L’Ain

Écrit par : Samael Aun Weor   Catégorie : Tarot et Kabbale

L’espace abstrait est la Causa Causorum de tout ce qui est, de tout ce qui a été, et de tout ce qui sera. L’espace profond et bienheureux est certainement l’incompréhensible Séité, la racine mystique ineffable des sept cosmos, l’origine mystérieuse de tout ce que nous connaissons sous forme d’esprit, de matière, d’univers, de soleils, de mondes, etc.

C’est le divin, l’espace de la félicité, c’est une réalité formidable, au-delà de l’univers et des dieux, Cela qui n’a aucune dimension et qui pourtant sera toujours et a toujours été ; c’est la vie qui palpite intensément dans chaque atome et dans chaque soleil.

Parlons maintenant du grand océan de l’esprit. Comment pourrait-on le définir ?.

Il n’y a pas de doute qu’il est Brahma, la première différence ou modification de Cela. Devant lui tremblent les dieux et les hommes.

Cela est-il esprit ?. Je vous dis en vérité qu’il ne l’est pas. Cela est-il matière ?. Je vous dis pour sûr qu’il ne l’est pas.

Cela est la racine de l’esprit et de la matière, mais il n’est ni l’un ni l’autre.

Cela transcende les lois de nombres, de mesures et de poids, celles du produit des deux côtés, les lois de quantité, de qualité, de devant et derrière, de haut et de bas, etc.

Cela est l’immuable dans sa profonde abstraction divine, la lumière qui n’a jamais été créée, ni par un dieu, ni par un homme ; il est ce qui n’a pas de nom.

Brahma est esprit, mais Cela n’est pas esprit. Ain, le non-manifesté, est lumière incréée.

L’Absolu est la vie libre dans son mouvement, c’est la suprême réalité, l’espace abstrait qui s’exprime seulement comme mouvement abstrait absolu, félicité sans limites, omniscience totale. L’Absolu est lumière incréée et plénitude parfaite, félicité absolue, vie libre dans son mouvement, vie sans conditions, sans limites.

Dans l’Absolu, nous nous retrouvons au-delà du karma et des dieux, au-delà de la Loi. Le mental et la conscience individuelle ne servent qu’à nous mortifier la vie. Dans l’Absolu, nous n’avons ni mental ni conscience individuelle. Nous y sommes l’Etre inconditionné, libre et absolument heureux.

L’Absolu est la vie libre dans son mouvement, sans condition, sans limite, sans la crainte mortifiante de la Loi ; c’est la vie au-delà de l’esprit et de la matière, au-delà du karma et de la douleur.

L’Absolu est l’espace abstrait absolu, le mouvement abstrait absolu, la liberté absolue et sans condition, sans réserve ; l’omniscience absolue et la félicité absolue.

Nous devons en finir avec le processus du Moi pour entrer dans l’Absolu. Le Moi humain doit passer à la demeure des morts. Il doit aller à la fosse commune des dépouilles astrales. Il doit se désintégrer dans l’abîme afin que naisse l’Etre, rempli de majesté et de pouvoir.

Seuls la vie impersonnelle et l’Etre peuvent nous donner le bonheur légitime de la grande vie libre dans son mouvement.

Livrer bataille, lutter, souffrir, se libérer enfin, se perdre comme une goutte cristalline dans l’océan de la lumière incréée, voilà certainement la meilleure des aspirations.

Avant d’entrer dans l’Absolu, on doit se préparer dans la région d’Atala, où les êtres sont incolores ; là vit un homme qui n’a pas pu entrer dans l’Absolu à cause du fait qu’il avait inventé les deux mots bien et mal au lieu d’utiliser évolutif et involutif, et qu’il avait ainsi créé du karma. L’humanité s’est causé du tort avec ces deux mots : on dit de n’importe quoi que c’est bien ou que c’est mal, et cela paralyse tout ce qui invite à l’étude des valeurs internes ; c’est pourquoi ce saint homme attend toujours.

Nous devons aider à ce que les gens changent ces deux mots par évolutif et involutif.

Une grande exaltation existe au sein de l’Absolu ; les Paramarthasatyas s’exaltent graduellement, pour finalement dépasser toute compréhension possible.