Les Trois Traîtres

Écrit par : Samael Aun Weor   Catégorie : Le Parsifal Dévoilé

« Et je vis sortir de la bouche du Dragon, et de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits immondes qui ressemblaient à des grenouilles. »

« Car ce sont des esprits de démons, qui font des signes et vont aux rois de la terre, dans le monde entier, pour les réunir à la bataille de ce grand jour du Dieu Tout Puissant » Apocalypse.

« Il est écrit en charbons ardents dans le livre merveilleux de toutes les splendeurs que ce sont là les trois traîtres qui assassinèrent Hiram ou plutôt, Chiram Osiris, le Dieu Intime de tout homme qui vient au monde. »

Nous devons chercher avec une ardeur infinie, à l’intérieur de nous-mêmes, ces trois assassins du Maître Secret, jusqu’à finalement pouvoir nous exclamer, un jour quelconque, peu importe la date, le jour ou l’heure, de toutes les forces de notre âme : Le Roi est mort, vive le Roi !

Il est ostensible que le premier traître est certes l’écœurant démon du désir. Il est indiscutable que le second infidèle est l’horripilant démon du mental. Il se révèle pathétique, clair et bien défini, que le troisième traître, est le vil démon de la mauvaise volonté.

Judas est le premier, qui vend le Christ secret pour trente pièces d’argent. Pilate est le second, qui toujours se lave les mains et se déclare innocent : jamais, il ne se reconnaît coupable. Caïf est le troisième ; il ne fait jamais la volonté du Père ; il détesta le Seigneur et continue à le détester.

L’origine de ces trois scélérats est, certes, bien ténébreuse ; il est indiscutable, qu’ils viennent de la perversion épouvantable des trois Gunas.

Satwa est le Guna de l’harmonie universelle. Rajas est le Guna de l’émotion. Tamas est le Guna de l’inertie.

Tout Hiérophante illuminé, en étudiant les registres Akashiques de la nature, pourra vérifier clairement par lui-même le fait transcendantal de l’équilibre absolu des trois Gunas du mystère, pendant la profonde nuit du grand Pralaya.

Quand ces trois Gunas se déséquilibrent dans les plateaux de la balance cosmique, alors l’aurore du nouveau jour commence.

Krishna, cet homme illustre qui autrefois accomplit une gigantesque mission dans la terre sacrée des Védas, dit en se référant instamment aux trois Gunas de la sagesse antique :

« Si l’être incarné meurt quand prédomine Satwa, il va alors à la sphère des dévots qui adorent ce qu’il y a de plus élevé. »

« Si au moment où il meurt, prédomine Rajas, il naît parmi la gent dévouée à l’action ; et si prédomine Tamas, il naît parmi la gent des êtres qui ne raisonnent pas. »

« Ceux de tempérament Satwique vont en haut (les sphères supérieures de l’univers). »

« Les Rajasiques demeurent au milieu (renaissent dans un corps humain de manière immédiate ou plus tardive, sans s’être donné le luxe de quelques vacances dans les régions ineffables). »

« Et les Tamasiques vont en bas pour reculer, involuant dans le temps, descendant par les échelles animale, végétale, minérale. Ils sortent ensuite de nouveau à la lumière du soleil et recommencent une nouvelle ascension de type évolutif, qui doit débuter à nouveau dans la pierre dure). »

Et cet illustre Seigneur prit de nouveau la parole pour dire ce qui suit :

« Quand la connaissance brille à travers les sens, on doit considérer que Satwa prédomine. »

« Quand prévalent la cupidité, l’activité, l’idée de nouvelles entreprises, l’inquiétude et le désir, alors Ô Bharata ! Rajas prédomine. »

« Et quand prédomine Tamas, Ô Kounteya, prévalent l’obscurité mentale, l’inertie, l’inadvertance et l’hallucination. »

« L’être incarné, transcendant les trois Gunas, qui causent ce corps, se libère de la naissance, de la mort, de la vieillesse et de la souffrance, et devient immortel. »

Le Kundalini Yoga enseigne brillamment que le Bhujanjini, ou pouvoir serpentin, se trouve enroulé trois fois et demie à l’intérieur du chakra coccygien. Les trois queues représentent les trois Gunas de Prakriti : Satwa, Rajas et Tamas.

Il est un axiome de sagesse occulte suivant lequel la demie queue restante, représente Virkritis, la modification de Prakriti, l’éternel féminin.

L’Evangile du Seigneur Bouddha dit :

« Les trois filles de Mara (les trois Gunas pervertis) tentèrent le Bodhisattva mais lui ne s’y arrêta pas, et quand Mara vit qu’il ne pouvait incendier aucun désir au cœur du Sramana victorieux, il commanda à tous les esprits malins d’obéir à ses ordres, d’attaquer et de terrasser le grand Muni. »

« Mais le bienheureux les contempla, tel celui qui contemple les jeux innocents des enfants et l’ardente haine des mauvais esprits resta sans effet. Les flammes de l’enfer se firent brises salutaires et parfumées, et les éclairs furibonds se transformèrent en fleurs de lotus. »

« Avant cela, Mara (le Dragon des Ténèbres) et son armée, prirent la fuite. Pendant ce temps là, des hauteurs célestes, tombait une pluie de fleurs et on entendait les voix des bons esprits. »

« Voyez le grand Muni ! La haine n’ébranle pas son esprit ! Les légions du mal (ces diables rouges qui constituent le fameux Moi), ne l’ont pas intimidé. Il est pur et sage ; il est empli d’amour et de compassion. »

« Comme les rayons du soleil balayent les ténèbres du monde, celui qui persévère dans sa quête rencontrera la vérité et la vérité l’illuminera » (illumination nde).

Ici s’arrêtent les quelques versets sacrés, cités de l’évangile de notre Seigneur Bouddha.

Bien des siècles plus tard, le Divin Rabbi de Galillée s’exclamait de toutes les forces de son âme : « Vous connaîtrez la Vérité, et la Vérité vous rendra libre. »

« Dieu est Esprit – dit l’évangile Chrétien – et ceux qui l’adorent, doivent l’adorer en Esprit et en Vérité. »

« Cependant, quand viendra l’Esprit de Vérité, Lui, vous enseignera toutes les vérités ; il ne parlera donc pas de ce qui est à lui, mais dira toutes les choses qu’il aura entendues et vous dira celles à venir. »

Il est écrit, en caractères de feu ardent, qu’on peut incarner l’Esprit de Vérité uniquement en mourant en soi-même. A celui qui sait, la parole donne pouvoir, personne ne la prononça, personne ne la prononcera, sauf celui qui l’a Incarné.

Siddharta, le Bouddha, celui qui accomplit ce qu’il se proposa, tel le Parsifal du drame wagnérien, empoigne valeureusement la lance d’Eros, pour annihiler premièrement les Démons de Seth (l’Ego), et ensuite les Trois Furies, qui demeurent dans les terribles abîmes de l’Achéron.

Guatama, certes, fut un Mage de l’Initiation Tantra ; il pratiqua le Sahaja Maïthuna intensivement et mania la lance avec une maîtrise singulière.