Yoga et les Sens

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Samudra Manthan, le barattage de l’océan de lait.

«Ce monde est irréel, c’est comme un mirage, les sens et le mental te trompent à chaque instant, réveille-toi, ouvre les yeux, apprends à discerner, ne fais pas confiance à tes Indriyas, ils sont tes ennemis. C’est très difficile d’obtenir une vie humaine. La vie est courte, le temps est fugace, marche sur le chemin de Sadachara. Ceux qui s’accrochent aux choses irréelles de ce monde commettent véritablement un suicide.» – Swami Sivananda

C’est la troisième conférence du cours sur la spiritualité pratique, dans laquelle sont utilisées deux des écritures fondamentales de l’Hindouisme afin de nous aider à comprendre ce qu’est vraiment la spiritualité pratique. Une de ces écritures est la Bhagavad-Gita, qui raconte un dialogue entre Krishna et Arjuna – en d’autres termes, le Christ et l’âme humaine.

La deuxième écriture que nous étudions est celle des Yoga Sutras de Patanjali, plus récente, mais qui est l’écriture fondamentale de ce que les gens appellent le Yoga, même si la description et la définition du Yoga sont très éloignées de ce qu’est le Yoga réellement.

C’est l’une des raisons pour lesquelles nous donnons ce cours: c’est pour nous aider à comprendre que le Yoga ne consiste pas simplement à étirer le corps. Penser que le Yoga consiste à s’étirer, c’est comme dire que l’école est la maternelle, et c’est tout ce qu’est l’école. Nous savons que le mot école signifie beaucoup plus que juste la maternelle. La maternelle est juste l’antichambre de l’école. Le Hatha Yoga, l’étirement que les gens appellent «Yoga», est simplement une antichambre, une porte d’entrée.

Dans cette conférence, nous allons parler des sens.

Comme nous l’avons mentionné précédemment, ce qui nous préoccupe dans ce cours sont des faits que nous pouvons confirmer à travers notre expérience. Nous ne sommes pas intéressés par les croyances, les théories, les spéculations, les suppositions. Nous voulons seulement regarder les faits et travailler avec des faits. Pour nous qui sommes ici dans des corps physiques, pour acquérir des faits, nous devons utiliser les sens. Ils sont la porte à travers laquelle nous acquérons de l’expérience. Par conséquent, nous avons besoin de connaître les sens, comment ils fonctionnent, comment les utiliser, et comment ils peuvent nous tromper.

Une grande partie de ce que nous percevons – que nous pensons être vrai, réel et fiable – n’est en fait pas un fait. Le discernement de la perception est ce qui définit un vrai yogi. Un vrai yogi ou yogini (quelqu’un qui pratique le Yoga) n’est pas simplement quelqu’un qui est flexible physiquement, mais quelqu’un qui a un discernement conscient entre le vrai et le faux. Ce n’est pas une croyance ou un dogme, c’est une perception. Par exemple, lorsque vous voyez quelque chose écrit dans votre langue, vous savez instantanément ce que cela signifie. Vous n’avez pas besoin de croire en la langue, ou penser aux lettres. De même, quelqu’un avec une discernement conscient perçoit instantanément ce qui est réel et ce qui ne l’est pas.

Ce type de perception n’est pas seulement externe, il est principalement interne; avec lui, on peut reconnaître ce qui est vrai et faux en nous-même.

Les quatre premières lignes des Yoga Sutras disent,

«Maintenant, l’instruction dans l’Union [Yoga].

«Union est la suppression des modifications du mental.

«Alors la voyante demeure dans sa propre nature.

«Sinon, elle est de la même forme que les modifications.» – Yoga Sutras 1: 1-4

Le message entier du Yoga est ici. Remarquez qu’il n’y a rien ici au sujet des étirements, des poses ou des postures. Le Yoga a peu ou rien à voir avec les poses. Le Yoga a à voir avec le mental et les modifications du mental. Le Yoga est la suppression des modifications par lesquelles notre vraie nature est découverte.

Dans la discussion précédente, nous avons parlé de ces modifications, qui sont appelées vrittis. L’essence de ce message est que si nous pouvons apprendre à faire face aux modifications de notre mental, nous pouvons alors apprendre à expérimenter notre vraie nature. Cette vraie nature est ce que les religions appellent Dieu, divinité, Atman, Brahma, Allah, Bouddha, etc.

Pour que nous ayons l’expérience de la réalité, nous devons travailler avec notre mental. L’ensemble du Yoga, le véritable Yoga, est psychologique, pas physique.

La composante physique du Yoga – ce que les gens appellent le Hatha Yoga et beaucoup d’autres noms qui ont été inventés ces jours-ci pour les types de Yoga – ceux qui existent seulement pour préparer le corps aux rigueurs de la Méditation et du travail psychologique. C’est pourquoi les gens pratiquaient le Hatha Yoga en Inde il y a longtemps. C’était la seule raison. Ce n’était pas pour montrer leur corps. Ils vivaient en reclus de la société. Ils s’intéressaient à l’entraînement et à la préparation du corps, afin que ce soit un récipient approprié pour les rigueurs de la Méditation et le travail psychologique dont ils avaient besoin pour expérimenter Brahma, l’Être, la réalité.

Si nous n’avons pas la capacité de travailler avec les modifications qui influencent notre mental d’instant en instant, alors nous sommes de la même forme que ces modifications. Chacun d’entre nous peut le prouver. C’est pourquoi nous avons mis l’accent sur les faits dans notre pratique spirituelle. Lorsque vous vous sentez en colère, vous devenez la colère. Tout ce que vous voyez, entendez, goûtez, touchez, sentez, pensez correspond à cette colère. La même chose se produit avec la luxure, la gourmandise, la cupidité, l’envie. Lorsque ces qualités modifient votre psyché, vous «devenez» cette qualité. Votre vision est limitée par la perspective de cette qualité, et cette qualité seule, jusqu’à ce qu’une autre modification l’emporte.

La plupart d’entre nous ne savent pas comment cela se produit, mais c’est l’état de la psyché ces jours-ci. Nous passons constamment d’instant en instant à travers des modifications. Nous appelons ces modifications «moi, moi-même. Je me sens triste. Je suis heureux. J’ai faim. Je me sens fatigué. Je me sens rejeté. Je ressens du ressentiment. Je suis jaloux.» Ces soi-disant «sentiments» sont justes des modifications de la psyché. Ils sont temporaires. Ils ne sont pas réels. Mais parce que nous ne sommes pas capables de (1) les reconnaître comme des modifications, et (2) de supprimer ces modifications, nous ne savons pas ce qu’est notre propre nature. Nous pensons que notre nature est la modification que nous expérimentons. Cela est évident dans nos pensées et nos paroles: «Je suis en colère.» Nous avons la forme de la modification. En d’autres termes, nous sommes identifiés avec cela.

Vous voyez, le véritable Yoga est psychologique. Le vrai travail spirituel est psychologique.

Les vrittis, les modifications, sont comme ce tourbillon dans cette image. Le mot vritti signifie littéralement «tourbillon». C’est une illustration précise d’un phénomène psychologique que nous expérimentons toujours, mais que nous ne percevons pas.

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Dans la conférence précédente, nous avons expliqué que les Yoga Sutras parlent de cinq types de modifications.

«Les modifications sont cinq, [certaines] douloureuses et [certaines] pas douloureuses:

«Vrai connaissance, fausse connaissance, fantaisie, sommeil et mémoire.» – Yoga Sutras 1: 5-6

Nous les avons expliqués en détail dans la conférence précédente.

Pourquoi un tourbillon? Que nous communique cette image de ce phénomène dans la nature? Premièrement, il est énergétique. Le tourbillon est un flux d’énergie qui modifie l’eau. De plus, il modifie tout ce qui est transporté par l’eau. Il tire tout ce qu’il peut dans les profondeurs de cette eau. Voilà ce qu’est un vritti psychologiquement. L’eau est notre mental. Ce tourbillon prend les informations qui entrent dans notre mental. Les profondeurs sont notre subconscient. Ce que nous percevons, pensons, ressentons, frappe l’eau de notre mental et le met en mouvement parce que nous ne contrôlons pas consciemment ce processus. Notre mental tourne, cycle. Nous expérimentons cela. Remarquez comment votre mental tourne toujours autour de vous. Répétant, répétant et répétant. Les mêmes pensées viennent. Les mêmes soucis viennent. Les mêmes peurs, angoisses, désirs. Répétant des pensées, répétant des sentiments. C’est le tourbillon du mental. C’est les modifications du mental lui-même.

Quel est l’état de votre mental? Dans cette image, nous voyons deux qualités opposées.

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Je suis sûr que la plupart d’entre nous ont ce type d’image sur la gauche sur notre bureau, sur notre ordinateur, sur notre iPad, nous avons une belle photo d’une plage très sereine quelque part, et nous nous sentons heureux. Eh bien, ce que cela nous fait ressentir est de l’envie, parce que nous voulons aller vivre là-bas, n’est-ce pas? Nous voulons être dans cet environnement tout le temps, pas ici dans la ville sale et puante. Nous voulons un état d’esprit serein, insouciant, qui est représenté par cette scène de plage. Mais quand vous regardez vraiment votre mental, n’est-ce pas plus comme celle de droite? L’océan orageux. N’est-ce pas normalement ce que nous expérimentons généralement? Des tempêtes d’émotions? Des tempêtes de pensées que nous ne pouvons pas contrôler?

Quelqu’un dit un mot, nous nous mettons en colère. Cela nous dérange pendant des jours ou des semaines. Quelqu’un nous coupe sur l’autoroute ou nous coupe la ligne quand nous faisons la queue, frustrés et impatients, et nous nous mettons en colère. Cette colère est l’eau orageuse, le tourbillon qui modifie notre mental. Ou nous avons un désir qui est frustré, quelque chose que nous sentons que nous voulons ou que nous méritons et que nous ne l’avons pas, et une tempête fait rage dans notre mental et notre cœur.

C’est pourquoi dans les conférences précédentes nous avons demandé aux étudiants de tenir un journal spirituel, et de commencer à prendre note des faits de nos expériences, des événements réels, des choses qui se sont réellement passées, de ce que nous avons ressenti, de ce que nous avons fait. Commencez à faire un enregistrement de non pas comment nous pensons que nous sommes, mais comment nous observons comment nous sommes réellement. Nous vous avons demandé d’avoir une question spécifique:

«Est-ce que cet état observable est mon vrai soi, ma vraie nature, mon âme. ou est-ce quelque chose de temporaire et d’impermanent, quelque chose qui va et vient sans ma capacité à le contrôler?»

Ce type d’enquête nous amène à réaliser que même si nous aspirons à ce que cette scène de plage sereine soit dans notre cœur et notre mental, nous ne l’avons pas et nous ne savons pas comment l’obtenir. Nous pensons à tort que si nous gagnons un peu plus d’argent, si nous avons un meilleur endroit où vivre, si nous avons des amis, une épouse, un partenaire, une famille, un emploi ou quoi que ce soit que nous pensons ne pas avoir, si nous avons cela, alors notre mental ressemblera à cette plage, et nous serons si heureux, alors nous pouvons être vraiment sérieux au sujet d’être spirituel. Après que nous satisfaisons nos désirs, nous pouvons être si gentils avec les gens et donner de l’argent et aider les gens spirituellement. Une fois que nous avons les choses que nous voulons, nous pensons que nous aurons la sérénité. Mais tout cela est une illusion.

Notre manière de percevoir crée notre expérience de vie.

Si nous percevons la vie à travers le désir de ce que nous n’avons pas, nous ne serons jamais satisfaits.

Si nous percevons la vie à travers la colère et le ressentiment, nous n’aurons jamais la paix.

Donc, nous devons savoir comment nous percevons la vie. Qu’est-ce qui modifie notre mental – nos perceptions – d’instant en instant?

Manas

Nous avons ce qu’on appelle manas en Sanskrit. La plupart du temps, nous utilisons ce mot manas pour signifier «mental». Mais quand nous regardons le Sanskrit, le sens profond devient très clair. Cela signifie beaucoup plus que juste mental.

Manas: «Mental, cœur, imagination, intellect, inclination, volonté, tempérament, compréhension, intention, mental, esprit ou principe spirituel, humeur, perception, opinion, intelligence, souffle ou âme vivante qui s’échappe du corps à la mort, désir, sens, réflexion, pensée, affection, Conscience, invention, esprit.»

Malheureusement, la plupart des gens qui étudient la philosophie du Yoga lisent simplement les traductions Françaises, et ils pensent simplement que manas signifie simplement «intellect, mental». Ils ne comprennent pas le sens réel du mot. Quand nous observons les faits de nous-mêmes, nous voyons que nous sommes beaucoup plus que juste l’intellect. Nous avons un corps physique. Habiter ce corps physique est ce que nous expérimentons en tant que soi, ce que nous appelons un «soi». Mais ce soi est très peu fiable, mutable, changeant et facilement influencé par des choses même très superficielles.

Je sais que nous pensons tous que nous sommes forts, résilients et intelligents, et que nous avons la capacité de bien faire et de survivre dans le monde dans une certaine mesure. Mais si nous regardons vraiment les faits de qui nous sommes dans le contexte d’aspiration religieuse, nous devons être honnêtes. Nous devons réaliser que ce que nous pensons être «soi» est en réalité une fausse construction, quelque chose que nous avons construit et développé pour notre survie, pour notre protection, mais qui n’a en réalité aucun sens réel, aucune réalité.

Quand nous étudions cela dans le contexte de nous regarder, nous voyons que nous avons ce corps physique, et nous voyons qu’habitant ce corps est le soi-disant «soi» qui a un certain nom, certains souvenirs, idées, concepts, goûts., aime et n’aime pas. Tout cela est en constante évolution. La vérité est que le véritable soi, la réalité, l’Être Intime n’est pas comme ça. L’Être est bien au-delà de la personnalité volage que nous appelons «soi». Malheureusement, nous ne savons pas ce qu’est l’Être, parce que nous sommes tellement enfermés dans des désirs et des rêves éphémères.

Nous aspirons tous à l’immortalité. Nous avons peur de la mort. C’est en partie pourquoi nous sommes attirés par la spiritualité. Mais l’erreur que nous faisons est de penser que ce «soi» qui a mon nom, mon visage, ma langue, mes goûts et mes intérêts est ce qui deviendra immortel. Ce n’est pas vrai. Ce «soi» est l’obstacle à l’immortalité. C’est la cause de l’illusion. La cause de la souffrance, pas sa rédemption. Ce «soi» est ce qui cause la souffrance. C’est ce que nous appelons «manas», dans le premier sens: le mental animal. En général, nous utilisons ce terme pour désigner le mental impur et peut même inclure la personnalité.

Mais le sens réel de manas est beaucoup plus profond que cela, parce qu’il y a des niveaux et des niveaux et des niveaux et des niveaux de manas, mental, cœur, intelligence.

Il y a un soi réel. Dans l’Hindouisme, ils l’appellent Atman. Plus profond encore se trouve Brahma. Pour mieux comprendre cela, nous étudions toujours l’Arbre de Vie. Nous étudions la Kabbale. Nous regardons cette structure de dix sphères, qui cartographie qui nous sommes à plusieurs niveaux.

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Nos expériences physiques correspondent à cette sphère inférieure, qui s’appelle Malkuth en Hébreu.

Le suivant est appelé Yesod en Hébreu. Cela correspond à notre expérience de l’énergie.

Les deux suivants sont Hod et Netzach en Hébreu. Ce sont ce que nous pouvons appeler cœur et mental, émotion et intellect. C’est manas au premier niveau. Plus précisément, Manas correspond à manas concrets.

Plus profond, nous avons Tiphereth en Hébreu, que nous pouvons appeler «l’âme humaine». Nous pouvons l’appeler volonté; nous pouvons aussi l’appeler manas. Vous voyez, manas peut aussi être appelé «volonté». Plus précisément, Tiphereth correspond à manas abstrait.

Donc réellement, nous parlons des niveaux de manas. Les plus bas sont plus concrets, plus littéraux. Les plus élevés sont plus subtils, intuitifs et abstraits.

En allant plus loin, nous trouvons ce qui en Hébreu s’appelle Geburah, que nous rapportons à la Conscience, ou en Sanscrit, Buddhi. C’est aussi un type de manas. C’est un type de mental, en d’autres termes, mais encore plus subtil.

Le suivant est appelé Chesed en Hébreu, et est l’Esprit, Atman, l’Être Intime. Rappelez-vous, manas est également traduit par «esprit».

Je présente ceci pour que vous compreniez que manas est un terme profond avec beaucoup d’implicite, et il embrasse toute cette région de l’Arbre de Vie. Ces Sephiroth (sphères) sont tous reliés les uns aux autres. Ils sont tous interreliés, interdépendants. Vous ne pouvez pas comprendre une Sephirah isolée des autres. Vous ne pouvez la comprendre qu’en la comparant aux autres et en comprenant les autres. La même chose est vraie de nous-mêmes. Vous ne pouvez pas comprendre votre pensée jusqu’à ce que vous compreniez votre sentiment. Vous ne pouvez pas comprendre votre sentiment si vous ne comprenez pas ce qui se passe avec le corps. Vous devez étudier le tout. Rien ne peut être compris isolément. Les choses ne peuvent être comprises que dans leur interdépendance.

Donc, vous voyez, c’est une approche assez sophistiquée mais logique.

Manas a trois lettres en Sanskrit. Le premier est la lettre म M, qui signifie eau. Pour ceux qui connaissent l’Hébreu, c’est exactement comme l’Hébreu : la lettre M signifie eau. L’eau est utilisée comme symbole du mental dans de nombreuses religions, mais surtout dans l’Hindouisme. म M peut aussi signifier «la lune, le poison ou le temps».

La lettre न N peut signifier comme ou en tant que. Donc, M avec N signifie «comme l’eau». Cela peut aussi signifier «comme la lune» ou «comme un poison» ou «comme le temps».

Le स् S signifie «accorder, récompenser»

Ainsi, les trois lettres du mot manas signifient «donner comme de l’eau» ou «accorder comme de l’eau». Que nous donne l’eau? La vie. Pas seulement physiquement, mais ésotériquement aussi. Cela a une signification très profonde, à laquelle nous reviendrons plus tard.

La lettre N peut aussi signifier «guerre, entrave, bijou, perle et cadeau». Ainsi, vous pouvez traduire manas pour signifier «cadeau des eaux. Perle venant des eaux.» Cela peut aussi signifier poison. Cela peut aussi signifier guerre.

Cette lettre S à la fin peut aussi signifier «un serpent, un oiseau, air, vent, connaissance, Méditation, une clôture, une route». Tous s’appliquent, surtout quand vous étudiez la mythologie.

Comme vous pouvez le voir, ce mot manas peut impliquer beaucoup de significations importantes.

Alors pourquoi expliquer tout cela? Cela semble très théorique, mais ne l’est pas. Nous sommes ici pour parler de faits. Revenons aux Yoga Sutras. Les lignes suivantes que nous devons étudier sont 12-14. Maintenant rappelez-vous, nous parlons des vrittis, les modifications du mental.

«1.12. Le contrôle de [vrittis] est fait par abhyasa et vairagya.

«1.13. Parmi ceux-ci, abhyasa [pratique] est l’effort pour assurer la stabilité des vrittis.

«1.14. La pratique devient fermement ancrée lorsqu’elle est pratiquée pendant longtemps, sans interruption, et avec une parfaite dévotion.» – Yoga Sutras 1: 12-14

Nous avons déjà parlé de la façon dont nous voulons que cette belle scène de plage sereine ou scène de lac soit notre qualité mental. Nous voulons nous sentir calmes, nous voulons nous sentir sereins et en paix. C’est universel. Qui veut ressentir de la douleur? Qui veut se sentir en conflit? Personne. Tout le monde veut se sentir paisible, heureux et sans menace. Et c’est ce que ce symbole, cette scène de plage que nous avons sur nos ordinateurs représente pour nous. C’est un état de paix et de sécurité. Pas de stress, pas de tension, pas d’inquiétude. Nous voulons cela, mais nous ne l’avons pas. Nous ne l’avons pas précisément parce que nous ne savons pas comment traiter les vrittis, ces modifications qui ont un impact sur notre mental.

C’est la première chose que le Yoga enseigne. N’est-ce pas intéressant? Le monde entier connaît le Yoga, mais personne ne le sait! C’est la toute première chose que l’Écriture enseigne. Cela m’étonne. Tout le monde est là pour apprendre comment faire «chien à la baisse» et «salutations au soleil», mais personne ne sait comment contrôler leur mental, mais c’est la première chose enseignée dans les Yoga Sutras: comment contrôler les modifications de votre mental.

Abhyasa: Pratique

Le premier est abhyasa, qui signifie «pratique». Nous utilisons ce mot «pratique» dans la spiritualité tout le temps. Nous parlons de notre «pratique» spirituelle. Soyons très conscients de ce que ce mot signifie.

En Sanskrit, abhyasa signifie:

Pratique, habitude, exercice, coutume, étude, utilisation, exercice militaire, exercice répété ou permanent, multiplication, acte d’ajouter quoi que ce soit.

Abhyasa signifie tout ce qui est fait de façon permanente et répétée: régulièrement, constament.

Nous pensons tous à nous-mêmes, «Je fais mes dix minutes de Méditation, c’est ma pratique.» Ou «Je fais mon heure de Méditation, c’est ma pratique. Je fais mon Pranayama tous les jours. Je fais ma pratique du Yoga» – quelle que soit la pratique spirituelle. Nous sentons que c’est bien, et c’est notre vie spirituelle. Mais permettez-moi de retourner cette pièce pour vous, et vous interroger sur les vingt-trois autres heures de chaque jour. Quelle est votre pratique de ces vingt-trois heures où vous ne faites pas votre Méditation ou votre Yoga? Qu’est-ce que vous faites?

Tout ce que vous faites à chaque instant a un impact sur votre mental. Si votre mental est chaotique, si votre cœur est chaotique, c’est parce que les modifications de votre mental ont produit cet état. Dix minutes de Méditation ne peuvent pas faire grand chose contre 23 heures 50 minutes de chaos. C’est logique.

C’est pourquoi dans les temps anciens, les personnes qui voulaient la spiritualité se sont extraites du mode de vie du chef de famille. Ils sont devenus renonçants – moines, nonnes, yogis, sadhus, quel que soit le nom que vous voulez utiliser – afin de réduire l’intensité des impressions sur le mental, de restreindre les données sensorielles afin qu’elles puissent établir le contrôle du mental. Abhyasa est l’effort pour assurer la stabilité. C’est pourquoi les gens partaient toujours aux monastères, à la grotte, dans les bois, dans les montagnes. Nous n’avons pas ce luxe maintenant. Mais nous n’en avons pas non plus besoin.

Le Yoga peut être atteint dans votre vie quotidienne, il faut juste être conscient. Vous devez faire de votre vie quotidienne votre pratique, votre étude, votre ahbyasa. Étudiez votre mental, étudiez vos sens, et comment les impressions créent votre expérience de vie.

Êtes-vous stressé? Êtes-vous tendu? Êtes-vous liquidé? Avez-vous peur? Vous l’avez fait. Cet état d’esprit est fait par vous, par la façon dont vous avez transformé ce que vous avez perçu.

Vous fabriquez votre expérience de vie. C’est une loi de la nature. Pas de problème. C’est la base de l’Hindouisme, du Bouddhisme, du Christianisme, du Judaïsme. Ils expliquent tous cela. Nous sommes le produit de nos propres travaux.

«La pratique devient fermement ancrée lorsqu’elle est pratiquée pendant une longue période, sans interruption, et avec une parfaite dévotion.» – Yoga Sutras 1:14

La plupart des gens qui lisent cela pensent que cela signifie qu’ils doivent faire leurs étirements tous les jours. Ce n’est pas vraiment ce dont il s’agit. Il s’agit de stabilité des Vrittis, des modifications du mental, de calmer la psyché, de ne pas être un océan d’assaut, mais plutôt d’être un miroir. Être toujours stable. Être en paix. Ainsi, la pratique dans ce sens signifie beaucoup plus que la pratique de la Méditation, du Pranayama ou de la répétition des mantras. Cela signifie comment nous utilisons chaque instant.

Comment transformons-nous ce que nous percevons? C’est ce que suggère réellement Abhyasa.

Le deuxième aspect du contrôle des vrittis est Vairagya, qui signifie:

«Indifférence aux objets mondains et à la vie, répugnance, dégoût, apathie, changement ou perte de couleur, aversion, pâleur croissante, ascétisme, liberté de tous les désirs mondains.»

En synthèse, Vairagya signifie «non-attachement».

Alors l’Écriture dit:

«Vairagya [non-attachement] est cet état d’esprit particulier qui se manifeste chez celui qui ne désire pas les objets vus ou entendus, et dans lequel on a Conscience d’avoir le contrôle ou la maîtrise du désir de ces objets.

«Le non-attachement suprême est cet état dans lequel même l’attachement aux qualités a disparu, grâce à la connaissance du Purusha.» – Yoga Sutras 1: 15-16

Vairagya signifie essentiellement «indifférence». Ce terme explique en partie comment les gens ont eu l’impression erronée que pour être sérieux en spiritualité, il fallait renoncer à tout et aller vivre dans les bois et manger un seul grain de riz par jour. Pourtant, ils pensent que c’est ce que cela signifie, être indifférents aux choses du monde. Ce sont des concepts erronés.

Vairagya est comme le terme précédent «pratique». Même s’il a une signification littérale, le sens réel est psychologique. Vairagya signifie avoir une indifférence psychologique, un non-attachement psychologique.

Avec le non-attachement, on n’est pas attiré par la célébrité ou l’inconnu, la richesse ou la pauvreté, le succès ou l’échec, la maigreur ou la graisse, le fait d’être grand ou petit. Au lieu de cela, on est indifférent à de telles conditions superficielles. C’est tout ce que signifie Vairagya. Vairagya n’est pas compliqué. Vairagya est une sorte d’attitude.

Quand quelqu’un a Vairagya, ils ne sont plus attirés par des objets extérieurs, ils n’ont plus l’aspiration ou le désir d’avoir des choses. Ils peuvent avoir des choses, mais ils s’en fichent d’une façon ou d’une autre s’ils l’ont ou pas. Donc, en ce sens, c’est un peu comme «renonciation».

Vairagya n’est pas réalisé en faisant un grand feu, en brûlant tout ce que vous possédez, et en allant dans les bois dans vos sous-vêtements.

Vairagya est la compréhension que tout ce que vous avez ou n’avez pas n’est pas le point. Quand vous avez Vairagya, les possessions et les circonstances ne sont pas le point de votre existence.

C’est exactement le contraire de notre culture moderne, qui martèle tous les jours en nous que notre vie ne vaut quelque chose que si nous avons certaines possessions ou circonstances, et surtout les choses qu’ils veulent que nous achetons. La société (plutôt, les corporations) nous dit: «Si vous n’avez pas [insérer le produit / statut / apparence ici] vous êtes un échec, vous ne valez rien.» C’est ce que nous dit notre culture moderne. «Si nous ne sommes pas célèbres, maigres, jolis, beaux, si nous n’avons pas la carrière de l’éducation, la grande maison, le grand compte bancaire, alors nous sommes un échec.» C’est ce que notre culture nous dit. Ce sont tous des mensonges. Notre valeur ne se trouve pas dans les possessions matérielles, les circonstances extérieures, les apparences. Notre valeur est déterminée par la qualité de notre cœur et de notre mental. Si vous regardez en vous-même, vous savez que c’est vrai. Lorsque vous vous sentez vraiment en paix, serein et que vous sentez de l’amour pour quelqu’un d’autre ou que vous vous sentez aimé, c’est valeureux, précieux. Ces qualités internes sont ce qui fait d’être un humain utile. Les objets externes ne peuvent pas fournir le bonheur interne.

«Le non-attachement est cet état d’esprit particulier qui se manifeste chez celui qui ne désire pas les objets vus ou entendus, et dans lequel on a Conscience d’avoir le contrôle ou la maîtrise du désir de ces objets.»

Ici, le mot «objets» ne signifie pas seulement des objets physiques. Cela signifie également des concepts, des idées et des sentiments. Tout ce qui peut être perçu est un objet de perception.

Le plus haut niveau de Vairagya est le non-attachement suprême.

«Le non-attachement suprême est cet état dans lequel même l’attachement aux qualités a disparu, grâce à la connaissance du Purusha

Purusha se réfère à l’Être.

«Derrière ce spectacle mondial, derrière ces phénomènes physiques, derrière ces noms et ces formes, derrière les sentiments, les pensées, les émotions, les sentiments, se trouve le témoin silencieux, ton Ami immortel et véritable Bien intentionné, le Purusha ou le Maître du monde, le Pouvoir invisible ou la Conscience.» – Swami Sivananda, Dieu Existe

«Cet Être Suprême sans second, qui réside dans les chambres de votre cœur en tant que Dirigeant ou Contrôleur Intérieur, qui n’a ni commencement, ni milieu, ni fin, est Dieu ou Atman, ou Brahman ou Purusha ou Chaitanya ou Bhagavan ou Purushottama.» – Swami Sivananda

Quand vous expérimentez votre Être, expérimentez réellement ce qui est à l’intérieur de vous, vous réalisez tout à coup que rien de ce que vous avez voulu auparavant ne valait rien, parce que dans cette connaissance de l’Être est un contentement et une sérénité parfaits. La Conscience n’a pas besoin de plus. C’est l’ego qui cherche toujours plus: plus de ceci, et plus de cela. Donc, pratiquez le non-attachement.

Ce sont les deux qualités qui nous aident à établir un mental serein: la pratique et le non-attachement.

Pratique signifie constamment faire attention, être conscient, être vigilant et être conscient de soi-même.

Et dans cette attention, n’ayant pas d’attachement à tout ce que l’on perçoit. Quand nous sommes loués, nous ne nous attachons pas à cela. Lorsque nous sommes critiqués, nous ne nous y attachons pas non plus. Nous répondons à chacun de la même manière: avec gentillesse, patience et non-attachement, ne nous soucions pas de la louange ou du blâme. Celui qui est capable de s’équilibrer de cette manière n’a pas d’attachement dans un sens ou dans l’autre et maintient ainsi un mental stable, un cœur stable.

Pourquoi est-ce important? Ça ne ressemble pas à un gros problème. La plupart des étudiants, quand ils entendent parler de ce genre de chose, pensent: «C’est un peu abstrait, et je l’obtiens, mais je ne pense pas que cela signifie vraiment quelque chose, et je veux juste passer aux bonnes choses à propos d’avoir des expériences extrasensorielles, sortir de mon corps, et tout ça. C’est ce que je veux obtenir. Je ne suis pas dans le domaine psychologique. «Laissez-moi vous dire quelque chose: ces qualités sont ce qui vous prépare à être en mesure d’avoir des expériences spirituelles. Ce sont ce qui préparent le mental. C’est pourquoi c’est la première chose enseignée dans les Yoga Sutras et la Bhagavad-gita.

Si vous n’avez pas ces qualités, vous deviendrez très attaché aux expériences, aux états, aux possessions, etc., et vous deviendrez un fanatique ou un sceptique. Puisque les gens n’ont pas de non-attachement ou de pratique, ils ne pratiquent pas réellement (c’est-à-dire, éveillent la Conscience) et ils deviennent très attachés aux croyances, groupes, etc. C’est pourquoi les gens deviennent fanatiques, parce qu’ils sont attachés, et effrayez à lâcher leurs attachements. C’est pourquoi il y a tellement de violence dans le monde. Les gens s’entretuent à cause de ce qu’ils croient. C’est dû à l’attachement. C’est pourquoi cela a une valeur pratique.

C’est la même chose en ce qui concerne les croyances au sujet de vous-même. Vous croyez que vous avez mérité cette promotion, et vous ne l’avez pas obtenue, alors vous êtes devenu fâché et vous bavardez au sujet de celui qui a obtenu la promotion afin de leur faire du mal. De cette façon, vous avez créé du karma pour vous-même. Vous avez créé de la douleur pour vous et pour les autres. Cela a été causé par l’attachement à cette perception de la promotion, et le manque de perception précise (c’est-à-dire que vous n’avez pas pratiqué, en utilisant la Conscience). Vous pensiez que la promotion allait vous faire vous sentir mieux, plus heureux. La souffrance de cette situation est un produit de l’attachement.

Le Chemin du Milieu du Bouddha

Le Bouddha Shakyamuni qui a traversé son processus de développement en Inde à une époque où dans l’Hindouisme il y avait beaucoup d’enseignements contradictoires sur ce que nous expliquons aujourd’hui. Il a vu que la souffrance était horrible et il voulait trouver un moyen de le réparer. Alors il est allé chez les Yogis, et ils ont dit: «Vous devez devenir un renonçant. Vous devez avoir un non-attachement, et vous devez pratiquer. Vous devez sortir dans la forêt et devenir un ascète, quelqu’un qui n’a rien.» Alors il est allé dans les bois avec seulement un pagne et un bol. Il a mangé un seul grain de riz chaque jour, et a seulement médité. Ce fut tout ce qu’il a fait, méditer. C’est ça. C’est à ce point qu’il était sérieux. Si cela ne met pas votre pratique spirituelle en perspective, je ne sais pas ce qui la fera.

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Il a pratiqué de cette façon depuis longtemps, et il est devenu évidemment très faible et ressemblait à un squelette qui est la raison pour laquelle il est peint de cette façon dans cette image. Tous ses os pourrait être vu à travers sa peau, parce que son corps était en train de dépérir. Dans le processus de sa Méditation, Il comprit que l’ascétisme extrême était le mauvais chemin. De l’autre côté du pendule, il a grandi comme un prince riche et avait tout ce qu’on puisse imaginer, ce qui était extrême indulgente. Il a pu voir que ces deux extrêmes étaient à la fois erreur; les deux étaient incapables de résoudre le problème de la souffrance. Dans l’instant où il se rendit compte qu’il y avait une voie du milieu entre ces deux extrêmes, une femme arrive qui lui offre un bol de riz et de lait. Ce lait lui a rajeuni complètement, instantanément, et il a ensuite commencer à enseigner son chemin de la voie du milieu.

Je signale cela, parce que je sais comment nos mentals fonctionnent. Nous entendons parler de renoncement, et nous entendons parler de non-attachement et de la pratique, et notre ego tourne immédiatement à l’extrême, de peur que nous devons renoncer à tout ce que nous aimons, et nous devons perdre tous nos amis et la famille, et devenir personne, seul, sans rien. L’enseignement ne dit pas cela; l’ego dit cela.

Les enseignements nous dit que nous devons trouver la voie du milieu de toutes les expériences, en toutes choses, ni se livrer, ni éviter. Quel est l’équilibre, psychologiquement parlant? C’est un type de non-attachement: non attaché. Ni éviter ni poursuivre.

Cette histoire est très belle dans la façon dont elle se rapporte à de nombreux mystères dans l’enseignement, mais plus précisément elle se rapporte à un enseignement à la base de l’Hindouisme, qui est l’histoire de la façon dont les Dieux et les démons ont baratté l’océan de lait.

Le Barattage de l’Océan de Lait

La plupart des gens qui savent quelque chose au sujet de l’Hindouisme ont entendu parler de ce mythe. Il est appelé Samudra Manthan, qui signifie «barattage de l’océan.» Cette histoire est racontée dans plusieurs des écritures antiques de l’Inde.

L’histoire de base est que le Dieu Indra a reçu un anneau de fleurs comme une bénédiction venant d’un grand sage. Indra est le père des Dieux, roi des Dieux, comme Zeus ou Jupiter. Indra monte un éléphant. Ceux qui connaissent le symbolisme savent que dans la philosophie Asiatique l’éléphant représente le mental. Indra chevauchant l’éléphant représente une personne dont le mental est sous la direction de leur Être intérieur. Ceci est un initié, un maître, quelqu’un qui a le développement spirituel. C’est ce qui est montré dans l’image Bouddhiste des étapes de la concentration méditative, il y a un éléphant qui devient de plus en plus pur au fur et à mesure que l’on monte le chemin de la concentration, et au sommet, nous voyons des moines à cheval sur des éléphants. Cela représente les vrittis, les modifications du mental, qui sont modérées. Le mental est paisible et calme, et très puissant, comme un éléphant. Ainsi, Indra chevauchant l’éléphant représente cela.

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Le Sage offre à Indra une bénédiction de fleurs. Indra le met sur son éléphant. Maintenant, la chose drôle au sujet de l’histoire est que l’éléphant est espiègle. L’éléphant sait qu’Indra a un peu de fierté. On entend toujours cela dans les mythes de Zeus et Jupiter et les autres Dieux ont un type d’arrogance. Ainsi, dès que les fleurs ont été mis sur l’éléphant, il prend les fleurs et les jette sur le sol pour voir ce qui se passera. Bien sûr, le sage qui a donné le don devient très en colère! Ainsi, celui qui a le défaut était celui qui essayait de tester le Dieu! Le sage se mit en colère et maudit Indra. En raison de cette malédiction, tous les Dieux ont perdu leur pouvoir.

Ce mythe représente la façon dont un maître tombe. Les Dieux sont les archétypes à l’intérieur de ce maître, qui a perdu le pouvoir à cause de son orgueil et colère. Vous voyez, c’est une histoire simple.

Les Dieux veulent le retour de leur pouvoir. Alors, ils se rendent compte que s’ils brassent Kshir Sagar, l’ «océan de lait», ils peuvent le faire exhaler l’Amrita (le nectar de la vie immortelle), et d’autres avantages dont ils ont besoin afin de retrouver leur pouvoir et statut. Pour ce faire, ils prennent la montagne Mandara (qui signifie miroir, ciel, ou arbre du paradis). Ils prennent aussi le serpent du cou de Shiva; ils enveloppent le serpent autour de la montagne.

Bien sûr, les démons (les egos, les défauts, les vices à l’intérieurs de nous) veulent aussi le pouvoir qui sortira de l’ «océan de lait», alors ils essaient d’attraper la queue du serpent (pas la tête, car il les mordra), mais les Dieux les empêchent. Les Dieux attrapent la queue. Ainsi, les démons saisissent la tête du serpent, et les Dieux et les démons tirent en arrière et en avant sur le serpent, brassant la montagne dans le lait, les eaux.

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Cela ressemble à une histoire pour les enfants, mais cela ne l’est pas. Cette histoire a plusieurs niveaux de significations très profondes.

Tout d’abord, tout cela représente le travail spirituel. Chaque partie de l’histoire est symbolique de notre psychologie. La montagne est à l’intérieur de nous, pas à l’extérieur. Ces eaux sont à l’intérieur de nous, pas à l’extérieur. Ce n’est pas un événement littéral, historique qui a eu lieu. C’est une histoire sur la façon de se remettre de l’échec, comment se sortir de cet état sans pouvoir, et récupérer de l’énergie, la paix, et surmonter les démons, les forces égoïstes qui sont à l’intérieur de nous.

Ainsi, cette scène représente notre mental quand nous prenons le chemin spirituel. Lorsque nous travaillons vraiment dans la spiritualité, nous avons une bataille menée à l’intérieur de nous entre nos vertus et vices, entre les Dieux bienfaisants qui font de leur mieux pour nous aider, et les démons qui veulent garder le contrôle de nous. Entre eux, ils brassent les eaux de notre cœur, mental et corps, en utilisant le serpent.

Le serpent, nous le savons tous, est Lucifer, le serpent tentateur du Jardin de l’Eden. Ce serpent est à l’intérieur de nous. Plus important encore, ce serpent est la puissance sexuelle.

L’océan de lait, les eaux, sont l’énergie sexuelle et le liquide céphalorachidien. Si vous étudiez l’anatomie, vous savez que le cerveau et la colonne vertébrale sont entourées par le liquide. Il monte et descend, cyclant constamment depuis le sommet de la tête jusqu’au fond de la colonne vertébrale. Ce liquide céphalorachidien est chimiquement identique aux eaux séminales. Dans ce fluide, il y a un mouvement, un mouvement d’énergie et de forces, non seulement physiquement, mais psychologiquement. Il y a une relation très forte entre les eaux du cerveau et les eaux de la sexualité. Voilà pourquoi les chemins spirituels véritables exigent que l’on apprend à contrôler les eaux sexuelles afin de contrôler le mental. Si vous ne pouvez pas contrôler vos vrittis sexuelles, vous ne pouvez jamais contrôler votre mental. C’est impossible. Mais si vous pouvez contrôler l’énergie qui est dans votre sexualité, vous pouvez certainement vaincre votre mental. Voilà pourquoi tous les débutants deviennent toujours chastes, afin de prendre le contrôle de leur énergie sexuelle, de dominer cette énergie et commencer à la faire circuler à l’aide d’exercices que nous allons parlé dans des conférences ultérieures appelées Pranayama et d’autres types de pratiques, où cette énergie des eaux sexuelles est cyclée vers le haut à travers la colonne vertébrale au cerveau et dans le cœur. En haut et en bas, en haut et en bas. Cela va à l’encontre du tirage en arrière et en avant des Dieux et des démons.

Personne ne voit-elle pas la forme de l’énergie qui est déplacée dans cette image? Ne voyez-vous pas la croix? Il n’y a pas un hasard là. Il y a une croix dans cette histoire. Cette croix a une signification ésotérique profonde, dont nous parlons dans presque toutes les conférences, et qui est le croisement des polarités, les forces qui sont nécessaires pour faire avancer vraiment dans ce type de travail.

Le point basique est que c’est un processus psychologique, pas un processus externe littéral des Dieux et des démons. Ce sont les Dieux et les démons à l’intérieur de vous, brassant vos eaux sexuellement et psychologiquement, pour vous tester, pour voir comment vous les manipulez.

Heureusement pour nous, dans le mythe, les Dieux gagnent, et j’espère que ce sera vrai pour tout le monde ici, que les Dieux vont gagner la bataille.

S’ils gagnent, quand les Dieux gagnent et l’océan de lait devient brassé, sur cet océan émerge toutes sortes de qualités bénéfiques qui rajeunissent la puissance des Dieux. La plus importante est une femme: Mohini émerge des eaux.

Mohini

Mohini est une incarnation de Vishnu, mais son nom signifie «illusion personnifiée». Cela peut aussi signifier «attracteur» ou «élément déconcertant» en quelque sorte.

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Mohini est une Déesse, le résultat de cette transmutation qui se passe au fur que toute cette énergie est déplacée dans les eaux psychologiques sexuelles. Elle porte dans sa main l’Amrita, que vous voyez dans cette image. Amrita est le nectar des Dieux. Ce mot Amrita est où nous obtenons le mot pour Ambroisie. Si vous connaissez la mythologie Grecque, cela est immédiatement évident pour vous. L’Ambroisie est ce qui donne aux Dieux leur immortalité. Le mot Amrita signifie littéralement «immortalité».

Ce mythe Hindou est presque identique au mythe Gréco-Romain de la naissance de Vénus / Aphrodite, la Déesse de l’amour, qui est née de la mousse de l’océan. Elle est la même Mohini, une Déesse d’une telle beauté qu’elle séduit tout le monde, les hommes et les femmes: les hommes sont submergés par l’attraction ou la luxure, tandis que les femmes sont submergées par l’envie.

Ce symbole est à l’intérieur de nous. C’est en travaillant avec les eaux de notre mental et les eaux de la sexualité que nous pouvons trouver le potentiel de l’immortalité. Mais celui qui la tient est cette Déesse. Elle est une partie de la divinité en nous. Elle est une incarnation de Vishnu, qui fait partie du Christ cosmique. Elle est la femme séduisante qui tient dans ses mains comme Perséphone, ce pot qu’elle ne devait pas regarder, mais il contient ce qui est nécessaire. Mohini représente toutes ces choses que nous voulons, tous ces désirs que nous avons, tous les rêves et les aspirations que nous avons toujours eu, quand nous voyons ces derniers dans les yeux de notre mental, nous devenons séduit, désorienté, confus. Cela comprend bien sûr des fantasmes sexuels, mais cela comprend aussi avoir du succès, être attrayant, quels que soient les types de choses que nous avons toujours voulu, que nous avons toujours désiré, Mohini est cela. En d’autres termes, elle est Lucifer. Elle est Méphistophélès. Elle apparaît pour présenter les tentations, pour tester la façon dont nous y répondons. Si nous la vainquons, nous obtenons le nectar de l’immortalité.

Donc, l’histoire se termine, les Dieux gagnent, ils obtiennent le nectar de l’immortalité, alors les démons disparaissent déçus. Nous avons donc besoin que cela se produise en nous.

Voici comment nous le faisons.

Prajna

Le Bhagavad-Gita dit:

«Celui dont Mana – n’est pas ébranlé par l’adversité, qui ne languit pas après les plaisirs, et qui est libéré de l’attachement, de la peur et de la colère, est appelé un sage de Prajna stable.

«Celui qui est partout sans attachement, rencontrant tout bien ou mauvais, qui ne se réjouit ni ne déteste, a la Conscience constante.» – Bhagavad-Gita 2

Ce mot Prajna a une importance très puissante dans l’Hindouisme et le Bouddhisme. Dans l’Hindouisme, Prajna est lié à la Conscience éveillée.

Prajna: Pra-, «avant» ou «intense»; -jna, «savoir»

Conscience. Sagesse. Connaissance de la réalité. Connaissance de l’Atman.

Ce mot peut être traduit de différentes manières. Parfois, il est traduit simplement comme «sagesse», mais en Français cela ne veut rien dire. Donc, le vrai sens est la Conscience mais éveillée. Voilà pourquoi il est dit:

«Celui qui est partout sans attachement, rencontrant tout bien ou mauvais, qui ne se réjouit ni ne déteste, a la Conscience stable.»

Il dirait, «a la sagesse constante», mais cela ne veut rien dire. «Avoir la Conscience stable» a un sens. Nous avons donc besoin de comprendre ce que cela signifie.

Ce mot Prajna est non seulement sagesse, d’être capable d’écrire des phrases que vous avez lu sur Internet et Facebook ou quelque chose comme ça. Ce n’est pas la sagesse. C’est l’ingéniosité.

Être sage c’est d’être capable de distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux. C’est la sagesse. Votre intellect ne vous aide pas à cela. Il ne le peut. Seule la Conscience peut percevoir la réalité. L’intellect ne peut pas. L’intellect peut seulement comparer et contraster ce qu’il a déjà connu.

Laissez moi vous donner un exemple. Si vous avez grandi dans un quartier où la police sont considérée avec suspicion, et qu’il y a eu de nombreux incidents où la police a été sujette à caution, ou qui ont des comportements douteux, vous grandissez avec une perspective cynique d’entre eux dans votre personnalité, votre intellect. Lorsque vous rencontrez un agent de police, étant même pas conscient de celui-ci, vous conserverez cette attitude, même si cet agent de police tente de sauver votre vie; cette attitude sera toujours là dans votre mental. C’est juste la façon dont le mental (manas) fonctionne, à cause des modifications (vrittis). Celui qui est conscient (Prajna), qui n’est pas sous l’influence des modifications, va voir les choses pour ce qu’elles sont. Ainsi, lors de la rencontre avec un officier de police, elle saura que ce soit une bonne situation ou une mauvaise situation, et qu’on peut faire confiance à cette personne ou non. Elle ne sera pas influencée par les expériences passées, mais voit la réalité pour ce qu’elle est.

Voilà ce que nous avons besoin: voir les choses pour ce qu’elles sont, et non par rapport à nos désirs ou traumatismes, mais les voir pour ce qu’elles sont.

Voilà comment nous changeons, et se libérons de la souffrance: voir la réalité et savoir comment y répondre. Voilà pourquoi cela est si important, d’être partout sans attachement. Ce n’est pas extérieur, c’est d’ordre psychologique. Cela signifie ne pas être attaché à la façon dont les choses sont, ou comment elles deviendront, mais au lieu de cela, se contenter de soi-même, être en paix à l’intérieur, avoir un mental calme et serein qui n’est pas influencé par des modifications subtiles.

Indriya

Le passage suivant dit,

«Quand, comme la tortue qui retire ses membres de tous les côtés, on retire l’indriya des choses sensibles, alors la Conscience devient stable.»

Ce mot indriya dans son utilisation générale signifie «les sens». Alors, on retire les sens des objets.

Indriya traduit correctement signifie «appartenant ou agréable à Indra.»

Rappelez-vous que toute l’histoire du barattage de l’océan a commencé parce qu’Indra a été testé par le sage. Indra est notre Être intérieur, le nec plus ultra de notre ultime, la racine de notre racine, Dieu à l’intérieur. Tout le monde a cela. Chacun d’entre nous a cette étincelle, cette lumière, cette source divine, mais parce que notre mental est fortement modifié nous ne pouvons pas le voir. Si nous pouvons calmer toutes les modifications de notre mental, cette lumière peut être facilement utilisée. Nous pouvons expérimenter ce qu’est Dieu, pas vraiment des théories ou des croyances, mais connaître.

Voilà ce que signifie Prajna. Le jna à la fin, le -jna, signifie «connaître». Cela ne signifie pas connaître de l’intellect, cela signifie connaître de la perception. C’est connaître à travers l’expérience. Le Pra- au début signifie «avant.» Donc Prajna signifie «avant de connaître.» Comment connaissez-vous quelque chose avant de connaître? À travers la Conscience. La Conscience est là avant d’avoir des expériences. Ceci est une vérité pratique qui mérite d’être étudiée.

Nous avons la Conscience. La Conscience qui est là «avant de connaître» se rapporte à Indra. Pour accéder à cette Conscience, il faut retirer la Conscience du monde sensoriel. Nous devons donc apprendre à méditer.

Lorsque nous retirons la Conscience des sens-objets et recueillons la Conscience en elle-même, percevant seulement elle-même, alors – comme la tortue – la Conscience perçoit sa vraie nature, qui est notre Être intérieur. Dans cet état, nous avons la paix parfaite. Nous ne sommes pas en conflit avec la volonté de Dieu. De cet état, on peut alors apprendre à le maintenir, et être engagé à nouveau avec le monde extérieur, mais en conservant cet état de Conscience qui est lié à l’Être. Voilà ce qu’est un maître: quelqu’un qui accomplit la volonté de Dieu sur la terre comme au ciel. Voilà ce que signifie Indriya: avoir nos sens connectés directement à notre Intime. Mais en nous, ils ne le sont pas.

Les Six Sens

Regardez les faits de votre vie. À quoi vos sens sont-ils connectés? Numéro un: désir. Nous sommes gouvernés d’instant en instant par des désirs de sensations. Nous voulons toucher et avoir certains sentiments ou sensations du toucher. Nous voulons seulement certains types de goûts. Certaines odeurs, certains sites, certains sons, et la sixième est l’expérience sensorielle du mental: l’imagination. En Occident nous parlons de cinq sens, et c’est parce qu’en Occident, nous n’avons pas idée de ce qu’est la psychologie réelle. Oui, vous pouvez sentir à travers le toucher, le goût, l’odorat, la vue et les oreilles, mais vous pouvez aussi sentir à travers votre mental, à travers l’imagination. Tel est le sens le plus puissant de tous. En réalité, nous avons six sens.

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Les six sens prennent constamment des données. Tel est le tourbillon. C’est notre mental, il est un tourbillon, aspirant l’information en permanence à travers tous les six sens. Mais malheureusement, nous n’en sommes pas conscient du tout. Nous ne sommes conscient de la somme des sensations que nous ressentons. Nous sommes toujours en train de les étiqueter «bonne» ou «mauvaise». Et nous sommes toujours en train de courir après les bonnes, ne reconnaissant jamais comment les sensations impact sur le mental.

Tous ces sens fluent dans le corps à travers les trois cerveaux.

Le plus évident est le corps physique qui comporte trois parties: l’aspect instinctif, l’aspect moteur, et l’aspect sexuel. C’est là que nos systèmes nerveux travaillent dans le corps, en prenant des données sensorielles à travers tous les sens, tout le temps. Et nous sommes toujours en train de courir après certains types de sensations. Nous voulons nous sentir bien. En fait, nous devenons dépendants de sentir certaines choses, mais ne reconnaîtrons jamais le coût. Nous ne nous soucions pas du coût. Nous voulons seulement ce que nous voulons quand nous le voulons, et nous ne nous soucions pas ce qu’il en coûte.

Nous ne réalisons pas que le processus précis de prendre dans tout ce que nous désirons est ce qui cause l’état d’esprit que nous avons. Nous aimons notre émission de télévision, nous aimons passer du temps avec ce groupe d’amis, nous aimons boire, nous aimons coucher autour, et nous aimons être romancé ou chassé. Nous aimons être fantasmé. Nous aimons la luxure. Nous aimons les sensations. Mais nous nous rendons compte que les sensations ne sont que des énergies polarisées dans la nature. Elles correspondent à une loi très stricte, rigide, qui ne change jamais, et c’est la façon dont l’énergie se déplace dans la nature: elle se déplace comme un pendule, toujours.

Il y a une loi de la physique qui est appelée «la loi de l’invariance». Imaginez une piscine d’eau, et voyez tomber quelque chose dans l’eau ; elle pénètre dans l’eau et l’eau descend un peu. Jetez une pierre dans l’eau et vous la voyez faire. Mais qu’est-ce qui se passe juste après? L’eau pousses alors vers le haut. L’eau se déplace vers le bas et vers le haut et vers le bas et le haut, et c’est ce qui crée des vagues. La nature est un équilibre entre les forces pour se retourner dans un état d’équilibre. On appelle cela la loi de l’invariance. Cela ne vaut pas seulement pour les choses physiques. Cela affecte votre mental. Votre mental est l’eau, psychologiquement. Quand les choses impact sur l’eau, elle crée des vagues de haut en bas, et quand assez de celles-ci se produisent, le tourbillon commence à baratter, baratter, et vous continuez à jeter de plus en plus d’impressions, plus de luxure, plus de désir, plus d’envie. Barattant l’eau, de plus en plus.

Voilà pourquoi notre monde est un tel gâchis, tout simplement à cause de cela. Voilà pourquoi c’est la première chose enseignée dans les Yoga Sutras et la Bhagavad-Gita. Leçon spirituelle numéro un dans l’Hindouisme. Aucun des Hindous ne le sait – ou tout au moins, ils ne le pratiquent pas, parce que vous voyez tous les problèmes de l’Hindouisme et de l’Inde et tous les endroits où l’Hindouisme est répandue pourrait être guéri si seulement ils avaient cette attitude de non-attachement et de pratique. S’ils ont seulement pu retirer ce pouvoir sensoriel de leurs désirs, alors ils n’auraient pas ces problèmes terribles.

Indriya signifie «appartenant à Indra», et cela signifie aussi «le pouvoir de la virilité.» Le pouvoir des énergies sexuelles, en particulier le semen, l’énergie sexuelle. Cela souligne à quel point le pouvoir des sens est le plus enraciné dans la sexualité. Nous savons que l’expérience sensorielle la plus puissante que nous pouvons avoir est sexuelle. Voilà pourquoi tout le monde est tellement hypnotisé par la sexualité, et accro à la poursuite de l’expérience brève et fugace des sensations sexuelles, qui s’éloignent rapidement, puis ils sont laissés avec beaucoup de problèmes. Les gens poursuivent la fantaisie sexuelle. Ils trouvent une personne qui semble incarner cette fantaisie sexuelle. Ils poursuivent cette personne pour essayer de consommer cette fantaisie sexuelle. Et quand ils expérimentent ces sensations, alors la réalité revient: cette personne est une mauvaise personne, ou ils ont des maladies, ou tombent enceintes ou ils se révèlent être un menteur. Tous les types de problèmes sortent de ces types d’activités. Et pourtant, tout le monde est toujours accro à elle, ne voyant pas le coût. Ne sachant pas c’est leur propre incapacité à comprendre les sensations qui est à l’origine du problème.

Lorsque vous comprenez réellement ce qu’est la sensation, vous pouvez cesser d’être accro à elle. Qu’est-ce qu’une sensation? C’est un événement bref énergétique. C’est tout.

Maintenant, pensez au sujet de cela. Combien de personnes ne peuvent pas perdre du poids? Nous savons qu’il y en a beaucoup, parce qu’il y a une énorme industrie partout dans le monde qui dépend de leur argent. Il y a beaucoup de promesses et des produits et des plans qui «garantissent» que vous allez perdre du poids dans un court laps de temps, et pourtant, pensez à ce sujet: si tous les gens qui font ces plans réussissaient, nous n’aurions pas besoin des plans ou des produits pour perdre plus de poids. En aurions-nous besoin? Mais il semble qu’il y ait plus de produits, de régimes alimentaires et de plans, pas moins, ce qui implique qu’il y a plus de personnes en surpoids que moins. Et, cela implique que aucun de ces plans ne travaille. Savez-vous pourquoi? Parce que personne ne peut contrôler un pouce de la pointe de leur langue. C’est tout ce qu’il y a à faire. Ce petit bout de la langue est ce qui contrôle le corps et le mental de chaque personne. La pointe de la langue est contrôlée par le désir de manger. Quelle que soit ce que cette personne veut manger, quelles que soient les sensations que cette personne veut, ils veulent seulement, ils ne se soucient pas du coût, ils ne se soucient pas du résultat, pour leur santé, pour l’environnement, pour leur livre de poche, ils ne se soucient pas. Ils veulent juste manger ce qu’ils veulent manger. Et puis plus tard, ils disent: «Oh, je ne peux pas perdre du poids, je suis si gros. Je veux juste manger encore un sac de chips.»

Le problème est simple à l’intellect, mais ce n’est pas si simple au désir, est-il? Intellectuellement, ce n’est pas si compliqué. Mais comme je l’ai dit, l’intellect ne peut pas résoudre ce problème. La Conscience peut.

Lorsque vous comprenez que cette sensation est seulement un bref échange énergétique et qu’elle donne des résultats, alors vous commencez à comprendre que ce qui est important sont les résultats de la sensation, pas l’expérience ou ce qu’ils créent. Voilà pourquoi, dans notre pratique, nous devons étudier nos sens et comment ils se rapportent à l’état de notre mental. Comment ce que nous voyons, entendons, goûtons, humons, et touchons change notre état d’esprit? Et pourquoi? Quelles expériences sensorielles courons-nous après? Et qu’est ce qu’elles créent dans notre vie? Quels sont les résultats de ces expériences? C’est ce que nous devons savoir.

Voilà pourquoi le Gita dit:

«Les objets des sens se détache de l’abstinent, quittant l’aspiration (restant à l’intérieur); mais voyant le Suprême, le désir tombe aussi loin.

«L’indriya turbulent [sens / puissance virile], oh Arjuna, portent violemment le Mana- des sages, même tout en essayant (de les contrôler)!

«Les ayant tous retenu, il faut être ferme, l’intention sur Moi [Christ]; la Conscience est stable dans celui dont les indriyas sont sous contrôle.» – Bhagavad-gita 2

Voulez-vous apprendre à méditer? Voulez-vous apprendre à entrer dans le plan astral consciemment? Vous pouvez. Ce ne sont pas des choses difficiles à apprendre. Mais il y a une condition: Stabilisez votre Conscience. Quand votre Conscience est stable, la méditation est facile. Donc, pour rendre stable votre Conscience, vous avez besoin de mettre votre indriya sous contrôle. Cela signifie vos sens et votre puissance sexuelle. Ils doivent être sous contrôle: calme. Pas vous contrôlant, ce qui est notre état actuel. Nous sommes contrôlés par nos sens maintenant. Nous voulons nous sentir d’une certaine façon, nous mettons donc de la musique qui nous fait sentir d’une certaine façon. Nous voulons sentir une certaine façon, donc nous allons prendre un bain chaud, ou nous allons au club, ou nous allons avec nos amis, ou nous allons manger un certain repas, ou nous… Qu’importe ce que nous faisons, nous le faisons toujours parce que nous voulons ressentir quelque chose. Mais ce que nous ignorons ce sont les coûts, car ils nous coûtent toujours quelque chose, surtout quand nous nous livrons au plaisir. Cette loi d’invariance est toujours là. Nous devons apprendre à ce sujet. Plus de plaisir vous chasser, plus le balancier retourne vers la douleur. Ceci est juste comment fonctionne la nature. Ce n’est pas une invention, ce n’est pas une théorie, et ce n’est pas une philosophie. C’est un fait. Vous pouvez l’observer.

Observez les personnes qui sont addicts au sexe, qui deviennent accros à cette expérience sexuelle, et vous découvrirez qu’ils ont des quantités incroyables de douleur dans leur vie. Ils ne savent pas pourquoi. Ils ne voient pas que c’est précisément la dépendance qui provoque la douleur.

Il y a un pendule dans tous les mouvements d’énergie. Celui qui est stable est au milieu, a des expériences de différents types, mais ne s’attache pas d’une façon ou autre, et graduellement tout se stabilise. Le mental commence à se calmer.

Voilà pourquoi nous enseignons la Méditation de la façon dont nous le faisons. Les gens viennent à ces classes et cours et demandent: «Pourquoi ne vous enseignez pas la Méditation de cette façon et de cette façon, comme je l’ai appris à [insérer une théorie populaire]?» C’est précisément parce que la grande majorité des gens qui viennent de la rue et dans la salle de classe ont mental complètement hors de contrôle, sauvage, parce qu’ils ne contrôlent pas leurs sens, ils ne peuvent donc pas méditer. Impossible. Pour méditer réellement, vous avez d’abord besoin de sérénité.

Et ils disent: «Je veux méditer pour que je puisse être serein.» La sérénité vient grâce à votre pratique d’instant en instant tous les jours, pas à travers la soi-disant «Méditation pratique» pendant dix minutes par jour ou une heure par jour. La sérénité vient en cultivant la sérénité d’instant en instant à travers le non-attachement, pas en courant après les désirs tout le temps, c’est en retenant les sens, retenant les désirs, inébranlables, l’intention sur l’Être Intime. Au lieu de chasser les désirs à l’extérieur ou dans le mental, gardez votre attention centrée sur la divinité. En synthèse, c’est ce que nous enseignons dans cette tradition.

Tout ce que j’ai expliqué ici synthétise trois choses:

• Auto-observation
• Rappel de soi
• Transformation des Impressions

Si vous voulez en savoir plus sur ce que j’ai expliqué, étudiez ces sujets. Nous avons beaucoup de conférences et de livres à leur sujet.

Si vous n’avez pas la capacité de comprendre ces pratiques à travers les faits de votre vie quotidienne, vous ne pouvez pas méditer. Cela ne peut tout simplement pas se produire; ce n’est tout simplement pas comment fonctionne la nature. Vous pourriez penser que vous méditez, mais vous ne le faites pas.

La Méditation Réelle se produit après avoir extrait la Conscience des sens. Si les sens sont agités et addicts aux sensations, vous ne pouvez pas leur échapper. La dépendance ne vous laissera pas. Vous devez briser la dépendance.

Calme le mental. La Méditation se produit alors spontanément, facilement.

Maintenant, nous sommes à notre troisième conférence. Dans la première conférence, j’ai expliqué les étapes, les chemin huit ébranchés ou Ashtanga Yoga, qui est enseigné par Patanjali. Jusqu’à présent, nous avons seulement parlé de trois des huit membres parce que si un étudiant n’est pas capable de comprendre ce que cela signifie d’être auto-observateur, d’être vigilant des sens et de la gestion de l’énergie des sens, on ne peut pas pratiquer efficacement toute autre chose sur cette liste.

1- Yama: auto-restriction

2- Niyama: préceptes

3- Asana: posture; relaxation

4- Pranayama: harnachement de la force de vie

5- Pratyahara: suspension des sens

6- Dharana: concentration

7- Dhyana: Méditation

8- Samadhi: état super-conscient, béatitude, extase

Comme nous l’avons expliqué, les gens veulent toujours se précipiter à la fin et sauter les choses de début. C’est exactement pourquoi ils ne comprennent jamais le Yoga.

Vous ne pouvez pas sauter les étapes. C’est comme essayer de sauter l’école primaire. Vous voulez aller directement dans le collège, mais vous ne parlez même pas le Français. Ça ne marchera pas. Donc, pour comprendre Pranayama, Pratyahara, Dharana, Dhyana, Samadhi, vous avez d’abord besoin de sérénité.

Certains instructeurs et étudiants de Yoga disent: «Mais vous acquérez la sérénité dans ces étapes ultérieures. Pratyahara, Dharana, Dhyana». Il est vrai que vous y approfondissez la sérénité. Ce que je vous explique simplement c’est que Patanjali et Krishna ont fait remarquer: vous ne pouvez pas comprendre les aspects les plus élevés du Yoga si vous ne commencez pas à mettre vos sens et la puissance sexuelle sous contrôle, si vous ne développez pas le discernement, la sérénité, le non-attachement.

Apprenez les dix étapes de Yama et Nyama. Nous les avons expliqué précédemment. Mais maintenant, travaillez sur ces dix en relation avec vos sens, en relation avec le mental. Étudiez comment fonctionne votre mental.

Yama: Auto-restriction

• Ahimsa: ne pas nuire; douceur, compassion; l’amour pour tous

• Satyam: vérité

• Asteya: ne pas voler

• Brahmacharya: Chasteté ; pureté sexuelle

• Aparigraha: renoncement, non-avarice, liberté des désirs

Niyama: Préceptes

• Saucha: pureté interne et externe; propreté; intégrité

• Santosha: contentement; satisfaction; joie

• Tapas: austérité; pénitence

• Svadhyaya: étude des livres religieux et répétition des mantras

• Ishvara-Pranidhana: Rappel de soi; culte de la Divinité et abandon de soi

Première étape du Yoga : Ahimsa, être gentil, avoir de la compassion. Pouvez-vous faire cela même lorsque vous êtes en colère? Même lorsque vous êtes blâmés ou attaqués ou critiqués? Égarés? Pouvez-vous être gentils pour quelqu’un quand vous avez attendu pendant des heures et des heures. Pouvez-vous être gentil et avoir de la compassion quand vous avez été en attente? Pouvez-vous être gentil et compatissant après avoir raté un repas? La plupart d’entre nous perdons notre tempérament assez rapidement. Que faire si vous avez manqué deux repas dans une rangée? Qu’en est-il de trois? La plupart des hommes commencent à avoir un regard très croisé face à la recherche! Et si vous étiez soudainement dans une situation où vous ne pouvez pas accéder à la nourriture, et qu’il fallait aller pendant plusieurs jours sans nourriture? Pourriez-vous être encore gentil? Patient? Je sais que nous pensons tous, «Bien sûr, je pourrais. Je ne pourrais me contrôler.» Hah! Ouais! Vous pensez!

Chacun de nous a des faiblesses profondes en ce qui concerne les sens. Manger est tout simplement une expérience sensorielle. Nous devons manger pour vivre, mais vous vivrez si vous manquez un repas, ou deux, ou un jour ou deux. Vous serez toujours vivants. Oui, vous aurez faim. Vous pourriez être de mauvaise humeur. Mais ce n’est pas une excuse pour arracher la tête des gens. Mais nous le faisons. Il nous manque un repas ou nous sommes une heure ou deux en retard pour manger, et nous devenons très grincheux et en colère. Cela montre que nous ne contrôlons pas les sens ou le mental. Cela montre notre faiblesse. Nous avons besoin de changer cela.

Qu’en est de la vérité? Pouvez-vous être honnête, même si cela signifie que vous en subissez les conséquences, ou quelqu’un que vous aimez va en subir les conséquences? Je sais que nous aimons tous penser que nous sommes véridiques, mais la réalité est que nous mentons quand cela est pratique et quand nous pensons que nous ne serons pas pris. Nous allons acheter de la nourriture ou nous allons acheter quelque chose au magasin et la personne de la caisse ne nous charge pas pour une chose, et ils l’ont mis dans le sac, et nous arrivons à l’extérieur et nous regardons la réception, et nous nous rendons compte, «(Gasp) Je n’ai pas payé pour cet article. Eh bien, je leur ai déjà assez payé, Je vais simplement le garder.» Ce n’est pas honnête. C’est un exemple simple, mais si ce magasin dépendait de chaque petite vente? Et s’ils étaient sur le point de fermer l’entreprise? Que faire s’ils ne peuvent pas payer leurs employés correctement? Vous venez de les aider à se mettre à la faillite. Vous venez de les empêcher de payer leurs employés, qui ont besoin d’argent pour manger et soigner leurs enfants. Nous ne savons pas l’impact de nos actions.

Qu’en est-il de ne pas voler? Ceci est la même chose que de prendre ce produit que vous n’avez pas payé. Qu’en est-il de voler le temps de quelqu’un et de l’énergie? Nous sommes très heureux de voler le temps et l’énergie des gens à notre propre bénéfice.

Brahmacharya est le plus grand. Nous pouvons penser que nous avons la pureté sexuelle physiquement, mais le sommes-nous dans notre mental? Le sommes-nous dans nos rêves?

Aucun d’entre eux sont faciles. Ne vous contentez pas de lire la liste et de penser que «Ce sont des choses faciles.» Ils ne le sont pas. L’ensemble du Yoga est la perfection de ces dix qualités. Ceux-ci devraient être à la base de la réflexion quotidienne que nous faisons. Voilà pourquoi le journal spirituel, que nous avons recommandé est donnée comme une pratique. Réfléchissez à ces dix. Constamment, tous les jours, en regardant nos comportements, pas seulement physiquement, mais psychologiquement. Comprendre, où nous sommes réellement, honnêtement? Nous ne devons pas dire à personne d’autre, mais au moins être honnête avec vous-même.

Donc, à ajouter aux pratiques que nous vous avons exposé, la prochaine étape est évidente:

Étape Trois: Observez les sens et les impressions.

Enquête: «Quelle est la cause de l’état de mon mental?

Exercice quotidien: Appliquer la pratique, le non-attachement et dompter les sens.

Observez les sens et les impressions. Inclure dans le journal. Réfléchissez à ce que vous avez senti, ce que vous avez perçu, et comment cela est à l’origine de l’état de votre mental.

Soyez honnête et enregistrez seulement des faits, et vous apprendrez quelque chose.

 

Vous pouvez retrouver cet article en version anglaise : Yoga and the Senses