Enseignements Fondamentaux sur la Méditation (La Science de la Méditation)

Samaël Aun Weor

Nous allons parler un peu de la Science de la Méditation. Avant tout, nous devons être prêts à recevoir ces enseignements de type supérieur de manière positive, afin de bien profiter du temps. L’heure est venue de comprendre qu’il est nécessaire de donner plus d’opportunités à la Conscience. Normalement, nous vivons tantôt à un étage de notre temple intérieur tantôt à un autre.

Il y a des gens qui vivent toujours aux étages les plus bas. Ce sont ceux qui sont concentrés exclusivement sur l’instinct et la fornication, c’est-à-dire sur le quatrième et le cinquième étage : le centre instinctif et le centre sexuel, des étages utilisés de manière négative. Il y en a d’autres qui vivent au troisième étage ou centre moteur et ils n’en sortent pas : ils fonctionnent toujours dans le moule de certaines coutumes, dans le sillon de certaines habitudes et ils ne changent jamais, comme le train qui avance toujours sur les mêmes rails ou sillons parallèles. Et les personnes qui vivent à ce troisième étage sont si habituées à leur train d’habitudes qu’elles ne sont nullement disposées à l’abandonner.

Il y a ceux qui vivent au premier étage qui est le centre intellectuel, d’autres vivent généralement au deuxième étage, celui des émotions inférieures, etc. Ceux qui vivent dans le centre intellectuel veulent tout transformer en rationalisme, en analyse, en concepts, en discussions et ils ne sortent pas de là.

Il y en a d’autres qui habitent exclusivement dans le centre des émotions, qui se consacrent aux vices du cinéma, des corridas, des combats de coqs, des courses de chevaux, des courses de vélos, enfin, c’est leur monde réduit et étroit : ils vivent enfermés dans l’esclavage des émotions négatives et il ne leur vient jamais à l’idée de s’échapper de ces habitations.

Il est donc nécessaire d’insister sur la façon de donner plus d’opportunités à la Conscience. Il existe aussi différents types de rêves : il y a des rêves intellectuels, il y en a aussi d’ordre émotionnel, il y a aussi des rêves qui appartiennent au centre moteur et des rêves sexuels ou qui sont exclusivement reliés aux activités du sexe. Ces rêves reflètent des situations vécues dans la journée, c’est la répétition des activités quotidiennes. Si la personne vit à l’étage des émotions, ses rêves reflètent des situations de peur, de folie. Si elle vit à l’étage sexuel, ses rêves sont luxurieux, composés d’adultères, de fornication, de masturbation, etc.

Si les rêves appartiennent au centre instinctif, ceci se reflète alors dans des rêves si incohérents, si « noyés », qu’il est très difficile de pouvoir les comprendre.

Chacun des cinq centres de la machine humaine produit certains rêves. Au nom de la vérité, nous devons dire que seuls les rêves qui correspondent au Centre Émotionnel Supérieur, c’est-à-dire au septième centre, sont dignes d’être pris en considération. C’est la même chose pour les aspects positifs du sixième centre ou Centre Mental Supérieur.

Les rêves des différents centres inférieurs de la machine humaine n’ont pas la moindre importance, que ce soit le moteur ou l’émotionnel, le sexuel, l’instinctif ou l’intellectuel, ces rêves n’en valent pas la peine. Il nous faut savoir apprécier et distinguer à quel centre correspond tel ou tel rêve et ce n’est possible qu’en connaissant les activités de chacun des cinq cylindres de la machine humaine.

Les rêves reliés au Centre Émotionnel Supérieur sont les plus importants parce qu’on y trouve des drames bien organisés, rattachés aux activités quotidiennes de notre Conscience, si nous lui avons donné l’opportunité de travailler. Ce qui arrive, c’est que ce Rayon de la Création dont nous émanons construit tout au moyen de ce Centre Émotionnel Supérieur, c’est-à-dire que ce sont les diverses parties supérieures de notre Être, reliées au Rayon de la Création, qui se manifestent. Elles utilisent le Centre Émotionnel Supérieur pour nous instruire durant les heures de sommeil. Alors, des scènes bien organisées, claires et précises se présentent. Le but est de nous faire comprendre clairement l’état dans lequel nous sommes, de nous faire voir nos erreurs, nos défauts, etc. Il est clair que le langage du Centre Émotionnel Supérieur est symbolique, allégorique et il correspond plutôt à la Kabbale hermétique, à l’herméneutique, etc. Il est indiscutable que c’est grâce à ce centre que toute personne qui se consacre aux études ésotériques peut recevoir une information correcte et précise.

Nous vous avons déjà enseigné qu’on doit toujours se coucher la tête au Nord, en position de décubitus dorsal, c’est-à-dire la bouche vers le haut et le corps relaxé, en suppliant la Divine Mère Kundalini de nous donner une instruction ésotérique. Nous avons aussi enseigné qu’il est nécessaire de se coucher sur le côté droit, dans la position du lion, et une fois que le disciple s’éveille, il ne doit pas bouger et il doit faire un exercice rétrospectif pour se souvenir de ses expériences pendant son sommeil, pour les graver et les enregistrer convenablement dans son cerveau et sa mémoire, etc.

Mais il est nécessaire de préciser que les rêves ne sont pas tous importants. Les rêves sexuels sont de type pornographique, érotique, avec des pollutions nocturnes, etc. Ce sont des rêves de nature complètement inférieure. Par là, nous ne voulons absolument pas dédaigner le centre sexuel, non, nous sommes loin de ce propos. Dans le sexe se trouve le plus grand pouvoir qui puisse libérer l’homme de la douleur humaine et aussi le pire pouvoir qui puisse réduire l’homme en esclavage.

Quant aux rêves instinctifs moteur, ils n’ont pas non plus d’importance, car, comme nous l’avons déjà dit, ils sont seulement le reflet des activités de notre journée, de même que les rêves reliés au centre émotionnel, ils sont de type passionnel, brutal, ils n’ont pas, non plus, la moindre importance.

Les rêves intellectuels ne sont autres que de simples projections qu’il ne vaut pas la peine de prendre en compte. Les seuls rêves dignes d’être sérieusement pris en considération sont ceux qui sont rattachés au Centre Émotionnel Supérieur mais ceci il faut savoir le comprendre pour éviter de lamentables erreurs. Il est nécessaire de savoir interpréter les messages purement allégoriques que nous recevons du Centre Émotionnel Supérieur. Ce sont des enseignements donnés par les Frères Supérieurs de la Fraternité Blanche ou par les parties supérieures de notre Être.

Ceci nous fait voir l’urgente nécessité que nous avons de comprendre la profonde signification de tout symbole : nous devons savoir le traduire d’une manière précise, en accord avec notre développement intérieur.

Cependant, après avoir fait ces éclaircissements sur le rêve, nous devons dire qu’il nous faut d’urgence passer au-delà du monde des rêves, s’éveiller dans les Mondes Internes ou Mondes Supérieurs, mais ceci n’est possible qu’en donnant de plus grandes opportunités à la Conscience.

Normalement, le mental vit en agissant et en réagissant de manière permanente aux impacts du monde extérieur. Si nous le comparons à un lac dans lequel nous jetons une pierre, nous verrons que cette dernière produit beaucoup d’ondes qui vont du centre à la périphérie, c’est la réaction de l’eau face à l’impact provenant du monde extérieur.

Il se produit quelque chose d’analogue avec le mental et les sentiments. Si quelqu’un nous blesse avec des paroles dures, cet impact des paroles dures arrive au centre de l’intellect ou centre pensant et, de là, nous réagissons de façon violente. Si quelqu’un offense notre amour-propre, nous nous fâchons et nous réagissons probablement de manière brutale.

Dans toutes les circonstances de la vie, le mental et le sentiment prennent une part active et ils réagissent sans cesse. Ce qui serait intéressant, mes chers disciples, c’est de ne donner d’opportunités ni au sentiment, ni au mental. Il est urgent d’avoir un mental passif et ceci, naturellement, gêne tous les « mentalistes ». Le mental passif est contraire à tous ceux qui disent que le pouvoir se trouve dans le mental et que l’homme doit être le roi, celui qui commande et celui qui domine avec son mental puissant. Ce sont les sophismes des « mentalistes », comme de dire que celui qui apprend à manier le mental est aussi sûr de triompher que la flèche du vieil archer. En fin de compte, ce ne sont rien d’autre que des sophismes, issus des fantaisies intellectuelles, qui n’ont aucun fondement ésotérique.

La pensée négative, ceci terrorise les positivistes du mental, mais pourtant la forme négative du mental est la plus éloquente. Ne pas penser est la forme la plus élevée de la pensée.

Quand le processus de la pensée s’est épuisé, il advient quelque chose de nouveau. Ceci, il faut savoir le comprendre. Un mental qui ne projette pas, un mental passif mis au service de l’Être, est un instrument efficace, parce que le mental est fait pour être réceptif, pour servir d’instrument passif et non d’instrument actif.

Le mental en soi est féminin et tous les centres doivent fonctionner harmonieusement en accord avec la symphonie universelle de la sérénité passive. Dans ces conditions, nous ne devons permettre ni au mental, ni aux sentiments de prendre part aux diverses circonstances de notre existence.

Il y a peu de temps, je pensais que les sentiments appartenaient à l’Être, mais avec l’investigation et l’expérience, j’ai vérifié qu’ils appartiennent à l’Ego et qu’ils sont intimement reliés au centre émotionnel inférieur.

La thérapie que nous avons besoin de connaître à fond pour éviter tout déséquilibre intérieur, avec des répercussions extérieures, est de ne permettre au mental aucune sorte de réaction. Si quelqu’un nous blesse, ne pas permettre au mental de réagir. Si seulement quelqu’un pouvait blesser nos sentiments à chaque instant pour pouvoir nous entraîner beaucoup mieux ! Plus on nous insulte, mieux c’est pour notre entraînement, car nous aurons beaucoup d’opportunités pour ne permettre ni au mental, ni aux sentiments de réagir, c’est-à-dire pour qu’ils n’interviennent ni ne rentrent dans aucune circonstance de notre vie.

Il est clair que l’état passif du mental, du sentiment et de la personnalité exige une formidable activité de la Conscience. Ceci nous indique que plus la Conscience reste active, mieux c’est pour atteindre l’éveil de celle-ci, parce qu’ainsi la Conscience, en étant en activité permanente, devra inévitablement s’éveiller.

Il me vient en mémoire, en cet instant, le Bouddha Gautama Sakyamuni. Un jour, le grand Bouddha était assis au pied d’un arbre, en profonde méditation, quand quelqu’un vint pour l’insulter ; il jeta contre le Bouddha toute sa bave diffamatoire, il essaya de le blesser terriblement avec la parole. Le Bouddha continuait à méditer mais la personne continuait à le provoquer, à l’insulter, à le blesser. Longtemps après, le Bouddha ouvrit les yeux et lui demanda : « Oh ! Mon frère ! Si on t’offre un cadeau et que tu ne le prends pas, à qui appartient ce cadeau ? ». L’insulteur répondit : « Et bien, à celui qui l’offre, c’est clair ». Alors le Bouddha lui dit : « Mon frère, emporte ton cadeau, je ne puis l’accepter ». Et il continua à méditer.

Voilà une très sublime et très belle leçon. Le Bouddha ne permit pas à son mental et à ses sentiments de réagir parce que le Bouddha vivait pleinement éveillé, à l’intérieur de sa propre Conscience, et il ne donnait, à aucun moment, ni dans aucune circonstance, la moindre opportunité au mental et aux sentiments de réagir. C’est ainsi, chers disciples, que nous devons procéder.

L’école, nous l’avons partout, nous devons seulement savoir en tirer profit, savoir nous entraîner en donnant de plus grandes et de meilleures opportunités à la Conscience pour qu’elle travaille de façon continue à chaque instant, jusqu’à ce qu’elle s’éveille totalement. L’école, nous l’avons partout, nous devons seulement savoir en profiter convenablement, sagement. Nous l’avons dans notre maison, au bureau, à l’atelier, à l’usine, dans l’entreprise, dans la rue et de partout, même dans le temple, avec les compagnons d’étude, avec les enfants, avec les parents, avec l’épouse, avec les neveux, les petits-enfants, les cousins, les proches, les amis, etc.

Tout gymnase psychologique, aussi dur soit-il, aussi difficile nous paraisse-t-il, nous est indispensable. Tout le secret, c’est de ne permettre ni aux sentiments, ni au mental d’intervenir dans les aspects pratiques de notre vie.

Nous devons toujours permettre à la Conscience d’agir, de commander, de travailler, de parler, de faire et d’exécuter toutes nos activités quotidiennes. Ainsi, nous nous préparons harmonieusement à la méditation.

Pour parler, donc, du domaine pratique de la méditation, nous devons dire que ce que nous cherchons, c’est précisément passer au-delà du mental et des sentiments. Et c’est possible si, dans la vie pratique, nous nous sommes entraînés intensément et nous nous sommes préparés, à travers la vie quotidienne, pour ces fins merveilleuses. Cette question de la méditation est difficile quand, dans la vie pratique quotidienne, nous ne sommes pas passés par un entraînement rigoureux, quand nous ne nous sommes pas bien entraînés au gymnase psychologique de la cohabitation sociale et familiale de notre vie quotidienne.

Nous devons, durant la méditation, désembouteiller l’Essence, la Bouddhata, ce qu’il y a de meilleur en nous, de plus digne, de plus décent ; cette Essence ou Bouddhata se trouve précisément engloutie dans les éléments inhumains, dans ce composé d’agrégats psychologiques qui constituent le « Moi-même », le « Soi-même », l’Ego.

Il ne sera pas possible d’expérimenter le Réel, la Vérité, ce qui, assurément, nous intéresse tous, si nous ne parvenons pas à sortir l’Essence de l’Ego. Une Essence embouteillée dans l’Ego ne peut expérimenter le Réel. Elle devra toujours vivre dans le monde des rêves, dans le centre intellectuel, dans le centre instinctif, dans l’émotionnel, dans le centre moteur ou dans le sexuel, mais elle ne pourra, en aucune manière, s’échapper pour expérimenter la vérité.

Le grand Kabîr Jésus a dit : « Connaissez la Vérité et elle vous rendra libre ». La vérité n’est pas une question de théories, ce n’est pas croire ou ne pas croire, ce n’est pas non plus une question de concepts ni d’opinions, on ne peut tirer des conclusions concernant la vérité. Mais, qu’est-ce qu’une opinion ? C’est la projection d’un concept avec le doute et la crainte que la vérité soit autre chose. Et qu’est-ce qu’un concept ? Simplement un raisonnement élaboré et convenablement projeté par le mental, qui peut coïncider ou non avec telle ou telle chose.

Mais, pouvons-nous être sûrs qu’un concept ou qu’une opinion émise par l’intellect soit précisément la vérité ? Non. Qu’est-ce donc qu’une idée ? Une idée peut être magnifique. Par exemple, nous pouvons nous faire une idée ou nous forger une idée par rapport au soleil. Elle peut être plus ou moins exacte, plus ou moins fausse, mais elle n’est pas le soleil. De même, nous pouvons aussi nous forger de multiples idées concernant la Vérité.

Quand on demanda à Jésus-Christ ce qu’est la Vérité, il resta silencieux. Quand on posa la même question au Bouddha Gautama Sakyamuni, il tourna le dos et s’en alla. Car la Vérité ne peut être définie par des mots, un coucher de soleil non plus. Quelqu’un peut avoir une grande extase quand le soleil est sur le point de se coucher dans les splendeurs d’or, sur la cordillère, et tenter de communiquer cette expérience mystique à une autre personne, mais il est probable que cette autre personne ne ressente pas la même chose. De même, la vérité est incommunicable, elle n’est réelle que pour celui qui l’a expérimentée par lui-même.

Quand nous arrivons, en l’absence de l’Ego, à expérimenter la Vérité, nous pouvons constater un élément qui transforme radicalement. C’est un élément de très haut voltage. C’est possible, mais il faut savoir comment y arriver : en faisant travailler la Conscience pour qu’elle remplace complètement le mental et le sentiment, que ce soit elle, la Conscience, incorporée, intégrée en nous, qui fonctionne.

Nous devons avoir un mental passif, un sentiment passif, une personnalité passive, mais une Conscience totalement active. Comprendre ceci est indispensable, c’est urgent pour pouvoir être des pratiquants de la méditation.

Avec la technique de la méditation, ce que nous cherchons, c’est une information. Un microscope peut nous informer sur la vie des microbes, des bactéries, des cellules, des micro-organismes, etc. N’importe quel télescope peut nous donner une légère information sur les corps célestes, les planètes, les aérolithes, les étoiles, etc. Mais la méditation va beaucoup plus loin, parce qu’elle nous permet de connaître la vérité sur une fourmi et même sur le soleil, la Vérité sur un atome ou une constellation.

Le plus important, c’est d’apprendre, de savoir de quelle manière nous devons nous libérer, sortir la Conscience du mental et de l’Ego, comment nous allons extraire la Conscience du sentiment, quand nous soumettons le mental et le sentiment, car, évidemment, nous brisons des chaînes, nous sortons de ce cachot fatal, de cette prison. Dans ces conditions, nous nous préparons à la méditation.

Avant tout, le plus important, c’est de savoir méditer. Il faut apprendre la technique correcte. Dans le monde oriental, on insiste beaucoup sur les positions de padmasana avec les jambes croisées, mais nous, nous ne sommes pas des orientaux et nous pouvons méditer selon nos coutumes et nos manières. De plus, les Orientaux ne méditent pas tous avec les jambes croisées. En tout cas, chacun doit adopter la position qui lui convient le mieux. Celui qui veut méditer avec les jambes croisées, eh bien, qu’il le fasse, nous n’allons pas le lui interdire, bien que ce ne soit pas la seule asana pratique pour la méditation. Pour une méditation correcte, nous pouvons aussi nous asseoir dans un fauteuil confortable, avec les bras et les jambes bien relaxés, le corps en général bien relaxé, sans aucun muscle tendu.

Il y a aussi celui qui veut prendre la position de l’étoile flamboyante à cinq pointes : les deux bras ouverts sur les côtés et les jambes ouvertes aussi sur les côtés, couché en décubitus dorsal sur le sol ou sur le lit, la tête au Nord. Enfin, chacun peut prendre la position ou la figure qu’il veut ou celle qui lui convient le mieux.

Si nous voulons vraiment sortir notre Conscience ou Essence du mental ou des sentiments ou du Moi psychologique, eh bien, peu importe la position que nous prenons ou à laquelle nous souhaitons donner une forme spéciale, n’est-ce pas ? La seule chose intéressante, c’est de savoir méditer, le reste est sans importance.

Quelqu’un peut prendre une position orientale s’il veut. Si un autre veut prendre une position occidentale, eh bien, il peut le faire. Si un autre veut prendre n’importe quelle autre position qui lui semble meilleure, eh bien, il peut le faire. L’important, c’est qu’elle soit confortable et qu’on puisse faire une bonne méditation. Chacun est chacun et la seule chose qu’on doit faire, c’est de chercher la position la plus confortable, sans se limiter à aucune règle ou modèle d’asana ou de système.

Il convient, par contre, de bien relaxer le corps, c’est indispensable quelle que soit la position, afin que le corps soit à l’aise, c’est évident.

Je vous ai très souvent expliqué comment on travaille avec le mantra HAM SAH qui se prononce ainsi : « Ham-Sah ». Ce mantra est le symbole merveilleux qui, en Orient, féconde les eaux chaotiques de la vie, le Troisième Logos.

L’important donc, chers disciples, c’est de savoir comment nous allons vocaliser ces mantras, quels sont leurs pouvoirs. Généralement, les forces sexuelles circulent de l’intérieur vers l’extérieur de manière centrifuge et c’est à cause de ça qu’existent les pollutions nocturnes quand on fait un rêve basé dans le centre sexuel.

Si l’homme organisait ses systèmes vitaux et que, au lieu de favoriser le système centrifuge, il utilisait le système centripète, c’est-à-dire qu’il fasse circuler les forces sexuelles de l’extérieur vers l’intérieur au moyen de la transmutation, même s’il avait un rêve érotique, il n’y aurait pas de pollution. Mais comme l’homme n’a pas organisé cette question sexuelle de manière centripète, eh bien, survient effectivement la pollution, la perte du sperme sacré ou liqueur spermatique.

Si l’on veut éviter les pollutions, on doit savoir organiser nos forces sexuelles. Ces forces sont intimement reliées au souffle, au prana, à la vie, c’est évident. Il existe donc une intense et profonde relation entre les forces sexuelles et la respiration qui, convenablement combinées et harmonisées, génèrent des changements fondamentaux dans l’anatomie physique et psychologique de l’homme.

L’important, c’est de faire refluer ces forces sexuelles vers l’intérieur et vers le haut de manière centripète. C’est ainsi seulement qu’il est possible d’effectuer un changement spécifique dans l’office et les fonctions que peut accomplir la force créatrice sexuelle. Il est nécessaire d’imaginer l’énergie créatrice en action durant la méditation, de la faire monter de manière rythmique et naturelle jusqu’au cerveau au moyen de la vocalisation du mantra que nous avons déjà expliquée dans ce chapitre, durant cette pratique de méditation, en n’oubliant pas les inhalations et exhalations de l’air de manière synchronisée, en parfaite concentration, harmonie et rythme.

Il est nécessaire de préciser que l’inhalation doit être plus profonde que l’exhalation simplement parce que nous avons besoin de faire circuler l’énergie créatrice de l’extérieur vers l’intérieur, c’est-à-dire faire l’exhalation plus courte que l’inhalation. Avec cette pratique, vient l’instant où la totalité de l’énergie s’écoule de l’extérieur vers l’intérieur et vers le haut, de manière centripète. L’énergie créatrice organisée, comme nous l’avons déjà dit, de manière centripète, de plus en plus profondément, de l’extérieur vers l’intérieur, devient évidemment un instrument extraordinaire pour l’Essence, pour éveiller la Conscience.

Je suis en train de vous enseigner le légitime Tantrisme Blanc, c’est la pratique qu’utilisent les écoles tantriques de l’Himalaya et de l’Inde, c’est la pratique grâce à laquelle on peut arriver à l’extase, au Samadhi ou comme vous voulez l’appeler.

Les yeux doivent être fermés durant la pratique. On ne doit penser absolument à rien durant cette méditation. Mais si, malheureusement, un désir arrive au mental, la meilleure chose que nous puissions faire est de l’étudier sans nous identifier à ce désir. Après l’avoir compris de manière intime, profondément, dans toutes ses parties, alors il est prêt à être mis à mort, à être désintégré au moyen de la lance d’Éros.

Mais si le souvenir d’un événement de colère nous assaille, que devons-nous faire ? Suspendre un instant la méditation et essayer de comprendre l’événement qui est arrivé à notre entendement, en faire la dissection, l’étudier et le désintégrer avec le bistouri de l’autocritique, et ensuite l’oublier et continuer la méditation et la respiration.

Si, soudain, le souvenir de n’importe quel événement de notre vie, de dix ou vingt ans en arrière, survient à notre mental, faisons le même usage de l’autocritique et utilisons le même bistouri pour désintégrer ce souvenir, pour voir ce qu’il a de vrai. Une fois que nous sommes sûrs que rien d’autre ne vient au mental, alors nous continuons avec la respiration et la méditation, sans penser à rien, en faisant doucement résonner le mantra HAM-SAH, tel qu’il se prononce, en prolongeant l’inspiration et en écourtant l’expiration.

Nous répétons le mantra : HAAAAAMMMMM-SAH, HAAAAAMMMMM-SAH, etc., avec une profonde quiétude et un silence authentique du mental. C’est ainsi seulement que l’Essence pourra s’échapper, ne serait-ce qu’un instant, pour se plonger dans le Réel.

On a beaucoup parlé du Vide Illuminateur. Il est clair que nous pouvons arriver à l’expérimenter par nous-mêmes. C’est dans ce Vide que nous trouvons les lois de la Nature telles qu’elles sont en elles-mêmes et non pas comme elles sont en apparence. Dans ce monde physique, nous ne voyons que la mécanique des causes et des effets, mais nous ne connaissons pas les lois de la Nature elle-même, tandis que dans le Vide Illuminateur, nous pouvons les reconnaître de manière naturelle, simple, telles qu’elles sont.

Dans ce monde physique, nous pouvons, de l’extérieur, percevoir des formes plates. Mais, comment pourrons-nous voir comment elles sont à l’intérieur, sur les côtés, etc. ? Dans le Vide Illuminateur, nous pouvons connaître la vérité telle qu’elle est et non pas comme elle nous semble en apparence. Nous pouvons expérimenter la vérité d’une fourmi, d’un monde, d’un soleil, d’une comète, etc. L’Essence immergée dans le Vide Illuminateur, perçoit, avec son centre spatial, tout ce qui a été, ce qui est et ce qui sera. Ses radiations arrivent à la personnalité et le mental les perçoit.

Il est intéressant de voir que, tandis que l’Essence se trouve immergée dans le Vide Illuminateur, en train d’expérimenter le Réel, les centres de la machine humaine, l’émotionnel et le moteur, s’unissent à l’intellectuel, et le mental réceptif capte et recueille les informations qui viennent de l’Essence. Ainsi, quand l’Essence sort du Vide Illuminateur et pénètre de nouveau dans la personnalité, l’information ne disparaît pas, elle reste accumulée dans le centre intellectuel.

On nous a dit que pour pouvoir former un vide, nous avons besoin – c’est indispensable – d’une pompe à succion, et nous l’avons dans l’épine dorsale : les canaux d’Ida et de Pingala par où l’énergie créatrice monte au cerveau. On nous a aussi dit qu’il faut une dynamo, celle-ci se trouve dans le cerveau et dans la force de la volonté. Et il est évident que, dans toute technique, il doit y avoir un générateur. Heureusement, ce générateur, ce sont les organes créateurs, le sexe, la force sexuelle.

En ayant le système et les éléments, nous pouvons former le Vide Illuminateur. La pompe, la dynamo et le générateur sont les éléments dont nous avons besoin pour atteindre ce Vide Illuminateur dans la méditation. C’est seulement au moyen du vide absolu que nous pouvons connaître le Réel, mais nous avons besoin que l’Essence pénètre dans ce vide absolu.

Dans les textes anciens, on parle beaucoup du Saint Okidanock, omniprésent, omnipénétrant, omniscient : il émane naturellement du Soleil Sacré Absolu. Comment allons-nous parvenir à connaître en nous-mêmes le Saint Okidanock si nous n’arrivons pas à pénétrer dans le Vide Illuminateur, puisqu’on sait que le Saint Okidanock se trouve dans le Vide Illuminateur, qu’il est un avec le grand Vide.

Quand on se trouve en extase, on passe au-delà de la personnalité. Quand on se trouve dans le Vide Illuminateur, en train d’expérimenter la réalité du saint Okidanock, on est l’atome, la comète qui passe, le soleil, l’oiseau qui vole, on est la feuille, on est l’eau, on vit dans tout ce qui existe. La seule chose nécessaire, c’est d’avoir le courage de ne pas perdre l’extase, parce qu’en sentant qu’on est dilué dans tout et qu’on est tout, on a peur de l’annihilation et on pense : où suis-je ? Pourquoi suis-je en tout ? Alors vient le raisonnement, et, de ce fait, on perd l’extase et, immédiatement, on se retrouve à nouveau plongé, enfermé une nouvelle fois dans la personnalité. Mais si on a du courage, on ne perd pas l’extase.

À cet instant, on est comme la goutte d’eau qui s’immerge dans l’océan, mais il faut aussi tenir compte que l’océan s’immerge dans la goutte d’eau. Le fait de se sentir le petit oiseau qui vole, la forêt profonde, le pétale de la fleur, l’enfant qui joue, le papillon, l’éléphant, etc., cela amène avec soi le raisonnement et la peur. À ce moment-là, on n’est rien mais on est tout. Cela produit donc de la peur et, par conséquent, l’expérience de la méditation échoue.

C’est donc dans le Soleil Sacré Absolu qu’on arrive à connaître la vérité. Dans le Soleil Sacré Absolu, il n’y a pas de temps. Là-bas le facteur temps n’existe pas. Là-bas l’univers est unitotal et les phénomènes de la Nature se produisent hors du temps. Dans le Soleil Sacré Absolu, nous pouvons vivre un éternel instant.

Là-bas, on vit au-delà du bien et du mal, convertis en créatures rayonnantes. C’est pourquoi lorsqu’on a expérimenté une fois la vérité, on ne peut être comme les autres qui vivent seulement de croyances, non. Là-bas, on expérimente la nécessité impérative et urgente de travailler ici et maintenant à l’Autoréalisation intime de l’Être.

Expérimenter ou passer par le Vide Illuminateur est une chose et nous autoréaliser intimement en est une autre… C’est pourquoi il est nécessaire de savoir méditer, d’apprendre à méditer. Il est urgent de comprendre la méditation. J’espère que vous le comprenez, que vous vous exercez à la méditation pour pouvoir, un jour, désembouteiller l’Essence et expérimenter la Vérité.

Celui qui parviendra à désembouteiller l’Essence et à la plonger dans le Vide Illuminateur devra être différent, il ne pourra pas être comme les autres. C’est pourquoi il doit suivre un cours spécial. La personne sera différente et disposée à lutter au maximum dans le seul but de réaliser le Vide Illuminateur en elle-même ici et maintenant.

En Orient, lorsqu’un disciple atteint ces expériences merveilleuses d’expérimenter la Vérité et qu’il va en informer son Gourou, celui-ci le frappe fortement avec ses mains. Il est clair que si le disciple n’a pas organisé son mental, il réagira donc contre le Gourou, n’est-ce pas ? Mais ces disciples sont très bien entraînés. Ceci sert à équilibrer les valeurs et à tester le disciple pour voir comment il avance dans la mort de ses défauts.

J’espère que vous avez compris à fond ce qu’est réellement la science de la méditation, pour que vous la pratiquiez intensément dans vos foyers et dans les temples de prière. Avez-vous une question à poser ? Celui qui veut poser une question peut le faire avec une entière liberté.

Disciple. Maître, comment faire pour dominer la peur quand nous sentons que nous tombons dans le Vide Illuminateur durant la méditation ?

Maître. Il est nécessaire de combattre la peur en la soumettant à la désintégration jusqu’à ce qu’elle soit transformée en poussière cosmique, qu’il ne reste rien en nous de cette horrible entité de la peur. C’est pourquoi nous avons donné les techniques spécifiques pour désintégrer les défauts au moyen de la Lance et avec l’aide de la Mère Divine particulière. J’en ai parlé amplement dans mon livre « Le Mystère de la Floraison d’Or ».

L’une des personnes ici présentes veut-elle poser une autre question ?