Ontologie Gnostique de Quetzalcoatl

Samaël Aun Weor

Mesdames et messieurs, Monsieur le Secrétaire Général de […] la Jeunesse Révolutionnaire du […] tous vous remercier d’être réunis ce soir pour la conférence que nous allons donner… Nous nous proposons d’étudier, de commenter l’oeuvre du citoyen Président José Lopez Portillo, intitulée : « Quetzalcoatl ». Ce sera un bref commentaire, puisque le temps pèse toujours sur nous comme un bourreau et que, de plus, vous souhaitez tous rejoindre au plus vite vos maisons respectives.

L’oeuvre de monsieur le Président commence en nous parlant du Seigneur Quetzalcoatl, de cet étrange bateau dans lequel ce « Serpent » (comme on l’appellera) avait abordé sur les côtes de notre pays sacré, le Mexique…

L’oeuvre de monsieur Lopez Portillo est incontestablement très poétique. Elle nous rappelle cette mer déchaînée et le grand mystique-politicien Quetzalcoatl. Il semblerait que Quetzalcoatl soit un naufragé qui atteignit ces côtes, attiré par le hasard. Un enfant s’approche et, très étonné, il le contemple.

Quetzalcoatl, homme au teint blanc, à la longue barbe noire et impeccable, aux yeux bleus, au nez droit, à l’oreille petite et trapue, au corps herculéen (comme nous le décrit monsieur le Président), échoue sur ces plages du Mexique.

L’enfant le blesse avec un bâton : il sait que c’est un Serpent et se rend immédiatement au village informer tout le monde de cette découverte. Le village tout entier vient contempler cet étrange Serpent Emplumé (magnifique symbole de ce qui devait être plus tard l’idéal mexicain).

Ce Quetzalcoatl paraît dormir sur le sable, il semble inconscient, et en vérité, tous se sentent émus. On l’interroge et il garde le silence ; finalement, le village se retire étonné…

Soudain, regardant le firmament, il a cette exclamation mystique et symbolique : « Je suis la mer, je suis la rivière, je suis le ciel, et je ne sais même pas où je suis ! ».

Enfin, CE-ACATL parvient à prendre en charge cet homme extraordinaire.

Il paraît que Ce-Acatl réussit à gagner son amitié, l’emmena dans une caverne isolée et le garda là-bas durant un an exactement.

Mais, finalement, le village impatient, réclama à Ce-Acatl :

– Qu’as-tu fait du Serpent, où est-il ? Tu l’as caché, tu l’as gardé pour toi seul ?…

Ce-Acatl répondit :

– Non, je ne l’ai pas caché. C’est le Serpent qui a voulu se cacher ; mais vous pouvez venir avec moi.

Et Ce-Acatl présenta le Serpent Emplumé aux Toltèques…

Quel magnifique panorama offrait cette mer déchaînée, la houle qui bat incessamment la plage… ce peuple si merveilleux… et Quetzalcoatl avec eux…

Évidemment, Quetzalcoatl resplendit comme un Hercule grec ou comme le Samson de la Bible Hébraïque : toujours héroïque, toujours triomphant, toujours rebelle comme les héros de Rabelais, aucune faiblesse, ainsi est Quetzalcoatl !…

Le Grand Homme avance péniblement et quelques prêtres (cinq d’entre eux) essaient de l’arrêter sur son chemin ; il s’engage une lutte mortelle entre eux et l’Hercule mexicain ; et, finalement, Quetzalcoatl, lors d’une terrible bataille, met à mort les cinq prêtres ; le peuple le respecte, parce qu’il s’est imposé par son pouvoir extraordinaire et, s’approchant de lui, ils l’interrogent :

– Qui es-tu ? Nous ne te connaissons pas.

– Je viens donner et non pas prendre…

– Mais qu’est-ce que tu peux nous donner ? Tu arrives et déjà tu veux commander ? Nous ne savons même pas qui tu es…

– Je suis Quetzalcoatl, le serpent emplumé ! Ainsi répond ce personnage de la Mythologie mexicaine…

Au moment précis où Quetzalcoatl se présente devant les Toltèques, des faits intéressants se produisent, des événements magnifiques : les prêtres amènent un accusé condamné à mort, Quetzalcoatl le défend d’une manière extraordinaire et cet accusé est sauvé de l’horrible Parque…

Quetzalcoatl enseigna aux Toltèques tous les arts, il leur apprit à cultiver la terre, à semer du coton et du maïs, il leur enseigna la Science des Mathématiques et de l’Astronomie ; il les civilisa au plus haut point.

On l’adora comme un Dieu, bien que lui reconnût sa propre humanité, bien que lui ne se sentît pas omnipotent, ni puissant, ni maître des vivants ou des morts.

Le peuple sut le remercier pour son enseignement politique. Rendez-vous compte que Quetzalcoatl leva la puissante civilisation des Toltèques ; rendez-vous compte que eux, qui n’avaient jamais cultivé la terre, apprirent à semer du maïs et du coton, et beaucoup d’autres fruits et légumes nécessaires à l’alimentation.

Quetzalcoatl pensa non seulement aux Toltèques de la lointaine Thulé, mais aussi à toutes les tribus d’Amérique. Il aimait profondément l’humanité et voulait véritablement réaliser des organisations sociales parfaites : il était révolutionnaire, au sens le plus complet du terme.

C’est pour cette raison que le « Quetzalcoatl » de Lopez Portillo (notre grand Président) est le symbole vivant d’une culture sociale extraordinaire qui doit se développer à notre époque, pour le bien de toute l’humanité souffrante.

La DOCTRINE QUETZALCOALTIENNE n’admet pas la misère, la faim, l’ignorance, les maladies, la désolation ; la Doctrine de Quetzalcoatl veut l’équité et la justice distributive ; la Culture Quetzalcoaltienne (du style de l’antique Sagesse d’un Platon, dans sa « République ») considère qu’il ne peut y avoir de VÉRITABLE DÉMOCRATIE tant qu’existe, dans la République, un seul homme souffrant de faim, de misère ou d’ignorance.

Le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) fait écho à cette Doctrine quand il lutte pour un niveau de vie supérieur, quand il travaille dur pour mettre fin à ces luttes qui existent entre CAPITAL et TRAVAIL, lorsqu’il se propose vraiment d’établir la Justice dans toutes les couches sociales.

Quetzalcoatl, d’un point de vue philosophique, ou plutôt mythologique, est le LOGOS PLATONICIEN au Mexique ; il est le Démiurge Grec, sur tout le territoire national ; il est véritablement un Christus ou un Vishnu (comme Puissance Créatrice, derrière tous les phénomènes physiques et chimiques de la Nature et du Cosmos).

Évidemment, la Mécanique Cosmique implique des Intelligences Actives. Il ne serait pas possible de concevoir la Mécanique de l’Univers sans PRINCIPES INTELLIGENTS capables de la créer et de la recréer à nouveau.

Quetzalcoatl (le « Quetzalcoatl » de Lopez Portillo, le Quetzalcoatl de l’antique Mexique) est véritablement ce qui a toujours été, qui est, et qui sera ! Il est la vie qui palpite en chaque atome, comme elle palpite en chaque Soleil ; il est l’Intelligence Universelle s’exprimant dans le mécanisme même du Cosmos !…

Quetzalcoatl n’est sûrement pas un personnage anthropomorphique : il est plutôt l’INTELLIGENCE COSMIQUE. Nous savons bien, nous autres, que l’Intelligence est une constante universelle et qu’elle s’exprime dans tout ce qui est créé. Si nous observons une fourmilière, nous verrons là l’Intelligence ; si nous observons les oiseaux dans le ciel, nous verrons là l’Intelligence ; si nous observons les poissons qui glissent dans les eaux tumultueuses du Ponto, nous verrons les principes de l’Intelligence.

Par conséquent, Quetzalcoatl est l’Intelligence même de l’Univers s’exprimant magnifiquement dans chaque fleur, dans chaque rivière, dans la fureur de la mer et dans l’ouragan…

Et que dire de Ce-Acatl ? Rappelons-nous clairement que c’était le JUMEAU DE QUETZALCOATL (ainsi l’exprime notre illustre dirigeant Lopez Portillo).

Ce-Acatl s’incinérant, se consumant pour attirer les Principes Spirituels de Quetzalcoatl ; Ce-Acatl allumant un bûcher pour s’y brûler nous indique incontestablement quelque chose de transcendantal qu’il vaut bien la peine de connaître.

On disait, dans les temps antiques, que « le mystère des ÂMES JUMELLES est le plus grand mystère de l’Amour… » On disait aussi que « lorsqu’un homme rencontre son Âme Jumelle chez la femme, il est extrêmement heureux »…

Pour parler d’Âmes Jumelles et d’Amour, nous dirons que « cela commence par une étincelle de sympathie, prend substance avec la force de l’affection et se synthétise en adoration »…

« Un Mariage Parfait est l’union de deux êtres : l’un qui aime plus, l’autre qui aime mieux »…

« L’Amour est la meilleure religion à laquelle on puisse accéder… »

Que nos Principes Intelligents puissent s’exprimer chez une personne du sexe opposé, ce n’est pas un dogme, ni une superstition.

Il est certain que nous rencontrons parfois, chez la femme aimée, l’Âme Jumelle.

Et que dirons-nous de cette PYRAMIDE majestueuse que Quetzalcoatl fit élever sur la terre sacrée des Toltèques ? Assurément, les CHICHIMÈQUES captifs durent travailler intensément pour construire cette grande Pyramide. Mais Quetzalcoatl, qui avait lutté avec eux, qui avait voulu les civiliser, était allé dans la montagne avec un petit cortège de serviteurs ; cependant, ils ne le comprirent pas ; bien au contraire, ils le blessèrent à mort.

Sur la terre sacrée des Toltèques, il ne manquait pas « d’hommes guerriers », et les Chichimèques, vaincus, durent travailler intensément dans la Pyramide. Dans quel but a-t-on construit cette Pyramide ? Est-ce que, par hasard, les modernes, les super-civilisés de notre époque, pourraient connaître les mystères sacrés des antiques Pyramides du Mexique ?

Croyez-vous, par hasard, que les Sages d’Anahuac ou de Teotihuacan ou les Toltèques, élevaient des Pyramides uniquement pour qu’un groupe d’hommes les gravissent ?

Évidemment, ils devaient avoir des MOTIFS TRANSCENDANTAUX que vous ne connaissez pas et qui obligèrent nos ancêtres d’Anahuac, les Toltèques, les artistes, etc., à ÉLEVER DES PYRAMIDES.

Le fait est qu’il a existé, dans les temps antiques, des connaissances transcendantales sur lesquelles nous, les Gnostiques, nous faisons des investigations. Il n’y a pas de doute, mes amis, que dans les CODEX SACRÉS de nos ancêtres, il y a des connaissances latentes, grandioses, qu’à l’heure actuelle les universités ignorent totalement.

Il n’y a pas de doute que la SAGESSE QUETZALCOALTIENNE court, comme un fleuve d’or, sous les épaisses forêts du soleil ; il n’y a pas de doute que le resplendissement de la Sagesse Quetzalcoaltienne a brillé, un jour, comme les étoiles dans le firmament. À cette époque, les conquistadors espagnols n’étaient pas encore arrivés ici, dans ces terres : toute vie était respectée et nous possédions une organisation politique parfaite que ne soupçonnent pas le moins du monde les étudiants en droit, aujourd’hui, à notre époque.

Il faut dire que la SAGESSE DE QUETZALCOATL n’est pas seulement RELIGIEUSE, comme beaucoup le supposent, mais qu’elle est aussi POLITIQUE, ÉCONOMIQUE, etc.

S’il y a eu une fois une véritable justice distributive au Mexique, ce fut à cette époque de Quetzalcoatl : l’ordre merveilleux d’Anahuac, la vie sociale telle qu’elle était organisée à cette époque, c’est tout un idéal pour nous.

À notre époque, nous sommes très loin d’atteindre la perfection dans la vie politique, mais les Sages d’Anahuac, les Sages Toltèques, les Sages des pyramides antiques de Teotihuacan enseignèrent vraiment aux gens la manière de vivre avec sagesse à l’intérieur d’un ordre politique extraordinaire.

Maintenant, il nous appartient de faire une véritable RÉVOLUTION SOCIALE, dans le but d’atteindre, un jour, quel qu’il soit, un ordre politique semblable à celui du Mexique antique.

Si on juge les anciens de façon erronée, si on dit qu’ils « adoraient des idoles », si on les qualifie de « pervers », c’est par ignorance. Le Mexique a eu et aura toujours SAGESSE et CIVILISATION, non seulement pour lui-même, mais aussi pour d’autres peuples.

Il existe des traditions très anciennes dans lesquelles on affirme, de manière emphatique, que les Phéniciens, à leur époque, en naviguant à travers l’océan déchaîné, parvinrent jusqu’aux terres du Mexique. Et c’est de là, de ces terres seigneuriales, que furent importés les bois servant à l’édification du TEMPLE DE JÉRUSALEM.

Mes amis, je veux que vous compreniez que le Mexique est une terre archaïque très sacrée !

Quand l’Amérique du Sud n’avait pas encore surgi, quand elle était cachée au fond de l’océan, quand l’Amérique Centrale n’était pas apparue sur la carte, le Mexique existait déjà !

Quand le Canada, l’Alaska et les Etats-Unis n’avaient pas encore surgi des fonds abyssaux de l’océan, le Mexique existait déjà !

Quand la terre des brachycéphales, qui s’étendait du détroit de Béring par la Sibérie jusqu’à la Russie, l’Allemagne et la France, n’était pas sortie du fond ténébreux de la Mer, le Mexique existait déjà !

Si bien que, réellement, en vérité, le Mexique est archaïque à cent pour cent.

Quand l’Afrique Méridionale et Occidentale n’avaient pas encore surgi des eaux terribles de l’océan, le Mexique existait déjà !

Ici, sous les couches souterraines, existent des civilisations extraordinaires que la plupart des archéologues et des anthropologues modernes ne soupçonnent pas encore.

Ainsi donc, nous avons eu ici de puissantes cultures et les Espagnols n’ont rien à nous apprendre. En venant, donc, sur ces terres, détruire nos monolithes sacrés, nos temples, nos pyramides et nos oratoires, ils commirent un crime horrible ; au lieu de venir sur ces terres dans un but de destruction, ils auraient dû venir se civiliser : ils auraient pu emporter d’ici les trésors d’une sagesse extraordinaire aux sociétés caduques de la vieille Europe…

Ainsi, mes chers amis, la construction d’une pyramide (dirigée par Quetzalcoatl) ou de toutes les pyramides que nous avons ici, dans notre pays auguste et sacré, n’est pas seulement un caprice, et elles n’ont pas été faites pour que quatre ou cinq leaders les gravissent dans le but de les utiliser comme tribunes ; non, mes amis, dans ces pyramides se trouvent la Sagesse antique, les connaissances que vous ignorez, mais qui, un jour, seront connues, au fur et à mesure que nous, les Gnostiques, nous trouverons ces Connaissances.

Nous avons écrit quelques oeuvres ; ici, nous avons en plus « La Doctrine Secrète d’Anahuac », un livre que j’ai mis en circulation ; celui-ci et d’autres se coordonnent véritablement très bien avec l’oeuvre de notre Président, et avec cette autre oeuvre, merveilleuse également, de Bustamante, qui est très connue, comme : « Le Chemin »… ou comme « Le Destin du Continent »…

Ainsi, chers amis, nous nous trouvons devant des faits véritablement sensationnels…

Si les captifs Chichimèques furent obligés de travailler, c’est parce qu’ils le méritaient ; nous savons bien qu’ils avaient blessé à mort Quetzalcoatl ; ils n’avaient pas voulu de civilisation, ils étaient libres comme des oiseaux dans la montagne, en vivant de manière simple, comme des cannibales.

Lorsque Quetzalcoatl voulut les civiliser, ils répondirent par la flèche et la lance, et par la diatribe et l’insulte qui lacère ; c’est pour cela qu’ils méritaient certainement leur châtiment…

Et que dire de la sécheresse ? Nous savons bien qu’à cette époque il y eut une grande sécheresse qui ruina complètement Thulé ; alors le coton se mit à sécher, le maïs ne put plus germer, les récoltes se perdirent, et partout la faim menaçait. Ils exigèrent, ils demandèrent à Quetzalcoatl qu’il fasse pleuvoir. Ce Mystique étrange, avec sa taille très serrée par une corde, cet homme aux bras héroïques, au visage mélancolique, terriblement Divin, gravit la Pyramide…

Et, selon ce que nous relate notre cher Président, il resta plus de 20 jours à jeûner, sans manger, ni boire. Les traditions racontent, ce que confirme notre premier mandataire, qu’il implorait sans cesse les dieux saints et qu’il était disposé à mourir de faim s’il ne pleuvait pas ; et la réalité fut qu’une terrible averse inonda la terre sacrée des Toltèques…

Et, bien que beaucoup d’entre vous en rient et le prennent simplement pour une affaire de superstition, l’Homme avait foi en la mystique, et il plut !

Au moment où je parle de cela, je me souviens de la sculpture du fameux TLALOC que nous avons au Musée d’Anthropologie et qui avait été jetée dans la boue d’un village ; mais, cependant, elle fut emmenée, car on en avait besoin pour le musée.

Et elle fut transportée dans plusieurs camions très bien coordonnés. Quand elle entra dans la ville une pluie terrible se déchaîna. Dans les jours qui suivirent, les journalistes s’en moquèrent vraiment ; ils disaient : « Tlaloc a fait pleuvoir, Tlaloc a amené la pluie… ».

Bien qu’ils s’en moquent, la chose n’est pas une pure coïncidence, mes amis, parce que nos ancêtres ne sont pas ces idolâtres qu’imaginent les super-civilisés venus d’Europe. Ils avaient des connaissances cosmologiques et savaient très bien quelle relation existe entre la psyché humaine et certaines forces de la Nature. S’ils adorèrent les dieux saints, comme disent les livres antiques, c’est parce que […] disposé à mourir de faim s’il ne tombait pas de l’eau des cieux, c’est quelque chose de véritablement extraordinaire, formidable, c’est quelque chose qui défie le Matérialisme de tous les temps, quelque chose qui se présente et qu’a présenté monsieur Lopez Portillo, devant le verdict solennel de la Conscience publique.

À propos du retour de TEZCATLIPOCA, il fut certainement un peu fatal.

Cet aspect négatif qui existe toujours dans toute chose, cet aspect mauvais de la Nature, devait revenir pour marquer la fin d’une puissante civilisation…

Et il me revient en mémoire ces instants solennels où les habitants de l’antique Thulé, se présentant devant Quetzalcoatl, lui dirent :

– Seigneur, c’en est fini de Thulé, c’en est fini de Thulé !… Quetzalcoatl répondit :

– Pour moi aussi c’en est fini, le Serpent se mord la queue !…

– Mais fais quelque chose, Seigneur, sinon c’en est fini de Thulé !…

Tezcatlipoca revint… Et arriva le moment où Quetzalcoatl commit l’erreur de s’enivrer avec le Pulque (le Pulque, délice de tous les temps qui servit de vin à Bacchus, boisson mexicaine, très mexicaine, bien qu’elle ne plaise pas à d’autres) qui remplit de joie les coeurs et ne put moins faire que de remplir aussi d’allégresse Quetzalcoatl, ce Héros Solaire… Le plus grave fut que ses ennemis, d’un commun accord, l’exhibèrent devant le peuple ; et le résultat d’un pareil outrage fut terrible ; les multitudes se rebellèrent contre Quetzalcoatl.

Il avait démérité pour quelques coupes de vin ! Que Dieu et Sainte Marie me gardent, comme diraient les Gachupines ! Et, comme conséquence ou corollaire, arriva le terrible exode… Quetzalcoatl sortit de la lointaine Thulé, abandonna les chaussées de cette grande ville : il parvint jusqu’à l’embarcadère, jusqu’à la mer, et c’est alors qu’il lança ses terribles prophéties :

« Les dieux se convertiront en démons ! – cria Quetzalcoatl de toutes les forces de son âme – les rois en esclaves, et les esclaves en rien ! De l’autre côté de la mer, viendront des hommes blancs et barbares qui nous réduiront à l’esclavage et nous détruiront (il se référait aux Espagnols). Je m’en vais dans une barque ; je reviendrai plus tard, en d’autres temps, parce que le Soleil va se cacher ; le Soleil des Toltèques se cachera et il s’enfoncera dans le Mictlan, mais un jour, je reviendrai… ».

Les légendes racontent – et c’est ce que dit notre Président Lopez Portillo – que Quetzalcoatl se fit construire une croix, qu’il la mit sur un radeau, et qu’il fut attaché à cette croix, et à la fin, le radeau fut enlevé par les vagues, loin très loin, à travers la mer orageuse…

Il me vient en mémoire ces « hirondelles » de Becquer, ces « hirondelles » qui s’en furent par les mers inconnues pour ne jamais revenir. Cependant, je pense que Quetzalcoatl doit venir un jour dans notre coeur. Nous ne l’attendrons pas en chair et en os, mais plutôt NOUS ATTENDRONS ICI A L’INTÉRIEUR, AU FOND DE NOTRE ÂME…

Quetzalcoatl, en réalité et en vérité, est le Logos, l’Intelligence Créatrice de l’Univers. Avant que l’Univers n’existe, existait le Serpent Emplumé, celui qui se tortillait merveilleusement dans l’OMEYOCAN ; ainsi parlent les livres antiques d’Anahuac.

Mes amis, l’ANTHROPOLOGIE ÉSOTÉRIQUE GNOSTIQUE est extraordinaire ; l’oeuvre de Lopez Portillo resplendit aujourd’hui comme le Soleil. Nombreux sont ceux qui ont lu ce livre, mais peu l’ont compris. Quetzalcoatl est le Symbole de l’union vivante de tout le Mexique, le symbole des organisations politiques de […]

Disciple […] c’est la même essence, d’après ce que j’ai compris, bien que cela ne soit pas sa forme. Ma question va dans ce sens : dans quelle mesure cette Pensée Mystique de l’Intelligence Universelle a influencé, à votre avis, la personnalité de Monsieur José Lopez Portillo ? C’est-à-dire, cette dualité entre ce qui rampe et ce qui vole, entre la Pensée Universelle et l’activité pratique concrète, comment cela a-t-il influencé son activité quotidienne, à votre avis, en tant que dirigeant d’une nation ?

La deuxième question a trait au sujet de la référence que vous avez faite de ce qu’étaient les civilisations antiques et leurs grandes manifestations ; j’ai compris qu’il y a certains courants qui se manifestent, que beaucoup de ces Courants Universels de la Pensée ont une origine extraterrestre, et qu’il en existe des preuves dans la Pyramide d’Égypte, sur le plateau de Cuzco, au Pérou, ainsi que dans quelques manifestations de la civilisation Maya. La deuxième question va dans ce sens : que pensez-vous de possibles civilisations extraterrestres ?

Maître. C’est avec le plus grand plaisir que je vais répondre à ces deux questions. Sans aucun doute, je suis d’accord avec votre opinion, sur l’aspect Mystico-Christique cité, dans lequel se fait… demeure un certain parallèle, une similitude, entre le Quetzalcoatl mexicain, le Christ hébraïque, le Vishnu hindou, l’Osiris égyptien, le Fu-Hi chinois, etc.

Il n’y a pas de doute que, si nous étudions en détail toute la tradition de Quetzalcoatl, nous retrouvons LE MÊME DRAME COSMIQUE des Quatre Évangiles hébraïques, ou le même drame de Krishna, en Inde, ou le même drame de Fu-Hi, en Chine ; ainsi, évidemment, Quetzalcoatl en revient à être la plus vive expression du Logos platonicien, du Démiurge grec, de l’Osiris égyptien…

À la façon dont il a influé sur le premier mandataire de notre pays, Lopez Portillo, je dois déclarer que notre Président, sans aucun doute, a pris Quetzalcoatl comme un facteur humain et Solaire.

D’un point de vue Solaire, indubitablement, Quetzalcoatl qui représente l’IDÉAL MEXICAIN dans tous ses aspects, l’Intelligence Divine de nos ancêtres (qui n’est pressentie, à l’heure actuelle, que par ceux qui étudient les sciences anciennes) a influé sur l’esprit de notre Président, compte tenu du coeur plein d’aspirations du premier mandataire. En vérité, il a voulu un Mexique sublime, ineffable ; un Mexique où n’existeraient pas les divisions politiques ; un Mexique où s’établirait la justice distributive ; un Mexique où il n’y aurait pas de conflits entre le capital et le travail. Quel meilleur idéal aurions-nous pour lui que la figure symbolique d’un Quetzalcoatl ?

Indubitablement, dans cet esprit, notre premier mandataire n’aurait pas pu choisir de meilleur symbole : un symbole solaire, un symbole humain, un symbole social, politique, extraordinaire.

L’oeuvre de Lopez Portillo est diamantine à cent pour cent ; ce livre de Lopez Portillo, écrit dans un style poétique, en vérité difficilement surpassé par tout autre écrivain, resplendit aujourd’hui non seulement ici, dans notre pays, mais aussi dans d’autres pays du monde ; c’est non seulement un modèle de Sagesse, mais aussi, vraiment, un modèle de littérature.

Mais, vivons ce qui est important : la question sociale, politique, du Mexique sacré ; voilà ma réponse à la première question. La seconde… répète-la, s’il te plaît…

D. Oui, elle était en relation avec les civilisations antiques […] de civilisation […] dans un endroit du monde des civilisations très, très avancées, et certains assurent qu’elles ont une origine extraterrestre ; il y a aussi des versions qui circulent sur l’éventuelle origine extraterrestre de Quetzalcoatl…

M. Au nom de la Vérité, nous devons dire, en acceptant la théorie de la « pluralité des mondes habités », que si, sur notre planète Terre, nous avons une civilisation, il doit en exister d’autres dans le Cosmos. En vérité, l’important pour nous, c’est de connaître notre monde, la Terre : certains se préoccupent trop des autres mondes alors qu’ils ne connaissent pas encore notre monde.

En réalité, notre monde, la Terre, reste encore ignoré ; il existe des merveilles sur Terre qui sont encore méconnues de nous les Terriens. Je crois qu’avant de nous occuper de la vie sur d’autres planètes, nous devrions nous occuper de la liberté du peuple, des classes sociales, des classes opprimées, pour résoudre les problèmes qui existent entre le capital et le travail, pour organiser ou essayer d’organiser un peu mieux l’Assurance Sociale pour notre frère l’homme, et après nous penserons aux étoiles… Souvenons-nous de ce que disait notre premier mandataire : « Ce ne sont pas les étoiles qui préoccupent Quetzalcoatl, c’est l’Homme ! »…

Réellement, l’homme est une véritable énigme : ce qui, auparavant, nous attirait, nous fascinait, aujourd’hui nous le méprisons, et si auparavant, nous nous enthousiasmions pour telle ou telle branche de la Science, aujourd’hui nous la regardons avec indifférence.

Nous sommes aussi vite gais que tristes ; notre pensée, nos sentiments, oscillent en accord avec la loi du Pendule.

Cela vaut la peine que nous nous connaissions nous-mêmes, cela vaut la peine que nous connaissions notre monde, la Terre. Pensons à la profondeur des océans ; il y a des phénomènes que nous ne connaissons pas encore. Par exemple : comment est-ce possible que les thons (les thons qui sortent du Brésil, et qui viennent aussi d’Europe) se rencontrent précisément dans la Mer des Sargasses pour leur reproduction ? Pourquoi certains bancs de thons qui se dirigent vers l’Ecosse n’entrent-ils pas dans la Méditerranée ?

Pourquoi existe-t-il des courants ou des flux, dans l’océan, qui vont dans des directions opposées, distants les uns des autres de quelques mètres seulement ?

Et pourquoi ceux qui vont vers le Nord avancent-ils sous forme de tourbillon de gauche à droite, comme une montre vue de face, alors que ceux qui vont vers le Sud se meuvent en tournant dans le sens opposé ? Et pourquoi arrive-t-il que certains, au débit important, se dirigent vers le Nord ?

N’est-il pas étonnant, par exemple, qu’existe encore le Coelacanthe, un poisson de couleur bleue, gigantesque, immense, qu’on croyait disparu, et qui vient d’être découvert dans l’océan Indien ?

À quoi est dû, par exemple, qu’il y ait des zones mortes, dans l’océan, où les bateaux ne peuvent pas avancer ? Qu’est-ce qui se passe ?

Quelle est l’origine de l’homme ? Serait-il, par hasard, l’Asura de Haeckel ou le Fils du Manu hindou. Je crois qu’il vaut la peine, avant de nous préoccuper des étoiles, de nous occuper de résoudre nos problèmes économiques, et, de plus, de nous occuper aussi de connaître notre monde, la Terre.

Je termine sur ces paroles et je crois qu’avec cela nous avons fini.