Écrit par : Samael Aun Weor   Catégorie : Enseignements Cosmiques d’un Lama

Il faut comprendre que du moment où Louis Pauwels et Jacques Bergier parlèrent didactiquement et scientifiquement des mutants, il se produisit dans le monde intellectuel une véritable inquiétude idéologique. Ces Mutants sont indiscutablement quelque chose d’insolite, quelque chose de curieux ; il est cependant urgent d’élucider, d’éclaircir, d’illuminer méticuleusement ce sujet d’étude.

Nous pouvons découvrir clairement – si nous approfondissons cette affaire d’importance vitale – deux sortes de mutations. Nous qualifierons les premières de favorables, quant aux secondes nous les appellerons défavorables. Mutation signifie changement, altération, variation. Le fondement, la base et l’appui du Mutant est le Sexe.

Les deux auteurs cités plus haut croient voir dans les enfants prodiges des cas réels d’authentiques mutants. Le docteur J. Ford Thomson, après avoir examiné 5000 enfants en Angleterre, trouva un accès de fièvre d’intelligence. Des derniers 90 enfants de 7 à 9 ans interrogés par ce psychiatre, 26 avaient un quotient intellectuel de 140, ce qui équivaut à un génie, ou peu s’en faut.

Le docteur Thomson dit que le strontium 90, produit radioactif qui pénètre dans le corps, peut en être responsable. Ce produit n’existait pas avant la première explosion atomique.

Deux savants nord-américains, C. Brooke et Robert K. Enrdes, dans leur fameuse oeuvre intitulée « The nature of living things », croient pouvoir démontrer que l’agglomération des gènes souffre actuellement une perturbation et que, par l’effet d’influences encore mystérieuses, une nouvelle race d’hommes est en train d’apparaître, dotée de pouvoirs intellectuels supérieurs.

Cette thèse est indéniablement assez audacieuse, et il faut l’accueillir avec certaines réserves. Il est on ne peut plus clair que la cause de l’hérédité a été localisée dans les chromosomes. Il s’avère totalement manifeste que l’hérédité biologique peut être transformée radicalement pour engendrer un mutant. Il y a dans la question de la transmutation sexuelle et le Sahaja Maïthuna, comme nous l’enseignons dans le chapitre 26 du présent Message de Noël 1969-1970, un terrible sacrifice ainsi qu’une authentique rébellion psychologique ; nous dirons plus exactement : une insurrection déclarée contre l’hérédité biologique.

Le résultat patent de ce type très spécial de rébellion psycho-sexuelle est le Mutant. Nous, les gnostiques, avons besoin d’étudier profondément les lois cardinales et définitives de la mutation scientifique. N’importe quel mutant légitime, de type « favorable », est le résultat spécifique de distinctes cristallisations de l’Hydrogène sexuel SI-12.

Indiscutablement et très clairement, cet Hydrogène représente le produit final de la transformation des aliments, à l’intérieur du merveilleux laboratoire de l’organisme humain. Il s’avère ostensible que c’est cela la matière primordiale avec laquelle travaille le sexe.

Il ne fait aucun doute que c’est là la substance première du Grand Oeuvre que le sexe fabrique très sagement. Il ne fait aucun doute, non plus, que l’Ens-Seminis et son Hydrogène SI-12 caractéristique, est semence et fruit à la fois. Transmuter ce prodigieux hydrogène pour lui donner une intelligente cristallisation dans une seconde octave supérieure, signifie, de fait, créer une nouvelle vie à l’intérieur de l’organisme existant, donner une forme évidente au « Corps Astral ou Sidéral des Alchimistes et kabbalistes ».

Le maître G. disait : « Vous devez comprendre que le « Corps Astral » naît du même matériel, de la même substance, de la même matière que le corps physique. La seule chose qui diffère est le procédé. Tout le corps physique, toutes ses cellules restent, pour ainsi dire, imprégnées par les émanations de la matière qui est SI-12. Et, quand ces cellules sont assez saturées, la matière SI-12 commence à se cristalliser ». Ledit maître ajoute : « La cristallisation de cette matière constitue la formation du « Corps Astral ». La transition de la matière SI-12 à la condition d’émanations est ce que l’alchimie appelle la « Transmutation », ou la transformation.

Et le maître G. continue en disant : « Précisément, cette transformation du corps physique en astral est ce que l’alchimie appelait la transformation des métaux grossiers en métaux fins, c’est-à-dire l’obtention d’or à partir des métaux ordinaires » (La clé scientifique de la transmutation sexuelle est le Sahaja Maïthuna enseigné dans le chapitre 26 de ce livre).

L’homoncule, à tort appelé homme, ne naît pas avec le corps astral ; ce précieux véhicule n’est évidemment pas un accessoire indispensable pour l’existence dans ce monde physique ; l’organisme humain possède un siège vital qui lui permet de vivre.

Le corps astral est un luxe que bien peut seulement peuvent se donner. Un animal humain sans ce véhicule sidéral peut produire l’impression d’être très intelligent et même spirituel, et peut ainsi, c’est ostensible, se leurrer lui-même et en leurrer d’autres.

Le maître G., cependant, oublia quelque chose : je veux m’en référer instamment au démon Apopi des Mystères égyptiens ; c’est en soi le corps de désirs. Il est évident que les pseudo-ésotéristes et pseudo-occultistes confondent ce démon avec le précieux corps astral. Il se révèle indiscutable que l’horrible démon Apopi, siège de toute bestialité passionnelle, se trouve en intime relation avec le système nerveux grand sympathique. Approfondissons un peu plus ce thème tellement important ; allons au fond, au mental.

Que la liberté me soit permise de n’être pas d’accord avec le Docteur J. Ford Thomson. Je ne crois pas, franchement, que les fameux enfants prodiges découverts par le psychiatre en question soient des mutants ! Rappelons-nous que l’Ego est mémoire et qu’il revient à de nouvelles matrices humaines, qu’il se réincorpore indiscutablement après chaque mort.

Ecoutons ce dicton populaire : « Ce n’est pas parce que le diable est diable qu’il en sait autant, mais plutôt parce qu’il est vieux ».

A ces heures de la vie, les egos sont déjà vieux ; ils sont revenus à ce monde bon nombre de fois ; ils ont trop répété ce qu’ils savent, ce qu’ils apprirent, et le résultat en sont les dénommés « enfants prodiges » ; ce sont des gens qui connaissent leur office à merveille, et c’est tout.

Le misérable homoncule improprement appelé homme, ne possède pas encore l’authentique Mental Solaire ; il n’a que l’entendement de la bête intellectuelle ; l’animal rationnel, même quand il est « enfant prodige », n’est pas « mutant ».

Concevoir un mutant au mental de type lunaire, animal bestial, serait le comble de l’absurde (ceci n’est possible qu’avec les mutants qualifiés de « défavorables »).

Mais là encore, malheureusement, les grands clairvoyants du pseudo-ésotérisme et pseudo-occultisme réactionnaires se trompèrent lamentablement lorsqu’ils confondirent le démon Haï, horreur d’Osiris, avec le légitime véhicule mental solaire. Le démon intellectuel cité est, sans discussion possible, le corps mental lunaire, animal, qui occupe actuellement, dans notre organisme humain, la place que devrait occuper l’authentique Mental-Christ, du Mutant « favorable ».

L’animal intellectuel ne naît pas avec le corps mental de type solaire ; s’il veut se convertir en un « Mutant favorable », il doit le fabriquer. Il est ostensible que l’alchimiste peut, et doit transmuter l’Hydrogène SI-12, le transposer à une troisième octave musicale par le Sahaja Maïthuna ; dont le résultat serait sa cristallisation sous la forme splendide et surprenante du véhicule suprasensible, mental solaire. Ceci est le Mental-Christ de l’Arhat Gnostique, résultat extraordinaire de la transmutation sexuelle.

Ce type spécifique de mental est aussi différent de celui de l’intellect animal que l’eau, de l’huile.

Un autre thème très discutable, et qu’il ne convient en aucune manière d’oublier dans ce chapitre, est celui du Corps Causal, ou corps de la volonté consciente. Il est clair, patent et manifeste qu’en cela, également, les clairvoyants de quelques systèmes pseudo-ésotériques et pseudo-occultistes se trompèrent lamentablement : ils confondirent l’essence avec le corps causal. L’Essence, en soi, n’est qu’une fraction de l’âme humaine.

Cet homoncule improprement appelé « homme » est indiscutablement soumis à la loi de récurrence, il n’est capable d’engendrer rien qui ne soit nouveau, il est victime des circonstances. L’Ego, chaque fois qu’il retourne à cette vallée du Samsara, répète exactement tous les actes de ses vies antérieures, soit en spirales plus élevées, soit en spirales plus basses.

En ces temps de pseudo-occultisme bon marché, on parle beaucoup de la loi d’Epigénèse : la capacité d’engendrer de nouvelles circonstances. Il est évident que seuls les Hommes Authentiques, à la volonté consciente, peuvent modifier leur destin et engendrer un nouvel ordre de choses. L’animal intellectuel n’a pas fabriqué le corps de la volonté consciente, le véhicule causal ; le pauvre homoncule rationnel est toujours victime des lois éternelles de retour et de récurrence. Indiscutablement, le poste que le Corps Causal devrait occuper en nous est malheureusement occupé par le démon Nebt des Mystères égyptiens. Ce démon, ostensiblement, est la vivante personnification de la mauvaise volonté.

Nous devons, s’il est vrai que nous voulons sincèrement incarner l’Etre, créer le corps causal. Seul l’Etre peut le faire. Lui seul peut modifier les circonstances et exercer la loi d’Epigénèse avec maestria. Celui qui veut vraiment fabriquer le corps causal doit transmuter l’Hydrogène SI-12 et le transposer immédiatement à une quatrième octave musicale au moyen du Sahaja Maïthuna, pour le cristalliser en la forme excellente du véhicule de la volonté consciente. L’authentique mutant possède, de fait et de droit, les quatre corps physique, astral, mental et causal.

La condition vitale pour la seconde naissance, est la possession des quatre corps de l’Alchimie. Celui qui incarne l’Etre parvient à la seconde naissance, se convertit en un Deux-Fois-Né, en un légitime Mutant. Il est donc indiscutable que le type du Mutant favorable est le résultat de cristallisations positives de l’Hydrogène sexuel SI-12. Nous ne devrons pas oublier, cependant, qu’il existe également des mutants défavorables, des cristallisations négatives de l’Hydrogène sexuel SI-12.

Je veux m’en référer instamment aux tantristes noirs, à ces alchimistes qui renversent le Vase d’Hermès, qui éjaculent l’Ens-Seminis pendant le Maïthuna ; ces alchimistes développent l’abominable Organe Kundartiguateur et fortifient, à l’intérieur d’eux-mêmes, les trois traîtres d’Hiram Abif et les démons de Seth. Ces trois traîtres : Judas, Pilate et Caïphe sont, précisément, les trois démons des Mystères égyptiens cités dans ce chapitre : le démon du désir, le démon du mental et le démon de la mauvaise volonté.

Le mutant « défavorable » se trouve devant le dilemme de désintégrer sa fausse cristallisation ou d’entrer dans l’involution submergée, dans le cycle de la terrible nécessité. Le mutant défavorable ne peut pas incarner l’Etre en lui-même ; il est, de fait, un échec cosmique. Le mutant défavorable est, certes, un homoncule pervers, jamais un homme vrai. Il est ostensible que, pour être un Homme authentique, il faut tout d’abord avoir fabriqué les corps solaires et avoir incarné l’Etre.

Le légitime mutant est donc l’Homme, l’Adepte véritable, aussi différent de l’animal intellectuel que le jour, de la nuit.

La radioactivité peut engendrer la modification des gènes de certains individus, mais ne pourrait jamais créer un mutant favorable ou défavorable. La protéine du gène, légèrement affectée, cesserait de produire – comme le dit Louis Pauwels – certains acides qui sont la cause de l’angoisse. Nous verrions alors apparaître des gens qui n’ont peur de rien, cyniques et pervers, jouissant de tuer ; mais ceux-ci ne sont pas des mutants, comme le supposent tant d’auteurs.

Il me paraît absurde que les effets de la radioactivité répondent, comme le croit Pauwels, à une volonté dirigée vers le haut.

Ce concept, que la mutation génétique produite par la radioactivité atomique de ces temps signifie une ascension spirituelle, ne me paraît pas correct. La radioactivité intensive peut, évidemment, altérer l’ordre des gènes et engendrer des embryologies défectueuses, mais de tels spécimens monstrueux ne sont pas des mutants. Nous ne nions pas qu’il existe la mutation, le changement, la variation, dans une embryologie monstrueuse, mais l’authentique mutant, que nous sommes en train d’étudier dans ce chapitre, est radicalement différent de cela.

Que du seul fait de l’altération de protéine du gène naisse un mutant, me paraît une idée absurde.

Cette idée du mutant est fascinante, étonnante, formidable. Du côté des lucifériens, Hitler sort en criant : « Je vais vous dévoiler le secret : la mutation de la race humaine a déjà commencé, il y a des êtres surhumains ».

« Du côté de l’hindouisme rénové », dit Pauwels, « le Maître de l’Ashram de Pondichéry, l’un des plus grands penseurs de la Nouvelle Inde, Sri Aurobindo Ghose, fonda sa philosophie et ses commentaires des textes sacrés sur la certitude d’une évolution ascendante de l’humanité, se réalisant par mutations ».

Nous, les gnostiques, insistons sur l’idée que la naissance du mutant n’est pas possible au moyen d’explosions atomiques et radioactives. Nous ne communions pas avec des hosties de parchemin, on ne peut nous tromper. Nous n’accepterons jamais le dogme de l’évolution. Le MUTANT EST LE RESULTAT DE LA REVOLUTION DE LA CONSCIENCE, le produit vivant de la REBELLION PSYCHOLOGIQUE.

L’idée extravagante du Docteur Louis Wolf, spécialiste anglais de maladies infantiles, à Londres, me paraît utopique : il affirme que, dans ce pays, naissent 30 000 mutants phénylcétonuriques par an. « Ces mutants », dit Pauwels, « possèdent des gènes qui, paraît-il, ne produisent pas dans le sang certaines enzymes qui agissent dans le sang normal ». Ledit auteur poursuit en disant qu’un mutant phénylcétonurique est incapable de dissocier la phénylalanine.

Pauwels explique, ensuite, que cette incapacité rend l’enfant vulnérable à l’épilepsie, l’eczéma, et provoque, toujours suivant l’auteur, une coloration gris-cendre des cheveux, donnant chez l’adulte une propension aux maladies mentales. Cet auteur croit que cette race phénylcétonurique, en marge de l’humanité normale, est le résultat de mutations défavorables produites par la radioactivité.

Pauwels ne veut pas se rendre compte que cette race phénylcétonurique est malade, et non mutante, même pas du type défavorable.

Pauwels ne veut pas comprendre que ces spécimens humains malades sont, certes, le résultat des explosions atomiques.

Il est lamentable que l’on fasse une mystique de ces folies scientifiques que sont les expériences atomiques, la bombe H, etc. Pauwels croit en la possibilité de mutations favorables par la radioactivité de cette époque fatale dans laquelle nous vivons ; il suppose que ce type positif de mutants pourrait bien avoir, dans son sang, des produits susceptibles d’améliorer son équilibre physique et d’augmenter son coefficient d’intelligence bien au-delà du nôtre.

Pauwels pense que cette sorte de mutants pourrait porter en ses veines des sédatifs naturels, qui les mettraient à l’abri des chocs psychiques de la vie et des complexes d’angoisse, etc.

Il est lamentable que cet auteur intelligent ait fait une religion des explosions atomiques et de leurs radiations.