Le Feu Sacré

En ces instants de crise mondiale et de faillite de tous les principes moraux, les gnostiques doivent demeurer alertes et vigilants comme la sentinelle en temps de guerre.

Il est nécessaire d’être toujours sur un pied d’alerte pour se prémunir contre les assauts qui nous viennent de tous côtés. Ainsi existe-t-il aux Etats-Unis une loge noire déguisée sous le titre « d’Eglise Gnostique » et qui enseigne tout le contraire de ce que nous enseignons.

Nous savons bien que le Christ est le Feu du feu, la Flamme de la flamme, la signature astrale du Feu ; cependant, cette loge hait le Feu et nous déteste, nous qualifiant de magiciens noirs parce que nous travaillons avec le Feu sacré.

Sur la croix du Rédempteur du monde est écrit le mot sacré Inri : Igne Natura Renovatur Integra : par le Feu la nature est renouvelée intégralement.

Inri c’est le Feu, Inri c’est le Christ Cosmique, le Logos solaire, Unité multiple parfaite. Ceux qui s’élèvent contre le culte du Feu, s’élèvent en fait contre le Christ Cosmique.

Aucun thème de méditation ne se révèle plus profitable au gnostique véritable que celui du Feu sacré.

Le Feu nous enveloppe et nous baigne de toutes parts ; il nous vient par l’air, par l’eau, et par la terre elle-même, qui sont ses conservateurs et ses différents véhicules.

Notre naissance est le résultat concret et spécifique de sa réincorporation ; notre mort, la conséquence fatale de sa désincarnation.

Prométhée a volé le Feu du Ciel pour animer l’homme qu’il avait formé, comme Dieu dans la Bible, avec le limon de la terre.

Vulcain a créé Pandore, la première femme, que Minerve a dotée du mouvement, en lui insufflant très subtilement le Feu vital.

Un simple mortel, le fameux sculpteur Pygmalion, désireux d’épouser Galatée, l’œuvre de ses propres mains, implore Vénus d’animer, grâce au Feu céleste, sa sublime statue de marbre.

Essayer de découvrir la nature et l’essence du Feu, c’est essayer de découvrir le Christ Intime, dont la présence réelle s’est toujours manifestée sous l’apparence ignée.

Le buisson ardent (Exode, 2, 2) et l’incendie du Sinaï au moment où Dieu livra à Moïse le Décalogue (Exode, 19, 18), sont deux manifestations ignées du Divin.

Dans l’Apocalypse, le Dieu Intime de chacun de nous apparaît sous la figure d’un Etre de jaspe et de sardoine couleur de flamme, assis sur un trône incandescent et fulgurant (Apoc. 4, 3-5). La vision du Verbe, au début de l’Apocalypse, est tout aussi frappante : « Ses yeux sont comme une flamme ardente, et son visage est comme le Soleil qui brille dans tout son éclat » (Apoc. 1,14-16).

« Notre Dieu est un Feu dévorant », écrit Paul de Tarse dans son Epître aux Hébreux (12, 29).

Les Perses considéraient le Feu comme l’image la plus parfaite du Logos solaire. Zoroastre, bien qu’il n’ait pas introduit le culte du Feu, durant le règne du roi perse Hystapès, a profondément amplifié ses rites.

Le Pretaheos des grecs était un foyer perpétuel. Dans les sanctuaires étrusques, Sabins et romains consacrés à la merveilleuse Vesta, déesse du Foyer, on entretenait un Feu perpétuel.

Les diverses cultures autochtones de l’Amérique préhispanique ont toujours rendu un culte au Feu.

Moïse a conservé la pratique du Feu perpétuel dans le lieu sacré, parmi les cérémonies qu’il a prescrites aux Israélites et dont il a fixé minutieusement les détails.

Le Feu sacré continue de resplendir glorieusement sur les autels chrétiens malgré la haine que ressentent les ténébreux contre un tel culte.

Inri, le Feu, n’est jamais le résultat de la combustion mais sa cause originaire. Lorsque le feu se dégage de la matière qui le retient enfermé, il se manifeste et alors apparaît le phénomène connu sous le nom de combustion. La combustion est l’émanation ignée, jamais la cause originaire du feu, comme le supposent les ignorants instruits.

Les ennemis du Feu se sont établis partout, et la menace qui pèse en ce moment sur nous tous rend indispensable notre plus grande vigilance dans toutes les circonstances de la vie.