L’émancipation de la Conscience, Clef du Salut

Samaël Aun Weor

Il existe des gens, provenant d’autres mondes, qui ont déjà conquis l’espace infini. Ce ne sont pas des terriens et il faut comprendre que ces gens n’ont pas de vices, ils ne boivent pas, ne fument pas, ne forniquent pas, ne commettent pas l’adultère, ne volent pas, ne tuent pas… Ils sont parfaits dans le sens le plus complet du mot. Quant à nous, terriens, pouvons-nous en dire autant ? Sommes-nous dignes de conquérir l’espace infini ? Si nous y parvenions, quelle serait notre conduite dans ces autres mondes habités ? N’irions-nous pas nous enivrer dans ces mondes, prendre, commettre l’adultère, tuer, etc. ? Sommes-nous si parfaits que nous nous croyions dignes de conquérir l’espace ?

Les vaisseaux spatiaux qu’utilisent les humanités des autres mondes sont multidimensionnels. Comme vous le savez, il n’y a pas seulement trois dimensions, à savoir largeur, hauteur et profondeur ; la géométrie tridimensionnelle d’Euclide est très discutable. Car, en plus des trois dimensions, il y a une « quatrième verticale », une quatrième dimension : c’est le temps. Il y a en outre une cinquième coordonnée, c’est l’Éternité. Au-delà de cette cinquième dimension, il y a encore une sixième et une septième dimensions. La sixième dimension est au-delà du temps et de l’Éternité, et la septième, c’est la dimension « zéro » inconnue, la dimension de l’Esprit pur, pour ainsi dire.

Il y a donc sept dimensions fondamentales. Tant que nous serons prisonniers du dogme tridimensionnel d’Euclide, nous resterons à un stade rudimentaire, régressif. La science matérialiste est retardataire, régressive, archaïque, car elle se base exclusivement sur les trois dimensions du dogme tridimensionnel d’Euclide.

Les vaisseaux extraterrestres sont basés sur une géométrie différente, fondée non sur trois, mais sur quatre dimensions. Il nous faut également créer une géométrie tétradimensionnelle. Ce serait possible grâce à une étude plus approfondie de l’atome ; c’est dans l’atome que nous découvrirons la quatrième verticale. Le jour où nous pourrons tracer sur papier la quatrième dimension, nous serons en mesure de créer une géométrie tétradimensionnelle qui nous permettra de créer des vaisseaux capables de voyager dans la dimension du temps, vers un passé ou un futur lointain. Avec de tels vaisseaux, nous pourrions conquérir l’espace infini.

Mais nous ne pouvons pas encore fabriquer des vaisseaux de ce type. Pour nous rendre sur Mars, il nous faudrait deux ans dans une fusée propulsée à l’énergie nucléaire ; les extraterrestres, quant à eux, grâce à leurs véhicules tétradimensionnels, peuvent atteindre Mars en quelques minutes. Pour eux, Mars c’est « juste à côté », « juste là, au coin de la rue », comme on dit. Car ils introduisent leurs vaisseaux dans la quatrième dimension. Ces véhicules sont propulsés par l’énergie solaire, alors que nous devons envoyer des fusées qui consomment du combustible liquide et que nos astronautes doivent faire mille acrobaties pour se poser de peine et de misère sur la Lune.

Ainsi donc, lorsque nous l’examinons attentivement, je ne vois pas pourquoi nous devrions tant nous enorgueillir de notre civilisation moderne. Comprenons bien que nous, terricoles, ne sommes que des embryons et que cette civilisation moderne dont nous sommes si fiers ne vaut réellement pas grand-chose. Analysons objectivement la situation et nous comprendrons que si nous voulons conquérir l’espace interplanétaire, nous devrons commencer par nous étudier nous-mêmes, parce que les lois qui régissent le cosmos sont en nous, ici et maintenant.

Si nous ne découvrons pas ces lois à l’intérieur de nous-mêmes, nous ne les découvrirons certainement pas en dehors de nous. L’homme est contenu dans la nature et la nature est contenue dans l’homme. Si nous voulons conquérir l’espace infini, nous devons commencer par nous conquérir nous-mêmes. Actuellement, nous sommes victimes des circonstances, nous n’avons pas appris à modeler à notre guise les diverses circonstances de notre vie, nous ne savons pas déterminer les circonstances, nous sommes les jouets de toutes les forces de l’Univers.

Nous vivons dans un monde convulsé, un monde qui va bientôt subir de grandes catastrophes. Déjà les tremblements de terre se multiplient. Un jour c’est le Chili qui est secoué, et le lendemain, c’est le Pakistan ou l’Italie ou le Mexique… Nous savons que Los Angeles et toute la Californie sont appelés à disparaître, à s’engloutir dans le Pacifique, à cause de cette gigantesque faille qui longe la péninsule californienne, de cette profonde crevasse qui grignote lentement la Californie.

Nous vivons donc dans un monde menacé par de grandes convulsions. Les océans Atlantique et Pacifique sont sillonnés de profondes crevasses, l’océan Pacifique surtout, et certaines sont si profondes que l’eau s’infiltre sous l’écorce terrestre et y entre en contact avec le feu qui y circule. Ce qui engendre de la vapeur, laquelle crée d’énormes pressions qui sont à l’origine des tremblements de terre. Ces vapeurs souterraines et cette pression vont intensifier les tremblements de terre et les raz-de-marée. Les glaces des pôles ont commencé à fondre et on a même aperçu d’énormes icebergs dériver jusqu’à la hauteur de l’équateur. Il y a présentement des bouleversements météorologiques et géologiques et si la pression continue à s’exercer sous l’écorce terrestre, un jour celle-ci éclatera. Il y aura en outre un grand événement cosmique, soit l’irruption dans notre ciel d’une planète gigantesque, qui favorisera cette explosion de l’écorce de la Terre.

Nous sommes assis sur un baril de poudre et nous ne nous en rendons pas compte. La Terre entière se prépare à de formidables changements géologiques. La nature traverse actuellement des processus difficiles, elle se trouve dans un état d’agonie et s’apprête donc à des bouleversements majeurs. Le feu liquide à l’intérieur de la Terre s’agite dangereusement, tandis que nous, sur l’épiderme de cette planète, nous nous pensons tout à fait en sécurité, nous continuons d’élever de vertigineux édifices comme s’il était impossible qu’ils s’écroulent jamais ; nous fabriquons de puissantes navettes spatiales comme si elles pouvaient nous permettre de fuir vers d’autres planètes au moment opportun. Nous nous croyons maîtres de l’Univers alors que la moindre douleur d’estomac nous atterre. Nous sommes faibles, mais nous nous croyons invincibles…

Il me semble que nous devrions réfléchir davantage sur ce que nous sommes et sur ce qui se passe présentement. Au cours du XXe siècle, il y a eu deux guerres épouvantables : celle de 1914-1918 et celle de 1939-1945 ; or, il y aura une Troisième Guerre mondiale et ce sera une guerre atomique. Il y aura alors un grand holocauste à l’échelle planétaire, de puissantes cités seront réduites en cendres et des centaines de millions de personnes périront.

En fait, l’abus de la physique nucléaire nous conduira au désastre ; le jour viendra où il se produira une décomposition en chaîne de l’atome que l’on ne pourra pas juguler. Les hommes de science ne pourront plus contrôler l’énergie atomique. La contamination radioactive sera terrible ; des nuages chargés de radioactivité, poussés par le vent, contamineront partout les cultures… Par conséquent, pendant la Troisième Guerre mondiale il n’y aura plus rien à manger, car les récoltes seront complètement irradiées et les aliments seront donc impropres à la consommation.

Au rythme où nous allons, nous ne devrions pas nous sentir très sûrs d’une civilisation qui chancelle, et nous serions en droit de douter de nos théories, de nos idées, de nos concepts, etc. Il vaudrait la peine de réviser tout ce que nous avons appris sur les bancs de l’école, du collège et de l’université, tout ce que d’innombrables auteurs nous ont transmis dans leurs livres. Il ne s’agit pas ici d’attaquer une ou l’autre théorie, non, je vous invite simplement à réfléchir, rien d’autre : c’est le but de cette conférence.

Il existe une loi universelle appelée loi de l’entropie. Si, par exemple, nous prenons deux récipients d’eau, l’un contenant de l’eau chaude et l’autre de l’eau froide, et versons l’un dans l’autre, il se produira en quelque sorte un désordre involutif : c’est ça l’entropie universelle. Si les gens ne travaillent pas sur eux-mêmes, s’ils ne s’efforcent pas de passer par une espèce de révolution psychologique, s’ils ne modifient pas leurs habitudes, leur manière de vivre et d’être, ils subiront la loi de l’entropie, ils involueront dans le temps et il n’y aura bientôt plus de différence entre une personne et une autre, tous les êtres humains seront devenus terriblement pervers.

Quant à la planète Terre, il est indéniable qu’elle se trouve présentement soumise à la loi de l’entropie : l’atmosphère est complètement polluée, les océans sont devenus de gigantesques dépotoirs, beaucoup d’espèces marines ont disparu ; les poissons meurent dans les fleuves et rivières, et il est difficile de trouver un seul cours d’eau qui ne soit pas pollué ; les fruits de la Terre ont été altérés par d’innombrables greffes, de sorte qu’il est aujourd’hui impossible de manger une « vraie » pomme.

Tout cela a altéré l’ordre naturel. Ainsi, des terres jadis fertiles sont aujourd’hui désertifiées. Il y a actuellement (1976) sur notre globe 5,8 milliards de personnes. Bientôt on ne pourra plus produire assez d’aliments pour nourrir tous ces gens ; beaucoup de gens meurent déjà de faim, et dans les prochaines années des millions de personnes périront par manque de nourriture…

Ainsi donc, la Terre entière est présentement soumise à la loi de l’entropie universelle. Des terres qui autrefois étaient productives, qui donnaient des fruits et légumes en abondance, pour nourrir tout le monde, sont aujourd’hui stériles. Les expériences avec l’énergie atomique, ainsi que les engrais chimiques conduisent le monde à sa perte, tout marche de façon involutive. La Terre même, en ce moment, est à l’agonie, et le plus grave, c’est que nous ne nous rendons même pas compte qu’elle agonise. Lorsqu’une personne est à l’agonie, nous savons évidemment ce qui l’attend ; de même, si notre planète Terre est à l’agonie, nous devons comprendre ce qui l’attend : un jour, la Terre sera égalisée (par la loi de l’entropie), transformée en un Sahara ou, en d’autres termes, convertie en une lune de plus dans l’espace infini. Mais en attendant, la Terre peut encore se régénérer. Car la sagesse du Démiurge créateur de l’Univers est grande ; il n’est pas superflu de souligner que c’est grâce au sacrifice seulement que la transformation est possible. La locomotive, par exemple, sacrifie du combustible qui se transforme ainsi en force motrice pour faire avancer le train ; nous affirmons que la transformation du monde nécessite pareillement un grand sacrifice.

Nous avons déjà expliqué que l’axe de la Terre est en train de se verticaliser ; comme vous le savez, le pôle géographique de notre planète ne coïncide plus avec le pôle magnétique, car la déviation de l’axe de la Terre est déjà commencée. Le jour n’est pas loin où nous verrons les pôles basculer vers l’équateur et l’équateur constituer les pôles. Lorsque cela se produira, nous verrons les mers changer de lit et engloutir la planète. Il y aura alors, indubitablement, un grand chaos. Actuellement, je le répète, le pôle Nord est en train de dégeler et l’on voit régulièrement d’énormes icebergs jusque dans la zone équatoriale.

Cette déviation de l’axe terrestre provoque des changements climatiques et un certain désordre dans les saisons, le printemps et l’été surtout. Ce qui engendre de terribles cyclones qui rasent parfois des villes entières et dévastent périodiquement de vastes étendues. Mais lorsque le déplacement de l’axe s’accélérera, s’effectuera de façon brutale, les mers submergeront les terres et anéantiront les orgueilleuses civilisations que nous avons créées. Le plus grave, c’est que nous périrons avec elles !

Nos ancêtres de l’Anahuac disaient : « Les fils du Cinquième Soleil – il s’agit de la race humaine actuelle – périront par le feu et les tremblements de terre ». Ce qui est déjà commencé, comme nous pouvons le constater par la multiplication des tremblements de terre et des éruptions volcaniques un peu partout dans le monde, causant des centaines et des milliers de morts. L’humanité périra donc par le feu et les tremblements de terre pour, enfin, être radicalement balayée de la face de la Terre lorsque les océans sortiront de leur lit.

Et après cet épouvantable « sacrifice » surgiront un jour du chaos des continents nouveaux où naîtra une nouvelle humanité, conformément aux paroles de Virgile, le grand poète de Mantoue : « Voici l’Âge d’or, et il appelle une nouvelle progéniture… » Oui, nous sommes si pervers et inconscients que nous déclencherons des guerres atomiques, mais un jour vivra sur la face de la Terre une humanité pacifique, une humanité remplie d’amour, une humanité innocente et pure, belle et sage…

De sorte que l’humanité, qui est sortie de la conscience de Cela qu’on appelle « Dieu », de l’Ineffable, doit maintenant y retourner. Nous nous sommes coupés de l’Ineffable et nous marchons depuis trop longtemps sur le chemin de la perversité ; maintenant nous devons périr, pour laisser place à une humanité renouvelée qui vivra « sous des cieux nouveaux et sur une Terre nouvelle », comme dit l’apôtre Pierre dans sa Deuxième Épître.

En méditant sur tout cela, nous comprenons qu’il est urgent de lutter pour accomplir en nous une transformation radicale ; il est essentiel d’engendrer en nous un homme nouveau. Quoi que nous pensions, nous ne nous connaissons pas nous-mêmes et nous devons nous efforcer de nous connaître. Il y a en nous des merveilles dont nous ignorons tout…

Quelqu’un m’affirmait l’autre jour qu’il se connaissait bien. « J’en suis très heureux, lui répondis-je, mais dites-moi : combien d’atomes y a-t-il dans un poil quelconque de votre moustache ? » Après un moment de silence, l’homme répondit qu’il ne le savait pas. Je lui rétorquai : « Vous ignorez combien d’atomes il y a dans un seul poil de votre moustache et vous osez déclarer avec emphase que vous vous connaissez très bien vous-même ? » L’homme ne sut quoi répliquer.

Nous accordons beaucoup d’attention à notre corps physique, mais nous devons nous rendre compte que nous avons aussi une psychologie propre qu’il nous faut étudier. Le corps physique n’est pas tout ; vous savez que vous avez un corps de chair et d’os parce que vous pouvez le sentir, le palper, mais il est plus difficile de réaliser que vous avez une psychologie particulière, car vous ne pouvez pas la toucher physiquement. Lorsque l’on comprend vraiment que l’on possède sa propre idiosyncrasie, sa psychologie individuelle, personnelle, on commence alors à s’auto-observer afin de connaître cette partie inexplorée de nous-mêmes. Lorsqu’on s’observe soi-même on commence à être différent des autres et surtout, on a la possibilité de changer…

De cette humanité un noyau de gens doit être sauvé du cataclysme final ; des gens qui se sont transformés, des gens qui ont opéré en eux un changement psychologique réel. Ces gens seront aidés dans leur travail intérieur et emmenés au moment opportun sur une île de l’océan pacifique d’où ils pourront contempler le duel que l’eau et le feu se livreront durant des siècles. Et lorsque les éléments s’apaiseront, ce peuple élu ira vivre en paix sur de nouvelles terres surgies du fond des mers pour devenir le noyau de l’humanité future.

Mais pour faire partie de ce noyau d’élus il nous faut changer, et nous ne pourrons pas changer si nous ne nous observons pas psychologiquement. C’est pour cela que je dis que lorsque quelqu’un commence à s’auto-observer intérieurement, il peut espérer changer, être une personne différente. Nous devons nous observer en action, observer à chaque instant nos pensées, nos réactions émotionnelles. Il me semble que l’auto-observation n’est pas un crime et qu’il n’y a rien de mal à essayer d’obtenir un changement psychologique, n’est-ce pas ?

Les facteurs de la discorde, qui produisent les guerres dans le monde, se trouvent à l’intérieur de chacun de nous. On parle beaucoup de paix depuis un certain temps. Mais si l’on applique les propos de Mussolini qui disait : « La paix est un rameau d’olivier qui pend au bout de onze millions de baïonnettes », on risque de ne jamais trouver la paix… Mussolini lui-même a fini pendu, son corps a été roué de coups de pieds et de coups de poings, et lorsque son cadavre est tombé sur le sol, un citoyen plutôt cynique, regardant le corps dans la boue s’est écrié : « Le Duce s’est transformé en porc… »

Établir la paix n’est pas une question de propagande, ni de processus de pacification, ni d’intervention de l’O.N.U., ni de forces armées devant supposément faire respecter la paix… Combien de contingents armés sous l’égide de l’O.N.U. ont-ils été envoyés se battre pour la paix ? Pensez-vous que se battre pour la paix, c’est la paix ? Des armées spécialement mandatées ont tiré sur d’autres armées au nom de la paix, ont bombardé au nom de l’O.N.U. Croyez-vous que c’est ainsi que l’on travaille pour la paix ? En fait, il y aura des guerres dans le monde tant qu’il y aura en nous les facteurs qui produisent les guerres !

La crainte est l’une des raisons principales de l’armement des nations et des individus. Quand un homme a peur d’un autre, il s’arme, il charge son pistolet ou son fusil. S’il n’avait pas peur de l’autre, il ne s’armerait pas. Si un pays s’arme jusqu’aux dents, s’il acquiert des canons ultra-modernes, des bombes atomiques, etc., c’est qu’il craint d’être envahi, il craint d’être attaqué par une autre nation.

La peur fait commettre beaucoup d’actes répréhensibles. La peur de la pauvreté induit des personnes au vol ou au meurtre ; la peur de crever de faim pousse des femmes à la prostitution… Par conséquent, tant qu’il y aura en nous les facteurs de la peur, de la crainte, il y aura nécessairement des guerres, des assassinats, de la prostitution, etc. Si nous voulons lutter pour la paix, nous devons en finir avec les facteurs qui engendrent les guerres, tels la peur. Nous voulons la paix ? Éliminons l’égoïsme en nous ! Chacun de nous agit comme s’il se disait : « Premièrement moi, deuxièmement moi, troisièmement moi… » Si l’on projette cet égoïsme au niveau mondial, si les nations se disent la même chose, les relations entre les pays seront déterminées avant tout par leur intérêt propre et des guerres éclateront, inévitablement, lorsque des intérêts contraires se heurteront.

Bref, la paix n’est pas une question de processus de paix, ni d’armées luttant pour la paix au nom de l’O.N.U. ou de l’O.E.A. (Organisation des États Américains)… Tant que subsisteront en nous les facteurs qui produisent les guerres, il y aura des guerres. La paix est une « substance atomique » ineffable qui est au-delà du bien et du mal et qui provient de l’Espace abstrait absolu.

Il faut absolument nous auto-explorer ; en ces instants de crise mondiale et de faillite de tous les principes, nous devons nous observer psychologiquement. En ces moments où la planète est convulsionnée de tremblements de terre et d’éruptions volcaniques de plus en plus nombreux, de guerres et de massacres incessants, nous devons réfléchir sur notre situation actuelle, sur ce que nous sommes, sur ce que nous projetons, sur nos pensées, nos émotions et nos actions. Chacun de nous a sa propre psychologie qu’il lui faut observer attentivement. Il y a en nous la colère, qui nous conduit à des accès de folie. Il y a en nous la convoitise, et ceux qui commencent à se prendre pour des saints se mettent à convoiter de ne pas convoiter. Il y a en nous la luxure, qui nous rend pires que des bêtes. II y a aussi l’envie, qui est devenue le ressort de l’action sociale, car lorsque nous voyons la voiture ultra-moderne et rutilante que vient d’acquérir notre voisin, nous l’envions et nous désirons en avoir une aussi belle ou même plus belle ; si notre ami s’est acheté une jolie maison et qu’il a en plus une belle épouse, nous nous mettons à l’envier et nous voulons avoir une maison encore plus belle ; et lorsque nous nous targuons de notre vertu, nous affirmons : « Je n’envie personne, je me contente de ce que j’ai, tout ce qu’il me faut c’est du pain, un vêtement, un refuge… », alors qu’en dedans nous brûlons du désir d’acquérir la renommée, les honneurs, le prestige, la fortune, etc. En outre, l’orgueil nous ronge le cœur ; chacun de nous est bouffi d’orgueil et très chatouilleux à ce chapitre. La paresse, la gourmandise sont aussi très répandues dans le monde, mais nous refusons d’admettre que nous sommes paresseux ou gourmands, non, nous sommes des « petits saints »…

La crue réalité des faits, c’est que nous avons à l’intérieur de nous des facteurs qui nous conduisent à l’échec, qui ont conduit l’humanité à ce stade de crise mondiale et de faillite de toutes les valeurs, qui la mènent tout droit à cette troisième guerre mondiale qui s’en vient.

Comprenons bien que chacun des défauts psychologiques que nous avons en nous est comme un démon ou une sorte d’entité ténébreuse. Dans les Évangiles nous pouvons lire que le grand Kabire Jésus, le Christ, a expulsé du corps de Marie-Madeleine sept démons (cf. Marc VIII, 2), qui incarnent les sept péchés capitaux à l’intérieur de tout individu ; ces sept démons se multiplient par sept, et par sept encore, et ainsi de suite, de sorte que le grand Kabire a chassé du corps de Marie-Madeleine une « légion » de démons.

Virgile, le poète de Mantoue, a écrit : « Même si nous avions mille langues pour parler et un palais d’acier, nous ne réussirions pas à les énumérer tous (tous nos défauts psychologiques) ». Ainsi donc, l’Évangile christique a raison d’affirmer que chacun de nous est une légion. Lorsque nous déclarons que le Moi, l’Égo n’est pas quelque chose d’unique mais qu’il constitue une multitude, nous n’exagérons absolument pas ; à l’intérieur de chaque personne existe un « Moi pluralisé » : le Moi de l’envie, le Moi de l’amour-propre, le Moi de la haine, le Moi de la peur, le Moi de la luxure, le Moi de l’égoïsme, etc. Toute cette multitude vit en nous-mêmes, ici et maintenant.

Cette notion capitale relève de la psychologie révolutionnaire ; nous certifions qu’à l’intérieur de nous existent de multiples entités psychologiques, et cela, en fait, est parfaitement vérifiable, tout à fait confirmé par les incessantes contradictions qui divisent notre propre mental. Nous affirmons une chose et l’instant d’après nous le nions, notre mental est une vraie girouette, il fait mille cabrioles, au gré des circonstances… Creusons sous les apparences et posons-nous la question : d’où viennent toutes ces contradictions psychologiques ? Du cerveau ? Le cerveau n’est pas le mental, il n’est que l’instrument du mental ; il est conçu pour élaborer la pensée, mais il n’est pas la pensée. Par conséquent, cherchons plus loin. D’où viennent donc toutes nos contradictions psychologiques ? De la multitude des Moi, indéniablement. Chacun de ces Moi possède les trois « cerveaux », soit les cerveaux intellectuel, émotionnel et moteur, et agit par le fait même sur les trois cerveaux de notre propre organisme pour nous suggérer des pensées, des émotions et agir à travers nous…

Ainsi donc, nous dirons que, de même qu’il y a l’espace tridimensionnel d’Euclide, il existe aussi un espace psychologique. Toute cette multitude psychologique qui se manifeste à travers nous a une existence réelle et tangible dans notre espace psychologique. Toutefois, les sens physiques ordinaires ne sont pas capables de percevoir l’espace psychologique ; le sens de l’auto-observation psychologique, lui, peut percevoir cet espace. Malheureusement, le sens de l’auto-observation psychologique est atrophié chez tout le monde. Mais à mesure que nous nous auto-observons d’instant en instant, nous développons ce sens. Et la multiplicité de l’Égo devient alors une réalité concrète pour nous, nous voyons les Moi en action et nous percevons également, en toute lucidité, l’espace psychologique.

Chacun de nous est une légion et cette légion emprisonne notre conscience, la maintient dans un sommeil profond. « L’humanoïde intellectuel » est incapable de toucher, de voir, de palper les grandes réalités de l’espace psychologique. Nous devons éveiller notre conscience, parce que celle-ci est enfermée, emboutie dans tous ces Moi qui, ensemble, constituent l’Égo, le « moi-même ». Nous devons désintégrer ces Moi qui personnifient nos défauts psychologiques et sont la cause de nos erreurs, et c’est possible si nous avons recours à l’auto-observation psychologique. C’est en nous observant dans nos activités quotidiennes, à l’usine ou au bureau, à la maison, dans la rue, au marché, etc., que nous pouvons nous auto-découvrir. Dans notre interrelation avec les gens, les défauts cachés en nous affleurent spontanément et si nous restons alertes et vigilants comme la sentinelle en temps de guerre, nous les percevrons. Une fois découvert, le défaut doit être jugé sévèrement, à travers « l’analyse superlative de l’Être », dans le cadre de la méditation ; un défaut découvert doit être étudié, puis désintégré.

Soyez persuadés que le mental ne peut altérer radicalement aucun défaut psychologique. Le mental peut justifier tel ou tel défaut, le masquer, l’affubler de divers noms ou le condamner, mais jamais il ne pourra le désintégrer. Il nous faut pour cela un pouvoir supérieur au mental, un pouvoir capable d’annihiler n’importe quel défaut. Ce pouvoir, heureusement, gît latent au fond de l’anatomie humaine. Il s’agit évidemment de la Signature astrale du Feu, c’est-à-dire, pour parler de manière plus explicite, de Dieu-Mère en nous, l’éternel principe féminin, la divine Mère Kundalini-Shakti, Stella-Maris ou la « Vierge de la Mer », Tonantzin, Rhéa, Marie, Cybèle, Diane… Dieu-Mère repose dans les profondeurs de notre propre Être ; c’est un pouvoir incandescent que l’Initié ne peut percevoir qu’au moyen du sens de l’auto-observation psychologique. Si nous recourons à ce pouvoir igné divin qui est une variante de notre propre Être, un aspect dérivé de notre Être, nous pourrons désintégrer totalement n’importe quel défaut psychologique préalablement compris dans tous les niveaux du mental. II suffit d’appeler Devi Kundalini Shakti, comme un petit enfant appelle sa mère quand il a faim ou qu’il a soif ; il suffit de l’implorer de désintégrer tout « Moi-défaut » préalablement compris et celui-ci sera réduit en cendres, en poussière cosmique, et la parcelle de conscience qui se trouvait emprisonnée dans ce Moi sera libérée.

C’est de cette manière que nous pourrons désintégrer tous nos « Moi-défauts » et libérer la totalité de la conscience superlative de l’Être. Une conscience libérée, affranchie de la prison du Moi, est capable de voir, entendre et palper les grandes réalités de l’espace psychologique ; une conscience libérée est au-delà du mental et peut percevoir la réalité profonde de tous les phénomènes qui surviennent dans l’Univers.

Il faut que vous sachiez qu’il y a trois types de mental : le premier, nous l’appellerons le mental sensoriel ; celui-ci élabore ses concepts à partir des perceptions sensorielles externes ; il ne peut rien savoir de l’espace psychologique, de la Réalité, de Dieu… Emmanuel Kant, le célèbre philosophe de Königsberg (1724-1804), a écrit une œuvre intitulée Critique de la raison pure où il démontre magistralement que le mental sensoriel ne peut rien connaître de la réalité, de la vérité, car il forge ses concepts exclusivement à partir des perceptions des sens externes.

Le second mental, c’est le mental intermédiaire. C’est le siège des dogmes, croyances religieuses, etc. Chacun est tout à fait libre de croire ce qu’il désire. Nous, gnostiques, jamais nous ne nous prononcerions contre les croyances d’autrui ; nous respectons les religions et les croyances religieuses, car nous considérons les religions comme des perles précieuses enfilées sur la chaîne d’or du collier de la Divinité. Toutefois, les croyances religieuses ne relèvent pas d’une perception directe de la vérité. Le Soleil existe, que nous y croyions ou non ; le feu nous brûlera la main si nous la mettons dans les flammes, même si nous ne le croyons pas. Ainsi, ce que je crois ou ne crois pas n’est pas la vérité.

Au-delà du mental intermédiaire nous retrouvons le mental intérieur. Si le mental sensoriel fonctionne à partir des perceptions extérieures des sens, le mental intérieur met en œuvre les ressorts précis de la conscience superlative de l’Être. C’est ainsi que la conscience éveillée peut connaître les phénomènes de la nature de manière directe, intégrale, uni-totale, et ensuite livrer ces données au mental intérieur.

Le mental intérieur, grâce aux données de la conscience superlative de l’Être, connaît les mystères de la Vie et de la Mort, connaît l’origine de la vie, découvre Cela que le mental sensoriel ignore. Il sait d’où nous venons, où nous allons, il connaît le but, la raison d’être de notre existence en ce monde. Le mental sensoriel, quant à lui, ne connaît pas les phénomènes de la nature en eux-mêmes…

Prenons une fleur, un œillet par exemple. Le mental sensoriel dit : c’est un œillet. Mais comment sait-il que c’est le nom de cette fleur ? Il l’a appris à l’école, à la maison, dans les livres. Mais est-il certain que ce soit le véritable nom de cette fleur ? C’est ce qu’on nous a enseigné. Mais sur quoi se base-t-on pour assigner tel nom à telle fleur ? En vertu de quelle autorité appelle-t-on œillet une fleur en particulier ? Est-ce bien son vrai nom ? Serions-nous par hasard les maîtres de la Sagesse universelle pour savoir le nom que le Divin Architecte a donné à cette fleur ? Avec le mental intérieur tout est différent : nous connaissons le véritable nom de telle ou telle fleur, nous pouvons décrire ses composantes internes, etc. Au collège ou à l’université on nous a enseigné les formules chimiques composant la matière de cette fleur ; nous voyons donc, dans une fleur, les formules qu’on nous a apprises, mais nous ne voyons pas vraiment la fleur, pas plus que nous ne connaissons son véritable nom. Nous ne voyons que ce qu’on nous a enseigné à l’école ou à l’université, mais nous ne voyons pas la fleur ; la voir vraiment c’est tout différent. Nous devons nous ouvrir à la nouveauté, afin que la fleur nous parle ; pour la connaître, nous devons nous mettre dans un état réceptif particulier. Mais nous sommes orgueilleux, nous nous croyons plus grands que la fleur, nous préférons la regarder de haut en disant : c’est un œillet et ses composantes chimiques sont ceci et cela, voilà ce qu’on m’a enseigné à l’école… Mais nous ne voyons pas la fleur ! La conscience, elle, peut voir la fleur, connaître son vrai nom dans le cosmos, connaître ses vraies composantes et ses fonctions. Après quoi la conscience peut transférer ces données dans le mental intérieur et celui-ci a la capacité de les comprendre.

Présentement, tout ce que notre mental sensoriel nous permet de faire, c’est de projeter ses fausses idées, ses concepts erronés sur les phénomènes, croyant ainsi en avoir une connaissance objective. Mais personne ne peut connaître, au moyen du mental sensoriel, les phénomènes de la nature et du cosmos, parce que la vie coule sans cesse, et lorsque nous voulons l’arrêter pour l’étudier, ne serait-ce qu’un instant, nous la tuons ! Seule la conscience éveillée, s’exprimant à travers le mental intérieur, nous permet de connaître les phénomènes en eux-mêmes et par eux-mêmes, ici et maintenant.

Rappelons-nous qu’il y a deux types de science : la science profane et la science pure. Dans la science pure il n’y a pas de théories ; la science pure est basée sur les faits. Si je vous disais que le comte de Saint-Germain, qui a vécu aux XVIe, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, vit encore aujourd’hui, plusieurs seraient sans doute très sceptiques ; mais je connais personnellement le comte de Saint-Germain, et je témoigne qu’il vit encore à notre époque. Il vit au moyen d’une science secrète que connaissent les extraterrestres qui voyagent à travers l’espace infini ; c’est la science des seigneurs de la Vie et de la Mort, la science de ceux qui ont éveillé leur mental intérieur.

Nous ne sommes qu’une infime parcelle de la connaissance universelle, mais nous pouvons éveiller notre conscience en détruisant les éléments indésirables que nous recelons et en nous transformant radicalement pour nous convertir en véritables surhommes dans le sens le plus complet du mot.

Pour conclure, en ces instants de crise mondiale et de faillite générale de toutes nos valeurs, en ces moments d’agitation tellurique de plus en plus intense, il est primordial de bien nous explorer nous-mêmes. Nous devons nous efforcer d’opérer un changement psychologique, une transformation intérieure radicale. Nous devons nous lever en armes contre toutes les notions dépassées, archaïques, qui ont jusqu’ici guidé notre existence. Nous devons devenir de véritables révolutionnaires de la psychologie, des femmes et des hommes capables de fonder une nouvelle civilisation et une nouvelle culture !