendre à ce sujet ou connaître à ce sujet, c’est suicidaire. Si quelque chose ne va pas, arrêtez. Si vous le savez, si vous le sentez, si vous le ressentez, cela ne va pas, ne continuez pas. Vous allez seulement approfondir votre souffrance. Lorsque vous effectuez une action en sachant que c’est mauvais, le karma est plus lourd. Même si c’est censé être, vous pouvez apprendre; c’est de l’auto-tromperie. Si vous savez qu’une action est mauvaise, arrêtez. Puis plus tard, méditez sur toute cette transaction, même la tentation de persister dans la mauvaise action, parce que c’est tout ça. Si vous sentez que quelque chose ne va pas et que vous êtes tenté de le faire, n’utilisez pas les enseignements comme une excuse pour persister dans cette action, car c’est mauvais. Dès que vous savez que quelque chose ne va pas, arrêtez. Au moment où vous savez que quelque chose va bien, faites-le. C’est tout. Le jugement vient plus tard, l’analyse vient dans la Méditation. Rappelez-vous que l’intellect est un outil très maladroit. Ne comptez pas sur l’intellect pour votre perspicacité. Tout ce que votre intellect peut faire est de comparer, il ne peut pas apporter Prajna.

Vous pouvez retrouver cet article en version anglaise : Prajna, the Wisdom of Emptiness

La Métempsycose du Bodhisattva
Anastasis
Catégories : Chemin du Bodhisattva