La Conquête du vide illuminateur (Le vide illuminateur)

Samaël Aun Weor

Paix Invérentielle ! Samaël Aun Weor vous parle depuis le Siège patriarcal du Mexique.

Notre thème est la Méditation. Il est urgent de comprendre à fond les techniques de la méditation… Nous allons parler aujourd’hui du Vide Illuminateur.

Pour aborder ce thème, je me vois dans l’obligation de raconter sans détours ce que j’ai pu moi-même directement vérifier à ce sujet.

Je crois que ceux qui écoutent cette cassette ont connaissance de la merveilleuse Loi de la Réincarnation car le récit qui suit est basé sur elle…

Lorsque la seconde sous-race de notre actuelle grande Race Aryenne a fleuri dans l’ancienne Chine, j’y étais réincarné. Je m’appelais alors CHOU-LI et, évidemment, j’étais membre de la dynastie Chou. Dans cette existence, je devins membre actif de l’ORDRE DU DRAGON JAUNE et il est évident que dans cet Ordre j’ai pu apprendre clairement la Science de la Méditation.

Il me revient en mémoire cet instrument merveilleux, appelé « AYA-ATAPAN » qui avait 49 notes. Nous connaissons bien ce qu’est la Loi Sacrée de l’Éternel Heptaparaparshinock, c’est-à-dire la Loi du Sept. Indubitablement, les notes de l’échelle musicale sont au nombre de sept, mais si nous multiplions 7 par 7 nous obtiendrons 49 notes réparties en sept octaves.

Nous, les frères, nous nous réunissions dans la salle de méditation, nous nous asseyions à la manière orientale (avec les jambes croisées), nous placions les paumes des mains de telle manière que la droite était sur la gauche. Nous nous asseyions en cercle au centre de la salle, nous fermions les yeux et ensuite nous prêtions une grande attention à la musique qu’un frère offrait au cosmos et à nous-mêmes.

Quand l’artiste faisait vibrer la première note, le DO, nous nous concentrions tous. Quand il faisait vibrer la seconde note, le RÉ, la concentration devenait plus profonde : nous luttions contre les divers éléments subjectifs que nous portions à l’intérieur de nous. Nous voulions les récriminer, leur faire voir la nécessité de garder un silence absolu.

Il n’est pas superflu de vous rappeler, chers frères, que ces éléments indésirables constituent l’Ego, le Moi, le moi-même, le soi-même. Ce sont les diverses entités qui personnifient nos erreurs.

Quand vibrait la note MI, nous pénétrions dans la troisième zone du subconscient et nous nous trouvions donc face à la multiplicité de ces divers agrégats psychiques qui grouillent en désordre dans notre intérieur et qui empêchent la quiétude et le silence du mental. Nous les récriminions, nous essayions de les comprendre.

Quand nous y parvenions, nous pénétrions encore plus profondément avec la note FA. Il est évident que de nouvelles luttes nous attendaient avec cette note, car bâillonner tous ces démons du désir qu’on porte au-dedans n’est pas si facile. Les obliger à garder le silence et la quiétude n’est pas chose simple, mais, avec de la patience, nous y parvenions, et ainsi poursuivions-nous avec chacune des notes de la gamme musicale.

A une octave plus élevée, nous poursuivions avec le même effort et ainsi, peu à peu, en affrontant les divers éléments inhumains que nous portions à l’intérieur de nous, nous réussissions enfin à tous les bâillonner dans les 49 niveaux du subconscient. Alors, le mental restait tranquille et dans le silence le plus profond. C’était l’instant où l’Essence, l’Âme (ce qu’il y a de plus pur en nous) s’échappait pour expérimenter le RÉEL.

Ainsi, pénétrions-nous dans le VIDE ILLUMINATEUR, ainsi, le Vide Illuminateur faisait-il irruption en nous et, en nous déplaçant dans le Vide Illuminateur, nous parvenions à connaître les lois de la Nature telles qu’elles sont en elles-mêmes et non pas telles qu’elles sont en apparence.

Dans ce monde tridimensionnel d’Euclide, on ne connaît que des causes et des effets mécaniques, mais non les Lois Naturelles en elles-mêmes. Mais dans le Vide Illuminateur, elles sont devant nous, telles qu’elles sont réellement.

Dans cet état, nous pouvions percevoir, avec l’Essence, avec les Sens Superlatifs de l’Être, les choses en elles-mêmes, telles qu’elles sont.

Dans le monde des phénomènes physiques, nous ne percevons, en réalité, que l’apparence des choses : des angles, des surfaces, jamais un corps en entier, de manière intégrale, et le peu que nous percevons est fugace, car personne ne pourrait percevoir, par exemple, le nombre d’atomes qu’a une table ou une chaise, etc. Mais dans le Vide Illuminateur, nous percevons les choses en elles-mêmes telles qu’elles sont intégralement…

Ainsi, tandis que nous nous trouvions plongés dans le grand Vide Illuminateur, nous pouvions entendre la voix du Père qui est en secret.

Indéniablement, dans cet état, nous étions dans ce qui pourrait s’appeler « RAVISSEMENT» ou « EXTASE ». La personnalité restait passive, assise dans la salle de méditation. Les centres émotionnel et moteur s’intégraient au centre intellectuel, formant un tout unique, réceptif, de sorte que les ondes de tout ce que nous expérimentions dans le Vide, circulant par le Cordon d’Argent, étaient reçues par les trois centres : intellectuel, émotionnel, moteur.

Je répète : lorsque le Samadhi s’achevait, nous retournions à l’intérieur du corps en conservant le souvenir de tout ce que nous avions vu et entendu.

Cependant, je dois vous dire que la première chose qu’il faut abandonner, pour pouvoir se plonger un long moment dans le Vide Illuminateur, c’est la PEUR. Le Moi de la peur doit être compris : nous savons bien qu’il est possible de le désintégrer si nous supplions la Divine Mère Kundalini de manière véhémente. Elle éliminera ce Moi.

Un jour, peu importe lequel, me trouvant dans le Vide Illuminateur, au-delà de la personnalité, du Moi, de l’individualité, immergé dans ce que nous pourrions nommer le « LOGOS », « CELA », je sentis que j’étais tout ce qui est, a été et sera. J’ai expérimenté l’UNITÉ DE LA VIE libre en son mouvement. J’étais alors, la fleur, j’étais la rivière qui, cristalline, coule sur son lit de roches, chantant son délicieux langage, j’étais l’oiseau qui se précipite dans les profondeurs insondables, j’étais le poisson qui nage délicieusement au milieu des eaux, j’étais la Lune, j’étais les mondes, j’étais tout ce qui est, a été et sera…

Le sentiment du moi-même, du Moi, dut avoir peur. En effet, je sentis que je m’annihilais, que je cessais d’exister en tant qu’individu, que j’étais tout sauf un individu, que le moi-même allait mourir pour toujours.

Évidemment, je fus rempli d’une indicible terreur et je revins à ma forme. De nouveaux efforts me permirent alors, une autre fois, l’irruption dans le Vide Illuminateur et je me sentis à nouveau confondu avec tout, être tout. En tant que personne, en tant que Moi, en tant qu’individu, j’avais cessé d’exister.

Cet état de Conscience devenait de plus en plus profond, de telle sorte que toute possibilité d’existence s’arrêtait (d’existence individuelle), j’allais disparaître définitivement. Je ne pus résister plus longtemps et je revins à ma forme. Au troisième essai, je ne pus non plus y résister et je revins à ma forme. Je sais, depuis, que pour expérimenter le Vide Illuminateur, que pour ressentir le TAO en soi-même, il est nécessaire d’éliminer le Moi de la peur, c’est indubitable…

Parmi les frères de l’Ordre Sacré du Dragon Jaune, celui qui se distingua le plus fut mon ami CHANG. Il vit aujourd’hui dans l’une de ces PLANÈTES DU CHRIST où la Nature est impérissable et ne change jamais. Car il y a deux Natures : la périssable, changeante, et l’impérissable, qui ne change jamais et qui est immuable. Sur les Planètes du Christ, existe la Nature éternelle, impérissable et immuable…

Et il vit dans l’un de ces mondes du Seigneur, le Christ resplendit en lui. Il s’est libéré il y a de cela bien des âges… Mon ami Chang vit là-bas, dans cette planète lointaine, avec un groupe de frères qui se sont également libérés en même temps que lui…

J’ai connu, à cette époque, les SEPT SECRETS de l’ORDRE DU DRAGON JAUNE. Je voudrais vous les enseigner, mais je me rends compte, avec une grande douleur, que les frères de toutes les latitudes ne sont pas encore prêts à pouvoir les recevoir et c’est déplorable.

Je sais aussi qu’il n’est pas possible, aujourd’hui, d’utiliser les 49 sons de l’AYA-ATAPAN parce que cet instrument de musique n’existe plus. Il existe beaucoup de formes involutives de cet instrument, mais elles sont différentes, elles n’ont pas les sept octaves. Tous les instruments à cordes, le violon, la guitare, et même le piano, sont des formes involutives de cet instrument.

Mais il est possible d’arriver à l’expérience du Vide Illuminateur avec un SYSTÈME PRATIQUE ET SIMPLE que tous les frères peuvent pratiquer… Je vais ici même vous dicter la technique. Soyez attentifs…

Asseyez-vous à la manière orientale : avec les jambes croisées ainsi… Étant donné que vous êtes occidentaux, si cette position est trop inconfortable pour vous, asseyez-vous alors confortablement dans un fauteuil, à la manière occidentale. Placez la paume de la main gauche ouverte, la droite sur la gauche. Je veux dire : le dos de la main droite sur la paume de la main gauche. Relaxez le corps le plus possible, puis inspirez profondément, très lentement.

En inspirant, imaginez que l’Énergie Créatrice monte par les canaux spermatiques jusqu’au cerveau. Expirez de manière courte et rapide. En inspirant, prononcez le mantra « HAAAAAAAMMMMMMM », en expirant, prononcez le mantra « SAAHH ».

Indubitablement, on inspire par le nez, on expire par la bouche. Durant l’inhalation, on devra mantraliser la syllabe sacrée HAM (mentalement, car on inhale par le nez). Mais en expirant, on pourra articuler la syllabe SAH de façon sonore.

HAM s’écrit avec les lettres « H », « A », « M » ; SAH s’écrit avec les lettres « S », « A », « H ». Le « H » sonne toujours comme le « J » (jota espagnol).

L’inspiration est lente, l’expiration, courte et rapide. Les raisons ? L’énergie créatrice circule évidemment, dans toute personne, de l’intérieur vers l’extérieur, c’est-à-dire de manière centrifuge. Mais nous devons inverser cet ordre en vue d’une élévation spirituelle. Notre énergie doit circuler de façon CENTRIPÈTE (je veux dire de l’extérieur vers l’intérieur).

Indéniablement, si nous inhalons doucement et lentement, l’énergie créatrice circulera de manière centripète, de l’extérieur vers l’intérieur. Et si nous exhalons de façon courte et rapide, alors cette énergie circulera de façon de plus en plus centripète.

Durant la pratique, on ne doit penser absolument à rien. Les yeux doivent être bien fermés. Seul vibrera, dans notre mental, le HAM-SAH et rien d’autre.

Au fur et à mesure de la pratique, l’inspiration deviendra plus profonde et l’expiration très courte et très rapide.

Les grands Maîtres de la méditation arrivent à faire de la respiration une pure inhalation, et alors celle-ci reste en suspens. Cela est impossible pour les scientifiques mais réel pour les mystiques ! Et dans cet état, le Maître prend part au NIRIVI-KALPA-SAMADHI, ou au MAHA-SAMADHI. Alors se produit l’irruption du Vide Illuminateur, on se précipite dans ce Grand Vide où personne ne vit et où l’on n’entend que la parole du Père qui est en secret.

À l’aide de cette pratique, on obtient l’irruption du Vide Illuminateur à condition de ne penser absolument à rien, de n’admettre, dans le mental, aucune pensée, aucun désir, aucun souvenir. Le mental doit demeurer tout à fait tranquille, à l’intérieur, à l’extérieur et au centre. N’importe quelle pensée, aussi insignifiante soit-elle, est un obstacle pour le Samadhi, pour l’Extase.

De même, cette Science de la Méditation, combinée avec la respiration, produit des effets extraordinaires. Généralement, les gens souffrent de ce qu’on appelle les POLLUTIONS NOCTURNES. Hommes et femmes souffrent de ce problème, ils ont des rêves érotiques. Si les Mois copulent les uns avec les autres, la vibration passe par le Cordon d’Argent jusqu’au corps physique et l’orgasme survient, avec déperdition d’énergie créatrice.

Mais ceci arrive parce que l’énergie sexuelle circule de manière centrifuge, de l’intérieur vers l’extérieur. Quand l’énergie sexuelle circule de l’extérieur vers l’intérieur, de manière centripète, les pollutions sexuelles finissent. C’est donc un bienfait pour la santé…

Or, le Samadhi se produit (durant cette pratique de méditation) du fait que les énergies créatrices, en circulant de l’extérieur vers l’intérieur, imprègnent la Conscience et finissent par lui faire abandonner l’Ego et le corps.

La Conscience, désembouteillée de l’Ego, libérée de l’Ego et hors du corps physique, pénètre indéniablement dans le Vide illuminateur, elle reçoit le Tao.

Si on élimine l’Ego de la peur, de la crainte, on pourra demeurer dans le Vide Illuminateur sans aucune préoccupation.

On sentira que son propre aspect individuel se dissout peu à peu, on se sentira vivre dans la pierre et dans la fleur, dans l’étoile lointaine et dans l’oiseau chanteur de n’importe quel monde ou planète, mais on n’aura pas peur. Et si on n’a pas peur, on gravitera finalement vers son origine, convertie (la Conscience, l’Essence) en une créature terriblement divine, au-delà du bien et du mal.

On pourra se poser sur le Soleil Sacré Absolu, et là-bas, dans ce Soleil, en tant qu’Étoile Microcosmique, on connaîtra tous les mystères de l’univers. Car il est bon de savoir que l’univers en lui-même, tout notre système solaire, existe dans l’Intelligence du Soleil Sacré Absolu comme un éternel instant.

Tous les phénomènes de la Nature se produisent à l’intérieur d’un éternel instant, dans l’Intelligence du Soleil Sacré Absolu. Mais si on a peur, on perdra l’Extase et on retournera à la forme dense.

Les frères qui écoutent cette cassette doivent abandonner la peur… Sur l’autre face de la cassette, je poursuivrai ces explications. Point à la ligne…

Bien, sur cette partie de la cassette se trouve l’autre explication ou les explications qui suivent.

Indéniablement, il ne suffit pas de dire : « Je vais cesser d’avoir peur ! ». Il est nécessaire D’ÉLIMINER LE MOI DE LA PEUR et celui-ci se dissout, strictement, avec le pouvoir de la DIVINE MÈRE KUNDALINI SHAKTI.

Il faut tout d’abord l’analyser, le comprendre, et ensuite invoquer Devi Kundalini (notre Divine Mère Cosmique particulière) pour qu’elle désintègre le Moi de la peur. C’est ainsi seulement qu’on peut s’immerger dans le Vide Illuminateur de manière absolue. Celui qui le fera gravitera vers le Soleil Sacré Absolu. Là-bas, il connaîtra les merveilles de l’univers.

Nos frères doivent donc pratiquer la technique de la méditation telle que nous venons de la donner. Il ne faut pas oublier de relaxer le corps ! C’est indispensable.

HAM-SAH, c’est la Grande Haleine, HAM-SAH c’est l’Astral. HAM-SAH, c’est aussi un mantra qui permet de transmuter les énergies créatrices.

La méditation, combinée avec le Tantrisme, est formidable. HAM-SAH est la clé.

Nous savons bien que l’énergie créatrice sert à l’éveil de la Conscience (combinée avec la méditation). Indiscutablement, elle tire la Conscience de l’élément Ego et l’absorbe dans le Vide Illuminateur.

Évidemment, le Vide Illuminateur est au-delà du corps, des affections et du mental.

Dans une salle de méditation Zen, en Orient, un moine demanda à un Maître :

– Qu’est-ce que le Vide Illuminateur ? Les textes Zen disent que le maître donna un coup de pied dans l’estomac du disciple qui tomba sans connaissance. Puis, le disciple se releva et embrassa le Maître.

– Merci Maître, j’ai expérimenté le Vide Illuminateur !…

Absurde ! s’exclameront beaucoup. Eh bien, il n’en est rien. Ce qui arrive, c’est que des phénomènes très particuliers se présentent en ce qui concerne le Vide Illuminateur : lorsqu’un poussin est prêt à sortir de sa coquille, sa mère l’aide. Et elle l’aide ou l’assiste en piquant elle-même la coquille et le poussin continue à piquer avec cette aide et il sort. De même, quand quelqu’un est mûr, il reçoit l’aide de la Divine Mère Kundalini et il sort de la « coquille » de la personnalité et de l’Ego pour expérimenter le Vide Illuminateur. Mais il faut persévérer…

Dans la méditation, on doit combiner intelligemment la concentration avec le sommeil. L’union du SOMMEIL et de la CONCENTRATION produit l’ILLUMINATION.

De nombreux ésotéristes pensent que la méditation ne doit en aucune façon se combiner avec le sommeil du corps, mais ceux qui pensent ainsi se trompent parce que la méditation sans le sommeil abîme le cerveau.

On doit toujours utiliser le sommeil en combinaison avec la technique de la méditation, mais un sommeil contrôlé, un sommeil volontaire, pas un sommeil sans contrôle, pas un sommeil absurde, méditation et sommeil combinés intelligemment.

Nous devons prendre le pas sur le sommeil et ne pas laisser le sommeil prendre le pas sur nous. Si nous apprenons à prendre le pas sur le sommeil, nous aurons triomphé. Si le sommeil prend le pas sur nous, nous aurons échoué. Mais il faut utiliser le sommeil !

La méditation, je le répète, combinée avec le sommeil et la technique, conduira nos étudiants au Samadhi, à l’expérience du Vide Illuminateur.

C’est tous les jours qu’il faut pratiquer. À quelle heure ? À l’instant où nous nous sentons dans le bon état d’esprit pour le faire. Tout spécialement quand nous avons sommeil, en profiter pour la méditation.

Si les disciples suivent ces indications, ils pourront un jour recevoir le Tao, ils pourront expérimenter la VÉRITÉ.

Évidemment, il y a deux types de dialectique : la DIALECTIQUE RATIONNELLE, celle de l’intellect, et la DIALECTIQUE DE LA CONSCIENCE. Durant le SATORI, c’est la dialectique de la Conscience qui travaille. Alors, nous comprenons tout par intuition ou à travers des mots ou des figures symboliques : c’est le langage des paraboles de l’Évangile Christique, le langage vivant de la Conscience Superlative de l’Être.

Dans le Zen, par exemple, la dialectique de la Conscience surpasse toujours la dialectique du raisonnement. On demanda à un moine zen :

– Pourquoi Bodhidharma est-il venu de l’Ouest ?

Réponse :

– Le cyprès est au centre du jardin…

N’importe qui dirait : « Il n’y a là aucune concordance ». Mais si, il y en a une. C’est une réponse qui surpasse la dialectique de la raison, elle provient de l’Essence. Le cyprès, « l’Arbre de la Vie », est partout : peu importe l’Orient ou l’Occident. Voilà le sens de la réponse…

Dans le Vide Illuminateur, tout se sait « parce que c’est comme ça », par expérience directe de la Vérité.

L’étudiant devra se familiariser avec la dialectique de la Conscience. Malheureusement, le pouvoir de formulation de concepts logiques, aussi brillant soit-il et bien qu’utile dans tous les aspects de la vie pratique, est un obstacle pour la dialectique de la Conscience.

Je ne veux pas, par là, rejeter le pouvoir de formulation de concepts logiques, puisque nous avons besoin de tout dans le domaine des aspects pratiques de l’existence, mais chaque faculté a indiscutablement son orbite particulière et elle est utile dans son orbite. Hors de son orbite, elle est inutile et nuisible. Laissons le pouvoir de formulation de concepts dans son orbite.

Et dans le Samadhi, ou pour le Samadhi, ou dans la méditation, nous devons toujours appréhender, capter, expérimenter la dialectique de la Conscience. C’est une question d’expérience que le disciple va acquérir au fur et à mesure qu’il pratiquera la technique de la méditation.

Le chemin de la méditation profonde implique beaucoup de PATIENCE. Les impatients ne parviendront jamais à triompher. Il n’est pas possible de vivre l’expérience du Vide Illuminateur tant que l’impatience existe en nous. Le Moi de l’impatience doit être éliminé après avoir été compris. Que ceci soit clairement compris ! Si on agit de cette façon, on recevra le Tao, c’est évident.

L’expérience du Réel ne pourra jamais venir à nous tant que la Conscience restera plongée dans l’Ego. L’Ego, en lui-même, c’est le « temps ». Toute cette multiplicité d’éléments fantomatiques qui constituent le moi-même est un compendium du temps. L’expérience du Vide Illuminateur est l’antithèse : elle est intemporelle, elle est au-delà du temps et du mental.

Le temps, c’est toute la multiplicité du Moi. Le Moi c’est le temps. Ainsi donc, le temps est subjectif, incohérent, lourd, pesant ; il n’a pas de réalité objective.

Quand on s’assied dans une salle de méditation ou simplement chez soi pour méditer, quand on veut pratiquer cette technique, on doit OUBLIER LE CONCEPT « TEMPS » et vivre dans un éternel instant. Ceux qui s’adonnent à la méditation et qui sont suspendus à l’horloge n’obtiennent évidemment pas l’expérience du Vide Illuminateur.

Si l’on me demandait combien de minutes par jour devons-nous consacrer à la méditation : si c’est une demi heure, ou une heure, ou deux… Je ne donnerais pas de réponse ! Parce que si quelqu’un entre en méditation et est préoccupé par le temps, il ne pourra pas expérimenter le Vide Illuminateur, parce que celui-ci n’appartient pas au temps.

Ce serait une chose semblable à un oiseau qui tenterait de voler mais serait attaché par une patte à une pierre ou à un bâton : il ne pourrait pas voler, il y aurait une entrave. Pour expérimenter le Vide Illuminateur, nous devons nous libérer de toute entrave.

L’important, certainement, c’est d’expérimenter la Vérité. La Vérité se trouve dans le Vide Illuminateur.

Quand on demanda au grand Kabîr Jésus : « Qu’est-ce que la Vérité ? », le Maître garda un profond silence. Et quand on posa la même question à Gautama Sakyamuni, il tourna le dos et se retira.

LA VÉRITÉ NE PEUT ÊTRE DÉCRITE, elle ne peut être expliquée. Chacun doit l’expérimenter par lui-même, à travers la technique de la méditation. Dans le Vide Illuminateur, nous expérimentons la Vérité. C’est un élément qui nous transforme radicalement.

Il faut PERSÉVÉRER, il faut être TENACE. Il se peut qu’au début nous n’obtenions rien, mais à mesure que le temps passera, nous sentirons que nous devenons de plus en plus profonds et finalement, un jour, l’expérience du Vide Illuminateur fera irruption dans notre mental.

Indiscutablement, le Vide Illuminateur, en lui-même, est le SAINT OKIDANOCK, l’ACTIF OKIDANOCK : Omniprésent, Omnipénétrant, Omniscient, qui émane, en lui-même, du Soleil Sacré Absolu.

Heureux celui qui parvient à se précipiter dans le Vide Illuminateur, où ne vit aucune créature, car c’est précisément là-bas qu’il expérimentera le Réel, la Vérité !

La PERSÉVÉRANCE est indispensable. Il faut travailler quotidiennement à fond jusqu’à ce que l’on obtienne le triomphe total.

L’expérience de la Vérité à travers la méditation est prodigieuse. Si l’on a expérimenté la Vérité, on ressent la FORCE DE PERSÉVÉRER dans le travail sur soi-même.

De brillants auteurs ont parlé du travail sur le soi-même, sur le Moi, sur le moi-même, et il est évident qu’ils ont bien fait d’en avoir parlé ainsi, mais ils ont oublié quelque chose : L’EXPÉRIENCE DE LA VÉRITÉ.

Tant qu’on n’a pas expérimenté le Réel, on ne se sent pas le courage, on ne se sent pas assez de force pour travailler sur le soi-même, sur le moi-même. Quand on est vraiment passé par cette expérience mystique, on est différent : RIEN NE PEUT NOUS ARRÊTER DANS NOTRE ASPIRATION À LA LIBÉRATION. On travaillera inlassablement sur soi-même pour obtenir vraiment un changement radical, total et définitif.

Vous comprendrez maintenant, mes chers amis, pourquoi la salle de méditation est tellement indispensable. Franchement, je suis assez triste de voir que, malgré tout ce que j’ai écrit sur la méditation dans plusieurs « Messages de Noël » des années précédentes, dans les pays Sud-Américains et d’Amérique Centrale, il n’existe pas encore de salles de méditation alors qu’elles devraient déjà exister.

Que se passe-t-il ? Il y a de l’indolence ! Pourquoi cette indolence ? Par manque de compréhension ! Il est indispensable de comprendre que le pauvre « animal intellectuel », erronément appelé « homme », a besoin de souffle, il a besoin de quelque chose qui l’anime dans la lutte : des stimulations pour le travail sur lui-même.

Le pauvre « animal intellectuel » est faible par nature et il se trouve dans une situation extrêmement désavantageuse : l’Ego est très fort et la personnalité terriblement faible. Laissé ainsi, seul, c’est à peine s’il peut marcher. Il a besoin de quelque chose qui l’encourage à travailler, il a besoin d’un soutien intime. Ce n’est possible que grâce à la méditation.

Je ne veux pas dire que vous allez tous, d’un seul claquement de doigt, expérimenter le Vide Illuminateur. On ne peut évidemment parvenir à cette expérience qu’à travers différents degrés. Le dévot sentira de plus en plus l’impulsion intime de l’Être. Il vivra diverses expériences plus ou moins lucides, et enfin, le jour viendra où il aura la meilleure des expériences : l’expérience directe de la grande Réalité. Alors, il recevra le Tao.

Que ceux qui écoutent cette cassette pèsent bien mes paroles, qu’ils y réfléchissent. Il ne suffit pas d’écouter simplement : il faut savoir écouter, et ça, c’est différent.

Mais « celui qui écoute la parole et ne la met pas en pratique », dit l’apôtre saint Jacques dans l’Épître Universelle « ressemble à un homme qui se regarde dans un miroir, puis tourne le dos et s’en va »…

Il faut accomplir la parole à l’intérieur de nous-mêmes ! Il ne suffit pas d’écouter cette cassette, il faut la transformer en chair, en sang et en vie si nous voulons vraiment une transformation radicale. Il faut persévérer !

Ici s’achève mon propos. Paix Invérentielle !