La Mission de l’Avatar

Samaël Aun Weor

Q – Maître, beaucoup pensent que Samaël est un pseudonyme, que ce n’est pas votre véritable nom.

R – Je vais vous dire une grande vérité : il s’avère que Samaël n’est pas un pseudonyme. Plusieurs croient que c’est un pseudonyme, or je suis réellement Samaël. Vous avez probablement lu ou entendu dire que dans la Kabbale hébraïque on définit Samaël comme le Régent de la planète Mars, comme un Ange, mais aussi comme un démon. Mais pourquoi affirme-t-on d’abord que Samaël est un Ange, puis qu’il est un démon ? Simplement parce que sur les hauts plateaux d’Asie centrale, quand la race Aryenne a commencé à exister sur la face de la Terre, j’ai commis la même erreur que le comte Zanoni. J’avais un corps immortel, un corps que j’avais acquis en Lémurie ; car j’ai vu s’enfoncer la Lémurie, lentement, à travers dix mille ans, dans l’océan Pacifique. J’ai connu aussi l’Atlantide et j’ai accompagné le Manou Vaïvaswata dans son exode. Nous fuyions alors l’Atlantide, avec le Peuple élu, vers le plateau central de l’Asie. J’avais toujours le même corps qu’en Lémurie. Malheureusement, je le répète, j’ai commis une erreur fatale dans la vieille Asie, plus précisément dans les Himalayas. Il y avait là-bas plusieurs royaumes ; c’est dans l’un de ces royaumes que je me réfugiai, avec tous ceux qui avaient pu échapper à la catastrophe de la submersion de l’Atlantide. Je n’avais pas le droit de prendre une épouse, parce qu’aux Fils de Dieu il est défendu de prendre femme, puisqu’ils n’en ont plus besoin ; mais je n’ai pas obéi et c’est ainsi que j’ai chuté. J’ai pris une épouse ! … Ma Divine Mère me convoqua alors dans une caverne profonde et me montra le sort qui m’attendait. Je vis de la pluie, des larmes, des maladies, de la misère. Je me vis comme un Juif errant parmi tous les peuples de la Terre. J’implorai son pardon, mais il n’y avait plus de recours : j’avais mis le doigt là où il ne fallait pas. Bref, j’étais tombé. On m’enleva donc ce merveilleux corps immortel que j’avais acquis en Lémurie et je fus soumis à la terrible roue des naissances et des morts, comme tout un chacun. Ainsi donc, la réalité crue des faits est que je suis Samaël, et je le dis en toute franchise ; ce n’est donc pas un pseudonyme. Mon Etre réel est bien la Monade-Régent de la planète Mars. Quant à moi, je suis devenu un « Bodhisattva tombé ». Tous les « Moi » avaient ressuscité dans ma personne ; j’étais alors devenu un véritable diable ; j’allais très mal dans la vie, je filais un mauvais coton, comme on dit, mais dans ma présente existence j’ai fini par comprendre la nécessité d’éliminer tous les agrégats psychiques, de réaliser le Grand-Oeuvre et de retourner au Père. Je vous parle donc à coeur ouvert ; je suis Samaël Aun Weor : Aun Weor est mon nom en tant que Bodhisattva ; Samaël est le nom de la Monade. Je suis conscient de l’aube de la vie, j’ai assisté à l’aurore de la création. Je suis ici depuis les premiers rayons de l’aurore, depuis que le coeur du système solaire a commencé à palpiter, depuis la nuit profonde du Grand Pralaya. Je suis venu ici parce que mon Dieu intérieur profond, mon Père « qui est en secret » m’y a envoyé, afin de servir l’humanité, ce que je suis en train de faire. Je suis resté tombé pendant quelques siècles, oui, j’en conviens, mais, grâce à Dieu ! je me suis levé du limon de la Terre et je me suis consacré à la réalisation du Grand-Oeuvre du Père. Je dis donc uniquement ce que j’ai expérimenté. Je me suis introduit dans ce corps pour aider l’humanité, afin de travailler pour l’humanité. Au nom de la vérité, je vous l’affirme : je suis l’Archange Samaël ! Si les sots ne le croient pas, que m’importe ? Qu’ils se moquent s’ils en ont envie, cela ne m’importe pas non plus. Je dis qui je suis, sans me soucier qu’on me croie ou non, sans me préoccuper des railleries, du scepticisme que cette affirmation peut soulever. Ce que je dois faire, c’est dire qui je suis quand on m’interroge à ce sujet et enseigner la doctrine, afin d’obéir aux ordres de mon Père, mon Père qui est en secret.

Q – Que pensez-vous de cet autre mouvement gnostique parallèle auquel des gens prétendent appartenir ?

R – Il n’y a qu’un seul et unique Mouvement gnostique, il n’y en a pas deux. Il nous faut un Mouvement gnostique fort, puissant, pour tourner la page de l’Histoire et inaugurer l’ère nouvelle dans l’auguste tonnerre de la pensée. Que l’on sache une fois pour toutes que Samaël Aun Weor est le médiateur entre le Mouvement gnostique en général et la Fraternité de la Lumière intérieure. Le Patriarche gnostique est membre actif de l’Ordre supérieur établi par le Logos dans toute la nature. Les membres de cet Ordre supérieur vivent en divers endroits du monde et sont toutefois inconnus de l’humanité. Le Patriarche ne fait qu’obéir aux ordres de la Fraternité de la Lumière intérieure ; tout en donnant des ordres, il obéit lui-même à des ordres. Ainsi donc, quiconque fait obstacle au Patriarche gnostique s’oppose par le fait même à la Fraternité Blanche. Apprenez qu’il n’y a pas deux ni trois Patriarches, mais un seul, lequel est le cinquième des sept, dont je ne suis que l’instrument, très imparfait sans doute, mais l’instrument quand même. Je tiens à le préciser, mon insignifiante personne ne vaut rien, elle n’a strictement aucune valeur. Mais, malheureusement pour les uns, heureusement pour les autres, il y a en moi le Seigneur du rayon de la Force, et nulle organisation ne peut s’épanouir sans le concours de la Force. Mon insignifiante personne ne vaut pas cinq sous mais, je le répète, en moi réside le cinquième des sept, le Seigneur de la Force. Je suis l’Avatar du Verseau, que les humanoïdes de cette époque le croient ou non. Je suis ici pour livrer un message, pour préparer l’humanité à affronter les terribles événements qui s’en viennent. Je connais à fond le Sentier de la Révolution de la Conscience et c’est mon rôle, en tant qu’Avatar, de dévoiler la science du Sentier. Tous les « homoncules rationnels » appelés à tort hommes, ne veulent que se libérer de la mort ; ils ne savent pas se libérer de la vie. Bienheureux ceux que la beauté glaciale de la Sainte Déesse Mère-Mort a dignifiés ! Bienheureux ceux qui ont détruit la vanité de l’existence et l’illusion de ce monde ! ceux qui ont annihilé le Moi et ont traversé tous les abîmes ! La Mort ! Ce qui était tout pour nous n’est aujourd’hui plus rien. Lorsque je suis tombé, j’ai beaucoup souffert. Mais je suis finalement descendu dans la Forge des Cyclopes et j’ai appelé à mon secours la divine Beauté sépulcrale. J’ai crié de toutes les forces de mon Ame : « Ô isis, je t’en supplie, retire ton voile ! Eternité, rends-moi ce que tu m’as enlevé : ma tunique de pourpre, mon « Habit de Noces » ! Abîme du mystère profond, restitue-moi ce que tu as englouti ! Aie pitié, nuit obscure !. » À force de luttes je suis parvenu à la Deuxième Naissance (la naissance spirituelle), j’ai revêtu à nouveau l’Habit de Noces de l’Ame, j’ai appris à mourir en moi-même. De sorte que je suis vivant et néanmoins je suis mort. Ah ! si les gens pouvaient comprendre tout cela ! Si seulement ils voulaient prendre ce chemin que je leur indique ! Ainsi donc, moi, Samaël, je me suis incarné dans ce corps pour vous venir en aide. Je suis votre Avatar, votre Bouddha Maïtreya. Je suis descendu des mondes supérieurs pour vous aider. Je suis totalement disposé à le faire, je veux vous éveiller, je veux vous illuminer ! Sachez que vous n’êtes pas seuls, je suis avec vous, en esprit et en vérité. Lorsque vous pensez à moi, je suis avec vous, et je serai avec vous jusqu’à la consommation des siècles. Invoquez-moi quand vous en aurez besoin et j’accourrai à votre appel : que vous coûte-t-il de vous concentrer sur moi et de m’appeler mentalement ? Je ne suis pas descendu des mondes supérieurs pour perdre mon temps. Je suis là pour vous aider, pour vous servir. Ayez confiance, allez de l’avant avec courage, volonté et ténacité ! Ces enseignements que vous êtes en train de recevoir se répandront sur toute la face de la Terre. Mes soeurs et frères, l’heure est venue de vous abreuver de ces enseignements immortels et de vous lancer au combat ! L’heure est venue de nous préoccuper de l’essentiel : nous connaître nous-mêmes profondément !

Q – Avant la grande catastrophe qui s’en vient, n’est-ce pas ?

R – Oui, en effet… Je vais vous raconter à ce propos quelque chose d’extraordinaire : lorsque, après avoir beaucoup lutté pour me remettre debout, j’ai reconquis dans l’existence présente le grade d’Adepte qualifié, je fus reçu dans le monde Causal, parce que c’est dans le monde Causal que se trouve le temple de la Grande Loge Blanche. Dans ce temple donc, je vis des Adeptes défiler de façon militaire ; tous me saluèrent avec le salut gnostique. Ils défilaient devant mon insignifiante personne, uniquement pour me souhaiter la bienvenue, pour m’accueillir parmi eux, comme ils le font pour n’importe quel Adepte qui est reçu dans ces régions. La communication entre eux et moi était entièrement télépathique. Il y avait là des Adeptes chinois, allemands, anglais, français, de toutes les parties du globe. C’étaient des Adeptes qui travaillaient dans le Grand-Oeuvre du Père. Mais je n’apercevais pas un seul sourire sur leurs lèvres. Personne ne souriait. Leur visage à tous était imprégné d’un terrible sérieux. On me communiqua télépathiquement la raison de cette gravité ; on me fit part – sans user de paroles – du grand événement qui est à la veille de se produire, qui est déjà aux portes : les millions d’êtres humains qui périront par le feu, l’eau et les tremblements de terre. Auparavant, il y aura eu les guerres, la famine, les épidémies de toutes sortes, une terrible désolation… Bref, on ne lisait sur leur visage aucun sourire, aucune joie : il n’y avait certes pas de quoi se réjouir. C’est pourquoi je voyais cette sévérité terrible assombrir leurs traits. On me fit comprendre – toujours sans paroles – la grande responsabilité qui pèse sur mes épaules, celle de créer et de guider « l’Armée du salut mondial ». On me dit aussi que tout navire qui n’avance pas serait « coupé ». C’est-à-dire que si un groupe gnostique se laisse aller, disons, à la négligence, à la dérive, s’il ne pratique pas l’enseignement mais végète, ce groupe sera « coupé », on lui enlèvera la force psychique, l’aide indispensable des mondes supérieurs, et ce groupe échouera. Il faut donc créer une « Armée », laquelle sera emmenée au moment opportun en un lieu déterminé avant la grande catastrophe. Je connais cet endroit, mais je ne puis le révéler afin de ne pas nuire au Grand-Oeuvre du Père. Les gens qui auront pu se réfugier en ce lieu ne subiront aucun préjudice. Y seront conduits ceux-là seuls qui démontrent concrètement qu’ils travaillent sur eux-mêmes. Le moment venu de partir, ils seront avisés. « Soeurs et frères, leur dira-t-on, voici venu le moment de nous réunir pour nous rendre à l’endroit désigné, d’où nous pourrons contempler le duel que le feu et l’eau se livreront pendant des siècles… » Lorsque cette bataille sera terminée et que de nouvelles terres auront émergé du fond des océans, un groupe choisi s’en ira vivre sur ces nouvelles terres et deviendra le noyau de la sixième grande Race-Racine future. En attendant, toute la Terre sera enveloppée de feu et de vapeur d’eau. Il faudra, dans cet intervalle, achever de dissoudre l’Ego, parce que dans le nouvel Age, dans l’Age d’or, on ne donnera pas de corps physique à quelqu’un qui aurait encore l’Ego ; car il suffirait d’une seule personne qui ait encore l’Ego pour que cesse l’Age d’or : elle corromprait l’Age d’or. Dans l’Age d’or il n’y aura pas de frontières ; l’humanité vivra alors sur une Terre transformée, une Terre régénérée. Ceci est symbolisé par le taureau ailé ; ce taureau muni d’ailes, symbole d’une Terre régénérée, est aussi l’emblème de l’Evangile selon Luc, qui est l’Evangile de la Lumière, l’Evangile solaire, l’Evangile pour le futur Age d’or. Cet Age d’or ne surviendra donc pas dans quelques millions d’années. Il viendra dans l’ère du Verseau, et nous nous trouvons déjà dans l’ère du Verseau. Nostradamus dit que l’Age d’or vient dans le Verseau, et vous savez que Nostradamus ne s’est jamais trompé. En outre, les faits sont les faits : Hercolubus, cette gigantesque planète qui traversera bientôt notre système solaire, est déjà à portée de vue des télescopes. Que voulons-nous de plus ? Ainsi donc, l’objectif de nos études c’est précisément cela : préparer un groupe de gens qui formeront le noyau de la sixième Race-Racine. Voilà ce que le Soleil s’efforce de réaliser en ce moment dans le laboratoire de la nature ; si vous coopérez avec le Soleil, si vous travaillez sur vous-mêmes, vous pourrez faire partie de ce noyau. Le grand cataclysme est aux portes, cependant les gens entendent mais ils n’entendent pas, ils voient mais ils ne voient pas… J’étais très jeune lorsqu’on me révéla dans les mondes supérieurs ce que je suis en train de vous dire ; j’ai compris alors qu’il m’incombait d’accomplir cette mission, et je me voyais devant des groupes, comme en ce moment devant vous, leur communiquant ce que je vous transmets, et je voyais aussi, par clairvoyance, Hercolubus. Je voyais, à travers le temps, comment je devrais parler aux gens plus tard, ce que je devrais leur dire. Je voyais que beaucoup me croyaient et que beaucoup d’autres prêtaient attention à mes propos mais ne me croyaient pas, mettaient en doute ce que je disais, se moquaient même. Je me voyais encore dans les rues, parlant aux gens, mais ils ne me croyaient pas. Puis je voyais la catastrophe arriver, et c’en était fini de tous… Ce que je vous dis présentement s’accomplira, que vous le croyiez ou non. Je disais la même chose aux Atlantes et ils me raillaient. Le jour où les événements m’ont donné raison, ils voulurent nous suivre pour être sauvés eux aussi, ils se mirent à notre recherche, mais nous n’étions plus là, nous étions partis, nous avions quitté l’Atlantide.

Q – Vénérable Maître, pour quelle raison un Maître reste-t-il, un million d’années par exemple, avec le même corps physique ?

R – En vérité, c’est afin de travailler pour une planète, pour une humanité. Comme je vous l’ai dit déjà, j’avais moi-même un corps immortel. J’avais acquis ce corps sur le continent Mu, c’est-à-dire, en Lémurie. Mon corps lémurien avait obtenu l’Elixir de longue vie, la Pierre Philosophale et la Médecine universelle. J’ai vécu en Lémurie pendant des millions d’années avec le même corps physique. Je possédais toujours le même corps dans l’Atlantide. Après la submersion du continent atlante surgit la race Aryenne ; je vivais alors encore avec mon corps lémurien, que j’avais donc conservé depuis des millions d’années, et qui cependant était jeune d’apparence. Il ne paraissait pas avoir plus de 25 ou 30 ans ; un corps de quelque quatre mètres de haut, avec la glande pituitaire qui saillait ici (entre les sourcils). J’ai perdu ce corps lorsque j’ai jeté la Pierre Philosophale à l’eau un « samedi ». Entende celui qui a des oreilles pour entendre, car ici il y a sagesse… J’ai donc jeté la Pierre un « samedi » et je suis tombé sous la loi du principe Itoklanos, qui est un principe animal – par opposition au principe Fulasnitanien, qui est celui des hommes véritables. Lorsque l’humanité était régie par ce dernier principe, les êtres humains pouvaient vivre mille ans ; mais depuis sa chute, l’humanité dépend du principe animal Itoklanos et l’espérance de vie dépasse à peine aujourd’hui les 65-70 ans. Celui qui reçoit l’Elixir de longue vie s’affranchit du principe Itoklanos et devient un « homme réel » ; il peut alors parfaitement vivre mille ans, s’il le veut. Après quoi il peut demander qu’on lui octroie une autre tranche de mille années supplémentaires, et ainsi de suite… C’est ainsi qu’il peut vivre des millions d’années. Quant à moi, étant tombé, j’étais désormais soumis au principe Itoklanos. Je perdis donc mon corps physique lémurien et je devins un humanoïde comme tout le monde qui se mit à passer d’un corps à l’autre dans la grande roue des naissances et des morts. Il y eut cependant une exception singulière, une existence à part des autres : dans l’ancienne Egypte, je réussis à parcourir toute la « Première Montagne » et le Père recourut à cette antique science de la momification qui mettait le corps en catalepsie avant sa mort. Mon corps égyptien fut donc introduit dans cet état, déposé dans un sarcophage et placé dans une crypte souterraine où il y avait aussi les corps de onze autres compagnons également en état de catalepsie. Les corps que mes compagnons et moi avons laissés dans ces sarcophages, en un lieu secret, étaient donc bien vivants…

Q – Votre Père interne, votre propre Etre réel a-t-il fait cela parce qu’il savait que vous auriez besoin plus tard de ce corps momifié ?

R – Exactement, il avait prévu cela dans son omniscience. La sagesse du Père est telle que, dès l’époque du pharaon Khéphren, il y a plus de 4000 ans, il savait que j’allais avoir besoin un jour de ce véhicule. C’est pour cette raison qu’il ne laissa pas ce corps mourir mais le mit en catalepsie quelque part, dans le sol de l’Egypte, en un lieu sûr où la pelle des archéologues n’a jamais pu et ne pourra jamais le découvrir.

Q – Maître, ces douze momies se trouvent-elles dans notre monde tridimensionnel ou dans la quatrième dimension ?

R – Dans le monde physique ! Elles sont dans le monde physique tridimensionnel d’Euclide, dans ce monde où nous bougeons et vivons.

Q – Est-ce que dans les pyramides de Teotihuacan (au Mexique) il y a des momies de Maîtres ?

R – Non ! Les anciens Mexicains n’étaient pas spécialisés dans ce domaine. En Egypte, par contre, nous nous étions spécialisés dans ces études. De sorte que le Père, sachant cela, a laissé ce corps là-bas, dans un sarcophage, en attendant que je puisse le reprendre. Et je suis justement en train de me « réincarner » dans ce corps. Depuis cette lointaine existence, j’ai pris évidemment une foule de corps physiques, dont celui que j’ai en ce moment. Le côté prodigieux de cette « réincarnation », c’est l’échange atomique incessant, jour et nuit, à toute heure, par lequel s’opère le changement de véhicule. Mais c’est un processus très douloureux, parce qu’il se produit une espèce de désordre à l’intérieur du corps, une sorte d’effervescence atomique, pour ainsi dire. Les organes, à cause de cet échange d’atomes entre les deux corps, sont dans un état d’effervescence, c’est-à-dire qu’il y a un certain chaos organique ; de ce chaos doit émerger un corps physique complètement transformé, sain, apte. Et ce chaos est douloureux : à cause de l’agitation atomique au sein des cellules, à cause des transformations de substances, etc. Essayons d’expliquer tout cela plus clairement : supposons qu’un atome sorte d’ici, de mon coeur. En sortant il laisse une place vide, n’est-ce pas ? et où va-t-il ? Vers un autre atome qui occupe exactement le même endroit dans le coeur du corps égyptien ; cet autre atome sort à son tour du corps en catalepsie, laissant aussi une place vide ; les deux atomes se croisent et atteignent leur objectif au même moment, comblant ainsi la place vide. Mais il y a tant de millions d’atomes (le corps est un infini microcosmique) que l’échange prend beaucoup de temps : c’est un peu plus long que la formation d’un foetus, bien que cela soit coordonné avec les processus de la gestation et de la croissance d’un enfant. Par exemple, on me dit que je me trouve en ce moment au commencement du commencement ; j’ai entre un et deux ans. Quand j’aurai sept ans, je serai plus développé, à quatorze ans encore plus, etc. Et ces âges correspondent à des états psychologiques analogues à ceux de la croissance d’un enfant. Ainsi, je me rends compte actuellement d’une certaine innocence enfantine… Lorsque j’aurai l’équivalent de trois ans, quatre ans, sept ans, quatorze ans, vingt-et-un ans, je passerai par des états psychologiques correspondants, j’acquerrai progressivement de la maturité. A trente ans je serai un homme. Mais toute cette croissance s’effectue en un peu plus de neuf mois. Au terme de ce processus j’aurai intégré la totalité du corps égyptien ; le corps terrestre qui m’a été donné dans cette existence-ci restera là-bas dans le sarcophage, à la place de la momie.

Q – Que ferez-vous de ce corps après, une fois que le processus aura été complété ?

R – Le Père saura ce qu’il convient de faire. Il a une telle sagesse qu’il voit toutes choses. Un million d’années pour lui c’est comme un clin d’oeil pour nous. Il est celui qui sait… Mais il y a onze autres frères, là-bas, dans la crypte…

Q – Vivent-ils le même processus ?

R – Non, et nous le déplorons… Il n’y a qu’une personne, en l’occurrence une femme, dont j’ai l’espoir qu’elle se réincarne prochainement dans son corps égyptien gisant dans son sarcophage. Elle le visite souvent. C’est une compagne de crypte ou, pour mieux dire, une « amie de sépulcre ». Ce genre d’amis, c’est rare, n’est-ce pas, très rare !. Cette dame vit en ce moment aux Etats-Unis, et elle s’est un jour présentée à moi, au cours de mon existence présente. Nous avons conversé. « Ah ! je suis las de cette existence, lui dis-je, je voudrais mourir ! » Elle me répondit : « Si seulement tu pouvais mourir ! Si seulement ! Mais ni toi ni moi ne pouvons mourir ! » Ces paroles m’intriguèrent. Je pensai : mais que dit cette dame, puisque je suis né le 6 mars 1917 et qu’un jour ou l’autre je devrai bien mourir ? « Tu ne te rappelles donc pas, reprit la dame, qu’en 1919 tu vivais au nord du Mexique ? Tu ne te souviens pas que je te donnais de l’argent pour te rendre à Los Angeles, où tu allais pour moi tous les mois chercher des lettres de change ; tu travaillais pour moi, tu étais à mon service alors ». J’étais plutôt incrédule, mais elle avait réussi à piquer ma curiosité : si cela est vrai, me disais-je, d’où est-ce que je viens ? quel âge ai-je donc ? qui suis-je ? Autant de points d’interrogation qui me laissèrent longtemps perplexe. Jusqu’au jour où, me trouvant en méditation dans une Troisième Chambre, je me suis vu en l’espace de quelques millièmes de seconde dans un sarcophage égyptien. J’aperçus aussi la dame que j’avais rencontrée. Je lui adressai le salut de l’Esotérisme et lui demandai : « Comment allez-vous, ma soeur ? – Très bien, mon frère !… Mon corps est ici : nous sommes compagnons de sépulcre ». Puis, après un moment de silence, elle s’exclama : « Te voilà enfin, Samaël ! » Alors je compris : j’avais là un corps momifié, mais vivant. Après ma réincarnation sous les traits du major Daniel Coronado, on m’avait permis d’utiliser un peu le corps de la momie ; on accorde cette permission de temps en temps pour maintenir en activité les fonctions de ce corps. Et j’ai amené ce corps ici, au Mexique. De sorte que je devais m’occuper de deux véhicules simultanément : j’avais ce véhicule qui venait de naître en Amérique du Sud, mon véhicule actuel, et celui-là qui venait d’Egypte. Jusqu’au moment où l’on jugea que je l’avais suffisamment utilisé ; on exigea donc que je le ramène dans son sarcophage. Un jour que je me trouvais en astral en compagnie de Charles W. Leadbeater – vous connaissez Leadbeater ? non ? C’était un grand clairvoyant, aux côtés d’Annie Besant, à la Société Théosophique. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont The Masters and the Path, The InnerLife, The Chakras, Man visible and invisible, oeuvres rattachées au courant théosophique, mais subtilement évolutionnistes : on y discerne en effet le dogme de l’évolution, bien que sans trop d’insistance. Ce sont des oeuvres élémentaires, introductives, néanmoins monsieur Leadbeater est un grand Maître, illuminé et auto-conscient. Il y a pas mal d’années, donc, j’ai rencontré monsieur Leadbeater dans le monde astral. Il s’assit, puis il s’adressa à moi en ces termes : « Nous vous accordons en ce moment notre aide, mon frère, pour que vous puissiez former le Mouvement gnostique, lequel doit répandre dans le monde physique les enseignements que nous vous transmettons en tant qu’Avatar de l’ère du Verseau. Ces enseignements que nous vous livrerons dans ces mondes de l’espace, l’enseignement que nous vous donnons actuellement, appartiennent à la Sagesse blanche ». Je me rappelle avoir remercié M. Leadbeater. Je compris aussi intuitivement qu’il allait prendre un nouveau corps et qu’il écrirait des ouvrages d’enseignement ésotérique. Puis il me demanda de me concentrer sur l’Egypte, ce que je fis. Je fus transporté instantanément en Egypte, dans la crypte souterraine, dans mon sarcophage. J’y rencontrai un groupe de Maîtres – les propriétaires des corps qui gisaient là. C’étaient de vénérables vieillards avec des barbes blanches, vêtus de tuniques égyptiennes. Lorsque je revins, je me remis en corps astral – car j’avais voyagé en corps mental. Monsieur Leadbeater m’attendait. « Oh ! monsieur Leadbeater, lui dis-je, vous avez un grand pouvoir, vous m’avez dédoublé dans le Mental ! » Puis nous nous séparâmes ; il s’en fut à travers les rues de Londres, avec son corps astral. Monsieur Leadbeater est un homme éveillé, auto-conscient, radiant, divin. C’est un grand Maître qui doit bientôt reprendre un corps physique et rédiger des oeuvres d’ésotérisme. Cela s’est passé il y a longtemps. Bien avant que ne débute le processus d’échange atomique entre mon corps et celui de la momie. J’ai voulu à un certain moment me désincarner et le Père m’a réprimandé à cause de ça…

Q – Pourquoi vouliez-vous quitter votre corps physique ?

R – J’étais très fatigué, très las… Mais le Père me gronda : « Pourquoi rechignes-tu ?me dit-il. Je t’ai donné tout ce dont tu as besoin : pain, vêtement, refuge… Te rappelles-tu les dernières années de ton existence passée ? Tu errais dans les rues du « District Fédéral » (Mexico) avec des souliers troués et des habits en haillons, vieux et malade… Rappelle-toi cette immonde masure où tu es mort. A ce moment-là j’étais absent… » Il me fit comprendre que j’avais tort de vouloir me désincarner. Après cela a débuté le processus d’échange atomique, et je me trouve présentement dans ce processus, de sorte que je suis en train de me réincarner. Et les Adeptes m’ont dit que mon visage allait ressembler à celui de la momie, parce qu’il faut qu’il soit conforme à l’archétype du corps. Chaque fois qu’un atome se détache, il se produit un son, comme un petit son de cloche. L’atome voyage dans la quatrième verticale, mu par une force électrique, et il rencontre en chemin l’atome qui provient du corps de la momie. L’un va et l’autre vient, jour et nuit, tout le temps. Ce processus provoque un désajustement temporaire de tout l’organisme…

Q – Ce corps de la momie, est-il de couleur foncée ?

R – Il a la peau brûlée par le soleil du désert… L’échange atomique est déjà accompli dans une bonne partie de la tête de même que dans d’autres parties du corps. Tous les viscères doivent changer de lieu. Différentes parties autonomes et auto-conscientes de l’Etre travaillent dans cet échange. La Minerve particulière de chacun, qui est une partie de l’Etre, dirige tout le processus avec sagesse. Le Lion de la Loi aide à l’échange des viscères ; notre Anubis particulier, une autre partie de l’Etre qu’il ne faut pas confondre avec le grand Maître Anubis, lequel a vécu en Egypte à une époque très ancienne, travaille dans les jambes, dans les genoux, dans tout le corps… Toutes les parties de l’Etre travaillent. Au terme du processus le Seigneur du temps apporte les souvenirs… Le corps vital de ce véhicule-ci, je ne l’ai plus, il est passé à la momie, et le corps vital de la momie est passé dans ce corps-ci. La personnalité – la personnalité humaine – n’est plus ici ; je ne l’ai plus la personnalité de Victor Manuel Gomez, cette personnalité est rendue là-bas, en Egypte…

Q – Cette personnalité, liée à la momie, ne se désintègre donc pas ?

R – Non, elle ne se désintègre pas… J’ai ici présentement la personnalité égyptienne, c’est à travers cette personnalité que je vous parle. Si vous parvenez à aiguiser un peu plus vos sens, vous pourrez la voir ; cette personnalité semble sortie d’un vieux tombeau de l’Egypte pharaonique…

Q – Est-ce que la personnalité de Victor Manuel Gomez ne peut mourir parce que le corps est vivant ?

R – En effet, c’est parce que le corps est vivant. L’autre jour, Victor Manuel Gomez a voulu me déranger. Je donnais une conférence, je me trouvais dans la Troisième Chambre, lorsque j’ai vu s’approcher Victor Manuel Gomez : il venait donner une conférence, faire ce qu’il était habitué à faire. Alors j’ai dit : « Mes frères, formez une chaîne ». J’ai dégainé l’épée et j’ai esquissé la rune Sig avec l’épée, en m’écriant : « Retourne à ton sépulcre, ta place n’est plus ici, retourne au tombeau, sssssssss… ». Et la personnalité s’éloigna. Ainsi donc, je ne suis plus Victor Manuel Gomez ; il est dans un cercueil, il n’est plus. J’ai à la place la personnalité égyptienne. Et le corps vital qui sert de support au corps physique est le corps vital égyptien, celui du corps égyptien. Ce corps vital égyptien extrait, attire avec plus de force les atomes du corps physique égyptien ; il les appelle, les réclame, les aspire, et ils n’arrêtent pas d’arriver, arriver, jour et nuit. C’est très éprouvant physiquement, car je laisse un corps et j’en prends un autre simultanément.

Q – En ce qui concerne votre prochaine mission comme Avatar du Verseau, pouvez-vous dire quelque chose ?

R – Nous pénétrerons en Europe par le biais de l’Anthropologie. Nous nous introduirons partout. Il m’incombera en outre de découvrir des cités ensevelies, des sépulcres, de les exhumer à la lumière du jour ; j’aurai aussi à dévoiler la doctrine de ces villes ensevelies… Je m’en irai à la « douzième heure », au plus tard à la « treizième heure » d’Apollonius. Celui qui a de l’entendement, qu’il entende, parce qu’ici il y a sagesse. Je partirai lorsque les douze travaux d’Hercule auront été complétés… Oui, lorsque je me serai établi dans le treizième Eon, c’est-à-dire, l’Absolu. Je suis présentement un Serpent, mais je n’ai pas terminé pour autant. Je dois supporter patiemment la douleur d’un singulier processus qui se déroule en moi. Etant donné que chaque particule ou chaque molécule est dotée de conscience, la conscience de chaque particule ou les atomes dont l’Etre a besoin pour les intégrer en lui se libère, ce qui s’accompagne de souffrance. L’Etre doit extraire les particules de conscience, celles que j’ai éveillées, afin qu’elles s’absorbent en lui, c’est là le processus qui est symbolisé par l’aigle dévorant le serpent. Je m’en vais, mais je reviendrai. Je dois revenir pour la raison suivante : je n’ai pas terminé les douze Travaux d’Hercule ; je suis parvenu au huitième Travail, mais l’auto-réalisation, la libération finale, doit être payée au prix de notre vie même. S’il n’y a pas mort, il n’y aura pas résurrection. Je devrai aussi revenir pour conduire le peuple élu dans l’exode ; c’est l’une des principales raisons pour lesquelles je reviendrai… D’ici-là, je me rendrai aux Canaries ; plus précisément à cette île en djinn appelée Nontrabada (« Insaisissable ») ou Encubierta (« Cachée »). Je m’y réunirai avec les Recteurs de l’humanité. Nous y demeurerons quelque temps, jusqu’à ce que le moment soit venu de passer en Europe.

Q – Est-ce que cette île redeviendra un jour visible et tangible ?

R – Pas à notre époque, à cause de la perversité et de la dégénérescence de l’humanité. Elle ne redeviendra visible que dans l’Age d’or de la prochaine race humaine. De grands Maîtres, tel Tlaloc, le grand spécialiste des eaux, qui a beaucoup de pouvoir et de sagesse divine, reprendront alors un corps physique.

Q – Maître, que pensez-vous des sacrifices humains au dieu Tlaloc, dans le Mexique précolombien ?

R – La mythologie nahuatl impute précisément à Tlaloc une certaine responsabilité dans ces sacrifices humains. Je lui ai donc adressé personnellement une récrimination dans le monde Causal. Je lui ai demandé : « Seigneur, pourquoi avez-vous permis ces sacrifices humains en votre nom, notamment des sacrifices d’enfants et de jeunes filles, là-bas dans le monde physique ? – Je ne suis pas coupable de cela, répondit Tlaloc, jamais je n’ai exigé de sacrifices de cette sorte ». Il me dit aussi : « Je vais revenir dans la nouvelle ère du Verseau ». J’ai compris qu’il devra prendre un corps physique dans l’Age d’or, après la grande catastrophe qui s’en vient ; il prendra un corps physique dans l’Age d’or de la future Race-Racine, la sixième Race. On rétablira alors le culte aux Dieux ; on reviendra aux cultes sacrés des Dieux. Jusqu’à présent, le monothéisme exclusiviste – qui rejette catégoriquement les Dieux saints – ne s’est pas avéré une bénédiction pour l’humanité, mais tout le contraire : une malédiction. Lorsque l’humanité a rejeté les Dieux, elle s’est corrompue et cela a conduit à l’état de choses actuel.

Q – Les Dieux sont-ils des intermédiaires ?

R – Oui, les Dieux sont les intermédiaires entre l’humanité et l’Eternel Père Cosmique Commun.

Q – Pourquoi Jésus n’a-t-il pas restauré ce culte aux Dieux ? Aurait-il été monothéiste ? Sinon, pourquoi ne l’a-t-il pas dit clairement ?

R – Notre Seigneur le Christ était polythéiste ; Jésus de Nazareth n’était pas monothéiste. Rappelez-vous ces paroles que Jésus le Christ a dites : « Vous êtes des Dieux ! » Oui, c’est écrit textuellement dans l’Evangile selon saint Jean (X, 34). Jésus dit : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : Vous êtes des Dieux ? » Jamais Jésus ne s’est prononcé contre les Dieux. Ou alors, quand l’a-t-il fait ? Ce sont les gens qui l’ont fait ; quant à lui, jamais il ne s’est prononcé contre les Dieux saints. Dans l’Apocalypse, on parle des Anges. Or, que sont les Anges ? Ce sont les Dieux des différentes mythologies. Leur donne-t-on un autre nom ? Qu’importe ! En réalité, ce sont les Dieux mêmes. Ces êtres divins sont traditionnellement distribués selon l’ordre hiérarchique suivant Anges, Archanges, Principautés, Puissances, Vertus, Dominations, Trônes, Chérubins, Séraphins. Mais il y en a encore beaucoup d’autres que l’on ne mentionne pas. Ces hiérarchies angéliques représentent donc les Dieux saints. Toutefois, nous ne voulons pas dire que parce que nous rendons un culte aux Dieux saints nous allons sous-estimer l’Eternel Père Cosmique Commun. Jamais nous n’avons nié l’Eternel Père Cosmique Commun ; ce que nous rejetons, c’est le Dieu du dogme orthodoxe, la terrible divinité vindicative de la loi du Talion : « oeil pour oeil, dent pour dent ». En fait, Dieu n’est absolument pas un individu, humain ou divin, en particulier ; Dieu est les Dieux, il est l’Armée de la Voix, la Grande Parole, le Verbe, le Logos créateur, l’Unité Multiple Parfaite. Le mot Elohim doit être traduit correctement par « Dieux et Déesses ». Une religion sans Déesses est à mi-chemin du complet athéisme.

Q – Maître Samaël, à quoi attribuez-vous le fait qu’il y ait un nombre aussi élevé de frères qui abandonnent le Chemin et se retirent du Mouvement gnostique ?

R – Nous devons penser avant tout au centre de gravité permanent. Incontestablement, très rares sont les personnes qui ont formé en elles ce centre. Comme nous le savons, l’Ego est composé d’une multitude de « Moi », de « Je », c’est-à-dire que nous n’avons pas un Moi singulier mais pluriel ; notre Conscience, ou notre Essence, se trouve embouteillée dans cette multiplicité d’éléments inhumains qui constituent l’Ego. Tous ces éléments psychiques luttent à l’intérieur de nous pour la suprématie. L’élément qui aujourd’hui, par exemple, jure loyauté au Mouvement gnostique est remplacé un peu plus tard par un autre qui n’a aucun intérêt pour le Mouvement, et alors la personne se retire. Si les gens comprenaient qu’à l’intérieur de nous il n’y a pas une seule et unique personne, mais de nombreuses personnes, ils comprendraient aussi pour quelle raison le comportement et le caractère de chacun sont aussi variables. L’homme qui aujourd’hui jure fidélité à une femme n’est pas toujours le même ; ce qui se passe, c’est que celui qui a fait serment n’est autre que l’un des nombreux Moi de l’homme, et ce Moi est lui-même bientôt remplacé par un autre ; lorsque cet autre Moi prend le contrôle de la machine humaine, le serment d’amour devient sans fondement. Le sujet s’en va, s’éclipse, et la femme reste là, déçue. A l’intérieur de chaque corps humain vivent beaucoup de Moi. Le Moi qui aujourd’hui est résolu à fouler le Sentier en lame de rasoir est plus tard remplacé par un autre moi que le Sentier n’intéresse aucunement, et nous voyons alors, tôt ou tard, la personne se retirer. Ainsi donc, à l’intérieur de nous-mêmes il y a une foule de personnes : l’une s’intéresse à la Gnose, l’autre s’intéresse aux affaires, une autre aux choses de l’amour, une autre encore déteste la Gnose, etc. Si nous étions une seule personne, si nous étions un seul et unique Moi individuel, jamais nous ne nous retirerions du Mouvement gnostique, c’est bien évident. Ainsi donc, ne nous étonnons pas de voir les gens quitter la Gnose, ils n’ont pas de centre de gravité permanent et, par conséquent, il serait impossible qu’ils aient une continuité de propos.

Q – Croyez-vous qu’après vingt-cinq ans de labeur le Mouvement gnostique soit arrivé au maximum de son développement, ou pensez-vous, au contraire, qu’il progressera davantage ?

R – Le Mouvement gnostique s’est développé énormément depuis que nous l’avons lancé publiquement en 1950. Avant cette date, nous avons travaillé de façon discrète. Notre labeur n’en est pas pour autant arrivé à sa conclusion, absolument pas ! Le Mouvement gnostique s’est beaucoup développé au Mexique, où, jour après jour, il grandit d’une façon extraordinaire ; il est aussi bien implanté au Guatemala, au Salvador qui est devenu une véritable forteresse gnostique, au Honduras, au Costa Rica, en Colombie, au Venezuela, en Equateur, au Pérou, en Bolivie, en Argentine et au Brésil. En ce moment, grâce au travail admirable de quelques frères, plusieurs de nos oeuvres ont été traduites en anglais, de sorte que très bientôt nos livres circuleront aux Etats-Unis. Nous pensons établir dans ce pays, ainsi qu’au Canada, des bases puissantes avant d’aller répandre la Gnose en Europe. Pour toutes ces raisons je dis : nous ne pouvons faire moins qu’arriver à la conclusion que notre labeur, loin d’être terminé, ne fait que commencer. Pensons aux autres races, langues, pays… Notre oeuvre est mondiale. Nous sommes, je le répète, au début seulement.

Q – Maître, vous avez prophétisé que les gnostiques se multiplieront par millions dans le monde entier, mais qu’ils seront persécutés. Quand cela s’accomplira-t-il ?

R – Nous sommes aux temps de la fin, prédits par les grands Maîtres du passé, l’heure de la grande apostasie est arrivée, l’Antéchrist se manifeste avec tout son pouvoir et il est bien évident que nous ne pouvons nous attendre de sa part qu’à des persécutions. A propos de l’Antéchrist, je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’une personne venue du centre de l’Asie ou d’ailleurs, comme le supposent certains. L’Antéchrist vit à l’intérieur de chaque personne, il est l’antithèse du Christ dans le psychisme de chacun d’entre nous, il est le contraire du Christ intime et il s’avère en fait terriblement pervers, affreusement matérialiste, ennemi de tout ce qui a une saveur de spiritualité. Il se manifeste intensément en chaque personne et dans toute l’humanité. L’Antéchrist se manifeste de plus en plus, au fur et à mesure que nous approchons du cataclysme final. Cela amènera inévitablement des persécutions pour tous ceux qui suivent le chemin du Christ.

Q – Maître, il y a une question que plusieurs se posent : pour parvenir à la Libération finale, est-il nécessaire de fréquenter les Centres gnostiques ? doit-on appartenir au Mouvement gnostique ?

R – Le Mouvement gnostique est le véhicule au moyen duquel nous propageons les idées gnostiques. Les « Lumisiaux » sont des organismes vivants chargés de travailler en accord avec ces idées pour le bien de l’humanité. Chaque Centre gnostique est un organisme complet, chaque frère d’un Sanctuaire déterminé s’avère, par conséquent, un organe de cet organisme que l’on appelle Lumisial ou Sanctuaire. Lorsqu’un Lumisial travaille de façon harmonieuse, il est comparable à un organisme qui fonctionne de façon coordonnée et merveilleuse ; le résultat est toujours bénéfique pour les membres de ce Lumisial. Puisque ces membres ressemblent aux organes d’un corps, il est certain que lorsqu’ils travaillent de façon coordonnée, lorsqu’il n’y a pas d’arythmie ou d’inharmonie dans l’organisme, l’échange mutuel de forces entre tous les frères se révèle, en résumé, très utile pour le développement intérieur de chacun. Mais quand il y a arythmie, c’est-à-dire, quand les membres du Lumisial, les organes de l’organisme, ne travaillent pas de façon coordonnée et harmonieuse, il est évident que des forces préjudiciables pour tout le monde sont alors générées. Je considère toujours cela comme une chose très utile d’appartenir à un Lumisial, parce que l’échange des forces est bénéfique pour tous. Grâce au Lumisial, nous pouvons amener l’Essence à se développer en nous ; ce qui se trouve à l’état latent peut s’épanouir. On parvient à la Libération par le travail sur soi-même, mais il est très important pour le débutant comme pour celui qui marche sur le Sentier, d’appartenir à un organisme ésotérique, afin d’être renforcé intimement dans son travail secret.

Q – Pourriez-vous nous préciser quelles sont les fonctions des Sièges nationaux par rapport à celles du Siège patriarcal ?

R – Les Sièges nationaux ont pour fonction d’organiser à l’échelle nationale le Mouvement gnostique. Ils sont donc appelés à mettre de l’ordre. Tâche ardue, certes, car il s’agit de coordonner des caractères différents, de former des groupes, d’organiser l’Association dans tous ses aspects. En résumé, nous pourrions dire que les fonctions des Sièges nationaux sont de caractère organisationnel. Pédagogique également, car tout ce qui touche à la divulgation et à la diffusion de l’enseignement les concerne directement. Les Sièges nationaux doivent en outre s’occuper de l’aspect édition, voir à publier et distribuer les livres ; car les oeuvres sont essentielles pour apporter le corps de doctrine dans tous les recoins de la Terre. La mission spécifique du Siège patriarcal est différente. Le Patriarche doit livrer à l’humanité le Message pour la nouvelle ère du Verseau. Le Patriarche doit aller chercher l’enseignement dans les mondes supérieurs de Conscience cosmique, puis le transmettre au monde. Il faut que le Patriarche écrive les oeuvres, constitue un corps de doctrine et le répande à travers le monde, il doit aussi travailler à la formation de « l’Armée du salut mondial », etc. En résumé, nous dirons que la tâche principale du Patriarche est de livrer le Message. Tandis que la tâche des Sièges nationaux est davantage d’organiser le Mouvement gnostique au niveau de chaque pays, en tenant compte, évidemment, des directives du Siège patriarcal.

Q – Nos frères gnostiques se demandent souvent quelle est la raison pour laquelle vous ne pouvez sortir du Mexique, étant donné que la plupart des Initiés ont beaucoup voyagé. Etes-vous une exception à cet égard ?

R – Un jour que j’étais dans cet état d’extase que l’on appelle Nirvikalpa Samadhi, je fis la même question à ma Divine Mère Kundalini. La réponse fut : « Parce que l’on détruirait ton corps qui a coûté à la nature tant de travail, tant d’efforts à créer ». J’objectai alors : « Qu’importe que l’on détruise mon corps, j’aime l’humanité et je suis prêt à donner jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour elle ». La Mère Divine Kundalini, après avoir écouté mes paroles, ajouta : « C’est qu’on détruirait non seulement ton corps, mais aussi celui de beaucoup d’autres et cela ne serait pas de l’amour ; en outre, rappelle-toi que tu es l’Avatar de l’ère nouvelle du Verseau et que tu dois livrer à l’humanité un enseignement complètement différent de tout ce qui a été donné dans le passé, une doctrine tout à fait révolutionnaire, la doctrine de la nouvelle ère… ». Ayant écouté ces raisons, je me contentai de répondre : « Bien, j’obéirai ! ».

Q – Des personnes ont souligné le fait que certains de vos ouvrages sont remplis de diatribes, de critiques sévères contre certains auteurs ésotéristes. Il ne manque pas de gens pour trouver une contradiction entre cette attitude et la « doctrine du coeur » que vous professez dans plusieurs oeuvres. Pourriez-vous nous dire la raison de ces attaques ?

R – L’agriculteur qui veut semer doit d’abord arracher les buissons, les chardons, brûler la mauvaise herbe et les feuilles mortes, nettoyer son champ de tout ce qui l’encombre, pour pouvoir planter le grain d’où sortira la vie. Les ouvriers qui veulent construire une maison commencent par fendre le sol, creuser dans la dure terre, afin d’établir des fondations solides pour la maison. Moi aussi, qui ai la responsabilité de livrer le Message pour la nouvelle ère du Verseau, je dois accomplir le dur labeur de n’importe quel ouvrier ou agriculteur ; signaler le chemin, indiquer l’obstacle, montrer le danger, dénoncer l’erreur, avant de pouvoir semer le grain culturel de la nouvelle ère qui commence au milieu de l’auguste tonnerre de la pensée.

Q – Maître, nous aimerions savoir comment vous faites pour écrire vos oeuvres. D’où tirez-vous votre information ? Est-ce qu’on vous aide ? Combien d’oeuvres devez-vous écrire pour accomplir votre mission ?

R – Je ne sais pas encore combien d’oeuvres il me faudra écrire. L’information, je l’obtiens des mondes supérieurs de Conscience cosmique. J’ai habituellement recours au Nirvikalpa Samadhi, terme qui désigne l’état d’extase, de ravissement, et, immergé dans cet état, je sollicite l’information ; je l’obtiens, puis je la rapporte dans le monde physique. La chose véritablement la plus ardue, la plus difficile pour moi, consiste précisément à adapter à l’atmosphère culturelle contemporaine, à la réalité actuelle, toute l’information que je rapporte des mondes supérieurs. Il me faut par conséquent documenter l’enseignement, ce que je fais avec une infinie patience ; je dois lire un grand nombre d’ouvrages pour être en mesure de traduire dans le langage et les notions d’aujourd’hui les informations que je reçois dans les autres plans de conscience. Ainsi donc, la réalité, c’est que le corps de doctrine je l’apporte des dimensions supérieures de la Nature et du Cosmos. En fait, la tâche d’écrire des oeuvres s’avère extrêmement difficile ; quand on pense à tout ce que cela implique, il faut coordonner l’aspect spirituel avec les questions purement rhétoriques, grammaticales, philosophiques, avec le contexte socio-culturel d’une époque, avec une logique et un vocabulaire qui correspondent aux seules réalités du plan physique… Nous comprenons alors à quel point ce travail est exigeant et délicat.