Le Mystère de l’Intégration de l’Être (L’Auto-Connaissance de l’Être)

Samaël Aun Weor

Nous allons parler un peu de sujets ésotériques. Nous travaillerons dans la science de la la méditation… À cette réunion ne peuvent participer que des personnes de Troisième Chambre, car naturellement, les personnes qui ne sont pas de Troisième Chambre ne comprennent pas ceci ; ils posent des questions d’Antichambre, de Première Chambre, etc., ce qui n’est pas correct. Si bien que, s’il y a un frère qui n’est pas de Troisième Chambre, nous le prions d’avoir la bonté de se retirer.

– Le Gardien du Temple est-il sûr que tous les frères présents soient de Troisième Chambre ?

– C’est ainsi ! (répond la personne en question).

Nous allons commencer par parler aujourd’hui, naturellement…

Avant tout, il est nécessaire d’arriver à connaître son propre ÊTRE, mais il faut le connaître d’un point de vue exclusivement objectif. Il serait impossible de connaître notre propre Être Interne d’un point de vue subjectif, c’est évident.

En psychologie officielle, on considère que le « subjectif » est ce qui positif, ce qui est clair, ce qui est réel, et que « l’objectif » est ce qui est secondaire. Les psychologues se trompent, parce qu’en psychologie réelle, révolutionnaire, on entend par OBJECTIF, le Spirituel, le Réel, le Vrai, et par SUBJECTIF, ce qui est incohérent, imprécis, vague, matériel. Nous devons donc tenir compte de ces facteurs.

Quand je dis que « nous avons besoin de connaître l’Être de façon totalement objective », j’affirme une grande vérité et il faut comprendre ce que je suis en train d’affirmer.

Notre Être, dans le monde des 12 lois, est conditionné par celles-ci et il est représenté par le Soleil (qui est le monde des 12 lois). Il est aussi conditionné par le monde des 24 lois (qui est le monde planétaire, le système solaire). Ou il est conditionné par un monde de 48 lois (le monde physique) et, sous la forme la plus dense, il est conditionné par le monde des 96 lois. De sorte qu’il nous faut connaître l’Être, non seulement dans le monde des 12 lois ou des 24, mais dans tous les mondes, et cela requiert beaucoup d’efforts ; non pas des efforts indirects, mais des efforts directs, centraux. Nous avons vraiment besoin de nous auto-connaître : « Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux », car c’est seulement en nous connaissant nous-mêmes que nous pouvons travailler directement sur nous-mêmes. Si nous ne nous connaissons pas, comment pourrons-nous travailler sur nous-mêmes ? Impossible ! N’est-ce pas ? Car ce que nous sommes en train de chercher, c’est un changement, une transformation radicale, et ceci n’est possible qu’en nous AUTO-EXPLORANT, car ainsi, nous pourrons travailler directement sur nous-mêmes.

Quand je parle de « travailler sur nous-mêmes », on doit savoir le comprendre. Nous pouvons nous convertir en imitateurs de quelqu’un, mais dans ce cas, nous ne travaillons pas de manière centrale ; ce ne sont pas des EFFORTS CENTRAUX que nous faisons, mais des efforts unilatéraux. Nous pouvons imiter le chef de famille ou la maîtresse de maison ou un instructeur, mais ce n’est pas un effort central, direct.

Krishnamurti dit, par exemple : « Je ne veux pas d’acolytes ni de personnes qui me suivent, mais simplement des imitateurs de mon exemple ». Cela me paraît assez égoïste, car si quelqu’un devient un imitateur de Krishnamurti, il n’est pas en train de faire un effort central, non, c’est un travail d’imitation. Mais le travail d’imitation, ce n’est pas travailler directement en soi-même, sur soi-même, Non ! Il le fait sous un certain angle ; il le fait de façon unilatérale ; ce n’est pas un travail central, ce n’est pas un effort central.

Moi, je ne vous demande pas de m’imiter, parce qu’ainsi vous ne ferez pas d’effort central ; je vous demande de faire un effort central, une série de SUPER-EFFORTS CENTRAUX, de travailler directement sur vous-mêmes. C’est ainsi seulement qu’il est possible de produire un changement en nous-mêmes.

Mais évidemment, quand on travaille sur soi-même de façon objective, quand on fait des efforts centraux, directs pour produire un changement, il arrive que nous subissions alors, de façon intensive, des attaques contre le CENTRE ÉMOTIONNEL INFÉRIEUR. Et on peut dire que le Centre Émotionnel Inférieur est catastrophique, ténébreux, horrible.

Quand surgissent des attaques contre le Centre Émotionnel Inférieur, la souffrance est totale : des gens apparaissent sur notre sentier, sur notre chemin, et ils nous blessent, ils plantent un poignard dans notre Centre Émotionnel Inférieur ; nous sentons qu’ils nous torturent le coeur. Évidemment, nous avons toujours tendance à réagir contre ceux qui nous blessent d’une façon ou d’une autre ; nous avons cette tendance très marquée à la réaction, et si nous réagissons, le Centre Emotionnel Inférieur devient plus fort et c’est très grave.

Cependant, chaque lutte contre les Émotions Inférieures a certains avantages. L’un d’eux, précisément le plus important, est que surgit (comme résultat de ce conflit contre les émotions produites par les paroles qui nous blessent) notre ÊTRE INDIVIDUEL, produit de la lutte, de l’effort. Cet Être individuel surgit en se manifestant (vigoureux, direct) et il est évident qu’il unifie toutes nos fonctions. Nos centres qui, auparavant, fonctionnaient en ordre dispersé, les uns contre les autres, s’intègrent merveilleusement. C’est au moyen de cette lutte contre les émotions inférieures, c’est au moyen de ces super-efforts objectifs et centraux (et non indirects, ni unilatéraux), qu’on obtient vraiment l’INDIVIDUALITÉ PUISSANTE et l’INTÉGRATION DE L’ÊTRE.

En énonçant cette locution, « INTÉGRATION DE L’ÊTRE », produit des Efforts Centraux sur soi, nous devons réfléchir un peu : réellement, notre Être Réel Intérieur Profond, n’est pas intégré ; il se compose de beaucoup de parties autonomes et auto-conscientes.

Dans les Saintes Écritures, on parle par exemple des DOUZE APÔTRES. Quand les gens lisent la Bible, ils prennent les douze Apôtres « au pied de la lettre ». On dit qu’ils étaient des « pêcheurs », qu’ils « suivaient Jésus de Nazareth, le Christ ». Mais l’Initié qui est en train de travailler sur lui-même de manière directe, sur son propre Être, arrive à découvrir ces douze Apôtres, ces douze « pêcheurs ». Et il arrive véritablement à les découvrir non pas hors de lui-même, mais à l’intérieur de lui. Il arrive à se rendre compte, avec stupéfaction, que ces douze Apôtres sont douze parties de son propre Être ; alors il oublie un peu la question purement historique et tient mieux compte de l’Évangile au-dedans de lui-même.

Il s’agit des DOUZE PUISSANCES, qui, avec l’INITIATION VÉNUSTE, pénètrent dans le ventre de la DIVINE MÈRE KUNDALINI, pour venir un peu plus tard à l’existence physique, et ceci est très important.

Quand on parle des 24 ANCIENS de l’Apocalypse de saint Jean qui « jettent leurs couronnes aux pieds de l’Agneau », il faut savoir le comprendre. Ce ne sont pas non plus des personnages étrangers à nous-mêmes : ce sont 24 parties autonomes et auto-conscientes de notre propre Être. Et quand on parle des QUATRE SAINTS, il faut savoir que ce sont QUATRE DEVARAJAS qui ne sont pas seulement là-bas, aux quatre points cardinaux de la Terre, mais qui sont en nous-mêmes et qui ont pouvoir sur les QUATRE ÉLÉMENTS. Et quand on parle de L’AGNEAU IMMOLÉ, celui qui « efface les péchés du monde », ne pensons pas au personnage historique d’il y a 1977 ans. Je ne nie pas l’existence du Grand Kabire Jeshua Ben Pandira, ce serait absurde de le nier, car il est l’auteur de la PISTIS SOPHIA (ceci est historique), mais pensons plutôt à ce Jeshua Intérieur (celui auquel fait si souvent allusion Paul de Tarse), au Jésus-Christ INTIME, au LOGOS HUMANISÉ, à ce RAYON LOGOÏQUE que chacun de nous possède et qui pénètre dans le ventre maternel de la Divine Mère Kundalini Shakti, pour venir plus tard se manifester par l’INITIATION VÉNUSTE.

Nous devons nous souvenir que le Logos n’est ni un individu humain, ni un individu divin. Ceux qui pensent ainsi se trompent ; le LOGOS est une UNITÉ MULTIPLE PARFAITE. Chacun de nous a son RAYON LOGOÏQUE (pour ainsi dire), son Christ Intime qui, quand il s’humanise dans le ventre maternel, se convertit en Jésus-Christ Intime. JÉSUS signifie « SAUVEUR ». Et CHRIST ou CHRISTUS ou VISHNOU ou OSIRIS, c’est notre Rayon Logoïque.

Paul de Tarse qui parle tant de Jésus-Christ ne se réfère pas à lui en tant que personnage historique, mais au Jésus-Christ intérieur de chacun de nous. C’est à lui aussi que faisait toujours sagement référence cet homme merveilleux et saint qui a laissé par écrit son « Guide Spirituel », ce fameux frère Fray Diego de Molinos. Évidemment, cet homme mourut en martyr dans une prison de l’Inquisition. Il écrivit une « Imitation de Jésus-Christ », qui a une saveur plus nirvanique que dogmatique.

Ainsi, mes frères, celui qui compte, c’est ce Jésus-Christ Intime. Si un illuminé invoque véritablement, dans les mondes de la Conscience Cosmique, Jeshua Ben Pandira, ce dernier, en montrant son coeur, lui fera cette salutation : « Cherche-moi là, à l’intérieur ; cherche le Christ à l’intérieur ». Parce que Jeshua Ben Pandira est venu apporter la doctrine du Christ Intime, de la même façon que Gautama Shakyamuni (le Bouddha) a apporté la doctrine du Bouddha intérieur.

Ainsi, mes chers frères, je veux que vous réfléchissiez sur ce que signifie tout cela…

Quand on parle aussi de ce grand mystique appelé SAINT JACQUES, l’Apôtre, on doit comprendre que c’est Le MERCURE DE LA PHILOSOPHIE SECRÈTE ; c’est le représentant même du Mercure qui est une des DOUZE PUISSANCES les plus importantes que nous ayons à l’intérieur de nous. Lui, c’est Saint Jacques le Majeur, c’est le béni patron du Grand Oeuvre, c’est celui qui nous enseigne la science merveilleuse du Grand Oeuvre.

Le « PÈRE DE TOUTES LES LUMIÈRES », c’est l’ANCIEN DES JOURS et, entre parenthèses, chacun de nous a son ANCIEN. Grâce à saint Jacques le Majeur, il nous enseigne la science bénie du Grand Oeuvre. Vous voyez comme saint Jacques est important !

Et quand on parle de PHILIPPE, il ne faut pas penser seulement à l’Apôtre Philippe, celui qui baptisa l’eunuque au bord d’un ruisseau ou d’une source ; ce merveilleux personnage qui apparaissait et disparaissait comme par enchantement, qui voyageait dans les airs et qui, donc, étonnait les peuples. C’est le chemin de notre PHILIPPE INTÉRIEUR (que chacun porte en soi). Il est certain que si nous l’invoquons d’un coeur pur, si nous le prions de nous sortir du corps physique et de nous emmener dans les Régions Suprasensibles de l’Éternel Espace, il nous assistera. Ainsi, ces DOUZE PUISSANCES sont en nous-mêmes et non pas en dehors de nous.

Et nous n’en resterons pas là : il existe le GARDIEN DU SEUIL DU MONDE ASTRAL, le GARDIEN DU SEUIL DU MONDE MENTAL, le GARDIEN DU SEUIL DU MONDE CAUSAL (il y a trois Gardiens).

Et que dire de la Divine Mère Kundalini Shakti ? Elle a cinq aspects : celui de l’IMMANIFESTÉE (qui est le plus occulte et le plus terrible de tous), NEPHTIS. Au nom de la vérité, moi-même, je n’ai pu entrer (du moins dans cette réincarnation) dans le Temple de Nephtis, dans le Temple de l’Immanifestée : la porte est très étroite, bien qu’elle soit cristalline… Évidemment, je pense y entrer un jour, car les Dieux souffrent aussi beaucoup pour pouvoir réussir à entrer dans le Temple de Nephtis.

Ensuite vient l’aspect de la MANIFESTÉE, appelons-la ISIS, appelons-la ADONIA, INSOBERTE, RHÉA, TONANTZIN, CYBÈLE, DIANE, MARIE ou MARAH. Peu importe le nom qu’on lui donne ; elle est plus proche de nous, autrement dit avec nous. Sagesse, Amour et Pouvoir. Elle est aussi une partie de notre Être, mais dérivée.

Et parlons aussi du troisième aspect de la Mère Cosmique, en tant que terreur de l’Amour et de la Loi, qui châtie les Initiés quand ils méritent le châtiment. C’est la REINE DES ENFERS ET DE LA MORT, peu importe que nous l’appelions PROSERPINE ou COATLICUE ou HÉCATE… La terrible Hécate… En tous cas, elle nous châtie pour notre propre bien, et c’est aussi une partie de notre propre Être.

Et que dire de la MÈRE NATURE, le quatrième aspect de notre Être-Mère ? Isis unit parfaitement l’ovule au spermatozoïde. C’est elle qui dessine de façon mathématique le corps physique, elle qui dispose exactement les 48 chromosomes dans la cellule germinale primitive. Évidemment, notre Divine Mère Nature est sage, par nature.

En dernier lieu, nous avons le cinquième aspect, celui de MAGICIENNE ÉLÉMENTALE, la Dame qui nous donne les impulsions instinctives, la Reine des Élémentaux. Comme Magicienne Élémentale, elle est (je le répète) merveilleuse.

Ainsi donc, le Bouddha Gautama nous parle « d’être le conducteur de la Vache Sacrée ». Un jour ou l’autre (ne vous étonnez pas) chacun de nous doit se convertir en conducteur des cinq aspects merveilleux de la VACHE À CINQ PATTES, de la VACHE SACRÉE. Assurément, Madame Blavatsky a vu en Inde une de ces merveilles de la nature : une vache blanche avec cinq pattes (elle portait la cinquième patte sur sa bosse et, avec celle-ci, elle chassait les mouches) ; elle était conduite par un jeune homme de la secte Sadhu qui se nourrissait de son lait. De temps en temps, apparaissent aussi, et ont apparu en Amérique, des cas comme celui-là, qui sont la vivante représentation des cinq corps de la Divine Mère Kundalini, des cinq aspects de la Kundalini-Shakti.

Vous voyez peu à peu les différents aspects de notre Être. Il est aussi le DIEU LION, le LION DE LA LOI ; il est le POLICIER DU KARMA que nous portons en nous, celui qui surgit de ces régions quand nous avons commis une erreur (le KAOM). Nous avons notre propre ANUBIS PARTICULIER qui nous applique aussi la Loi.

Nous avons un MÉTRATON (en relation avec l’épaule droite) et un SANDALFON (en relation avec l’épaule gauche). De même, nous avons le SEIGNEUR DU TEMPS, qui peut nous ramener la mémoire de nos anciennes existences, nos souvenirs… Tout cela, nous l’avons à l’intérieur de nous.

Nous avons une MINERVE, non seulement là, dans le Macrocosmos, mais elle est une partie de notre Être qui a de la sagesse et qui peut réaliser en nous des opérations extraordinaires… Notre Être-Mère…

Notre Être a beaucoup de parties autonomes, auto-conscientes, indépendantes. La partie supérieure de notre Être est le VIEUX DES SIÈCLES.

Et nous ne pourrons pas perfectionner les différentes parties de l’Être, si nous n’éliminons pas (de nous-mêmes) les éléments inhumains que nous portons toujours, tous ces agrégats psychiques qui sont la vive personnification de nos erreurs.

Ainsi, mes chers frères, « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Si, dans la partie la plus élevée de notre Être il y a une multiplicité, dans notre partie inférieure se trouve aussi la multiplicité de l’Ego (par opposition). Je répète : nous ne pourrons pas purifier ou perfectionner […] les parties les plus élevées de l’Être sont en nous ; ce qui est difficile, c’est de perfectionner la partie la plus élevée de l’Être sans avoir détruit jusqu’au dernier des agrégats psychiques. Celui qui arrive à développer la partie la plus élevée de l’Être, celui qui arrive à la purifier, reçoit le degré d’ISHMESCH.

Les degrés, on les reconnaît aux CORNES. Le LUCIFER INTÉRIEUR de chacun de nous, qui est un reflet du LOGOS en nous-mêmes, a des cornes. Au nombre de cornes, on reconnaît le degré de développement spirituel et de perfection de la raison objective que nous avons. Ceux qui possèdent les SIX TRIDENTS sur les cornes ont réalisé le Grand Oeuvre ; ceux-ci sont arrivés à s’établir dans l’ANKLAD SACRÉ ; mais ceux qui possèdent les NEUF TRIDENTS sur leurs cornes s’intègrent avec l’Éternel Père Cosmique Commun.

Maintenant, par opposition, nous avons aussi une multiplicité dans l’Ego ; par opposition, nous devons désintégrer cela.

Il y a deux types d’intégration, mes chers frères. Nous pouvons intégrer l’Être, et ceci est une INTÉGRATION COSMIQUE, UNE CRISTALLISATION POSITIVE. Et il existe une autre intégration, mes chers frères : L’INTÉGRATION NÉGATIVE.

Ceux qui intègrent l’Ego se convertissent en démons terriblement pervers. Il y en a ! Il y a des Mages Noirs qui se sont cristallisés, des Mages Noirs qui rendent un culte à toutes les parties de l’Ego, qui les ont réunies en eux, qui s’y sont intégrés totalement (c’est une intégration négative, l’intégration de l’Ego).

Il y a des écoles qui rendent un culte à l’Ego, qui ne veulent pas désintégrer l’Ego, qui le vénèrent, qui l’adorent, qui considèrent les différents agrégats psychiques comme des « valeurs positives », merveilleuses, et qui en prennent bien soin. Ces personnes fourvoyées intègrent l’Ego, ils se convertissent en ténébreux extrêmement forts, en MAGES DES TÉNÈBRES. Il y en a (par opposition) dans le SOLEIL NOIR qui est l’antithèse du Soleil qui nous illumine. Il y en a dans les entrailles du SOUS-MONDE, il y en a dans LILITH, la LUNE NOIRE ; ce sont des cristallisations erronées, des intégrations négatives. Nous devons prendre conscience de tout cela.

C’est donc dans la lutte contre les émotions négatives que surgit l’Être, que commence peu à peu le processus de l’intégration de l’Être. Et par opposition, la désintégration de l’Ego s’intensifie jusqu’à son annihilation totale.

Sur le chemin de l’investigation, nous ne devons pas oublier qu’il est nécessaire d’étudier l’Être, non seulement, je le répète, dans le monde des 12 lois, mais aussi dans celui des 24 lois, dans celui des 48 et même dans celui des 96, parce que l’Être est conditionné par les différents agrégats psychiques que nous portons à l’intérieur de nous, c’est évident.

Une fois que nous avons compris ceci, nous comprenons aussi la nécessité de comprendre les autres. Nous ne pourrons pas comprendre les autres si nous ne nous sommes pas compris nous-mêmes. Pour pouvoir comprendre les autres et être dans la fraternité réelle et véritable, il est nécessaire d’être en accord avec eux. Si quelqu’un dit : « Je comprends bien untel mais je ne suis pas d’accord avec lui », c’est absurde. S’il le comprenait, il serait d’accord avec lui. C’est justement parce que nous ne le comprenons pas, que nous ne sommes pas d’accord avec lui, c’est évident. Comment peut-on comprendre quelqu’un sans être d’accord avec lui ? C’est une question strictement mathématique. Si nous ajoutons 20+20, combien ceci nous donne-t-il ? 40, n’est-ce pas ? Si nous divisons 40 par 2, quel est le résultat ? 20, c’est certain. Bien, alors que sera le nombre 20 ? Ce sera ce que nous pouvons appeler « LA MOYENNE MATHÉMATIQUE EXACTE » entre deux quantités : 20 et 40. Mais cette quantité moyenne mathématique, entre deux quantités, nous donne évidemment l’équilibre entre l’Être et le Savoir, c’est clair. Il doit y avoir un parfait équilibre entre l’Être et le Savoir ; s’il n’y a pas d’équilibre parfait entre l’Être et le Savoir, alors c’est simple, il n’y a pas de compréhension. Mais si nous comprenons quelqu’un, nous devons le comprendre, et si nous ne le comprenons pas, alors nous ne le comprenons pas et c’est tout.

Il se pourrait que quelqu’un (que nous croyons avoir compris) ait des idées différentes des nôtres et que nous disions : « Oui, je l’ai compris, mais je ne suis pas d’accord avec lui ». Dans ce cas, nous ne l’avons pas compris ; sinon, nous serions d’accord avec lui. Ce que je suis en train de vous dire est difficile à comprendre, mais c’est réel.

Si untel est « protestant » et que nous sommes gnostiques et, si nous avons compris que lui est protestant dans sa façon de considérer la religion, mais que nous disons : « Je le comprends, mais je ne suis pas d’accord avec son Église protestante, avec ses idées protestantes », alors simplement nous ne l’avons pas compris. Mais si nous l’avons réellement compris, alors nous savons qu’il répète certaines paraboles bibliques et qu’il le fait de manière dogmatique. S’il les répète dogmatiquement, alors que se passe-t-il ? Nous comprenons alors qu’il les répète de manière dogmatique. Si nous comprenons qu’il s’agit d’un homme numéro 3, un homme simplement intellectuel, alors nous disons : « Cet homme répète ce qu’il a étudié dans la Bible, ce que d’autres personnes lui ont appris ou lui avaient appris ; c’est un homme du troisième niveau, simplement intellectuel, je le comprends. Je n’en discute pas, je peux le comprendre, parce que c’est un homme numéro 3, et que moi je suis un homme numéro 4 ou numéro 5, etc. ; par conséquent, il est dans sa vérité ; je le comprends et je suis son ami ». Voilà ce qui s’appelle réellement « COMPRENDRE » et « Être d’accord ».

Pour comprendre quelqu’un, il faut être d’accord avec celui-ci. Si ce quelqu’un, par exemple, parlait anglais, et que nous parlions espagnol, comment pourrions-nous le comprendre ? Nous devons être d’accord sur quelque chose : sur la langue ou sur les symboles qui nous permettent de nous comprendre. Dans le cas contraire, comment pourrions-nous nous comprendre ? Il n’y aurait aucune compréhension. C’est ainsi : nous avons besoin de nous entendre.

Si nous considérons ces choses, mes chers frères, la compréhension est réellement un sujet qu’il faut étudier à fond. Ici, dans nos études, nous apprenons à comprendre ; en comprenant les enseignements, nous avançons sur la voie de la compréhension. Et il est indispensable de comprendre.

Nous devons comprendre la Gnose, mais il faut équilibrer l’Être et le Savoir, car si le Savoir est plus important que l’Être, il n’y a pas d’équilibre ; si l’Être est plus important que le Savoir, il n’y a pas non plus d’équilibre. L’Être et le Savoir doivent s’équilibrer ; c’est ainsi seulement que surgit la compréhension.

Il est vital de comprendre et, à mesure que nous avançons (en auto-explorant toutes les parties de notre Être), la compréhension surgit de plus en plus en nous, c’est évident. La compréhension nous emmène très loin dans nos études.

En tous cas, nous luttons pour l’Intégration de l’Être, nous voulons la désintégration de l’Ego. Par conséquent, il est urgent de travailler profondément sur nous-mêmes.

Pour pouvoir désintégrer l’Ego, il faut comprendre chaque agrégat psychologique que nous allons désintégrer. Par exemple, la VENGEANCE (ne pas confondre la justice avec la vengeance ; la justice est une chose et la vengeance en est une autre). Il y en a beaucoup qui disent : « La vengeance est douce », et c’est une absurdité : c’est absurde de faire justice par soi-même (c’est une vengeance). C’est la Grande Loi qui se charge de faire régler les comptes dans chaque cas ; nous ne devons pas prendre la place de la Grande Loi. Si nous découvrons que nous sommes vindicatifs, nous devons comprendre le pourquoi de la vengeance. Pour comprendre le processus de la vengeance, la MÉDITATION et la RÉFLEXION sont nécessaires ; on confond (très facilement) le processus de la vengeance avec le processus de la justice et nous avons toujours une tendance très marquée à faire justice par nous-mêmes (c’est une vengeance, nous sommes vindicatifs). Si quelqu’un nous blesse par la parole, nous réagissons violemment (c’est de la vengeance) ; nous ne sommes pas capables de rester silencieux devant quelqu’un qui nous insulte, qui nous offense ; nous avons toujours cette tendance très marquée à réagir à n’importe quelle petite parole qu’on nous dit, et nous nous sentons toujours visés, et même si nous sommes sur le Chemin, nous répondons une fois ou l’autre en réagissant.

Observez tous les petits frères du Mouvement Gnostique en général : y a-t-il quelqu’un, par hasard, qui ne réagisse pas d’une façon ou d’une autre, que ce soit en formulant sa réaction ou en la gardant en secret ? Tout le monde a cette tendance très marquée à répondre face à la parole qui offense, au sourire qui blesse, face aux regards qui tuent (ils ont tous cette tendance très marquée à réagir). Il y en a qui utilisent, par exemple, l’Autel (ce qu’il y a de plus sacré : l’Autel) pour s’adresser aux frères en les offensant, en les blessant, en se vengeant des uns, en se vengeant des autres, etc. Ceci ne s’est pas produit ici, dans notre Siège Patriarcal, mais par contre, dans d’autres endroits d’Amérique, il y a des Sacerdotes qui revêtent leur tunique sacrée pour utiliser la tribune de l’éloquence, pour s’adresser au public, et ils le font avec des arrière-pensées pour blesser untel et untel, se venger d’un tel, etc. Vous croyez que ces personnes avancent bien, en réagissant toujours ? C’est qu’il y a toujours une forte tendance à confondre la justice avec la vengeance.

Quand on comprend donc son processus, on peut s’offrir le luxe de désintégrer l’agrégat psychique de la vengeance ; mais seulement en le comprenant à fond. Sinon, comment pourrait-on le désintégrer ?

Que dire, par exemple, de la JALOUSIE ? Il y a toutes de sortes de jalousies, pas seulement des jalousies passionnelles ou amoureuses, non ! Mais il y a la jalousie politique, la jalousie religieuse, la jalousie d’amitié, etc. (Les jalousies sont multiples). Et qu’est-ce qu’on appelle « jalousie » ? LA PEUR DE PERDRE CE QU’ON AIME LE PLUS. Alors, il en résulte le Moi de l’attachement. Un homme craint de perdre sa femme et il la surveille d’une façon horrible ; une fiancée a peur de perdre son fiancé et elle le surveille de façon épouvantable ; et de là s’ensuivent de terribles conflits, des morts, des vengeances, des haines et cinquante mille choses de ce style.

Comment pourrait-on désintégrer ce Moi de la jalousie, si on ne sait pas que c’est le produit de la peur, de la peur de perdre ce qu’on aime le plus ? Comment pourrions-nous essayer d’éliminer ce Moi de la jalousie, si nous ignorons qu’il est le résultat de l’attachement, en croyant (erronément) qu’il est le produit de l’amour ? Comment l’amour pourrait-il avoir de la jalousie si l’amour est parfait, si l’amour est Divin ? La jalousie ne peut pas provenir de l’amour, parce que l’amour donne tout, il ne veut rien pour lui, mais tout pour l’être qu’il aime ; il ne désire que la félicité de l’être qu’il adore ; il sait se sacrifier pour le bien de celui qu’il aime. Alors la jalousie ne provient pas de l’amour, elle provient de l’Ego. Mais si on ignore cela, si on la justifie, comment pourra-t-on l’éliminer, de quelle manière ? Impossible !

Si bien qu’il est nécessaire, avant tout, de découvrir le défaut que nous devons désintégrer, et ensuite, de le comprendre à travers la RÉFLEXION ÉVIDENTE DE L’ÊTRE, à travers la MÉDITATION PROFONDE, et une fois que nous l’avons compris, il est prêt à être éliminé.

Ainsi, mes chers frères, il est nécessaire que vous réfléchissiez à tout cela. Tant qu’on n’aura pas désintégré l’Ego, on sera exposé à de très graves erreurs comme : juger, haïr, sentir des désirs de vengeance, se venger etc.

Comprendre les autres, Oui c’est indispensable ! Mais, comment pourrions-nous les comprendre, si nous ne nous comprenons pas nous-mêmes ?

Il y a SEPT NIVEAUX D’HOMMES, nous ne pouvons pas le nier. Premièrement, il y a le niveau simplement INSTINCTIF ; le second est le niveau exclusivement ÉMOTIONNEL, et le troisième est le niveau INTELLECTUEL. Au-delà de ces trois niveaux, se trouve le quatrième niveau, celui de l’HOMME ÉQUILIBRÉ, celui de l’homme qui a équilibré les centres de sa machine organique. Mais ensuite vient le cinquième niveau, celui de ceux qui ont fabriqué un CORPS ASTRAL, ceux qui peuvent vivre consciemment dans le Monde Astral. Le sixième niveau appartient à ceux qui peuvent vivre consciemment dans le Monde Mental, parce qu’ils ont fabriqué leur CORPS MENTAL. Et le septième appartient à ceux qui se sont établis dans le Monde Causal avec un corps causal, comme des HOMMES CAUSALS.

Évidemment, les hommes 1, 2 et 3 sont les plus nuisibles : ils ne se comprennent pas entre eux. Les hommes numéro 1, 2 et 3 vivent dans le cercle de la « Tour de Babel » ; là existe la « confusion des langues » ; là personne ne comprend personne. Ce sont eux qui ont provoqué la Première et la Deuxième Guerre Mondiale ; ce sont eux qui maintiennent le monde dans les tribulations. Les hommes numéro 4, 5, 6 ou 7 ne feraient pas ce que font les hommes numéro 1, 2 et 3. Les hommes 4, 5, 6 et 7 ne provoquent pas de guerres, ils ne mettent pas le monde en état de conflit. Ce sont les hommes 1, 2 et 3 qui ont causé tant d’amertume à la surface de la terre.

Parmi les hommes numéro 1, 2 et 3, il y a différents niveaux de compréhension, c’est évident. Parmi les hommes numéro 1, 2 et 3, il y a toutes sortes de gens. Ainsi donc, voyez vous-mêmes ce que signifie la compréhension. Nous devons tout comprendre ; nous rendre conscients, nous auto-explorer profondément, pour nous connaître. Je vous disais déjà, dans de précédentes réunions, qu’il y avait deux aspects capitaux, deux facteurs décisifs dans nos études : l’un est le souvenir de soi-même, et l’autre la relaxation du corps. Se souvenir de soi-même, de son propre Être Intérieur Profond, et se relaxer en profonde méditation. C’est ainsi qu’en nous advient le nouveau, ainsi que, peu à peu, nous nous auto-explorons, et c’est fondamental.

Maintenant, pour terminer cette conférence, cette thèse, je donne l’opportunité aux frères ici présents, de me poser des questions sur ce qu’ils n’ont pas compris. Je donne la parole aux frères…

Disciple. Vénérable Maître, en rapport avec votre précédente conférence sur la relaxation et le souvenir de soi, qu’est-ce qui donne le souvenir de soi ? Est-ce l’équilibre des trois cylindres de la machine humaine ou est-ce le souvenir de soi qui équilibre les cylindres de la machine organique ?

Maître. C’est le souvenir de notre propre Être Intérieur Profond qui coopère, qui produit ou aide l’Être Individuel à surgir en soi. À l’évidence, quand l’Être surgit en soi, il équilibre alors les cinq centres de la machine organique, c’est-à-dire : le centre intellectuel, le centre émotionnel, le centre moteur, le centre instinctif et le centre sexuel. En vérité, il se produit (alors) l’équilibre des cinq centres de la machine.

D. Alors, le souvenir de soi ne peut surgir spontanément, si ce n’est par un travail sur la Fausse Personnalité ?

M. Il est évident que cela implique un travail de devoir toujours respecter le SOUVENIR DE SOI-MÊME : la personnalité se relaxe pour rester dans un état passif. Alors, les messages qui proviennent de l’Être, à travers les Centres Supérieurs, parviennent donc au Mental qui, à son tour, instaure en nous l’ordre et l’harmonie.

D. Vénérable Maître, vous avez dit que grâce à l’Être, nous réussissons à équilibrer les centres. Mais, au milieu de ça, entre en jeu la Personnalité et le Mental en conflit. De quelle manière pourrait-on conjurer ce conflit du Mental pour obtenir […] l’expression véritable de l’Être et de l’équilibre en nous ?

M. Quand on parle de « relaxation », il faut comprendre ceci intégralement, parce que si nous allons relaxer exclusivement les muscles (qui sont toujours en tension), nous n’avons pas compris intégralement le processus de la relaxation. Il s’agit de relaxer, non seulement les muscles ou les nerfs du corps, mais aussi le mental. Quand le mental est tranquille, quand le mental est en silence, quand il ne projette plus rien, quand il est en état réceptif, intégral, alors survient le nouveau. Mais le nouveau ne survient jamais tant qu’existent un mental qui projette et un corps en tension. De sorte que pour que le mental puisse ne pas avoir de conflit, ne serait-ce que durant quelques instants, il faut qu’il y ait une RELAXATION PHYSIQUE ET MENTALE. Alors ces conflits disparaissent pour un instant et, pendant cet instant, l’Être surgit en nous. C’est un moment de vide dont l’Être profite pour le remplir, et alors advient le nouveau. Peu à peu, l’Être se met (lentement) à réaliser l’union de tous les centres de la machine organique ; et les conflits entre les trois cerveaux, Intellectuel, Émotionnel et Moteur, vont disparaître. Pendant quelques secondes, quelques minutes, nous pouvons recevoir des messages des Mondes Supérieurs. Mais, il faut de la CONSTANCE DANS LE TRAVAIL ; c’est le chemin à suivre.

D. Vénérable Maître, vous nous avez parlé des différentes parties autonomes et auto-conscientes de l’Être et vous nous en avez donné quelques exemples, en nous parlant des Apôtres qui sont en chacun de nous. Quelle est la partie autonome et auto-consciente de l’Être qui est en relation intime avec l’annihilation du Moi ?

M. C’est JUDAS ISCARIOTE ! Mais ne pensons pas seulement au Judas d’il y a 1977 ans, pensons au JUDAS INTÉRIEUR… Cet Apôtre intérieur qui est une des Douze Puissances que nous avons en nous, une des douze parties de l’Être. Lui est vivement intéressé par l’ANNIHILATION BOUDDHISTE : en ceci, il est extraordinaire… Je ne nie pas non plus l’existence de cet Apôtre d’il y a 1977 ans qui a réellement représenté notre Judas Intime. Il est une réalité. Il existe. Il est l’un des plus Grands, le Maître le plus éminent, l’adepte le plus exalté qui fut aux côtés de Jésus de Nazareth ; mais à l’intérieur de nous, il y a le Judas Intérieur, en dehors de ce Judas qui a réellement existé, en dehors des TROIS TRAÎTRES qui sont ici, dans nos centres, il y a quelqu’un qui personnifie Iscariote, qui est réellement intéressé par la destruction de l’Ego […] de chacun de nous. Judas Iscariote nous enseigne très clairement LA DOCTRINE DE LA DÉSINTÉGRATION DE L’EGO. JUDAS ISCARIOTE n’est pas, comme beaucoup le pensent, un homme qui a trahi son Maître. Non, il a exécuté un rôle enseigné par son Maître et c’est tout. C’est Jésus de Nazareth lui-même qui lui prépara le rôle, et Judas l’apprit par coeur et le joua consciencieusement en public. La Doctrine de Judas indique comment arriver à éliminer tous les agrégats psychiques, c’est-à-dire LA MORT DE L’EGO. C’est pour cette raison que Judas s’est pendu, pour indiquer que l’Ego doit être réduit en cendres. Judas joua son rôle et c’est tout ; il se prépara consciencieusement. Pour ne contredire en rien les Saintes Écritures, il répéta plusieurs fois son rôle, avant de le jouer en public, comme un acteur joue son rôle, et c’est tout. Judas était, et est toujours, le disciple le plus exalté de Jésus le Christ : il a atteint la Christification.

D. Maître, comment devons-nous comprendre le travail de Thomas en nous ?

M. Nous savons bien que THOMAS représente un peu le scepticisme, le doute, et tout cela. Mais au fond, ce Thomas mystique que nous avons en nous est évidemment en relation avec le DISCERNEMENT. Il est nécessaire d’avoir du discernement. Il est urgent de découvrir l’AUTO-CRITIQUE pour ouvrir nos valeurs, savoir ce qu’elles contiennent vraiment ; c’est ainsi qu’il faut comprendre Thomas, le Thomas intérieur. Chacun de nous a la responsabilité des Douze Puissances dans son propre Être. Et, dans la Pistis Sophia, toutes ces parties autonomes et auto-conscientes de l’Être sont appelées les « RECTEURS DES AEONS, DU DESTIN ET DE LA SPHÈRE ». Ils se déplacent donc, ils font leur oeuvre, le Grand Oeuvre, avec l’équerre, le triangle, les octogones ; et tout ceci, il faut savoir le comprendre.

D. Laquelle des Douze Puissances est chargée de l’Alchimie ?

M. Indiscutablement, il y a quelqu’un qui est chargé de l’Alchimie ; en Alchimie, on l’appelle l’ANTIMOINE, mais l’Antimoine n’est pas une des Douze Puissances… (Un étudiant l’interrompt par une question).

D. Mais, et une partie de notre Être ?

M. Ce qu’il y a, en effet, c’est un Maître, un spécialiste en Alchimie qui est précisément SAINT JACQUES LE MAJEUR (le Béni Patron du Grand Oeuvre) et je suis sûr que l’Antimoine lui obéit. Compris ? C’est lui le responsable transcendantal de l’Alchimie, du Grand Oeuvre.

D. Maître, de quelle manière saint Pierre agirait-il pour amener le Christ en nous ?

M. Il faut faire TROIS PURIFICATIONS par le fer et par le feu. Celui qui ne fait pas les Trois Purifications ne peut pas atteindre la CHRISTIFICATION.

Pierre, avec la tête en bas (ce qui indique qu’il est crucifié la tête en bas), signifie qu’il faut descendre à la NEUVIÈME SPHÈRE pour travailler avec le Feu et l’Eau qui sont l’origine des mondes, bêtes, hommes et dieux. Toute authentique Initiation Blanche commence par là. Et c’est ce que Pierre nous dit par sa crucifixion. Or, il y a Trois Purifications qui sont les Trois Reniements de Pierre. Première Purification : PREMIÈRE MONTAGNE, celle de l’INITIATION. Seconde Purification : LA SECONDE MONTAGNE, celle de la RÉSURRECTION. Troisième Purification : elle appartient à l’ÉTOILE À HUIT POINTES et au LIVRE DE JOB, au sommet de la Seconde Montagne.

On ne peut obtenir la Résurrection du Christ Intime en nous sans être passé, au préalable, par les Trois Purifications à base de Fer et de Feu. Le coq a chanté trois fois. C’est-à-dire le Mercure de la Philosophie Secrète. Parce que le coq représente le GA-I-O ou I.A.O. : « Et avant que le coq ne chante une troisième fois, tu m’auras renié trois fois ». Parce que c’est par trois fois que l’Initié doit descendre dans les Mondes Infernaux pour travailler avec le Feu et l’Eau.

Il y a les Trois Purifications à base de Fer et de Feu. C’est pourquoi il y a Trois Clous sur la Croix. Et c’est pourquoi il y a l’INRI sur la Croix : « IGNIS NATURA RENOVATUR INTEGRA » (« Le Feu renouvelle sans cesse la Nature »). Pour que le Pierre Intime de chacun de nous réalise ce travail, il doit renier le Christ trois fois. Non pas qu’il le renie, en le reniant, mais il doit simplement descendre travailler dans la FORGE DES CYCLOPES, dans la Neuvième Sphère, avant de parvenir à la RÉSURRECTION ; il doit vivre pendant trois périodes avec les démons, avant de pouvoir ressusciter d’entre les morts. La Résurrection a lieu pendant la vie, ici et maintenant !

D. Maître, le démon de la jalousie passionnelle, est-ce une racine de la luxure ?

M. Eh bien, oui. La jalousie n’existerait pas s’il n’y avait pas de luxure.

D. Maître, que représente Jean, le disciple bien-aimé ?

M. JEAN est le VERBE, la PAROLE. C’est Lui, évidemment, qui parlera en nous avec le Verbe de la Lumière. Il est la Parole, il est le Verbe ; c’est ainsi que nous devons le comprendre…