Témoignages d’un Dharmakaya

Samaël Aun Weor

Disciple. […]

Maître. Réellement, chacun vit dans son pays psychologique. Chacun se trouve psychologiquement dans un lieu : certains se trouveront dans une maison close et d’autres dans une église. Chacun se trouve psychologiquement à son emplacement. De même que dans le monde physique nous vivons dans un endroit, psychologiquement nous pouvons aussi nous trouver dans tel ou tel lieu de notre pays psychologique, et c’est évident…

Que les impressions subconscientes aient une influence ? Dans la vie humaine, c’est certain ; mais une chose est le mal nommé « état de veille » et autre chose est l’état passif du corps pendant les rêves. Quand le corps physique est passif durant les rêves, les impressions subjectives qui peuvent parvenir au cerveau à travers « l’Antahkarana » (qui est le Cordon d’Argent avec sept aspects pleinement définis) ne SONT donc PAS DANGEREUSES PARCE QUE LE CORPS EST PASSIF PENDANT LES RÊVES. Ces impressions deviennent DANGEREUSES (et en cela je suis d’accord avec toi) QUAND LE CORPS EST ACTIF pendant les rêves, parce qu’alors ces impressions (déposées dans le cerveau) deviennent physiquement actives et l’individu actif peut commettre des erreurs extrêmement graves, c’est évident… Y a-t-il une autre question ?

D. Que signifie le terme « Dharmakaya » ?

M. Le terme « DHARMAKAYA » implique indéniablement la PERFECTION DE L’ADEPTE ou SERVITEUR DU GRAND ŒUVRE. Nous ne pourrions concevoir un adepte de perfection sans le corps de Dharmakaya. Mais celui qui possède ce corps doit savoir vivre dans cette « ligne géométrique » qui sépare la « Talité » de la mécanique de la relativité, et SAVOIR VIVRE EN PARFAIT ÉQUILIBRE ENTRE LA TALITÉ ET LA MÉCANIQUE DE LA RELATIVITÉ.

Je fais mention de ce terme « Talité » pour la raison suivante : la mécanique de la relativité et le Vide Illuminateur sont opposés, mais il y a une synthèse qui concilie les deux et c’est la Talité.

La Talité est bien au-delà du Vide Illuminateur. La Talité, c’est la grande Réalité. Je sais cela par expérience mystique directe obtenue au cours de la méditation intérieure profonde. Je le sais aussi au moyen du degré d’intuition Prajna-Paramita qui est le degré d’intuition profonde le plus élevé.

Il est difficile de pouvoir passer au-delà du Vide Illuminateur pour parvenir jusqu’au sein de la Talité, mais je précise et concrétise ma réponse en disant : si quelqu’un a acquis le corps du Dharmakaya, il doit non seulement s’absorber au sein de la Talité, mais il doit apprendre à vivre entre cette « ligne géométrique » ou dans cette « ligne géométrique » qui sépare la Talité de la mécanique de la relativité. Il doit apprendre à vivre dans l’action à l’intérieur du plus parfait équilibre. Y a-t-il une autre question ?

D. Quelle relation y a-t-il entre le Dharmakaya et l’Ain Soph Aur ?

M. Bon, il est évident que celui qui est arrivé… CELUI QUI POSSÈDE LE CORPS DU DHARMAKAYA, non seulement A INCARNÉ en lui-même L’AIN SOPH AUR (en tant qu’Étoile Divine, bien au-delà de l’Ancien des jours), mais IL EST vraiment PARVENU À RETOURNER AVEC PISTIS SOPHIA À L’AÉON 13. Seul celui qui est vraiment parvenu à s’immerger dans l’Aéon 13 a donc le corps du Dharmakaya. Une autre question, mes frères ?

D. Vénérable Maître, que pensez-vous d’une personne qui, malgré qu’elle ait la sagesse gnostique, ne l’a pas appliquée sur chacun de ses défauts pour les désintégrer ?

M. Mon frère, avant tout, je veux que tu saches une chose : nous avons commencé cette conférence en disant que si quelqu’un possède la connaissance, les règles précises du gnosticisme universel pour travailler directement sur lui-même, eh bien, indubitablement (et c’est clair) il doit se les appliquer pour changer sa façon de penser.

Nous avons dit également que si on ne change pas sa façon de penser, surtout malgré le fait que l’on ait reçu des instructions précises, ON EST donc simplement EN TRAIN DE PERDRE MISÉRABLEMENT SON TEMPS.

Parce que pour pouvoir vraiment provoquer un changement, il faut avant tout changer sa façon de penser. On doit introduire ces enseignements, ces idées dans son mental et dans son cerveau, et penser conformément à ces idées. On doit penser conformément à ces enseignements, penser conformément à ce corps de doctrine, car si on ne pense pas conformément à ce corps de doctrine, mais avec les systèmes périmés que l’on utilisait avant d’entrer dans la doctrine, alors on perd son temps, on ne fait rien, on s’autotrompe soi-même, et, par conséquent, on marche sur le chemin de l’échec. C’est tout ! Une autre question ?

D. Vénérable Maître, pourriez-vous nous parler du quatrième état de Conscience, celui de la Conscience objective ?

M. LE QUATRIÈME ÉTAT DE CONSCIENCE est celui de quelqu’un qui A ATTEINT L’ÉVEIL LE PLUS ABSOLU. En parlant de manière épistémologique, il est passé bien au-delà des confrontations logiques. IL POSSÈDE LE CORPS DE DHARMAKAYA. Il peut se déplacer librement dans cette « ligne géométrique » qui sépare le Vide Illuminateur de la mécanique de la relativité. C’est donc un individu qui A ATTEINT L’OMNISCIENCE…

Je n’ai pas beaucoup parlé de ce sujet ou je ne l’ai pas spécifié dans cette conférence, parce que j’ai mis plus d’attention au prochain pas que vous devez tous faire, parce que je vois que tous ceux qui sont ici se trouvent dans le deuxième état, qu’ils se déplacent entre le premier et le deuxième état, mais je ne vois personne ici qui soit dans le troisième état (dans celui du rappel de soi-même). Je n’en vois pas, j’en cherche, je n’en vois pas… Pour certains, il y a de l’espoir, mais rien de plus…

Maintenant, si vous n’êtes pas encore dans le troisième état, qui serait dans le quatrième ? Cependant, un jour, si vous décidez de travailler sur vous-mêmes, non seulement vous parviendrez au troisième état, mais vous parviendrez aussi au quatrième. Pour obtenir le troisième, je vous l’ai déjà dit, vous devez mettre ces enseignements dans votre mental et apprendre à penser conformément à ces enseignements. Votre vieille façon de penser surannée, périmée, doit définitivement être éliminée.

Mais on doit non seulement apprendre à penser conformément à ce corps de doctrine, ici, en plein amphithéâtre, ou quand nous sommes en train d’instruire un groupe, mais à toute heure, en tout lieu, d’instant en instant, dans la vie domestique et dans la rue, ou sur la place du marché, où que ce soit. M’avez-vous compris ? Bien, une autre question, mes frères ?

D. Auriez-vous l’amabilité de nous expliquer l’ordre des quatre Kayas ?

M. Évidemment, les quatre Kayas sont indispensables. Cependant, je préfère penser selon la DOCTRINE DES TROIS CORPS et je préfère même penser plutôt en termes de « Paramartha » (dans le terme « Sunyata », il y a une synthèse)…

Évidemment, les trois corps, par exemple, celui de TRANSFORMATION (comme nous appelons celui de NIRMANAKAYA) est grandiose, parce qu’il nous permet de nous transformer et de renoncer totalement à toute félicité pour penser en fonction de nos semblables.

Il y a, par exemple, de grands Arhats (nous ne pouvons le nier), des Bouddhas de contemplation, appelons-les des « Pratyekas », qui se préoccupent, en effet, de leur perfectionnement intérieur, mais qui sont cruels, qui ne travaillent pas pour l’humanité, qui ne font rien pour le monde. Ceci n’est pas le chemin de l’authentique perfection.

Si nous travaillons non seulement en nous-mêmes, pour nous-mêmes, mais que nous travaillons aussi comme missionnaires, en amenant l’enseignement de porte en porte, en nous sacrifiant pour l’humanité, nous suivons le chemin des Nirmanakayas, qui est le même chemin que celui des Bodhisattvas de compassion…

D. Celui des Nirmanakayas ?

M. Bien sûr que oui ! Tenez compte du fait que le corps de Nirmanakaya est celui qu’adoptent les Bodhisattvas pour travailler pour l’humanité. C’est pourquoi on appelle le Corps de Nirmanakaya « Corps de Transformation ». C’est un Corps de Perfection.

Tout autre est le CORPS DE SAMBHOGAKAYA OU CORPS DE JOUISSANCE. Le corps de jouissance est réellement beau, magnifique, il nous permet de jouir de la vie libre en son mouvement, de sentir la joie de l’univers en chacun de nous, il nous donne un état de béatitude extraordinaire.

Bien au-delà de ce Corps de Jouissance, nous avons le CORPS DU DHARMAKAYA. Le Corps du Dharmakaya est, en réalité, le CORPS-LOI, le corps de celui qui s’est sacrifié pour l’humanité, le corps de celui qui, dans le monde, pourrait être appelé « ADEPTUS EXEMPTUS » puisqu’il a annulé tout karma, il a expérimenté le Sunyata, il est sorti des processus de l’Alaya-Vijnana (qui sont des processus purement psychologiques), il est passé au-delà de la psychologie, il est entré dans le domaine de l’ontologie…

Ainsi, mes chers amis, il vaut bien la peine de continuer à travailler sur nous-mêmes, sur notre propre Conscience Intérieure, sur la Conscience Cosmique embouteillée. Mais que nous devions purifier cette Conscience intérieure ? C’est un fait, et elle se purifie au moyen de la désintégration des « éléments psychiques » inhumains que nous portons à l’intérieur de nous. Une autre question ?

D. Dans l’Égypte ancienne, quand l’adepte acquérait le corps du Dharmakaya, acquérait-il aussi le droit de posséder une momie vivante ?

M. Bon, ce sont deux questions totalement différentes, parce qu’une chose est cette question de la MOMIFICATION égyptienne ou inca ou quelle qu’elle soit, et autre chose sont les QUESTIONS ONTOLOGIQUES ou PSYCHOLOGIQUES. Dans la conférence, je n’ai pas fait précisément référence au véhicule physique, j’ai préféré parler uniquement de l’ontologie à la lumière du Sunyata et avec une explication complète sur l’Alaya-Prajnana, ce qui est différent.

Ainsi, il vaut mieux que nous nous limitions à ces fondements de l’ontologie et de la psychologie. Il convient aussi que nous apprenions à connaître les limites de la confrontation logique. Si nous cherchons la paix authentique à l’intérieur des confrontations logiques, indéniablement nous ne la trouverons pas. Celui qui veut expérimenter la vérité doit sortir de la logique, aussi bien structurée soit-elle, peu importe.

Quand on étudie M. Emmanuel Kant, le philosophe de Königsberg, on est émerveillé par les confrontations logiques et les processus qu’il expose au sujet du raisonnement, mais ni les syllogismes les plus parfaits, ni les prosyllogismes les mieux structurés, ni les essyllogismes les plus grandioses ne pourraient nous offrir l’authentique paix de la vérité profonde.

Si nous voulons expérimenter la vérité, il nous faut indéniablement sortir de la logique, parce que la logique n’est pas une demeure vraiment parfaite pour l’Être. Nous avons besoin de quelque chose de plus que les confrontations logiques, de quelque chose de plus que les processus inductifs ou déductifs. NOUS AVONS assurément BESOIN DU CORPS DU DHARMAKAYA, de ce Dharmakaya qui expérimente et qui peut expérimenter directement, à l’heure qu’il veut, le Sunyata, et qui, cependant, malgré tout, se maintient dans cette « ligne géométrique » (authentique, parfaite) qui marque, disons, le CHEMIN-CENTRE entre cette mécanique de la relativité et le Vide Illuminateur (ce qui n’appartient pas au temps)…

D. […]

M. Bien sûr ! Je comprends… Je comprends ce qu’est le processus multidimensionnel, c’est évident […] et nous ne pouvons laisser cette question sans explication… Si nous vivons donc dans un monde à trois dimensions (longueur, hauteur et largeur, comme nous le savons déjà), indéniablement, la quatrième coordonnée est différente. Cette QUATRIÈME COORDONNÉE, ou quatrième Verticale, PARVIENT MÊME À INTERFÉRER réellement AVEC LE MÉSON-K, par exemple, ou avec les régions où agit le méson-K.

On a pu étudier, grâce aux scientifiques chinois, comment le Méson-K est altéré par les forces d’un univers parallèle, de sorte que la science officielle elle-même arrive à la question de la quatrième Verticale.

Le méson-K par exemple, n’agit pas exactement en conformité avec les lois de la Troisième dimension. IL N’AGIT PAS EN CONFORMITÉ AVEC LA LOI DE LA PARITÉ (ce qui est vital dans un monde tridimensionnel), mais il bouge de manière distincte, en interférence parfaite avec un univers parallèle, l’univers de la quatrième Verticale. On nous a dit que cette quatrième Verticale est en relation d’une certaine manière avec le temps, puisque nous pouvons voyager au-delà ou en deçà du temps.

Ces jours-ci, précisément, dans ce voyage que nous avons fait à Durango, j’ai été en contact avec un homme assez intéressant, avec un physicien atomique. Cet homme, bien qu’il soit un génie en physique nucléaire, a appris à se déplacer dans le temps avec le corps physique, il voyage dans le temps, au-delà et en deçà du temps. Ainsi, alors que c’est un physicien atomique (qui va implanter une centrale à Veracruz, une centrale nucléaire), il a cependant réussi à dominer la quatrième Verticale et il voyage, je le répète, dans le temps.

Un peu au-delà du temps, nous avons la cinquième Coordonnée qui est l’éternité. Au-delà de la cinquième Coordonnée se trouve la sixième Verticale qui n’appartient ni au temps ni à l’éternité, elle se trouve au-delà du temps et de l’éternité.

Ainsi, soyez attentifs : un monde à trois dimensions (longueur, largeur et hauteur), monde dans lequel nous nous déplaçons. Compris ? Un monde de la quatrième Verticale, le temps ; Le monde de la cinquième, l’éternité ; Le monde de la sixième, ce qui est au-delà de l’éternité et du temps ; et enfin, la dimension Zéro, inconnue. Voilà l’énoncé concret.

Mais bon, nous, ce qui NOUS INTÉRESSE (dans notre travail qui doit se dérouler dans sept niveaux, pour désintégrer les « éléments indésirables » que nous portons à l’intérieur de nous), C’EST D’ARRIVER À LA DIMENSION ZÉRO, inconnue, ET DE NOUS IMMERGER postérieurement DANS LA TALITÉ (le sein de la grande Réalité). Mais le travail a un contenu dense, profond, didactique et dialectique et il exige de connaître profondément les techniques concernant la question de la méditation profonde.

D. Vénérable Maître […] si le mouvement, dont on parle beaucoup, a son origine dans le corps, et si les inquiétudes que nous avons sont générées dans l’espace, dans les différentes dimensions, cela signifie-t-il alors qu’on a différents mouvements ?

M. Ta question est intéressante, mais elle est hors de propos. Il est déjà passé ce XVIIIe siècle, dans lequel on parlait de « force et matière », dans lequel on débattait sur cette question et où les gens s’épuisaient dans ce débat.

On disait aussi que « la matière est une forme du mouvement » et que « l’Esprit était une autre forme du mouvement », n’est-ce pas ? CE CONCEPT EST DÉSUET. Il est nécessaire d’être plus profond dans la pensée, ceci est trop superficiel.

Nous devons davantage approfondir la question intérieure profonde, non ? Et comprendre que CE QUI EST INTÉRESSANT POUR NOUS, C’EST UN MONISME, NON UN DUALISME. Si nous apprenons à penser de manière moniste, au-delà des dualismes conceptuels et des confrontations logiques (bien que celles-ci soient d’un ordre de « style Ouspensky »), nous pouvons incontestablement vraiment penser mieux, transformer notre mental, et ainsi, par ce chemin, nous conquérir plus à fond, car les idées sont indéniablement nécessaires, mais il faut savoir les utiliser.

Les idées monistes nous mènent à un changement intégral, total. Le MONISTE, C’EST LE DHARMAKAYA. Les Dharmakayas ne sont jamais dualistes, ils sont toujours monistes. C’est pourquoi un Dharmakaya ne s’affilierait pas à une école d’extrême droite ou d’extrême gauche, il est révolutionnaire : il marche sur LE CHEMIN DU CENTRE, qui est le CHEMIN DE LA SYNTHÈSE…

La question multidimensionnelle est indéniable, mais dans cette question de la multidimensionnalité de l’espace, il y a beaucoup d’additions et de soustractions, il s’agit de questions purement mathématiques, et c’est ce qui compte : savoir que les entités qui gouvernent cet univers de la relativité sont des nombres vivants. Entrons donc dans le domaine des mathématiques… Une autre question, mes frères ?

D. Maître […] Quelle relation y a-t-il entre le Dharmakaya et le Surhomme ?

M. Bon, évidemment, le Surhomme est terriblement divin, il est au-delà du bien et du mal, mais, au nom de la vérité, le DHARMAKAYA EST AU-DELÀ des conceptions que l’on peut avoir du Surhomme.

Bien plus, je veux dire ou affirmer avec une meilleure clarté que le Dharmakaya, celui qui peut utiliser le Corps-Loi, transcende le Surhomme, il est au-delà du degré du Surhomme. Le Dharmakaya, en lui-même et par lui-même, EST SUBSTANCE-ÊTRE, ÊTRE EN SUBSTANCE.

Le Dharmakaya, ou celui qui possède le Corps de Loi, est indéniablement passé au-delà de l’individualité même, parce que l’individualité doit se dissoudre complètement si l’on veut se convertir en Dharmakaya. Tenez compte du fait que le Dharmakaya se trouve à une étape au-delà de la Conscience.

La Conscience, nous avons besoin de l’éveiller (c’est évident) au moyen du travail direct sur nous-mêmes, mais, à la fin, elle doit s’intégrer à la Talité, à la Grande Réalité. C’est une goutte qui doit tomber dans l’Océan de la Grande Vie libre en son mouvement. C’est évident : si la Conscience est une partie de l’Âme du monde en nous, et que nous avons besoin de la purifier pour la faire revenir à son état primitif, originel […] et évidemment elle doit s’intégrer à la « Totalité », c’est-à-dire à la Talité, à la grande Réalité de la Vie libre en son mouvement, et c’est ainsi que nous passons bien au-delà de l’individualité.

Maintenant, tenez compte du fait que je suis en train de parler de « Conscience », mais le Dharmakaya se trouve à une étape au-delà de la Conscience, il s’est totalement intégré à la grande Réalité, il a transcendé l’individualité. De sorte que le Surhomme, aussi grandiose soit-il, doit donc s’incliner avec révérence devant le Dharmakaya.

D. Pourrions-nous penser que l’ultime aspiration, c’est de se perdre comme une goutte d’eau dans l’océan de la vie libre en son mouvement ?

M. C’EST AINSI, c’est ainsi ! La chose intéressante consiste précisément à réussir à délivrer la Conscience Cosmique, à l’extraire, puisqu’elle est embouteillée dans l’Ego, la faire sortir de l’Ego. Si la Conscience est capable de résister à l’épreuve terrible […] le Vide Illuminateur, elle est donc prête (pour parler cette fois en termes très humains) à entrer dans la Talité. Je répète : la Talité est au-delà du Vide Illuminateur et au-delà de la mécanique de la relativité. Mais celui qui réussit à s’intégrer à la Talité a transcendé toute individualité : c’est ce qui est, ce qui a toujours été et ce qui sera toujours ; son corps, c’est le Corps de Loi, le corps de Dharmakaya.

D. Le Dharmakaya est-il supérieur au Paramartha-Satya ?

M. Non, non, PARAMARTHA-SATYA et DHARMAKAYA SONT SEMBLABLES, c’est seulement l’affaire de quelques degrés.

D. […]

M. ÉVIDEMMENT, et sans avoir encore le corps du Dharmakaya. Incontestablement, par exemple, celui qui atteint le troisième état de Conscience, qui est celui de l’intime rappel de soi-même, change par rapport à ses opinions […] CE QUI, POUR BEAUCOUP DE GENS, EST IMPORTANT, POUR LUI NE L’EST PAS, il devient différent, complètement distinct.

De sorte que les gens qui sont, par exemple, dans le premier et deuxième niveau de l’Être, ne comprendraient pas quelqu’un qui a atteint le troisième niveau de l’Être, le troisième état de Conscience. Comment pourraient-ils le comprendre ? Ce qui serait important, par exemple, pour une personne qui se trouve dans le premier et deuxième état de Conscience, n’a aucune importance pour celui qui se trouve dans le troisième état de Conscience ; pensez à ce que cela signifie.

Maintenant, que dire d’un Dharmakaya ? Le Dharmakaya a atteint le quatrième état de Conscience et, bien plus, il a transcendé le quatrième état, parce que le Corps-Loi, le corps substance, est inséparable de l’Être. Celui qui atteint de telles hauteurs a un autre mode de compréhension…

Dans ces études, nous ne devons pas oublier la didactique. Il est clair que CHACUN DE NOUS PORTE EN LUI-MÊME LE MYSTÈRE DE SA PROPRE AUTORÉALISATION, chacun a son propre mystère, particulier, différent. La manière dont quelqu’un peut résoudre son propre mystère peut être différente de la manière dont une autre personne le résout. Chacun porte son propre mystère intérieur.

Nous pouvons donner, par exemple, les lois générales pour que vous travailliez, mais les « détails », les « processus spécifiques », il n’y en a aucun de semblable, puisqu’ils constituent le mystère de chacun et que chacun a son propre mystère d’Autoréalisation, un mystère différent, c’est clair. Pour toutes ces raisons, il faut que nous prenions réellement la Gnose au sérieux et que nous nous dédiions à travailler sur nous-mêmes. Une autre question ?

D. Maître, pourrions-nous penser que la matière est la partie la plus […] de la substance ou, en dernière instance, que la substance est la partie supérieure de la matière ?

M. Bon, en réalité, CE QUE L’ON APPELLE « MATIÈRE » EST UNE SUBSTANCE CRISTALLISÉE. En se désintégrant, cette substance passe dans des dimensions supérieures, elle se développe dans sept niveaux avant de tomber enfin, devenue un simple germe, dans le chaos d’où elle est sortie un jour, c’est évident. Là-bas, elle dort dans le chaos durant sept éternités, jusqu’à ce que naisse un nouveau […]

D. Vénérable Maître, vous nous avez parlé des Maîtres […] qui avaient réussi à se libérer du Karma […] beaucoup de Bodhisattvas qui sont tombés causent un grand tort psychologique à l’humanité en la transformant négativement […] mais […] et atteignent la maîtrise et se sacrifient pour l’humanité. Mais il y a une grande disproportion à transformer une personne positivement […] avec l’enseignement et qu’elle […] à la transformer négativement […] Alors, comment est-il possible de réussir à se libérer du Karma, si ce n’est par le pardon et l’amour ?

M. Bon, avant tout, la question est mal formulée, parce qu’en réalité, PERSONNE NE PEUT TRANSFORMER QUI QUE CE SOIT. Tu peux, par exemple, recevoir les instructions que l’on donne ici […] les techniques pour travailler, mais rien de plus. C’est à toi de travailler. N’importe quel Adepte peut montrer le chemin aux autres, mais c’est le disciple qui doit parcourir le chemin. Une chose est le Corps de Doctrine que l’on reçoit et autre chose est le travail que l’on doit faire sur soi-même.

Quelqu’un, par exemple, pourrait être très bien informé, ou recevoir une aide, par exemple, sur son trait principal (et nous savons très bien que chacun a psychologiquement un trait caractéristique principal). Nous pourrions dire à untel : « ton trait principal c’est la luxure », à un autre : « ton trait principal c’est l’égoïsme », à l’autre : « ton trait principal c’est l’envie ». Qu’est-ce que nous ferions, du bien ou du mal ? Peut-être du mal, parce que nous ne lui laissons pas découvrir par lui-même son trait principal, à travers le développement naturel et didactique. Le fait que nous lui ayons indiqué quel est son trait principal ne veut pas dire qu’il l’ait découvert, nous lui avons probablement fait du tort. Il vaudra mieux qu’il le découvre par lui-même, à travers son propre autodéveloppement intérieur profond.

Ainsi, en vérité, aucun Adepte ne peut transformer qui que ce soit, la seule chose qu’il peut remettre, ce sont les techniques pour que les autres travaillent sur eux-mêmes et se transforment. Mais si quelqu’un reçoit de telles techniques ou de telles données, de telles illustrations et ne travaille pas sur lui-même, alors il perd misérablement son temps et, bien sûr, il fait aussi perdre son temps à l’Adepte.

D. […] Je me référais, Maître […]

M. Eh bien, en vérité, UN BODHISATTVA TOMBÉ EST UN INDIVIDU COMME N’IMPORTE QUEL AUTRE. Pourquoi devons-nous le désigner de manière spéciale ? Nous devons comprendre ce qu’est un Bodhisattva tombé ou un Bodhisattva en général avant son éveil. C’est précisément UNE SEMENCE, il porte une semence, un germe en lui, un germe qui se cristallise depuis le Très-Haut, UN GERME QUI PEUT OU NON SE DÉVELOPPER. De sorte que ce n’est pas la grande personne que tu tentes de me dépeindre, c’est un germe qui peut se développer ou non. De même que la graine d’un pin, si elle tombe dans une terre stérile, peut aussi ne pas germer, il est possible que cette graine se perde.

Ainsi, un Bodhisattva n’est autre qu’un sujet X, un individu quelconque qui porte dans son organisme un germe qui pourrait se perdre. Est-ce obligatoire qu’il se développe ? Si ce germe se développe dans cet organisme, alors, c’est bien, parce qu’en se développant, dans l’organisme, ce germe peut alors cristalliser, depuis le Très-Haut, un Être ou, en d’autres termes, un individu sacré qui peut faire quelque chose pour l’humanité. Mais tant que le Bodhisattva est tombé, même s’il porte ce germe en lui, c’est un individu quelconque, ce n’est pas la « grande personne » que tu es en train de me dépeindre. Par conséquent, le karma qu’il peut avoir est le même que celui que peut « s’offrir » José, Jean ou Jacques…

Ce dénommé « Bodhisattva », qui s’est enivré, qui est très content de la vie avec les « femmes » et « je ne sais quoi », « je ne sais quand », non ?… Mais, qui est ce type ? C’est un type comme les autres : il n’est ni plus ni moins. C’est un élément qui sert les desseins de la Nature, qui sont la transformation des forces nécessaires pour l’économie de la Terre. Réellement c’est monsieur tout le monde.

Serait-ce parce qu’il a une femme, par hasard ?… Bon, mais qui a dit que parce que l’on a une femme on peut se transformer en individu sacré, ou que ce germe va se développer ? Et s’il ne se développe pas, alors ? Tant qu’il ne se développe pas, c’est un monsieur X, untel, un idiot comme n’importe lequel d’entre nous. C’est la crue réalité des faits !

D. Maître, je […]

M. Je te répète à nouveau : il se peut que ce soit un individu qui porte la « petite semence » d’un Dieu de la constellation de Sirius ou des choses de ce genre. Par là […] donc, dans la vie, cet individu est un corps, il a un corps qui capte un certain type d’énergies et qui les transforme et les retransmet aux couches inférieures de l’organisme planétaire sur lequel nous vivons, sur lequel nous existons. C’est un fait, mais rien de plus.

Parce qu’il porte un germe dans ses glandes sexuelles, IL POURRAIT SE DÉVELOPPER OU IL POURRAIT NE PAS SE DÉVELOPPER. En vivant comme un type quelconque, commun et courant, c’est un type quelconque. Pourquoi aurait-il un karma si spécial ou pourquoi serait-il une originalité de l’univers ? C’est un pauvre idiot, comme j’en suis un, comme n’importe qui peut l’être ! C’est la crue réalité des faits ! Plaçons-nous dans le champ des réalités et SORTONS DE LA MYTHOMANIE, parce que cela porte préjudice et que c’est en train de faire du tort au Mouvement gnostique. Voyons, une autre question ?

D. […]

M. […] La seule chose qui reste, en réalité, c’est d’utiliser intelligemment la partie émotionnelle du centre intellectuel, bien sûr, et de dominer les émotions inférieures de la partie négative du centre émotionnel et utiliser les connaissances que nous avons là, dans le mental, bien les introduire ici, pour contrôler cela.

Avec un mental bien instruit et une émotion de type superlatif et avec un petit peu de volonté (parce que nous ne pouvons pas penser que tout le monde ait une grande volonté), on commence ainsi à le contrôler pour qu’il travaille correctement et non pas incorrectement.

Voyons, un autre frère a-t-il quelque chose à demander ? Posez les bonnes questions, parce qu’il est nécessaire que vous sortiez tous de vos doutes…

D. Maître, pourriez-vous nous indiquer une manière pratique et effective pour pouvoir bien faire les pratiques gnostiques ?

M. Pour faire les pratiques et travailler correctement ? Il faut ÉTUDIER LES ENSEIGNEMENTS que nous vous donnons, mais les étudier et ensuite mettre le Corps de Doctrine à l’intérieur du processus de la pensée, apprendre à PENSER D’UNE NOUVELLE MANIÈRE. C’est une question de travail, d’étude… Voyons…

D. Vénérable Maître, un corps mental supérieur est-il alors l’instrument le plus adéquat pour le travail […] ?

M. Avoir un corps mental, c’est merveilleux ! Mais, comment pourrions-nous fabriquer un corps mental si nous gaspillons la totalité de nos énergies, qu’elles soient de type sexuel ou qu’elles soient intellectuelles, volitives ou purement sentimentales ? Si on veut créer le troisième corps (pas le deuxième, mais le troisième, le troisième corps psychologique), il faut avant tout apprendre à économiser ses énergies. Si on ne sait pas économiser ses forces motrices, vitales, émotionnelles, intellectuelles, volitives, etc., comment pourra-t-on créer ce corps si on ne laisse pas d’énergies pour sa création, si on les gaspille ?

Ainsi, IL FAUT AVANT TOUT APPRENDRE À ÉCONOMISER CES ÉNERGIES, pour pouvoir s’offrir le luxe de créer un mental individuel, d’avoir un mental réellement individuel, puisque les gens n’ont pas de mental individuel, ils ont une collection de mentals. Chacun porte une collection de mentals, mais pas un mental assurément individuel.

D. Maître, quelle technique pourrions-nous utiliser pour vider le mental ?

M. Bien, avant tout, RELAXER totalement le CORPS. Deuxièmement : VIDER LE MENTAL de toutes sortes de pensées (une phrase qui ne plaît pas à M. Krishnamurti, à mon grand ami Krishnamurti que j’apprécie, mais cela ne lui plaît pas. Je l’apprécie, je ne suis pas en train de le critiquer, je l’apprécie très sincèrement, mais il faut vider le mental même si cela ne lui plaît pas). Troisièmement : le MANTRA GÂTÉ, que je vous ai déjà tous appris en Troisième Chambre. Voyons, lequel d’entre vous sait le chanter ?… Chante-le !…

D. [il récite le mantra mais seulement de manière parlée].

M. Très mal, très mauvais ! Voyons, qui d’autre ? Voyons ma sœur ? Chante le mantra !…

D. [Elle le chante] : GÂTÉ GÂTÉ PARAGATÉ PARASAMGATÉ BODHISWAHA…

M. Correct, correct ! Très bien, cette sœur mérite un applaudissement… [il y a des applaudissements et des rires]. Correct, c’est comme cela !

Pourquoi n’en as-tu pas été capable ? [s’adressant à la première personne qui a récité le mantra]

D. C’est parce que je n’ai pas compris qu’il était chanté…

M. Ah ! Mais tu penses que les mantras se prononcent ainsi, sèchement ? Il faut apprendre à les chanter…

D. Oui, Maître…

M. Bien sûr, avec UN VERBE SILENCIEUX, UN MENTAL VIDÉ ET UN CORPS RELAXÉ. On travaille ainsi jusqu’à ce qu’un jour, en l’absence de l’Ego, on réussisse à expérimenter le Vide Illuminateur : la Vérité.

Celui qui réussit à expérimenter la Vérité reste renforcé pour travailler sur lui-même. Pourquoi les petits frères n’ont-ils pas de force pour travailler sur eux-mêmes ? Que leur arrive-t-il ? Ce qui leur manque, c’est l’expérience de la Vérité. C’est une chose, le fait que l’on dise à quelqu’un quel est le chemin pour atteindre la Vérité (que c’est celui-ci ou celui-là), et c’est autre chose, le fait qu’il expérimente la Vérité.

Celui qui veut expérimenter la Vérité doit donc indubitablement relaxer son corps, vider son mental et faire appel au mantra des Prajna-Paramitas. Ainsi, un jour, il obtiendra l’expérience de Cela qui n’appartient pas au temps, de Cela qui est la Vérité. Et celui qui expérimente la Vérité commence à travailler vraiment, véritablement, avec envie, sur lui-même.

J’ai expérimenté la Vérité quand j’étais un garçon de 18 ans. J’ai réussi l’expérience du Vide Illuminateur et je ne l’ai jamais oubliée. Et c’est ce qui fait que je suis ici, en train de parler devant vous avec tant d’énergie, c’est dû à cette expérience. Si je n’étais pas passé par cette expérience, j’aurais « laissé tomber » pour le reste de mon existence… Voyons ?

D. Excusez-moi, mais comme je vais voyager en Colombie, je voudrais entendre ce mantra de votre propre bouche…

M. Avec grand plaisir.

D. Pour ainsi pouvoir le connaître…

M. C’est bon ! Vous vous approchez ? : GAAAATÉÉÉÉ GAAAATÉÉÉÉ PARAGAAAATÉÉÉÉ PARASAMGAAAATÉÉÉÉ BOOOOOD-HIIIIIISWAAAAA HAAAAA

Bon, mes chers frères […] alors nous allons donner l’Onction gnostique et nous continuerons ensuite avec un moment de méditation. Paix Invérentielle !