Les piliers de la sagesse gnostique (L’Arbre de la Vie)

Samaël Aun Weor

Disciple. Nous n’avons jamais entendu le Maître donner son opinion gnostique concernant la Science, la Philosophie, l’Art et la Religion […] Je crois qu’enregistrer cela […] est donc très important.

Maître. Bien, en tout cas, la GNOSE c’est la connaissance. PROTOGNOSE, c’est la gnose en état de dynamisme, d’action, d’impulsion, etc. PRÉGNOSE, c’est quelque chose qui est et qui n’est pas la gnose. AUTOGNOSE, c’est la connaissance gnostique personnelle, la nôtre, l’Auto-Conscience. Nous devons donc nous familiariser avec tous les aspects de la gnose. GNOSTISANT, par exemple, c’est un travail d’enseignement tendant à promouvoir la gnose. GNOSTICISME, c’est l’étude de la gnose. En tout cas, dans mon livre qui s’intitule « La Doctrine Secrète de l’Anahuac », il y a un chapitre intitulé « Anthropologie gnostique ». On y explique minutieusement ce qu’est la gnose. Les termes gnostiques y sont aussi détaillés.

Ce qui arrive, c’est qu’il faut d’abord l’éditer, n’est-ce pas ? Et vous l’aurez dans vos mains. Là-bas, dans la république du Salvador, notre frère B. se propose donc de faire les corrections qui conviennent, au niveau grammatical ou orthographique, car il y a toujours quelques petites erreurs d’orthographe qui se glissent et des problèmes de machines, et il faut le préparer pour le porter à l’imprimerie. Quand le portera-t-on à l’imprimerie ?

D. [L’interpellé répond]

M. Il est déjà édité… Oui, c’est là que se trouve, précisément, la définition complète de la gnose dans de très longs chapitres, avec tous ses termes exacts. Il est certain que la gnose comprend quatre colonnes : SCIENCE, PHILOSOPHIE, ART et RELIGION. Quand nous parlons de Science, nous pensons à la SCIENCE PURE, non à ce pourrissoir de théories universitaires qui abondent partout aujourd’hui. Une Science pure comme celle du Grand Œuvre, une Science pure comme celle des alchimistes médiévaux, une Science pure comme celle d’un Paracelse ou celle d’un Paul de Tarse.

PHILOSOPHIE : Réellement, la gnose est une philosophie Perennis et Universalis, un fonctionnalisme de la Conscience. Elle jaillit de diverses latitudes. Ceux qui pensent que la gnose vient uniquement de Perse, d’Irak, de Palestine ou de l’Europe médiévale, se trompent. La gnose est, je le répète, un fonctionnalisme de la Conscience. Nous la trouvons dans n’importe quelle œuvre indienne, dans n’importe quelle pierre archéologique, etc.

À travers L’ANTHROPOLOGIE GNOSTIQUE, nous pouvons faire ressortir la terrible réalité de la gnose qui jaillit de toutes parts. Il y a une grande différence, par exemple, entre ce qu’est l’anthropologie, disons, purement profane et ce qu’est l’anthropologie gnostique : les anthropologues profanes, par exemple, ne sont pas capables de pénétrer dans le fond vivant des grands mystères archaïques. Par contre, l’anthropologie gnostique va au fond. Toute pyramide, toute pièce archéologique, etc., s’adresse, en dernière instance, à l’Être, toujours à l’Être…

De sorte que la gnose s’adresse à l’Être, à la transparence cristalline de l’Être. Il est évident que ceux qui aiment vraiment l’Être, ceux qui se préoccupent de leur propre Être intérieur, doivent se résoudre à dissoudre l’Ego, le Moi pluralisé. Indubitablement, rejeter l’Être, c’est se condamner à l’Abîme et à la Seconde Mort (dont on parle dans tous les textes gnostiques).

Ainsi donc, je le répète, notre philosophie est une philosophie Perennis et Universalis.

Quant à L’ART, nous le trouvons dans toutes les pièces archaïques, dans toutes les pièces antiques, dans les pyramides et dans tous les vieux obélisques d’Égypte, dans l’ancien Mexique, chez les Mayas, dans les reliques archéologiques des Aztèques, Zapotèques, Toltèques, etc., dans les peintures d’un Michel-Ange, dans les hiéroglyphes d’Égypte, dans les anciens bas-reliefs du vieux pays des pharaons, en Chine, dans les vieux parchemins du Moyen Âge, chez les Phéniciens et les Assyriens, etc.

Il y a deux sortes d’art, c’est logique : un art que nous pourrions qualifier de « SUBJECTIF », qui est l’art ultramoderne qui ne conduit à rien et il existe aussi L’ART ROYAL de la Nature, l’Art objectif, réel, l’Art transcendantal ; évidemment, cet Art contient, en soi, de précieuses vérités cosmiques.

Indubitablement, l’Art gnostique se base sur la LOI DU SEPT, sur la Loi de l’Éternel Heptaparaparshinock. Quand on découvre n’importe quelle relique, n’importe quelle pièce archéologique… généralement on peut voir certaines inexactitudes intentionnelles, des petites cassures que l’on attribue presque toujours à la pique des travailleurs, etc. En tout cas, n’importe quelle inexactitude, dans la Loi du Sept, a été placée intentionnellement, comme pour nous indiquer que là, dans cette pièce ou au moyen de cette pièce, on transmet à la postérité un Enseignement, une Doctrine, une Vérité Cosmique…

Concernant les peintures, c’est la même chose : la Loi du Sept gouverne toutes ces peintures (disons anciennes) des Aztèques, Mayas, Égyptiens, Phéniciens, etc., qui transmettent de précieux enseignements. Nous trouvons aussi de magnifiques peintures, porteuses de grands enseignements, dans tous ces vieux tableaux médiévaux, dans les cathédrales gothiques, etc. L’Art royal de la Nature est donc, disons, un moyen transmetteur de l’Enseignement Cosmique.

Concernant la RELIGION, évidemment, nous étudions la religiosité dans sa forme la plus profonde. La gnose étudie LA SCIENCE DES RELIGIONS. Nous trouvons la Religion véritable dans toute la Nature. La gnose va donc dans le fondement religieux, elle cherche le « RELIGARE », le désir de lier ou de relier L’Âme à Dieu, et cela implique des travaux extrêmement intenses car on doit éliminer le Moi psychologique, le « Moi-Même ». C’est ainsi seulement qu’est possible le Religare dont nous parlent les anciens…

La religiosité que nous possédons est complètement scientifique, elle est hautement philosophique, profondément artistique. Nous cherchons la déité, le divin en nous-mêmes, non pas hors de nous. Nous savons que si nous ne découvrons pas Dieu en nous-mêmes, nous ne le découvrirons nulle part. Nous nous occupons donc de nous autoconnaître, nous nous intéressons donc à l’Auto-Gnose.

Quand on arrive à l’Auto-Gnose, on se connaît soi-même, on connaît son propre Être intérieur en soi-même, et ce processus de se connaître soi-même, de connaître son propre Être intime, c’est précisément l’Auto-Gnose. Ainsi donc, la Science, la Philosophie, l’Art et la Religion sont les quatre colonnes fondamentales du mouvement gnostique. Y a-t-il une autre chose que vous souhaitez demander ?

D. […]

M. Bon, je vais te dire : dans le livre que l’on va publier, qui est « La Doctrine Secrète de l’Anahuac », il y a un chapitre entier dédié à l’explication de ces termes, qui est précisément le chapitre concernant « l’Anthropologie gnostique », ça se trouve là…

D. […]

M. Bon, nous devons indéniablement FAIRE UNE DISTINCTION ENTRE JÉSUS-CHRIST comme grand Kabîr, L’HOMME qui prêchait donc la doctrine du Christ Intime de chacun de nous, et LE JÉSUS-CHRIST INTIME PARTICULIER de chacun. De sorte que Jésus-Christ en tant que Kabîr, en tant que grand Instructeur qui est apparu sur la Terre sainte il y a de cela 1976 ans, la seule chose qu’il fit, ce fut de prêcher la doctrine de notre Jésus-Christ particulier, intérieur. Évidemment, cela mérite une explication !…

Nous devons, avant tout, penser aux DIX SÉPHIROTH de la kabbale hébraïque pour pouvoir comprendre, c’est-à-dire que je considère que pour pouvoir comprendre on a besoin de s’orienter avec L’ARBRE DE LA VIE. C’est ainsi seulement que ce type de connaissance pourra devenir intelligible.

Si nous étudions attentivement l’Arbre de la Vie, nous découvrons les dix Sephiroth de la kabbale hébraïque : tout d’abord, il y a KETHER, le Vieillard des siècles. C’est la Vérité des vérités, l’Occulte de l’occulte, la Miséricorde des miséricordes, de sorte qu’il est notre Père qui est en secret. Il se dédouble lui-même en CHOKMAH. Ce Chokmah de la kabbale hébraïque est le Christ cosmique, le Krestos, le Christus, le Vishnou des hindous… Kether, c’est le Père, le Brahmâ des hindous. À son tour, Chokmah, le Fils, le Krestos, se dédouble en BINAH, qui est l’Esprit-Saint, le troisième Logos, le seigneur Shiva des hindous…

Il existe une tendance très marquée, dans le monde occidental, d’anthropomorphiser les trois aspects du Logos, mais il s’avère qu’il n’est pas possible de les anthropomorphiser…

Le Père, en lui-même, le premier Logos, est multiple. Cela signifie qu’il y a autant de Pères dans le Ciel que d’hommes sur la Terre. Le deuxième Logos, le Krestos cosmique, est une Force Universelle qui s’exprime à travers n’importe quel Homme qui est dûment préparé. Et quant au troisième Logos, l’Esprit-Saint, il se manifeste comme puissance sexuelle dans tout ce qui est, qui a été et qui sera…

Le premier Logos, en lui-même, l’Ancien des jours, est SAGESSE. Le deuxième Logos, Chokmah, est AMOUR, c’est le FEU même qui brûle dans toute la création, l’AGNUS DEI, l’AGNEAU IMMOLÉ depuis le début du monde pour notre salut parce que c’est le Feu, et il est sous-jacent dans le fond de toute matière organique et inorganique. Et quant au troisième Logos ou Esprit-Saint, c’est cette FORCE SEXUELLE que nous voyons dans les pistils et les étamines des fleurs, ce qui s’exprime dans les organes créateurs de toutes les espèces vivantes, une force merveilleuse sans laquelle l’univers ne pourrait exister.

Bien sûr, entre ces trois aspects (disons) supérieurs (premier, deuxième et troisième Logos), et les Sephiroth inférieures, il y a un abîme où se trouve un mystère occulte qui est DAATH. Daath, proprement dit, est la CONNAISSANCE TANTRIQUE, au moyen de laquelle il est possible de travailler à notre Autoréalisation. C’est une Sephiroth secrète très différente des dix autres, c’est la connaissance tantrique…

Viennent ensuite, à la manifestation, les Sephiroth suivantes : CHESED en lui-même est Atman, l’Intime (on l’appelle aussi « Gedulah »). À son tour Atman, c’est-à-dire Chesed, se dédouble en GEBURAH. Et Geburah c’est la rigueur, la Loi, c’est la Bouddhi, c’est l’Âme Esprit, la Walkyrie de laquelle nous parle Don Mario Roso de Luna, le célèbre écrivain espagnol, la belle Hélène, etc. En poursuivant dans cet ordre, nous trouvons donc l’époux de l’épouse, le Manas supérieur de la théosophie orientale, qui n’est autre que TIPHERETH, L’Âme Humaine, le Causal…

Et nous voici arrivés, donc, à cette question des Sephiroth, à un point très délicat, extrêmement délicat ! Parce qu’il est très facile de confondre Tiphereth, en lui-même, avec le causal, et cependant le Causal est le véhicule de Tiphereth. Mais nous devons faire une distinction entre l’Âme humaine et Tiphereth en lui-même. Il est clair que tout ceci, nous allons l’expliquer de façon ordonnée…

Mais continuons avec les Sephiroth inférieures. En descendant vient NETZACH, qui est le monde mental, le mental cosmique, le mental de l’être humain. Ensuite vient HOD qui est le monde astral, le corps astral.

Nul doute que dans Netzach, nous pouvons trouver la MAGIE HERMÉTIQUE, et dans Hod la MAGIE NATURELLE. D’autres auteurs pensent différemment. Ils croient que c’est dans Hod, c’est-à-dire l’astral, que se trouve la magie hermétique et que dans Netzach, le monde mental, se trouve la magie naturelle. Sur ce point, je dois me démarquer d’eux, car il s’avère que le mental proprement dit est mercurien.

Mais il y a des auteurs qui ne sont pas d’accord avec mon opinion, ils supposent qu’il est vénusien. Je regrette de ne pas être d’accord avec ce type d’opinion, car n’importe qui peut se rendre compte que le mental est mercurien.

Ainsi donc, la magie hermétique, il faut l’identifier à Mercure, dans le mental. Quant à la magie naturelle, la magie cérémonielle ou ritualiste, etc., nous pouvons la trouver dans le monde astral, dans le corps astral…

Ensuite, la descente continue donc en JESOD, le corps vital ou éthérique, et enfin MALKUTH, le corps physique. Plus bas, il y a les KLIPHOS de la kabbale qui sont les mondes infernaux.

Mais il y a des points très délicats qui peuvent nous induire en erreur : Jesod, par exemple, en lui-même, influence les organes sexuels. Le siège vital, le Linga Sharira n’est rien d’autre que la section supérieure du corps physique. Ceux qui n’acceptent pas cette opinion […] pour parler plus clairement, ils pensent que le physique est un corps à part, que le vital en est un autre très différent, etc., et ils tracent alors un ordre un peu erroné.

Si nous considérons Jesod comme fondement, il est clair qu’il se trouve dans les organes sexuels. Le corps vital, c’est-à-dire le siège des activités biologiques, physiques, chimiques, c’est bien autre chose. Que d’une certaine façon il soit influencé par Jesod, nous ne le nions pas, mais, en tous cas, Jesod, ce sont les organes sexuels. Ainsi donc, il convient de discerner clairement toutes ces choses : le corps physique, avec son assise vitale, est terrestre. Quant à Jesod, ce sont les organes sexuels. Dans le « Vedanta », les corps physique et vital sont comptés comme un seul corps, parce qu’il s’agit de […] Le corps astral est gouverné par la Lune, c’est pour ça que les sorties astrales sont plus faciles en Lune croissante, un peu plus laborieuses en lune décroissante…

Le mental est mercurien à cent pour cent. Quant au causal, la région de Tiphereth, il est assurément vénusien. Les enchantements du Vendredi Saint, l’Amour et la Crucifixion du Christ et tout ce qui a trait à cela se trouve dans le causal. Quant à Geburah, la Bouddhi, que l’on a considéré comme étant martien, au fond il est solaire. Quant à Chesed, il est vraiment martien, vraiment. Bien sûr, beaucoup de kabbalistes ne l’acceptent pas et ils peuvent même considérer que c’est absurde, n’est-ce pas ? Mais celui qui a pu expérimenter directement Chesed sait très bien que Chesed est guerrier, c’est l’Intime qui doit lutter à mort contre les ténèbres, qui a lutté et qui doit lutter dur pour l’Autoréalisation, qui est dans la bataille, c’est évident. Qu’il ait quelque chose de jupitérien par son sceptre de commandement et son autorité, je ne le nie pas, mais il est guerrier…

Si nous poursuivons ces réflexions, en pensant, comme on dit, à voix haute, par le biais de la compréhension, la méditation intime de l’Être et la confrontation logique (c’est très important), nous verrons alors le centre de gravité de tout cela…

Le premier triangle est, disons, le TRIANGLE LOGOÏQUE, qui a évidemment son centre de gravité (ceci, n’importe qui peut l’observer) dans le PÈRE, dans le Vieillard des Siècles, en KETHER.

Si nous prenons le deuxième TRIANGLE, nous trouvons qu’il est ÉTHIQUE. Pourquoi disons-nous qu’il est éthique ? Simplement parce que là-bas prime l’éthique, la conduite droite, c’est le monde de l’Esprit pur. La Trimurti hindoue d’Atman, Bouddhi et Manas est totalement éthique : Chesed, Geburah, Tiphereth. Évidemment, son centre de gravité (et cela saute aux yeux), c’est l’ÂME HUMAINE, cette Âme qui souffre et qui pleure, cette partie très humaine en nous, c’est-à-dire Tiphereth, qui coïncide avec le causal, c’est cet aspect très humain qui est à l’intérieur. Ainsi donc, évidemment, le centre de gravité du Triangle éthique est directement TIPHERETH.

Nous descendons l’Arbre de la Vie et nous trouvons le troisième TRIANGLE, le MAGIQUE. Le Triangle magique est formé par Netzach, c’est-à-dire le mental, par Hod, l’astral et par Jesod, la base sexuelle. Le troisième triangle est magique. Mais, où trouverons-nous le centre de gravité de ce troisième triangle ? Moi, je le trouve exactement dans le sexe, parce que c’est de là que proviennent la naissance, la mort, la régénération, la recréation. Tout tourne autour du sexe, c’est-à-dire que le troisième triangle a pour centre de gravité le sexe. Mais si nous considérons le sexe, c’est-à-dire Jesod qui est la force du troisième Logos, alors nous découvrons que le troisième Logos à son centre de gravité en Jesod, que le deuxième Logos, c’est-à-dire Chokmah, à son centre de gravité, précisément dans l’Âme humaine, en Tiphereth…

Ainsi donc, il y a trois centres de gravité essentiels dans tout cet Arbre de la Vie : le premier, c’est celui du Vieillard des Siècles, comme centre de gravité (fondement du premier triangle).

Dans le deuxième triangle, l’Éthique, se manifeste le deuxième aspect du Logos, le Chrestos, en Tiphereth. De sorte que Tiphereth devient le centre de gravité du Chrestos.

Dans le troisième triangle, Jesod devient le centre de gravité de l’Esprit-Saint, c’est-à-dire des forces sexuelles. C’est grâce à cette force sexuelle que surgit la vie, que surgit le corps physique et que surgissent tous les organismes vivants.

Malkuth, c’est le monde physique, mais Malkuth, le corps physique, ne pourrait exister sans la présence du sexe, puisque nous sommes les fils d’un homme et d’une femme. Ainsi donc, Jesod est le fondement du troisième Logos, le centre où gravite la force sexuelle du troisième Logos.

Il convient de ne pas perdre tout cela de vue : regarder le premier triangle et penser à ce centre de gravité du premier triangle, le Vieillard des Siècles. Descendre au deuxième triangle et penser au fait que le Christ Cosmique vient se manifester en Tiphereth, qu’il gravite là, à l’intérieur de la manifestation. Descendre encore plus au troisième triangle et découvrir les forces sexuelles, le fond vivant de toute notre physiologie érotique en Jesod, c’est là que se trouve l’Esprit-Saint.

Or, il y a des choses qui méritent d’être étudiées, analysées, comprises. Pour que le deuxième Logos, c’est-à-dire Vishnou ou le Christ Cosmique, puisse sauver un Homme, il doit se transformer en Jésus-Christ. Le Christ, en lui-même, est une force cosmique. C’est seulement quand cette force s’humanise d’une certaine façon, d’une certaine manière, qu’elle peut sauver un Homme, c’est clair. Et y a-t-il une manière pour qu’elle s’humanise ? Oui il y en a une…

Et nous sommes arrivés à un point qui est assez difficile parce qu’IL FAUT APPRENDRE À MANIER LES TRIMURTIS. Il y a des frères qui ont beaucoup de difficultés à comprendre cette question des Trimurtis. Ils sont habitués à penser, par exemple, au premier Logos, deuxième Logos, troisième Logos, c’est-à-dire le Père, le Fils et l’Esprit-Saint, mais ensuite vient une deuxième Trimurti où nous leur parlons d’Osiris, Isis et Horus, et alors là, ils se trompent parce que, réellement, la conversion d’une Trimurti en une autre Trimurti ne peut se faire sur la base du pur rationalisme. Il y a un facteur, dans cette conversion des Trimurtis, qui est complètement spirituel, que l’on ne peut appréhender, capter, saisir qu’intuitivement…

Le premier, le deuxième et le troisième Logos sont, au fond, un seul Logos indivisible, bien que Tri-Un, qui est le Père. À l’intérieur du Père, il y a le Fils et il y a l’Esprit-Saint, de même qu’à l’intérieur d’un Homme véritable il y a le corps, l’Âme et l’Esprit. Ainsi, dans le Vieillard des Siècles, il y a aussi le Fils et l’Esprit-Saint, qui ne font qu’un, intégral, unitotal…

Or, en Égypte, cet Unique, Unitotal, on l’appelait OSIRIS. Osiris peut se dédoubler. Qui pourrait empêcher Osiris de se dédoubler ? Il peut se dédoubler. Ainsi, il se dédouble en ISIS (Ève sort toujours de la côte d’Adam, tant en bas qu’en haut). Qu’y a-t-il donc d’étrange à ce que d’Osiris, l’Adam solaire, sorte aussi l’Ève solaire, l’Uranie, l’Uranie-Vénus, son épouse ? Il peut le faire : de l’Un sort toujours le Deux. Ainsi, le Père qui est en secret a son épouse qui est la Divine Mère Kundalini. Osiris a toujours Isis pour épouse. Maintenant, de l’union parfaite des deux, du divin époux et de la divine épouse, naît l’enfant HORUS, que la Divine Mère porte dans ses bras. Elle le conçoit par l’œuvre et la grâce de l’Esprit-Saint, c’est-à-dire du troisième Logos.

Mais tenez compte du fait que bien qu’elle soit l’épouse du troisième Logos, à l’intérieur du troisième Logos, il y a le deuxième et il y a aussi le premier, parce qu’en fin de compte, le Logos est Tri-un et indivisible, intégral, unitotal. Il faut beaucoup de subtilité pour comprendre cela, beaucoup de raffinement, beaucoup de synthétisme conceptuel, une grande intuition…

La conversion d’une Trimurti en une autre est quelque chose qui occupe beaucoup les étudiants gnostiques, mais si vous aiguisez un petit peu votre intuition, vous pouvez comprendre. Bien sûr, je répète : de la pleine union ou de l’accouplement sacré, divin, entre Lui et Elle survient l’enfant, que l’on appelait « Horus » en Égypte et que l’on appelait, à l’époque hébraïque, « JESHUA ». Jeshua signifie « Sauveur ». Nous savons bien que Jésus vient du mot « Jeshua », et Jeshua c’est le « Sauveur ».

Ainsi Jeshua, c’est-à-dire Jésus ou Horus, c’est la même chose. Ce Horus ou ce Jeshua, ou comme nous voulons l’appeler, ce Jésus, c’est le Christ lui-même qui est descendu de sa sphère, c’est le deuxième Logos lui-même ou Chrestos cosmique humanisé, converti en Fils d’un Homme divin et d’une Femme divine, ou pour parler plus clairement, converti en ENFANT-ROI-SAUVEUR, mais c’est un Enfant-Roi particulier à chacun puisque c’est l’Être même de chacun…

D. Est-ce l’Enfant d’Or de l’Alchimie ?

M. C’est précisément l’ENFANT D’OR DE L’ALCHIMIE SEXUELLE. Il est couronné l’Enfant d’Or Jésus-Christ : Christ parce que c’est le deuxième Logos, Jésus parce qu’il s’est transformé en Sauveur. Pour se transformer en Sauveur, il a dû, pour ainsi dire, descendre de sa propre sphère, pénétrer dans un ventre extrêmement pur, virginal, naître par l’œuvre et la grâce de l’Esprit-Saint. Bien sûr, il est devenu le Fils de la Mère Divine… en fait, c’est le Fils de son Père…

D. Vénérable Maître, Tiphereth, en d’autres termes, est-ce Jeshua ?

M. Oui, on peut dire, en d’autres termes, que Tiphereth c’est Jeshua, c’est bien capté intuitivement. C’est le Fils, le Fils de l’Homme. Quelqu’un pourrait, par exemple, atteindre la Cinquième Initiation du Feu dont parlent tous les textes ésotériques, tant d’Orient que d’Occident, sans pour cela recevoir l’Initiation de Tiphereth, et cependant, Tiphereth est relié au Causal, et la cinquième Initiation est celle du causal. N’importe qui pourrait dire qu’en atteignant la Cinquième Initiation, on reçoit forcément l’Initiation de Tiphereth, mais ce n’est pas le cas. L’INITIATION DE TIPHERETH VIENT UN PEU PLUS TARD ET CE N’EST PAS TOUT LE MONDE QUI LA REÇOIT. Qui va la recevoir ? Pour moi c’est celui qui prend la Voie directe. Mais en tout cas, je dois parler de ce que j’ai moi-même expérimenté, n’est-ce pas ?

Après la Cinquième Initiation du Feu, j’ai été appelé par ma Divine Mère Kundalini (elle portait l’Enfant dans ses bras). J’ai fait une certaine demande de type ésotérique. Elle me répondit : « Demande-le à l’enfant ». Et bien sûr, je demandai à l’Enfant ce que je devais demander. Ensuite, ils me donnèrent quelques instructions que je garde en secret pour l’instant…

Plus tard, je pus recevoir l’Initiation de Tiphereth, c’est-à-dire qu’elle survint après la Cinquième Initiation du Feu. Alors, cet Enfant que j’avais vu dans les bras de sa Mère Divine (qui est ma Mère Divine car chacun à la sienne propre) pénétra à l’intérieur de mon propre organisme par la porte merveilleuse de la glande pinéale qui, comme aurait dit Descartes, est le siège de l’Âme. Bien sûr, dans ce cas, mon corps devint « l’étable » où naquit l’Enfant. Et le corps de n’importe quel initié qui reçoit l’initiation de Tiphereth est « l’étable » où naît l’Enfant, où il vient au monde.

Au début, je peux vous dire que la présence de l’enfant ne se note pas beaucoup à l’intérieur de soi. Il naît, disons, parmi les « animaux de l’étable », qui ne sont autres que les animaux du désir, les passions, c’est-à-dire parmi les éléments qui composent le Moi pluralisé. L’Enfant doit souffrir beaucoup, naître dans une « étable » : il ne naît pas dans un grand palais, il naît dans une « étable ». Bien sûr, il grandit peu à peu au fil du temps. Le travail que cet Enfant doit faire est très dur : il est le Christus et il naît dans une « étable » pour nous sauver, de sorte que tous ces « animaux de l’étable », il doit les tuer en lui-même, les éliminer en nous-mêmes, et les tentations par lesquelles on passe en tant qu’être humain, en tant que personne qui a un corps de chair et d’os, sont les tentations par lesquelles il doit passer, ce sont ses tentations, et notre propre corps de chair et d’os doit devenir son corps de chair et d’os. Ainsi, comme le FILS DE L’HOMME vient au monde et qu’il se transforme en un Homme avec un corps de chair et d’os, c’est là que réside le mérite de ses efforts, de ses sacrifices.

Et à mesure qu’il va grandir, ses souffrances vont être de plus en plus grandes, pour vaincre les puissances des ténèbres en nous-mêmes. Alors qu’il est si parfait, il doit vaincre les ténèbres en lui-même. Alors qu’il est si pur, il doit vaincre l’impureté en lui-même. Alors qu’il est passé au-delà de toute possibilité de tentation, il doit vaincre les tentations en lui-même. De sorte que nos tentations deviennent les tentations qu’il doit subir en lui-même et nos douleurs deviennent ses douleurs multipliées à l’infini, nos souffrances ses souffrances, nos préoccupations ses préoccupations, nos angoisses ses angoisses, nos aspirations ses aspirations.

Il est le Fils de l’Homme, c’est pourquoi on l’appelle ainsi : « le Fils de l’Homme », le résultat de ses souffrances. À mesure qu’il va grandir, il est aussi vrai que tout va mourir, ou plutôt, nous dirons : à mesure que tous les éléments de l’étable vont mourir, Lui va grandir, il va se développer, il va devenir un Homme, jusqu’à ce qu’il arrive à prendre la parole pour prêcher l’enseignement, la doctrine, pour faire l’Œuvre du Père. Mais il doit vivre le drame cosmique lui-même, qui est le drame de l’alchimie. Il est alchimiste et il est kabbaliste et il doit vivre tout le drame de l’alchimie, le drame alchimique, le vivre en lui-même.

Le JUDAS, c’est nous-mêmes qui l’avons vendu, qui l’avons échangé pour des boissons, pour de l’argent, pour des femmes, pour des plaisirs, pour toutes les choses terrestres. Le PILATE, c’est nous-mêmes qui nous lavons les mains, qui nous croyons saints et très bons, qui nous justifions toujours et qui ne sommes jamais coupables de rien. Le CAÏPHE de la mauvaise volonté, c’est aussi nous-mêmes, on est nous-mêmes Caïphe. Judas, Pilate et Caïphe le mènent à la mort. Il doit être fouetté, il doit être couronné d’épines et toutes ses souffrances sont provoquées par nous-mêmes, ses angoisses sont épouvantables parce qu’il doit vaincre pour pouvoir être glorifié. C’est dans la glorification que se trouve son mérite. Si l’AGNEAU IMMOLÉ, qui efface les péchés du monde, est digne d’honneur et de louanges, c’est pour quelque chose, c’est précisément pour être le SAUVEUR, parce qu’il est donc capable de souffrir en nous et de vaincre la mort en nous-mêmes. Car il doit arriver à savourer la mort, à aimer la mort, car c’est ainsi seulement qu’il peut vaincre la mort…

D. Maître, c’est pour cela que vous mentionniez que la vie, la passion et la mort qui sont représentées dans les premières Initiations sont symboliques, mais celles que l’on fait dans la deuxième Montagne sont bien authentiques et réelles.

M. Bien, il est clair qu’AVANT DE RECEVOIR L’INITIATION DE TIPHERETH, ON REÇOIT L’ILLUSTRATION DU DRAME ALCHIMIQUE ou Drame Alchimiste ou Cosmique, car tout Alchimiste doit vivre son drame, le drame de l’Alchimie Sexuelle. On doit être Alchimiste pour pouvoir s’autoréaliser.

L’autre jour, je t’ai parlé de l’Alchimie, je t’ai dit que je t’expliquerais l’Alchimie, à mesure que le temps passerait, à la lumière de tes propres expériences, de ce que toi-même tu vivrais. Tu m’as dit que c’est ce que tu aimerais et non pas la chose simplement intellectuelle, et c’est vrai, non ? Ce qu’est l’alchimie comme fondement et comme base, tu vas la vivre, n’est-ce pas. Et c’est clair que toute cette alchimie se développe dans le Drame Cosmique : la vie, la passion, la mort et la résurrection de notre Jésus-Christ intime, particulier, non du Jésus-Christ de la Terre sainte, qui est vénérable parce qu’il a prêché cette doctrine, mais de notre Jésus-Christ intérieur, particulier, celui à qui font constamment allusion Paul de Tarse et les grands Maîtres.

Ainsi donc, tout ce drame qui est écrit dans les Quatre Évangiles est le drame alchimique que nous devons vivre à l’intérieur de nous-mêmes, et c’est Lui, précisément Lui, qui est le personnage central du drame. N’importe quel clairvoyant illuminé peut voir comme il souffre quand il est en train de sauver un initié, il peut le voir couronné d’épines, il peut le voir sujet aux grandes brimades…

Qui sont ces foules qui demandent sa crucifixion ? Tous les Mois. Qui est ce Pilate qui se lave les mains ? Le démon du mental. Qui est ce Judas qui l’échange contre 30 pièces d’argent ? Eh bien ce n’est pas autre chose que le désir animal, le Moi à la base du désir ou les éléments les plus abominables du désir que l’on possède. Quant à Caïphe, c’est le démon de la mauvaise volonté.

D. Et les trois clous, Maître ?

M. Les TROIS CLOUS avec lesquels il est crucifié, avec lesquels il est cloué sur la croix, sont les TROIS PURIFICATIONS PAR LE FER ET PAR LE FEU. La croix même, en soi, est sexuelle : nous savons que le bâton vertical de la croix est le phallus et l’horizontal est l’utérus. Nous savons que la véritable croix se forme par l’insertion du Lingam dans la Yoni, c’est-à-dire que le phallus vertical dans le Ctéis formel forment la croix, et la véritable fidélité du mystique, du chrétien authentique, se prouve par la croix. Mais je me réfère à la croix sexuelle, celle qui se forme par l’insertion du phallus vertical dans le Ctéis formel, c’est la croix authentique. Un individu peut dire qu’il est fidèle au Christ, qu’il l’aime, qu’il l’adore, mais s’il ne le prouve pas avec la croix dans le lit matrimonial même, il est faux et c’est un menteur, il démontre qu’il n’est pas fidèle au Christ.

Mais, ne nous éloignons pas tant du sujet. En tout cas, je veux vous dire qu’il vit le Drame Cosmique. Avec sa mort, il tue la mort. Quand il y est parvenu, c’est alors que l’apôtre s’exclame : « J’ai vaincu la mort avec la victoire ! Où est, oh mort, ton aiguillon ? Où est, oh sépulcre, ta victoire ? »

De sorte qu’alors, l’important est qu’il réussisse à se racheter. Bien sûr, quand il ressuscite, l’Âme ressuscite en lui, tous nos principes animiques et spirituels ressuscitent en lui. Ainsi, il est nécessaire de comprendre qu’il est notre authentique Sauveur intérieur, notre Jésus-Christ particulier, intime.

Il est aussi bon de savoir que le grand Kabîr qui est venu au monde et qui a prêché cette doctrine, savait très bien que chacun porte son Jésus-Christ intime, particulier. Il ne veut pas (le grand Kabîr Jésus de la Terre sainte, celui qui est venu au monde il y a 1974 ans), il ne souhaite pas que quiconque le suive, ce qu’il veut c’est que chacun suive son propre Christ intime, qui est celui qui compte. Car c’est notre Sauveur, celui qui vient nous réconcilier avec notre propre Père qui est en secret, avec le Vieillard des Siècles, c’est le GRAND RÉCONCILIATEUR. Une fois qu’il a atteint le triomphe de nous sauver, il se glorifie et il est digne de toute louange et gloire, puisqu’il a vaincu le mal en lui-même, ce qui est chose ardue. Il ne l’a pas vaincu de l’extérieur mais en lui-même, il s’est immolé en tant qu’Agneau, c’est pourquoi on l’appelle « l’Agneau immolé ». Il s’est immolé pour nous sauver avec son sang, c’est-à-dire avec le Feu, car dans l’alchimie, le sang représente le Feu sacré de la Kundalini.

Il est bon de comprendre tout cela. Et je vous parle de ce que j’ai moi-même vécu, de ce que j’expérimente en moi-même. Je ne commettrais pas le crime d’aller vous dire que je suis le Christ, loin de là, ce serait un blasphème, un manque de respect envers le Sauveur. Mais, par contre, je vous dis qu’il est en train de me sauver. Comme il en a sauvé tant d’autres, je peux être un de plus à faire partie des sauvés. Et comme il est en train de travailler, je l’ai expérimenté, et ce que je suis en train de dire, j’en suis certain, je l’ai vécu…