Le fondement alchimique du Grand Oeuvre

Samaël Aun Weor

Chers frères, qu’est-ce que le « Grand Oeuvre » ? Beaucoup peuvent écouter cela, mais (car il y a un « mais »), s’ils ne réalisent pas le Grand Oeuvre, ils perdent leur temps.

Il ne suffit pas simplement d’avoir la Foi ; il est clair que « La Foi sans les oeuvres est une Foi morte ». L’Oeuvre se justifie avec la Foi, et LA FOI AVEC L’OEUVRE. L’important, c’est le Grand Oeuvre. Si quelqu’un nous écoute et a foi en nos paroles, mais qu’il ne réalise pas le Grand Oeuvre, il ressemble à un homme qui se regarde dans un miroir, tourne le dos, et s’en va (il ne fait rien, il perd son temps). La Foi est merveilleuse, mais sans l’Oeuvre, elle est morte. Il est nécessaire que la Foi soit soutenue par l’Oeuvre.

En ce qui concerne le travail dans le Grand Oeuvre, il faut penser à beaucoup de choses. Avant tout, nous devons CONTRÔLER LA LANGUE. Nous ne devons absolument pas nous intéresser aux « on-dit », aux médisances, à ce que les autres disent de nous, etc. Souvenons-nous de cette phrase que j’ai écrite dans l’un de mes livres dans une ancienne existence : « Je ne suis pas meilleur parce qu’on me louange, ni pire parce qu’on vitupère contre moi, parce que je suis toujours ce que je suis »…

Je portais alors le nom de Thomas de Kempis et j’ai écrit « L’IMITATION DE JÉSUS-CHRIST ». J’ai appartenu à une Société ésotérique (j’étais un moine), et pourtant, dans le monastère où je vivais, cela était ignoré. Habituellement, dans les Monastères du Moyen Âge vivaient également de grands Initiés, quelques-uns étaient même très sympathiques. Il suffit de se souvenir du fameux Rabelais qui écrivit des oeuvres très intéressantes, un peu drôles. Quiconque les lit « au pied de la lettre » pourrait supposer que Rabelais était un clown.

On ne peut que rire en lisant « Gargantua et Pantagruel », et tout gnostique, s’il lit ces livres, peut s’apercevoir qu’ils sont comiques. Cependant, quand on sait capter leur profonde signification, on parvient à se rendre compte que Rabelais fut assurément un grand Initié. Il a écrit dans ce style pour essayer de se sauver du bûcher de l’Inquisition, et, par miracle, il se sauva, par miracle. Un jour, à l’intérieur de l’Église, il occupa la place de saint François (là, il avait l’air d’une statue). Quand il était dans les rangs, il faisait un peu le clown. Une fois, il s’est fait sortir en compagnie d’autres moines, et il s’est fait mettre en prison pour quelques jours, au pain sec et à l’eau ; cependant, il continuait, car il devait toujours rester un humoriste […] pour être le Pape et ce jeu lui a presque coûté le bûcher.

En tous cas, beaucoup d’Initiés qui se dédiaient au Grand Oeuvre ont travaillé intensément au Moyen Âge et ils ont même vécu dans les propres monastères du catholicisme romain, en s’identifiant, en se confondant avec le clergé. Et, secrètement, en silence, et à certaines heures de la nuit, ils faisaient leurs réunions ésotériques. Tout ceci est assez intéressant, n’est-ce pas ?

L’Oeuvre, mes chers frères, c’est ce qui compte, ce qui importe réellement. Mais il faut avoir beaucoup de résolution morale ; nous ne devons avoir de préférence pour personne, mais TRAITER DE LA MÊME MANIÈRE LES RICHES COMME LES PAUVRES, sans préférences ; car si nous traitons uniquement les riches avec beaucoup d’amour et que nous méprisons les pauvres, indubitablement nous ne sommes pas prêts pour le Grand Oeuvre.

La langue, par exemple, est un très petit organe, n’est-ce pas ? Cependant, combien de forêts n’embrase-t-elle pas ? CELUI QUI PARVIENT À CONTRÔLER LA LANGUE CONTRÔLE LE SEXE, parce que ce sont les deux pôles d’une même chose. Beaucoup de gens souffrent au sujet du problème sexuel, à cause de leur luxure, de leur lascivité. En contrôlant la langue, on contrôle le sexe et on contrôle TOUT LE CORPS en général. Regardez un cheval : aussi fougueux soit-il, si on lui met un mors dans la bouche, on le monte et on le contrôle. Avec la langue, c’est la même chose ; si nous la contrôlons, tout le corps demeure sous notre contrôle. Il est donc très intéressant de savoir contrôler la langue ; en réalité, c’est nécessaire, spécifique, indispensable pour le Grand Oeuvre…

Tous les frères, en général, tous les frères du Mouvement Gnostique sont en train de se préparer pour le Grand Oeuvre […] devant la vie même, et on ne peut pas trop exiger d’eux ; ils sont, pour ainsi dire, en état de Kriyas. Mais s’ils se calment, s’ils deviennent patients et contrôlent la parole, ils vont acquérir les qualités nécessaires et enfin, un jour, ils pourront entrer dans le Grand Oeuvre.

En tous cas, il est clair que le Grand Oeuvre correspond à des stades d’ésotérisme très avancés, non ? (c’est clair). Avant tout, vous êtes (disons) en train d’élaborer le Feu, de PRÉPARER LE FEU. Un jour, quand vous serez parvenus à la préparation complète du Feu, alors vous commencerez le Grand Oeuvre.

Pour parler du point de vue alchimique, je dirais qu’actuellement vous (et je me réfère aux frères qui travaillent dans la « Forge des Cyclopes »), vous possédez ce que nous pourrions appeler en Alchimie « Le Lion Vert ». De toute évidence, quand vous commencerez à travailler dans le Grand Oeuvre, vous posséderez alors « Le Lion Rouge ».

Mais qu’entend-on, en Alchimie, par « LION VERT » ? Le Feu naissant, sans développement intérieur. Et qu’entend-on, en Alchimie, par « LION ROUGE » ? Le Feu une fois qu’il est totalement développé, le SOUFRE qui symbolise le Feu complètement mélangé avec le MERCURE et qui, à la fin, se cristallise. Il est clair que c’est seulement au moyen du Feu développé, seulement au moyen des pouvoirs symbolisés par le Lion Rouge qu’on peut parvenir à la transmutation alchimique du FEU ROUGE, qu’on peut parvenir à convertir les CORPS EXISTENTIELS Supérieurs de l’Être en OR PUR. Mais ce sont là des stades du développement intérieur déjà très avancés. Au fur et à mesure que vous transmutez, vous travaillez seulement avec le Lion Vert ; vous préparez vos feux pour le Grand Oeuvre. Dans ce travail de préparation, vous devez dresser un bilan de vous-mêmes, pour savoir exactement ce que vous possédez d’INHUMAIN et ce que vous avez d’HUMAIN. Il faut éliminer les « éléments inhumains » et il faut développer les éléments humains. C’est indispensable.

Malheureusement, et c’est là le plus douloureux, l’humanité actuelle (ou pour parler de manière plus exacte, les « humanoïdes » qui peuplent la surface de la Terre) n’a certes rien d’humain, parce que si nous regardons une machine humaine ou un « humanoïde », nous y trouverons, à l’intérieur, un siège vital organique et c’est tout. Bien au-delà du corps physique et vital qui est le siège de la vie, nous trouvons l’Ego, le « Moi », le « Moi-même », le « Soi-même ».

De toute évidence, cet Ego n’a rien de beau ; il est seulement une somme « d’agrégats psychologiques » qui personnifient nos erreurs. Ces agrégats possèdent plutôt des aspects d’animaux. Ce qui est le plus désagréable, c’est de savoir que l’Essence, la Conscience, est embouteillée, enflaconnée, encastrée parmi ces aspects bestiaux, parmi ces agrégats qui, dans leur ensemble, constituent ce que nous pourrions appeler le « Moi-même », le « Soi-même », le « Je ».

Vous pourrez donc voir que l’état dans lequel nous nous trouvons est lamentable, que nous sommes simplement des machines contrôlées par les diverses composantes qui constituent l’Ego, le « Je »… Nous sommes venus au monde par le sexe. Nous avons eu un père, nous avons eu une mère (spécialement pour nous), et, comme résultat, nous sommes arrivés à ce monde. Il est très intéressant de voir comment nous nous sommes formés à l’intérieur de ce corps, à l’intérieur du corps maternel, c’est-à-dire comment notre véhicule matériel ou « corps planétaire » a évolué, s’est développé, mélangé à celui de notre mère.

De toute évidence, ce qui pénétra dans le corps maternel fut un germe. Ce germe évolua, il se développa et il naquit au moment opportun (c’est un produit du sexe). Plus tard, après sa naissance, ce germe continua à croître, et à se développer : nous sommes passés par l’étape de l’enfance (avec le processus de développement), ensuite par l’adolescence, jusqu’à devenir des jeunes gens. Ce qui est intéressant, c’est que tous ces processus, à commencer par celui de la simple conception, ont eu comme causa causorum, l’union sexuelle de notre père et de notre mère terrestres. Toute la métamorphose par laquelle passe le foetus dans le ventre maternel est, de toute évidence, quelque chose d’extraordinaire.

Maintenant, par le fait même d’être né, le processus de développement du germe ne s’est pas achevé, c’est évident. Beaucoup de gens croient (et cela est assez regrettable) qu’un adolescent peut déjà parfaitement avoir des relations sexuelles, et il n’y a pas de doute que les adolescents de notre époque copulent avant l’âge déterminé. C’est monstrueux, non ? Parce que copuler alors que le germe n’a pas terminé son développement, c’est sans aucun doute criminel (sans avoir attendu la majorité).

CE N’EST QU’À PARTIR DE 21 ANS QU’ON PEUT RÉALISER LA COPULATION. Avant cet âge, le résultat de ces copulations, d’une telle copulation prématurée, est, sans aucun doute, désastreux pour les étapes ultérieures de la vie. Dans les temps anciens, aucun adolescent ne copulait. Aujourd’hui, on a perdu le sens de la responsabilité morale : on croit que, du fait d’être adolescent, le développement du germe humain est terminé, mais il n’en est rien. Si vous me prêtez attention, si vous suivez avec sérénité ma conférence, vous pourrez comprendre ce que je veux dire… Une fois que le processus de développement du germe qui est entré autrefois dans le ventre maternel est terminé, là la copulation est possible ; c’est clair. En tous cas, le fondement de base de tous les processus de développement, la racine de toutes ces métamorphoses, nous en trouverons les causes dans l’acte sexuel de nos parents, cela ne fait aucun doute.

Voyez comme c’est intéressant, comme tout s’enlace à travers le temps : une union amoureuse et un tout petit germe qui passe par de multiples processus de développement ou de métamorphose. Si la copulation entre nos parents n’avait pas eu lieu, indubitablement nous ne serions pas de ce monde. Cette copulation est donc la base de notre existence. La mère elle-même, avec son cloître vivant, pendant l’état de grossesse, passe par de multiples phases. Ses seins même se préparent depuis le début pour alimenter la créature qui va naître ; ses hanches s’élargissent (c’est clair) et tout son organisme passe sans aucun doute par différents changements merveilleux.

L’enfant naît et il commence à grandir, heureux, avec toutes ses forces. Pendant les 7 premières années de la vie, c’est la première couche testiculaire qui travaille ; elle produit certaines cellules pour l’existence, et rien de plus. Alors, nous évoluons sous l’influence LUNAIRE.

De 7 à 14 ans, nous passons sous la régence de MERCURE. Là, l’enfant commence à aller à l’école, il va étudier, il n’est plus tranquille […] Alors, arrivé à cet âge, c’est la deuxième couche testiculaire qui travaille. Elle produit certaines hormones qui définissent bien le sexe.

Et de 14 à 21 ans, c’est la troisième couche testiculaire qui entre en activité. Il est clair que de 14 à 21 ans, nous évoluons sous l’influence de VÉNUS. C’est l’âge des tourments (comme on dit), c’est l’âge où les jeunes hommes tombent amoureux des jeunes filles, c’est l’âge où les jeunes filles tombent amoureuses des garçons, etc.

La troisième couche testiculaire des jeunes gens élabore les spermatozoïdes et ceux-ci, sans aucun doute, provoquent beaucoup d’inquiétudes intellectuelles. Ces spermatozoïdes donnent de nouvelles idées, de nouvelles capacités intellectuelles, de nouvelles façons de penser, etc.

Malheureusement, cette jeunesse est mal éduquée. Les spermatozoïdes qui devraient normalement être épargnés pour le développement proprement dit, sont éliminés de manière absurde. Parvenus à l’âge de 21 ans, nous croyons déjà avoir terminé tout notre développement et nous nous considérons comme des « majeurs », sans foi, ni loi ; dès lors, vient par la suite l’acte de fornication, néfaste… La troisième couche testiculaire produira toujours des spermatozoïdes, du moins chez les gens jeunes et mûrs. Les vieux ont malheureusement gaspillé ce capital de spermatozoïdes. Alors, parvenu à un âge assez avancé, la troisième couche ne travaille pas. Elle en fabrique quelques-uns, oui, mais avec des intervalles assez longs (et arrive l’IMPUISSANCE sénile).

Le vieillard attend que sa troisième couche testiculaire ait produit une bonne quantité de spermatozoïdes pour les éliminer. Il n’y a pas de doute que sa femme doive attendre 15, 20 jours, un mois, deux, trois mois, durant lesquels le vieillard fabrique ses spermatozoïdes, et, une fois qu’il les a, il les élimine en quelques minutes.

Quelle différence y-a-t-il entre les vieux et les jeunes ? Laquelle ? C’est que chez les jeunes, la troisième couche testiculaire travaille et produit des spermatozoïdes (ceci leur donne certaines inquiétudes révolutionnaires, une certaine façon de penser différente, etc.), tandis que chez les vieillards, étant donné que cette troisième couche testiculaire ne travaille plus, il n’y a pas suffisamment de spermatozoïdes, dès lors, ils n’ont pas ces inquiétudes révolutionnaires, ils ne s’ouvrent pas à la vérité, ils s’en tiennent à ce qu’ils ont appris quand ils étaient jeunes, aux doctrines qu’ils ont alors gravées dans leur intellect, dans leur mémoire ; ils deviennent des vieux retardataires, des vieux qui ne veulent pas faire un pas en avant et qui regardent les jeunes avec dédain et avec mépris.

La lutte qui existe entre les hommes, disons, de la « vieille garde » et les jeunes de la « nouvelle vague », réside exactement en cela. Étant donné que les vieux décrépits ne peuvent plus fabriquer de spermatozoïdes, ils restent sur ce qu’ils ont appris dans le passé, ils sont pétrifiés…

Les jeunes sont différents : comme ils produisent des spermatozoïdes, ils ont des idées révolutionnaires, ils s’ouvrent à la nouveauté, ils cherchent quelque chose de supérieur. Mais les vieux n’acceptent pas cela, les vieux sont dérangés par la façon de penser des jeunes, leur manière d’être ne leur plaît pas, ils veulent que les jeunes marchent sur de vieux chemins (ils n’ont rien à donner).

Voyez donc la cause des luttes entre la « vieille » et la « nouvelle vague »…

Ainsi donc, la vie se développe et évolue par le sexe. C’est grâce au sexe que nous avons pu avoir ce corps physique. Il est clair que c’est avec le sexe que nous pourrons nous transformer. Si nos parents, si la nature nous a créés jusqu’à un certain point, nous pouvons NOUS RECRÉER, compléter cette création et l’amener plus loin, donner à notre propre organisation de NOUVELLES FAÇONS D’ÊTRE, promouvoir en nous quelque chose de grand, faire de nous de véritables créatures divines ; c’est au moyen de cette Force qui nous a menés à travers tous ces processus du sexe qu’il est possible de nous transformer vraiment en individus.

Au moyen de la TRANSMUTATION DU SPERME SACRÉ, nous pouvons créer un nouvel organisme, à l’intérieur de celui que nous possédons déjà. Cet organisme est le CORPS ASTRAL. Ce corps a ses lois, ses principes, ses forces, son alimentation, etc. On sait qu’on a un Corps Astral parce qu’on peut se mouvoir avec lui, parce qu’on peut voyager librement à travers l’espace, de la même manière qu’on sait qu’on a des jambes parce qu’on peut les bouger, qu’on a des mains parce qu’on peut les utiliser ou qu’on a des yeux parce qu’on peut voir.

En transformant ce sperme en énergie, nous pouvons également coaguler cette énergie sous la forme d’un CORPS MENTAL. Ce Corps Mental possède également ses lois, ses principes, ses forces, ses pouvoirs. On sait que l’on possède un Corps Mental, parce qu’on peut l’utiliser, parce qu’avec lui, on peut capter ou appréhender toute la sagesse de l’Univers.

Avec la transmutation du sperme en énergie, nous pouvons créer le Corps de la Volonté Consciente ou CORPS CAUSAL. Quand ce véhicule a été totalement créé, au moyen de la transformation sexuelle, nous pouvons réellement incarner en nous-mêmes ce qui s’appelle « ÂME HUMAINE », et nous nous retrouvons convertis en Hommes authentiques, légitimes, véritables, en Hommes avec une Âme, dans le sens le plus transcendantal du terme. Toutes ces choses appartiennent à la même force qui nous a créés et qui nous a fait passer par de multiples processus. Nos parents, je le répète, ont apporté le germe qui est passé par de multiples processus. La nature a fait ce qu’elle a pu, mais nous pouvons continuer avec ces processus sexuels, de manière transcendante et transcendantale, jusqu’à parvenir à nous convertir en Régents de l’Univers, en Dieux.

De toute évidence, la force qui nous a créés doit également être utilisée pour détruire les « éléments inhumains » que nous portons à l’intérieur de nous, les « agrégats psychologiques » dont j’ai déjà parlé. Si, par exemple, nous profitons du pouvoir contenu dans le sexe, de ce Feu Sacré, de ce RAYON qui jaillit de la matière chaotique, qui existe dans notre système séminal et qui est appelé KUNDALINI par les Orientaux, nous pourrons désintégrer, avec ce seul rayon, tous les « éléments inhumains » que nous charrions à l’intérieur.

Remarquez donc ce double aspect de l’Énergie Créatrice. C’est la même chose qui sert à désintégrer les éléments inhumains et à créer les éléments humains…

[…] est le résultat des glandes sexuelles de notre père et qui se complète avec l’ovule de notre mère, il peut recevoir […] ce germe sera, plus tard, développé ; il pourra recevoir des véhicules qu’actuellement il ne possède pas ; il pourra parvenir à avoir un véhicule Astral, un Mental, et un Causal. Mais nous devons aller de l’avant, parce que cela, ce n’est pas la nature qui le fait ; alors nous devons nous cultiver. La nature a fait ce qu’elle a pu. Maintenant, c’est à nous de continuer avec ce germe, de ne pas le laisser se pétrifier, de le faire passer par différents développements plus avancés, et le résultat doit être que nous nous convertissions en Dieux (voilà le résultat).

Ainsi donc, mes chers frères, au moment d’enregistrer cette bande que je fais parvenir à l’Amérique du Sud, je veux rappeler à tous que l’ALCHIMIE est la base, le FONDEMENT DU GRAND OEUVRE. En envoyant cette bande, en l’enregistrant ici, auprès de vous, je dis que le Grand Oeuvre est impossible sans la transmutation sexuelle. Créer les véhicules, c’est la première chose (évidemment) ; ensuite, il faut LES RECOUVRIR ET LES PERFECTIONNER. Nous devons les recouvrir avec les différentes parties de l’Être. Parce que créer le Corps Astral, par exemple, c’est une chose, et l’amener à la perfection, c’est autre chose. Créer un Corps Mental au moyen de la transmutation de l’Hydrogène sexuel Si-12, c’est une chose, et l’amener à la perfection, c’est autre chose. Créer le Corps de la Volonté Consciente ou Corps Causal, c’est une chose, et l’amener à la perfection, c’est autre chose.

Et, qu’entend-on alors par « Perfection d’un corps » ? Lorsque le Corps Astral, par exemple, a été transmuté, et qu’il s’est changé en véhicule d’or pur, on dit qu’il est parfait. Mais, pour que le Corps Astral se change en véhicule d’or pur, il est nécessaire de désintégrer ce qu’il contient d’imparfait, d’éliminer les éléments inhumains, de réaliser un travail d’Alchimie. Les grands Alchimistes disent que « c’est la MATIÈRE PREMIÈRE qu’il faut transmuter » ; c’est-à-dire que les « éléments inhumains » qui pénètrent et interpénètrent l’Astral que nous avons fabriqué doivent être dissous.

Dans le fait de « dissoudre », il y a des choses extraordinaires : nous devons faire appel au « DISSOLVANT UNIVERSEL », selon l’Alchimie. Ce « Dissolvant » n’est autre que le Feu même, secret et philosophal. C’est-à-dire qu’avec le pouvoir de Kundalini nous pouvons dissoudre, désintégrer les éléments inhumains.

Disciple […]

Maître. Eh bien, si on ne possède pas le pouvoir de la Kundalini, comment peut-on désintégrer les éléments inhumains ? Là, les couleurs jouent un grand rôle. Quand on commence à désintégrer les éléments inhumains qui ont pris possession du Corps Astral, ils prennent une couleur NOIRE et sont symbolisés (en Alchimie) par le CORBEAU. Cette couleur noire est le fondement, la base de toute transmutation ; c’est pourquoi on dit qu’il faut « blanchir le corbeau ». Ceci signifie qu’après qu’on ait désintégré (brûlé, disons) la MATIÈRE PUTRÉFIÉE, les « éléments inhumains », le Corps Astral est alors d’un BLANC immaculé.

Enfin, on dit que « la matière première doit prendre une couleur ROUGE ». C’est-à-dire que, parvenus à ces hauteurs, nous pouvons alors savoir que le Corps Astral s’est transformé en Or Pur, en Véhicule d’Or Pur. C’est pour cela que l’on dit de nous, que nous « portons de l’or à l’intérieur », « l’OR SOLAIRE ».

Le Corps Astral, ainsi converti en véhicule d’or, est DÉVORÉ PAR LE SERPENT. Quand le Corps Astral est dévoré par le Serpent, il est évident qu’il demeure recouvert par les différentes parties de l’Être, il demeure converti en un Corps Parfait, en un CORPS DE PERFECTION. Il faudrait réaliser le même travail (et il faut indubitablement le réaliser) avec le Corps Mental et le Corps Causal, et, beaucoup plus tard, il faut transformer en or pur les Véhicules Bouddhique et Atmique. Ce n’est que lorsque nos Corps sont en or pur, lorsqu’ils resplendissent réellement, qu’ils peuvent être absorbés par le Troisième Logos. C’est ainsi que le Logos vient à l’existence. Il ressuscite, il se lève de son sépulcre, pour apparaître ici, dans le monde de la chair, dans le monde physique (c’est la RÉSURRECTION DES MORTS).

Ainsi donc, mes chers frères (vous qui m’écoutez, que ce soit ici ou en Amérique du Sud), il faut non seulement fabriquer les Corps Existentiels Supérieurs de l’Etre, mais il faut également les amener à la perfection ; et enfin ils doivent être recouverts par les différentes parties de l’Être.

En résumé, je vous dis comment nous pouvons utiliser l’énergie sexuelle, pour faire que ce tout petit germe, qui est entré un jour dans le cloître maternel, parvienne à se convertir enfin en HOMME SOLAIRE, en l’ADAM-KADMON dont nous parle la Kabbale Hébraïque… « Transformer le plomb en or », c’est fondamental. Nous devons réduire en cendres toute cette matière, tous ces agrégats inhumains que nous portons à l’intérieur, afin qu’à la place apparaisse en chacun de nous l’Homme Solaire. Il est urgent, il est nécessaire, mes chers frères (comme je vous l’ai dit) de préparer maintenant le feu pour le Grand Oeuvre.

Le Grand Oeuvre, en lui-même, parvient à se réaliser au moment où on commence à transmuter définitivement les véhicules créés en véhicules solaires, c’est-à-dire quand on commence à transmuter les Corps Existentiels Supérieurs de l’Être en Corps d’Or. Quand on élimine les « déchets », ce que nous avons d’inhumain, et que seul demeure en nous le Feu Solaire, cela appartient bien au Grand Oeuvre. Je vous parle (ce soir) en synthèse, parce que si je voulais parler en détails de tout ceci, nous devrions écrire un livre d’Alchimie. Vouloir parler ce soir de tous les processus alchimiques, je vous assure que ce serait impossible pour les heures de la nuit qui nous restent ; nous devrions demeurer ici des mois et même des années pour en parler.

La seule chose que j’ai voulu faire, c’est de mettre l’accent sur les processus sexuels, sur la manière dont le germe est passé par de multiples développements, et sur le fait que nous ne devons pas nous contenter de le laisser dans l’état où la nature l’a laissé ; maintenant, c’est à nous de faire notre part du travail et de continuer à recréer ce germe en le rendant chaque fois meilleur, en le transformant, en le recouvrant des Corps Existentiels Supérieurs de l’Être, etc., et en éliminant les « déchets » jusqu’à le convertir, enfin, en Homme Solaire.

Le fondement est le même ; le point de départ, ce fut l’acte sexuel de notre père et de notre mère. La manière dont nous pouvons parvenir à un degré ultérieur de développement, c’est au moyen de la même force sexuelle qui nous a créés.

Si cette force extraordinaire nous a amenés à l’existence, de toute évidence, cette force peut nous servir pour continuer à faire les transformations du germe, jusqu’à obtenir de lui, non une simple amélioration, mais quelque chose de grandiose : jusqu’à obtenir de lui la formation de l’Homme Solaire. Il ne faut pas oublier les processus sexuels, c’est avec eux qu’on a amorcé le processus du germe. L’important, c’est de continuer avec ces processus, ne pas les laisser s’arrêter, les poursuivre jusqu’à ce que, de tout cela, résulte, par des transformations sexuelles successives, l’Homme authentique, l’Homme Solaire, le SAN CRISTOBAL (Saint Christophe).

Savez-vous ce qu’est le San Cristobal ? CRISTO-BAL, CRISTO-VA : l’Homme qui porte le Christ à l’intérieur, le Christifié.

« CHRISTOPHORE » provient d’une racine qui est similaire à Saint Christophe, celui qui porte (à l’intérieur) l’OR NAISSANT. Cet « Or Naissant » résulte donc de l’ascension du Mercure de la Philosophie Secrète. Ce mercure est l’Ens Seminis.

« Christophore » est celui qui est déjà parvenu, disons, « au fixe par le volatile » (pour parler en langage alchimique). « LE FIXE », c’est le sulfate, le Soufre de la Philosophie Secrète (le FEU). « PAR LE VOLATILE » signifie, disons, le MERCURE SPIRITUEL. Le soufre est représenté par le Feu, par le SERPENT. Et le « volatile » est représenté par l’AIGLE.

Le Soufre est le Feu, la Divine Mère Kundalini, et le « Volatile » c’est le Mercure, c’est-à-dire le Troisième Logos. Une fois que la Divine Mère Kundalini (le Serpent) a été avalée par l’Aigle qui est le Troisième Logos, alors elle devient le « SERPENT EMPLUMÉ » des Aztèques ; dès lors nous avons le Saint Christophe : l’Homme qui porte le Christ à l’intérieur. Voilà ce dont nous avons besoin : que chacun de nous se convertisse en Saint Christophe (San Cristobal)…

Je fais donc parvenir cette nuit, le message à tous les frères d’Amérique du Sud qui m’écoutent, et je les invite à continuer avec le processus de développement de ce germe, qu’ils aillent de l’avant, qu’ils ne le laissent pas faire marche arrière, qu’ils continuent à le transformer, jusqu’à ce que demeure l’Homme Solaire.

Voilà qui est dit, mes chers frères !

Paix invérentielle !

Il y a ici un frère qui veut poser une question. Je crois que c’est A… alors…

Disciple. Vénérable Maître […] une question relative à votre conférence ; vous nous avez dit, une fois, que lorsque l’individu, l’homme proprement dit, arrive à 50 ans, il cesse de produire des spermatozoïdes, c’est-à-dire qu’arrive l’andropause. Que se produit-il alors avec ce germe ?

Maître : Bon, il est clair qu’à un âge avancé, la troisième couche testiculaire cesse de travailler normalement, elle produit très peu de spermatozoïdes ; c’est précisément à ce moment là que se produit l’andropause chez l’homme, à l’âge de quarante-neuf, cinquante ans. Il se produit la même chose chez la femme : elle a son âge critique, elle a aussi sa ménopause. Mais si on transforme les énergies sexuelles, si on travaille avec le Sahaja Maïthuna, si on travaille avec l’ALCHIMIE SEXUELLE, on transcende cet âge critique. Alors, il est possible de continuer avec les processus merveilleux du sexe, jusqu’à faire de ce germe (qui est entré un jour dans le ventre maternel) quelque chose de nouveau, quelque chose de différent : un Homme Solaire.

D. Vénérable Maître […] parce qu’un homme chaste, qui ne perd pas un seul gamète, a un grand avantage sur la femme gnostique qui perd mensuellement un ovule […]

M. Eh bien, CETTE AFFIRMATION ME PARAIT TRÈS EXAGÉRÉE. Parce qu’une femme perd un ovule ? Mais quand un homme fornique, il perd 7 ou 8 ou 10 millions de spermatozoïdes ! Et qu’est-ce qu’un ovule mensuel en comparaison des millions de spermatozoïdes que perd le fornicateur ? Par contre, bien qu’un individu soit chaste, bien qu’il transmute l’énergie sexuelle dans la Forge des Cyclopes, quelques spermatozoïdes peuvent s’échapper et ils permettent indubitablement la fécondation de la matrice.

Indubitablement, ces spermatozoïdes qui s’échappent, les quelques-uns qui s’échappent, si on les additionne sur une année, ils sont nombreux. Par contre, la femme ne perd qu’un seul ovule chaque mois, avec un peu de sang chargé d’humeurs…

D. […] à la ménopause…

M. Quant à la femme gnostique qui arrive à la ménopause, qui a transmuté ses énergies sexuelles, elle doit indubitablement passer par la ménopause ; je ne veux pas dire qu’elle ne doive pas traverser l’âge critique, bien sûr que si ; je ne veux pas dire qu’elle ne ressentira pas les effets de la ménopause, il est évident qu’elle les ressentira ; mais il est également bien certain qu’une fois cette zone de danger passée, elle pourra alors continuer à travailler dans la Forge des Cyclopes.

Par contre, en ce qui concerne la femme profane qui a usé son organisme avec la fornication, elle souffrira épouvantablement pendant la ménopause et il est presque certain que son organisme […] après la ménopause ; franchement, elle peut aller jusqu’à l’impuissance.

Voilà la différence entre celle qui a transmuté et celle qui a été profane, qui n’a jamais transmuté.

D. Vénérable Maître, merci beaucoup…

M. Voyons… Bon, mes chers frères…