Les Trois Gunas dans la Matière Cosmique (L’Univers et les Trois Gunas)

Samaël Aun Weor

Mes amis, nous allons parler un peu des TROIS GUNAS : Sattva, Rajas et Tamas. SATTVA, donc, est sans aucun doute l’harmonie, la beauté, la félicité authentique. Quant à RAJAS, c’est la passion animale, l’action. TAMAS, à proprement parler, est l’inertie.

Ainsi, Sattva, Rajas et Tamas sont les trois qualités fondamentales de la PRAKRITI. Et qu’est-ce que la « Prakriti » ? – pourrait-on me demander -. La Prakriti, c’est le Grand Alaya de l’Univers, la MÈRE COSMIQUE, Maha-Kundalini, etc. En tous cas, c’est l’Éternel Principe Féminin.

Avant que commence l’Aurore du Mahamanvantara, il est clair que Sattva, Rajas et Tamas, les Trois Gunas, se trouvaient en parfait équilibre ; il n’y avait aucun déséquilibre ; alors régnait le Mahapralaya, la Nuit Cosmique.

Dans le sein de l’Éternel Père Cosmique Commun, pendant le Mahapralaya, les Elohim sont de simples atomes divins submergés dans Cela qui n’a pas de nom. L’ALTÉRATION DES TROIS GUNAS (Sattva, Rajas et Tamas) est due au fait que ces atomes primordiaux, divins, ou simplement ces étincelles virginales, désirent être quelque chose ou quelqu’un. Alors, comme résultat, survient le déséquilibre des Trois Gunas sur le grand plateau de la Balance Cosmique ; alors, comme résultat, le Karma entre en activité : le Premier Logos déclenche le Mouvement Électrique, le TOURBILLON ÉLECTRIQUE, et les atomes de l’Univers précédent (qui dormaient auparavant dans LEURS CENTRES LAYA) s’éveillent pour une nouvelle activité. C’est ainsi que commence toujours l’Aurore du Mahamanvantara.

Mais évidemment, le Logos Causal n’entrerait pas en activité (en déclenchant le Tourbillon Électrique, l’Ouragan Électrique dans les Eaux Chaotiques de la Vie) s’il ne s’était pas produit auparavant un déséquilibre des Trois Gunas.

Le fait même que les Trois Gunas se déséquilibrent sur la Balance Cosmique indique une IMPERFECTION DES ATOMES PRIMORDIAUX divins ou Monades Virginales qui se trouvent au repos dans le sein de l’Éternel Père Cosmique Commun.

Si ces Monades Primordiales ne désiraient pas être quelque chose ou quelqu’un, il n’y aurait pas de déséquilibre des Trois Gunas. Pour que les Trois Gunas soient en déséquilibre, il doit exister une cause innée, un principe moteur inné, profond. Cette causa causorum se trouve dans les propres atomes ou étincelles virginales qui reposent au sein de l’Éternel Père Cosmique Commun.

Il doit y avoir une espèce d’imperfection (incompréhensible pour l’analyse purement intellectuelle) qui en vient naturellement à se convertir en cette cause innée qui, à son tour, induit les Monades submergées dans le sein de l’Éternel Père Cosmique Commun à désirer être quelque chose ou quelqu’un.

Si ces Monades jouissaient de la perfection absolue, elles ne désireraient pas être quelque chose ou quelqu’un et alors le déséquilibre des Trois Gunas ne pourrait pas non plus se produire.

Bien sûr, au sein de l’Éternel Père Cosmique Commun règne la Félicité. Lorsqu’une étincelle virginale, quelle qu’elle soit, étant submergée dans ce bonheur, ne désire pas une vie de type égoïste, lorsqu’elle ne veut pas être quelque chose de différent du Père, alors au-dedans d’elle-même, elle trouvera différents niveaux ou plutôt Supra-Niveaux de Félicité…

On a beaucoup parlé de l’Être, et tout le monde désire connaître son propre Être. Une fois qu’une personne l’a connu, elle est heureuse, mais elle désire alors connaître plus son propre Être, et c’est seulement en elle-même qu’elle peut trouver ce « plus ».

Celui qui a réussi à passer la Porte 13 de la Kabbale hébraïque s’immerge au sein de l’Éternel Père Cosmique Commun. En faisant cela, il y trouve son Être ; mais lorsqu’il a réussi à découvrir son Être et à s’intégrer à lui, il constate que son Être est plus profond ; et lorsqu’il est arrivé, moyennant des efforts, à se surpasser davantage, il s’aperçoit que son Être est encore plus profond. Conclusion : L’ÊTRE N’A NI FIN, NI LIMITES. Comment pourrait-on fixer une limite à l’Être ? Ce n’est pas possible !

Mais nous allons concrétiser un peu cela pour pouvoir mieux comprendre cette question… Regardons la constitution humaine : nous savons bien que la Kabbale hébraïque se compose de dix Séphiroths. Si nous commençons par MALKUTH, c’est la Séphiroth qui correspond au corps physique. Si nous continuons avec YESOD, nous trouvons le Siège Vital où se trouve l’Énergie Créatrice. La troisième Séphiroth est, naturellement, le corps astral, qui est HOD. Quant à la quatrième Séphiroth, qui est le Mental, nous la trouvons avec NETZAH. Bien au-delà, nous avons la cinquième Séphiroth, qui est l’Âme Humaine, TIPHERETH, le Causal. Et encore plus loin, se trouve la sixième Séphiroth qui est GEBURAH : la Rigueur, la Loi, la Bouddhi, la Belle Hélène, etc. La septième Séphiroth est GEDULAH ou simplement CHESED, l’Intime ; mais au-delà de l’Intime, il y a le Logos : BINAH qui est la huitième Séphiroth, l’Esprit Saint ; le Christ Intime est la neuvième Séphiroth : CHOKMAH ; quant à l’Ancien des Jours, le KETHER, c’est la dixième Séphiroth.

Quand quelqu’un a reçu l’INITIATION DE KETHER, il est évidemment arrivé à l’intégration complète avec l’Ancien des Jours. Mais au-delà, se trouve la terrible PORTE ONZE, où il est très rare que quelqu’un ose frapper, et celui qui frappe à cette porte sans être préparé mourra (c’est la onzième Séphiroth : L’AÏN SOPH AUR).

Quand on réussit, on s’unit avec quelque chose qui est au-delà de l’Ancien des Jours (je l’ai déjà dit : Ain Soph Aur). La douzième Séphiroth est différente : c’est l’AÏN SOPH ; et la PORTE TREIZE est celle de l’AÏN. Celui qui est arrivé à s’intégrer à l’AÏN est donc prêt à s’immerger dans le sein de l’Éternel Père Cosmique Commun. Mais en s’immergeant dans le sein de l’Éternel Père Cosmique Commun, il découvre qu’au-dedans de lui-même, malgré qu’il soit intégré à l’AÏN, il y a quelque chose de plus : L’Être, et il travaille (naturellement) pour arriver jusqu’à LUI ; et lorsqu’il y parvient, la Félicité change au sein même de l’Éternel Père Cosmique Commun.

Alors, en s’immergeant, en ne voulant être rien ni personne, en sondant ses propres profondeurs, il découvre que son Être est plus profond, et quand il le découvre, de nouveaux changements d’harmonie et de beauté sans fin apparaissent dans le processus de Celui qui n’a pas de nom (et ce que je suis en train de dire n’a ni fin, ni limites).

Ce qui fait que la Gloire au sein de la Séité pure et Inconnaissable n’a réellement jamais de limites, jamais, au grand jamais… Qui pourrait fixer des limites à l’Être ? Si L’ÊTRE EST DIEU MÊME, qui pourrait limiter Dieu ?

Mais quand quelqu’un veut être quelque chose de distinct de l’Être, quand il désire exister, même en tant que Cosmocréateur, il tombe évidemment, de ce fait, dans le monde des 3 Lois.

Il s’avère intéressant […] mais il […] les Monades désirent être quelque chose ou quelqu’un. La première chose qui se déséquilibre, naturellement, ce sont les Gunas. Si les Gunas ne se déséquilibraient pas, la Causa Causorum, le Logos Causal du Premier Instant, la Loi même du Karma, n’entreraient pas en activité. Mais il y a un déséquilibre des Gunas et, au moment où ce déséquilibre commence, LE KARMA ENTRE EN ACTIVITÉ ET L’UNIVERS VIENT À LA MANIFESTATION.

Ainsi, les Gunas sont donc la Causa Causorum de toute activité logoïque, parce que le Logos Causal n’entrerait pas en action si les Gunas ne se déséquilibraient pas. Le fait que les Gunas se déséquilibrent accuse une imperfection : l’imperfection des Monades (qui reposent au sein de Cela qui n’a pas de nom), des Monades qui désirent être quelque chose ou quelqu’un. Lorsqu’elles sentent et pensent ainsi, il se produit évidemment un déséquilibre. Ce déséquilibre, c’est elles-mêmes qui le provoquent et voilà pourquoi l’Univers devient manifesté et que le Mahamanvantara commence.

Il faut distinguer le Mahamanvantara, qui signifie « JOUR COSMIQUE », du Mahapralaya, qui signifie « NUIT COSMIQUE ». Une fois cela compris, nous pouvons continuer…

Les Trois Gunas, par elles-mêmes, sont assez intéressantes. On parle clairement des Trois Gunas dans le livre du Seigneur Krishna, la fameuse « Bhagavad Gita ». Cela vaut donc la peine que nous commentions un peu cette question des Trois Gunas…

La « Bhagavad Gita » dit ce qui suit : « Ô, Krishna ! Est-ce Sattvique, Rajasique ou Tamasique, la […] de ceux qui rendent un culte et adorent, sans obéir aux Commandements ? » Le Béni Seigneur dit : « Les […] qu’amènent, selon leur nature, les êtres incarnés, est triple : Sattvique, Rajasique et Tamasique. Écoute ce que je te dirai sur cela : Ô […] la […] de chaque personne, dépend de sa constitution ; l’homme est le produit de son Saya, le reflet de sa Shada. Les HOMMES SATTVIQUES (c’est-à-dire en qui prédomine la Guna Sattva) adorent les Devas, c’est-à-dire qu’ils rendent un culte aux Devas (des Êtres Célestes, parce que les Devas sont les Anges eux-mêmes ou des Êtres Divins). Les RAJASIQUES rendent un culte (à qui ?) aux Yakshas ou Rakshasas (des Êtres ayant des Pouvoirs Surnaturels), et les TAMASIQUES, aux Esprits et aux Élémentaux »…

Ainsi, il ne faut pas oublier que les gens complètement sattviques rendent un culte aux Devas (aux Anges Divins, aux Êtres Ineffables, aux Elohim). Ceux en qui prédomine la Guna Rajas (qui est celle de la Passion ou action) rendent un culte, je l’ai dit, aux Êtres pourvus de pouvoirs surnaturels ; et les Tamasiques (en qui prédomine, naturellement, la Guna de l’Inertie) rendent un culte aux Esprits et aux Élémentaux de la Nature.

« Les hommes qui pratiquent de sévères austérités – dit la « Bhagavad Gita » – non recommandées par les Écritures, seulement par ostentation et égoïsme, ces hommes concupiscents et pleins d’attachements, dépourvus de bon sens, torturent tous les organes du corps, et moi aussi, qui demeure au-dedans du corps. Sachez-le : ils ont des intentions démoniaques ! »…

Il vaut bien la peine de commenter cela : « Les hommes qui pratiquent de sévères austérités non recommandées par les Écritures (qui souffrent de la faim de façon terrible, qui se martyrisent, enfin ceux qui font des choses violentes), seulement par ostentation et égoïsme, ces hommes concupiscents et pleins d’attachements, dépourvus de bon sens, torturent tous les organes du corps et moi aussi qui demeure au-dedans du corps. Sachez-le : ils ont des intentions démoniaques »…

Il y a des démons qui se torturent ; il y a des démons qui mènent une vie ascétique ; il y a des démons qui pratiquent le HATHA-YOGA ; et il y en a une multitude dans les Mondes Infernaux et ils pensent toujours qu’ils vont très bien…

« De même, les aliments, les cultes, les aumônes et les austérités, sont également triples. Écoutez quelles sont leurs distinctions : les SATTVIQUES (c’est-à-dire les individus en qui prédomine la Guna Sattva) aiment les aliments qui augmentent la vitalité, l’énergie, la force, la santé, la félicité et l’appétit, et qui sont savoureux, qui sont oléagineux, consistants, agréables » (les légumes, les fruits de toute espèce, etc.).

« les aliments préférés des RAJASIQUES (c’est-à-dire des gens en qui prédomine la Guna Rajas qui est celle de la Passion) sont les aliments amers, acides, salés, très chauds, piquants, secs, brûlants, et tous ceux qui produisent affliction, souffrance et maladie »…

Il vaut la peine de réfléchir à cela, n’est-ce pas ? Cela vaut la peine que nous pensions que les aliments rajasiques, c’est-à-dire les aliments très amers – faites très attention à cela -, acides, salés, très chauds, piquants (ceux avec pas mal de chili…), secs et brûlants, produisent affliction, souffrance et maladie !…

Par contre, voyez (pour que nous réfléchissions bien) comme les aliments sattviques sont différents : tous ceux qui sont « oléagineux, consistants et agréables » : les légumes, les fruits, tout cela…

« Quant aux aliments préférés des TAMASIQUES – c’est-à-dire de ces gens en qui prédomine la Guna Tamas -, ce sont les aliments insipides, quasiment décomposés, malodorants, les restes de la veille, la nourriture froide et les aliments impurs »…

De cette manière, les gens en qui prédomine la Guna Tamas, les gens tamasiques, aiment « les aliments insipides – voyez quelle chose ! -, les aliments décomposés, malodorants, les restes du jour précédent – en trop ou réchauffés -, la nourriture froide et les aliments impurs »… Ce sont des aliments propres aux gens tamasiques. Ici, nous ne devons pas oublier cela, ce commentaire ; cela vaut la peine d’y réfléchir et, vraiment de choisir nos aliments.

Quant à moi, franchement, je vous dirais que je n’aime pas les aliments de type tamasique : je n’aime pas les nourritures insipides, ni les aliments décomposés, malodorants, ni non plus les aliments de la veille, ni la nourriture froide. Les aliments impurs (comme le porc, etc.), me paraissent désagréables.

Ainsi, en effet, il vaut la peine d’observer ce que mangent les gens. Il faut choisir, plutôt, les aliments sattviques : les fruits, les légumes, tout cela…

« Le JNANA SATTVIQUE se fait en accord avec les Commandements : en se concentrant sur le Culte, seulement pour le Culte, pour les hommes qui ne désirent pas de résultat » (ce sont des gens qui aiment le Culte, qui l’adorent, mais qui ne veulent pas de résultats égoïstes).

« Ô toi, le meilleur des Bharatas ! : le JNANA RAJASIQUE (c’est-à-dire le passionné) se fait par tentation et en désirant des fruits, du mérite » (ce sont les gens qui pratiquent les Rites, mais avec un certain intérêt, pas d’une manière désintéressée).

« Quant au JNANA TAMASIQUE, il se fait à l’encontre des Commandements : sans Foi, sans mantras, sans répartir les aliments entre les pauvres et sans offrir son obole aux prêtres ». De sorte que les Rites des Tamasiques sont curieux : « ils ne donnent pas d’obole aux prêtres, ne prononcent pas les mantras sacrés, violent les Commandements, n’ont pas de Foi » (ce sont des Rites pratiquement NOIRS, n’est-ce pas ?).

L’AUSTÉRITÉ CORPORELLE réside en l’adoration des Devas, des Brahmanes, des préceptes spirituels des Sages ; en la pureté, la rectitude, la continence ; et elle consiste à ne porter tort, à ne porter préjudice à personne.

L’AUSTÉRITÉ VERBALE réside en la manière de parler clairement pour que cela ne produise aucune préoccupation, en la véracité, en la façon agréable et bénéfique de parler et en la lecture quotidienne des textes sacrés…

C’est très important, mes chers frères. Il me semble que cela vaut la peine d’avoir l’Austérité Verbale. J’ai vu comment les gens se lancent des mots, comment ils se blessent les uns les autres (c’est comme s’ils se plantaient des poignards, comme s’ils prenaient plaisir à cela). Quelqu’un dit quelque chose et je suis étonné de voir comment réagit celui qui écoute et répond de la pire manière, n’est-ce-pas ? Cela est douloureux ! On doit être austère dans la parole : parler clairement, ne pas produire de préoccupations chez les gens quand on parle ; être sincères, pas menteurs ; avoir une manière agréable et bénéfique de parler, et lire quotidiennement les Écritures Sacrées…

L’AUSTÉRITÉ MENTALE consiste en la sérénité, la piété, le silence, l’auto-contrôle et la pureté de coeur… Il est très intéressant d’avoir l’Austérité Mentale. Comment ? En restant serein : si on nous insulte, il faut rester serein ; si on nous fait des compliments, il faut rester serein, indifférent devant la louange et le blâme, devant le triomphe et la défaite (« Je ne suis pas plus parce qu’on me loue, ni moins parce qu’on me blâme, parce que je suis toujours ce que je suis »)…

Réfléchir ainsi (de cette manière), être pieux, silencieux, ne jamais jouer avec la parole, car si on joue avec la parole, on n’est plus austère dans la parole, et il faut être austère, toujours s’auto-contrôler (on doit toujours se soumettre à l’auto-contrôle et avoir un coeur pur). L’Austérité Mentale est donc très intéressante.

Cette triple Austérité pratiquée avec Foi par l’homme qui ne désire pas de mérite est considérée comme étant « Sattvique », c’est-à-dire que là où existe l’Austérité Verbale, là où existe l’Austérité Mentale, là où existe l’Austérité Corporelle, il y a naturellement, il coexiste naturellement la qualité Sattvique. N’oubliez pas que l’Austérité corporelle réside en « l’adoration des Devas, des Brahmanes, des Précepteurs Spirituels, des Sages ; en la pureté, la rectitude, la continence ; et elle consiste à ne nuire à personne »…

De sorte que les Trois Austérités : la Physique, la Mentale et la Verbale, sont nécessaires quand on veut assumer, dans sa nature, la qualité de type sattvique.

L’AUSTÉRITÉ RAJASIQUE est différente : elle est passagère, elle dure peu vu qu’elle est passionnelle ; elle est celle que les gens « pratiquent par ostentation, pour gagner respect, honneurs et révérences » ; pour que les autres disent : « Comme cette personne est dévote, comme elle est magnifique ! ».

N’est-ce pas ?

Quant à l’AUSTÉRITÉ TAMASIQUE, c’est celle que « l’on fait stupidement, en s’infligeant de la souffrance ou avec le désir de nuire à son prochain »…

LA CHARITÉ SATTVIQUE s’exerce comme un devoir, sans idée de rétribution, dans un lieu et au moment propice, envers la personne qui le mérite. LA CHARITÉ RAJASIQUE s’exerce dans l’attente d’une récompense, d’un mérite ou à contre-coeur ; et LA CHARITÉ TAMASIQUE s’exerce à un moment inopportun, dans un lieu non propice, envers une personne qui ne le mérite pas et avec dédain…

OM-TAT-SAT… « OM » (« Cela existe ») a été déclaré comme la « Triple Dénomination de Brahma » (Le Suprême). C’est de cette façon qu’ont surgi, dans un passé lointain, les Brahmanes, les Vedas et les Jnanas. C’est pourquoi ceux qui suivent les Commandements Védiques prononcent : « OOMMM », avant de commencer leurs Jnanas ou Rites, leurs aumônes et leurs Austérités.

Ceux qui cherchent le « MOKSA » (l’Émancipation Spirituelle) prononcent le « TAT » (« Cela »), avant de faire leurs Jnanas ou Rites, leurs aumônes et leurs austérités (ils ne désirent aucun mérite pour ces actions). Le mot « SAT » ou « PARDAT » est employé dans le sens de « La Réalité », « La Bonté » et aussi pour les actes charitables.

Ainsi, vous voyez que OM TAT SAT a un grand pouvoir, comme aussi lorsqu’on dit : AUM TAT SAT… On prononce aussi la parole « Sat » pour acquérir de la constance dans le Jnana (c’est-à-dire dans le Rite), dans l’austérité, dans l’aumône et dans tous les actes faits indirectement pour le Seigneur. N’importe quel acte ou « Pardat », que ce soit le Jnana ou Rituel, l’aumône ou l’austérité, s’il est fait sans Foi, est considéré comme « ASAT » (inexistant) ; il n’a pas été fait correctement et ne donne pas de fruit, ni ici ni dans l’au-delà… Nous voyons donc ainsi ce que sont les Trois Gunas. Elles sont extrêmement importantes parce que c’est sur elles et par elles qu’existe cet Univers (ce sont les trois qualités basiques)…

Disciple. Mais je voudrais vous demander maintenant, à propos de… Avec toute l’explication que vous nous avez donnée au sujet des Gunas. Pourrait-on dire que ceci donne une réponse à la question basique, fondamentale, sur laquelle est basée la Philosophie, qui est : « D’où venons-nous » ? Alors, bien sûr, cela se rapporte aussi intimement à la question : « Qui sommes-nous et où allons-nous ? ». Mais je vois que l’explication que vous nous donnez sur les Gunas donne définitivement une réponse à la question : « D’où venons-nous », n’est-ce pas ? Parce que c’est ainsi que commence notre origine aussi.

Maître. Bien sûr !

D. Maintenant, ce que je voulais vous demander, Maître, c’est : quand le Jour Cosmique entre dans la Manifestation, alors est-ce ici, au commencement du Jour Cosmique, que nos Essences entrent dans la Manifestation ?

M. Eh bien, l’Essence entre en activité beaucoup plus tard. Car pour que l’Essence de chaque créature entre en activité, la descente de la Grande Vie est nécessaire. Mais il est évident que s’il n’y avait pas le Jour Cosmique, l’Essence n’entrerait pas alors en activité. AVEC LE JOUR COSMIQUE, TOUTE ESSENCE ENTRE EN ACTIVITÉ.

D. Mais, en réalité, l’Essence se manifeste-t-elle vraiment, dans toute sa grandeur, quand la Création entre dans sa Manifestation physique ?

M. BIEN AVANT, L’ESSENCE EST DÉJÀ EN ACTIVITÉ. Toute Essence entre en activité quand commence l’Aurore du Mahamanvantara.

D. C’est là qu’elle commence dans un corps totalement Mental, n’est-ce pas ?

M. Si les Essences n’ont pas de corps mental, dans quel corps vont-elles entrer ? ELLES AGISSENT SIMPLEMENT COMME DES ÉLÉMENTAUX INNOCENTS dans un processus de descente jusqu’au Monde Physique. Et comme l’Univers commence son processus de développement dans le Monde du Mental, dans la Substance Mentale Concrète, les Essences elles-mêmes commencent à agir dans la Matière Mentale ; mais cela ne veut pas dire que les Essences (de tout le créé) peuvent déjà, pour autant, posséder un corps.

Que beaucoup plus tard, cet Univers Mental se cristallise sous forme Astrale, cela est également certain et totalement vrai ! Mais cela ne veut pas dire que les Essences aient un corps astral. Que cet Univers Astral se cristallise sous forme éthérique, cela aussi est certain ! Mais cela ne veut pas dire que les Essences aient un corps éthérique.

Et enfin vient la manifestation de l’Univers sous sa forme physique ; alors les Essences sont descendues jusqu’au Royaume Minéral proprement dit. De là, elles entament des processus évolutifs de Vie Élémentale ; elles continuent vers le Végétal, poursuivent dans l’Animal et, à la fin, arrivent à l’État « Humanoïde ». La vie, dans ses processus, nous amène jusque là (dans ses processus, disons, de type involutifs et évolutifs) ; à la fin, la vie nous laisse là, jusqu’à l’état « d’humanoïde »…

L’humanoïde est quelque chose d’incomplet : C’est un « Élémental » avec un corps tricérébré, et c’est tout. Si l’humanoïde veut avancer un peu plus, devenir complet, il doit alors créer les Corps Existentiels Supérieurs de l’Être, pour SE CONVERTIR EN HOMME. Évidemment, l’humanoïde tombe toujours, il se transforme en une créature trop animale. Par lui-même, il est animal, mais il se souille avec les passions animales, il développe l’Ego dans sa nature. Cependant, il doit éliminer l’Ego, créer les Corps Solaires, et il se convertit alors en Homme authentique.

En tous cas, la vie provient de l’Involution, depuis l’Absolu jusqu’au Royaume Minéral, et elle évolue depuis le Royaume Minéral jusqu’à l’humain. Une fois dans l’humain ou plutôt dans l’humanoïde, s’il veut SORTIR DE LA ROUE des Involutions et Évolutions, il doit évidemment faire quelque chose de différent : il doit travailler sur lui-même, il doit finir de SE CRÉER PAR LUI-MÊME ; il doit créer les Corps Existentiels Supérieurs de l’Être au-dedans de lui-même ; se convertir en Homme véritable et en Dieu (au-dedans de lui-même, en travaillant sur lui-même). C’est la crue réalité des faits !

D. Pour ainsi dire, l’Homme Rajasique (de Rajas), c’est lui qui est dans la « Roue du Samsara » ?

M. C’est l’homme passionnel, l’homme qui se livre aux passions animales…

D. Exact !…

M. Parce que Rajas est la Passion, Sattva est l’Harmonie, la Félicité, la Beauté de l’Esprit…

D. Le Sattvique, c’est celui qui est parvenu au Tetragrammaton, l’Homme numéro cinq, n’est-ce pas ?

M. Oui, quand on atteint l’équilibre parfait des Trois Gunas au-dedans de soi-même, on se convertit en ce qu’on pourrait appeller un « HOMME SATTVIQUE » (un Homme Parfait).

D. Maître, le processus de l’Essence est-il intimement relié au RAYON DE LA CRÉATION ?

M. Et bien, oui, l’Essence (naturellement, comme je te l’ai dit) descend d’abord de région en région. Aussitôt qu’existe la Voie Lactée, l’Essence commence ses processus de descente, jusqu’au Minéral ; depuis le Minéral, elle commence ses processus d’ascension jusqu’à l’état humanoïde.

D. Elle doit arriver, disons, jusqu’au niveau le plus bas ?

M. Bien sûr !

D. Parce que, pour retourner une autre fois dans l’Absolu, elle doit commencer le processus inverse, n’est-ce pas ?

M. Inverse, oui ! RETOURNER UNE AUTRE FOIS : sortir du Monde des 48 Lois et passer à celui des 24, ensuite à celui des 12, puis à celui des 6, et de là à celui des 3 Lois, jusqu’à aborder l’Absolu.

D. Est-ce pour cela qu’on dit que « pour pouvoir monter, il faut d’abord descendre », c’est-à-dire que l’on descend d’abord jusqu’au Monde minéral pour pouvoir remonter ?

M. Bien sûr !

D. Bien sûr !…

D2. « Pour pouvoir monter, il faut d’abord descendre » et travailler dans la Neuvième Sphère ?

M. Bon, voilà, ceci est plus profond. Je suis en train de vous parler d’une Première Descente, quand est créé l’Univers où la Grande Vie est venue depuis l’Absolu jusqu’au Monde Physique. Alors, l’Essence a du venir d’en haut jusqu’au Monde Physique, pour grimper les échelons, dans le Végétal et l’Animal jusqu’à l’Humanoïde. Mais, jusque là, c’est la Première Descente de la Vie jusqu’au Monde Physique.

Qu’ensuite, une fois dans le Monde Physique, l’Essence soit soumise à la Roue du Samsara, c’est autre chose ! Dans cette Roue qui tourne sans cesse (3000 cycles comportant chacun 108 existences), c’est bien différent : il y a des Élémentaux, actuellement dans le Règne Minéral, qui sont en train de passer pour la première fois par le Règne Élémental Minéral ; et il y a des Élémentaux du Règne Élémental Minéral qui sont déjà passés par le Minéral il y a beaucoup de temps ; ils y sont déjà passés et ils continueront à y passer…

D. Maintenant, j’entrevois un détail ; c’est seulement avec le déséquilibre des Trois Gunas, à l’heure où commence l’Aurore de cette Création, que doivent apparaître les Trois Forces pour qu’il y ait cette Création : la Sainte Affirmation, la Sainte Négation et la Sainte Conciliation, n’est-ce pas ? C’est la Force Positive, Négative et Neutre, précisément pour qu’existe cette Création.

D2. Bien sûr ! Ce sont elles qui nous créent (ces Trois Forces).

D. Et ces Trois Forces existant au début, à cette Aurore, c’est alors que commence le Rayon de la Création (bien connu, non ?), que commence précisément le Troisième Logos.

M. C’est le Troisième Logos.

D. Bien sûr ! Il est le Créateur ; tout en harmonie…

D2. C’est d’abord l’Absolu ?

M. Exactement !

D. Disons que tous les Mondes tombent… Ensuite viennent tous…

M. Eh bien, ce Troisième Logos, c’est tous les Soleils.

D. Mais après l’Absolu viennent tous les Mondes, maintenant ?

M. Il y a l’Absolu, ensuite vient tout l’Infini (ce que l’on connaît comme l’Infini) ; puis ce que l’on connaît comme toutes les Galaxies ; puis comme tous les Soleils ; puis comme le Monde ; et ainsi… Bon, maintenant, je vais vous laisser là, mes chers frères, parce que je vais entrer en Méditation…