La Valeur Métaphysique de Savoir Écouter (Comment apprendre à écouter)

Samaël Aun Weor

Avant tout, IL EST NÉCESSAIRE D’APPRENDRE À ÉCOUTER ; très rares sont ceux qui, en vérité, savent écouter.

En général, lorsque quelqu’un écoute, il n’écoute pas, car son Moi, son Ego, traduit tout ce qu’il entend dans son propre langage, selon sa propre idiosyncrasie psychologique, selon ses propres critères. Total : il n’écoute pas…

Pour pouvoir apprendre à écouter, les gens doivent avant tout éveiller leur Conscience. Comment quelqu’un, dont la Conscience est endormie, pourrait-il écouter du point de vue psychologique ?

POUR SAVOIR ÉCOUTER, IL FAUT ÊTRE PRÉSENT… et je me demande et je vous demande aussi : vous qui êtes ici, êtes-vous sûrs qu’en ce moment vous n’êtes pas en train de déambuler dans votre maison, sur votre lieu de travail, ou à la campagne ou dans un endroit que vous affectionnez ?

Nous voyons toujours que les personnes qui sont assises sont, apparemment, en train d’écouter, mais comment celui qui n’est pas dans « sa maison » pourrait-il écouter ?

En général, quand on parle de Gnose, ceux qui, apparemment écoutent, n’écoutent pas ; ils s’enfuient, effrayés, vont ici et là et de tous côtés, ILS VOYAGENT DANS LEUR VILLE PSYCHOLOGIQUE INTÉRIEURE…

Rappelons-nous qu’à l’intérieur de chacun de nous il y a un « Pays Psychologique », une « Ville Psychologique » (un lieu du monde physique est une chose, et le lieu psychologique où nous nous trouvons en est une autre). Dans quel lieu nous trouvons-nous maintenant ? Vous allez dire que vous êtes ici (peut-être est-ce vrai, peut-être pas)…

La réalité, c’est qu’il est difficile de savoir écouter, parce qu’en général la personne qui écoute s’évade, elle voyage dans son Pays Psychologique, elle s’enfuit dans n’importe quelle direction. Total : ELLE N’EST PAS DANS SA MAISON ; et si elle n’est pas dans sa maison, qui écoutera ? La Personnalité humaine ? Vraiment, elle ne sait pas écouter. Le corps physique ? Il n’est rien d’autre qu’un instrument ! Qui écoutera alors ?

Quand on parle de la Doctrine à une autre personne (et ceci, je le dis tout spécialement à nos Missionnaires), on doit être un peu attentif parce que les gens s’enfuient quand ils nous écoutent, ou quand, apparemment, ils écoutent ; ils ne sont pas dans leur maison…

Il y a aussi des gens qui sont tout pleins d’eux-mêmes. Ces gens ne veulent pas écouter la parole. Ils n’ont pas une place libre, un petit endroit pour notre parole. Ils sont remplis d’eux-mêmes : de leur suffisance, de leur orgueil, de leur […] de leur vanité, de leurs théories, etc. Alors, la parole ne sait par où entrer… Par où entrerait-elle, si ces gens sont pleins d’eux-mêmes ?…

Rappelons-nous la naissance de Jésus : ses parents se rendirent donc au recensement décrété par Hérode. ILS NE TROUVÈRENT PAS de place libre à l’auberge… Ainsi, il n’y a pas DE PLACE LIBRE POUR LA PAROLE, dans notre « Taverne Intérieure (si on peut l’appeler ainsi) ; elle est occupée ; notre « Taverne » est occupée, notre « Auberge » est occupée (ça, c’est grave !)…

Nous devons TOURNER L’ÉCUELLE DU BOUDDHA, le « bol », VERS LE HAUT, pour recevoir la Parole Christique. Mais au lieu de cela, les gens tournent leur bol vers le bas…

Il faudrait donc d’abord reconnaître notre propre nullité et notre misère intérieure, pour qu’il reste dans l’écuelle, dans le bol, dans le vase, une place…, oui, une place pour la Parole.

Mais, tant que nous serons remplis de nous-mêmes, comment la Parole pourrait-elle pénétrer en nous ? Ou, en d’autres termes, comment pourrions-nous apprendre à écouter, d’un point de vue psychologique ? Parce que savoir écouter logiquement ou savoir écouter, disons, physiquement, c’est une chose relativement facile, mais comme c’est difficile de savoir écouter psychologiquement !

Il faut avoir une attitude réceptive, avec le bol vers le haut, à attendre « l’aliment », avec le vase ou l’écuelle à la manière bouddhique. Mais, si l’écuelle est tournée vers le bas, comment « l’aliment » pourra-t-il entrer en nous, comment pourrons-nous le recevoir ?

Ceux qui sont remplis d’orgueil, d’auto-suffisance, ceux qui sont bourrés de théories, croyez-vous par hasard qu’ils se trouvent dans l’état précis de pouvoir recevoir la Parole ? Avant tout, nous devons RECONNAÎTRE NOTRE PROPRE NULLITÉ ET NOTRE MISÈRE INTÉRIEURE avant de pouvoir recevoir l’aliment de la Parole et il n’est pas possible de recevoir cet « aliment » si nous ne savons pas écouter…

[…] nous avons entendu une parole des milliers, voire des millions de fois, nous croyons que nous la connaissons, que nous l’avons écoutée, mais, en réalité, nous n’avons pas vraiment écouté cette parole.

Un jour, nous l’entendons et elle nous « frappe subitement ». Mais, si nous l’avons entendue des milliers de fois, pourquoi nous « frappe-t-elle subitement » ? C’est parce que nous l’avons toujours écoutée avec la Conscience endormie, mais, ce jour-là, nous avons eu la chance de l’écouter avec la Conscience éveillée et elle nous a « frappés », comme quelque chose de nouveau.

Voyez comme c’est difficile de savoir écouter, voyez comme c’est laborieux… Si nous voulons savoir écouter, nous devons, avant tout, être conscients.

Rappelons-nous la TENTATION DE JÉSUS dans le désert, lorsque Satan lui a dit : « Tous ces royaumes du monde, je te les livrerai, si tu te prosternes et m’adores ». Voilà la tentation. On demandait à Jésus-Christ de tourner l’écuelle vers le bas ; de ne pas la tourner vers le haut pour recevoir la Parole Intérieure qui vient d’En-Haut, mais de la tourner vers le bas pour écouter les choses extérieures, pour écouter, donc, le monde des sens externes.

Cependant, JÉSUS NE TOMBA PAS. Pourquoi le Grand Kabire Jésus n’est-il pas tombé ? Parce qu’il était toujours alerte et vigilant comme la sentinelle en temps de guerre. SON ÉCUELLE ÉTAIT TOURNÉE VERS LE HAUT et non vers le bas. Il attendait de recevoir « l’aliment ».

Mais, s’il avait succombé à la tentation, c’est-à-dire, s’il avait tourné son écuelle, son bol, vers le bas, il aurait écouté les paroles externes, les choses qui viennent du dehors, les choses du monde physique et il n’aurait pas été capable d’écouter psychologiquement.

Ainsi, mes chers frères, nous devons devenir de plus en plus réceptifs à la Parole ; nous devons APPRENDRE À ÉCOUTER PSYCHOLOGIQUEMENT. Mais, je le répète : comment pourrons-nous écouter si nous sommes hors de la maison ? Pour pouvoir écouter, il faut être dans la maison. Et qui se trouve hors de la maison ? Eh bien, tous les inconscients.

Pouvez-vous être sûrs qu’en ce moment vous êtes en train de m’écouter ? Pourriez-vous le certifier ? Pourriez-vous m’affirmer, me jurer qu’en ce moment vous êtes entièrement ici ou n’êtes-vous pas en train de déambuler quelque part ailleurs ? La crue réalité des faits c’est que lorsque les gens écoutent, ils n’écoutent pas, parce qu’ils se promènent dans d’autres lieux ; ils sont absents ; ils ne sont pas chez eux, ils déambulent…

Pourquoi les personnes, les gens ne se rappellent-ils pas leurs vies antérieures ? Mais, comment peuvent-ils s’en rappeler s’ils n’étaient pas dans leur maison ? Peut-on par hasard se rappeler ce qu’on n’a pas expérimenté ?

« Être dans sa maison »… Qui sait ce que veut dire : « Être dans sa maison » ? Quand je parle de cette « maison », je fais référence à la personne humaine. Normalement, l’Être se promène hors de sa « maison » ; alors, comment pourrait-on se rappeler ses existences passées, si on a toujours été en dehors de sa « maison » ?

Il y a deux choses capitales dans nos études gnostiques : premièrement, LE RAPPEL DE SOI-MÊME, c’est-à-dire de notre propre ÊTRE ; et, deuxièmement, LA RELAXATION DU CORPS… Se rappeler à soi-même et relaxer notre corps, nous devons le faire continuellement. Rappelez-vous que le corps est toujours en état de tension (les nerfs, les muscles sont tendus…). Il est nécessaire d’apprendre à se rappeler à soi-même et à relaxer son corps ; je le fais continuellement, toute la journée : le rappel de moi-même et relaxer mon corps, que ce soit sur une chaise, dans mon lit ou n’importe où… Tout au long de la journée, vivre en se rappelant de plus en plus de soi-même, c’est-à-dire de son propre Être, c’est indispensable.

En réalité et en vérité, à cause de l’oubli de l’Être, les gens commettent beaucoup d’erreurs et ils ont des quantités de fausses théories. Si Laplace (le grand astronome et mathématicien français) ne s’était pas oublié lui-même, s’il n’avait pas oublié son propre Être, il n’aurait jamais conçu dans son mental cette théorie : la fameuse théorie de Laplace (cette théorie est fausse, absurde, complètement absurde)…

Lorsque Laplace présenta sa théorie à Napoléon Bonaparte, lui expliquant comment une planète ou un système solaire sort d’une nébuleuse, Napoléon lui dit : « Et quelle est la place que vous avez laissée à Dieu ? » Cyniquement, Laplace lui répondit : « Mais, Monsieur, je n’ai pas eu besoin de Dieu pour élaborer ma théorie » (voyez l’auto-suffisance !).

C’est précisément pour cette raison que Laplace, parce qu’IL A OUBLIÉ SON ÊTRE INTÉRIEUR profond, a pu élaborer cette théorie, cette fausse théorie, car aucun astronome de la planète Terre, jamais au grand jamais, n’a vu de ses yeux vu, une planète sortir ou émerger d’une nébuleuse. Ainsi donc, ce n’est pas prouvé ; cependant, c’est admis par une foule de sots comme un dogme de foi… Si Laplace ne s’était pas oublié lui-même, il n’aurait pas élaboré cette théorie absurde.

Un jour, un sot a jeté une goutte d’huile dans un verre d’eau. Avec un petit bâton, il s’est proposé de faire tourner la goutte d’huile : il se forma des anneaux qui continuèrent à tourner autour de la goutte centrale et il dit :

– « Ah oui ! C’est ainsi que s’est formé l’Univers ! ». On lui demanda :

– « Et alors, et Dieu ? ».

– « Je n’ai pas eu besoin de Dieu, regardez comment cela se forme… ».

Mais, comme il est idiot ! Il ne se rend pas compte que, dans sa théorie, il joue lui-même le rôle de Dieu, car, par ce mouvement, il fait tourner cette huile, la goutte d’huile autour du noyau central.

Cependant, il est si bête qu’il ne s’est pas rendu compte qu’il a fallu de l’intelligence pour faire bouger sa main ; il a occupé son poste momentanément ; la goutte d’huile seule n’aurait pu tourner ni les anneaux se propager. Il a fallu une main pour la faire bouger, ou une impulsion intelligente.

Mais cet idiot, ce cynique, joue le rôle de Dieu et, cependant, il nie Dieu […] De sorte que les gens sont ainsi, engourdis, quand ils s’oublient eux-mêmes…

En ce qui me concerne, grâce à Dieu, je ne me suis pas oublié moi-même, c’est-à-dire que je n’ai pas oublié mon propre Être. C’est pourquoi je dis que la « Nébuleuse de Laplace » et sa « Théorie Nébulaire » sont fausses…

Je vais plus loin ; je suis avec Sabaoth, avec SABABATH, avec SABATHAT. Qui est-ce, direz-vous ? (DIAMAHATH… en l’affirmant […] je ne commets aucun délit…) C’est l’INTELLIGENCE DIRECTRICE, formée dirons-nous par le Sabaoth, par l’ARMÉE DE LA PAROLE.

Comment l’Univers a-t-il surgi ? D’une nébuleuse ? Certainement pas, ne dites pas de bêtises ! IL A SURGI DE SABABATH, DE LA SUBSTANCE MÈRE (du CHAOS, de MULAPRAKRITI, diraient les Hindous) ; c’est évident.

Que certains RITUELS TANTRIQUES aient été naturellement célébrés à l’aurore du Mahamanvantara, c’est certain.

Il est indéniable que les Elohim qui, dans leur ensemble, constituent le Sabaoth, l’Armée de la Parole, se sont dédoublés eux-mêmes sous forme d’ANDROGYNE DIVIN. Et, en se dédoublant eux-mêmes en mâles-femelles, ils devinrent suffisamment prêts pour féconder la MATIÈRE CHAOTIQUE. C’est ainsi que l’ISIS et son PRINCIPE MASCULIN accomplirent alors une copulation de type chimique et métaphysique pour féconder la Matière Chaotique […] pour féconder Sababath (le Chaos).

Ils séparèrent alors les EAUX SUPÉRIEURES du Chaos des EAUX INFÉRIEURES. Et ces Eaux Supérieures furent fécondées par le FEU ; elles s’élevèrent par l’Épine Dorsale d’Isis (pour parler dans un sens général) ; elles furent fécondées par le Principe Masculin Éternel avec le Feu, puis elles retournèrent (postérieurement) au Chaos, afin que le Chaos fût à son tour fécondé et c’est ainsi que surgit la Vie, que surgit le semis de tout ce qui est, a été et sera…

UN TOURBILLON ATOMIQUE se produisit de toutes parts. Ensuite, les GERMES de l’Existence, les ATOMES ÉLÉMENTAUX, les Germes Élémentaux qu’il y avait, surgirent ; les Mondes surgirent avec toutes leurs formes de vie. Tout cela grâce aux ELOHIM ou aux Androgynes Divins (ou, pour parler plus clairement, à l’Armée des Elohim…). Mais, il n’y avait là aucune Nébuleuse…

La première forme qui a surgi à l’existence fût L’UNIVERS MENTAL. Beaucoup plus tard, il se cristallisa sous une forme ASTRALE, puis sous une forme ÉTHÉRIQUE, et enfin il prit une forme PHYSIQUE. Mais, il n’y eut là aucune Nébuleuse, comme le dit Laplace. TOUT FÛT LE PRODUIT DU VERBE, tout fût le produit de la Parole…

Si Laplace ne s’était pas oublié lui-même, si, au lieu d’élaborer sa théorie, il s’était livré à la Méditation, il est évident qu’il aurait pu, un jour, dévoiler les origines de l’Univers, qui sont bien loin de ressembler aux théories de Laplace. Voilà la crue réalité des faits !

De sorte que lorsqu’on s’oublie soi-même, on commet des erreurs épouvantables, terribles. Le plus grave, c’est de s’oublier soi-même !

Dans n’importe quelle création, ce qui compte, c’est le Feu ; mais, le Feu dans le Monde Physique est une chose et le Feu dans le Chaos en est une autre. Évidemment, dans le Chaos le Feu est une Puissance Électrique, ayant la possibilité de s’éveiller pour créer.

Ces jours-ci, nous sommes en train de travailler sur la PISTIS SOPHIA ; et je dis que Pistis Sophia dans le Chaos est une chose déterminante. Réellement, SOPHIA EST LA SAGESSE DU FEU et elle resplendit dans le Chaos. Et on dit, avec raison, que « la lumière sort des ténèbres » et que « le Cosmos sort du Chaos ». Pistis Sophia, en tant que Feu, resplendit dans le Chaos pour créer et recréer de nouveau. La Divine Sagesse est dans le Chaos et du Chaos elle peut jaillir pour parvenir à « L’AEON 13 », au « SERPENT 13 », ou « Serpent numéro 13 », etc.

Ainsi, mes chers frères, nous devons réfléchir toujours plus… De grandes choses s’ouvrent à celui qui n’oublie pas son Être, qui se rappelle profondément…

Nous conseillons aux frères d’avoir le rappel de soi-même quotidiennement, que ce soit pendant cinq minutes, dix minutes, un instant, une demi-heure ou une heure, de s’asseoir dans un fauteuil et de relaxer totalement leur corps. Et un jour, ils pourront parvenir à l’EXPÉRIENCE DU RÉEL par ce chemin (qui est une façon d’agir sur le Centre Emotionnel au moyen du Centre Moteur). On adopte alors cette attitude dans le Mental (cet état de totale relaxation) en prenant conscience de l’Être, en le sentant, en l’expérimentant, en étant RÉCEPTIF À L’ÊTRE ; c’est fondamental…

La PERSONNALITÉ doit devenir de plus en plus PASSIVE et RÉCEPTIVE à la Parole qui vient d’en Haut. Cette Parole passe par les Centres Supérieurs de l’Être et arrive au Mental. Mais, si nous ne sommes pas réceptifs, si nous n’apprenons pas à nous relaxer et si nous nous oublions nous-mêmes, comment pourrons-nous recevoir les messages qui viennent des Centres Supérieurs de l’Être, de quelle manière ?

Les frères doivent comprendre ceci (peut-être nous rendre […]), apprendre à recevoir la Parole, à capter sa profonde signification, c’est fondamental. TOUS LES JOURS, nous devons NOUS RELAXER et NOUS RAPPELER DE NOUS-MÊMES, de notre propre Être ; ainsi avancerons-nous triomphants !

Bon, si un frère veut poser une question, il peut le faire en toute liberté. Vous avez tous le droit de poser des questions, vous pouvez tous poser des questions, mais sans sortir du sujet. Parle, mon Frère.

Disciple. Je voudrais dire, Maître, que lorsqu’une personne n’est pas en Rappel de soi, il est inutile qu’elle consulte un Maître pour résoudre une situation, puisqu’elle ne va pas savoir l’écouter ?

Maître. Eh bien, consulter est nécessaire, mais savoir écouter est indispensable. Ainsi donc, IL N’EST PAS ABSURDE DE CONSULTER. Ce qui est ABSURDE, c’est de NE PAS SAVOIR ÉCOUTER. Y a-t-il une autre question, mes frères ?

D. Est-ce qu’au moyen de l’éducation de la parole on peut commencer à savoir écouter ?

M. PARLER EST UNE CHOSE, ÉCOUTER EN EST UNE AUTRE. Si nous ne savons pas écouter, nous n’aurons pas la Véritable Connaissance. Pour savoir écouter, il faut être alerte et vigilant, être conscient. Il faut aussi qu’il y ait un parfait équilibre entre le Savoir et la Compréhension, ou entre la Connaissance et l’Être. Mais, écouter est une chose et parler en est une autre. Éduquer la parole, c’est correct, je ne dis pas non, mais il est indispensable de savoir écouter ; c’est à cela que nous nous référons principalement ce soir, à la SCIENCE DE L’ÉCOUTE. Une autre question, mon frère ?

D. Vénérable Maître […] le AOM […]

D. Vénérable Maître, quand on est en face de vous, il y a une sorte d’engourdissement du Mental, on est dans l’incapacité d’absorber toute la parole du Maître, d’absorber la Connaissance Transcendantale, c’est-à-dire que l’on reste comme perplexe, abasourdi devant la Sagesse du Maître, de telle sorte qu’il s’avère assez difficile de vous écouter. Alors, que pourrais-je faire pour apprendre à vous écouter, Vénérable Maître ?

M. J’ai entendu tes paroles… Indubitablement, il faut savoir écouter. Il faut être en état d’ALERTE PERCEPTION, d’ALERTE NOUVEAUTÉ si l’on veut vraiment écouter. Mais, je le répète : comment celui qui n’est pas dans sa « maison » pourrait-il savoir écouter ? Normalement, les gens qui écoutent un conférencier dans un auditorium ont l’habitude de s’échapper fréquemment ; ils ont de multiples « agrégats psychiques » inhumains qui vont et viennent en tous sens… Total : ils sont là dans l’auditorium, à écouter, mais sans y être, à entendre sans entendre, car ils sont hors de leur « maison »…

Si l’on veut savoir écouter, on doit être entier, unitotal, face au conférencier. LES TROIS CENTRES (l’INTELLECTUEL, l’ÉMOTIONNEL et le MOTEUR) DOIVENT ÊTRE ASSOCIÉS, unis. Mais, si ces Trois Centres se trouvent dissociés, l’Intellect d’un côté, l’Émotionnel d’un autre, et le Moteur d’un autre encore, alors simplement on n’est pas en train d’écouter la parole.

Ainsi donc, savoir écouter est quelque chose de très difficile, de fondamental, car si l’on apprend à écouter, on peut alors recevoir une information complète sur le Travail Gnostique Ésotérique…

Il faut tenir compte que, dans la vie pratique, la vie a beaucoup de forces. La vie et l’état d’inconscience ont une force terrible. Il semblerait que cette vie et l’État d’Inconscience de l’humanité ont encore plus de force que la Connaissance Ésotérique Gnostique. Mais, ce qui se passe, c’est que LES GENS SONT TELLEMENT REMPLIS D’EUX-MÊMES, je le répète, qu’ils ne peuvent alors recevoir l’information qu’on leur donne à travers la parole. Ils sont pleins ; ils ne reçoivent pas l’information complète, c’est-à-dire qu’ILS NE SAVENT PAS ÉCOUTER (ils sont remplis d’eux-mêmes)…

Si on écoute, si on apprend à écouter en État d’Alerte Perception, d’Alerte Nouveauté, on parvient aussi à reconnaître, pour cette raison, au moyen des données qu’on reçoit, au moyen de la parole qui nous informe, on en vient donc à découvrir, réellement, qu’on est un malheureux, un indigent, affamé et misérable… Il reste alors une place vide pour que la Parole puisse entrer en soi.

Mais, tant que l’on se sent plein, tant que l’on est suffisant, orgueilleux, satisfait de tous ces Egos, comment va-t-on recevoir la Parole ? Il n’y a pas de place libre à l’intérieur de la personne pour que la Parole puisse y être emmagasinée. Nous devons donc faire en sorte que notre « cruche », notre « écuelle », notre « bol », soit tourné vers le haut, ouvert, attendant la Parole, « l’aliment » qui va nous nourrir, qui va nous orienter. Mais, si nous tournons le « bol » vers le bas, que va-t-il recevoir ? Il ne reçoit rien ; il faut le retourner vers le haut, et laisser un endroit vide pour recueillir cette « goutte », cette « goutte » qu’est la Connaissance… Voyons, mon frère…

D. La fausse éducation et la fausse morale sont-elles aussi un obstacle, constituent-elles un obstacle pour savoir écouter ?

M. Eh bien, il est certain que LA FAUSSE ÉDUCATION FAIT BEAUCOUP DE TORT. Je dis que l’éducation que l’on reçoit dans les écoles primaires, dans le « pré-scolaire », à la maternelle, dans le secondaire et à l’université est fausse, parce qu’elle n’est en relation avec aucune des parties Autonomes et Autoconscientes de l’Être. Comme elle est fausse, elle altère, de ce fait, les Cinq Cylindres de la machine et nourrit beaucoup d’agrégats psychiques inhumains.

Un individu pourvu d’une FAUSSE PERSONNALITÉ, bien renforcée, est un individu qui n’est pas disposé à savoir écouter et qui ne sait pas écouter. Il écoute toujours les voix subjectives, infra-conscientes, infra-humaines, des cinq cylindres de la machine organique. Les seules voix qu’il sache écouter sont celles de la Fausse Personnalité ; il est toujours tellement bourré de connaissances, qu’il ne laisse pas une place vide où l’Instructeur ou le Gourou pourrait déposer la Parole.

De sorte que la fausse éducation est horriblement préjudiciable… Quant à la Fausse Morale, je ne sais pas à quelle « morale » tu te réfères.

D. À la morale, disons, qu’on utilise dans les […] n’est-ce-pas ? Attachée, bien entendu, aux écrits, aux traditions…

M. ELLE NE SERT À RIEN : NOUS PARLONS D’ÉTHIQUE RÉVOLUTIONNAIRE !… Parce que la morale est esclave des coutumes, des lieux et des époques. Ce qui est « moral » dans un pays est « immoral » dans un autre pays. Ce qui était « moral » à une époque est « immoral » à une autre époque. Ce qui était « moral » à un certain moment, est « immoral » à un autre moment…

Voyons un cas très concret : celui de la Chine, par exemple ; en Chine, il y a peu de temps encore, tuer son père parce qu’il était vraiment très vieux était considéré comme « moral » ; et donner les petites filles à leur naissance aux missionnaires catholiques qui arrivaient là-bas, en échange de timbres-postes, était normal !… (Il y a eu là-bas un « curé » qui ramena plus de cent voire plus de mille petites filles qu’il avait acquises contre de simples timbres-postes, c’était normal…) Des fois, ils jetaient à la rue une petite fille parce que c’était une petite fille ; comme c’était une femme, elle ne valait rien et ils la jetaient à la rue. Ils se réjouissaient uniquement lorsque naissait un garçon. Mais, si une fille naissait, ils s’en débarrassaient ou l’échangeaient contre des timbres-postes…

Ainsi donc, pourquoi tenons-nous à la morale. La morale est esclave des coutumes. Nous pourrions citer des milliers de cas, certains très douloureux, voire même honteux sur cette morale tant vantée…

Ainsi donc, la morale est esclave des coutumes, du temps ; elle est le résultat de tous les préjugés de l’humanité. Elle ne sert à rien. Quiconque voulant marcher sur le Sentier de l’Auto-réalisation intime de l’Être doit se libérer de la morale. Parlons plutôt d’Éthique Révolutionnaire : ça sonne mieux…

On doit apprendre à faire un inventaire de soi-même, pour savoir ce qu’on a en trop et ce qui nous manque et apprendre aussi à nous servir des Vertus. Une vertu, aussi sainte soit-elle, si elle n’est pas à sa place, peut faire du mal. Il y a beaucoup de saints qui ont fait du tort à l’humanité avec leurs vertus, c’est la crue réalité des faits. Cependant, les vertus sont précieuses, mais celui qui ne sait pas les manier peut de toute évidence faire du mal avec ces vertus elles-mêmes.

NE PARLONS DONC PAS DE MORALE, PARLONS D’ÉTHIQUE RÉVOLUTIONNAIRE. La morale ne sert à rien, elle nuit à notre développement intérieur…

Y a-t-il une autre question ? Voyons, mon frère…

D. Maître, à propos d’écouter…, il est évident qu’il faut savoir écouter et qu’il faut être dans sa « maison » pour pouvoir écouter… Pourriez-vous, Vénérable Maître, nous parler un peu (car c’est bien en relation avec le thème) du « MAUVAIS SECRÉTAIRE » ?

M. C’EST L’EGO, rien moins que l’Ego… qui nous montre bien tout selon son idiosyncrasie psychologique ; ce qui fait que lorsque le conférencier a fini de parler, l’Ego s’est formé son propre concept, mais erroné, car il se fonde sur les préjugés, les peurs et les fausses théories, sur la fausse éducation reçue, etc., et j’en passe.

Le Mauvais Secrétaire fait beaucoup de tort. C’est pourquoi ON DOIT ÊTRE ALERTE ET VIGILANT, toujours disposé à recevoir la Parole, mais alerte, attentif et présent. Si nous sommes absents, comment pourrons-nous la recevoir ?

Je le répète : pourquoi les gens ne se souviennent-ils pas de leurs vies antérieures ? Simplement parce qu’ils ne sont jamais présents, ils ne sont jamais dans leur « maison » ; leur corps meurt sans qu’ils aient jamais été dans leur « maison »… Comment vont-ils se rappeler leurs existences passées s’ils ne se sont jamais trouvés dans leur maison ?… Voyons, mon frère…

D. Maître, pouvez-vous nous parler de la relation qu’il y a entre le fait de savoir écouter et la prière, car il y a une phrase de la Bible qui dit : « Quand tu pries, entre dans ta chambre et demande à ton Père, ton Père qui est en secret te répondra ». Alors savoir depuis le commencement, savoir prier et savoir écouter est important ?

M. La question posée par notre frère V. est très intéressante. Il est certain qu’il est important de SAVOIR PRIER ET SAVOIR ÉCOUTER, mais il faut savoir prier ; voilà ce qui est difficile. Avant tout, il faut savoir qu’il y a Quatre États de Conscience Fondamentaux :

Premièrement, l’INCONSCIENCE TOTALE de l’individu qui est endormi dans le lit ; l’Ego déambule dans les Mondes Internes aussi inconscient que le corps qu’il a laissé.

Deuxièmement, l’INCONSCIENCE de l’individu qui s’est réveillé et s’est levé de son lit ; il continue avec les mêmes rêves qu’il avait quand son corps était dans un état passif ; seulement, maintenant le CORPS EST ACTIF pendant les rêves.

Dans ces deux États Inhumains ou Infrahumains, il est impossible de pouvoir faire une prière correcte… Pour pouvoir faire une prière correcte, il faut faire appel à un TROISIÈME ÉTAT DE CONSCIENCE : au rappel de soi-même, de son Propre Etre.

Quand on se concentre sur son Père qui est en secret, avec la Prière du Seigneur (Notre Père qui est aux Cieux)… il est évident qu’on est en train de faire une PRIÈRE CONSCIENTE et qu’on aura une réponse consciente. Mais, si nous faisons appel à la Prière du Seigneur, nous devons d’abord nous concentrer sur notre propre Seigneur Intérieur Profond, notre Être. Non pas sur un Dieu anthropomorphique ni dogmatique comme celui de beaucoup de sectes mortes, mais sur la Partie Supérieure de notre Propre Être ; cette Partie Transcendantale, c’est le Père qui se trouve au fond de nous ; c’est à lui que nous devons nous adresser…

La Prière doit être réfléchie… Après le Rappel du Père (qui est notre propre Être Intérieur Profond) nous méditerons sur chaque parole (conscients de la Prière du Seigneur), sur chaque partie, mot après mot, phrase après phrase, en essayant d’en comprendre la profonde signification.

Une fois la prière terminée, nous nous relaxons encore plus et, dans un état passif, réceptif, le mental tranquille et en profond silence, nous attendons que nous parvienne la Parole du Père.

Si nous arrivons à l’entendre, s’il nous donne une réponse, c’est que la prière a été bien faite. Mais, si nous n’arrivons pas à l’entendre, si elle ne parvient pas jusqu’à nous, cela signifie que la prière a été mal faite, qu’elle n’a pas été correcte.

On doit apprendre à parler avec le Père, avec le Père qui est en secret, face à face, en toute quiétude et en silence. C’est ainsi que nous devons comprendre la Prière ; c’est ainsi que nous devons entendre la Parole qui vient d’en Haut.

Cette Parole nous parvient à travers les Centres Supérieurs de l’Être, mais il faut être dans un État Réceptif pour l’entendre. C’est tout… Voyons, mon frère.

D. Maître, beaucoup de fois, comme vous avez dit au début, quelques paroles nous frappent plus que d’autres. Eh bien, pour pouvoir, à ce moment là, élargir […] cette façon de pouvoir capter davantage, y a-t-il une formule ou un moyen de pouvoir forcer le Mental […] dans notre Monde Psychologique ? Y a-t-il une formule, une façon de l’élargir ?

M. UNE PLEINE ATTENTION CONSCIENTE ! Si nous n’avons pas une pleine Attention Consciente, nous déambulerons d’un lieu à un autre pendant que nous écoutons. Et ainsi, tout en écoutant, nous n’entendons pas…

Mes paroles s’arrêtent ici, mes frères…