La Sagesse de l’Etre

Question : Maître Samaël, je voudrais savoir la raison de cette grande inquiétude que je ressens depuis très longtemps. Je me pose constamment ces questions : Qui suis-je ? D’où est-ce que je viens ? Quel rôle ai-je à remplir ou plutôt est-ce que j’ai une mission particulière dans la vie ?

Réponse : En somme, tu veux des réponses aux grandes questions fondamentales, vitales, n’est-ce pas ? Qui suis-je ? D’où est-ce que je viens ? Où est-ce que je vais ? Quelle est la raison d’être de mon existence ? etc. Incontestablement, nous devons savoir si nous ressentons ou non une inquiétude de nature spirituelle. Il va sans dire que si tu ne ressentais aucune inquiétude spirituelle, tu ne serais pas ici, en ce moment. Mais pourquoi ressens-tu cette inquiétude spirituelle ? Si quelqu’un ressent cette inquiétude, c’est que l’étincelle divine, l’étincelle immortelle en lui – sa Monade, pour employer l’expression de Leibniz – « travaille » son Essence : c’est cela qui cause l’inquiétude spirituelle. Quand la Monade ne travaille pas l’Essence, aucune inquiétude ne se fait sentir. Comment l’Essence pourrait-elle ressentir quelque aspiration élevée si l’étincelle divine ne la travaillait pas ? Or, l’étincelle divine travaille l’Essence lorsque l’étincelle veut s’auto-réaliser, parvenir à la Maîtrise. Mais si l’étincelle divine ne veut pas atteindre la Maîtrise, elle ne travaille pas l’Essence ; dès lors, il n’y a pas d’inquiétude intime, profonde. Ainsi donc, s’il y a une inquiétude spirituelle en toi, c’est que l’étincelle divine te travaille.

Tu veux savoir également si tu as une mission à accomplir dans cette vie. En fait, la question renferme sa propre réponse : si tu n’avais pas de mission précise, spécifique, dans la vie, tu ne formulerais même pas la question, puisqu’il n’y a pas d’effet sans cause, ni de cause sans effet.

A présent, si l’on veut préciser la nature de cette mission, les faits parlent d’eux-mêmes. Si tu observes attentivement les circonstances de ta vie, tes interrelations avec les gens, tu te rendras compte que la Gnose y a joué un rôle capital et qu’elles aboutissent tout naturellement à la divulgation de l’enseignement gnostique, n’est-ce pas ? Alors, de toute évidence, ta mission est là. Mais il va de soi que pour pouvoir oeuvrer adéquatement il faut connaître à fond l’enseignement ; parce que si tu divulgues l’enseignement sans le connaître à fond, tu transmettras des choses erronées ou incomplètes. Il faut donc que tu étudies profondément la doctrine, afin que la divulgation soit correcte. Divulguer l’enseignement, c’est là ta mission : si tu observes bien les caractéristiques de ta vie, tu le constateras par toi-même. En travaillant pour l’humanité, tu t’engages dans le troisième facteur de la Révolution de la Conscience.

Nous devons oeuvrer avec les trois facteurs : mourir, le premier facteur, c’est réduire l’Ego en poussière, le réduire en cendres ; naître consiste à créer les corps existentiels supérieurs de l’Etre, afin d’accéder à la deuxième naissance ; le sacrifice pour l’humanité, c’est de lever bien haut la torche du verbe pour illuminer le chemin d’autres gens. Tu dois travailler dans ce troisième facteur, c’est là précisément ta mission.

Q – Maître, j’ai un terrible problème, soit une très grande paresse pour lire, qui est d’ailleurs liée à une mauvaise vue et au fait que mon travail extérieur me prend beaucoup d’énergie et me laisse peu de temps libre. Pourrais-je donc demander en haut un certain « crédit » afin qu’on me dispense une instruction interne directe, et que je puisse me consacrer à l’enseignement, pour le bénéfice de l’humanité ?

R – Certes, tu peux recevoir une instruction interne, mais si tu ne passes pas tes connaissances au cerveau physique, à quoi te servirait donc cette instruction ? De toute évidence, la première chose à faire – avant de pouvoir recevoir cette instruction -, c’est de t’éveiller. Tu obtiendras l’éveil en éliminant les éléments inhumains à l’intérieur de toi. Ce qu’il faut que tu fasses, c’est travailler sur toi-même. Ce n’est que lorsque tu auras réussi à éliminer ces éléments inhumains, lorsque tu auras transformé le subconscient en conscient, que tu pourras vraiment jouir de l’illumination, que te pourras amener au cerveau physique tous les enseignements d’ordre supérieur que tu recevras. De sorte que tu dois travailler sur toi-même, il n’y a pas d’autre solution.

Q – Mais ce travail sera très long. Je dois travailler sur moi-même pour pouvoir livrer le Message…

R – Exactement ! Les choses sont comme elles doivent être. On doit savoir faire les choses correctement.

Il y a beaucoup de gens au psychisme subjectif qui se disent illuminés, qui livrent des enseignements à l’humanité, donnant des conférences et se considérant eux-mêmes comme des dieux, sans avoir éliminé l’Ego. Ce sont à vrai dire des farceurs, des charlatans ou, dans le meilleur des cas, des « sincères trompés ». C’est là la crue réalité des faits.

Nous devons, quant à nous, aller au concret, être clairs et précis, sans rester dans le vague, sans ambiguïtés d’aucune espèce, sans incohérences. Nous devons avoir recours à une logique de type supérieur, être judicieux dans nos concepts et dans nos actes.

Ainsi, il te faut en réalité mourir pour être ; éliminer tes éléments indésirables, afin d’être illuminé. Ainsi seulement pourras-tu recevoir cet enseignement interne auquel tu aspires et le transmettre aux gens. Sans cela, c’est impossible.

Q – Et entre-temps, n’y a-t-il rien que je puisse faire ?

R – Ce que tu peux faire, présentement, c’est apporter ton aide, c’est communiquer la doctrine telle qu’elle est écrite dans les oeuvres. Il n’est nullement nécessaire d’absorber la doctrine à fond de train, lire un livre en quelques heures, puis passer au livre suivant… Non ! Il vaut mieux aller lentement et méditer profondément ce que l’on étudie. On peut alors donner l’enseignement de façon plus adéquate, plus fructueuse, plus efficace. Si par contre on lit un livre à cinq cents kilomètres à l’heure et qu’on veuille par la suite en livrer le contenu, cela risque d’être très superficiel, une simple répétition mécanique, n’est-ce pas ? Chaque parole doit être méditée, soumise à une réflexion profonde, comprise intégralement. Ainsi donc, l’information que nous apportons à notre mental doit devenir consciente. Voilà la manière d’élaborer, pour ainsi dire, la connaissance supérieure dans notre mental.

Q – Maître, est-il possible, comme le prétendent certaines personnes, d’éveiller la Kundalini et de la faire monter le long de la colonne vertébrale uniquement en pratiquant le pranayama ?

R – Je veux que vous compreniez clairement qu’il y a trois forces primaires dans l’Univers.

En premier lieu, quiconque a étudié un tant soit peu les sciences naturelles, n’ignore pas qu’il existe des organismes unicérébrés, c’est-à-dire, dotés d’un seul cerveau, tels les mollusques, les escargots, les insectes dont beaucoup d’espèces ne vivent qu’un après-midi d’été ; en ces organismes ne s’exprime qu’une seule force.

Viennent ensuite les créatures bicérébrées, ou possédant deux cerveaux, comme les oiseaux, les chevaux, les chiens et les chats, bref tous les animaux plus évolués ; chez ces animaux s’expriment deux forces.

Nous avons enfin les organismes tricérébrés, munis de trois cerveaux. On ne retrouve ces trois cerveaux que chez l’animal intellectuel que l’on appelle à tort homme. En lui s’expriment les trois forces de la nature.

Je veux dire par là que les organismes unicérébrés ont des sensations, que les bicérébrés ont des sensations et des émotions et que les tricérébrés ont des sensations, des émotions et des concepts rationnels.

Cela implique que seuls les organismes tricérébrés – les organismes humains – peuvent cristalliser les trois forces en dedans d’eux-mêmes, ici et maintenant. Ces trois forces sont représentées en Inde par Brahma, Vishnou et Shiva ; ce sont la Sainte Affirmation, la Sainte Négation et la Sainte Conciliation : la force positive, la force négative et la force neutre.

Pour créer un enfant, nous devons nécessairement recourir aux trois forces : la première, la Sainte Affirmation, est représentée par l’élément masculin et la seconde, la Sainte Négation, par l’élément féminin ; pendant l’union sexuelle, la Sainte Conciliation conjugue les deux forces, masculine et féminine, pour engendrer un enfant. Indéniablement, la création d’un enfant ne serait pas possible sans le concours des trois forces de la nature.

Quant à Devi Kundalini – le Serpent igné de nos pouvoirs magiques -, jamais elle ne pourrait s’éveiller et se dérouler dans notre épine dorsale avec une seule force, soit masculine, soit féminine ; il faut absolument la coopération des trois forces positive, négative et neutre. Vouloir éveiller la Kundalini au moyen d’une seule force est aussi absurde que vouloir créer un enfant au moyen d’une force unique – la femme seule ou l’homme seul -. C’est tout à fait impossible. C’est totalement incompatible avec la sagesse tantrique.

Ceux qui veulent vraiment connaître les fondements de nos affirmations doivent étudier le Tantrisme oriental, explorer le Tantrisme bouddhique, le Tantrisme des Bonnets jaunes du Tibet, le Tantrisme de la Chine ou du Japon, – c’est-à-dire le Tantrisme Tchan ou Zen -, etc.

Quiconque est initié au Tantrisme et a approfondi l’ésotérisme du Sahaja Maïthuna sait très bien, par expérience directe, que le développement de la Kundalini n’est possible qu’au moyen de l’intervention concentrée des trois forces. Et ces trois forces, en vérité, ne peuvent s’unir, travailler de concert, que dans la Forge des Cyclopes, dans la Neuvième Sphère, c’est-à-dire avec le Sahaja Maïthuna seulement.

Mais il arrive que des personnes qui pratiquent intensément le prânâyama fassent jaillir des étincelles de la Flamme divine. Nous avons tous dans le chakra du coccyx un véritable brasier : c’est Devi Kundalini Shakti que nous avons là, enroulée trois fois et demie sur elle-même.

Il y a une intime relation entre le souffle et le sexe. Il est possible de faire jaillir des étincelles au moyen du souffle. Et c’est la seule chose que nous puissions obtenir avec le pranayama : faire jaillir des étincelles. Jamais le pranayama ne pourra éveiller ou dérouler le Feu serpentin annulaire dans le corps de l’ascète ; jamais vous ne pourrez, par des exercices respiratoires, faire monter la Kundalini par le canal médullaire spinal jusqu’au cerveau.

Ceux qui, par la pratique du pranayama, réussissent à faire circuler des étincelles du Feu sacré de la Kundalini dans leurs nadis ou canaux éthériques, croient qu’ils ont éveillé la Kundalini elle-même par le seul fait d’avoir eu alors une illumination ou quelque perception extra-sensorielle. Plus tard ils affirment avec emphase qu’on peut éveiller la Kundalini en recourant uniquement au pranayama. Mais c’est complètement faux et cela va à l’encontre de l’enseignement initiatique des Tantras, à l’encontre des préceptes ésotériques les plus profonds. Je dis la vérité, qu’on l’accepte ou non. Celui qui veut vraiment éveiller la Kundalini, dérouler le pouvoir serpentin dans sa colonne vertébrale, doit absolument descendre dans la Neuvième Sphère. Nier cela équivaudrait à rejeter la Divine Comédie de Dante Alighieri, à rejeter tous les vieux textes de la Sagesse universelle, à cracher sur l’Iliade d’Homère, sur l’Enéide de Virgile, sur l’ésotérisme des quatre Evangiles, sur l’Apocalypse de saint Jean, sur l’ésotérisme de la Bhagavad-Gîta et du Coran, etc. Il est très déplorable qu’il y ait encore dans le monde des personnes qui lancent des concepts qui ne sont fondés sur aucune base sérieuse ; ces personnes sont dans l’erreur, voilà tout.

Q – Maître, est-il vrai que nous ne pouvons créer les corps existentiels supérieurs de l’Etre par la Magie sexuelle que pendant la nuit ?

R – La réalité crue c’est qu’à cause de l’inclination naturelle des organes créateurs, ce type de création doit s’effectuer dans les ténèbres. Le spermatozoïde sort des glandes sexuelles et pénètre dans la matrice sans être éclairé par la lumière du soleil ; il chemine dans l’obscurité. Et c’est dans l’obscurité qu’il progresse vers les trompes de Fallope pour y rencontrer l’ovule qui descend du follicule de De Graaf ; et c’est dans les ténèbres de la matrice que se fait la gestation.

Qu’arriverait-il si le spermatozoïde, au lieu de cheminer sous la protection de l’obscurité, sortait à découvert pour que le soleil le baigne de sa lumière ? Que se passerait-il si le foetus ne se développait pas dans les ténèbres du sein matemel mais se trouvait à découvert, exposé directement à la lumière du soleil ? La nature ne pourrait pas accomplir son travail de procréation.

La fécondation s’accomplit donc toujours dans les ténèbres, par la propension des organes créateurs eux-mêmes. La nature nous indique par là que tout travail de création doit s’effectuer dans les ténèbres nocturnes. De même, pour parvenir un jour à l’auto-réalisation intime de l’Etre, le sage doit oeuvrer dans l’obscurité et l’auguste silence de la pensée. Le travail dans la nuit nous est aussi indiqué par cette représentation de la Vierge de l’immaculée conception debout sur la lune et vêtue d’une tunique bleue.

Q – Au sujet de la pratique de l’Arcane (la Magie sexuelle), j’ai entendu deux théories opposées : d’une part, il y a ceux qui affirment qu’on obtient une meilleure transmutation lorsqu’on pratique l’Arcane avec passion ; certains soutiennent, d’autre part, que la passion ne doit pas du tout intervenir dans la pratique du Grand Arcane. Qu’en est-il exactement ?

R – Dans toutes ces questions, il y a des degrés et des degrés ; il est donc impossible de donner une réponse catégorique, valable dans tous les cas.

Incontestablement, nous ne pouvons exiger de l’animal humain qu’il ne soit pas passionnel. Même s’il est certain que les états animaux, les impulsions inférieures, doivent être éliminés, nous devons comprendre que cette élimination s’effectue de façon graduelle. Il est absolument impossible d’exiger d’un couple de bêtes qu’ils deviennent des saints du jour au lendemain. Nous n’avons pas le choix : nous ne pouvons commencer que là où nous sommes, c’est-à-dire au niveau animal ; le spirituel viendra ensuite. C’est ce que dit aussi l’apôtre Paul de Tarse.

On commence donc à un niveau très inférieur d’animalité, mais à mesure que l’on avance sur le chemin rocailleux, les états animaux inférieurs sont peu à peu éliminés, et la personne s’épure progressivement jusqu’à ce que la passion soit complètement sublimée.

A ce sujet, une anecdote me vient justement à la mémoire.

Malgré le haut degré de mysticisme qui imprégnait mes travaux dans la Neuvième Sphère, je me rappelle une chose insolite qui m’est arrivée il y a quelque temps, alors que je me trouvais à Acapulco. Une nuit, dans mon corps physique, je rencontrai un mystique qui semblait venir du Moyen-Age. Il essaya de me faire les fameux stigmates dans les mains ; à l’aide d’un clou, il tenta de perforer mes mains. Mais en dépit de tous ses efforts il ne réussit à enfoncer son clou dans la chair astrale que de façon superficielle ; et des paumes de mes mains jaillissaient des éclairs et des coups de tonnerre. N’obtenant pas le résultat qu’il escomptait, le mystique me conduisit à l’Eglise gnostique où il me présenta à un Grand Maître.

Mon Etre Réel intime m’accompagnait alors. A cette époque-là je n’avais pas encore les mains astrales perforées. Le mystique me dit : « Je t’amène à ce Grand Maître pour lui demander conseil au sujet des stigmates ». Le Grand Etre, un divin androgyne, était assis devant un bassin d’eau baptismale ; il s’adressa directement à mon Etre Réel intérieur, c’est-à-dire à Samaël, ma Monade particulière, lui disant – parlant de moi – : « Il est très fort et il répond bien, mais il doit mieux accomplir le sacrement de l’Eglise de Rome ». Je répondis : « Je comprends parfaitement ! Je travaillerai mieux ! ». Puis je réintégrai mon corps physique.

Je comprenais ce qui m’avait été communiqué. Il me fallait de toute évidence sublimer davantage l’énergie créatrice. Bien que j’accomplissais déjà le coïtus reservatus comme un rituel, je devais le sanctifier encore plus, le rendre plus extatique. Dès ce moment, je réalisai le travail dans la Neuvième Sphère dans un état sublime d’extase mystique, oubliant pour ainsi dire les organes sexuels et le corps physique. Le résultat fut que l’énergie sexuelle devint très raffinée et c’est avec cette énergie que l’on forma les stigmates sacrés, dans mes mains et dans mes pieds.

Vous voyez donc comment l’énergie sexuelle peut être raffinée progressivement. Nous commençons nos pratiques au niveau brut et grossier où nous nous trouvons, mais avec le temps, à mesure que nous dissolvons les éléments inhumains en nous, il ne fait pas de doute que nous nous spiritualisons, jusqu’à ce que nous accédions finalement à une chasteté absolue.

Ainsi sont les choses, non telles que nous les voyons à travers le prisme de nos conceptions théoriques, mais telles qu’elles sont réellement. Il est inconcevable d’exiger d’un couple de néophytes qu’ils aient le degré de sainteté d’un François d’Assise. Nous devons nous placer sur le terrain des faits concrets et voir comment les choses se passent dans la pratique.

Q – J’ai entendu un instructeur gnostique dire dans une conférence que c’est parce que la coupe des Ames est pleine dans les cieux – c’est-à-dire dans les mondes supérieurs – que le Mouvement gnostique se consacre au contrôle de la reproduction. Est-ce vrai ?

R – Beaucoup de choses ont été dites sur cette question de la natalité ; les scientifiques en ce moment sont très préoccupés par cela. Indéniablement, l’humanité a ses marées hautes et ses marées basses ; il y a, pour ainsi dire, des époques de plus démographique et des époques de moins. En toutes choses, il y a un flux et un reflux, un rythme incessant. Ainsi donc, nous assistons présentement à une explosion démographique, à une haute marée humaine. Il importe de bien comprendre qu’à ce plus, à cette marée haute, succédera une descente, un moins. En fait, le jour n’est pas loin où des guerres et cataclysmes terribles provoqueront cette descente, ce moins, cette baisse de la marée, et produiront une nette diminution de la population humaine. Mais comme les hommes de science ne comprennent rien à cette question des cycles, du flux et du reflux de toutes choses, comme ils ne connaissent pas les lois du pendule, du rythme, etc., ils sont extrêmement préoccupés et cherchent à contrôler les naissances par des procédés artificiels : pilules contraceptives et autres méthodes, qui causent de graves préjudices à la santé, entre autres le cancer. Nous, les gnostiques, nous avons une méthode contraceptive simple et naturelle. Cette méthode n’a pas pour but d’empêcher la naissance, car ce serait criminel, mais plutôt la fécondation. Le contrôle des naissances est un crime, le contrôle de la fécondation est un devoir. Et il faut savoir que la fécondation peut être contrôlée efficacement, par la pratique du Sahaja Maïthuna, du Yoga du Sexe. La clé en est très simple, tous nos frères gnostiques la connaissent déjà : elle consiste en la connexion du Lingam-Yoni sans éjaculation de l’ens-seminis (« l’entité du sémen »), car comme dit le médecin et alchimiste Paracelse, dans l’ens-seminis se trouve tout l’ens-virtutis du feu. Je ne veux pas dire qu’avec le Sahaja Maïthuna on élimine toute possibilité de reproduction ; il va de soi que tant qu’il y a contact sexuel direct, la fécondité n’est pas totalement inhibée, il subsiste une possibilité de fécondation. Mais si nous voulons réduire le nombre des naissances, il n’y a rien de mieux que le Sahaja Maïthuna,

Q – Maître Samaël, certains s’interrogent à savoir s’il n’est pas dangereux de retenir l’énergie sexuelle dans les glandes sexuelles.

R – Comment cela : « retenir l’énergie sexuelle » ? Nous parlons en ce moment de « l’entité du sémen » ou ens-seminis. Soyons clairs et précis dans nos questions. Tu as certainement déjà vu, mon cher ami, les flaques d’eau dans les chemins se dessécher au soleil. L’eau s’évapore et se transforme en nuages et en électricité, produisant éclairs et tonnerre. Voilà exactement ce qui se passe à l’intérieur de notre organisme. Avec le Maïthuna, avec la chaleur, avec le feu du sexe créateur, les eaux séminales, cette liqueur spermatique qui réside dans nos glandes endocrines sexuelles, sont transmutées si l’on peut dire en « vapeurs » ou, pour employer le langage médical, en « humeurs ». Ces vapeurs se convertissent à leur tour en énergies positives/négatives. Ces énergies s’élèvent par les canaux sympathiques, appelés en Orient Ida et Pingala. Ces canaux partent des glandes sexuelles et montent jusqu’au cerveau. J’ai dit « canaux sympathiques », mais ce n’est pas tout à fait exact en fait, les canaux dont il s’agit ne sont pas complètement physiques ; ils seraient plutôt de nature mi-physique, mi-éthérique. Ils n’en ont pas moins une existence bien réelle. Ces deux canaux s’enroulent autour de la moelle épinière en formant le Saint-Huit et ils aboutissent au cerveau. Ce qui s’élève par ces canaux, ce n’est évidemment pas le sémen, parce que si c’était le sémen lui-même qui montait jusqu’au cerveau, nous deviendrions tous fous. C’est l’énergie, résultat de la transmutation du sémen, qui s’élève au cerveau.

Par conséquent, nous ne « retenons » pas le sémen, nous le transmutons plutôt, ce qui est totalement différent, nous le convertissons en énergie et c’est cette énergie qui s’élève par les deux canaux éthériques. C’est ainsi que nous cérébralisons le sémen ; c’est ainsi que nous séminisons le cerveau. La matière se transforme en énergie, comme Einstein l’a démontré.

Alors, quel mal y-a-t-il à transmuter notre substance séminale en énergie et à faire monter cette énergie créatrice au cerveau ?

De cette façon, nous fortifions notre cerveau, nous renforçons notre glande pinéale. Est-il criminel d’amener notre énergie sexuelle à nous revivifier ? Et en quoi, dites-le moi, cela serait-il dangereux ? Ce qui se passe en réalité, c’est que les fornicateurs, ceux qui sont contents de perdre l’ens-seminis, ne veulent pas renoncer à leur luxure, cherchent à justifier leur fornication, leur lascivité, voilà tout.

Q – Maître, quel degré de conscience l’humanité a-t-elle actuellement et que faut-il faire pour éveiller la conscience ?

R – L’humanité n’a que trois pour cent de conscience éveillée et elle a 97 pour cent de conscience endormie. Ainsi donc, la situation est désastreuse.

Les gens veulent tous voir, entendre, toucher, palper les grandes réalités des plans supérieurs, ils veulent se rappeler leurs vies passées, sortir en astral consciemment, converser avec les dieux, etc. Malheureusement, ils n’ont que trois pour cent de conscience éveillée. Celui qui veut palper les grandes réalités des mondes internes doit éveiller son 97 pour cent de conscience endormie ; et celui qui veut éveiller sa conscience doit s’évertuer à mourir d’instant en instant, coûte que coûte. Avant toutes choses, il est indispensable de savoir que nous avons en nous un Moi pluralisé ; le Moi est le Seth de la mythologie égyptienne, lequel est à la tête d’une troupe de « diables rouges », dénomination par laquelle les vieux Sacerdotes de la terre des pharaons désignaient les agrégats psychiques. Ces entités submergées qui personnifient l’Ego – ou Seth – constituent la racine vivante de nos propres défauts. Notre conscience est enfermée en chacune de ces entités, embouteillée, endormie. Elle ne peut donc agir qu’en fonction de son propre conditionnement, ce qui l’emprisonne définitivement dans l’erreur. Notre conscience est hélas égoïque !

Si nous voulons nous éveiller, afin de voir, entendre et palper les mondes supérieurs et pour pouvoir nous entretenir avec les Maîtres de la Fraternité Blanche, nous devons annihiler Seth, détruire totalement l’Ego, les diables rouges, les Moi. C’est seulement ainsi que la conscience réussit à s’émanciper, à se libérer et à s’éveiller intégralement. Quand la conscience s’éveille, nous pouvons discerner le chemin ; quand la conscience s’éveille, nous pouvons entrer en contact avec l’humanité divine qui vit dans les terres en djinn ; quand la conscience s’éveille, nous pouvons nous rappeler nos existences passées, nous pouvons visiter d’autres mondes habités, nous pouvons parler face à face avec les dieux du Mahamanvantara, etc. Ce n’est qu’en étant vraiment éveillés que nous pouvons avoir une connaissance directe. Tant que nous n’avons pas atteint la connaissance directe, nous restons des théoriciens : nous ne faisons que répéter comme des perroquets ce que les autres disent.

Nous devons avoir conscience de ce que nous étudions, nous devons boire à la source directe de la sagesse occulte. Quant à moi, je peux par exemple vous enseigner – et je le fais – ce que je sais, ce que j’ai connu, expérimenté, ce que j’ai vécu, non seulement dans ma réincarnation présente, mais dans mes existences passées. Plus encore je peux vous parler d’événements qui ont eu lieu dans d’autres Mahamanvantaras, parce que je me souviens de mes existences dans les Mahamanvantaras passés. Je peux donc rendre témoignage de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai vu et entendu. Mais je vous le dis en toute franchise : pour éveiller la conscience, il faut une terrible discipline ésotérique.

Q – Comment puis-je faire pour dissoudre le Moi ?

R – Quoi ? Tu veux vraiment dissoudre l’Ego ? Eh bien, laisse-moi te féliciter, mon estimable frère ! Oui, c’est seulement ainsi que tu parviendras à l’éveil.

Pour pouvoir annihiler les agrégats psychiques, tu dois commencer par l’auto-observation psychologique, parce que tu ne pourras comprendre ni dissoudre un Moi que tu n’as pas observé attentivement dans le gymnase de la vie quotidienne.

Lorsqu’une personne admet qu’elle a une psychologie particulière, qui lui est tout à fait propre, elle va alors sentir la motivation pour s’auto-observer dans ses relations avec les gens, dans la rue, à la maison, à la campagne, à la ville, au restaurant, au bureau, à l’usine, etc. Dans l’interaction sociale, nos défauts cachés affleurent. Si nous nous auto-observons constamment, nous pourrons les voir, les prendre sur le fait. Un défaut découvert doit être disséqué avec le bistouri de l’auto-critique pour nous permettre de connaître ce qu’il est vraiment. Au lieu de toujours critiquer les autres, nous devons apprendre à nous auto-critiquer.

Lorsque nous avons rencontré en nous un défaut, nous devons l’analyser soigneusement, le dépecer avec le bistouri de l’auto-critique. Nous pouvons y arriver au moyen de l’auto-réflexion évidente de l’Etre, dans l’état de méditation profonde. Une fois compris le défaut en question, nous devrons le désintégrer atomiquement.

Car je dois te dire qu’il ne suffit pas de comprendre chacune de nos erreurs, encore faut-il savoir comment en éliminer les causes. Krishnamurti insiste sur l’importance de la compréhension ; c’est bien, car il est indispensable de comprendre chaque erreur, il n’y a pas de désintégration possible sans la compréhension préalable de l’agrégat que nous voulons désintégrer. Supposons que tu veuilles éliminer le Moi de la colère : tu dois d’abord comprendre ce Moi, et pour le comprendre, tu dois avoir recours à la méditation profonde, à l’auto-réflexion de l’Etre ; c’est la seule manière de connaître les ressorts les plus intimes du Moi. La colère surgit pour une raison ou pour une autre ; parce qu’on a blessé notre amour propre, ou par jalousie, ou à cause d’une frustration émotionnelle, ou par réaction à une parole agressive – il y a tellement de facettes, de nuances -. Une fois qu’on a analysé et compris à travers la méditation le ressort secret d’une explosion de colère, à un moment donné, dans tel ou tel contexte précis, il nous faut faire appel à une force supérieure.

Le mental à lui seul ne peut entamer, encore moins enrayer radicalement un défaut. Il peut le faire passer d’un niveau à un autre de notre psychisme, se le cacher à lui-même ou le cacher aux autres, le justifier, lui chercher des excuses, le condamner même, mais jamais il ne pourra l’annihiler.

Nous avons besoin d’un pouvoir supérieur au mental, et nous avons en nous ce pouvoir, il se trouve latent dans les profondeurs de notre Etre : c’est le Serpent igné de nos pouvoirs magiques, enroulé dans le centre magnétique que les Hindous nomment le chakra Muladhara, lequel a sa racine dans le coccyx. C’est Devi Kundalini, le Feu serpentin ; c’est Isis, Rhéa, Cybèle, Adonia, Tonantzin, la chaste Diane, Artémis, Marah, etc. Peu importe le nom qu’on lui donne dans les différentes traditions, cette force n’est pas en dehors de nous mais à l’intérieur ; ce pouvoir flamboyant est une variante de notre propre Etre, une partie dérivée de notre Etre. Tu dois l’invoquer, la prier, la supplier d’éliminer le Moi de la colère que tu as observé, puis étudié et compris à travers la méditation et la réflexion profonde.

Lorsque, plongés dans une profonde méditation, nous implorons l’aide de Devi Kundalini Shakti, le Serpent mystique des Grands Mystères, la puissance foudroyante de notre Divine Mère, elle vient à notre secours et elle peut alors réduire en poussière n’importe quel défaut que nous aurons préalablement compris dans tous les niveaux du subconscient. Une fois ce défaut annihilé, à sa place surgira une vertu de l’Ame, une caractéristique nouvelle, un don spécial, une faculté, une certaine qualité… La façon de procéder est la même pour tous les Moi.

A mesure que nous désintégrons les agrégats psychiques, l’Ame se cristallise à l’intérieur de nous. L’Essence enrichie par les vertus de l’Ame pourra revêtir le Soma puchicon, l’Habit de noces de l’Ame, le véhicule de l’Ame ; c’est ainsi que naît réellement l’Homme christique en nous, lequel n’est plus emprisonné dans le corps physique.

Ainsi donc, il n’est pas suffisant de comprendre les motifs secrets d’un accès de jalousie, par exemple, ou l’origine d’un sentiment de haine ; il faut aller plus loin, plus profondément, il faut faire appel – que cela nous plaise ou non, il n’y a pas d’autre moyen – à un pouvoir supérieur, transcendant. Seul, on ne peut rien faire. Le mental est tout à fait incapable d’éliminer un défaut : il peut le décrire, l’étiqueter de divers noms, jongler avec lui, le refouler, etc., mais il n’est pas capable de le réduire en poussière. Si nous voulons réduire en cendres tel ou tel défaut, personnifié par tel ou tel Moi, alors, en plus de la compréhension, il faut aussi l’élimination, la dissolution de ce Moi. Et pour le dissoudre, nous devons absolument avoir recours à Devi Kundalini, le Serpent igné de nos pouvoirs magiques, le Serpent d’airain qui a guéri les Israélites pendant leur traversée du désert.

Q – Maître, voudriez-vous nous expliquer pour quelle raison, au début du travail ésotérique sur nous-mêmes, il est nécessaire d’accéder au niveau du « bon maître de maison » ?

R – Celui qui aspire à l’auto-réalisation de l’Etre, celui qui veut parcourir avec succès le « Sentier du tranchant du couteau », doit commencer par être un bon maître de maison, savoir mener son foyer avec harmonie, beauté, perfection. Ceux qui, dans la vie pratique, n’ont pas su organiser leur foyer, sont impropres au chemin, ils ne pourront pas s’auto-réaliser. J’ai pu constater que la plupart de ceux qui sont entrés sur la voie et n’ont pas réussi à être de bons maîtres de maison, ont abouti à l’échec dans leur travail spirituel.

Q – Vénérable Maître, pour revenir à cette question de l’éveil, comment se fait-il que les seigneurs de la « Main gauche », qui ne pratiquent aucun des trois facteurs, sont néanmoins éveillés dans les mondes supérieurs ? Comment peuvent-ils voir et entendre les choses des autres mondes ?

R – Voilà une question très intéressante et j’y répondrai avec plaisir. Alors, écoute-moi bien : l’autre jour, j’ai invoqué dans les mondes supérieurs l’Ange Adonaï, le fils de la lumière et de la joie, le Maître du comte Zanoni, dont Bulwer Lytton raconte admirablement l’histoire dans son roman Zanoni, le Maître Rose-Croix. Cet ange a accouru à mon appel et nous nous sommes assis pour converser aimablement. L’Ange me dit une chose intéressante : il me parla d’un philosophe qui, à une certaine époque, avait été avec nous dans le Mouvement gnostique et qui est à présent un détracteur de la grande Cause. « Cet homme, me dit-il, s’est éveillé dans le mal et pour le mal ». Quelques jours plus tard, je fus en mesure de corroborer les affirmations de l’Ange Adonaï, le fils de la lumière et de la joie ; je rencontrai l’homme en question dans les mondes internes : il était effectivement éveillé, mais dans le mal, pour le mal.

Lorsque, au cours des mes études ésotériques, j’ai dû visiter la « lune noire » (Lilith), j’y ai croisé ces démons rouges dont nous parle le Livre des Morts des anciens Egyptiens, et j’ai pu constater qu’ils étaient bien éveillés ; et quand nous pénétrons dans les mondes infernaux, dans les neuf Cercles décrits par Dante dans sa Divine Comédie et situés au coeur de la Terre, nous y voyons tous ces gens des ténèbres totalement éveillés dans le mal, certes, et pour le mal. C’est qu’il existe des méthodes précises, des techniques scientifiques au moyen desquelles on peut aussi s’éveiller, mais dans le mal et pour le mal.

Les diables rouges savent fort bien ce qui les attend, ils n’ignorent pas que, involuant à l’intérieur du monde souterrain, à travers les neuf Cercles de l’Enfer de Dante, ils seront un jour désintégrés, réduits en poussière cosmique au coeur de la Terre. Mais ils semblent aimer cela : quand on les en instruit, on constate que la « deuxième mort » ne leur inspire aucun repentir. Ils savent qu’un jour leur Essence, après s’être échappée du coeur de la Terre, retournera à la surface, sous la lumière du soleil, pour une nouvelle évolution. Ils savent que leur Ame redeviendra un gnome joueur dans les roches et les métaux, ensuite un végétal, puis un animal, pour réintégrer enfin l’état humain qu’elle avait jadis perdu lorsqu’elle était tombée en involution. Ils n’ignorent pas non plus qu’au terme de l’évolution, lorsque l’Essence accède au niveau humain, on lui accorde 108 existences pour se réaliser.

Dans chaque cycle, tout être humain dispose donc de 108 existences sur la scène de la vie ; au bout de ces 108 existences, si l’on ne s’est pas auto-réalisé, on descend dans les mondes infernaux, on involue très lentement, on est peu à peu réduit en poussière, pour recommencer, encore une fois, le processus d’ascension dans l’échelle de la vie, pour entamer un nouveau voyage vers l’intérieur et vers le haut. Les diables rouges ne l’ignorent pas, car ils sont éveillés, mais dans le mal et pour le mal.

Ce qui importe, c’est de s’éveiller dans la lumière, et ce n’est vraiment possible que sur la base du travail psychologique : en dissolvant l’Ego, en le réduisant en poussière cosmique, coûte que coûte ! C’est ainsi que nous grandissons en sainteté.

Q – Quand on nous demande s’il est possible de vérifier concrètement cette question des 108 existences, que devons-nous répondre ?

R – Vouloir vérifier, c’est très bien, mais comment une personne endormie va-t-elle pouvoir le faire ? C’est aux gens éveillés que revient le privilège de vérifier concrètement, parce que les endormis, eux, dorment. Si tu veux constater, vérifier par toi-même, réveille-toi ! Que fais-tu là en train de dormir ?

Réveille-toi, sors de ce sommeil où tu te trouves ! Le jour où tu éveilleras ta conscience, tu pourras alors reconnaître par toi-même l’exactitude de mes paroles.

Néanmoins, ce que je dis ici est confirmé par de nombreux documents : rappelle-toi, par exemple, les 108 perles du collier du Bouddha ; rappelle-toi aussi ce que font les brahmanes, en Inde, autour de la vache sacrée, en priant avec un rosaire à 108 grains. Ils vocalisent alors des mantras sacrés, tel le : OM MASI PADME HUM, bien connu au Tibet. Avant que les communistes chinois eussent envahi cette terre sainte du grand Lama, on y célébrait des fêtes religieuses extraordinaires et les femmes tibétaines arrangeaient leurs cheveux de façon splendide et significative : les grandes dames, surtout, se faisaient faire une coiffure formée de 108 boucles…

Q – Maître, à quoi est dû le manque de continuité de propos ?

R – Tant qu’il n’y a pas de centre permanent de conscience établi en nous, nous n’aurons pas de continuité de propos. Mais lorsque, à travers l’auto-observation permanente, à travers le rappel de soi constant, nous avons établi un centre magnétique au centre de l’Essence, nous avons alors une continuité de propos. Généralement, le centre magnétique de notre propre existence se trouve situé dans la fausse personnalité. Nous avons tous une fausse personnalité, qui est faite de présomption, de vanité, d’orgueil, de crainte, d’égocentrisme, de colère, de luxure, du sentiment de notre propre importance, d’apitoiement sur soi, de sentimentalisme, de jalousie, de ressentiment, etc.

La fausse personnalité est vraiment problématique, car elle est dominée par la multitude des Moi. Tant que nous posséderons la fausse personnalité, nous n’aurons pas de continuité de propos et nous ne connaîtrons pas le vrai bonheur. Or, si nous voulons être heureux – nous avons tous droit au bonheur -, nous devons éliminer la fausse personnalité ; et pour éliminer la fausse personnalité, nous devons annihiler les Moi qui la caractérisent. Une fois les Moi annihilés, tout change, il se crée dans notre conscience un centre de gravité permanent, et alors survient un extraordinaire état de félicité.

Q – De quoi est faite la personnalité authentique ?

R – En elle-même, la personnalité est pure énergie. On ne naît pas avec une personnalité ; la personnalité est fille du temps, elle naît en son temps et meurt en son temps : il n’y a pas de lendemain pour la personnalité d’un mort. Lorsque nous revenons, lorsque nous nous réincorporons dans un nouveau corps, nous devons créer une nouvelle personnalité. Celle-ci se forme pendant les sept premières années de l’enfance et se renforce avec les expériences. La personnalité est énergétique et atomique ; elle est périssable, elle est mortelle. Ce n’est pas la personnalité qui se réincarne, mais l’Essence possédée par « l’Ego réincarnant », lequel est une véritable légion de diables qui continue après la mort du corps physique.

La personnalité, donc, est énergie, c’est purement un véhicule énergétique qui sert à fonctionner dans le monde, à entrer en contact les uns avec les autres, etc. La personnalité devient fausse quand les Moi pénètrent en elle et se l’approprient, pour la manoeuvrer à leur guise et conformément à leurs propres intérêts.

Le Moi de la vanité, par exemple, le Moi de la jalousie, les Moi des préoccupations, les Moi de l’intellectualisme, etc., tous ces Moi mécaniques s’introduisent dans la personnalité, s’emparent de ce véhicule énergétique, faussant totalement notre relation avec les autres et avec le monde. Mais si nous désintégrons ces Moi, la personnalité redevient une énergie pure qui peut être mise au service de l’Etre ; sans les Moi qui la corrompent, la personnalité n’est plus fausse, elle devient un instrument pour travailler, un véhicule de l’Etre.

Q – Est-il souhaitable d’établir une personnalité forte en nous ?

R – La personnalité doit être équilibrée par l’Essence. Quand la personnalité est plus forte que l’Essence, il y a déséquilibre, et quand l’Essence est plus forte que la personnalité, il y a aussi déséquilibre. Certaines personnes vivant isolées à la campagne peuvent développer l’Essence aux dépens de la personnalité ; lorsqu’elles viennent en ville, elles sont en déséquilibre. Des gens de la ville peuvent développer la personnalité de façon exorbitante ; quand ils vont à la campagne, quand ils entrent en contact avec des gens simples, ils se trouvent en déséquilibre. Il nous faut un parfait équilibre entre l’Essence et la personnalité.

Q – Lorsqu’un Adepte se réalise, sa personnalité devient-elle immortelle ?

R – Dans un certain sens, oui. Un Maître ressuscité, par exemple, qui a le pouvoir de conserver éternellement son corps physique, aura évidemment une personnalité éternelle dans le monde physique ; il aura une autre personnalité éternelle dans le monde astral, reliée au corps astral ; une autre personnalité éternelle dans le monde mental, reliée au corps mental ; et une autre encore dans le monde causal, reliée au corps causal. De sorte qu’il y a quatre personnalités fondamentales : la personnalité physique, qui est gouvernée par 48 lois ; la personnalité astrale, régie par 24 lois ; la personnalité mentale, gouvernée par 12 lois et la personnalité causale, gouvernée par 6 lois.

Q – Etant un produit du temps, ne peut-on considérer la personnalité comme un agrégat, au même titre que les Moi ?

R – Non, parce qu’au contraire des agrégats psychiques, la personnalité ne survit pas très longtemps au corps physique et ne se réincarne pas. Elle peut certes rôder dans le cimetière et se réjouir quand les proches du défunt viennent visiter sa tombe ou lui apporter des fleurs. Elle revient parfois hanter les lieux où elle a vécu, devenant occasionnellement visible, mais elle se désintègre peu à peu, irrémédiablement ; elle est vouée à disparaître plus ou moins rapidement.

Tout comme le corps, la personnalité est un instrument, un véhicule par lequel l’Etre peut agir quand elle n’est pas faussée, pervertie par le Moi, mais qu’elle existe sous sa forme énergétique pure, originelle.

Q – Pourrait-on dire que la personnalité d’un Maître divin est la façon dont il se présente à nous, avec tous ses attributs et ses caractéristiques, quand on l’invoque ?

R – Tout Maître authentique a quatre personnalités : physique, astrale, mentale et causale.

Q – Cela veut-il dire qu’un Maître va se manifester différemment selon le plan où l’on se trouve ?

R – Bien sûr ! Il y a la manifestation dans le monde physique avec la personnalité physique ; autre est la manifestation dans le monde astral avec la personnalité astrale ; autre encore est la manifestation dans le monde mental avec la personnalité mentale ; et autre encore la manifestation causale. Entre parenthèses, l’Homme causal est l’Homme véritable.

Si nous réussissons à nous affranchir de la fausse personnalité, nous nous établirons par le fait même dans le troisième état de conscience, qui est celui du rappel de soi ; nous avons tous droit à ce troisième état de conscience. Observez les nouveau-nés : ils vivent dans le troisième état de conscience, en rappel d’eux-mêmes, ici et maintenant. Malheureusement, à cause de la fausse éducation que nous avons reçue, à cause des mauvais exemples de notre entourage, nous sommes tombés du troisième état de conscience au deuxième. C’est comme tomber du ciel en enfer. Nous naissons dans le troisième état de conscience, mais nous tombons rapidement dans le deuxième, dans cet état qui a reçu l’appellation inadéquate « d’état de veille ». Cette chute, je le répète, équivaut à tomber du ciel en enfer ; c’est dans cet enfer du second état de conscience que les Moi naissent, que les agrégats psychiques se manifestent, que tous les éléments inhumains et pervers qui vivent en nous affleurent, surgissent, se fortifient. Le deuxième état – où se trouve l’humanité tout entière – est un véritable enfer.

Q – Maître Samaël, vous nous avez déjà dit que Krishnamurti n’a pas du tout d’Ego. Comment est-ce possible si, comme vous l’avez expliqué dans vos livres, le Maître doit encore, au terme de la « Seconde Montagne » – c’est-à-dire avant d’atteindre la Résurrection -, travailler dans les enfers des différentes planètes afin d’y désintégrer les germes des égos ?

R – Oui, Krishnamurti est une très vieille Ame, et réellement, malgré qu’il n’ait pas du tout d’Ego, il n’a pas obtenu la Résurrection. Sans aucun doute devra-t-il descendre à la Neuvième Sphère pour y travailler ; il a quelque chose à éliminer, qu’il ignore. Mais effectivement, il est dépourvu d’égos, il n’a pas l’Ego, selon ce qu’il est humainement possible de comprendre. Car au-delà il y a encore certains éléments – qui échappent pour ainsi dire à la compréhension de tout un chacun – et qu’il faut aussi désintégrer.

Q – Puisque Satan est la réflexion de Dieu en nous, n’est-il pas incongru de dire que l’Ego est satanique ?

R – Rappelez-vous qu’il y a deux sortes de ténèbres. La première, nous la dénommerons l’obscurité du silence et de l’auguste secret des Sages ; la seconde, nous la qualifierons d’obscurité de l’ignorance et de l’erreur. La première, évidemment, est la supra-obscurité, et la seconde l’infra-obscurité. Cela veut dire que les ténèbres se bipolarisent et que l’aspect négatif n’est que le dédoublement du positif.

Par simple déduction logique, je vous invite à comprendre que Prométhée-Lucifer enchaîné au dur rocher, se sacrifiant pour nous, soumis aux pires tortures bien qu’il soit le fléau de la balance, le dispensateur de la lumière, le gardien des sept Demeures, qui ne laisse passer que ceux qui ont été oints par la Sagesse, qui porte dans la main droite la lampe d’Hermès, que Prométhée-Lucifer, donc, se dédouble inévitablement en l’aspect fatal de la multiplicité égoïque, en ces sinistres agrégats psychiques qui composent notre Moi et qui ont été très bien étudiés par l’Esotérisme tantrico-bouddhique.

Q – Maître, on parle dans les Evangiles des enfants de Dieu et des enfants du diable. Pourriez-vous caractériser les uns et les autres, nous dire ce qui les distingue ?

R – Jésus a dit, s’adressant de façon claire aux Pharisiens, aux Sadducéens et aux foules qui l’écoutaient : « Vous êtes des enfants du diable, parce que si Dieu était votre père, vous feriez les oeuvres de Dieu ; mais vous, vous n’êtes pas les enfants de Dieu mais de votre père le diable ».

Il n’y a pas de doute que lorsque les gens ressentent de la luxure, ils forniquent et procréent. Ils ne peuvent donc pas dire que leurs enfants sont nés de l’Esprit-Saint, de la Divinité. Ne descendons-nous pas du péché originel ? Ne dit-on pas qu’Adam et Eve ont forniqué, ne dit-on pas qu’ils ont ainsi désobéi à l’Eternel ? Alors nous, qui sommes les enfants d’Adam et Eve, serions-nous des enfants de Dieu ? Il est indéniable que nous sommes enfants du péché originel, c’est-à-dire, donc, du diable. A moins que vous croyiez que Dieu soit capable de commettre le péché originel… Or, si Dieu n’est pas capable de commettre le péché originel, qui l’a commis ? De toute évidence, celui qui l’a commis c’est le diable ! Ce qui s’est passé là-bas, aux temps édéniques, paradisiaques, entre Adam et Eve, se répète à chaque instant. Les gens s’unissent par lascivité et reproduisent leur espèce ; des enfants naissent qui relèvent du diable, parce que Dieu n’est pas luxurieux ni lascif, il n’a pas de lascivité. Pourquoi donc imputer à Dieu, mettre sur le compte de Dieu les enfants du démon ? Nous sommes tous des enfants du diable. Celui qui veut devenir fils de Dieu doit le gagner : il faut éliminer le Moi, le réduire en poussière, il faut fabriquer les Corps solaires dans la Forge des Cyclopes et il faut se sacrifier pour l’humanité. Ainsi seulement, mes chers frères, pourrez-vous vous convertir en fils de Dieu. Il n’y a pas d’autre façon.

Il est certain que tous les êtres humains, sans exception, sont des fils du diable, comme nous l’a dit Notre Seigneur Jésus, le Christ. Jésus ne ment pas, il dit la vérité. Ainsi devons-nous faire nous-mêmes : marcher avec fermeté et dire la vérité, dire ce qui est et rien d’autre que ce qui est, coûte que coûte.

Q – Mais pour nous qui pratiquons le Maïthuna, comment pouvons-nous avoir des enfants qui ne soient pas du diable ?

R – Comme vous êtes anxieux d’avoir des enfants qui ne soient pas du diable ! Vous êtes toujours des diables et vous voulez avoir des enfants qui ne soient pas du diable… Pensez-vous qu’il soit possible, tout en étant des diables, d’avoir des enfants qui ne soient pas du diable ? Le mieux à faire, si tu veux avoir des enfants de Dieu, c’est de cesser d’être un diable, parce que le diable ne peut pas avoir des enfants de Dieu. Le diable est le diable, et ce qu’il engendre, ce sont des petits diables, que cela nous plaise ou non.

Q – Maître, la Clavicule de Salomon sert-elle exclusivement à évoquer des entités ténébreuses ou peut-on aussi l’utiliser pour invoquer les Etres divins ?

R – On peut, à l’aide de la Clavicule de Salomon, invoquer les Anges, les Dieux saints. Au Moyen Age on utilisait les Clavicules pour évoquer les entités de l’Abîme. Mais il faut énormément de courage pour effectuer ce type d’évocations. Elles sont très dangereuses, et si un individu n’a pas encore la stature d’un Adepte, d’un Mage, il pourrait lui arriver ce qui est arrivé à un ami : trois jours après il mourait… Il n’est pas superflu en ce moment de rappeler ce qui s’est passé au Costa Rica : le cas de cette prostituée qui vivait constamment en état d’ébriété, de taverne en taverne. Et bien que ses propos soient plutôt grossiers, je les répéterai pour le bien de la grande Cause. Elle disait : « Je couche tous les jours avec quinze, vingt hommes, et si le diable en personne m’apparaissait, je coucherais avec lui aussi ». On raconte – tout le monde connaît cette histoire dans un village du Costa Rica – qu’un beau jour quelqu’un qui avait l’air d’un marin vint voir cette femme ; il coucha donc avec elle. Après qu’ils eurent accompli l’acte sexuel, la femme alla s’asseoir sur le seuil de son horrible logis. Assise là, elle regardait les gens passer… Soudain, elle entendit une voix qui l’appelait. C’était le marin. Il lui dit : « Tu ne me connais pas. Tu crois que tu me connais parce que tu as dormi avec moi, mais tu te trompes, tu ne me connais pas. Retourne-toi et regarde à l’intérieur pour me connaître sous mon vrai visage ». Elle se retourna et regarda. Que vit-elle ? Un véritable diable, terrible, Lucifer comme le dépeint la mythologie, dans toute son horreur cavernaire. La femme tomba sans connaissance. Elle mourut à l’hôpital quelques jours plus tard, non sans avoir pu évidemment raconter son histoire avant de mourir. Les gens qui lui ont porté secours affirmaient qu’il se dégageait de sa demeure une odeur de soufre.

Bon, que s’est-t-il passé exactement ? Eh bien, son propre Lucifer, qui était horrible, est intervenu pour son bien à elle. Il fut certainement envoyé par l’Ancien des Jours, par son propre Père, qui est en secret, et il se matérialisa physiquement. La leçon fut terrible pour cette femme : elle ne put résister, elle se désincarna. Nous pouvons être sûrs que lorsque cette femme reviendra, qu’elle prendra un nouveau corps, elle ne retombera jamais plus dans la prostitution. Il est même possible qu’elle emprunte le sentier de la chasteté, car la leçon qu’elle a reçue fut très amère ; c’est-à-dire que son Père qui est en secret a décidé de lui faire une opération chirurgicale. Oui, la grâce a utilisé comme canal cette partie de l’Etre qu’on appelle Lucifer, et il se peut même que cette femme en vienne plus tard à prendre le Chemin.

Q – Que devons-nous faire pour « blanchir » notre Lucifer ?

R – Détruire l’Ego, le réduire en poussière cosmique. Il faut le vêtir de blanc. Plus encore : il faut le revêtir de la pourpre des rois. Nous devons ressentir de la pitié pour notre pauvre Lucifer.

C’est lui qui nous donne l’impulsion sexuelle. Il faut que vous sachiez profiter de cette impulsion en clouant la lance dans votre flanc. Rappelez-vous que Lucifer est l’échelle pour descendre et qu’il est aussi l’échelle pour monter. Lisez La Divine Comédie de Dante, vous y trouverez une évocation détaillée de Lucifer dans la neuvième Sphère des infra-mondes.

Q – Maître, pourriez-vous nous parler du Feu luciférien ?

R – Cette question du Feu est réellement extraordinaire. Dans quelques-uns de mes livres, j’ai parlé sur le Feu luciférien, dans sa forme négative. Il nous reste maintenant à traiter du Feu créateur dans sa forme positive. C’est comme cela que nous devons donner l’enseignement : de manière didactique et dialectique, de façon pédagogique, progressive.

Nous avons donc parlé du Feu luciférien dans son aspect purement sinistre, fatal ; cependant, dans mon prochain « Message de Noël » 1970-71, qui s’intitulera Le Parsifal dévoilé, je traiterai du Feu luciférien dans sa forme transcendantale, positive.

La nature divine du Feu luciférien ne fait aucun doute, on lui attribue volontiers une essence archangélique. Du point de vue transcendantal, nous dirons qu’il s’est détaché du nimbe du Soleil et s’est fixé sur la Terre par la force de la gravité et le poids de l’atmosphère. Il est l’Azoth et la Magnésie des vieux alchimistes ; il est le Dragon volant de Médée, l’INRI des chrétiens, le Tarot des bohémiens… C’est un Feu extraordinaire, sans lequel il serait impossible – tout à fait impossible – de réaliser le travail dans la Forge des Cyclopes. La connexion du Lingam-Yoni ne pourrait s’effectuer sans le phosphore luciférien. Donc, partant de ce principe, il est clair que le travail dans la Neuvième Sphère serait irréalisable sans l’agent luciférien. Celui-ci n’est en soi ni bon ni mauvais ; tout dépend de l’usage qu’on en fait : si on l’emploie pour le bien, il est bon, et si on l’emploie pour le mal, il est mauvais. C’est comme l’électricité ; elle peut servir à éclairer les maisons, à alimenter les industries, etc., mais aux U.S.A. on l’utilise aussi pour la chaise électrique, pour tuer… L’électricité a donc un double usage, elle est bonne ou elle est mauvaise, dépendant de l’usage que les gens en font. Ainsi en est-il du Feu luciférien. Lucifer est le Prométhée des anciens Grecs, il est l’Ombre du Logos solaire, le Seigneur des sept Demeures, le gardien du Temple, qui ne laisse passer que ceux qui ont été oints par la Sagesse, ceux qui connaissent le Secret d’Hermès, ceux qui portent dans la main droite la lampe gnostique. Eux seuls ont le droit de pénétrer dans le Sanctuaire.

Lucifer est donc le fondement de l’auto-réalisation intime de l’Etre ; sans le Feu, l’auto-réalisation est impossible ; sans le Feu, il n’est pas possible de travailler dans l’Alchimie. Qui pourrait transmuter le plomb en or sans l’agent luciférien ? Le creuset pourrait-il faire l’oeuvre par lui-même ? En dessous du creuset il doit y avoir le Feu ardent ; sans le Feu l’auto-réalisation est impossible.

A l’aube du Mahamanvantara, le Logos solaire, voulant nous aider, a émané de lui-même, de sa propre réflexion, un Archange puissant qui est devenu le seigneur des sept Demeures. Je parle évidemment en langage allégorique : il ne s’agit pas d’un individu en particulier, mais du Feu, du Feu luciférien. C’est avec ce Feu, véritablement, que nous pouvons transmuter le plomb en or, que nous pourrons nous convertir en quelque chose de différent, en dieux terriblement divins.

Prométhée-Lucifer est le Maha-Asoura des Hindous ; c’est lui qui est descendu du Soleil pour se crucifier en notre monde. Les horribles vautours de la ratiocination (ratiociner = user de la raison, NdT) lui dévorent les entrailles et les flammes des passions humaines le brûlent épouvantablement. Voulant se manifester sur chaque monde, sur chaque planète, le Logos a émané de lui-même son ombre, son ministre, son Feu luciférien. De ce point de vue, je puis vous dire que le trône de Lucifer est l’échelle du Seigneur et que l’aspect supérieur de Lucifer est le visage du Logos solaire. Demonius est Deus inversus, c’est-à-dire « le démon est Dieu inversé », comme disent les anciens.

Je crois qu’avec cela tu comprendras ce qu’est le Feu luciférien, mon estimable frère : Prométhée enchaîné au dur rocher du Sexe, Prométhée souffrant pour l’humanité. A l’intérieur de ce grand incendie auquel nous pourrions comparer Lucifer, il y a des anges et il y a des diables, des colonnes de dieux et de démons. Rappelons-nous les Agnishvattas, les Seigneurs de la flamme, qui vivent dans le côté positif de la force luciférienne divine. Dans l’autre face de cette force nous trouvons les ténébreux lucifériens – les déchus de l’antique Terre-Lune -, le hanasmussen Lucifer, lugubre et horrible. Ainsi donc, dans le Feu il y a tout : des anges et des diables. C’est la nature même du Feu.

Q – Maître, s’il faut blanchir notre Lucifer, le faire resplendir, ne peut-il lui-même collaborer afin qu’on puisse le convertir en ce Lucifer exalté ?

R – Il collabore au moyen de la tentation, comment pourrait-il collaborer autrement ? La tentation est feu, mais le triomphe sur la tentation est lumière. Si l’on vainc la tentation, on vainc Lucifer. En le vainquant, on monte sur le corps même de Lucifer, on s’élève sur son dos. Rappelez-vous que dans La Divine Comédie Dante et Virgile descendent au fond du puits par les flancs du Seigneur Lucifer et en remontent par ses flancs. Lucifer est une échelle pour descendre, Lucifer est une échelle pour monter. Si nous triomphons de la tentation, nous nous élèverons sur le dos même de Lucifer. Celui-ci nous soumet à la tentation afin que nous puissions nous élever. Pensez au Christ déguisé en Lucifer : qu’il est grandiose, Christus-Lucifer, qui nous offre une échelle pour que nous montions !

Q – Maître Samaël, on dit que lors de la séparation des sexes ce ne sont pas tous les Maîtres qui tombèrent et que ceux qui n’étaient pas tombés purent continuer leur chemin. Je voudrais savoir si tout Maître doit tomber un jour ou l’autre, dans un Mahamanvantara ou un autre ; est-ce que la chute est inévitable ?

R – L’épisode auquel tu fais allusion est celui de la révolte des Anges. Mais il faut distinguer ce qu’est une chute de ce qu’est une descente. Nombreux sont ceux qui confondent descente et chute : comme dans le premier cas l’Initié descend au neuvième Cercle dantesque pour y travailler avec le Feu et l’Eau, origine des mondes, origine des bêtes, hommes et dieux, cela prête à confusion, on peut interpréter cette descente aux enfers de façon erronée. Il ne faut donc jamais confondre une chute avec une descente.

Dans toute genèse, dans toute naissance d’un univers, il y a toujours des chutes et des descentes. Les Elohim doivent descendre et il arrive parfois qu’ils tombent, mais en tout cas il faut qu’ils descendent, pour pouvoir ensuite remonter, s’élever victorieusement. C’est-à-dire que toute ascension est précédée d’une descente ; toute exaltation est précédée d’une épouvantable et terrible humiliation. Sinon où serait le mérite ?

Q – Vous avez déjà parlé de la distinction qu’il convient de faire entre AElohim et Elohim. Pourriez-vous le réexpliquer ?

R – AElohim est l’Eternel Père cosmique commun, l’infinitude qui soutient tout, l’Omnimiséricordieux, l’Absolu ineffable. Elohim est la seconde unité, l’Un manifesté, l’ost des dieux créateurs, l’armée des androgynes divins qui ont créé l’Univers, c’est-à-dire l’Armée de la Parole, l’Armée de la Voix, le Verbe. L’Elohim qui s’immerge dans le sein de l’Eternel Père cosmique commun, au sein de l’Absolu, est appelé dès lors un Paramartasatya. Un Paramartasatya est quelque chose d’ineffable, d’impossible à comprendre de prime abord. Un Paramartasatya est au-delà du bien et du mal, au-delà de la personnalité, de l’individualité et du Moi. Le Paramartasatya est transparent comme le cristal, terriblement divin. Très rares sont ceux qui réussissent à se convertir en Paramartasatyas.

Q – Maître, quand ils commencent sur le Sentier, plusieurs gnostiques ressentent de grandes déceptions, car lorsqu’ils travaillent dans la Neuvième Sphère, par exemple, et qu’ils luttent pour annihiler leurs agrégats psychiques, leurs Egos, ils ne voient pas de résultats positifs immédiats. Si ces résultats ne sont pas immédiatement visibles, est-ce parce que les néophytes ne sont pas assez conscients pour les remarquer à mesure qu’ils se produisent ?

R – Ce que tu dis est très vrai : oui, c’est exact, les néophytes veulent des résultats tout de suite, et les choses ne sont pas comme les veut le mental, mais comme elles sont. On ne peut pas avoir de résultats immédiatement, il faut travailler pour cela. Mais les résultats surviendraient qu’on ne pourrait les percevoir, tant qu’on n’a pas éveillé la conscience. Ce n’est effectivement qu’en éveillant notre conscience que nous pouvons peu à peu nous rendre compte des résultats. C’est là un labeur de toute une vie, cela ne s’obtient pas du jour au lendemain. Il y a des périodes de terrible solitude, les plus grands Initiés ont parlé de cette solitude : nous connaissons ainsi la nuit spirituelle d’un Beethoven, la nuit spirituelle d’un Mozart, la nuit spirituelle d’un Jésus de Nazareth, la nuit spirituelle d’un Hermès Trismégiste… Il s’agit de périodes où l’on se voit dans la plus affreuse solitude, coupé de toute spiritualité. On ne nous reçoit pas en haut parce qu’on ne le mérite pas ; et on ne veut plus de nous en bas non plus, parce qu’on est devenu un ennemi du Moi psychologique. Bref, nous traînons comme des malheureux dans la lie de la Terre. La majorité échoue en ces époques de la nuit spirituelle. Les quelques qui réussissent à résister peuvent passer à travers et triompher. Mais rares, je le répète, sont ceux qui réussissent à surmonter cette très dure épreuve.

Q – Pourriez-vous nous dire quelles sont les caractéristiques, les manifestations de cette « nuit spirituelle », afin que nous ne la confondions pas avec autre chose au moment où nous y serons confrontés ?

R – Ses manifestations pratiques et concrètes sont les suivantes : manque d’illumination intérieure, ennui, échec sexuel, désespoir accru, haut degré de matérialité… Pas un seul rayon de lumière, ni la moindre note d’espoir : le monde sensoriel, rien d’autre, jusqu’à satiété… Voilà donc les principaux « symptômes » de la nuit spirituelle.

Q – Combien de temps dure cette nuit spirituelle et est-ce qu’hommes et femmes la vivent de la même façon ?

R – La nuit spirituelle est semblable pour tous, hommes et femmes. Elle peut durer des mois comme elle peut durer plusieurs années : le temps varie… La plupart fuient, s’adonnent à la boisson, cherchent des refuges, des échappatoires. Rares sont ceux, je le répète encore, qui ont suffisamment de force et de ténacité pour aller jusqu’au bout. Ceux qui persévèrent malgré tout seront sauvés, ils parviendront à l’illumination ; ceux qui persévèrent avanceront sur le sentier de l’Initiation.

Q – Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui traversent cette épreuve, pour qu’elles puissent en sortir le plus tôt possible ?

R – Au milieu de la solitude et du silence, au milieu de la douleur et de la viduité, devant le sentiment d’ennui mortel, de vacuité, il n’y a qu’un seul recours : la voie de la méditation. Quand le mental est tranquille, quand le mental est en silence, survient alors quelque chose de nouveau. Il faut épuiser le processus de la pensée, pendant la méditation. C’est quand ce processus est épuisé que survient le nouveau, quelque chose de neuf. Si nous réussissons à réaliser en nous – dans notre mental – l’irruption du Vide illuminateur, nous recevrons l’illumination et cela nous réconfortera énormément. Aux temps de « rigoureuse tentation », comme disait le Père Diego de Molina dans son Guide spirituel, il faut nous adonner à l’introspection, nous plonger en profonde méditation. Ceux qui veulent sortir victorieux de la nuit spirituelle doivent donc s’en remettre à la méditation profonde.

Q – Maître, vous êtes en train de nous dire que la méditation consiste, à toutes fins pratiques, à « mettre le mental en blanc ». Mais n’y a-t-il pas un autre type de méditation qui est au contraire très dynamique et qui consiste à se concentrer sur un thème, sur une pensée, ce qui implique une dynamique mentale ? Y aurait-il donc deux types de méditation ?

R – Il y a plusieurs formes de méditation, mais si ce que nous voulons c’est appréhender le Réel, si ce que nous voulons c’est expérimenter la Vérité, si nous voulons sentir dans notre psychisme cet élément qui transforme radicalement, nous avons besoin de la quiétude et du silence du mental. Il ne s’agit pas de « mettre le mental en blanc », parce que c’est en soi une chose absurde. Ce qu’il faut, c’est parvenir à la quiétude et au silence du mental, ce qui est différent. « Mettre le mental en blanc » s’avère au fond – pardonnez-moi le mot – quelque peu stupide. Il faut plus que cela, il faut atteindre la quiétude et le silence du mental : lorsque le processus de la pensée est épuisé, le mental devient naturellement tranquille et silencieux, et alors vient ce qui est nouveau.

Il ne s’agit donc pas de se battre contre les pensées qui surgissent, pour que le mental devienne tranquille. Non, il s’agit plutôt de contempler ces pensées et de les comprendre ; de contempler intelligemment ces désirs qui nous assaillent, de contempler et de comprendre tous les souvenirs qui se présentent au mental. Quand nous comprenons tout ce qui se présente à notre entendement, nous ne pouvons plus dire alors une seule parole. Supposons que vienne à l’esprit le souvenir d’une scène de colère à la maison. Que devons-nous faire ? Essayer de la comprendre. Quand nous l’aurons comprise, elle disparaîtra d’elle-même, nous l’oublierons. Puis surgit un autre souvenir : une conversation avec notre père ou notre mère ou avec le voisin. Que faire ? La repousser, la chasser ? Absurde ! Alors quoi ? Méditer et comprendre. Une fois cette scène comprise, nous l’oublierons. Survient encore le souvenir d’une partie de football. Qu’allons-nous faire ? La rejeter ? Cela ne servirait à rien. La seule chose à faire c’est de comprendre la futilité de ce souvenir, l’inutilité de cela dans le cadre de la méditation. Une fois que nous aurons compris cela, le souvenir s’évanouira de lui-même, nous l’oublierons.

Ainsi donc, tout ce défilé des pensées, désirs, sentiments, souvenirs, préoccupations, a un commencement et une fin. Lorsque ce ruban de souvenirs, pensées, désirs et émotions a cessé de se dérouler, le mental devient tranquille et silencieux ; c’est alors que survient du nouveau. Et si cela ne survient pas ? Si, malgré que nous croyions être dans un état de quiétude et de silence, rien n’arrive, à quoi devons-nous en imputer la cause ? Tout simplement au fait que nous n’avons pas atteint la quiétude absolue dans tous les niveaux du mental. Il ne nous reste plus alors d’autre remède que de descendre jusqu’aux niveaux les plus profonds. Je veux dire qu’une fois que nous avons atteint la quiétude au niveau purement intellectuel, nous devons passer au second niveau, et là réprimander sévèrement le mental, l’interroger, lui demander pourquoi il se comporte ainsi, pourquoi il ne veut pas rester en silence. Le mental répondra par des pensées absurdes, par des sophismes. Nous devrons tenter de lui faire comprendre sa futilité ou sa vanité, et quand nous aurons atteint la quiétude mentale à ce niveau, nous passerons à un troisième niveau, afin de faire comprendre au mental, à ce troisième niveau, la nécessité de demeurer tranquille. Et ainsi de suite, de niveau en niveau, jusqu’au quarante-neuvième. Si nous réussissons, si nous parvenons à faire obéir chacun des quarante-neuf niveaux, le mental alors restera tranquille et en silence. A ce moment-là l’Essence se « désembouteille » de l’intellect pour expérimenter « Cela » qui transforme radicalement : ce qui est neuf, ce qui est réel. C’est de cette façon que nous sortons peu à peu victorieusement de la nuit spirituelle.

Encore une fois, il n’est pas question de « mettre le mental en blanc », car c’est une entreprise vaine et absurde qui ne donne aucun résultat concret, mais plutôt d’obtenir la quiétude et le silence du mental, chose bien différente. Et si, malgré tous nos efforts, le mental ne veut pas rester tranquille et silencieux, nous devons le récriminer, le gronder, lui faire voir son erreur, le châtier même, et il ne lui restera plus en fin de compte d’autre issue que de se soumettre, de garder la quiétude et le silence. Nous entrerons alors en extase, en Samadhi ; l’Essence se libérera de l’intellect pour expérimenter le Réel. C’est ainsi, en vérité, que nous réussirons à sortir de la nuit spirituelle.

Q – Maître, au sujet de la parole de Jésus-Christ : « il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des Cieux », pourriez-vous nous dire en quoi la richesse matérielle s’oppose à la révolution spirituelle ?

R – Indubitablement, Jésus de Nazareth ne fait pas allusion dans cette phrase aux biens matériels seulement, mais à l’aspect intellectuel. Beaucoup de gens ont l’intellect « riche » et ils n’éprouvent jamais la moindre attirance, le moindre intérêt pour les questions spirituelles. C’est dans ce sens qu’il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des Cieux.

D’autres ont une mentalité toute simple, non artificielle ; ces gens-là entrent beaucoup plus facilement sur le Chemin. Ainsi donc, les paroles du Maître Jésus ne se réferent pas exclusivement aux biens terrestres, mais à la question intellectuelle.

Il est par contre bien certain et très vrai qu’il y a des avares, des individus qui ont accumulé des richesses et qui n’entreront jamais sur le Chemin parce qu’ils sont trop attachés à leurs biens. La parole évangélique s’applique aussi à eux. Toutefois, on peut avoir des richesses, on peut avoir de l’argent sans que cela nous empêche d’entrer dans le Royaume des Cieux. Prenez par exemple le comte de Saint-Germain, qui possédait des richesses incalculables ; ou Cagliostro, qui pouvait transformer le plomb en or et fabriquer des diamants de la meilleure qualité. L’un comme l’autre disposaient de tous les biens de la Terre ; ils étaient néanmoins dotés d’une formidable spiritualité, car ils étaient des Maîtres ressuscités. Ainsi donc, la question n’est pas d’avoir ou de ne pas avoir de biens matériels, mais de savoir les administrer, de ne pas s’y attacher. Le comte de Saint-Germain l’a enseigné par son exemple : il apparaissait soudainement comme un homme immensément riche, multimillionnaire, comme lorsqu’il se présenta au roi Louis XV ; mais peu de temps après on l’apercevait dans une mansarde, vivant parmi les pauvres, et ce n’est pas parce qu’il n’avait pas d’argent, parce qu’il n’avait pas de richesses. Le gouvernement français de l’époque le fit appeler pour lui offrir un emploi : il refusa. « Je n’ai pas besoin d’emploi, dit-il, je vous remercie beaucoup. Je suis un prince et je dispose d’une immense fortune… » Ce qui déconcerta évidemment tout le monde. Lorsqu’il se désincarna, ou plutôt lorsqu’il se fit passer pour mort – car il ne s’est pas désincarné -, on prétendit que son plus proche disciple le vit dans un taudis fabriquant des encres qui servaient à peindre les cierges, malade, affligé de la goutte et je ne sais quoi d’autre. Puis on dit qu’il mourut. On le transporta au cimetière. Un peu plus tard, lorsqu’on rouvrit la tombe, elle était vide : les restes de Saint-Germain ne s’y trouvaient pas. Il réapparut d’ailleurs à Paris des années après, tout à fait vivant et étonnant tout le monde. Ainsi donc, ces Maîtres se font passer pour morts quand ils le veulent et ils se servent de tous les biens de la Terre sans s’attacher à rien.

En vérité, le grand Kabire Jésus ne se réfere donc pas uniquement aux biens terrestres, mais aussi aux « biens » de l’intellect. Beaucoup de gens ont un intellect puissant, mais la spiritualité ne les intéresse pas, l’ésotérisme ne les intéresse pas, leur mental est trop compliqué. Il y en a d’autres qui ont des biens terrestres et ils sont si attachés à leurs biens que la spiritualité ne les intéresse pas non plus, parce qu’ils aiment leurs biens plus que toute autre chose. Mais les biens matériels ne sont pas les seuls biens qui peuvent nous empêcher d’accéder à la Gnose : nous devons élargir le concept pour y inclure aussi les valeurs intellectuelles.

Q – Maître Samaël, vous avez sûrement constaté que plusieurs étudiants prétendent oeuvrer dans la révolution spirituelle mais ne veulent rien savoir des groupes. Cela ne semble pas les intéresser de venir aux Lumisiaux gnostiques, ni de participer aux chaînes ou autres travaux ésotériques de la Deuxième Chambre avec les frères. Ils veulent plutôt accomplir leur révolution intérieure de façon individuelle. Que pensez-vous de cette attitude ? Est-ce convenable ?

R – L’auto-réalisation est une chose très personnelle, individuelle, propre à chacun. Nous devons cependant tenir compte des trois facteurs indispensables à la Révolution de la Conscience. Naître : ce n’est possible qu’en travaillant dans la Forge des Cyclopes. Mourir : il s’agit du travail de dissolution du Moi psychologique. Mais il ne faut pas négliger le troisième facteur : le sacrifice pour l’humanité. Nous sacrifier pour l’humanité, c’est de l’amour. Nous devons, d’une façon ou d’une autre, lutter pour nos semblables. Dans les sanctuaires gnostiques, par exemple, dans les Lumisiaux, il y a des occasions de sacrifice. Ainsi, par le fait de participer à une chaîne de guérison, pour concourir à guérir des personnes à distance, nous rendons un service désintéressé, non personnel. En faisant partie d’un sanctuaire, nous aidons les autres avec nos énergies ; parce que dans chaque sanctuaire se forme un centre magnétique spécial. Ce centre est évidemment une chose vitale pour la conscience, parce que dans ce centre on peut pratiquer la méditation, dans ce centre on peut stimuler l’Essence. C’est pourquoi ces centres sont si importants et déterminants pour la nouvelle ère du Verseau. Il est donc toujours opportun de faire partie d’un Lumisial, pas tant pour nous-mêmes que pour les autres.

Q – Maître, je vais vous exposer mon cas particulier : mes parents m’ont tout donné depuis que je suis au monde, gîte, vêtements, nourriture, ils m’ont payé mes études, etc., et me voici maintenant avec la Gnose. Je n’ai pas encore pu leur rendre ce que je leur dois, les payer pour leur peine, pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. A présent je ne sais plus quoi faire : retourner chez eux ou continuer à transmettre la Gnose. Que dois-je faire ?

R – Le grand Kabire Jésus a donné une réponse très claire à cette question. Demandant à quelqu’un de le suivre, celui-ci lui dit : « Maître, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père, qui vient de mourir ». Jésus lui répondit : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Pour toi, suis-moi et va publier le Royaume de Dieu ». De sorte qu’il ne reste pas d’autre issue que de suivre le Christ Intime, n’est-ce pas ? C’est la vérité ! Et lorsque la femme de Loth s’est retournée pour regarder en arrière, au moment où elle s’éloignait avec son mari des villes de Sodome et de Gomorrhe frappées par le feu du ciel, on dit qu’elle fut transformée en statue de sel. Et le grand Kabire nous avertit sur la fin des temps en ces termes : « Que celui qui sera aux champs ne retourne pas à la ville et que celui qui est sur la terrasse et aura ses affaires dans la maison n’en descende pas pour les prendre, qu’il ne se retourne pas… ». En un mot, Jésus nous avertit de la nécessité de marcher en direction de ce vers quoi nous devons marcher. Cela pourra paraître un peu cruel, mais c’est là, assurément, le chemin du Surhomme, et il n’y a pas d’autre chemin.

Q – Je ne suis donc pas en train de commettre une erreur en ce moment ?

R – Eh bien ! tu n’es pas en train de commettre une erreur puisque en ce moment tu suis le sentier du Christ intime. Et il ne faut pas reculer !

Q – Maître, les femmes se demandent pourquoi, dans les questions spirituelles, on semble souvent les reléguer au second plan. Qu’est-ce qu’une femme peut atteindre si elle travaille avec les trois facteurs de la Révolution de la Conscience ?

R – Je ne vois pas pourquoi on voudrait reléguer les femmes au second plan. La réalité crue des faits c’est que la femme a exactement les mêmes droits que l’homme à la Réalisation, cela va de soi. Elle peut, tout comme l’homme, fabriquer les Corps existentiels supérieurs de l’Etre. Elle doit aussi incarner son Ame humaine, tout comme l’homme. Elle doit parvenir à épouser son Bouddhi, son Bien-aimé, tout comme l’homme. Ainsi donc, il n’y a aucune raison pour reléguer la femme au second plan.

En outre, c’est un fait avéré que les personnes qui sont des femmes dans le monde physique sont des hommes dans l’astral et vice-versa : ceux qui dans notre monde sont des hommes, sont des femmes dans l’astral, que cela leur plaise ou non.

Q – Certains directeurs de centres gnostiques ont l’air de penser que les groupes qu’ils dirigent leur appartiennent en propre. Que pensez-vous de cette attitude ?

R – Dans le Grand-Oeuvre du Père, nous devons tous oeuvrer de façon désintéressée. Les idées passent, les personnes passent, les choses passent ; rien ne nous appartient, nous ne possédons rien, la seule « chose » réelle, immuable, qui ne passe pas, c’est l’Etre. Par conséquent, nous croire le propriétaire d’un groupe déterminé, c’est une marque d’égoïsme et d’ignorance parce que, je le répète, les personnes passent. Les gens qui sont aujourd’hui avec nous, demain ne seront plus avec nous. Il est donc absurde de prétendre nous approprier les personnes. Dans le Mouvement gnostique, nous devons tous travailler de manière désintéressée, pour le bien commun. Nous faisons tous partie d’une grande armée qui s’appelle l’Armée du salut mondial.

Q – Maître, pourquoi avez-vous dit qu’il y a des Ames qui vivent dans le monde des Causes sans avoir créé de Corps causal ?

R – Il s’agit d’Ames qui n’ont pas encore accompli le Grand-Oeuvre et qui néanmoins vivent dans le monde Causal. Comme ces Ames n’ont pas réalisé le Grand-Oeuvre, elles n’ont pas créé leurs Corps supérieurs.

A l’aube, à l’aurore de tout Mahamanvantara apparaissent les auto-engendreurs, les auto-engendrés et les non-engendrés. Les premiers sont ceux qui sont capables de s’engendrer eux-mêmes et qui ont créé leurs Corps ; les auto-engendrés sont ceux qui se sont déjà engendrés ; et les non-engendrés sont ceux qui n’ont pas créé leurs Corps. C’est-à-dire que ceux qui ont les Corps et ceux qui n’en ont pas surgissent du Grand Invisible à l’aurore de la création, et ils vivent dans le monde Causal.

Créer les Corps est indispensable. Si vous ne les avez pas encore créés, vous pouvez le faire. Pour créer les Corps, il faut réaliser le Grand-Oeuvre. Dans le monde Causal nous rencontrons des millions d’Ames qui n’ont pas encore créé leurs Corps, qui n’ont pas fait le Grand-Oeuvre. L’Homme Causal les reconnaît à première vue. Ces Ames obéissent à l’Homme Causal, mais elles n’ont pas encore accompli le Grand-Oeuvre. Elles attendent le moment opportun pour s’incarner et accomplir le Grand-Oeuvre.

Q – Maître, j’ai entendu parler d’une coutume haïtienne insolite : les gens pleurent quand un enfant naît et ils font une fête à la mort de quelqu’un. C’est une coutume intéressante, n’est-ce pas ?

R – Oui, en effet ! Il y a là une certaine forme de compréhension. Réellement, on ne devrait pas pleurer devant la mort. Le processus de la mort est aussi naturel que celui de la naissance. Cette coutume que tu évoques exprime qu’il est même plus douloureux de naître que de mourir. En naissant, nous venons dans le monde pour y souffrir ; en mourant, nous quittons ce cloître d’amertumes. C’est pourquoi ils fêtent lorsque quelqu’un s’en va. Oui, cela manifeste de leur part une certaine compréhension.

Q – Maître, êtes-vous végétarien ?

R – Je suis arrivé par expérience directe à la conclusion que ce système d’alimentation est inutile ; c’est pourquoi je ne suis pas végétarien. Je considère que les protéines animales ne peuvent être remplacées par les protéines végétales. Nous pourrions essayer de consommer des aliments comme l’avocat – dont Yogananda affirme qu’il peut remplacer la viande -, et nous nous apercevrions qu’en réalité ces aliments ne peuvent remplacer la viande. Cela ne veut pas dire que nous devons être carnivores à cent pour cent, car ce serait absurde. Nous avons besoin d’une diète diversifiée. Mais il nous faut au moins 50 % de chair animale (ce pourcentage sera rectifié plus tard, NdT) parmi nos aliments. Ainsi nous vivrons bien. Mais si nous suivons le système végétarien, nous échouerons inévitablement. Voilà ma réponse.

Q – Les jeûnes de trente à quarante jours sont-ils à conseiller, sont-ils bons pour la santé ou non ?

R – Des jeûnes de quarante jours ? Seulement pour des Maîtres comme Jésus de Nazareth. Mais n’importe quel « fils du voisin » qui s’adonne à un jeûne comme celui-là, eh bien ! il peut en mourir, et ce serait dommage d’avoir à chanter avant le temps un Requiem in pace à l’un de nos pauvres frères gnostiques. C’est pourquoi ces jeûnes prolongés ne sont pas recommandables. Cependant on peut effectuer des jeûnes à certains moments, mais la durée maximum serait de neuf jours, à condition d’avoir une bonne santé, et préférablement après un examen médical. En fait, jeûner c’est un luxe que bien peu de gens peuvent s’offrir…

Q – Si ceux qui pratiquent le végétarisme absorbent les protéines animales que contiennent le lait et ses dérivés, les oeufs, etc. – ce qui est un modèle préconisé par certains auteurs qui excluent d’autre part la viande parce que trop protéinée – comment pourraient-ils se sentir faibles ?

R – Tout ce que disent sur la question les auteurs qui s’y intéressent ou ce qu’affirment en général les diverses écoles qui défendent d’une manière ou d’une autre le système végétarien, tend évidemment à justifier ce système.

La réalité crue des faits est que rien ne peut remplacer la protéine de la viande, même si on forge d’innombrables théories affirmant le contraire. Les protéines de la viande sont le fondement de la vie cellulaire organique. Par conséquent, éliminer la viande de notre alimentation afin de satisfaire à telle ou telle théorie, parce que telle ou telle hypothèse soutient que telle substance ou telle autre peut remplacer la protéine de la viande, s’avère tout à fait absurde.

Lorsque j’étais végétarien, j’ajoutais foi à toutes ces théories et j’ai expérimenté tous ces systèmes, toutes ces méthodes qui préconisent divers aliments pour remplacer la viande, et au nom de la vérité je dois vous dire que ces systèmes n’ont pas marché du tout. En outre, j’en ai vu mourir plusieurs autour de moi ; j’ai connu beaucoup de végétariens fanatiques, or jamais je n’en ai vu un seul en santé, ils étaient tous malades…

Q – Est-ce que certaines plantes hallucinogènes, comme la marihuana, peuvent aider à parvenir plus rapidement au dédoublement astral ?

R – Les drogues en général s’avèrent beaucoup plus préjudiciables qu’utiles. La marihuana et les autres drogues sont cent pour cent subjectives. Certes, il est possible, au moyen des pouvoirs des champignons hallucinogènes ou du L.S.D., par exemple, d’obtenir une espèce de dédoublement, mais ce dédoublement est de type subjectif et infrahumain, c’est-à-dire que l’on va dans les infra-dimensions de la nature et du cosmos ; il ne conduit pas à l’authentique illumination objective transcendantale. Les drogues mènent donc à l’échec.

Q – Mais n’avez-vous pas déjà parlé du peyotl comme susceptible de favoriser précisément le dédoublement astral conscient ?

R – Avec le peyotl c’est différent. Le peyotl coopère avec la méditation et il n’engendre aucune espèce d’habitude. Mais le rite du peyotl est très exigeant. Il requiert la chasteté ; le peyotl n’aidera jamais, par exemple, les personnes luxurieuses. Il a ses « règles ».

Le Maître Huiracocha parle aussi du peyotl dans ses oeuvres ; il raconte ainsi comment le Maître Rasmussen, à l’intérieur du temple de Chapultepec, l’a utilisé pour provoquer le dédoublement conscient. C’est la seule plante recommandable, mais elle est pour les Hommes cosmiques, à condition de ne pas en abuser. Un étudiant qui voulait y avoir recours une troisième fois, après avoir reçu diverses instructions, fut rappelé à l’ordre par les Seigneurs du Karma : on lui défendit de continuer à en prendre, en d’autres mots d’en abuser.

Ainsi donc, le peyotl peut être utile, mais il faut savoir en user et ne jamais en abuser. Des autres drogues, je n’ai rien à dire. Le peyotl quant à lui ne peut être considéré comme une drogue ; c’est une plante inoffensive qui ne crée pas d’accoutumance et qui peut coopérer avec la méditation, quand on sait méditer. Quelqu’un pourrait consommer beaucoup de peyotl et n’avoir aucun résultat ; un autre pourrait mâcher un petit morceau, quelques grammes, et obtenir un résultat extraordinaire. Le tout, c’est de savoir méditer. Le peyotl coopère avec celui qui sait méditer, il l’aide, mais comme il ne peut être obtenu que dans certains régions du Mexique – et avec difficulté -, nous ne pourrions donc en recommander l’usage.

Q – Nous pouvons constater, de jour en jour, un intérêt sans cesse croissant des gens envers les enseignements de type ésotérique. Mais ces enseignements sont donnés le plus souvent par des personnes qui ne savent pas ce qu’elles disent, qui spéculent à qui mieux mieux ; il y a beaucoup de spéculations sur tout, par exemple sur la question des communications interplanétaires, des extra-terrestres…

R – Incontestablement, on a beaucoup parlé des « soucoupes volantes ». Depuis la Seconde Guerre mondiale, plus précisément, les journaux du monde entier ont largement traité du phénomène des soucoupes volantes ou OVNIS. Dès le début des années 50, notamment dans la première édition de mon livre Le Mariage Parfait, j’ai déclaré que ces disques volants étaient des vaisseaux cosmiques manoeuvrés par des habitants d’autres mondes, étant alors l’une des premières personnes à dire cela au monde. Les gens évidemment ne l’ont pas cru, ils se sont moqués de moi et me considéraient comme fou… Mais depuis lors, il y a eu ici et là, partout, de nombreux témoignages de personnes qui sont même entrées en contact direct avec des gens d’autres mondes.

Je ne veux pas dire que les récits d’observations de soucoupes volantes sont cent pour cent authentiques ; il y a naturellement des faussaires, des gens qui exploitent par des truquages la crédulité du public en général, qui par exemple projettent dans les airs des sphères, des disques éclairés, et les photographient, etc. Nul doute qu’à côté de la lumière il y a toujours les ténèbres. Entre le solennel et le ridicule, il n’y a qu’un pas, bien souvent. Mais la question des disques volants n’en perd pas pour autant son intérêt et sa réalité. Ici même, à Mexico, me trouvant un jour au sommet de la « Tour Latine » avec un groupe de personnes, nous avons aperçu un vaisseau cosmique ; nous prenions tranquillement un café, quand l’une des personnes présentes attira notre attention sur un point lumineux dans le ciel. Ce point grossit et nous distinguâmes bientôt un vaisseau interplanétaire volant à basse altitude au-dessus de la capitale du Mexique, s’approchant même passablement de la Tour Latine. Il resplendissait sous la lumière du soleil, car nous étions en plein jour. Le vaisseau s’immobilisa un moment, puis il repartit lentement, enfin il s’éleva verticalement, pour se perdre dans le ciel.

Nous avons donc été témoins du phénomène ; si nous avions eu une caméra, nous aurions pu photographier l’objet. Bien que beaucoup se moquent publiquement des disques volants, les faits sont là. Il n’y a pas très longtemps, peu après une émission à la télé où l’on dénigrait ces phénomènes, des gamins qui jouaient dans la rue, en face de chez moi, attirèrent mon attention. Je sortis pour voir de quoi il s’agissait. J’aperçus alors un vaisseau cosmique passant juste au-dessus de la maison, puis il s’éleva rapidement dans l’espace jusqu’à disparaître dans l’infini. Les voisins, qui étaient aussi sortis pour observer l’objet, durent se moquer du scepticisme des savants, car nous venions de voir de nos propres yeux un vaisseau spatial…

Un jour, je suis même entré en contact direct avec l’équipage d’un de ces vaisseaux cosmiques. Me trouvant dans le « Désert des Lions », non loin de la ville de Mexico, j’ai d’abord vu le vaisseau atterrir. Je me dirigeai donc, tout naturellement, vers l’endroit où je l’avais vu atterrir. Je finis par le découvrir ; en m’approchant, je constatai qu’il était posé sur une sorte de grand trépied ; je fus émerveillé par la forme ronde du véhicule. Une petite porte s’ouvrit et un passager descendit – que je supposai être le capitaine -, suivi de tout l’équipage. J’allai résolument vers le capitaine du vaisseau et lui dis tout de go : « J’aimerais que vous me conduisiez à la planète Mars ; ma Monade divine est le régent de cette planète. Mais je ne m’y suis pas encore rendu personnellement, physiquement ». Le capitaine ne broncha pas. Tout l’équipage s’assit alors dans l’herbe, à même le sol de la clairière où s’était posé le véhicule spatial, au coeur du Désert des Lions. On l’appelle « désert » parce qu’il y a peu de gens, mais ce n’est pas un désert en fait, c’est une forêt.

Parmi les membres de l’équipage figuraient deux femmes. Je pris de nouveau la parole, m’adressant toujours au capitaine : « Je suis écrivain, j’ai la mission d’aider l’humanité… Si je vous sollicite de m’emmener à d’autres planètes, ce n’est pas pour moi, mais pour l’humanité, et je voudrais qu’on m’emmène à la planète Mars… » « Mars ? Mais c’est juste à côté ! » me répondit enfin le capitaine, comme s’il s’était agi tout simplement de se rendre à Xochimilco (dans la banlieue sud de Mexico). C’était pour lui une demande plutôt incongrue.

Je repris : « C’est que je suis écrivain, je veux rapporter de ces autres mondes la culture, la civilisation, écrire à ce sujet pour aider l’humanité… Je ne suis pas un « animal intellectuel », je suis un homme, et je vous fais cette demande non comme le ferait un animal intellectuel, mais avec le sens de responsabilité dont un homme peut faire preuve, ce qui est très différent ». Le capitaine garda le silence. L’une des deux femmes prit finalement la parole, elle dit : « Si nous mettons une plante qui n’est pas aromatique près d’une plante qui est aromatique, il va de soi que la plante qui ne l’est pas s’imprégnera de l’arôme de celle qui l’est, n’est-ce pas ? » Je répondis : « Oui, c’est vrai ! » Elle poursuivit : « La même chose se passe avec les mondes de l’espace : des planètes qui auparavant allaient mal se sont peu à peu imprégnées de la vibration des planètes voisines ; c’est ainsi que des humanités égarées se sont transformées et fonctionnent aujourd’hui au diapason des humanités voisines, elles vont actuellement très bien… Mais nous venons de parcourir la planète Terre et nous voyons qu’il ne se produit pas le même phénomène ici. Que se passe-t-il donc sur cette planète ? » A cette question, je commençai par répondre : « C’est que cette planète est une erreur des dieux… ». Mais, réfléchissant un instant, j’arrondis ma réponse : « Ici, c’est le karma des mondes ». La dame acquiesça, de même que le commandant du vaisseau ; et tous furent d’accord.

Ces femmes et ces hommes étaient de véritables dieux avec des corps humains. Ils n’étaient pas des profanes communs et ordinaires, des humanoïdes, mais, je le répète, des êtres divins avec des corps d’êtres humains véritables. Ces gens ont des connaissances très profondes et sont hautement scientifiques.

Je me permis d’insister auprès du commandant : « Je veux que vous m’emmeniez », lui dis-je, et pour joindre le geste à la parole, je me rapprochai du véhicule spatial. C’était le matin et j’étais prêt à partir, mais le commandant donna finalement sa réponse : « Sur le chemin, nous verrons… », me dit-il. Je compris la réponse, je savais à quel chemin il faisait allusion : au chemin ésotérique. Je compris que l’on attendait que j’atteigne ce que nous appelons la résurrection ; lorsque j’aurai accédé à la résurrection – par laquelle doit passer tout Maître de la Fraternité Blanche, je pourrai alors me joindre à ce groupe.

J’appris aussi que ce vaisseau était un véhicule intergalactique et que ces gens étaient des voyageurs intergalactiques, des hommes et des femmes parfaits, des dieux avec des corps humains, comme je l’ai déjà dit, des créatures infiniment supérieures aux humanoïdes, aux animaux intellectuels qui peuplent la face de la Terre ; des créatures que les animaux intellectuels sont incapables de comprendre. Il n’y a pas de doute que ces homoncules rationnels qui se croient des hommes jugent très mal leurs semblables extra-terrestres, car ils ne sont pas préparés pour les comprendre.

Le capitaine se leva et se dirigea vers son vaisseau, suivi de son équipage ; ils montèrent dans la sphère volante. Je m’écartai un peu pour éviter d’être atteint par les radiations, puis le vaisseau décolla silencieusement et s’évanouit dans l’espace.

J’étais satisfait de la réponse qui m’avait été donnée.

Ces hommes et ces femmes avaient le teint cuivré, ils étaient minces et de taille moyenne ; ils possédaient une grande science et des capacités infiniment supérieures à celles des terriens.

Les extra-terrestres n’ont pas d’intentions malveillantes, ils ne veulent pas faire de mal aux gens ; ils étudient simplement la planète Terre et veulent aider l’humanité, dans cette phase critique que nous traversons actuellement.

Il se pourrait que je rejoigne bientôt ce groupe, et ce sera pour apporter ici, sur Terre, des preuves de l’existence de la vie sur d’autres planètes : des éléments minéraux, végétaux, voire des organismes vivants, que nous mettrons sur les tables des laboratoires scientifiques. Nous écrirons des textes et nous dévoilerons publiquement ces connaissances. Et nous fournirons des preuves pour étayer nos affirmations. Alors la pensée des gens se tournera vers ces autres mondes de l’espace infini ; car, au moyen de nos oeuvres et des preuves que nous aurons apportées, les gens projetteront leur mental vers ces autres mondes et attireront de façon magnétique la vibration de ces mondes, et ainsi, cette radiation imprégnera la Terre entière.

Il est nécessaire que la Terre s’imprègne de la vibration d’autres planètes. C’est ainsi que notre planète se régénérera. Il nous faudra évidemment subir les cataclysmes qui marqueront la fin de ce cycle, mais la vibration restera dans la Terre pour former ultérieurement un monde meilleur.

L’enseignement que je vous donne et celui que donnent ces émissaires extra-terrestres, forment un tout unique ; cet enseignement prépare l’avènement du monde futur.

Q – Ces êtres ont-ils atteint un degré de perfection comparable à celui du Christ, par exemple ?

R – Ce sont des hommes de type supérieur, des Hommes-Dieux. Mais il est préférable de ne jamais faire ce genre de comparaison. Néamnoins, nous pouvons assurer que ces hommes et ces femmes ont incarné le Christ cosmique ; ce sont des êtres supérieurs.

Q – Qu’est le Christ, essentiellement ?

R – Le Christ est un principe cosmique qui se trouve au-delà de l’individualité, au-delà de la personnalité et du Moi.

Le Christ proprement dit est cosmique, universel, et il se manifeste en tout homme qui est dûment préparé. Le Christ ne s’est pas exprimé uniquement à travers Jésus de Nazareth ; il s’est exprimé aussi, un jour, en Quetzalcoatl, et il s’est exprimé à travers Krishna, à travers Gautama, le Bouddha Shakyamuni, et à travers plusieurs autres hommes supérieurs, tels Hermès Trismégiste ou le Saint Lama. Il s’exprime toujours lorsqu’il y a des éléments prêts, lorsqu’il y a des hommes en lesquels il peut s’incarner.

Q – Le Christ est-il un Dieu ?

R – Il est ce qui est, ce qui a toujours été et ce qui sera toujours. Il est la vie qui palpite en chaque atome et en chaque soleil. Voilà ce qu’est le Christ. Nous ne pouvons donc pas le définir en disant qu’il est un Dieu. Il est cet agent merveilleux qui s’exprime à travers tout Dieu, ou à travers tout homme lorsque l’instrument est suffisamment raffiné.

Ainsi, ces habitants d’autres mondes, avec lesquels nous sommes entrés en contact, sont de véritables Hommes-Dieux, dans le sens le plus complet du mot.

Les gens cherchent à s’emparer des extra-terrestres. Pourquoi ? Pour leur ravir leurs vaisseaux, puis les armer avec le pouvoir atomique dans le but de détruire des villes sans défense ; après quoi ils voudront utiliser ces vaisseaux pour se lancer à l’assaut d’autres mondes habités.

Mais les extra-terrestres sont trop intelligents et lucides pour se laisser capturer, ce que les terriens n’apprécient pas ; les « habitants de la terre » préfèrent alors dire que les soucoupes volantes n’existent pas, qu’il s’agit d’une hallucination, d’une fantaisie, etc. Il y a toujours une justification pour tout dans la vie.

Si l’un de ces êtres était capturé, il serait sûrement assassiné. On porterait son corps dans un laboratoire afin de savoir de quoi il est fait. On s’emparerait de son vaisseau et l’on pourrait sans doute, assez rapidement, le reproduire à de nombreux exemplaires. Personne dès lors ne serait plus en sécurité sur la Terre. Les guerres seraient épouvantables, car ces vaisseaux, dotés d’armes nucléaires, seraient bien plus puissants que les avions supersoniques les plus perfectionnés. Pire encore : les terriens envahiraient d’autres planètes… Ce serait un désastre sans nom, une véritable tragédie !

Bref, l’humanité utiliserait ces connaissances pour le mal. Mais comme les extra-terrestres sont des êtres conscients et qu’ils connaissent les terriens, ils se tiennent à l’écart de ces barbares terricoles. Ils ne leur font aucun mal, ils ne les dérangent pas, préférant les fuir, car ils savent que les habitants de la Terre sont des êtres dangereux. Les extra-terrestres sont des individus de type supérieur que les terriens ne comprennent pas et ne comprendront jamais.

Ces gens qui viennent d’autres mondes, que font-ils donc sur Terre ? Ils étudient notre monde et effectuent toute une série d’expériences. Entre autres, ils sélectionnent les meilleures semences humaines en vue de former la sixième grande Race. Ils prennent des gens de notre monde pour les croiser avec des gens d’autres mondes.

Beaucoup de gens disparaissent actuellement, ils sont emmenés vers d’autres mondes, tels Ganymède, qui est un satellite de Jupiter, ou Mars, ou Vénus, ou même Jupiter, etc., afin d’être croisés avec des humanités planétaires différentes. La race humaine qui résultera de ces croisements sera ramenée sur Terre après le grand cataclysme. Ainsi donc, ces gens viendront sur une Terre renouvelée, purifiée, pour former la sixième Race-Racine. Par conséquent, la Jérusalem future, dont parle l’Apocalypse de saint Jean, sera habitée par un nouveau peuple, par un peuple saint…

Q – Ces femmes et ces hommes que l’on emmène, il s’agit de gens sains, n’est-ce pas ?

R – Des gens de toute sorte, des gens plus ou moins sains, parce qu’il s’agit d’extraire la meilleure qualité de semence pour la croiser avec celle d’autres races habitant d’autres mondes, afin d’implanter sur la face de la Terre un meilleur type d’humanité, l’humanité de l’avenir, l’humanité de la sixième Race-Racine. Cette nouvelle humanité qui peuplera une Terre transformée, rénovée, n’apparaîtra pas avant quelques siècles.

La première humanité qui ait habité notre planète, c’est la race Polaire, la race Protoplasmique ; puis vinrent les Hyperboréens ; la troisième race fut celle des Lémuriens, les habitants de Mu ; les Atlantes formèrent la quatrième race et les Aryens la cinquième, qui peuple actuellement la face de la Terre. La sixième race, qui est encore à venir, n’apparaîtra qu’après le grand cataclysme. La Fraternité Blanche universelle donne à cette race le nom de Khoradi.

Je parle entre autres de cette question des races dans mon prochain livre, La Doctrine secrète de l’Anahuac, qui constitue le « Message de Noël » 1974-75. Dans cet ouvrage j’expose aussi la doctrine ésotérique des anciennes tribus de l’Anahuac, car nous devons actualiser l’extraordinaire message du Seigneur Quetzalcoatl – qui est le Christ mexicain -, ainsi que la cosmologie des Nahuas, ces peuples qui vivaient sur les hauts plateaux du Mexique central. Nous devons divulguer cette doctrine secrète, faire connaître les grands Mystères qui ont fleuri dans le Mexique antique. Il y a là une profonde sagesse qui doit être diffusée sur toute la surface du globe, pour le bien de l’humanité.

Q – A quelle époque le Seigneur Quetzalcoatl a-t-il vécu ?

R – Des milliers d’années avant la découverte de l’Amérique.

Q – Maître, quelles sont les exigences pour faire partie de la sixième race Khoradi ?

R – Seuls ceux qui auront annihilé l’Ego pourront former le noyau de la sixième Race-Racine, car dans l’Age d’or de la sixième Race, nulle personne ayant l’Ego ne pourra prendre de corps physique. Une personne qui a des « entités subjectives », même si elle se trouve rendue à un haut degré initiatique, pourrait nuire aux autres, et c’en serait fait de l’Age d’or ; comme on sait, un seul fruit pourri dans un panier fait pourrir tous les autres. Ce ne serait pas juste qu’à cause d’une seule personne – si élevée soit-elle dans le processus initiatique -, l’Age d’or soit compromis. La Terre a déjà trop souffert avec la race humaine actuelle, elle mérite de se reposer un peu ; oui, la Terre souffre et elle a besoin d’une petite pause.

Une personne qui aurait accédé à la Maîtrise sans avoir dissous l’Ego totalement, pourrait être amenée à un autre monde de l’espace où elle pourrait rencontrer des conditions favorables à la poursuite de son développement vertical, après quoi, une fois libérée de l’Ego, elle pourrait revenir sur Terre. Mais chose certaine, dans l’Age d’or de la prochaine race, on ne donnera pas de corps à ceux qui auront encore l’Ego vivant.

Q – N’avez-vous pas déjà dit que ceux qui auront dissous 50 % de l’Ego pourront être amenés dans une île du Pacifique, avant la grande catastrophe ?

R – Ceux qui auront déjà dissous l’Ego ou une bonne partie de l’Ego pourront en effet achever de le dissoudre dans cette île protégée où se réfugiera un groupe de personne choisies. Ces personnes seront conduites secrètement à cette île du Pacifique où elles pourront donc terminer le travail de dissolution du Moi – si ce n’est pas encore fait à ce moment-là -, afin que lorsqu’apparaîtra le double arc-en-ciel et que surgiront des eaux de nouvelles terres, ces gens soient prêts à y aller.

Q – Ceux qui auront mérité de participer à ce nouvel exode pourront-ils aussi voyager dans ces vaisseaux cosmiques dont vous venez de parler ?

R – Oui, beaucoup seront emmenés dans ces vaisseaux cosmiques à l’île du Pacifique ou à d’autres planètes où ils seront croisés avec d’autres humanités planétaires. La race humaine qui résultera de ces croisements sera ramenée sur Terre quand arrivera l’heure de l’Age d’or et elle se croisera à son tour avec le noyau fondamental resté sur Terre ; de là sortira une humanité totalement renouvelée.

Q – Maître Samaël, jusqu’à quel point peut-on accepter les prophéties de Nostradamus au sujet des événements à venir ?

R – Nostradamus ne s’est jamais trompé. Mais il use de calculs qu’il faut savoir comprendre.

Les prophéties de Nostradamus se sont avérées exactes, elles se sont accomplies mathématiquement et elles continuent toujours de s’accomplir. C’est le seul astrologue que personne n’a pu railler, n’a pu prendre en défaut. Nostradamus a prédit jusqu’à l’heure exacte et aux circonstances de sa mort. Il vaut la peine de l’étudier, en dépit des difficultés que pose l’interprétation de ses prédictions ; il faut avoir reçu le donum dei pour être en mesure de l’interpréter correctement.

L’oeuvre des Centuries est composée de strophes versifiées, mais comme ces vers sont écrits en vieux français et, qui plus est, dans un langage allégorique et symbolique, les gens les interprètent de la façon la plus diverse et arbitraire, d’où les nombreuses erreurs d’interprétation.

Q – Nostradamus était-il un Maître ressuscité ?

R – A ma connaissance, Nostradamus n’a pas atteint la résurrection. Mais il n’y a aucun doute qu’il fut un grand astrologue doublé d’un grand voyant et que ses prophéties se sont réalisées avec une précision stupéfiante. Il s’est spécialisé en ces domaines : l’Astrologie, les prophéties… Il a décrit ses visions du futur dans les Centuries.

On dit qu’il passait des nuits entières devant une casserole en cuivre remplie d’eau. Il se concentrait sur l’eau et, comme il était voyant, il voyait dans cette eau les événements à venir. Il ne s’est pas contenté de décrire des événements, il a aussi donné des dates et des noms précis. Les Centuries sont toujours d’actualité, car elles comportent de nombreuses références à l’époque actuelle.

J’ai vu récemment un film sur la fin du monde, telle que Nostradamus était censé l’avoir décrite. Le film était bien fait, mais la fin de ce film ne coïncide pas avec la vision de Nostradamus. La Terre y apparaît dévastée par les bombes atomiques, rendue stérile, et de monstrueuses larves humaines s’y traînent comme des serpents… Ce scénario n’est pas conforme à la réalité : le fait est qu’avec l’arrivée de cette gigantesque planète appelée Hercolubus, il y aura un changement brutal de l’axe de la terre, changement annoncé par Nostradamus lui-même dans ses Centuries. La Terre semblera comme sortie de son orbite, dit Nostradamus. Les mers changeront alors de lit, des continents entiers s’enfonceront dans les eaux et d’autres terres surgiront, au moment de ce déplacement soudain de l’axe de la Terre, qui amènera les pôles à l’équateur et l’équateur aux pôles.

Nostradamus annonce que c’est en 1999 que surviendra le cataclysme final, provoqué par l’arrivée d’un « grand roi de terreur », qui n’est autre qu’Hercolubus, dont la masse gigantesque traversera le système solaire, passant à proximité de la Terre ; celle-ci semblera alors sortie de son orbite et plonger dans les ténèbres, selon Nostradamus…