Écrit par : Samael Aun Weor   Catégorie : Le Parsifal Dévoilé

Kundry, l’Eve merveilleuse de la mythologie hébraïque, inconsciente victime du mage pervers, face au Parsifal Wagnérien, s’exclame avec une infinie douleur :

« Je ne fais jamais le bien, je ne veux que le repos… seulement le repos, pour cette misère exténuée ».

Dormir et ne jamais s’éveiller ! Elle commence à ce moment, à expérimenter les fluides de la suggestion à distance du mage, et se dressant tremblante de terreur, elle s’exclame :

« Non ! Ne pas dormir ! Non ! Tout ceci me fait horreur ».

Elle pousse ensuite un cri sourd, tout son corps tremble, comme un brin d’herbe agité par la tempête, jusqu’à ce que, impuissante face au maléfice, elle laisse tomber ses bras inertes, incline la tête, et faisant quelques pas vacillants, elle tombe hypnotisée parmi les broussailles, en gémissant :

« Résistance inutile. C’est l’heure. Dormir… Dormir… Il le faut, il faut dormir ».

La femme par antonomase, la femme symbole, la diablesse originelle, le prototype de la perdition et de la chute – à laquelle pas même le roi Amphortas en personne, le Roi magnifique du Saint Graal n’avait pu résister alors – dort maintenant, sous le pouvoir hypnotique du mage du mal.

Nous te voyons, Kundry, plus que belle !

Tu naquis, tel un miracle, dans l’Eden de toutes les merveilles !

Tu es la pensée du créateur, la plus belle, qui fut faite chair, sang et vie !

Ton corps délicieux, semble avoir été pétri des roses délicates de la lisière de la campagne, qui rend fertile UAD-AL Kébir.

Les frondaisons taciturnes, argentées par la lune pâle, ont posé une ombre douce sur tes cils…

Tes paupières, à l’exotique enchantement, furent créées des divines feuilles de l’oranger. L’essence des nardes sublimes, dans tes entrailles se cache…

Tes tresses fascinantes semblent plutôt des cascades de nuit tombant sur tes nubiles épaules…

Comme tu es belle ! M’écoutes-tu ? Ta bouche enchanteresse sourit : ta langue lutte avec le songe pour former des paroles…

Le ciel étoilé s’ouvre comme une rose : tu dors, Kundry, empoisonnée par un mystère exotique, auquel personne ne comprend rien…

Tu dors, oui ! Je le sais…

Le bois des Mille et Une Nuits te prête son feuillage, où nichent les oiseaux au doux chant ; le bosquet suavement susurre, la rivière sur sa couche de roches, murmure.

Tout invite au repos et tu dors, Eve, Kundry, Gundrige, Hérodiade…

Dors dans tes lamentations secrètes : tu es l’inconsciente victime d’un sortilège fatal.

Mais… Mon dieu ! Quelle idée terrifiante te poursuit en rêve ?

Que fais-tu, ne le voulant pourtant pas ?