Écrit par : Gnostic InstructorCatégorie : Le Chemin Soufi de la Connaissance de Soi

Nous poursuivons notre cours sur la connaissance de soi, que nous avons initié il y a quelques semaines. Nous avons discuté en synthèse de la nature de l’éveil spirituel, de la compréhension et de la connaissance du divin, qui à l’intérieur de nous, ainsi que de certains moyens et méthodes pour acquérir cette connaissance, cet éveil pour nous-mêmes. Nous avons parlé de la nature de la conscience, qu’est-ce que cela signifie d’être éveillé, qu’est-ce que cela signifie d’être perceptif, et nous avons expliqué en synthèse comment la perception est la racine de la pensée, c’est la racine de l’émotion, et c’est la racine de l’impulsion, de l’instinct, de la volonté, du désir, etc., et est la source même d’où jaillit la perception.

Dans l’esprit de la doctrine Gnostique, qui englobe toutes les religions, nous avons expliqué cet enseignement de la conscience de soi, de la connaissance de soi, comment faire l’expérience du divin conformément au mysticisme du Moyen-Orient – pour démontrer que cet enseignement est plus que du point de vue Chrétien. Nous considérons la Gnose, en termes de scolastique aujourd’hui, comme l’étude des évangiles Chrétiennes non canonisées. Mais le mot Grec Gnosis est connaissance, connaissance que nous acquérons par expérience, et n’a rien à voir avec l’intellectualisme, la scolastique, la théorisation, le débat. Au lieu de cela, c’est une connaissance concrète et factuelle de la divinité.

Nous avons expliqué cet enseignement en relation avec le mysticisme de l’Islam, et l’Islam en Arabe signifie la soumission à la volonté de Dieu. Que nous soyons Bouddhistes, Juifs, Chrétiens, etc., nous apprenons à nous soumettre à la volonté de la divinité à l’intérieur de nous en développant cette conscience, en développant cette compréhension. La Gnose a été connue en différents termes dans différentes religions, mais parmi les Soufis, les mystiques de l’Islam, ils dénomment cette connaissance Marifah, connaissance ou Haqiqah, qui signifie la vérité.

Dans cette conférence, nous allons expliquer ce que nous devons faire pour développer davantage cette conscience, cette connaissance. C’est une discipline spirituelle. C’est une méthode. Elle est basée sur la cause et effet. La vie spirituelle est basée sur la mise en œuvre de facteurs spécifiques, c’est pourquoi différentes religions ont donné différentes règles de conduite codifiées, afin de connaître la divinité, que ce soit les dix commandements du Judaïsme, que ce soit les dix actions méritoires ou non méritoires du Bouddhisme, ou si ce sont les commandements écrits donnés dans le Coran parmi les Musulmans et les Soufis, et chaque tradition a ses propres instructions et conduite spécifiques sur la manière de discipliner le mental.

Ainsi, dans le Bouddhisme, nous parlons de la nécessité de discipliner le mental afin d’expérimenter la sérénité de l’absence de pensée, de cesser de penser, de conceptualiser, de préoccuper l’intellect qui produit nos problèmes et nos souffrances. Donc, la connaissance de soi que nous recherchons est de nous entraîner, de former notre mental, de former nos corps, nos cœurs, de connaître la divinité et de comprendre ce qui, dans notre psyché, obscurcit cette intelligence divine, que les religions ont donné des noms différents, que ce soit le Bouddha intérieur (qui, comme nous l’avons expliqué, Bouddha signifie éveillé, être conscient, être cristalin, être clair dans ses pensées, ses sentiments dans l’Être) ou comme parmi les Musulmans, Allah, qui a l’équivalent Hébreu El. C’est de là qu’on obtient de nombreux noms d’anges, Samael, Michael, Gabriel, etc.

C’est ce Soi que nous cherchons à comprendre. Mais bien sûr, pour y arriver, nous devons apprendre à mettre en œuvre les causes appropriées pour récolter les effets spécifiques que nous recherchons. Comme l’a déclaré le fondateur de la tradition Gnostique moderne (son nom est Samael Aun Weor), « la conscience ne peut être éveillée que par des efforts droits et des travaux conscients, ou des travaux conscients et des efforts droits. »

Nous allons expliquer aujourd’hui spécifiquement les paramètres et les difficultés rencontrées lors du développement d’une introspection dans la psyché. Quels sont les obstacles auxquels nous sommes confrontés et quels enseignements pouvons-nous utiliser pour former un mental indiscipliné afin d’en faire un mental discipliné et paisible? Précisément parce que notre mental, tel qu’il est actuellement, s’identifie à nos problèmes quotidiens, ayant peut-être des disputes avec des êtres chers, des collègues, des conflits. Tout état de souffrance indique et pointe vers des causes dans notre psyché qui doivent être comprises. C’est en comprenant la source des conflits que nous vivons en nous-mêmes, dans notre intérieur, que nous pouvons obtenir la paix du mental et la sérénité d’un mental divin et clair, qui reflète pleinement à son plein potentiel les états célestes de l’être, que nous discutions.

Éveil

Nous réitérerons un point que nous avons soulevé lors de notre dernière conférence. Nous discutions de la nature de la conscience et de ce que signifie être éveillé et de ce que signifie être inconscient. Actuellement, tels que nous sommes, dans nos préoccupations de notre lutte quotidienne, de l’engagement au travail, des nombreuses obligations et responsabilités auxquelles nous sommes soumis, nous affirmons clairement que ceux-ci en eux-mêmes forment des distractions. La façon dont nous abordons la vie, comment nous nous engageons dans la vie est déterminée par notre qualité mental, notre état d’être. Il est impossible d’échapper aux nécessités de la vie, mais nous pouvons changer notre attitude psychologique, notre approche.

Comme nous le disions, nos sens physiques peuvent être éveillés: la vue, le goût, le toucher, l’ouïe, la sensation, etc. Ceux-ci indiquent en eux-mêmes un état d’éveil physique. Mais en termes de potentiel spirituel que nous avons, nous déclarons que ce potentiel est endormi. Il n’est pas actif. Il n’est pas pleinement développé à son potentiel, comme le démontre le proverbe Soufi « Celui qui se connaît connaît son Seigneur ». Si nous nous connaissions complètement, nous connaîtrions complètement la divinité, selon les anciennes traditions. Ainsi, nous parlons souvent du besoin de prise de conscience, du souvenir de la divinité, de prendre conscience de cette présence à l’intérieur de nous.

Plus précisément, nous avons la citation suivante tirée des Écritures que nous avons abondamment citées dans ce cours, la Risalah ou Principes du Soufisme (ou vous pourriez également dire que Gnosticisme, ils partagent les mêmes racines) et cette citation suivante provient d’un maître Soufi du nom d’Al-Wasiti. Il a été interrogé sur la pratique du souvenir et a déclaré: « C’est laisser la cour fermée de l’inconscience pour le vaste espace de contemplation à travers le pouvoir de Le craindre et l’intensité de L’aimer. »

Encore une fois, la divinité n’est pas un vieil homme dans les nuages, une figure anthropomorphique qui distribue des éclairs sur cette fourmilière d’humanité pour nous faire souffrir. Ce dieu n’existe pas, c’est pourquoi Friedrich Nietzsche a dit: « Dieu est mort », ou ce dieu Judéo-Chrétien est mort, n’existe pas. Au lieu de cela, le Dieu dont nous parlons est une présence, est une force, une intelligence qui est à l’intérieur de nous. Comme nous l’avons expliqué dans l’histoire de l’allégorie de la cave, il y a un processus par lequel on échappe à cet enchaînement et à ce conditionnement du mental, de la psyché, de la conscience pour expérimenter des états supérieurs d’inconditionnalité, de libération, de l’absence d’états psychologiques négatifs, tels que l’orgueil, la peur, la colère, la vanité, la luxure, etc. Les sept péchés capitaux, pourrions-nous dire, selon certaines traditions.

Nous expliquons que ce que nous cherchons à développer est une conscience exempte de conditions. Dans un moment de colère, nous sommes conditionnés par la colère. Nous voyons à travers l’objet de ce désir. Nous voulons réaliser ce que ce désir désire de nous. Et cela, on pourrait dire, l’attraction magnétique des forces en nous-mêmes pour agir d’une certaine manière, d’une manière négative, nous démontre que nous n’avons pas un contrôle total, que nous n’avons pas une pleine connaissance de nous-mêmes, que nous sommes piégés à un moment donné par des causes et des conditions extérieures pour réagir constamment au monde extérieur d’une manière qui est nuisible, préjudiciable à nous-mêmes et aux autres. Quand quelqu’un nous critique, peut-être un sentiment de fierté émerge, que nous sentons que nous sommes meilleurs que l’autre, suivi de colère, avec la pensée: « Cette personne n’aurait pas dû m’insulter », suivi d’une autre série de réflexions, « Eh bien, je vais juste l’oublier. Peut-être que cela n’affectera pas tellement mon travail. »

Nous traversons constamment une chaîne de pensée associative, de pensées, de sentiments et d’émotions qui nous attirent en réponse au monde extérieur, ce qui en soi démontre que nous sommes mécaniques, ce qui signifie que nous sommes comme une machine dans laquelle n’importe qui peut appuyer sur n’importe quelle bouton qu’ils souhaitent, dire tout ce qu’ils souhaitent, et nous répondrons selon ce souhait, selon cet élan. C’est pourquoi Shakespeare a écrit dans Hamlet quand il a été confronté et essayant de tromper les gens de sa maison qui l’espionnaient, il a dit: « Sblood, pensez-vous que je suis plus facile à jouer qu’une pipe? Appelez-moi quel instrument vous voulez. Bien que vous me fâchiez, vous ne pouvez pas jouer avec moi. » Cela signifie que le monde joue constamment ses notes sur notre psyché. Certaines personnes peuvent provoquer une réponse qu’elles recherchent contre notre volonté. Nous disons: « Oh, cette personne est quelqu’un que je n’aime pas beaucoup. » Le fait que nous ayons tendance à manquer d’autonomie totale dans certaines situations montre que nous sommes mécaniques.

Si, dans un moment de colère, nous pouvons prendre du recul par rapport à ce sentiment, ce feeling, et ne pas céder à cette impulsion, cela nous indique que nous contrôlons et nous nous éloignons de ce mental conditionné, ce soi négatif, et nous apprenons à voir à partir d’un état d’objectivité, qui en soi crée un mental serein. Nous voulons être sereins, pacifiques. Nous voulons connaître Dieu. Quiconque aborde la religion veut connaître une qualité de conscience sans souffrance, et le but de ces études est de comprendre les causes qui produisent notre souffrance, mais aussi la souffrance des autres, et comment les changer. Nous voulons nous libérer de ce mental conditionné, de cette tendance à réagir constamment à la vie. Au lieu de cela, nous voulons apprendre à répondre de manière objective, consciente et pacifique, avec vertu, avec une discipline éthique. Cela nous amène à la nécessité de former le mental, de discipliner ce qui est conditionné à l’intérieur de nous.

Discipline du Mental

Nous avons dans cette image une femme en train dêtre couronnée par un ange et le poème suivant par le mystique poète Soufi Jalal al-Din Muhammad Rumi, où il affirme l’importance de cette discipline du mental:

« Demandons à Dieu de nous aider à s’auto-contrôler, car celui qui en manque, manque de grâce. L’individu indiscipliné ne se trompe pas seul, mais met le feu au monde entier. La discipline a permis au ciel de se remplir de lumière. La discipline a permis aux anges d’être immaculés et saints. Le plumage du paon est son ennemi. Le monde est la montagne, et chaque action le cri qui résonne en retour. La discipline et le traitement brut sont un four pour extraire l’argent des scories. »

Quel est le plumage de ce paon? Si nous examinons notre mental, nous voyons que nous pouvons entraîner ou contenir de nombreux éléments de fierté, un sentiment de soi qui se sent important, qui ne veut pas être critiqué ou rejeté ou ostracisé. Nous sommes, en langage spirituel, ce paon. Nous possédons tous un sentiment d’estime de soi qui ne veut pas être blessé. Mais c’est précisément ce sens égoïste subjectif de soi qui est l’impulsion de notre souffrance. Ce plumage, cette image de soi que nous portons dans notre mental, dans notre psyché, est notre ennemi. Au lieu de cela, nous avons une image différente dans l’âme qui peut exister si nous savons comment la développer, qui est le divin, une image divine. Mais généralement, nous avons nos propres tendances psychologiques, telles que la fierté, l’estime de soi, l’auto-importance, l’arrogance, etc., dont nous nous parons, comme le paon.

Et le monde est la montagne, et chaque action le cri qui résonne, ce qui signifie cause et effet. Il y a des causes psychologiques au bonheur, et il y a aussi des causes physiques au bonheur et au chagrin. Certaines actions produiront des résultats néfastes. Nous le savons évidemment par la religion. Mais psychologiquement parlant, nous avons des éléments que nous ignorons, malheureusement, car avec la loi de cause à effet, nos actions psychologiques, c’est-à-dire nos pensées, nos sentiments, notre volonté, ont un effet sur les autres, ont un effet à l’intérieur de nous-mêmes. Habituellement, nous avons tendance à penser que nous existons dans cette bulle et que nous pouvons dire ce que nous voulons, ressentir ce que nous voulons, penser ce que nous voulons et que cela n’aura aucune conséquence. Mais toutes les études spirituelles, ou mieux dit, toutes les religions authentiques enseignent que nous devenons ce que nous pensons. Le mental précède les phénomènes, selon le Bouddha dans son Dhammapada.

« Cette discipline et ce traitement brut sont un four pour extraire l’argent des scories. » Quel est cet argent pur que nous cherchons à développer? C’est la nature immaculée de l’âme qui a été retirée de toutes ses conditions. Les scories sont les imperfections que nous avons créées, mais en mettant en œuvre une discipline, en mettant en avant les causes de la libération, nous pourrions dire, nous nous purifions comme une fournaise. Mais pour que cela se produise, nous devons entrer dans le feu des crises émotionnelles, des circonstances douloureuses, afin d’affronter notre propre laideur secrète dans le but exprès d’éliminer nos désirs, nos défauts et nos fautes. Mais bien sûr, j’aime la façon dont Rumi dit que c’est un traitement brutal. Ce n’est pas agréable de faire face à ses erreurs, de les confronter et de vouloir les changer. Il faut un fort sens de l’héroïsme pour vouloir surmonter nos causes qui produisent notre souffrance.

Niveaux d’Instruction et Discipline Spirituelle

Cette discipline spirituelle a donc été connue dans différentes religions dans une certaine structure. Il y a trois niveaux d’enseignement donnés à travers le Bouddhisme, l’Hindouisme, le Judaïsme, l’Islam, le Christianisme, etc. On pourrait dire qu’il existe des niveaux de discipline spirituelle, des niveaux de travail qui ont été enseignés dans différentes langues, de différentes manières et dans cette image nous avons les trois niveaux d’instruction, introductif, intermédiaire et avancé, conformément à la doctrine Musulmane, mais je vais vous donner quelques autres références pour montrer l’universalité de cela.

Les enseignements introductifs sont connus sous le nom de Shariah, la doctrine exotérique de l’Islam. Dans le Judaïsme, nous l’appelons le corps de la doctrine, connue sous le nom de Torah. Certaines écritures ont certains niveaux d’application à notre vie. Et donc dans le Judaïsme, nous disons que la Torah est le corps de la doctrine, l’introduction au mysticisme Juif. Nous avons également un enseignement intermédiaire, connu sous le nom de Tariqah en Arabe, qui signifie le chemin. C’est la voie mésotérique ou intermédiaire au cœur de la religion. Et dans le Judaïsme, nous trouvons que ce chemin mystique est connue par Talmud, qui est un discours philosophique sur la Torah.

De même, nous avons un enseignement avancé, une discipline avancée, qui en Arabe est connue sous le nom de Marifah ou Haqiqah, qui signifie connaissance ou vérité. C’est l’enseignement ésotérique, l’enseignement caché – un niveau de discipline très élevé auquel nous pouvons accéder si nous savons comment. Ainsi, dans le Judaïsme, nous disons que cet enseignement avancé est connu sous le nom de Zohar, ou connu par le corps de la littérature dans la tradition Kabbalistique par les écritures, Livre des Splendeurs, Zohar.

Le Bouddhisme a sa propre application à cela. Le niveau d’introduction est connu sous le nom de Shravakayana. Shravaka signifie « auditeur, celui qui entend ». Yana signifie véhicule, ou niveau d’instruction ou de pratique. Nous tous qui commençons des études spirituelles, nous devons d’abord entendre. Nous apprenons à écouter, puis nous apprenons à l’appliquer dans notre pratique et notre chemin, qui se développe dans l’enseignement intermédiaire, c’est-à-dire lorsque nous appliquons cette connaissance et la mettons en pratique, et c’est là que nous obtenons des résultats, appelés Tariqah. Dans le Bouddhisme, ce chemin intermédiaire est connu sous le nom de Mahayana, très célèbre par rapport au Bouddhisme Tibétain. Maha signifie grand. Yana signifie véhicule. Ce niveau de discipline est beaucoup plus avancé.

Au premier niveau d’enseignement, discipline d’introduction, nous cherchons à développer notre propre spiritualité, c’est-à-dire: nous souhaitons arrêter la souffrance et donc nous cherchons à mettre en place les causes qui vont nous aider à nous empêcher de souffrir davantage. Dans ce chemin intermédiaire, notre spiritualité et notre discipline spirituelle reposent davantage sur l’aide aux autres. Alors que nous avons profité de nous-mêmes, nous avons développé une certaine sérénité mentale, alors avec notre spiritualité, nous cherchons à aider la spiritualité des autres, ou à aider les autres dans un sens positif, de toutes les manières dont nous sommes capables. Puis avec l’enseignement avancé, il se rapporte à des méthodes plus opportunes, connues sous le nom de Tantrayana dans le Bouddhisme Tibétain. Le Tantra est, pourrait-on dire, le véhicule diamant, le véhicule supérieur, qui a des pratiques et des méthodes très transcendantales, qui nécessitent beaucoup de pureté mentale pour être adoptés.

Il y a donc des niveaux d’enseignement, des niveaux de discipline avec lesquels nous nous engageons. Vous pourriez dire que dans le niveau d’ouverture de la Shariah, se rapporte à la façon dont nous nous disciplinons. Comment limiter les habitudes négatives? Ce mot Shariah, bien sûr si nous connaissons les nouvelles, a beaucoup de bagages. Au Moyen-Orient, il s’agit de lois punitives à l’égard des pays Musulmans. Mais selon les Soufis, ce terme est plus interne, spécifique. Cela concerne quels sont les modes de conduite avec lesquels nous nous engageons pour être spirituels. Cela ne signifie pas de suivre certaines lois de certains pays. Au lieu de cela, cela signifie discipliner le mental. C’est ainsi que les Soufis dénomment cet enseignement.

Puis avec les chemins intermédiaires, nous cherchons à cultiver notre connaissance plus profondément, de manière plus profonde. La chose à retenir avec ces gradations de discipline est que nous cherchons à passer d’une focalisation égocentrique à une focalisation sur les autres. Cela ne signifie pas que les sommités spirituelles de l’humanité veulent que nous soyons un enseignant ou un prédicateur ou que nous donnions une certaine forme de transmission de la connaissance dans ce sens, mais cela pourrait plutôt concerner n’importe quelle obligation dans laquelle nous sommes placés dans la vie, dans laquelle la divinité nous place pour que nous puissions nous améliorer.

La Loi Divine et la Réalité

Maintenant, les Soufis ont expliqué ces trois chemins, les niveaux d’introduction, intermédiaire et avancé de la discipline de la manière suivante. Ceci est tiré des Principes du Soufisme d’Al-Qushayri, où il développe les points que nous avons soulevés précédemment.

« La loi divine, la Shariah, commande à l’homme le devoir de serviteur. Le chemin, Tariqah, ou la réalité intérieure, Haqiqah est la contemplation de la seigneurie divine. »

Et donc aussi en ce qui concerne cette discipline, avec la Shariah, nous apprenons à réduire les habitudes négatives, suivies des dix commandements ou autres codes de conduite. Ne mentez pas, ne volez pas, ne trichez pas, ne forniquez pas, ne commettez pas d’adultère, ne faites pas de mal aux autres. Ceci afin de nous aider à servir la divinité dans notre vie physique. Mais comme nous l’avons expliqué précédemment, la réalité intérieure, ou ce stade avancé de la pratique, est l’expérience réelle du divin, la haqiqah. Haqq signifie « vérité » en Arabe. Et cette vérité est, on nous donne les termes Arabes, mais cette vérité est connue sous différents noms. Cela dépend simplement de la tradition à laquelle vous faites référence. Et donc la Voie, réalité, Haqiqah, est de contempler la seigneurie divine, c’est-à-dire de connaître et d’expérimenter le divin. Contemplation, méditation, ce sont des états de conscience dans lesquels on est pleinement connecté à notre source dans un sens divin.

Nous soulignerons une chose: la Shariah est la discipline avec laquelle nous nous engageons dans notre vie afin de servir le divin. On pourrait dire que c’est une forme de peur, mais pas au sens égoïste. Les gens parlent souvent de craindre Dieu, et bien sûr, cette phrase a beaucoup de bagages associés. Nous ne parlons pas de la peur d’une personne ou de ne pas commettre un acte parce que quelqu’un nous a dit de ne pas le faire, mais parce que nous savons que les conséquences produiront de la souffrance et que nous ressentons ce remords, ce sentiment de conscience qui sait que nous ne devons pas nous comporter de cette façon. La Shariah est de craindre Dieu, c’est-à-dire: de craindre les conséquences de ses actions, parce que nous sommes responsables devant le divin, et que nos actions, selon la façon dont nous vivons, produisent du bonheur ou du chagrin pour les autres, et nous sommes pesés et évalués en fonction de cela par notre propre divinité, par notre propre Être, pourrait-on dire. Pour en revenir à la citation du début d’Al-Wasiti, l’intensité de l’aimer, l’intensité d’aimer le divin, c’est-à-dire la haqiqah, le chemin de la vérité. Cette forme de discipline dans laquelle quelqu’un en tant que maître, spirituellement parlant, accède à Dieu tout le temps et n’a aucun oubli. C’est un très haut niveau de discipline. Au début, nous essayons d’être conscients, d’être conscients de nous-mêmes, d’instant en instant, de jour en jour, par l’auto-observation, la conscience de soi.

Lorsque nous apprenons à accéder à ces états plus profonds de concentration, de méditation et d’expérimentation du divin, nous accédons à ces niveaux supérieurs, appelés Haqiqah, dans lesquels au début nous craignons Dieu, c’est-à-dire craindre les conséquences de nos actions, avoir un sentiment de prudence, de savoir que ce que nous faisons ne peut pas être emporté. Chaque action a une conséquence. Mais si vous souhaitez surmonter les conséquences d’une mauvaise action, ce que nous faisons, c’est chercher à la remplacer par une action supérieure, car une loi supérieure, la loi divine en-haut transcende notre vie quotidienne, et ainsi elle peut surmonter les actions erronées avec lesquelles nous nous engageons. Au début, nous craignons Dieu, et à la fin, nous aimons Dieu parce que nous Le connaissons directement.

Nous avons également expliqué la citation suivante précédemment:

« La pratique religieuse extérieure non confirmée par la réalité intérieure n’est pas acceptable. La réalité intérieure non ancrée par la pratique religieuse extérieure n’est pas acceptable. La loi divine impose une obligation à la création, qui est nous, l’âme, tandis que la voie est fondée sur l’action libre ou expérience du réel. La loi divine, la Shariah, est que vous le servez. Le Chemin est que vous Le voyez. » – Al-Qushayri, Al-Risalah: Principes du Soufisme

Nous avons mentionné que pour expérimenter Dieu, nous devons mettre en œuvre les méthodes qui vont nous donner les résultats que nous recherchons, et qu’il ne suffit pas simplement de vouloir avoir l’expérience. Nous devons pratiquer. Par conséquent, bien sûr, dans cette tradition, la tradition Gnostique, nous avons de nombreux exercices, que nous donnons à la fin de chaque conférence, avec lesquels vous pouvez vous engager afin que vous puissiez découvrir directement la divinité.

« La loi divine fait ce qu’on vous a ordonné de faire. La haqiqah, la vérité, témoigne de ce qu’il a déterminé et ordonné caché et révélé. J’ai entendu Abu Ali al-Daqqaq (qui est l’enseignant Soufi de cet écrivain, Al-Qushayri) dire que dans la parole de Dieu dans le livre d’ouverture du Coran, iyyāka naʿbudu: « Toi nous adorons. » Cela préserve la pratique extérieure, la loi divine. Iyyāka nastaʿīnu: « Vers toi, nous nous tournons vers l’aide », établit la réalité intérieure, le Chemin. » – Al-Qushayri, Al- Risalah: Principes du Soufisme

Ainsi, avec « toi nous adorons », nous proposons des causes à pratiquer, spirituellement parlant. Et c’est en mettant en œuvre ces pratiques que nous pouvons recevoir cette grâce. Vous ne pouvez pas en avoir un sans avoir l’autre. Il s’agit d’une simple loi de cause à effet. Afin de connaître Dieu, nous devons apprendre à méditer, ce que nous allons progressivement développer dans ces conférences.

« Alors sachez que l’obligation religieuse est une réalité spirituelle et qu’elle a été rendue nécessaire par Son commandement. La réalité spirituelle est une obligation religieuse et que ses réalisations ont également été rendues nécessaires par Son commandement. » – Al-Qushayri, Al-Risalah: Principes du Soufisme

Pratique et expérience, celles-ci doivent aller de pair et nous devons cultiver les deux. Comment le faisons-nous? La discipline au sens spirituel ne fait pas nécessairement référence à une sorte d’exercices militaires ou à une corvée, quelque chose d’ennuyeux ou de négatif. Au lieu de cela, cette discipline spirituelle est basée sur la joie d’expérimenter les résultats, ou lorsque nous nous engageons dans une pratique, que ce soit un mantra, un son sacré ou en méditation, nous voyons naturellement les avantages de nos actions, et que nous sommes plus enclins à s’engager dans cette discipline. Mais bien sûr, ce type de travail implique une direction de la volonté, ou mieux, une réorientation de la volonté. Nous devons donc apprendre à développer une volonté spirituelle, une volonté consciente qui n’obéit pas au conditionnement du mental. C’est la volonté qui est exempte de conditions. Elle sait agir, répondre avec sérénité, en toute sérénité, en toute sérénité face à toutes les situations. C’est le fondement ou le début de l’entrée sur le chemin de la spiritualité.

Volonté Spirituelle et Égoïste

« Iradah, la volonté de trouver Dieu, est le début du chemin des voyageurs spirituels, le premier titre donné à ceux qui sont déterminés à atteindre Dieu Très-Haut. Cet attribut n’est appelé iradah que parce que la volonté est la préface de toute entreprise. Quand le serviteur ne veut pas, il n’effectue pas. Puisque c’est le début de l’entreprise de celui qui parcourt le chemin de Dieu Tout-Puissant et Glorieux, on l’appelle « volonté » par analogie à la résolution impliquée au début de tout le reste. » –Al-Qushayri, Risalah: Principes du Soufisme

Le mot Iradah se rapporte, en Arabe, à riyadat, qui signifie aussi discipline, dont nous allons parler dans les prochaines diapositives.

Comme je vous l’ai dit, nous cherchons à développer une volonté libre de toute condition, une volonté qui ne dépend pas de la colère, de la peur, du ressentiment. Nous disons que ces qualités psychologiques négatives sont des désirs. Ce sont des volontés contradictoires qui nous poussent toujours à agir de manière contradictoire. La volonté que nous cherchons à développer est celle qui est libre de tout conditionnement et appartient au divin. Mais la volonté à laquelle nous devons accéder, pour y accéder, nous devons abandonner de nombreuses habitudes, de nombreuses formes de conditions.

Dans ce graphique, nous avons les fameuses Bacchanales de Rome, les fameuses orgies et fêtes où les gens s’abandonnent à l’alcool et au sexe, se livrant à des plaisirs sensuels au détriment de l’âme. C’est un symbole pour nous au moins en relation avec cette conférence sur la façon dont le mental est constamment addict aux sensations et aux expériences, voulant s’engager avec certaines habitudes, certaines impulsions qui, rassasiées, ne reviennent que plus affamées avec plus de force. C’est l’erreur de la psychologie pop de nos jours qui affirme qu’en nourrissant le désir, vous atteindrez un type de catharsis, ce qui signifie qu’elle est annulée, elle est annihilée. Les gens croient généralement qu’en nourrissant le désir, en donnant ce que vous voulez dans un sens égoïste, vous assouvirez ce désir et il disparaîtra. La vérité est qu’en nourrissant le désir, vous le renforcez. En nourrissant cette volonté négative, en cédant à la colère, nous nourrissons cette colère. Nous renforçons cette cage, comme nous en parlions précédemment. Au lieu de cela, nous devons apprendre à restreindre cette impulsion, ce qui se fait précisément par l’effort de la conscience pure, qui dans la psychologie Gnostique est connue comme essence, l’essence du divin.

Les Soufis mettent l’accent sur ce qui suit par rapport au type de psychologie que nous devons développer et abandonner:

« Beaucoup de gens ont parlé du sens de la volonté, chacun exprimant la mesure dans laquelle elle s’est manifestée à son cœur. La plupart des cheikhs, ou enseignants, disent que la volonté signifie l’abandon de ce qui est devenu habituel. Ce qui est habituel pour les gens dans la grande majorité des cas, c’est de demeurer dans les domaines de l’inconscience, de baser sa vie sur la poursuite des passions et de s’incliner vers tout ce que ses désirs appellent. L’aspirant spirituel est quelqu’un qui a rejeté tout cela. » – Al-Qushayri, Risalah: Principes du Soufisme

Alors comme je vous ai mentionné, le début de l’accès à la spiritualité réelle est de surmonter le désir.

Question: J’ai l’impression que c’est pressant, lorsqu’on enlève tout, est-ce qu’on enlève vraiment tout? Parce qu’il y a quelque chose qui doit être laissé, surtout si le désir vient de quelque part.

Instructeur: Bonne question. Le désir est une cage, est une coquille, ce que nous appelons un ego, un sens du « Moi » ou du soi. Dans ce conditionnement, dans cette coquille se trouve la conscience, une partie de notre âme qui est piégée. Si nous voulons développer notre spiritualité, nous devons briser ces cages, puis vous libérez l’âme comme le génie de la lampe d’Aladin, qui peut vous exaucer les souhaits de tout souhait spirituel auquel vous aspirez.

Question: Ce que vous dites, c’est que nous avons pris le désir de trouver ce qui est vraiment là?

Instructeur: Grâce à la compréhension de ce défaut, de ce désir, nous apprenons à les éliminer et à libérer l’énergie qui est emprisonnée à l’intérieur, et cela construit plus de conscience, qui développe davantage notre volonté d’accomplir de plus grandes œuvres spirituelles. Mais, bien sûr, pour ce faire, nous devons surmonter les Bacchanales du mental, ce qui signifie la tendance du mental à vouloir se livrer à des sensations et à des habitudes négatives, que ce soit en buvant de l’alcool à l’excès, ou par ce désir, cette envie de sexualité, de se livrer aux impulsions du corps, mais sans aucun sens de la spiritualité. Nous parlons longuement de la façon dont on peut apprendre à utiliser sa physicalité, son corps, son mental, son cœur et sa sexualité, ses énergies créatrices dans le corps afin de développer sa spiritualité. Ceci est très bien connu dans le Bouddhisme Tantrique, connu dans des écrits tels que Le Mariage Parfait.

Mais dans ce sujet, nous parlons de la façon d’abandonner les conditions dans le mental du désir, d’essayer de nourrir des envies qui ne peuvent jamais être rassasiées. Au lieu de cela, développer l’équanimité et la volonté sereine pure, il faut briser la cage. Mais quand je parle de volonté, je ne parle pas de quelque chose de rigide, de dogmatique, d’impulsif. Elle se réfère à un état de conscience sans effort qui sait comment agir de manière appropriée dans toute circonstance donnée. Ce type de volonté, nous pouvons le goûter si nous apprenons à méditer et à éveiller notre perception.

Ce type de volonté a été illustré par Jésus de Nazareth dans sa Passion. Nous voyons ici sur cette image, il prie dans le jardin de Gethsémani et il nous a physiquement démontré le chemin de la spiritualité et de la volonté spirituelle que nous devons accomplir en nous-mêmes. Maintenant, ce chemin ne signifie pas que nous devons vivre comme Jésus, ce qui signifie physiquement comment il l’a fait. Au lieu de cela, cela concerne la façon dont nous appliquons notre psyché, notre conscience pour adhérer aux valeurs qu’il a enseignées. Ici, il prie avant sa passion, sachant qu’il va être crucifié, où il a déclaré: « Que ta volonté soit faite », ce qui signifie « Père, si c’est possible, enlève-moi cette coupe d’amertume, mais que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite. » C’est un enseignement très puissant sur la façon dont le disciple qui entre dans cet enseignement ou ce chemin découvre qu’il existe de nombreuses formes d’amertume auxquelles il faut faire face pour affronter ses propres impuretés, c’est-à-dire ses défauts. Faire face à certaines situations est très difficile, mais c’est précisément la purge et le four dans lesquels l’argent est extrait des scories. Il dit: « Ta volonté sera faite, pas la mienne. » C’est cette confiance dans la volonté divine, dans laquelle notre volonté obéit à la volonté de la divinité, dans laquelle nous pouvons accéder à la vraie paix et surmonter nos plus grands problèmes. Mais chacun de nous aura son propre type de passion; nous pourrions dire des épreuves, des luttes, des défis que nous devons affronter et surmonter.

Les Soufis enseignent ce qui suit en ce qui concerne la relation entre notre volonté et le divin:

« Selon l’étymologie, le disciple est ‘celui qui possède la volonté’, tout comme le connaisseur est ‘celui qui possède la connaissance’, parce que le mot appartient au classe de noms dérivés. Mais dans l’usage Soufi, le disciple est celui qui ne possède aucune volonté! (C’est-à-dire pas de volonté égoïste, pas de volonté personnelle, moi, moi-même, mienne. C’est une volonté qui sait obéir aux commandements divins). Ici, celui qui n’abandonne pas la volonté (ou mieux, la volonté égoïste) ne peut pas être appelé disciple tout comme celui qui ne possède pas de volonté (c’est-à-dire volonté consciente, volonté spirituelle) ne peut pas être appelé disciple. » – Al-Qushayri, Risalah: Principes du Soufisme

Il y a là cette dualité. Il est écrit d’une manière très énigmatique pour confondre les gens qui n’ont pas été initiés à l’enseignement. Au lieu de cela, cela parle dans un sens très objectif, qui signifie que si vous voulez développer une véritable spiritualité, vous devez abandonner tout désir, toute volonté personnelle, le sens de moi, mon, et accéder au vrai soi, qui est au-delà des conditions. Cela a été démontré par le chemin de la volonté du Christ. Dans ce processus, nous apprenons à lutter contre nos propres impuretés, notre propre mental.

C’est par le chemin de la confrontation de nos propres défauts que nous apprenons à acquérir la vraie paix. Ceci est connu comme la doctrine de la mujahadah en Arabe, c’est là que vous obtenez le mot djihad. Le mot djihad a de nombreuses connotations négatives aujourd’hui, en particulier dans les nouvelles. Malheureusement, cet enseignement a dégénéré. Il a été détourné, car le vrai sens du mot djihad n’est pas la guerre sainte, il s’efforce de mortifier le soi, de confronter les impuretés de la psyché et de les changer.

Maintenant, Il a été demandé au Prophète Muhammad par ses compagnons après qu’ils se soient défendus contre un groupe de – je crois que ce sont les Mecquois qui essayaient de le tuer, et à juste titre, il avait besoin de se défendre. Le Prophète Muhammad a déclaré: « Nous laissons maintenant la guerre sainte inférieure à la guerre sainte supérieure », et les Compagnons ont demandé: « Qu’est-ce, oh Muhammad, est la guerre sainte supérieure et la guerre sainte inférieure? » « La guerre inférieure », a-t-il dit, « est de se défendre ou de se battre au combat, mais la guerre sainte supérieure est de lutter contre vos propres désirs, vos propres défauts, vos propres souhaits et vraiment de faire la volonté divine. » Donc, en Arabe, il y a d’autres mots pour guerre, mais le jihad a malheureusement été traduit au fil du temps pour avoir ce sens. Mais le djihad signifie s’efforcer de lutter contre ses propres afflictions. C’est la base de la spiritualité. Confronter et surmonter notre propre soi inférieur, notre soi conditionné et apprendre à libérer l’âme qui y est piégée en comprenant ces cages et en les éliminant.

Nous avons donc la citation suivante de la Risalah de Qushayri: Principes du Soufisme, qui développe sur ces points:

« Sachez que le fondement et la raison d’être de la lutte ou de l’effort (mujahadah) est de sevrer l’ego de ce qui lui est familier et d’induire lui opposer ses désirs (passions) à tout moment. »

Nous avons expliqué avant que l’ego est ce soi négatif qui dit: « Moi, mon, je dois avoir, je dois faire, je dois agir. » Bien sûr, ce terme ego est devenu populaire dans la culture moderne, en particulier à partir des travaux de Carl Jung et Sigmund Freud, mais en psychologie Gnostique, l’ego n’est pas seulement un sens de soi. C’est une multiplicité. Chaque sentiment, chaque pensée, chaque feeling, chaque mémoire peut être associé à différents défauts, différents moi, différents fragments de conscience, des conditions qui ont piégé notre âme. À la suite de nos mauvaises actions dans le passé, nous avons créé ces différentes fragmentations de soi, et c’est en apprenant à comprendre ces défauts individuels que nous apprenons à les détruire, à libérer l’âme. Et donc l’ego, comme nous disons, se réfère à ce sens pluralisé de soi, ce sens multiple de soi. On peut dire que l’ego est un, comme dans un ego, mais aussi l’ego est toute la conglomération de défauts que nous avons, qui est représentée dans la Bible par l’histoire de Jésus exorcisant un homme qui était possédé par des démons, dans lequel l’homme a dit: « Laissez-nous tranquilles, Jésus », et Jésus a dit: « Qui êtes-vous? » Et l’homme a dit: « Je suis Légion, car nous sommes nombreux. » C’est un symbole de la nature de notre âme et ce n’est pas seulement une petite histoire de quelqu’un dans le passé, mais quelque chose de psychologique.

Nous disons que l’ego, l’âme animale, est semblable à un animal parce qu’il ne cherche qu’à réaliser son propre désir, sa propre impulsion. « L’ego (âme animale) a deux traits qui l’empêchent du bien, préoccupation totale avec des envies de fumer (attraction du plaisir) et refus d’obéissance (évitement de la douleur et du mal). » – Al-Qushayri, Al Risalah: Principes du Soufisme

Il y a cette dualité du mental, c’est-à-dire envie, aversion; vouloir nourrir le désir et ensuite fuir la douleur. Ce sont des tendances égoïstes.

Extrait d’Al-Risalah: Principes du Soufisme d’Al-Qushayri:

« Lorsque l’ego est défini dans la poursuite du désir, il doit être freiné par les règnes de la crainte de Dieu », ce qui signifie le souvenir de la présence divine en nous. C’est la conscience de soi. « Quand il refuse obstinément de se conformer à la volonté de Dieu, il doit être dirigé vers l’opposition à ses désirs, quand il fait rage de colère [d’être opposé], son état doit être contrôlé. Aucun processus n’a un meilleur résultat que la rupture du pouvoir de la colère en développant de bons traits de caractère et en éteignant ses feux par la douceur », c’est pourquoi le Prophète Mahomet a dit: « Le plus fort d’entre vous est celui qui contrôle sa colère. » Et Samael Aun Weor, le fondateur de cette tradition, la tradition Gnostique moderne a déclaré que « la gentillesse est une force beaucoup plus écrasante que la colère. » Nous pouvons guérir avec compassion. Nous pouvons désarmer un ennemi avec gentillesse lorsqu’elle est authentique.

« Et si l’âme trouve de la douceur dans le vin de l’arrogance (c’est-à-dire un état psychologique en état d’ébriété, qui est un symbole non seulement de la consommation physique d’alcool mais aussi de se livrer au désir, de se livrer à des tendances psychologiques nuisibles, qui rendent ivre et ignorant son soi), il deviendra incapable de rien d’autre que de montrer ses grandes actions et de se lisser devant quiconque le regardera et le remarquera. Il faut lui ôter cette habitude, la dissoudre par la punition de l’humiliation par tout ce qui fera que l’âme se souvienne de sa misérable valeur, de sa modeste origine et de ses actes ignobles. » – Al-Qushayri, Al- Risalah: Principes du Soufisme

L’humiliation ne signifie donc pas que nous nous flagellons comme certaines sectes, que ce soit au Moyen-Orient ou en Europe, comme le faisaient les moines au Moyen-Âge. Le type d’humiliation dont nous parlons est l’humilité, être humble. Heureux les doux, car ils hériteront de la terre. Ou mieux dit, bénis sont ceux qui ne sont pas rancuniers, ce qui signifie qu’ils ne doivent pas nourrir de sentiments négatifs envers une autre personne, mais plutôt recevoir des critiques d’un état d’humilité.

C’est vraiment dans des circonstances différentes où nous sommes confrontés à des conflits que nous pouvons atteindre la croissance la plus spirituelle. Dans un moment où quelqu’un nous critique et où nous retenons notre fierté pour ne pas riposter avec notre verbe, nous pouvons à notre tour développer l’humilité. Nous reconnaissons que le sentiment de soi attaché à ce que cette personne dit ou ne fait pas est vraiment ridicule. « Cela ne devrait pas avoir de prise sur moi », devrions-nous dire. « Au lieu de cela, ce défaut est quelque chose contre lequel je dois travailler, et en fait la personne qui me critique me fait une faveur et ouvre les portes de ma spiritualité. Par conséquent, je devrais prêter plus d’attention et travailler sur mon propre sens de soi, qui veut constamment réagir. » Et c’est ainsi que nous humilions le soi négatif. Nous ne lui donnons pas ce qu’il veut, ne le nourrissons pas. Et bien sûr, quand vous ne nourrissez pas un désir, il revient et il se bat et il a très faim, c’est pourquoi c’est une bataille spirituelle, un conflit spirituel et une formation spirituelle.

Kabbale et Autodiscipline

Dans ce graphique, nous avons une image que nous étudions en profondeur dans cette tradition. Il s’agit de l’Arbre de Vie Hébraïque connu dans le livre de la Genèse aux côtés de l’Arbre de la Connaissance. C’est un symbole des états de conscience, des niveaux et des qualités d’être, des régions de perception les plus élevées au-dessus au niveau le plus bas de matière, d’énergie et de perception en dessous. Ci-dessous, nous avons cette sphère de Malkuth qui en Hébreu signifie royaume. Ceci est notre corps physique. Nous allons expliquer la nature de cette discipline spirituelle par rapport à ce graphique car ce graphique peut nous aider à comprendre qui nous sommes, où nous sommes, ce que nous devons changer, ce contre quoi nous devons travailler, ce que nous devons travailler par rapport à la citation suivante, par laquelle nous étudions la nature du contrôle de ces tendances animales, désirs animaliers que nous contenons dans notre subconscient et nos profondeurs psychologiques inférieures.

Ce qui suit est donné par un maître Soufi du nom de Hujwiri, dans son livre Révélation du Mystère, où il explique comment cette discipline spirituelle consiste à entraîner l’animalité du mental, l’instinct, l’impulsivité du mental à toujours veulent satisfaire ses désirs:

« L’entraînement, riyadat », c’est le mot Persan pour riyadat, le mot Arabe pour entraînement, « ne modifie-t-il pas les qualités animales d’un cheval sauvage et lui substituer des qualités humaines pour qu’il prenne un fouet au sol et le donne à son maître ou fasse rouler une balle avec son pied. De la même manière, un garçon sans le sens dans une race étrangère est enseigné par la formation à parler l’Arabe et à prendre une nouvelle langue en échange de sa langue maternelle. Et une bête sauvage est entraînée à partir quand le congé lui est accordé et à revenir quand on l’appelle, préférant la captivité à la liberté. Par conséquent, Sahl (un maître Soufi auquel il fait référence) et ses partisans argumentent. » – Al-Hujwiri, Révélation du Mystère

Mortification, c’est-à-dire l’effort ou mujahadah, mortification se référant à l’humiliation de l’ego, affronter l’ego, travailler contre lui, lutter contre lui et le mortifier. Le mot mort est le préfixe du mot mort, et ce mot se réfère à la mort de ces désirs animaliers afin de préserver la vie de l’esprit à l’intérieur de nous. Par la mort, nous gagnons la vie spirituelle, comme François d’Assise l’a enseigné dans sa célèbre prière: « C’est en mourant que nous vivons et héritons de la vie éternelle », a-t-il dit.

Par conséquent, ses disciples soutiennent:

« La mortification, l’effort, la mujahadah est tout aussi nécessaire pour atteindre l’union avec Dieu que la diction et la composition sont nécessaires pour l’élucidation des idées. Comme on est conduit à la connaissance du créateur par l’assurance que l’univers a été créé par lui, alors on est conduit à l’union avec Dieu par la connaissance et la mortification de l’âme inférieure. » – Al-Hujwiri, Révélation du Mystère

De quoi avons-nous besoin pour mortifier? Nous avons beaucoup parlé de volonté. Dans cet Arbre de Vie, nous voyons au centre même de ce graphique, la sphère connue sous le nom de Tiphereth en Hébreu, qui signifie beauté. Cela peut également signifier la resplendance, la splendeur. Telle est la beauté de l’âme. C’est la volonté. Et c’est le centre de l’Arbre de Vie parce que c’est ainsi que nous accédons aux régions célestes en-haut ou comment nous cédons aux désirs en-bas.

En dessous de la sphère de Tiphereth, nous avons ce qui est connu sous le nom de Netzach en Hébreu, qui signifie « Victoire » relative au mental, à la pensée, au raisonnement. À gauche, nous avons cette sphère de Hod, en Hébreu signifie « Gloire ». C’est notre sentimentalité, notre émotivité, nos sentiments. En dessous, nous avons Yesod, qui signifie « Fondation ». C’est notre vitalité, nos énergies: celle qui nous donne de la force le matin au réveil, celle qui nous permet d’exister physiquement. Elle peut également se référer à l’énergie responsable de notre corps pour produire notre biochimie, notre santé, notre catabolisme, notre métabolisme, nos impulsions sexuelles, les énergies qui nous donnent la vie physiquement, etc. En dessous, nous avons Malkuth, qui est notre corps physique.

Au-dessus de cette sphère de Tiphereth, cette volonté, nous avons les sphères divines. En dessous, nous avons ce que nous pouvons appeler l’âme inférieure: le mental, l’émotion, la vitalité et la physicalité. Ce sont des choses que nous utilisons généralement de manière négative, ce qui signifie que nous avons des pensées négatives, des sentiments négatifs ou que nous produisons des actions négatives avec notre physicalité, notre corps. Notre volonté fait partie de notre âme au-dessus, et nous voyons que Tiphereth est une âme humaine. C’est la capacité d’une véritable beauté spirituelle, car la belle action est aussi dépendante de cette peur de l’action. Souvenez-vous donc que ce sont des sphères de l’être, de la conscience, mais aussi des expressions de la matière, de l’énergie et de la perception. Cela se réfère également à différentes dimensions de la nature, car notre psyché existe dans différentes dimensions et même physiquement, nous voyons que nous pouvons être conscients de la pensée, du sentiment, et de la sensation. Bien sûr, la sensation concerne notre corps, mais les pensées et les sentiments eux-mêmes ne sont pas nécessairement physiques, mais nous les ressentons. Ce sont des sens qui appartiennent à un niveau différent de conscience ou de dimensionnalité qui se mélangent et pénètrent et co-pénètrent sans confusion ici à l’intérieur de nous, ici et maintenant.

Cet arbre n’est pas quelque chose d’extérieur. C’est quelque chose à l’intérieur, quelque chose de psychologique. Il fait référence aux dimensions auxquelles nous pouvons accéder lorsque le corps physique est endormi, et nous accédons au monde des rêves où nous pouvons voir ces différentes régions de cet Arbre de Vie d’une manière plus subtile. Mais cela concerne davantage notre psychologie.

Au-dessus de la volonté, nous avons la conscience, qui est divine, l’âme divine. Et puis nous avons l’Esprit, appartenant à notre propre Dieu intérieur, à notre Bouddha intérieur, à notre Être véritable. Au-dessus de cela, nous avons cette fameuse trinité connue sous le nom de Père, Fils et Saint-Esprit. En Hébreu, il s’agit de Kether, Chokmah et Binah: « Couronne », « Sagesse » et « Compréhension » ou « Intelligence ». Ce sont des forces. Ce ne sont pas des personnes physiques comme l’enseigne l’église. Au lieu de cela, il s’agit de qualités d’énergie et de perception qui sont très élevées.

Nous devons donc utiliser notre volonté pour contrôler ces sphères inférieures, contrôler nos pensées, contrôler nos sentiments et contrôler notre corps afin de suivre la volonté de divinité au-dessus. Que ta volonté soit faite – l’Esprit et les sphères divines d’en haut. Que ta volonté soit faite sur la terre, ce corps, comme au ciel. Cela fait référence à ce graphique. Nous parlerons plus en profondeur tout au long de nos cours des subtilités de cette image et des différents niveaux et profondeurs de cet enseignement. Mais ici, nous le donnons simplement d’une manière très synthétique pour vous donner un peu de contexte.

Nous voyons que lutter contre ses défauts, c’est entrer dans la contemplation. Contempler le divin, méditer sur le divin est une question de compréhension. La compréhension est un état psychologique profond dans lequel nous accédons à la divinité ici et maintenant. Les Soufis soulignent que si vous voulez connaître Dieu, vous devez lutter contre vos propres désirs. Cela ne signifie pas de se flageller, de devenir une personne morbide, de devenir négatif, de devenir mélancolique ou triste ou découragé, car si nous regardons dans le mental, nous voyons qu’il y a des éléments très chaotiques et que nous ne voulons pas, mais cela ne justifie pas la répression ou une attitude auto-flagellante, comme « Je suis une mauvaise personne et je mérite donc de souffrir ». Ce n’est pas du tout ce dont nous parlons. C’est une attitude négative née de l’ignorance. D’un côté, il y a l’envie et l’aversion. Il y a deux extrêmes: vouloir quelque chose et vouloir rejeter quelque chose. Ce sont des qualités mentales entre lesquelles nous nous balançons généralement dans notre vie quotidienne, qui est le pendule qui nous maintient hypnotisés, nous garde inconscients.

D’un autre côté, la conscience et cette lutte contre soi-même naissent d’un état de paix, d’équanimité, de conscience de soi qui n’est pas poussé, conditionné ou manipulé par ces différentes forces. Au lieu de cela, c’est un état mental paisible dans lequel nous pouvons voir clairement: « Oh, ce sentiment de colère surgit en moi. Je le vois et je m’en sépare et je peux donc développer ce contraire qui est la compassion. » De même avec la peur: « Oh, je comprends que cet élément de peur monte en moi donc je vais me souvenir de mon Dieu qui est la vie de la galaxie, du cosmos, de l’univers. Par conséquent, pourquoi devrais-je me sentir en insécurité lorsque ma propre divinité est responsable de l’univers? Il n’y a donc pas lieu d’avoir peur. » Alors, la peur est annulée. Nous la comprenons. Nous comprenons les vertus associées ou piégées dans ce vice, vous pourrez dire. Pour chaque vice que nous avons, chaque défaut, il y a une vertu que nous pouvons développer lorsque nous extrayons l’âme de cette cage.

« Ceux qui s’efforcent au maximum pour notre bien », dit le Coran, « nous les guiderons dans nos voies. » (Sourate 29, verset 69) Ce qui signifie que quiconque se mortifie ou lutte contre ses défauts atteindra la contemplation. « En outre, il soutient que dans la mesure où les livres révélés aux prophètes et la loi sacrée (Shariah, l’instruction d’introduction), et toutes les ordonnances religieuses imposées à l’humanité impliquent la mortification (lutte contre soi-même). Ils doivent tous être faux et vains si la mortification n’est pas la cause de la contemplation. » – Al-Hujwiri, Révélation du Mystère

Cela signifie que si votre mental est chaotique, si vous vous asseyez pour vous détendre et observer votre mental, pour méditer, vous constatez qu’il y a beaucoup de distractions qui émergent, que ce soit des souvenirs, des rêveries, des préoccupations, des pensées de quoi faire plus tard dans la journée, ce qui s’est passé dans le passé, les ressentiments, les peurs, les inquiétudes; ce sont tous des éléments explosifs qui sont chaotiques. Bien sûr, au début, lorsque nous observons ce fait, nous sommes souvent horrifiés de voir que cet état d’être nous nuit. La vérité est que nous prenons conscience maintenant pour la première fois de notre état mental quotidien. Il faut être brave et courageux pour continuer plus loin, c’est-à-dire ne pas être consterné mais avoir du courage et de la force pour faire face au mental chaotique et l’affronter, le changer, parvenir à l’équanimité.

C’est avec un mental libre de désir, de pensée, de sentimentalisme subjectif, de feeling, etc., dans lequel le lac du mental peut être clair, pur et cristallin afin de refléter les images et les cieux étoilés ci-dessus. Chaque fois que nous agissons sur un désir dans notre mental, ou physiquement, c’est comme un rocher qui atterrit dans le lac et provoque une ondulation. C’est comme une ondulation qui dérange le lac du mental et il devient agité. Et de même, nous devons apprendre à transformer les impressions que nous recevons dans la vie avec sérénité et tranquillité mentale, afin que ce lac ne devienne pas agité. Quand il est pur et paisible, calme, serein, alors nous pouvons refléter le ciel au-dessus de notre intérieur psychologique.

« Encore une fois, dans ce monde et dans l’autre, tout est lié aux principes et aux causes. Si l’on maintient que les principes n’ont pas de cause, alors il y a une fin à toute loi et ordre. Les obligations religieuses ne peuvent pas non plus être justifiées, la nourriture ne sera pas non plus la cause de la satiété et les vêtements la cause de la chaleur. » – Al-Hujwiri, Révélation du Mystère

Il existe deux niveaux d’individus, d’êtres humains: ceux de la discipline spirituelle et ceux qui ont atteint ces sommets de contemplation, c’est pourquoi le maître Soufi suivant, Abu ’l-Sari Mansur Ibn. ‘Ammar a déclaré ce qui suit:

« Toute l’humanité peut être réduite à deux types. L’homme qui se connaît et dont les affaires sont l’auto-mortification, l’effort et la discipline, et l’homme qui connaît son Seigneur, dont les affaires sont de le servir, de l’adorer et de lui plaire. En conséquence, l’adoration du premier est la discipline, le riyadat, » qui dépend bien sûr de l’Iradah, de la volonté, de la volonté spirituelle, « tandis que l’adoration du second est la souveraineté, le riyasat. La pratique du premier est la dévotion afin qu’il puisse atteindre un degré plus élevé. » la dévotion précédente constituant le niveau d’introduction. Nous pratiquons afin que nous puissions éventuellement expérimenter cette vérité par nous-mêmes, Haqiqah ci-dessus. « Mais ce dernier pratique la dévotion ayant déjà tout atteint. Quelle grande différence entre les deux! » – Al-Hujwiri, Révélation du Mystère

L’une est la discipline du mental, et l’autre est la discipline de la souveraineté. Un souverain est un roi ou une reine de la nature: un être qui s’est parfaitement maîtrisé. Et donc nous devons nous demander, sommes-nous des rois et des reines de la nature, ce qui signifie que nous sommes pleinement maîtres de nos pensées, sentiments, actions, impulsions, ou sommes-nous poussés par eux? C’est une question que nous devons nous poser pour développer notre spiritualité.

Foi, Croyance et Volonté

Nous soulignons tout au long de ces enseignements qu’il y a une différence entre la foi et la croyance. Nous voyons que la croyance en soi est un concept du mental, est un sentiment du cœur – sentir et penser que quelque chose est vrai simplement basé sur ce sentiment et cette pensée sans avoir l’expérience de cette vérité. Maintenant, nous devons souligner dans cet enseignement que la volonté que nous cherchons à mettre en œuvre est ce qui développe une foi authentique. La foi n’est pas une croyance. Croire que quelque chose est vrai est un concept du mental ou du cœur, un sentiment du cœur, alors que nous disons que la vraie foi est la connaissance venant de l’expérience. Vous mettez certaines causes et effets et vous récolterez le résultat.

Maintenant, sur la base de cette définition, nous avons la citation suivante de Le Printemps de la Jeunesse par le Maître Morya. Il a dit ce qui suit:

« Ici, nous pensons qu’une note sur la foi devrait être intéressante. Les initiés (ou maîtres spirituels) disent que sa signification a été mal comprise. La foi telle que le monde l’utilise ne possède aucune nature spirituelle. Bien que dans le système secondaire, cela signifie pouvoir et énergie appliqués à Tout succès dans le yoga, » yoga signifiant du Sanskrit yug, s’unir au divin, ou au Latin, religare, religion, réunir, c’est le même sens. « Tout succès dans le yoga vient de cette application. Car la vraie qualité de la foi est une force solaire qui illumine le mental et y attire des atomes de puissance et d’énergie. Plus d’épaves humaines ont résulté de leur conception erronée de cette qualité que l’homme ne le pense. » – M. Le Printemps de la Jeunesse

Cela signifie qu’il ne suffit pas de penser que quelque chose est vrai ou de sentir que quelque chose est vrai. Ce sont des qualités subjectives de l’ego. Au lieu de cela, la foi est une expérience consciente. Nous savons que quelque chose est vrai du fait, de ce que nous avons vérifié, de la Gnose que nous avons acquise. Et de même, c’est en appliquant notre volonté à une pratique spirituelle dans laquelle nous pouvons renforcer cette volonté et atteindre les véritables sommets de la spiritualité, c’est pourquoi l’apôtre Jacques a déclaré ce qui suit au chapitre 2 de son livre, versets 14 à 17:

« À quoi cela sert-il, mes frères, si quelqu’un dit qu’il a la foi, mais n’a pas d’oeuvre? La foi peut-elle le sauver? Si un frère et une sœur sont nus et dépourvus de nourriture quotidienne et l’un de vous leur dit: ‘Partez dans la paix et soyez réchauffé et rempli, » mais vous ne leur donnez pas les choses qui sont nécessaires pour le corps, à quoi cela sert-il? Ainsi aussi la foi par elle-même si elle n’a pas d’œuvres est morte. »

Maintenant, pour conclure cette conférence, nous terminerons par une certaine pratique que vous pouvez utiliser pour développer la volonté spirituelle et développer une foi authentique. Ceci est connu comme le yoga Runique dans la tradition Gnostique. L’alphabet Nordique est un ancien système de lettres qui implique une pratique yogique très profonde. Positionner le corps dans certaines postures pour chanter la prière et les mantras afin d’invoquer les énergies spirituelles ou dans ce cas dans cet exercice que nous avons pour aujourd’hui, c’est ce qu’on appelle la Rune Dorn, afin de développer la volonté spirituelle, ou pourrait-on dire Volonté du Christ. Le Christ n’est pas seulement Jésus, mais l’énergie qu’il a incarnée, les trois sphères supérieures de l’Arbre de Vie dont nous avons parlé, Père, Fils, Saint-Esprit, cette tri-unité, cette tri-force, qui peut entrer en nous lorsque nous sommes préparé.

Avec cet exercice, nous apprenons à inoculer notre psyché, notre corps avec ces forces élevées, ces énergies. Ce que vous faites, c’est que vous vous tenez les pieds ensemble face à l’est lorsque le soleil se lève. Donc dès que vous vous levez du lit, faites face à l’est, mettez votre main gauche sur votre côté gauche, votre main droite sur votre hanche droite, et vous prononcez les mantras suivants: Ta, Te, Ti, To, Tu. Chaque voyelle est prolongée. Les sons sacrés lorsque vous les prolongez et les faites vibrer dans votre corps, ils activent les glandes. Ils invoquent des énergies spirituelles qui revigoreront votre volonté et vous aideront à lutter contre cette conditionnalité et cette négativité de la psyché.

Simplement, cette image fait référence à et ressemble à un marteau. C’est le marteau de Dorn, le Dieu Dorn dans la mythologie Nordique, le Dieu Thor, malheureusement imité dans Marvel Comics maintenant, mais c’est un symbole de volonté supérieure. Lorsque vous prononcez ces mantras prolongés, taaaaaaaaaaa, teeeeeeeeeeee, tiiiiiiiiiii, tooooooo, tuuuuuuuuuu, en prolongeant chaque voyelle avec votre inspiration, prononcez une de ces voyelles complètement jusqu’à ce que vos poumons soient épuisés, puis également avec la voyelle suivante, avec ta, te, ti, to, tu.

Cela active certains centres énergétiques dans le corps, dans la psyché connue sous le nom de chakras dans l’Hindouisme pour activer les facultés spirituelles. C’est ainsi que nous pouvons renforcer notre volonté et vous donner de l’énergie à appliquer à votre vie spirituelle. Si vous trouvez que vous êtes morose mentalement, émotionnellement, physiquement, même si vous dormez suffisamment, c’est une pratique très puissante qui invoque ces forces, surtout si vous vous levez très tôt le matin, comme cinq ou six, chaque fois que le le soleil se lève, et en priant le divin, vous pouvez placer vos mains sur votre cœur. Nous le faisons dans le style Soufi ou le style Égyptien, main droite sur votre gauche sur votre cœur, et quels que soient les mots que vous avez naturellement, priez le divin. Dites: « Mon Seigneur, accorde-moi s’il te plaît la force spirituelle dans mon travail afin de remplir mon cœur et mon âme de paix et d’énergie. » Ensuite, faites les mantras, comme ça, les voyelles. C’est le langage Runique ou le yoga Runique, dont nous donnerons des cours dans le future.

Question: Donc, nous prononçons chacun de celles-ci avec un souffle?

Instructeur: C’est « Ta », un souffle, puis le suivant, « Te », un autre souffle, et ainsi de suite avec le reste des voyelles. Et concentrez-vous lorsque vous mantralisez. Lorsque vous prononcez ces sons, ressentez la vibration de la voyelle dans votre propre mantralisation et concentrez-vous sur les énergies qu’elle provoque, et vous constaterez que ce sera vraiment le cas, surtout si vous vous entraînez le matin, quand il est bon d’obtenir se lever très tôt et les énergies sont très propices à la méditation et à la prière. C’est pourquoi le Coran enseigne la récitation à l’aube, comme c’est beau de se lever le matin pour prier et chercher le souvenir du divin. C’est très puissant. Et vous pouvez simplement le faire pendant dix minutes, vous pouvez le faire pendant 30. Pour combien de temps vous vous sentez.

Question: Cela devrait être fait le matin?

Instructeur: Cela peut être fait le matin. C’est bien, mieux le matin, mais vous pouvez aussi le faire le soir, la nuit. Mais c’est mieux le matin, qui sont toujours plus propices à la pratique spirituelle. Cela développe la volonté Christ, la volonté du Christ, la volonté du divin en nous comme au ciel.

Question: Vous parliez de la façon dont nous devons briser notre réactivité mécanique à la vie, par exemple: « Si dans un moment de colère nous pouvons prendre du recul par rapport à ce sentiment, ce feeling, et ne pas céder à cette impulsion, cela nous indique que nous contrôlons et en nous éloignant de ce mental conditionné, de ce soi négatif, et nous apprenons à voir à partir d’un état d’objectivité, qui en soi crée un mental serein. » De même, Gurdjieff écrit souvent sur la nécessité pour un homme de s’engager dans une lutte interne contre sa mécanicité; sans lutte, il n’y a aucune possibilité de développer l’autonomie.

Dans ma propre pratique, je suis un peu trébuché sur ce point. Premièrement, étant encore très endormi, il est difficile de discerner si la lutte interne est positive ou égoïste. J’ai une tendance personnelle à la répression / dépression, alors même si je semble parfois avoir beaucoup de retenue, je trouve dans la méditation que cela est souvent motivé par la peur de faire quelque chose de mal plus que la discipline spirituelle. Je peux éviter d’avoir un comportement nuisible tout en m’aveuglant sur le désir qui le provoque.

Il semble qu’au début de notre travail spirituel, avant d’avoir cultivé un équilibre psychologique suffisant, nous devons juste faire des efforts pour restreindre toute volonté, car il s’agit probablement d’un désir égoïste. Cependant, si cela conduit à la répression, nous ne verrons pas les désirs inconscients qui causent nos souffrances. Avons-nous besoin d’une force de renonciation aussi forte pour nous pousser à nous engager sur le chemin? Comment viser un bon équilibre au départ?

Instructeur: Samael Aun Weor a expliqué ce qui suit qui peut aider à élucider ce sujet pour vous:

« L’expérience de la Vérité est fondamentale. Ce n’est pas par l’effort que nous pouvons expérimenter la Vérité. La Vérité n’est pas le résultat; la Vérité n’est pas le produit de l’effort. La Vérité nous vient au moyen d’une profonde compréhension. Nous nous devons nous exercer pour travailler dans le Grand Œuvre et transmuter nos énergies créatrices. Nous devons nous efforcer de vivre, de lutter et de marcher sur le chemin de la Révolution Intégrale, mais nous n’avons pas besoin de nous exercer pour comprendre la vérité. » – Samael Aun Weor, La Révolution de la Dialectique

La compréhension ne demande aucun effort. Cela se produit lorsque nous observons nos états psychologiques et n’attendons rien. Nous voyons simplement les processus psychologiques du mental pour ce qu’ils sont, sans effort (justification ou morbidité / répression).

Lorsque les Soufis parlent d’efforts, ils se réfèrent au chemin méditatif de la sérénité tel qu’il est enseigné dans le Bouddhisme, les neuf étapes du shamatha. Il faut un grand effort au début pour retenir le mental des impulsions nuisibles et pour se concentrer, mais cet effort devient sans effort à mesure que nous nous acclimatons et nous familiarisons avec de tels états au fur et à mesure que l’on développe la sérénité.

Vous pouvez mesurer à quel point vous vous efforcez contre le mental par rapport à ce que vous comprenez en vous-même. Comprenez-vous davantage les causes de la souffrance? Vos états psychologiques sont-ils plus profonds et sereins? Apprenez-vous à réagir aux manifestations désagréables de vos semblables, hommes et femmes, avec sérénité et compassion? Ou êtes-vous coincé dans la bataille des antithèses, réagissant à la vie sans compréhension ni intuition?

L’ego de la honte peut être un obstacle difficile à surmonter, par lequel nous voyons nos défauts et commettons l’erreur de réagir de manière égoïste à ce que nous percevons. La solution est de comprendre ce qu’est la honte, qui est la fierté inversée, le soi qui est fier de: « Je suis une mauvaise personne! » Cela semble drôle, mais lorsque vous observez cet ego, c’est ainsi qu’il fonctionne. Il pense qu’il sait ce qui est mauvais, mais c’est juste réactionnaire. C’est un ego « Gnostique » qui pense qu’il fait le travail et que tout le monde crée par erreur lorsqu’il est sur ce chemin.

La solution est de développer le remords, qui est une qualité consciente qui reconnaît l’insignifiance de notre personne individuelle devant la majesté de la divinité. Le remords est aussi la voix de la conscience, la beauté et la dignité de l’âme humaine: Tiphereth. Cela se produit en voyant, en observant le processus de pensée et d’émotion impliqué dans un état négatif tel que la honte, sans l’étiqueter, le cacher ou le repousser.

Lorsque nous comprenons la honte, nous ressentons une grande surprise, un choc d’inspiration, car c’est l’expression dynamique, le choc conscient ou la réalisation intime de notre âme qui perçoit ce que nous sommes et pourquoi nous souffrions. Nous percevons également la beauté de notre âme en reconnaissant nos erreurs, une reconnaissance qui devrait produire le bonheur, car « un défaut découvert est un défaut mort ». Bien qu’il soit douloureux de voir la réalité de notre mental, lorsque l’auto-observation et la compréhension sont profondes, nous développons une persévérance joyeuse et une belle action, car avec la compréhension de tout ego en méditation, nous percevons et pouvons également comprendre les vertus qui y sont piégées.

Le renoncement se développe au fur et à mesure que l’on comprend les causes de la souffrance et qu’on ne revient plus sur des comportements que l’on sait négatifs. Cela renforce toujours la conscience plus nous affrontons et surmontons les épreuves et les tentations.

Nous trouvons l’équilibre grâce à la cohérence de la pratique, en méditant quotidiennement sur ce que nous percevons en nous-mêmes. Nous apprenons en recevant avec joie les impressions désagréables de notre prochain et en apprenant à agir par compassion et conscience dans les moments précis où nous sommes en feu, testés et brûlés par les circonstances. Nous apprenons en échouant à plusieurs reprises et en luttant, en réfléchissant à nos comportements et en faisant de meilleurs choix lorsque les épreuves se répètent, de sorte qu’avec le temps et l’expérience, nous percevons que nous ne souffrons plus ni ne faisons souffrir les autres, mais que nous réagissons aux conditions difficiles avec sérénité et perspicacité.

Vous pouvez retrouver cet article en version anglaise : Spiritual Discipline

Conscience
Amour Divin