Prodiges et Mystères du Feu (La Doctrine du Feu)

Samaël Aun Weor

Nous allons commencer notre conférence de ce soir ; j’espère que tous les frères y porteront un maximum d’attention…

Bien, mes frères, en tous cas il est nécessaire de nous connaître de plus en plus nous-mêmes si nous voulons véritablement parvenir à l’Auto-réalisation Intime de l’Être.

Nous avons évidemment besoin de travailler (comme je l’ai déjà dit dans mes chaires précédentes) avec l’Élément Feu.

Le Feu, en soi, est une substance qui a échappé à toutes les analyses chimiques. Les scientifiques disent que « c’est le produit de la combustion », ce qui est absolument faux ; personne ne sait quelle est la nature du Feu.

Nous savons, par exemple, que dans l’atmosphère existent l’Oxygène et l’Azote ; nous n’ignorons pas que dans l’eau se trouve l’H2O, c’est-à-dire l’Hydrogène et l’Oxygène ; nous ne pouvons pas non plus ignorer que dans la terre se trouve le Carbone, mais quelle est en réalité la formule de l’Élément Feu ?

N’importe quel homme de science nous parlera d’H2O qui est fait « de deux atomes d’Hydrogène et d’un atome d’Oxygène », « qui forment l’eau ». Mais faisons l’essai dans un laboratoire avec H2O et essayons d’unir les atomes d’Oxygène et d’Hydrogène, tel que c’est dans la formule, pour voir s’il en résulte vraiment de l’eau… Évidemment que non ! Pourquoi ? Parce qu’il manque quelque chose ! Quoi ? L’Élément Feu. Alors, la formule H2O est incomplète ; c’est évident.

Ainsi, le Feu échappe à tout. Une simple flamme comme celle qui est ici sur la bougie, serait suffisante pour incendier le monde et elle demeurerait impassible : elle n’augmenterait ni ne diminuerait d’un atome.

Avec n’importe laquelle de ces bougies, nous en allumons une autre et une autre et une autre, et nous faisons brûler un dépôt d’essence, nous faisons exploser un dépôt de dynamite, et le Feu continue, et nous faisons brûler le monde et la bougie reste la même, impassible, comme si rien ne s’était passé.

Quelle est cette sorte de substance qui se moque des chimistes, qui fait tant de prodiges et qui, cependant, reste la même, impassible ? Réellement, la Substance du Feu est divine.

Maintenant, nous, ce qui nous intéresse (comme je vous le disais dans une précédente conférence), c’est seulement LA PARTIE OCCULTE DU FEU, LA FLAMME DE LA FLAMME, LA SIGNATURE ASTRALE du Feu, qui est la partie Divine, c’est ce que nous voyons là, sur la Croix, cet INRI : Ignis Natura Renovatur Integra (le Feu renouvelle sans cesse la Nature)…

Ainsi donc, la libération de l’être humain n’est pas possible en dehors du Feu ; c’est seulement en travaillant avec le Feu que nous pourrons obtenir la Libération Finale.

Les mondes, par exemple, ne sont autres que des granulations du FOHAT ; c’est évident. La doctrine que nous enseignons est la DOCTRINE DU FEU ; nos livres, nous les avons écrits avec des charbons ardents ; et dans le crépitement incessant des flammes, nous avons amené la Connaissance Secrète à l’humanité.

Nous savons bien que derrière le Feu il y a des merveilles. Une fois, j’ai demandé à un Elémental grandiose du Feu :

– Qu’y a t-il au-delà du Feu ? Il répondit :

– C’est une chose que nous ignorons !

« Dieu est un Feu dévorateur » dit saint Paul, et c’est ainsi !…

Nous avons dit, dans des entretiens précédents, qu’il y avait DEUX « UN » : l’Inconnaissable AELOHIM et le Connaissable ELOHIM. Aelohim est la Séité Inconnaissable et Immanifestée ; quant à Elohim ou Elojim, c’est l’Armée de la Parole, l’Armée de la Voix ; il est comme l’Étoile Solaire, comme le Soleil Spirituel : SOLEIL SACRÉ ABSOLU, qui sort des entrailles de l’Inconnaissable.

L’Armée de la Parole émane donc du Soleil Sacré Absolu, mais le Soleil Sacré Absolu et l’Armée de la Parole sont l’UN qui est sorti des entrailles vivantes de l’Inconnaissable.

L’Armée de la Parole est un Feu, c’est le FOHAT PLURALISÉ ; mais nous ne devons pas oublier que « la variété est unité ». L’Armée de la Voix est constituée de ces millions de DHYAN-CHOHANS, créateurs de l’Univers, et ils sont tous des Flammes du Feu ardent.

Mais voyez comme ce déploiement de BRAHMA, ce déploiement de la Divinité, ce déploiement du GRAND FEU UNIVERSEL est grandiose : comment, de l’Inconnaissable, émane le Démiurge Architecte de l’Univers, qui est le Feu.

Bien, maintenant, dans toute cette Armée de la Parole, dans toute cette Armée de Dhyan-Chohans, ils SONT, évidemment DÉNOMBRÉS, classifiés en groupes, en accord avec les Idées Cosmiques Universelles. Ils SONT des NOMBRES VIVANTS, créant et recréant à nouveau.

Il est important de comprendre que du sein de l’Inconnaissable a réellement jailli le Logos, le Démiurge, le Soleil Stellaire Spirituel, l’Armée de la Parole, et que de ce LOGOS MULTIPLE, à son tour (comme une Flamme composée de beaucoup de Flammes), émane ATMAN, l’Ineffable. Atman est l’INTIME en chacun de nous, notre ESPRIT DIVIN et QU’ON NE PEUT NOMMER.

À son tour, d’Atman se détache BOUDDHI. Et qui est Bouddhi ? Bouddhi est la CONSCIENCE SUPERLATIVE DE L’ÊTRE, Bouddhi est ÉROS, c’est le Fohat en tant que Messager des Dieux.

Dans les Mondes Supérieurs de Conscience Cosmique, les Initiés peuvent constater concrètement qu’Atman envoie toujours Éros ou Fohat ou Bouddhi ou la WALKYRIE (comme nous dirions dans le langage classique de Wagner), pour réaliser certains travaux. De sorte que Fohat ou Bouddhi est le messager d’Atman.

On est réellement rempli d’extase en comprenant ce qu’est la réalité d’Éros ; on est frappé d’admiration en voyant les Walkyries des Mahatmas travailler dans les Mondes Supérieurs de Conscience Cosmique et apporter des messages dans tous les coins de l’Univers (dames ineffables à la beauté indescriptible !).

Les Walkyries travaillent dans les Temples, les Walkyries remettent des messages, les Walkyries aident les Mahatmas. Elles sont le FOHAT MESSAGER, l’Éros extraordinaire qui palpite en chacun de nous.

Que deviendrions-nous sans Éros ? Pourrions-nous, par hasard, réaliser le Grand Oeuvre du Père ? Nous avons besoin d’Éros pour pouvoir désintégrer les agrégats psychiques inhumains que nous portons en nous.

Ainsi donc, l’Étoile qui s’est détachée du Soleil Sacré Absolu est le Démiurge Créateur de l’Univers, c’est la FLAMME de laquelle sortent les SEPT FLAMMES SAINTES. Cette Flamme est triple, mais d’elle sortent les Sept Flammes ; c’est-à-dire que c’est de la FLAMME TRIPLE que sort l’ÉTERNEL HEPTAPARAPARSHINOCK (du Trois sort le Sept).

De même qu’avec trois bougies allumées ici, sur l’Autel, nous pouvons en allumer sept, de même le trois formant aussi une Flamme – à trois mèches – c’est le Logos : le Logos en tant que SAINT AFFIRMER, le Logos en tant que SAINT NIER, le Logos en tant que SAINT CONCILIER. Mais, de cette Flamme Triple, se détache l’Éternel Heptaparaparshinock, les Sept Flammes.

Atman, Bouddhi, et Atman-Bouddhi forment la MONADE DIVINE INTÉRIEURE de chacun de nous. Plus tard, vient le MANAS SUPÉRIEUR ou ÂME HUMAINE, ce que nous possédons d’humain ; ensuite vient ce MENTAL que nous avons pour penser, qui est malheureusement embouteillé dans les multiples agrégats psychiques qui constituent le moi-même, le soi-même, le Moi même, c’est pourquoi nous disons que « nous n’avons pas un Mental unique, mais BEAUCOUP DE MENTALS ».

Il est évident que si la Substance Mentale est embouteillée dans différents flacons, si elle se trouve divisée parmi ces derniers, si la Substance du Mental est embouteillée dans beaucoup de Mois, alors il n’y a plus un seul Mental, mais beaucoup de Mentals (malheureusement)…

Mais ce qui se cache derrière tous ces mentals, le Radical, c’est un Feu qui, en réalité, serait vraiment le Quatrième Feu, parce que le Cinquième se trouve derrière toutes ces émotions que nous avons, et pour l’initié authentique, dans son corps astral. La Sixième Flamme se trouve derrière le principe de la vie : c’est le PRANA, c’est le Feu en tant que Prana ou Vie ; et le Septième brûle dans la propre moelle épinière de l’ascète gnostique.

En réalité, en parlant du point de vue de l’Anatomie Occulte, nous dirions qu’il existe SEPT SERPENTS : deux groupes de trois avec la couronne sublime de la Septième Langue de Feu qui nous unit avec l’Un, avec la Loi, avec le Père…

Si Atman reçoit réellement le PRINCIPE IGNÉ DU FEU, de l’Inconnaissable, par le biais du Démiurge Créateur de l’Univers, il n’y a pas de doute que c’est dans la Bouddhi que tout est contenu. On nous a dit, à juste titre, que « la Bouddhi est comme un vase d’albâtre, fin et transparent, à travers lequel brûle LA FLAMME DE PRAJNA »…

Dans la Bouddhi, dans l’Éros, dans la Walkyrie, la Pucelle, la Belle Hélène de Troie, est contenu Atman, l’Ineffable ; mais en fin de compte, Atman-Bouddhi, en tant que MONADE, sont des radicaux…

Dans une précédente conférence, j’ai dit que nous devions travailler avec les SEPT RADICAUX (et je crois que les frères ont déjà reçu cette information), qui sont les sept aspects du Feu en nous, les Sept Langues de Feu dans l’anatomie occulte, qui émanent directement du Divin Architecte de l’Univers. C’est évident et c’est ainsi qu’il faut le comprendre…

La SÉITÉ, en soi-même Inconnaissable, est ce qui est fondamental ; c’est d’elle qu’émane le Feu. « SAT » est « Séité » et de la Séité émane le Feu, c’est-à-dire le Démiurge Architecte.

Mais il y a un point que je veux souligner ce soir : s’il est bien certain que le Saint Affirmer, le Saint Nier et le Saint Concilier, c’est-à-dire le LOGOÏ INTÉRIEUR de chacun de nous, est un radical, c’est le BOUDDHA INTIME de chacun de nous (car chacun porte son Bouddha Intime, bien qu’il ne l’ait pas incarné), ce Bouddha Intime, à son tour, émane de l’ADI-BOUDDHA et l’Adi-Bouddha est l’Inconnaissable.

En individualisant, nous dirions que chacun de nous a son Adi-Bouddha dans l’Espace Abstrait Absolu Inconnaissable. De lui émane notre Logoï (et là, je suis en train de particulariser et de concrétiser), et du Logoï émanent à leur tour les sept aspects du Fohat, du Feu.

Quand je dis : « il faut travailler avec le Feu », tout cela doit être bien compris. Nous devons avoir un peu de Conscience (plus grande) sur ce qu’est le Feu, il faut le comprendre mieux…

La MÈRE KUNDALINI, dont nous avons tant parlé, est Feu, elle est le Fohat en nous, dans notre anatomie occulte ; elle est une variante de notre propre Être, mais dérivée.

En effet, il faut travailler avec le Feu, avec elle, parce qu’elle est la PORTEUSE DU FEU. Elle, le SERPENT IGNÉ, s’agite épouvantablement entre les chandeliers du Temple. Cette COULEUVRE SACRÉE des Grands Mystères est un Feu qui crépite à l’Aurore de l’Univers ; elle seule peut réduire en cendres les agrégats psychiques inhumains que nous portons en nous.

Ce n’est pas chose facile que de pouvoir désintégrer la totalité des agrégats psychiques. Imaginez-vous que ces agrégats agissent dans SEPT NIVEAUX DE L’ÊTRE.

Il y a des Saints qui ont réussi à désintégrer des agrégats jusqu’au cinquième ou sixième Niveau ; très rares sont ceux qui réussissent à désintégrer les agrégats psychiques dans les Sept Niveaux de l’Être. Il s’avère que dans les derniers Niveaux, spécialement dans le Septième, ces agrégats deviennent terriblement subtils et sont, d’ordinaire, épouvantablement difficiles. Si l’Initié n’est pas SUFFISAMMENT COMPRÉHENSIF, il peut échouer dans le Grand oeuvre.

Dans les Niveaux Supérieurs de l’Être, il existe des choses qui surprennent : les morales les plus élevées ne servent pas pour le Septième Niveau de Travail, ni même pour le Sixième ; les codes d’éthique sont superflus, les opinions que l’on avait, basées sur les interprétations purement superficielles des Écritures Sacrées, sont détruites, etc.

Ainsi, l’Initié doit se rendre indépendant non seulement des FORCES DU MAL, mais même aussi, des FORCES DU BIEN ; il doit se battre contre les Puissances du Mal et contre les Puissances du Bien. En ultime synthèse, le bien se change en mal, et beaucoup d’aspects qui semblaient relever du mal deviennent bons ; et il faut passer au-delà du bien et du mal, et connaître le bien du mal et le mal du bien. Les structures dogmatiques de l’éthique conventionnelle ne servent, au fond, que d’écueils pour celui qui marche sur le Sentier de l’Auto-réalisation ; c’est la crue réalité des faits…

Les gens ont tendance à tout interpréter à leur façon, superficiellement, mais celui qui veut vraiment travailler dans le Septième Niveau doit être « strictement compréhensif » ; passer au-delà de tout dogme et faire un inventaire de lui-même pour savoir ce qu’il a en trop et ce qui lui manque. Une belle Vertu peut, bien souvent, servir d’écueil au navigateur ; parfois, même des Gemmes très précieuses de la Spiritualité servent d’obstacle. C’est pourquoi il est si difficile de pouvoir désintégrer les agrégats psychiques dans les Sept Niveaux de l’Être, c’est pour cela !…

D’autre part, il faut apprendre à manier les Cinq Cylindres de la machine organique, car les agrégats que nous avons sont reliés aux Cinq Cylindres de la machine organique.

Quels sont ces Cinq Cylindres ? Le Centre INTELLECTUEL, où se trouve-t-il ? Nous savons qu’il se trouve dans le cerveau. Le CENTRE ÉMOTIONNEL, où se trouve-t-il ? Dans le Coeur, le Plexus Solaire et les centres du Système Nerveux Grand Sympathique. Le CENTRE MOTEUR, où se trouve-t-il ? Dans la partie supérieure de l’Épine Dorsale. Le CENTRE INSTINCTIF, où se trouve-t-il ? Dans la partie inférieure de l’Épine Dorsale. Et le CENTRE SEXUEL ? Dans le sexe.

Il y a des agrégats psychiques dans le Centre Intellectuel, comme il y en a dans l’Émotionnel, dans le Moteur, l’Instinctif ou le Sexuel ; c’est évident.

On doit étudier les agrégats psychiques dans chaque Centre, pour voir comment ils se comportent (c’est une question d’Auto-réflexion, d’Expérience Directe, d’Observation Psychologique, etc.). En tout cas, un agrégat ne peut être désintégré sans l’aide de la Mère Divine Kundalini, la Couleuvre des Grands Mystères, et elle exige (pour la désintégration de n’importe quel agrégat psychique) UNE COMPRÉHENSION PRÉALABLE du défaut psychologique que nous voulons réduire en cendres ; c’est évident.

Nous devons d’abord découvrir le défaut et ensuite le travailler ; nous avons besoin de l’AUTO-RÉFLEXION ÉVIDENTE DE L’ÊTRE pour arriver à la Compréhension profonde ; disons que nous avons besoin de la MÉDITATION INTIME, si nous voulons comprendre réellement tel ou tel défaut. Mais une fois compris, il faut le travailler avec la Divine Couleuvre Sacrée des Grands Mystères. C’est ainsi seulement que nous pourrons l’éliminer.

Et je répète : n’importe quel défaut est en relation avec un Centre de la machine organique ; mais à l’aide du Feu (celui qui vient du Démiurge Créateur de l’Univers jusqu’à la manifestation, à travers tous ces Niveaux de l’Être), nous pouvons réduire en cendres tout élément psychique indésirable. Ainsi, vous devez VOUS FAMILIARISER un peu PLUS AVEC LE FEU : apprendre à sentir avec le Feu, apprendre à penser avec le Feu, à adorer le Feu, comme le font les Parsis, tout comme les Chrétiens lorsqu’ils s’exclament : « Dieu est un Feu Dévorateur ! » ; comme les Parsis qui adorent le Feu ; comme les membres de n’importe quelle tribu Maya, Toltèque, Zapothèque ou Inca, qui rendent un culte important au Feu (au fond, ils appartiennent au Paganisme le plus pur et à l’Ésotérisme Christique le plus délicieux). C’est seulement avec le Feu que nous pouvons désintégrer les agrégats psychiques.

Mes chers frères, de tous les Centres que nous avons dans notre organisme, il n’y a pas de doute que LE PLUS DIFFICILE À CONTRÔLER SOIT LE CENTRE ÉMOTIONNEL.

Car l’Intellectuel, même s’il demande du travail, finalement, avec une certaine discipline, nous allons plus ou moins le contrôler. Le Moteur, qui est celui qui produit les mouvements (et qui est situé dans la partie supérieure de l’Épine Dorsale), est aussi contrôlable. On peut contrôler les mouvements de son corps, marcher si on veut marcher, lever un bras si on veut le faire, ou ne pas le lever si on ne veut pas le lever ; froncer les sourcils ou ne pas les froncer.

Ainsi, toutes les activités du Centre Moteur dépendent de notre volonté, mais le Centre Émotionnel est terrible : ce domaine des ÉMOTIONS NÉGATIVES, des sentiments et du sentimentalisme, etc., s’avère difficile à pouvoir contrôler.

En Inde, par exemple, ils comparent le Centre Émotionnel à un éléphant. Un éléphant fou, par exemple, que fait-on, en Inde, pour le contrôler ? On lui accole deux éléphants sains, sensés, un de chaque côté (ils les attachent pour qu’ils ne partent pas), et ensuite, ces deux-là (sensés) réussissent finalement à apprendre au fou à être sensé, et l’éléphant fou redevient finalement sensé. C’est un système qu’utilisent les hindous et il est bon.

Le Centre Émotionnel est un « éléphant », l’Intellectuel est un autre « éléphant », et le Moteur (le Centre Moteur-Instinctif-Sexuel) un autre « éléphant ». Ces deux « éléphants » : l’Intellectuel et le Moteur, peuvent contrôler « l’éléphant fou » des émotions.

Si, à un moment donné, nous sommes accablés de désespoir ou d’angoisse, c’est-à-dire si nous nous sommes identifiés à une émotion négative, si nous sommes mal, que devons-nous faire ? Allongeons-nous sur le lit, relaxons-nous et mettons le « mental en blanc ». En nous relaxant, nous agissons avec le Centre Moteur, puisque nous nous relaxons, nous relaxons tout le corps, nous détendons tous les muscles, toute tension dans l’organisme ; et en mettant le « mental en blanc », c’est-à-dire en amenant le mental à la quiétude et au silence, qu’arrive-t-il ? Il ne reste pas d’autre remède, au Centre Émotionnel, que de se calmer un peu, se rasséréner et, finalement, le Centre Intellectuel et le Centre Moteur vont dominer l’Émotionnel (ce sont les deux « éléphants sensés » qui vont dompter « l’éléphant fou »).

Il est aussi possible de CONTRÔLER LES ÉMOTIONS INFÉRIEURES AU MOYEN DES ÉMOTIONS SUPÉRIEURES. Il y a beaucoup de types d’émotions inférieures (vous le savez très bien). Quelqu’un de la famille meurt : nous crions, nous pleurons, nous sommes désespérés. Pourquoi ? Parce que nous ne voulons pas coopérer avec l’inévitable, et c’est le pire de tout (dans la vie, on doit APPRENDRE À COOPÉRER AVEC L’INÉVITABLE). Nous ne nous résignons pas à ce que meure un être cher, et nous crions plein d’angoisse, et nous n’acceptons pas, et nous voyons le corps là dans un cercueil, et cependant il ne nous paraît pas mort, et nous ne le croyons pas, cela n’est pas possible pour nous, que cet être soit mort ; et nous succombons à l’angoisse et à la désolation. C’est terrible !

Comment pouvons-nous dominer cet état ? De deux manières : l’une, nous pourrions l’appeler la « paire d’éléphants » (le Centre Moteur et le Centre Intellectuel) : relaxer le corps et rendre le mental calme et silencieux (c’est une solution).

L’autre : nous pouvons faire appel à une émotion différente, à une émotion supérieure. Peut-être, à ce moment-là, ça nous fera beaucoup de bien d’écouter une Symphonie de Beethoven ou « La Flûte Enchantée » de Mozart ou de nous plonger, plein d’émotion, en profonde Méditation, en réfléchissant aux Mystères de la Vie et de la Mort. Par une émotion supérieure, nous contrôlons alors les émotions inférieures et nous annulons la douleur que nous cause la mort d’un être cher ; c’est évident.

Le Centre Émotionnel est très intéressant, mais nous devons maîtriser les émotions inférieures, les contrôler, les soumettre, et c’est possible en accord avec notre didactique…

Les émotions inférieures causent beaucoup de dommages ; des émotions inférieures produites par la corrida, des émotions inférieures produites par le cinéma, des émotions inférieures produites par les orgies des grandes « javas », des émotions inférieures comme celles de celui qui joue à la loterie ou de celui qui est ému par une nouvelle du journal ou par une guerre ou par tant de choses qu’il y a dans le monde ; des émotions inférieures comme celles que donne la tequila, des émotions inférieures comme celles que développent les gens dans toutes leurs bestialités qui ne servent qu’à fortifier les agrégats psychiques inhumains que nous portons à l’intérieur de nous et à en créer aussi de nouveaux, en plus… Il est nécessaire d’éliminer les émotions inférieures grâce aux émotions supérieures (c’est possible) ; apprendre à vivre une vie édifiante et essentiellement valorisante, c’est fondamental ! Autrement, aucun progrès ne sera possible. Comment, de quelle manière ? Avant tout, il faut que nous soyons plus sincères envers nous-mêmes, afin de développer LE CENTRE ÉMOTIONNEL SUPÉRIEUR et de nous libérer ; nous libérer des émotions purement négatives et superficielles.

Il y a des gens qui sont courtois envers les autres, ils sont corrects ; il y a des gens qui offrent leur amitié aux autres, mais c’est l’aspect public ou exotérique, dirons-nous, mais ce n’est pas tout. Sachant que nous avons une Psychologie Intérieure, il ne suffit pas seulement de savoir nous comporter décemment envers d’autres personnes ; le parfum de l’amitié, du point de vue externe, ne suffit pas.

Quel est le comportement que nous avons, intérieurement, envers les autres personnes ? Normalement, ceux qui offrent leur amitié à une autre personne ont deux facettes : celle de dehors et celle de dedans. Celle de dehors est apparemment magnifique, mais celle de dedans, qui sait ?

Sommes-nous sûrs de ne pas critiquer l’ami à qui nous portons tant d’estime ? Sommes-nous sûrs de ne ressentir aucune antipathie pour l’une de ses facettes ? Sommes-nous sûrs de ne pas l’attirer dans cette « grotte » que nous avons dans le mental, pour le torturer, pour nous moquer de lui, tandis que nous lui sourions gentiment ?

Combien de personnes qui estiment quelqu’un ne cessent de critiquer, intérieurement, celui qu’ils estiment ! Bien qu’ils n’extériorisent pas leurs critiques, ils se moquent de leurs meilleurs amis ; et pourtant ils sourient gentiment en leur présence.

Nous devons être réellement plus complets, plus intègres ; essayons un moment de faire marcher de façon semblable DEUX HORLOGES (celle de dehors et celle de dedans, l’EXTÉRIEURE et la PSYCHOLOGIQUE), pour qu’elles marchent en parfaite harmonie l’une et l’autre, car cela ne nous sert à rien de bien nous comporter avec nos amis, de leur offrir notre affection, si nous nous moquons d’eux à l’intérieur, si nous les critiquons à l’intérieur, si nous les torturons à l’intérieur. Il vaut mieux que les deux horloges (l’extérieure et l’intérieure) marchent à l’unisson, seconde après seconde, d’instant en instant.

Nous devons être plus complets, plus intègres, cesser de critiquer (sévèrement, psychologiquement, intérieurement) les gens que nous estimons. Comment cette contradiction est-elle possible : que nous estimions une personne et que nous la critiquions à l’intérieur, que nous allions jusqu’à dire du bien de cette personne que nous estimons, mais que nous soyons en train de la « dévorer toute crue » à l’intérieur ?

Maintenant, vous devez très bien savoir qu’à l’intérieur de chacun de nous vivent beaucoup de gens, tous les Mois. Quand on attrape l’un de ces Mois et qu’on l’étudie avec le SENS DE L’AUTO-OBSERVATION PSYCHOLOGIQUE, on peut constater qu’il a trois centres : le Centre Intellectuel, le Centre Émotionnel et le Centre Moteur-Instinctif-Sexuel, c’est-à-dire qu’il possède Trois Cerveaux. N’importe quel Moi a un mental embouteillé, il a une volonté embouteillée, c’est une personne complète. Il existe ainsi, à l’intérieur de nous, beaucoup de personnes ; à l’intérieur de chaque personne vivent beaucoup de personnes : les agrégats psychiques…

Ainsi, quelle que soit l’amitié que nous ayons, elle mérite d’être dûment traitée. Par exemple, vous avez un ami ; il y a des choses de votre ami qui vous plaisent et il y a des choses en lui qui vous déplaisent. Vous êtes amis d’un quelconque Moi de votre ami, ou de quelques Mois de votre ami ; mais il y a d’autres Mois de votre ami qui vous dérangent, qui vous causent de l’antipathie (car nous devons prendre en compte que dans chaque personne se manifestent beaucoup de personnes). Vous êtes habituellement amis de certains agrégats de tel ou tel ami, de telle ou telle personne, mais vous n’êtes pas amis de tous les agrégats de l’ami en question.

C’est pourquoi on dit : « Chez cet ami, il y a des choses qui me plaisent et il y a des choses qui me déplaisent ; il a de bons côtés, il a de mauvais côtés ». C’est la façon que nous avons de parler ; cela dépend, en effet, du type d’agrégat dont on parle à un moment donné.

Alors, l’amitié que nous ressentons pour les autres n’est pas complète. Nous ressentons de l’amitié seulement pour quelques agrégats de cette personne, mais nous ne ressentons pas d’affection pour les autres agrégats de cette autre personne.

Il se peut que cette personne physico-psychologique que nous estimons ait des agrégats psychologiques que nous n’estimons pas et, à certains moments, cette personne nous « semble pénible », précisément parce que d’autres agrégats sont en train de s’exprimer, avec lesquels nous n’avons pas d’amitié. C’est la crue réalité des faits !…

Si nous avions un Moi permanent, nous dirions : « Je suis tout à fait en affinité avec mon ami untel, complètement en affinité avec lui » (nous ne lui trouverions rien à redire, ni aucune espèce de défaut). Mais, étant donné qu’il n’a pas un Moi permanent, mais beaucoup de Mois, alors lequel de ces agrégats ou lequel de ces Mois de l’individu untel estimons-nous ? Ce ne sera pas tous ! C’est pourquoi nous avons besoin d’ÊTRE COMPRÉHENSIFS dans le domaine des relations mutuelles.

Pourquoi les amis se disputent-ils ? Simplement parce qu’intervient subitement dans la personnalité un agrégat qui n’est pas ami de l’ami, alors arrive la discorde. Mais si, plus tard, cet agrégat se retire et qu’un autre, qui est ami de l’ami, intervient, ils font la paix !

Comme les amis sont donc sots ! Ils ne sont pas complets, et ils ne sont pas complets parce qu’ils ne sont pas compréhensifs ; ils ne comprennent pas la question de la « PLURALITÉ DU MOI » ; sinon, ils seraient complets, ils sauraient excuser les défauts de l’ami et ne se fâcheraient pas contre lui. Il nous manque cette connaissance pour ne pas nous fâcher contre nos amis, pour nous rendre plus conscients de cela. Ainsi, nous améliorons les relations mutuelles, la vie en commun.

Il existe des SYMPATHIES qui (pourrions-nous dire) sont MÉCANIQUES et DES ANTIPATHIES MÉCANIQUES. Elles ne servent ni les unes ni les autres, car elles sont mécaniques. Parfois, nous disons : « Untel m’agace » ; mais qu’est-ce qui « nous agace » chez untel ? Un agrégat psychique qui n’est probablement pas notre ami ; c’est tout. Alors, nous ne devons pas essayer de sympathiser de force avec quelqu’un que nous trouvons antipathique, mais avant tout, découvrir quelle est la cause de l’antipathie ; et lorsque nous découvrons, par la réflexion, que cette antipathie est mécanique, l’antipathie disparaît alors d’elle-même et il reste la sympathie.

Mais comment pourrions-nous, ou quelle base pourrait nous servir pour arriver à la conclusion qu’une antipathie est mécanique ? Je dis qu’il faut simplement comprendre la Pluralité du Moi. Il est indubitable qu’à l’intérieur de toute personne vivent beaucoup de personnes. Il y a des fois où s’expriment des agrégats, par exemple, chez une certaine personne, chez un certain individu, qui ne nous plaisent pas, et c’est mécanique.

Réfléchissons que chez cette personne qui « nous agace », il y a aussi des agrégats qui peuvent sympathiser avec nous et être serviables et amis ; que les agrégats qui se manifestent chez un sujet untel ne sont pas tous désagréables pour nous : chez un sujet untel que nous n’aimons pas peuvent se manifester des agrégats qui, eux, nous plaisent. Si nous réfléchissons à cela, si nous comprenons ce point de vue de la Pluralité du Moi, alors disparaît l’antipathie mécanique qui est si préjudiciable car elle développe de plus en plus les éléments psychiques inhumains qui sont en relation avec le Centre Émotionnel Négatif.

Plus nous allons éliminer les agrégats du Centre Émotionnel Négatif, plus le Centre Émotionnel Supérieur va se développer en nous. Cependant, je dis que le Centre Émotionnel Supérieur est grandiose ; il est plus puissant que l’Intellect. Avec le Centre Émotionnel Supérieur, nous pouvons comprendre la nature du Feu…

Les livres sacrés sont écrits avec des charbons ardents, c’est-à-dire avec du Feu. Le LANGAGE de la Bible, par exemple, est PARABOLIQUE ; C’EST LE LANGAGE DU CENTRE ÉMOTIONNEL SUPÉRIEUR. Les Expériences Mystiques et hors du corps sont évidemment paraboliques et elles ne peuvent être comprises qu’avec le Centre Émotionnel Supérieur. On peut parfaitement connaître les Mystères de la Vie et de la Mort grâce au Centre Émotionnel Supérieur ; c’est évident.

Je vous ai dit que « la Monade est ce qui est le plus important en nous ; plus nous allons éliminer les éléments psychiques inférieurs, plus nous allons recevoir les radiations de la Monade ». Cette Monade est ATMAN-BOUDDHI. Atman est « l’Ineffable », il reçoit la force qui vient du Démiurge Créateur ; le Démiurge, à son tour, la reçoit de l’Adi-Bouddha, la Séité Inconnaissable.

Atman, en tant que dédoublement du Divin Architecte de l’Univers, est Ineffable ; c’est ce qu’on pourrait appeller le « PARAMATMAN » ou le « SHIVA-TATTVA ». Bouddhi, bien qu’elle soit très spirituelle, est plus corporelle, plus concrète qu’Atman.

Il est clair que Bouddhi-Éros, en tant que Principe Igné, va se rendre chaque fois plus évidente pour nous. Ses radiations vont nous parvenir de plus en plus profondément, à mesure que nous allons dissoudre les émotions négatives du Centre Émotionnel et à mesure que le Centre Émotionnel Supérieur va se développer.

Atman-Bouddhi est la Monade ; elle est la réalité à l’intérieur de nous, ce qui compte, l’ÊTRE RÉEL en nous.

Nous devons lutter en éliminant les émotions négatives pour nous rapprocher de plus en plus de la Monade, et la Monade, précisément, nous aide, car de Bouddhi émane Éros (cette FORCE SEXUELLE extraordinaire avec laquelle nous pouvons désintégrer les agrégats psychiques dans la FORGE DES CYCLOPES).

Qu’adviendrait-il de nous sans Éros ? À Éros s’oppose ANTÉROS (les Puissances du Mal), qui ne sont pas à l’extérieur de nous, mais au dedans de nous, ici et maintenant (Antéros, ce sont tous ces agrégats du Centre Émotionnel Inférieur).

Si nous éliminons les émotions négatives et développons le Centre Émotionnel Supérieur, nous pénétrerons chaque fois davantage dans l’essence du Feu, nous nous rapprocherons de plus en plus de notre Monade Intérieure qui nous a toujours souri.

N’oubliez pas qu’à son commencement, le Centre Émotionnel est pur, radieux. Les émotions inférieures, situées dans les parties ou les points inférieurs du Centre Émotionnel, constituent l’Émotionnel Inférieur ; mais si nous éliminons les émotions inférieures, alors tout le Centre Émotionnel Supérieur devient parfait comme une fleur de Lotus délicieuse.

En tout cas, Atman est le rayon qui nous unit au Logos et à l’Adi-Bouddha. Et la Force d’Adi-Bouddha et du Logoï Intérieur parvient à Atman et reste contenue dans Bouddhi, mais l’approche de Bouddhi est impossible tant que nous avons des émotions négatives. En d’autres termes : se rapprocher de la Monade sera difficile si nous continuons avec les émotions inférieures.

Nous ne devons pas accepter d’émotions inférieures à l’intérieur de nous ; NOUS DEVONS CULTIVER LES ÉMOTIONS SUPÉRIEURES : la musique ; nous devons écouter Beethoven, nous devons écouter Mozart, Liszt, Tchaïkovski ; nous devons apprendre à peindre, mais ne pas peindre des tableaux infra-humains : nous devons verser en eux nos sentiments les plus nobles. Tout ce que nous faisons doit être valorisant et essentiellement édifiant…

On est rempli d’extase lorsqu’on contemple les colonnes corinthiennes de l’Antiquité ou les marbres de Rome et d’Athènes ; les sculptures magnifiques d’une Isis brune dans la terre des Pharaons, d’un Apollon, de la Vénus de Milo ou de la chaste Diane.

On est rempli d’extase, on vibre d’une émotion supérieure lorsqu’on écoute, par exemple, la Lyre des temps anciens ou lorsqu’on s’abandonne à la Méditation profonde au sein de la Nature, lorsqu’on se promène dans les ruines de l’antique Rome, lorsqu’on marche sur les bords du Gange ou lorsqu’on tombe à genoux devant le Gourou, dans les neiges perpétuelles de l’Himalaya. C’est alors que vibre l’émotion supérieure…

Dans les temps anciens, là-bas dans la Lémurie, à l’époque où des rivières d’eau pure de vie jaillissaient lait et miel, lorsque la Lyre d’Orphée n’était pas encore tombée en morceaux sur le pavé du Temple, le Centre Émotionnel Supérieur vibrait intensément en chaque être humain.

C’était l’époque des Titans, l’époque où les être humains qui peuplaient la face de la Terre pouvaient voir l’AURA des mondes et percevoir plus de la moitié d’un HOLTAPAMNAS dans les tonalités de couleur (nous savons bien qu’un Holtapamnas a plus de cinq millions de tonalités).

Mais quand le Centre Émotionnel inférieur se développa avec les passions violentes, avec la luxure, avec la haine, avec les guerres cruelles entre frères, alors ce sens s’atrophia ; l’humanité se retrouva dans ce Monde Tridimensionnel d’Euclide.

L’heure est venue de comprendre que ce n’est qu’au moyen du Centre Émotionnel Supérieur qu’il est possible de pénétrer plus profondément en nous-mêmes.

Si nous procédons correctement, si nous apprenons à vivre, si nous apprenons à nous mettre en relation avec nos semblables d’une belle manière, nous nous rapprocherons alors de plus en plus de la Monade Sacrée et les différentes étincelles de Conscience cosmique nous surprendront, elles deviendront de plus en plus continues, jusqu’à ce qu’enfin, un jour, nous ayons tous réellement la Conscience Éveillée, la Conscience Superlative de l’Être, la Bouddhi…

Ce jour-là, nous serons heureux ; ce matin délicieux, nous serons totalement saturés par les vibrations de Bouddhi et nous saurons vivre véritablement dans un état de Conscience parfait.

Cette conférence s’arrête ici. Je laisse maintenant entière liberté à ceux qui sont ici de m’interroger, de poser des questions sur ce thème, mais sans sortir du sujet…

Disciple. Maître, pourquoi vous prononcez-vous contre les vertus ?

Maître. Tu vois bien COMME IL EST FACILE DE DÉFORMER L’ENSEIGNEMENT. Tu le fais d’un coeur pur et sincère, mais après que tu l’aies dit, un autre le déforme un peu plus, et le troisième continue de le déformer encore plus, et lorsque l’enseignement parviendra à toute l’Amérique, on dira : « Samaël Aun Weor est contre les vertus, plus de vertus ! ». C’est ainsi que se déforme l’Enseignement et c’est ainsi que s’est déformé l’Enseignement de tous les Frères Majeurs qui ont aidé l’Humanité.

Que reste-t-il du Bouddhisme, peux-tu me le dire ? Gautama Sakyamuni s’est prononcé contre l’abominable Organe Kundartigateur ; toute sa Doctrine a été contre les mauvaises conséquences de cet abominable « Organe ». Aujourd’hui, nous avons un Évangile Bouddhiste complètement déformé ; il ne reste plus rien ou presque plus rien de l’ancien Bouddhisme : tout a été déformé…

JE NE SUIS PAS EN TRAIN DE ME PRONONCER CONTRE LES VERTUS. J’explique : nous devons penser correctement. L’eau est utile, elle est magnifique, elle est bonne dans le lavabo, elle est bonne dans son récipient, dans la baignoire ; mais que diriez-vous de l’eau inondant la salle, les chambres ? Là, ça changerait tout, n’est-ce pas ? Ce serait mauvais… Le Feu est bon dans la cuisine ; il est aussi magnifique ici, sur les bougies, mais si, en ce moment, le Feu était en train de brûler cette maison et qu’arriveraient les pompiers, que dirions-nous ? Ce serait une calamité, n’est-ce pas ? Ainsi, toute vertu est bonne à sa place, mais en dehors de sa place, elle est mauvaise… C’est bien qu’un missionnaire (comme vous) donne l’Enseignement, qu’il le divulgue de partout, mais si au lieu de divulguer l’Enseignement aux différentes personnes, par là dans les rues ou dans les lumisials, ou dans les maisons des familles, il le divulguait dans des maisons closes, cela serait-il correct ? Ce serait mal, n’est-ce pas ? Le Missionnaire se convertirait alors en quoi ? En mauvaise personne, n’est-ce pas ? Très bien, mais je ne veux pas dire que le Missionnaire soit une mauvaise personne, TOUT DÉPEND DE L’USAGE qu’il fait de ses vertus.

L’argent en soi n’est ni bon ni mauvais, tout dépend de l’usage qu’on en fait : si on l’emploie pour le bien, il est bon, si on l’emploie pour le mal, il est mauvais.

Il en va de même pour les vertus ; elles sont précieuses ; ce sont des gemmes ineffables ; il est clair que chaque défaut psychologique éliminé laisse le champ libre pour la cristallisation d’une vertu. Mais les vertus, hors de leur place, sont mauvaises ; on peut aussi causer beaucoup de tort avec elles, non seulement aux autres, mais on peut aussi se faire du tort à soi-même avec ses propres vertus si on ne sait pas les utiliser. Je veux que vous compreniez très clairement cela, mes frères.

Que dire de la violence ? La violence est-elle bonne ou non ? Que me répondez-vous ? Quelle est la réponse ?

D. Qu’elle est mauvaise ?

D. Qu’elle est bonne et mauvaise…

M. La réponse que tu donnes est plus logique…

D. […] si on applique la violence dans le sens de la défense, elle est bonne pour nous. Mais si on l’applique d’une manière instinctive, alors là, elle nous porte préjudice…

M. En substance, ce que tu dis est correct. Mais il faut le détailler. Évidemment, la violence entraîne la violence et ce n’est pas conseillé, mais voyons cela : un homme est avec sa femme et ses enfants ; il a aussi de grandes filles (des jeunes femmes) ; soudain, un groupe de bandits décident d’attaquer la maison pour violer son épouse, violer ses filles, incendier la maison et voler. Mais il y a là un homme : le mari. Il est désolé lorsque les bandits pénètrent dans la maison (il est conscient de cela), mais au lieu d’empoigner une arme pour la défense de son foyer, il bénit les bandits (car il est sur le Chemin, il est sur le Sentier) : « Que Dieu vous bénisse, frères de mon Âme ! Ne commettez pas ce crime horrible de violer ma femme (alors qu’ils sont en train de la violer), de violer mes filles (alors qu’ils sont en train de les violer), de voler mon argent (pendant qu’ils sont en train de dérober les derniers pesos), d’incendier ma maison (lorsqu’ils sont en train d’y mettre le feu), ne faites pas cela, mes petits frères, car vous aurez beaucoup de karma à payer ; cependant je suis disposé à vous bénir tous »…

Supposons qu’il sorte vivant de ce conflit, les bandits ayant eu pitié de lui. Comment se retrouverait cet homme devant les autorités et devant la Divinité ? Les autorités… je crois qu’ils le jugeraient pour avoir été complice du délit ; cela s’est déjà vu dans le Code Pénal ; cet homme mérite la prison, n’est-ce pas ? Pour sa lâcheté et parce qu’il s’est converti en complice du délit ; il est évident qu’il mérite la prison, il s’est converti en complice, c’est un lâche…

Alors dans ce cas, quel est le devoir de cet homme ? Il est sur le Sentier, c’est un Initié, il veut être Mahatma ou je ne sais quoi d’autre, quel est son devoir ? Mourir sur le champ de bataille pour défendre sa famille de n’importe quelle façon, mourir en se battant, mais mourir, s’il doit mourir, mourir en accomplissant son devoir d’homme ; c’est son devoir ! Ou que dire, par exemple, d’un militaire (et nous avons ici notre frère, le Lieutenant Colonel M. R. T.), que dire par exemple, ou que dirait notre frère qui est militaire, si la Patrie est soudainement menacée, si les « gringos » viennent nous envahir, piller, violer, incendier, voler, et que l’Armée dise : « Nous ne nous battons plus, que Dieu bénisse tous ces envahisseurs ; s’ils incendient, ce sera leur karma. Que Dieu les bénisse, nous ne nous battons pas »… S’ils se croisent les bras en donnant leurs bénédictions et en priant pour les bandits qui sont en train d’attaquer, que dire d’une armée comme celle-là ?

D. […]

M. Comment ?

D. Immédiatement, c’est une trahison envers la Patrie…

M. Une haute trahison ! C’est évident. Une haute trahison ! Condamnable non seulement par les juges de la Terre, mais aussi par la Divinité. Quel est, alors, le devoir de l’armée à ce moment là ?

D. Attaquer, défendre…

M. Défendre, ils doivent employer les armes ! De sorte que les armes, en elles-mêmes, ne sont ni bonnes ni mauvaises, tout dépend de l’usage que l’on en fait : si on les utilise pour le bien, elles sont bonnes, mais si on les utilise pour le mal, elles sont mauvaises ; ça dépend.

Ainsi donc, cette question des vertus est une chose à laquelle on doit beaucoup réfléchir, énormément, car avec les vertus, on peut non seulement faire du tort aux autres, mais aussi à soi-même… Voyons, tu veux poser une question, frère ?

D. Je n’ai pas compris pourquoi, dans « Le Ramayana », Krishna incite Arjuna à combattre ses parents ? Je n’ai pas su interpréter cela […] je n’ai pas compris cela.

M. Bon, vive, vive, vive Krishna pour ses paroles d’encouragement qu’il donne à Arjuna ! Et vive cette bataille contre les parents, c’est merveilleux ! Moi-même, je suis d’accord : Allons combattre tous les parents ! Dégainons l’épée et allons contre tous !…

Est-ce que tu sais quels sont ces « parents » ? Eh bien, ce sont tous les agrégats psychiques que nous portons à l’intérieur de nous ; il faut se battre contre eux très durement, bien que ça nous fasse mal ; ce sont nos « parents », mais il faut « leur faire la peau » et sans pitié ! Voyons, parle…

D. Maître, excusez-moi, une question : quelle interprétation peut-on donner […]

M. Comment ?

D. Quelle interprétation peut-on donner à l’Enseignement de l’Évangile qui dit : « Si on te frappe sur une joue, tends l’autre joue » ?

M. C’est ainsi ! Je vous assure que si quelqu’un vient me « gifler », je lui tendrai alors l’autre joue pour qu’il me « gifle » plus durement. Il n’y a pas de problème. Mais s’il y a un groupe d’enfants près d’ici ou si je suis ici le Gardien du Temple (que j’occupe, par exemple, le poste de notre frère) et qu’à ce moment-là arrive un groupe de bandits pour vous « faire la peau », moi, je « risque ma vie » ; c’est pour ça qu’ici, il y a l’épée ; et s’ils me frappent ou s’ils prennent le dessus, je meurs sur le champ de bataille. Quel est le devoir d’un Gardien du Temple ? Dis-moi, voyons… réponse ?

D. Défendre, au risque de sa vie, les personnes que l’on garde.

M. Correct ! En ce moment, tu es le Gardien du Temple et si quelqu’un vient nous attaquer, qu’une foule arrive, qu’une bande vienne attaquer les frères, tu dois perdre ta vie, s’il le faut, parce que tu es le Gardien du Temple.

De sorte qu’une chose est une chose, et autre chose est autre chose. C’est une chose que nous bénissions nos ennemis, que nous rendions le bien pour le mal, que nous tendions la joue droite pour qu’on nous « gifle » plus durement, et c’est autre chose que d’accomplir notre devoir lorsque vient l’heure de l’accomplir, de défendre, de savoir défendre ceux dont nous avons la charge. Compris ?… Y a-t-il une autre question ?… Oui, mon frère…

D. Vénérable, en parlant des vertus, peut-on considérer que, dans beaucoup de cas, une vertu peut créer une dépendance psychologique ?

M. Une vertu, quand on ne sait pas l’utiliser, peut créer des dépendances psychologiques, elle peut nous convertir en tyran, elle peut nous faire faire un faux pas, etc. Par exemple, combien de juges qui avaient la vertu de l’accomplissement du devoir envoyèrent, à l’époque de la Révolution Française, des innocents à l’échafaud ? Il y eut des bourreaux dont le devoir était de décapiter beaucoup de gens avec la guillotine, et ils accomplirent ce devoir qu’ils avaient (avec la « Vertu du Devoir »), et ils les décapitèrent, ils firent tomber la lame sur leur cou, cela est-il correct ? Que faut-il en penser, alors ?

Il faut apprendre à manipuler les vertus ; non pas qu’elles soient sous-estimables ; ce sont des gemmes précieuses, elles affleurent en nous à mesure que les agrégats psychiques sont éliminés.

Mais, chaque chose à sa place… Nous avons déjà dit que le feu est bon dans la cuisine, mais pas dans le salon, et que l’eau est bonne dans le lavabo, mais qu’il n’est pas bon qu’elle envahisse les chambres… Une vertu est bonne à sa place et mauvaise quand elle est hors de sa place. C’est tout. Il faut être plus équilibrés, plus réfléchis, plus matures ; c’est évident. Par exemple, l’antipathie mécanique est absurde. Mais cela ne sert à rien de lutter contre l’antipathie mécanique, cela ne sert à rien, par exemple, de dire : « Cette personne me tape sur le système… Mais, puisque je suis dans la Gnose, je vais voir comment devenir ami de cette personne », et se forcer à lui sourire artificiellement, car il s’avère que ce sourire, loin d’être un sourire, est une grimace tragique…

Non ! Ce qu’il faut faire, c’est la dissection de cette antipathie mécanique afin de voir pourquoi cette personne « nous tape sur le système ». Cela requiert beaucoup d’auto-réflexion, beaucoup d’auto-observation psychologique, beaucoup de méditation, et finalement, nous allons en découvrir la cause.

Une fois que nous aurons découvert cette cause, nous la désintégrerons avec l’aide de la Mère Divine Kundalini, avec l’aide du Feu Sacré. Alors, affleurera en nous la vertu de la sympathie envers cette personne. Une vertu : la sympathie envers cette personne qui, auparavant, « nous tapait sur le système ». Il faut donc se rendre conscient de tout, vivre une vie consciente, une vie plus mature, moins mécanique… Voyons, frère…

D. Maître, la vertu peut-elle s’apprendre ?

M. S’apprendre ? Mais alors, jamais ! Ce sont des gemmes précieuses ou des fleurs de l’Âme qui naissent en nous quand nous avons éliminé tel ou tel défaut psychologique.

Par exemple, si nous éliminons la colère, surgit en nous la douceur ; si nous éliminons la luxure, à sa place surgit la vertu de la chasteté ; si nous éliminons la haine, à sa place surgit la vertu de l’Amour ; et à mesure que nous allons éliminer les défauts psychologiques, les vertus vont surgir à leur place. C’est pourquoi nous disons qu’ « IL FAUT CRISTALLISER L’ÂME EN NOUS » et l’Âme est un pur Feu Universel. Ce Feu divin, ce Feu ineffable doit venir se cristalliser peu à peu en nous. Mais nous ne pourrons faire cristalliser l’Âme en nous si nous n’éliminons pas nos défauts de type psychologique.

À mesure que nous allons éliminer chaque agrégat psychique, à la place se cristallisera soit une vertu, soit un pouvoir, soit une loi, etc. Cela s’appelle « Cristalliser l’Âme ». Et lorsque tous les agrégats seront finalement éliminés, il ne restera en nous que l’Âme ; le corps lui-même deviendra Âme.

Qu’est-ce que le corps d’un Mutant ? C’est un corps qui est devenu Âme. Mais pour Cristalliser l’Âme en nous (qui est un pur Feu vivant), il est forcément nécessaire d’éliminer les agrégats psychiques. Et cela n’est possible qu’en passant par de GRANDES CRISES ÉMOTIONNELLES.

Ce n’est pas une question purement intellectuelle. Non ! Pour éliminer un agrégat psychique, on doit passer par de terribles repentirs, pleurer, se désespérer, se rouler par terre et même se fouetter s’il le faut. Il faut souffrir énormément, se repentir, passer, je le répète, par de terribles chagrins. Si on ne passe pas par ces crises émotionnelles, alors on ne désintègre pas ce que l’on doit désintégrer, on ne cristallise pas les vertus et on ne cristallise pas l’Âme.

Mais, lorsque quelqu’un parvient à cristalliser l’Âme et se convertit totalement en Âme, il resplendit alors glorieusement ; il est une flamme de plus du Grand Brasier qui brûle dans l’Aura Magnifique de l’Univers. C’est ce que nous enseigne la Doctrine du Feu, et c’est ainsi que nous devons la comprendre… Une autre question ?

D. Maître, Éros est un Feu en nous, et la Mère Divine est aussi un Feu en nous ; comment fait-on pour que Éros […] en amenant ce Feu à son maximum […] qu’il ne nous échappe pas comme de l’eau ?

M. Qui, quoi ?

D. Qu’il ne nous échappe pas…

M. C’est que Éros est un Feu, le Feu Sexuel qui émane de la Monade. La Monade, à son tour, le reçoit du Logos. Ce Feu érotique surgit concrètement à la manifestation de la Walkyrie, de la Bouddhi. Il ne s’échappe pas si on ne renverse pas le Vase Hermétique, lorsque le Vase qui contient « l’Huile » demeure indemne. Mais, si on renverse le Vase d’Hermès, ce Feu érotique s’échappe, se perd, et alors avec quoi va-t-on travailler ? Nous avons besoin du pouvoir de la Monade si nous voulons réussir à éliminer les agrégats psychiques. C’est ainsi qu’on doit l’entendre, ainsi qu’on doit le comprendre… Y a-t-il autre chose que vous voulez demander ?…

D. Jusqu’où ce Feu doit-il être agité ?…

M. Doit-il être quoi ?

D. Jusqu’où doit-on travailler avec ce Feu ? Doit-il être utilisé de manière plutôt rythmique ou peut-on arriver jusqu’à […] en Feu ?

M. LE FEU se manifeste ou DOIT ÊTRE UTILISÉ (pour être plus clair) DURANT TOUT LE TRAVAIL ÉSOTÉRIQUE DE MANIÈRE PARFAITE, RYTHMIQUE. Car il y a des temps de plus et des temps de moins ; il y a des temps de Mahamanvantaras particuliers et des temps de Mahapralayas particuliers ; des temps d’activité et des temps de repos…

À chaque époque d’activité, succède une PAUSE MAGNÉTIQUE CRÉATRICE ; car dans tout, il existe le biorythme… Voyons, mon frère…

D. Maître, pour revenir à la question des crises émotionnelles que vous avez mentionnée, serait-il incongru qu’une personne qui est réellement intéressée à faire le Grand Oeuvre demande à l’Être de la faire passer par ces « crises émotionnelles » ?

M. L’Être est l’Être et il a beaucoup de parties, à quelle partie de l’Être te réfères-tu ?

D. Au moins à notre Entraîneur psychologique, à notre Anubis particulier…

M. Chaque partie de l’Être mérite qu’on y réfléchisse, car nous savons très bien que de la Flamme unique émanent les sept Flammes, et les sept Flammes se multiplient par sept ; et ainsi de suite, ça continue comme ça par sept, etc.

De telle sorte qu’une partie de l’Être fait seulement une seule partie du travail ; mais les autres parties de l’Être doivent aussi travailler, c’est évident ; chaque Flamme est obligée de travailler. Mais, évidemment, c’est la Mère Divine Kundalini (l’Épouse de Shiva) qui est réellement obligée de réaliser le maximum du travail ; quant aux CRISES ÉMOTIONNELLES, c’est le domaine du Centre Émotionnel Supérieur, ça relève de la COMPRÉHENSION.

Quand on comprend comme on a été absurde, quand on se rend compte qu’on n’est autre qu’une loque humaine qui ne vaut rien, alors surgit le repentir pour tous les délits commis, et c’est de là que vient la crise émotionnelle naturelle, non feinte, mais véritablement ressentie ; c’est tout…

D. Maître, lorsqu’on dit que « l’eau est l’habitacle du Feu », est-ce qu’on veut dire que le Feu provient de l’Eau, ou est-ce le Feu le premier élément qui donne vie aux autres éléments ?

M. Tu peux analyser l’eau. On trouve la formule H2O. Mais cet H2O serait incomplet sans le Fohat ; à la formule, il faut ajouter le Fohat. De sorte que l’eau ne pourrait exister sans l’élément feu qui est ce qu’il y a de primordial, de fondamental.

Quand le Feu se condense, il le fait d’abord dans l’air, ensuite dans l’eau et enfin dans la terre. Tu peux connaître les éléments chimiques de l’Eau (l’H2O) ; tu peux connaître les éléments chimiques de la terre et savoir que le Carbone est important ; tu peux connaître les éléments chimiques de l’air et savoir ce que sont l’Azote et l’Oxygène, mais quels sont les éléments chimiques du Feu ? Qui a analysé cette substance, quelle est sa formule ? Il est très mal connu, pourquoi ? Parce que c’est la vive expression de la Séité, c’est la réflexion du Logos dans l’Univers. De sorte que tout sort du Feu. Et si nous ne travaillons pas avec le Feu pour désintégrer nos défauts psychologiques, nous marcherons sur le chemin de l’erreur…

D. Maître, on dit alors que Lucifer est […] Quelle est la relation entre Lucifer et la Mère Divine, en nous, et avec le travail dans la Forge ?

M. Luci…

D. […]

M. Lucifer est le Feu, c’est le Fohat, c’est le Soufre des Alchimistes médiévaux. Évidemment, c’est la réflexion du Christ Cosmique ou du Vishnou qui est en nous, à l’intérieur de nous. Il descend évidemment jusqu’aux profondeurs de nous-mêmes. En matière d’Ésotérisme Christique, nous disons qu’il est « le Diable », lorsque nous n’avons pas encore éliminé les agrégats, car c’est en lui que se reflètent alors tous nos défauts. Mais si nous désintégrons nos agrégats psychiques, il resplendit et s’intègre, et il fera partie intégrante de nous pour nous transformer et nous convertir en mutants. Qu’est-ce qu’un mutant ? C’est un Homme intégré à Lucifer (c’est un Mutant).

Lucifer nous donne tous les pouvoirs : il nous donne l’ÉLIXIR DE LONGUE VIE, il nous donne LE POUVOIR SUR LES ÉLÉMENTAUX du Feu, de l’Air, de l’Eau et de la Terre. Mais pour que Lucifer resplendisse en nous, pour qu’il s’intègre à nous, il faut d’abord le blanchir. C’est pourquoi les Alchimistes Médiévaux disent : « Brûle tes livres et blanchis le laiton »… Il faut blanchir le laiton, nous avons besoin de blanchir le Diable… Chacun de vous possède un Diable noir comme du charbon, horrible ; vous avez besoin de le blanchir, et vous pouvez seulement le blanchir (chacun d’entre vous) en désintégrant vos agrégats psychiques.

Le jour où vous le ferez, vous vous intégrerez à lui et lui à vous, et il vous livrera le Trésor Caché, la Toison d’Or, et il vous donnera tous les pouvoirs ; avant, ce n’est pas possible, compris ?… Une autre question ?

M. Bon, parle plus clairement car je ne t’entends pas ; « redis-moi ça plus lentement », plus clairement, plus lentement et plus fort.

D. Maître, quand le repentir ne surgit pas, quelle que soit la détermination que nous y mettons, à cause de la multiplicité de l’Ego, pour ainsi dire, le fait de nous punir comme le faisait Saint Antoine ou Saint François, alors cela pourrait-il être une méchanceté (en apparence) qui puisse nous aider sur le Chemin de l’Auto-réalisation, à éliminer un agrégat psychique déterminé ?

M. Bon, il n’y a pas de dogme en cela. Dans ce domaine, il y a des inventaires : des sommes et des restes, des multiplications et des divisions. Il faut savoir ce que nous avons en trop et ce qui nous manque, sans dogme. En premier lieu, il faut savoir si le repentir ne surgit pas en nous ; s’il ne surgit vraiment pas, c’est parce que nous sommes pervers. Car lorsqu’il surgit en nous, c’est qu’il n’y a plus de perversité. Mais s’il ne surgit pas, c’est parce que nous sommes trop mauvais, trop pervers.

Évidemment, mes chers frères, qu’est-ce qu’il y a dans le repentir ? Certains le traduisent d’une manière et d’autres d’une autre manière : il y a des gens qui disent que « c’est changer la manière de penser » et ils citent des termes grecs, etc., et j’en passe. Pardonnez-moi ma franchise, mais je ne suis pas d’accord avec ces opinions.

En réalité, lorsque quelqu’un se trouve vraiment face à face avec sa propre Monade Divine (qui émane du Soleil Sacré Absolu), qu’il regarde ce qu’il a au fond de lui et qu’il se rend compte de toutes ses atrocités, il éprouve du repentir ; il travaille avec du repentir, il passe par des crises émotionnelles.

Mais quand quelqu’un s’est tellement éloigné du Soleil Sacré Absolu que les Émanations, les Ondulations Cosmiques du Soleil Sacré Absolu ne l’atteignent plus car il a trop dévié, il est tombé dans la Magie Noire, c’est un cas perdu ; dans ce cas, c’est quelqu’un de mauvais. Et ce quelqu’un de mauvais, devra se mortifier beaucoup lui-même ; il aura besoin de passer par d’horribles pénitences, c’est évident ; il aura besoin d’être très sincère envers lui-même, énormément sincère, pour pouvoir véritablement désintégrer les agrégats psychiques inhumains qu’il porte en lui-même.

Mais avant tout, s’il n’est pas parvenu au repentir, c’est parce que c’est quelqu’un de mauvais, un pervers. Il est parvenu à la perversité. Car la méchanceté est une chose, et la perversité est autre chose : le pervers n’a plus de remords, ni de repentir. C’est un cas perdu, les Ondulations Cosmiques du Soleil Sacré Absolu ne l’atteignent plus. C’est pourquoi il ne ressent ni remords, ni repentir, il devient cynique et se convertit en habitant du Règne Minéral Submergé, admis dans le Monde des 96 Lois. C’est tout.

Mais comment faire, dans ce cas, pour parvenir à ce que celui qui n’a pas de repentir se repente ; je le répète : il aura besoin de faire appel à beaucoup de force de réflexion pour analyser ses défauts psychologiques, et même faire certaines pénitences rigoureuses et se discipliner, etc.

Bon, j’ai fini ! Une autre parole, une autre question ?

D. […] la question de Lucifer, je voudrais savoir où j’ai eu cette inquiétude : je me rappelle que d’après ce que vous nous dîtes […] nous avons 3% de Conscience libre, en ce moment ; cela pourrait dire qu’il y a une partie de notre Lucifer qui n’est pas noire. Alors si nous voyons, admettons, comme Faust […] comment, lui, il appelle son Lucifer, son Divin Daïmon […] c’est la même formule pour travailler avec lui ou pour l’invoquer ici…

M. Bon, derrière cette question, il y a un ressort de curiosité, dans le fond ; dans le fond, il y a un ressort de curiosité. Tu aimerais travailler avec lui, simplement parce que tu as beaucoup entendu parler de lui (on parle de Goethe, on parle du Dr Faust, enchanteur et mage), on le cite dans tant de textes qu’il vaut bien la peine d’essayer d’être ami avec lui. Mais, je vous demande à vous qui êtes ici : y a-t-il quelqu’un qui soit prêt à […]