Phénomènes psychologiques et parapsychologiques (psychologie et parapsychologie)

Samaël Aun Weor

Chers messieurs, chères dames, nous allons commencer notre conférence de ce soir. Dans le domaine de la Psychologie et de la Parapsychologie, il existe assurément des surprises extraordinaires. Au moment où je commence cette conférence, il me vient en mémoire le cas insolite d’Eusapia Palladino, de Naples. En présence de cette femme, se produisaient d’extraordinaires phénomènes parapsychologiques. Des savants de toute l’Europe, sceptiques, matérialistes, voyagèrent jusqu’à Naples dans le but de démasquer la fraude, comme on disait à cette époque. Réellement, ce cas était étonnant…

Pour analyser les questions purement parapsychologiques d’Eusapia Palladino, il fallut organiser tout un laboratoire. Là, il ne manquait pas de balances très précises, de papier phosphorescent, de plâtre, de plaques photographiques très sensibles, d’instruments de musique dans des coffres en acier dûment électrifiés sous haute tension, etc. Ce cas parapsychologique était formidable.

Eusapia Palladino fut assise sur une chaise très spéciale : de part et d’autre, on mit des poteaux en acier, on l’entoura de fils de cuivre, même ses oreilles (les trous des oreilles, où se mettent toujours les boucles des femmes) furent traversées par des fils, ainsi que ses doigts, son corps entier, dans le but de conjurer toute fraude ; on l’attacha aux poteaux d’acier de telle manière que n’importe quel mouvement fût impossible. Si elle essayait, durant les expériences parapsychologiques, de bouger ne serait-ce qu’un doigt, une sonnette résonnait…

On examina le corps de la présumée patiente : l’urée était normale ; on ne trouva pas d’albumine dans ses urines ; le sang était totalement négatif ; le fonctionnement hépatique était normal ; on ne trouva pas de calculs dans la vésicule biliaire. L’examen iridologique révéla un organisme sain. Ce cas était donc formidable… En présence d’Eusapia Palladino, une table, violant la Loi de la Gravité, resta suspendue dans l’atmosphère. On en fit des photographies, on vérifia le phénomène jusqu’à satiété. Ceux qui y assistaient étaient des gens sceptiques, matérialistes, incrédules à cent pour cent, et cependant, la Loi de la Gravité avait été violée.

Dans ce cas concret, la patiente présentait uniquement un certain tremblement nerveux, plutôt de type hystérique, je ne crois pas qu’elle soit arrivée jusqu’au tremblement de type épileptique. Elle ne possédait absolument aucune culture intellectuelle ; c’était une femme analphabète…

Poursuivons avec ces expériences de type parapsychologique : il arriva qu’une mandoline (qui se trouvait sur le sol du laboratoire) flotta dans l’atmosphère alentour. Le plus extraordinaire, c’est qu’elle faisait résonner une musique harmonieuse, comme si des mains métaphysiques la faisaient vibrer. L’examen, fait sur ce cas, ne démontra pas de fraude. Ceux qui se trouvaient là n’étaient pas de type fanatique, car ils étaient absolument sceptiques, incrédules à cent pour cent, et la mandoline flottait dans l’atmosphère environnante…

La mère de Botacci (la mère d’un scientifique, morte depuis quelques années) apparut au milieu du laboratoire. Les scientifiques prirent des photographies, ils ne se laissèrent pas emporter par des émotions inférieures ; ils utilisèrent leurs plaques, leurs réflecteurs, etc., et, en outre, les plaques photographiques n’étaient pas sujettes à l’hallucination. Nous pourrions accepter le terme « hallucination », mais il n’est pas concevable que les plaques photographiques puissent passer par le processus de l’hallucination. Le fait était concret et exact. Il s’agissait de questions scientifiques qui devaient être rigoureusement vérifiées…

La défunte fut photographiée. Ils obtinrent aussi des moules de visages en plâtre, des moules de mains, apparemment invisibles, en plâtre. Tout ce matériel didactique fut rigoureusement enregistré. Ce sont donc des phénomènes insolites dans le domaine même de la parapsychologie…

Les mouvements nerveux pouvaient signaler l’hystérie chez la patiente, mais on n’enregistra pas de tremblements de type épileptique… Tout cela, je le fais relever ici, devant vous, du domaine exclusivement parapsychologique. Bien sûr, ces scientifiques incrédules retournèrent dans leur pays d’origine, absolument convaincus de ce qui est métaphysique. Soudain, ils ne purent plus établir des théories ; ils se limitèrent à enregistrer les phénomènes, et je crois que cela est plus que suffisant pour réfléchir. Que l’on puisse déduire de ces phénomènes quelques théories intéressantes, c’est indéniable. « Théorie » signifie « procession d’idées », et dans ce cas, chacun est libre d’établir sa théorie ; moi, je me limite à citer des phénomènes…

Aux États-Unis, à Hydesville, il s’est produit un autre fait, aussi insolite, que je rapporte ici, ce soir, pour la réflexion…

Nous avons tous entendu parler de William Crookes, l’homme qui présenta la Matière Radiante dans ses tubes à essai, un scientifique de renom. Il arriva aussi, dans ce village, quelque chose qui s’écarte du normal : certaines pierres étaient lancées sur la maison d’une famille distinguée, dans la maison des demoiselles Fox. Et, le plus intéressant, c’est que ces pierres entrèrent par une fenêtre et sortirent par une autre, avec des mouvements hors du commun, hors norme…

William Crookes (appelé pour ce type de recherches parapsychologiques) nota que lorsque ces phénomènes se produisaient dans cette maison, deux jeunes, deux demoiselles, tombaient dans une transe psychique très spéciale. Il résolut de les examiner attentivement. Il nota, dans ces cas, des mouvements nerveux de type épileptique, et cela est assez intéressant. Ces dames atteignaient non seulement l’hypnose, mais aussi un stade plus avancé, elles entraient en état de catalepsie.

Ceux qui ont un peu étudié l’hypnose à l’Université savent très bien faire la différence entre une transe hypnotique et une transe de type cataleptique. Je pourrais vous dire que je considère la transe hypnotique comme l’introduction à l’état cataleptique. Il est habituellement assez difficile d’amener un patient jusqu’à l’état de catalepsie.

Dans le domaine de la vie réelle, on a souvent enterré et on enterrera un individu en état de catalepsie. Et il me vient en mémoire, en ce moment, quelque chose qui arriva à Puebla. Il existait là un fossoyeur très intéressant, ou un gardien de cimetière, pour être plus clair, très intéressant. Avant de permettre l’enterrement de quelqu’un, il exigeait donc qu’on lui laisse le cercueil avec le défunt une nuit à l’intérieur de la chapelle, dans le but de lui donner l’opportunité, « au cas où » – comme on dit -, de « revenir à lui ». Cet homme déclara finalement à la radio, « qu’au moins cinquante pour cent des candidats avaient ressuscité du sépulcre ». Son opinion était un peu audacieuce. Et plus encore : il osa citer les noms et les prénoms de docteurs qui avaient fait, qui avaient signé des certificats de décès. À cette époque, naquit un gros problème à Puebla, à cause de ces déclarations. On finit par interdire à cet homme de continuer de parler. Cela doit nous inviter à réfléchir…

Que dire des « momies de Guanajuato » ? Beaucoup apparaissent dans des attitudes insolites, comme si elles essayaient d’ouvrir une caisse, ou comme si elles s’étaient retournées. On voit donc que l’on a enterré beaucoup d’entre elles en état de catalepsie.

Que la science de l’hypnose universitaire forme un professionnel pour mettre la patiente en état de catalepsie, ce n’est pas impossible ; mais, avant tout, le professionnel doit être capable de pratiquer l’hypnose ; dans le cas contraire, il n’est pas possible d’amener un patient jusqu’à l’état de catalepsie…

Bon, pour ne pas trop nous éloigner du sujet, je continuerai en vous disant que ces demoiselles Fox, de Hydesville, allèrent jusqu’à l’état de catalepsie. D’après les analyses, il y avait bien, dans ce cas, un mouvement nerveux épileptique. Cela nous invite à réfléchir ; souvenons-nous des possédés de l’Évangile Christique, avec des convulsions de type épileptique. En tous cas, on nota bien un mouvement nerveux épileptique chez les demoiselles Fox de Hydesville. Pour le reste, l’analyse ne révéla aucun organe affecté en particulier. L’analyse cérébrale donna de bons résultats, et, en général, toute leur histoire clinique, pour ainsi dire, était normale…

Lorsque ces dames tombaient en état de catalepsie, il se passait une certaine matérialisation fantomatique, hors du commun. William Crookes, qui était un physicien extraordinaire, construisit à cet effet ou fit à cet effet, organisa un laboratoire spécifique. Il les mit dans une chambre noire, dûment enchaînées, dans le but de s’assurer qu’aucune fraude ne soit possible…

Une fois ces dames en état de catalepsie, les phénomènes survenaient. Cependant, j’ai compris que le docteur William Crookes faisait appel en partie à l’hypnose pour les mettre en « transe ». Ensuite, faisant de plus grands efforts, il obtenait la catalepsie. Et, dans cet état cataleptique, apparaissait, au milieu du laboratoire, une dame qui disait s’appeler KATIE KING, morte depuis je ne sais combien d’années…

Tous les scientifiques qui sont venus voir les expérimentations parapsychologiques du docteur William Crookes (éminent physicien qui découvrit la matière à l’état radiant) étaient des gens sceptiques. Il n’y avait là ni religieux, ni fanatiques d’aucune sorte. La question était exclusivement scientifique. Les photographies qu’ils prirent furent exactes, on réussit à photographier Katie King. Elle s’est matérialisée durant trois ans consécutifs dans le laboratoire de l’éminent physicien ; elle se prêta à toutes sortes d’analyses scientifiques et, au bout de trois ans, en présence de tous les savants, elle se dématérialisa lentement, laissant cependant une boucle de cheveux comme témoignage. Elle dit : « J’ai accompli une mission, j’ai démontré qu’au-delà de la tombe, il y a quelque chose, quelque chose de distinct, de différent. C’est pour ça que je suis venue et maintenant que ma mission est accomplie, je me retire »… Elle donna l’accolade à tous les savants et, en présence de tous, elle s’en alla lentement en se dématérialisant. Pour qu’ils ne croient pas qu’il s’était agi de simples hallucinations, elle laissa une boucle de cheveux.

Devant des faits insolites aussi crus, aussi réalistes, franchement, je ne conçois pas comment le scepticisme matérialiste peut encore exister, à plus forte raison lorsqu’à l’Université de Sciences Psychiques de Londres il existe une importante documentation parapsychologique.

Il y a quelque chose qui nous étonne, c’est que, à notre époque, il arrive maintenant, en provenance de la sceptique Russie Marxiste-Léniniste, la plus grande quantité de matériel didactique parapsychologique. Les Russes ont inventé un appareil extraordinaire, grâce auquel il est possible de percevoir et même de photographier le FOND VITAL ORGANIQUE. Ce Fond Vital, vu au travers de cet appareil, a reçu en Russie le nom spécifique, défini, de « CORPS BIOPLASTIQUE ».

On l’a étudié par rapport aux organes, on l’a étudié en dehors des organes, on a minutieusement photographié le corps vital. Il n’y a pas de doute que le Corps Bioplastique ou le corps vital, c’est la même chose. Ce qui est curieux, dans ce cas, c’est que, dans l’hindouisme, on connaissait déjà le Corps Bioplastique avant l’invention de cet appareil, seulement ils le nommaient « LINGA SARIRA »… Et il me vient en mémoire, en ce moment, une expérience parapsychologique notable. Un individu passif, en état de transe cataleptique, avait pu projeter hors de lui-même, à quelques mètres, son Corps Bioplastique. Un journaliste qui se trouvait à cette session scientifique sortit son pistolet et fit feu sur ce corps qui s’était rendu visible et tangible à quelques mètres, en face du sujet cataleptique. Ce qui était intéressant dans cette affaire, ce fut que la balle ait échoué exactement dans le ventricule gauche du coeur de l’individu en état de catalepsie. Évidemment, celui-ci mourut…

Mais je me demande et je vous demande à vous, en tant que personnes cultivées, comment est-il possible qu’une balle, projetée à distance contre un objet A, apparaisse soudain sur une personne B située à côté de celui qui a tiré ? « Peut-être, me direz-vous, qu’il se pourrait qu’il ait été victime d’une hallucination ou que le sujet passif avait essayé un truc, se plaçant lui-même comme cible pour la balle ». Mais le fait est que le sujet passif se trouvait à côté du journaliste, et à côté du sujet passif, il y avait d’autres personnes qui contrôlaient l’expérience.

Cela échappe parfaitement aux Lois de la Physique, comme le MESON K, par exemple, échappe à la Loi de la Parité. Vous savez bien que le fameux Méson K a attiré l’attention des physiciens, qu’il se moque de la Loi de la Parité. Le Méson K semble interférer avec les lois d’un univers que j’appellerais « UNIVERS PARALLÈLE ». Je considère que le concept « d’Univers Parallèle » résiste à n’importe quelle analyse, surtout lorsqu’on approfondit les mystères du Méson K.

Nous voyons donc, évidemment, que le Corps Bioplastique a une réalité. Des hommes éminents qui se sont consacrés à la Science de la Parapsychologie, poursuivant cette voie des russes, ont découvert que le corps vital ou Bioplastique avait quatre qualités spécifiques :

a) il est intimement relié aux processus biochimiques de l’assimilation ainsi que de l’élimination.

b) Il se trouve associé aussi aux processus touchant à la sexologie, que ce soit dans le domaine de la fécondation ou de simples accouchements.

c) Il y a une relation de ce corps avec les processus de la lumière, de la couleur, du son, des perceptions, etc.

d) Il est en relation avec l’Imagination et la Volonté.

Je crois que Monsieur Emmanuel Kant, le philosophe de Königsberg (l’auteur merveilleux de la « Critique de la Raison Pratique » et de la « Critique de la Raison Pure »), a eu grandement raison quand il a assuré qu’un NEXUS FORMATIVUS était nécessaire à l’organisme humain. Ce Nexus Formativus serait indiscutablement le Corps Bioplastique russe.

Si nous approfondissons dans cette voie, nous arrivons à la conclusion qu’un corps purement biochimique, physiologique, anatomique ne peut exister sans ce Nexus Formativus. Je ne pourrais pas non plus concevoir l’existence de cet édifice s’il n’y avait pas eu de fondations pour les murs, pour les « clôtures ».

Mais il y a quelque chose que nous n’avons pas encore abordé. Il me vient en mémoire le cas de Katie King, matérialisée au milieu du laboratoire ou celui de la mère de Botacci, le grand scientifique italien, matérialisée aussi dans cet autre laboratoire de Naples. Il n’y a pas de doute qu’il existe un Moi psychologique.

Miars ou Mers nous parle franchement du « MOI SUBLIMINAL » (chacun est tout à fait libre de penser comme il veut), mais nous ne trouverions pas réellement d’explication logique qui résisterait à une analyse si nous n’acceptions pas le fameux EGO des psychologues. Il n’est pas possible de concevoir une machine qui puisse, par elle-même, avoir des processus analytiques définitifs, avoir des émotions, avoir une psyché, s’il n’existait pas un sujet de type plutôt psychologique, métaphysique, diraient les religieux. (Ah ! Les religieux avec leur Métaphysique ! Je respecte les religions, mais je ne me lance pas, pour l’instant, dans cela. Je veux m’en tenir strictement à la question psychologique, et, en passant, aborder les problèmes de type parapsychologique).

Lorsqu’on sonde un individu passif dans une session d’hypnose, on peut découvrir qu’il existe le Subconscient… le Préconscient…

Il y a actuellement beaucoup de discussions sur les termes « SUBJECTIF » et « OBJECTIF », « CONSCIENT » et « SUBCONSCIENT ». Les psychologues du siècle passé considéraient comme « CONSCIENT » tout ce qui est en relation avec les perceptions physiques ordinaires, les processus de raisonnement, les processus émotionnels, etc. Ils considéraient comme « SUBCONSCIENT », les processus qui échappent à la perception quotidienne. Pour eux, les rêves étaient dans le Subconscient et les phénomènes purement télépathiques étaient conscients, etc.

Mais la PSYCHOLOGIE RÉVOLUTIONNAIRE va plus loin, elle considère comme conscient LE RÉEL, ce qui se trouve en relation avec les fondements mêmes des processus psychologiques, ce qui est intimement lié aux « INTUITIONS » de Kant, aux EXPÉRIENCES DIRECTES DU RÉEL, aux EXTASES DES SAINTS…

Et je ne veux pas faire, en cela, de la démagogie ni devenir l’émule de beaucoup de savants, non ! Je veux uniquement parler de manière concrète et exacte : le Réel, le Spirituel est objectif. Le subjectif, c’est ce qui n’a pas de réalité circonstancielle, ce qui, véritablement, appartient à la lutte quotidienne pour l’existence.

Ce que je dis ne peut en aucune manière satisfaire les académiciens ; ceci est dû au fait concret qu’à l’académie on tient pour Objectif, Réel, ce qui est physique ainsi que les perceptions sensorielles externes ; et Subjectif, ce qui ne peut pas avoir de réalité physique, concrète. Je fais cette déclaration pour bien expliquer le sens de cette conférence.

En tout cas, le MOI de beaucoup de psychologues, le MOI DE LA PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE, je ne le considère pas comme quelque chose de pleinement objectif ; je dis qu’il est subjectif à cent pour cent, qu’il appartient aux Régions du Subconscient (il y a association entre le Subjectif et le Subconscient : le Subjectif est Subconscient, l’Objectif est Conscient). Je considère que LE MOI EST SUBJECTIF…

Les théosophes pensent qu’il existe un MOI DE TYPE SUPÉRIEUR et ils le dénomment « ALTER EGO » ; ils acceptent aussi un MOI INFÉRIEUR. Ils croient et ils disent « que le Supérieur doit dominer l’Inférieur, que lorsque cela se produit, nous nous convertissons en quelque chose comme les Mahatmas Hindous, c’est-à-dire en Hommes de type supérieur ». Ah, les théosophes avec leurs concepts !

Moi, je pense simplement que supérieur et inférieur sont deux sections d’une même chose ; le Moi Supérieur et le Moi Inférieur sont deux sections de la même chose : en tout cas, l’Ego, le Moi, est Subjectif ; il a un début et il a une fin. Le Moi, en lui-même, n’est en aucun cas quelque chose de permanent, comme le supposent beaucoup de psychologues ; le Moi est quelque chose de pluralisé.

Il vaut la peine de tenir compte de LA DOCTRINE DES MULTIPLES du Tibet. Les Tibétains croient qu’à l’intérieur de nous, il existe beaucoup de Mois (cela, la Psychologie Moderne de type occidental ne l’accepterait jamais).

LA DOCTRINE DE LA MULTIPLICITÉ DU MOI est tibétaine. Il ne fait aucun doute que les égyptiens ont, eux aussi, accepté cette Doctrine, et ils ont nommé les divers Mois « LES DÉMONS ROUGES DE SETH ». Ainsi, à l’intérieur de nous, il y a une multitude de Mois. Les Tibétains parlent des « agrégats psychiques » dans la Doctrine des Multiples. En considérant les choses de ce point de vue, nous arrivons à la conclusion que le Moi n’est pas quelque chose de permanent.

Évidemment, personne ne pourrait accepter un Moi psychologique s’il ne l’a pas vu du point de vue sensoriel. Mais si j’ai cité d’une certaine manière les phénomènes de la Parapsychologie, les phénomènes qui se sont produits à Naples et aux États-Unis, je l’ai fait pour que vous compreniez qu’on a bien prouvé la réalité d’un Moi qui continue même après le sépulcre. J’ajoute seulement, à ce point de vue phénoménologique, la Doctrine Tibétaine des Multiples ; je considère qu’à l’intérieur de chacun de nous, il y a beaucoup de Mois.

Il est évident que cela peut nous donner une explication très concrète du pourquoi des CONTRADICTIONS PSYCHOLOGIQUES chez les êtres humains : « Je vais manger », dit le Moi de l’estomac. « Non ! ce n’est pas cela que je veux, dit le Moi intellectuel, je vais lire un peu ». Soudain intervient un troisième qui n’est pas d’accord et qui assure : « Je vais faire une trotte au lieu de manger ou de lire » ; c’est le Moi du mouvement.

Il y a donc une série de contradictions psychologiques à l’intérieur de nous et ça vaut vraiment la peine d’en tenir compte. De plus, vous devez savoir (mesdames et messieurs) que la machine organique est très bien faite : nous avons un CERVEAU INTELLECTUEL, nous avons un CENTRE ÉMOTIONNEL, et cela, personne ne peut le nier. Si le Centre Intellectuel est situé strictement dans le Cerveau, l’Émotionnel se trouve situé exactement dans le coeur et le système nerveux Grand Sympathique, en général. Nous avons un CENTRE MOTEUR qui est situé dans la partie supérieure de l’épine dorsale, nous avons un CENTRE INSTINCTIF qui est situé dans la partie inférieure de l’épine dorsale et nous avons le CENTRE SEXUEL. Que chacun de ces centres ait son mental spécifique, c’est indéniable, nous le voyons dans les fonctionnements.

Indiscutablement, la machine organique est un peu complexe. Les IMPRESSIONS arrivent au cerveau, elles sont transmises par l’Ego ou par le Moi à n’importe lequel des Centres de la machine. Il peut arriver que le Moi envoie, par erreur, les impressions à un centre qui ne leur appartient pas, et nous avons alors une erreur manifeste dans la personnalité.

Ce qui se passe généralement, messieurs, c’est qu’on confond souvent un Centre avec un autre : par exemple, une femme prête soudain une grande attention à un homme ; comme elle « le trouve » très sympathique, elle lui prodigue certaines attentions, etc. Bien sûr, ces impressions arrivent au Centre Intellectuel de l’homme ; mais il peut arriver que l’Ego, ou le Moi, transmette ces Impressions au Centre Sexuel, par exemple, et que le sujet ressente alors une attraction sexuelle pour cette femme ; ou il les transmet au Centre Émotionnel, et l’individu va alors croire que, du fait qu’elle lui a porté de telles attentions, cette femme est amoureuse de lui. S’étant ainsi trompé, il fait la cour à la femme, alors que la femme n’a jamais pensé être amoureuse de lui, mais qu’elle s’est seulement occupée de lui par simple amitié, par simple courtoisie et elle se trouve terriblement surprise lorsque cet individu vient lui faire la cour…

Je connais quelqu’un, ici, dont je ne mentionnerai pas le nom, qui vit toujours dans cette erreur ; il s’est trompé une fois et continue à se tromper des milliers de fois. L’homme, chaque fois qu’il voit une femme s’occuper de lui, croit qu’elle est amoureuse, et, de ce fait, il lui fait la cour et la dame se retrouve, en général, terriblement surprise, puisqu’elle n’est pas tombée amoureuse de lui. Ainsi, ce que cet homme a obtenu, c’est que les gens qui lui portaient de l’estime le détestent maintenant. Conclusion : il a déjà pas mal « pris de l’âge » et n’arrive pas à trouver une femme. Vous voyez comme il est facile d’envoyer les impressions qui arrivent au travers des sens à un centre qui ne leur correspond pas.

Si nous n’avions pas le Moi psychologique, s’il n’existait en nous que le MATÉRIEL PSYCHIQUE, je suis sûr que, dans ce cas, les impressions seraient transmises exactement au Centre correspondant de la machine organique ; mais, malheureusement, le Moi psychologique a l’habitude de « prendre des vessies pour des lanternes ».

Indiscutablement, le Moi psychologique est un paquet de préjugés, de peurs, de haines, d’appétences, de méfiances, de fornications, d’adultères, etc. Conclusion : le Moi psychologique est composé d’une accumulation de Mois également de nature psychologique. Chaque Moi a les TROIS CERVEAUX : l’INTELLECTUEL, l’ÉMOTIONNEL et le MOTEUR-INSTINCTIF-SEXUEL. Conclusion : chacun des Mois que nous portons à l’intérieur de nous semble être une personne différente : c’est une personne différente. Tous ces Mois que nous portons à l’intérieur de nous se disputent pour la suprématie, ils veulent être les maîtres, les seigneurs, et quand l’un d’entre eux réussit à contrôler totalement la machine organique, il croit qu’il a triomphé, mais vient, sans tarder, le moment où un autre le remplace.

Une fois les choses considérées sous cet angle, regardées de ce point de vue, il est sûr que nous n’avons pas encore un véritable SENS DE LA RESPONSABILITÉ MORALE. Le Moi qui, aujourd’hui, jure un amour éternel à une femme est remplacé, plus tard, par un autre qui n’a pas voix au chapitre ; au final, l’individu se retire et la pauvre femme reste déçue. Le Moi qui, aujourd’hui, jure son amour pour une grande cause est remplacé, plus tard, par un autre qui n’a rien à voir avec ce serment ; l’individu se retire et ses amis restent plutôt confondus. Nous n’avons pas véritablement de CONTINUITÉ DE PROPOS.

Combien d’individus entrent dans une faculté, comme par exemple la Faculté de Médecine. Je suis sûr que tous ceux qui y entrent ne vont pas devenir des professionnels. Certains se fatiguent et ils n’y retournent pas ; d’autres ne peuvent supporter la matière ; et il est difficile de trouver quelqu’un qui ait de la Continuité de Propos (c’est ce qui arrive avec toutes les autres matières médicales). S’il y avait une Continuité de Propos, alors, nous pourrions tous arriver au but ; mais, en réalité, bien souvent nous commençons à faire quelque chose et nous nous fatiguons, nous changeons brusquement d’idée. Pourquoi ? Parce qu’un autre Moi remplace le Moi qui était intéressé par tel ou tel projet.

La CONSCIENCE NORMALE n’est pas le Subconscient. Le Moi est Subconscient à cent pour cent et l’ESSENCE ou matériel psychique est dans la bouteille du Moi Subconscient. À cause de cela, le Moi Subconscient (qui est collectif ou en groupe) s’avère dans le fond satirique, car à cause du Moi Subconscient, l’Essence, le matériel psychique ou la Conscience, se trouve embouteillée, elle agit en vertu de son propre embouteillement, elle devient Subconsciente et, parfois, Infraconsciente et parvient jusqu’à l’Inconscient Psychologique.

Nous avons besoin d’AUTO-EXPLORER ce Moi pluralisé de la Psychologie ; nous avons besoin de l’AUTO-OBSERVATION PSYCHOLOGIQUE. Lorsque quelqu’un accepte qu’il a une « psychologie », il commence à s’AUTO-OBSERVER. Malheureusement, très rares sont ceux qui acceptent qu’ils ont une « psychologie » ; ils acceptent plus facilement qu’ils ont un corps physique, car ils peuvent le toucher, ils peuvent le sentir, mais ils n’acceptent pas aussi facilement qu’ils ont une « psychologie », car cela ne peut se voir à première vue, cela ne peut se toucher. Mais si quelqu’un accepte qu’il a une « psychologie », il peut changer. Lorsque quelqu’un l’accepte, il commence, de ce fait, à s’auto-observer, il commence à faire usage du sens de l’Auto-observation psychologique. Lorsque quelqu’un commence à utiliser ce sens, il se distingue des autres, il devient différent.

Si on réussissait à annihiler complètement le Moi psychologique, le matériel psychique, la Conscience pourrait s’éveiller, et la Conscience éveillée développe, de fait, le SENS SPATIAL. Le sens spatial confère, en soi-même, non seulement les cinq sens ordinaires, mais aussi beaucoup d’autres Sens que la science officielle ignore. Une fois la Conscience éveillée, ce sens spatial se développe ; mais pour que la Conscience s’éveille, il est nécessaire de DÉSINTÉGRER LE MOI PLURALISÉ de la Psychologie. Ce Moi pluralisé peut se désintégrer si nous commençons l’Auto-observation psychologique.

C’est dans le domaine de la vie pratique, en relation avec nos parents, à la maison ou dans la rue, ou à l’école, ou au temple, ou à la campagne, que nos défauts cachés affleurent spontanément, naturellement, et, si nous sommes en état d’ALERTE-PERCEPTION, d’ALERTE-NOUVEAUTÉ, alors, nous les voyons. Un défaut découvert doit être JUGÉ DE MANIÈRE ANALYTIQUE, il doit être ouvert avec le BISTOURI DE L’AUTO-CRITIQUE ; c’est ainsi que nous pourrons le comprendre.

Lorsqu’on a compris intégralement un défaut dans tous les NIVEAUX DU MENTAL, dans tous les recoins de l’entendement, on peut alors LE DÉSINTÉGRER. Il est facile de désintégrer un défaut, lorsqu’on l’a compris intégralement. Un défaut désintégré, c’est un Moi désintégré ; cela équivaut à désintégrer un agrégat psychique, et le pourcentage de Conscience ou matériel psychique embouteillé dans cet agrégat se retrouve, de ce fait, libéré.

Normalement, les gens ont trois pour cent de Conscience Éveillée et quatre-vingt dix-sept pour cent de Subconscience ; mais si nous désintégrons quelques agrégats psychiques, nous augmenterons ce pourcentage. Si l’humanité avait dix pour cent de Conscience éveillée, il n’y aurait plus de guerres dans le monde ; et lorsqu’on parvient à avoir ne serait-ce que soixante pour cent de Conscience éveillée, on obtient la perception objective réelle des phénomènes naturels.

Les gens communs, ordinaires n’atteignent pas la perception objective des phénomènes. Je suis absolument sûr que nous n’arrivons à percevoir que la millionième partie de tous les phénomènes physiques qui se passent autour de nous. Il n’y a pas de doute qu’actuellement notre Conscience se trouve très embouteillée dans l’Ego.

Si nous réussissions réellement à annihiler cent pour cent du fameux Ego ou Moi pluralisé, nous obtiendrions aussi l’éveil absolu de la Conscience à cent pour cent. Une Conscience complètement éveillée est une Conscience Objective, ce n’est plus une Conscience Subjective ; elle n’appartient plus au domaine de l’Infraconscience ou de l’Inconscience, ou du simple préconscient freudien ; c’est une Conscience véritablement Objective, dans le sens transcendantal du terme. Hermès Trismégiste, Quetzalcoatl, Gautama en Inde, Pythagore en Grèce, Zarathoustra en Perse, etc., furent des Hommes à la Conscience Objective.

La Conscience Objective, éveillée à cent pour cent, nous permet d’expérimenter directement Cela qui n’est pas du Mental, Cela qui est au-delà du corps, des affects et de l’entendement, Cela qu’est le Réel, la Vérité.

Les gens communs, ordinaires ne perçoivent jamais un phénomène de façon complète, intégrale ou unitotale. Pour le percevoir, il est nécessaire de jouir de la Conscience Objective, car seule la Conscience Objective atteint la perception intégrale de tel ou tel phénomène.

Normalement, nous voyons une fleur, nous admirons sa géométrie, et si nous avons étudié un peu de chimie, nous savons la formule chimique de cette fleur, nous l’appliquons à la fleur pendant notre analyse. En un mot, nous voyons dans la fleur ce que nous avons étudié, ce que nous avons appris dans la salle d’étude, ce que nos professeurs nous ont enseigné, mais nous ne voyons pas la fleur en elle-même, telle qu’elle est, mais nos théories déposées dans la fleur. Cela gêne beaucoup Marx, mais Kant a raison lorsqu’il affirme que nous ne percevons pas LES CHOSES EN ELLES-MÊMES.

Comment pourriez-vous certifier que vous êtes en train de voir ce vase ? Vous percevez certainement l’image de ce vase, mais le vase, en lui-même, vous ne le percevez pas. Je suis sûr que vous ne voyez pas les atomes de ce vase, les électrons, les ions, les protons, etc. Je suis absolument sûr que vous ne voyez pas le mouvement moléculaire ou atomique dans le vase ; vous voyez une image de ce dernier, mais vous ne voyez pas « la chose en soi », « le vase en soi ». De sorte que cela déplaît tant à Marx, dans sa Dialectique matérialiste, c’est pour lui, malheureusement, quelque chose qu’il ne pourrait en aucune manière argumenter. Lorsque Monsieur Emmanuel Kant dit que « nous ne voyons pas les choses en elles-mêmes », il affirme quelque chose d’une crue réalité ; nous voyons les images des choses, mais pas les choses en elles-mêmes.

Dans le domaine purement parapsychologique, nous devons comprendre le fonctionnement du Mental de manière plus profonde. Il ne s’agit pas de croire ou de ne pas croire, parce que le « je crois » et le « je ne crois pas », on peut le garder pour les questions de religions ; mais nous, nous ne parlons pas de questions religieuses…

Les sages de la Parapsychologie avancée et révolutionnaire classifient le Mental en trois aspects : premièrement, le MENTAL SENSORIEL ; deuxièmement, le MENTAL INTERMÉDIAIRE ; troisièmement, le MENTAL PROFOND, le MENTAL INTÉRIEUR.

« Le Mental Sensoriel élabore, comme dit Emmanuel Kant, le philosophe de Königsberg, ses concepts au moyen des données apportées par les sens », c’est-à-dire au moyen des PERCEPTIONS SENSORIELLES EXTERNES. Le Mental Intermédiaire contient, en lui-même, ce qu’on appelle les CROYANCES. Et le Mental Intérieur est normalement fermé chez les êtres humains.

Quant au Grand Kabire Jésus, que je cite maintenant ici de manière opportune, il qualifiait le Mental Sensoriel de LEVURE DES SADDUCÉENS, matérialistes et incrédules. Assurément, le Mental Sensoriel ne peut rien savoir du Réel, de la Vérité, du Divin, puisqu’il « élabore ses concepts, comme l’assure Monsieur Emmanuel Kant dans la « Critique de la Raison Pure » exclusivement avec les données apportées par les cinq sens » ; il ne peut rien savoir de ce qui ne sort pas des cinq sens ; c’est pourquoi on le nomme « Mental Sensoriel » (c’est la Levure des Sadducéens Matérialistes de l’époque de Jeshua Ben Pandira).

Quant au Mental Intermédiaire, il le qualifia, à cette époque, de LEVURE DES PHARISIENS, car il ne contient que des croyances, sans plus, sans vérification scientifique d’aucune sorte. L’individu X assiste à son rite, à son culte, à sa secte, à quoi que ce soit, pour tenir ses promesses, car il s’est engagé ou parce que sa famille appartient à cette secte, mais il ne s’auto-explore jamais psychologiquement. Jamais de la vie, il ne se préoccupe d’éliminer ses défauts de type psychologique : il feint une chose et il en va autrement. Voilà le pharisien ou le Moi pharisien.

Quant au Mental Intérieur, la chose change. Vraiment, le Mental Intérieur proprement dit, analysé dans la Parapsychologie Révolutionnaire, est certainement différent, il est capable – et on a pu corroborer cela avec des phénomènes parapsychologiques extraordinaires – il est capable de percevoir directement, par lui-même, les phénomènes naturels, dans leur intégralité, leur totalité.

Quelqu’un peut, par exemple, ne rien savoir en chimie et connaître immédiatement un phénomène chimique (bien qu’il n’utilise pas les termes chimiques), à condition, bien sûr, qu’il ait ouvert son Mental Intérieur. Quelqu’un peut ne jamais avoir étudié la physique, mais si son Mental Intérieur est ouvert, il peut percevoir intégralement un phénomène physique, bien qu’il utilise d’autres termes, différents de ceux que nous appelons communément « termes de physique ». Celui qui a ouvert son Mental Intérieur peut naturellement expérimenter Cela qui n’appartient pas au temps, Cela qu’est la Vérité. Mais pour ouvrir le Mental Intérieur, il est nécessaire, avant tout, d’avoir éliminé le Moi Subliminal de Miers, d’avoir détruit tous ces agrégats psychiques qui, dans leur ensemble, constituent le moi-même, le soi-même, le Moi psychologique.

Passer par l’ANNIHILATION BOUDDHIQUE est louable. Celui qui se résout à passer par la fameuse annihilation bouddhique, c’est-à-dire par l’Autodestruction de l’Ego psychologique, atteint l’éveil absolu de la Conscience. Quand la Conscience s’éveille radicalement, alors, comme conséquence ou corollaire, s’ouvre le Mental Intérieur. Ce dernier n’est pas fondé sur la « foi du charbonnier », ni sur les croyances, ni sur les concepts matérialistes, etc., il a pour unique fondement la Conscience Éveillée. Une Conscience éveillée est une Conscience qui peut capter tous les phénomènes cosmiques et les transmettre au Mental Intérieur ; dans ces conditions, le Mental Intérieur peut articuler… C’est possible au moyen de l’annihilation bouddhique.

La mère de Botacci, photographiée dans un laboratoire de Naples, n’est autre que le Moi pluralisé, se rendant tangible en plein laboratoire. Cette Katie King, photographiée, étudiée aux États-Unis par le fameux physicien William Crookes, n’est, au fond, rien d’autre qu’un agrégat psychique de quelqu’un qui est mort, un Moi psychologique matérialisé physiquement, visible et tangible pour les scientifiques.

Pour ce soir, j’ai terminé. Cependant, celui qui désire poser une question, qu’il le fasse en toute liberté.

D. […]

M. Que dites-vous ?…

D. Pourriez-vous être assez aimable pour répéter la question. Car on n’entend pratiquement rien par ici.

D. Oui. Vous avez dit que lorsque nous analysons les phénomènes physiques, nous ne voyons pas le phénomène en lui-même, mais une image de lui ; vous nous avez dit cela, n’est-ce pas ? Alors, avec le message que vous avez remis ce soir, nous pouvons aussi dire la même chose : nous ne l’avons pas perçu dans sa réalité, mais uniquement avec ce que nous avons pu percevoir, nous ne l’avons pas compris, le message n’a pas réussi à atteindre son but.

M. Il est certain que savoir écouter est généralement plus difficile que de savoir parler, car nous avons à l’intérieur de nous un très mauvais « SECRÉTAIRE » qui joue le rôle de « traducteur ». Ce « secrétaire » est rempli d’idées préconçues, de préjugés, de théories, de concepts, etc., et ce qu’il écoute, il le traduit exactement selon ses critères, et alors, assurément, on n’écoute pas le conférencier, on écoute l’EGO TRADUCTEUR qui est le très mauvais « secrétaire » que nous portons à l’intérieur de nous.

Si le Mental « s’ouvrait au nouveau », s’il voyait le présent tel qu’il est et non au travers de la lentille psychologique du passé, ou des préjugés, des concepts ou des peurs, il pourrait facilement entendre le conférencier. Mais, comme je vous l’ai dit, nous portons tous à l’intérieur de nous un « traducteur » qui est l’Ego, et il traduit selon ses propres critères. C’est pourquoi il est très difficile de pouvoir écouter sagement quelqu’un. Mes paroles s’arrêtent ici. Une autre personne veut-elle avoir l’amabilité de poser une question ?

D. Pour continuer un peu sur la question du collègue, il me vient à l’esprit les paroles d’Aristote, qui nous dit : « il n’y a rien dans la connaissance qui n’entre d’abord par les sens ». Alors, si, par rapport au thème traité, et dans ce cas traité par vous, nous ne l’avons pas compris ou nous l’avons très peu compris, soit par manque d’instruction, soit par un mauvais approfondissement, voulez-vous dire que nous n’avons pas mis réellement notre Mental en fonction ? Ou bien, la théorie d’Aristote n’a pas de sens.

M. Aristote a donné son opinion, c’est indiscutable : Aristote fonda la « DIVINE ENTÉLÉCHIE », c’est-à-dire le SYSTÈME INDUCTIF qui va du connu à l’inconnu. Il a monté son école, c’est indiscutable, mais nous ne pouvons l’accepter comme une autorité absolue, car vous avez aussi entendu parler de Platon. S’il est bien certain qu’Aristote fut un disciple de Socrate, il est vrai aussi que Platon fut un disciple du même Socrate. Et il n’y a pas de doute que Platon, par opposition au Système Inductif d’Aristote, a établi son SYSTÈME DÉDUCTIF NÉOPLATONICIEN qui va de l’inconnu au connu.

Le Système d’Aristote est complètement relié au Mental Sensoriel ; il veut, grâce à ce système, au travers de ses syllogismes, prosyllogismes, etc., amener l’homme à la Connaissance, à la Vérité, ce qui s’avère au fond impossible, car, comme l’a déjà soutenu Monsieur Emmanuel Kant, le philosophe de Königsberg, « le Mental Sensoriel élabore ses concepts au moyen des perceptions sensorielles externes », et rien d’autre, il ne peut donc rien connaître, en soi-même, rien de ce qui échappe aux cinq sens.

Le Système Déductif Néoplatonicien est supérieur : il veut l’expérience du Réel, en séparant ce qui est ontologique de ce qui est purement psychologique et intellectuel. Platon se préoccupe d’ouvrir le Mental Intérieur de l’être humain, et on peut déduire cela de l’étude de ses oeuvres, telles que : « La République », « Critias », etc. Ainsi, il considérait que nous avons besoin d’ouvrir le Mental Intérieur, si nous voulons connaître le Réel. Et nous ne pourrons ouvrir ce Mental Intérieur si nous n’acceptons pas, avant tout, la Doctrine de l’Annihilation Bouddhique ou cette autre doctrine établie par Fray Diego Molina (NdT Miguel de Molinos), dans son fameux « Quiétisme » (de type plutôt nirvanique) qui dérangea tant les inquisiteurs médiévaux, raison pour laquelle il fut enfermé dans un cachot à vie. En tous cas, LA MORT DE L’EGO est la base si on veut éveiller la Conscience de manière objective. Nous pourrons maintenant nous expliquer pourquoi les religions de type orthodoxe se préoccupent, de manière spécifique, de l’élimination de nos défauts de type psychologique. Si nous éliminons nos erreurs, si nous ne remettons pas cette élimination de l’erreur à demain, nous pouvons obtenir l’Éveil de la Conscience, et c’est une vérité objective, fondamentale. Mes paroles s’arrêtent là.

D. Alors, selon vos réponses, vous nous parlez d’une connaissance purement pragmatique ? Ou bien faut-il passer au travers du pragmatique pour arriver à la conclusion d’une idée, qui est l’objectif direct de notre Mental. Car si nous ne passons pas par le pragmatique, j’estime qu’il est très difficile d’arriver à obtenir l’objectif de notre Mental, qui est l’idée.

M. Indiscutablement, il est évident, et nous ne pourrons jamais le nier, que la connaissance doit entrer par les cinq sens ; mais ce que je veux souligner ici, dans cette conférence, c’est que nous ne pouvons pas rester définitivement dans le Mental Sensoriel ; nous avons besoin d’aller plus loin, de passer au-delà du Mental Intermédiaire ; nous avons besoin d’ouvrir le Mental Intérieur, car n’importe quelle doctrine, qu’elle soit de type bouddhiste ou chrétienne, nous dit que nous devons éliminer nos défauts psychologiques. Évidemment, si nous procédons ainsi, nous ouvrirons le Mental Intérieur, et le Mental Intérieur ouvert nous permet, évidemment, d’expérimenter directement la Vérité.

Je ne nie pas que les cinq sens soient utiles ; ce que j’affirme est différent : que nous ne devons en aucune manière rester embouteillés à l’intérieur du Mental Sensoriel. Je ne nie pas que les connaissances doivent d’abord passer par les cinq sens ; ce que je veux dire, c’est que nous devons nous rendre conscients de nos propres connaissances, qu’il y a des techniques, par exemple, en relation avec la Méditation, qui nous permettent de prendre conscience de nos connaissances, qui nous permettent d’amener nos connaissances à l’expérience même, directe, du Réel. Mais ces connaissances doivent être filtrées par le biais de la Méditation. Je ne nie pas qu’il faille passer par le pragmatique, mais les connaissances doivent parvenir au Mental Intérieur ; et elles parviennent même au-delà : elles parviennent à la Conscience ; elles passent au-delà du Mental Intérieur et parviennent à la Conscience si nous étudions, si nous pratiquons toutes les TECHNIQUES DE LA MÉDITATION.

Grâce aux Techniques de la Méditation, on arrive à devenir conscient de ses propres connaissances ; mais si on reste uniquement dans le Mental Sensoriel, on ne deviendra jamais conscient de ses propres connaissances. Mais si on devient conscient de ses propres connaissances, on arrive indiscutablement à expérimenter la vérité de celles-ci, et c’est intéressant de pouvoir arriver à expérimenter la vérité de telle ou telle théorie, de tel ou tel concept ; et c’est possible lorsque les connaissances passent au travers du Mental Central et du Mental Intérieur, jusqu’à la Conscience même.

C’est la crue réalité des faits. Mais si nous restons seulement dans la procession des théories, alors nous ne parviendrons jamais à expérimenter la vérité de telle ou telle doctrine, de tel ou tel concept. Ainsi donc, nous devons aller plus loin ; nous devons aller bien au-delà de l’intellect : nous avons besoin de devenir conscients de ce que nous étudions, et c’est tout… Une autre question ?

D. Vous disiez que le Mental Intérieur est capable de percevoir directement la Vérité, et, d’autre part, vous ne niez pas que la connaissance doive entrer par les cinq sens. Alors, comment est-il possible que quelqu’un soit capable d’arriver à la connaissance par simple inspiration ou en utilisant les Méthodes Déductives ou Inductives, sans rien percevoir par les sens ?

M. C’est avec beaucoup de plaisir que je donnerai une réponse à cette question dérangeante qui est, bien sûr, entre parenthèse, très intéressante.

Au nom de la Vérité, nous devons dire, nous devons revenir à ce que j’ai déjà dit au sujet des deux écoles : la Néoplatonicienne et celle d’Aristote. L’école d’Aristote est inductive, elle se base sur la « Divine Entéléchie » ; la Néoplatonicienne est déductive. L’école d’Aristote, ou inductive, va du connu à l’inconnu ; la Néoplatonicienne est déductive et va de l’inconnu au connu. Cela signifie qu’on peut accéder au Mental Intérieur par deux chemins : l’Inductif ou le Déductif. L’Inductif, comme je l’ai dit, part du connu vers l’inconnu. Si nous prenons une matière de connaissance et que nous la soumettons à une rigoureuse méditation, dans le but de devenir conscients de tous ses postulats, évidemment, nous la faisons passer du Mental purement Sensoriel, à travers le Mental Intermédiaire, jusqu’au Mental Intérieur lui-même ; et même plus : nous pouvons l’amener jusqu’à la Conscience Superlative et Transcendantale de l’Être, et ainsi, devenir conscients de la matière que nous avons prise comme thème de méditation. Mais si nous voulons arriver aux fameuses « INTUITIONS », si nous aspirons aux intuitions dont nous a parlé Monsieur Emmanuel Kant dans la « Critique de la Raison Pure », il suffit alors de nous mettre en état de passivité, tant dans le sens purement intellectuel qu’émotionnel, pour qu’au travers des Centres Supérieurs de l’Être, ces mêmes Intuitions de l’Être, elles-mêmes, arrivent au Mental Intérieur, au travers de la Conscience.

Nous avons alors deux flèches : l’une qui part de l’extérieur vers le Mental Intérieur, et l’autre qui vient de l’intérieur, depuis la Conscience Superlative de l’Être, jusqu’au Mental Intérieur également. Ainsi, nous avons les deux systèmes : l’Inductif et le Déductif, ils peuvent nous amener jusqu’au Mental Intérieur ; c’est évident, et ainsi c’est expliqué.

Ce qui est intéressant, c’est d’aborder ce Mental Intérieur qui est le véhicule fonctionnel de la Conscience. C’est possible, mais à condition que nous ne nous contentions pas uniquement des simples syllogismes ou prosyllogismes intellectuels d’Aristote, mais que nous pratiquions, d’une manière efficace, la Technique Scientifique de la Méditation Intérieure Profonde : car si nous nous contentions seulement de la Logique formelle, analytique ou même de la Logique dialectique, nous resterions, de toute manière, embouteillés dans la Bataille des Antithèses, qui est une caractéristique basique du Mental Sensoriel, et, de là, nous ne passerions pas, nous n’arriverions jamais à expérimenter la vérité d’une quelconque théorie ou d’une quelconque hypothèse.

Pour cela, nous devons cultiver la Technique de la Méditation. Ainsi, de cette manière, nous pourrons, au moyen du Système Inductif, arriver au Mental Intérieur lui-même, en allant du connu à l’inconnu. Nous pouvons aussi utiliser le Système Déductif Néoplatonicien. Si, au moyen de la Méditation elle-même, nous nous mettons en état de passivité, de réceptivité, les INTUITIONS arriveront au Mental Intérieur et nous connaîtrons la Vérité.

D. Voici ma question : une personne parmi vous qui aurait réussi (je ne sais comment), à ouvrir le Mental Intérieur est-elle capable de connaître un phénomène, sans avoir étudié, à travers les sens, toutes les circonstances qui ont généré ce phénomène ?

M. Il y a eu, il y a peu de temps, un cas comme celui-là au Costa Rica. Pour parler concrètement, un natif indigène, peu importe son nom, qui travaillait en tant que médecin de manière « clandestine » (non autorisé par la Faculté), fut, c’est vrai, appelé par les autorités compétentes : les médecins le mirent dans une impasse. Il disait connaître toute la science médicale et toute la pharmacopée existante et à venir. Un groupe de docteurs a amené différents remèdes, ils ont même enlevé les étiquettes des différents flacons ; ils les ont mis face à lui et lui ont posé des questions… Il a montré chaque remède, il a donné son nom spécifique, sa composition chimique, etc. On lui a posé des questions insolites sur l’Anatomie, la Physiologie, la Pathologie, la Biologie, et les réponses se sont avérées exactes. Dans ces conditions, le corps médical ne put rien moins que rester abasourdi, et j’ai entendu dire que cet homme a été reçu dans un hôpital, et là, donc, on lui a donné l’opportunité d’exercer son métier de médecin.

Ce cas est historique et il s’est produit il y a peu de temps au Costa Rica. Cependant, cet homme, cet indigène, était ignorant, analphabète, et il connaissait merveilleusement bien toute la science médicale. Évidemment, il avait ouvert son Mental Intérieur, c’est évident ; dans le cas contraire, nous ne pourrions pas donner d’explication logique à cette affaire.

Dans les Évangiles des différentes religions, qu’on les appelle chrétiennes, bouddhistes, musulmanes, ou comme on veut, il ne manque jamais de saints, de mystiques, etc., qu’on dit « Illuminés ». Ces personnes en savent beaucoup plus que n’importe lequel d’entre nous, les intellectuels. En général, ils étonnent les gens de leur époque. Si nous lisons attentivement l’histoire de n’importe quelle religion du monde, nous trouverons des cas comme celui-là.

Nous pourrions ici nous comporter comme de véritables sceptiques et nous moquer un peu, mais les faits sont les faits et devant les faits nous devons nous incliner ; c’est la crue réalité. Quelqu’un d’autre, homme ou femme, désire-t-il poser une question ?

D. […]

M. Pouvez-vous répéter ?

D. Pourrait-on affirmer que la Psychologie est en relation avec les Lois Psychiques ou Lois de l’Âme ?

M. Les termes eux-mêmes l’indiquent, n’est-ce pas ?

D. Comment dites-vous, Maître ?

M. Les termes eux-mêmes l’indiquent. C’est évident ; les LOIS PSYCHIQUES ou LOIS DE L’ÂME constituent l’étude de la Psychologie.

D. Pourriez-vous, s’il vous plaît, étayer un peu votre explication ?

M. Eh bien, je dis que les termes eux-mêmes l’indiquent : nous savons bien que « LOGOS » est « LOI » et que « PSYCHÉ » se traduit par « ÂME ». De sorte que si nous disons : « LOI DE LA PSYCHÉ ou DE L’ÂME », nous donnons alors la traduction du mot « PSYCHOLOGIE ». Maintenant, le purement PARAPSYCHOLOGIQUE est aussi défini par le terme. Rappelons-nous le terme « PARALLÈLE », par exemple. Le Parapsychologique marche alors de manière parallèle avec le Psychologique ; seulement, dans le domaine parapsychologique, on va plus au fond, on étudie certains phénomènes qui ne sont normalement pas étudiés en Psychologie : on étudie des phénomènes psychologiques que j’appellerais « extraordinaires ».

Dans le purement parapsychologique, nous pourrions inclure, par exemple, les phénomènes cataleptiques ; nous pourrions inclure jusqu’à l’Hypnose même ; nous pourrions inclure certaines transes mystiques qu’on remarque chez certains individus psychiques réceptifs. Tout cela est dûment en corrélation avec le physiologique et même le pathologique, etc.

D. Puis-je poser une question ?

M. Naturellement !

D. La Psychologie Moderne est acceptée comme matière scientifique, alors que la Parapsychologie n’est pas considérée de la même manière. Quel est votre opinion à ce sujet ?

M. Elles marchent en parallèle, évidemment… Ceci est un domaine un peu épineux, car ce qui est arrivé, ces derniers temps, dans les diverses écoles, c’est qu’il y a eu une certaine lutte entre la Psychologie et la Parapsychologie. Certains ont réussi à cataloguer la Parapsychologie de « pseudo-science », de « quelque chose qui n’a pas de véritable valeur scientifique », ce qui est absurde.

Pour le savant, et je ne parle pas seulement pour le savant, mais aussi pour ceux qui aspirent à la réelle connaissance académique, la Psychologie est aussi importante que la Parapsychologie. Nous ne pouvons absolument pas surestimer une quelconque ligne du savoir. Évidemment, aucun de nous n’est savant, mais, si nous aimons la culture, la science, comme des personnes sérieuses que nous sommes, nous ne devons sous-estimer aucun chapitre du savoir. C’est mon humble avis.

D. Je pense que le problème réside dans le fait que la Parapsychologie n’est pas encore perfectionnée et que les recherches réalisées dans ce domaine manquent de validité scientifique. Ne croyez-vous pas ?

M. J’ai justement cité ici aujourd’hui des phénomènes parapsychologiques, dans le but de parler avec des faits concrets et de consigner des différences. Indiscutablement, la Parapsychologie en elle-même, à elle seule, est considérée actuellement, par beaucoup de psychologues, comme une espèce de « pseudo-science ». Évidemment, il existe encore beaucoup de psychologues qui ne la prennent pas pour une « science sérieuse ». Mais je me demande : si les psychologues n’avaient pas fait leurs études analytiques, leurs observations, au cours des siècles et du temps, aurions-nous aujourd’hui, par hasard, une science sérieuse ? Cela a coûté beaucoup de travail : arriver à avoir la matière psychologique perfectionnée.

Dans le domaine de ce qui est purement parapsychologique, je dis évidemment qu’il faut aussi beaucoup se perfectionner. Si on veut réussir à ce que la Parapsychologie devienne une matière solide, il faut continuer à observer les phénomènes extrasensoriels et dûment se documenter avec les éléments sérieux de procédure qui existent, non seulement dans le monde occidental, mais aussi dans le monde oriental. Il vaut bien la peine que nous approfondissions les Textes Sanscrits, que nous étudions tous les phénomènes des Derviches du Turkestan (Derviches extraordinaires), que nous fassions de profondes recherches dans la Grande Tartarie où il existe une documentation extraordinaire sur les phénomènes parapsychologiques.

Avec ces documents et ces observations, je suis sûr que la Parapsychologie contemporaine pourra se transformer totalement et devenir une formidable matière d’étude. En tout cas, les données que possède maintenant la Parapsychologie s’avèrent formidables, extraordinaires, nous ne pouvons les laisser tomber dans l’oubli. Il me semble que l’heure est venue de continuer nos recherches…

D. Bien que la Parapsychologie se trouve à l’état embryonnaire, peut-on la considérer comme une science ?

M. La Parapsychologie est une science. Que la Parapsychologie ne soit pas arrivée à la perfection, c’est autre chose. Un jour, à force de rigoureuses observations et de profondes études analytiques, la Parapsychologie deviendra une merveilleuse science parfaite. Aujourd’hui, nous ne nions pas que la Parapsychologie se trouve à l’état embryonnaire ; nous ne pouvons pas le nier. Mais, elle peut se développer grâce à l’observation et à l’étude.

D. Si les phénomènes parapsychologiques qui ont été observés jusqu’à présent, s’avèrent convaincants et définitifs, pourquoi alors leur nie-t-on une validité, même scientifique ?

M. Bon, indiscutablement, les phénomènes parapsychologiques ne peuvent être niés. Cette fois, je m’en remets exclusivement à la question « phénomène »… Qu’un individu, par exemple, en état d’hypnose, dise ce qui est en train de se passer à cinq kilomètres de distance, et que ce qu’il dit est en train de se produire réellement et se retrouve dûment vérifié par l’observation exacte, c’est un phénomène que personne ne peut nier. Que l’on obtienne la matérialisation, par exemple, de « quelque chose » (peu importe le nom que nous donnons à cette « chose ») dans un laboratoire, comme dans le cas de Eusapia Palladino de Naples ou celui de William Crookes, l’éminent physicien, c’est un phénomène parapsychologique qui ne peut être nié.

De sorte que les phénomènes extrasensoriels, au fond, sont parapsychologiques, et s’ils s’avèrent exacts, ils constituent donc naturellement des éléments de jugement très sérieux. Évidemment, avec ces données analysées et rigoureusement étudiées, on peut enrichir la Parapsychologie, et elle s’enrichira de plus en plus.

Maintenant, ce qui reste à savoir, c’est sous quel angle nous allons nous placer pour porter un jugement sur ces phénomènes. Nous pourrions les juger d’un point de vue purement psychologique ; nous pourrions les juger d’un point de vue exclusivement matérialiste ; mais, dans ce cas, la Dialectique Matérialiste échouerait devant les phénomènes parapsychologiques exacts.

Évidemment, si nous ne nous plaçons pas sous un angle judicieux, sous un angle précis, pour juger ce type d’éléments, nous irons indiscutablement à l’échec, nous ne pourrons pas élaborer une réelle science parapsychologique.

En tous cas, s’il est bien certain que la Psychologie est grandiose, que c’est une science extraordinaire, nous ne pouvons nier non plus que la Parapsychologie est en train d’avancer à pas de géants et qu’un jour, elle parviendra à constituer une chaire précieuse. Voilà donc mon opinion.

Chers Messieurs Dames, comme il se fait déjà tard, je vous remercie d’avoir assisté à cette conférence et, de manière très judicieuse, je vous invite à nos études, au 626 de la rue Mariano Otero. Nous serons là pour vous recevoir. Nous avons aux alentours d’une soixantaine d’oeuvres, ainsi que du matériel didactique suffisant pour vos études. Très bonne nuit ! [Applaudissements].