Diverses interrogations sur la femme

Samaël Aun Weor

Février 1974. Mexique, D.F. Ère du Verseau. C’est avec le plus grand plaisir que je vais répondre aux questions que me pose la soeur B. Je désire avant tout que son livre sorte très rapidement. Le titre qu’elle dit vouloir utiliser : « Énigme féminine » me semble extraordinaire, merveilleux.

Disciple. Vénérable Maître, quel est votre opinion sur la femme, comment la définissez-vous ?

Maître. La femme a indubitablement les mêmes droits que l’homme. Si nous étudions attentivement le mot « ELOHIM » qui figure dans la Bible, nous trouverons que c’est un nom féminin avec une terminaison masculine plurielle. La traduction exacte de ce nom est « DIEUX et DÉESSES ».

Une religion sans Déesse se trouve à mi-chemin de l’athéisme matérialiste, car Elohim, ou disons plutôt, les Elohim étant des êtres androgynes divins, c’est-à-dire des Dieux et des Déesses, si nous supprimons leur aspect féminin, le résultat sera donc que la moitié du nom de la Divinité sera supprimée. C’est-à-dire, résultat : nous serions à mi-chemin de l’athéisme. On ne peut supprimer les Déesses d’aucun culte religieux, parce que la Divinité en elle-même est à la fois masculine et féminine.

Par déduction de cela, nous pouvons établir comme corollaire que la femme a les mêmes droits que l’homme et que l’Autoréalisation intime de l’Être n’est pas possible sans l’union des parties séparées homme-femme. Tous deux, unis au moyen du sexe, constituent en eux-mêmes une créature ineffable, un Elohim Créateur…

D. Certains étudiants qui ont connu la Gnose ont déclaré que la femme est un « utérus avec des jambes ». C’est-à-dire que son importance réside là. Que pensez-vous de cette opinion ?

M. La femme ne pourra jamais être, comme beaucoup le pensent par erreur, un simple « utérus avec des jambes ». Évidemment, ceux qui parlent ainsi démontrent leur lubricité, leur dégénérescence, leur morbidité passionnelle de type sexuel.

Il n’est pas superflu de rappeler, avec une grande emphase, que dans l’organisme, en plus du centre sexuel, il existe d’autres centres. Rappelons-nous l’intellectuel situé dans le cerveau, l’émotionnel dans le plexus solaire dans la région du nombril, le centre moteur dans la partie supérieure de l’épine dorsale, et l’instinctif dans la partie inférieure de celle-ci.

Ainsi donc, il n’existe pas seulement le centre de la génération dans la créature féminine. Il est indiscutable qu’il existe aussi d’autres centres. Par conséquent, la définition donnée par certains luxurieux, considérant la femme comme un simple « utérus avec des jambes », en plus d’être, comme je l’ai déjà dit, morbide et inhumaine, indique aussi la superbe et l’orgueil de ces hommes qui l’ont formulée aussi grossièrement.

D. Du fait qu’il y a plus de femmes que d’hommes, le « véhicule féminin » est-il karmique ?

M. Je ne pense absolument pas que le « véhicule féminin » soit karmique, puisque le véhicule […] le corps féminin représente indubitablement l’aspect passif-créateur du Divin. J’ai déjà dit, et je le répète encore une fois très clairement, que Elohim est Dieux et Déesses. Si l’aspect masculin d’Elohim a le droit d’avoir un corps physique, l’aspect féminin de celui-ci a aussi le droit d’avoir un corps physique de type féminin-réceptif.

D. Entre l’homme et la femme, quel est celui qui a tendance à être le plus passionnel ?

M. Qu’il y ait des passions animales, c’est évident, et les hommes ont les mêmes passions animales que les femmes. Prenez en compte que l’Ego est toujours l’Ego. Parfois, il retourne, il revient, il se réincorpore dans des corps masculins, et d’autres fois dans des véhicules féminins. Par conséquent, il est toujours le même. Et s’il manifeste ses passions dans un corps du point de vue purement masculin, l’autre les exprime du point de vue rigoureusement féminin.

D. La femme a-t-elle des pollutions nocturnes ?

M. La femme a des pollutions nocturnes, bien que beaucoup ne le croient pas. Il est clair qu’un rêve érotique produit des pollutions. Les femmes qui sont passées par ces expériences nocturnes savent très bien que la pollution féminine est un fait, et les faits sont les faits, et devant les faits nous devons nous incliner.

D. La menstruation peut-elle être considérée comme un Karma pour la femme ?

M. La menstruation ne peut jamais être un karma. Ceux qui supposent cela se trompent radicalement. Nous devons nous rappeler, avec une grande emphase, les gens de l’ancienne Lémurie, autrefois située dans les vagues furieuses de l’Océan Pacifique. À cette époque, tous les êtres humains étaient hermaphrodites.

Il n’y a pas de doute que ces géants, ces colosses, si joliment représentés par certaines sculptures de l’Ile de Pâques, avaient leurs menstruations. La partie féminine ovulait et ces ovules venaient au monde une fois fécondés par le principe masculin. Mais, je le répète, toutes les créatures portaient en elles-mêmes les aspects masculin et féminin.

C’était l’époque où l’humanité se reproduisait par le système de gemmation (c’est le même système que celui des oiseaux). La créature se forme à l’intérieur de l’oeuf et, après un certain temps, elle rompt la coquille et voit le jour. La créature qui naissait s’alimentait du père-mère.

C’était l’Âge d’Or, c’était l’époque où lait et miel jaillissaient des rivières d’eau pure de vie. Il n’y avait alors ni « le mien » ni « le tien » et tout était à tous, et chacun pouvait manger de l’arbre du voisin sans aucune peur. Alors, celui qui savait jouer de la lyre faisait trembler l’univers entier avec ses mélodies les plus sublimes. La lyre d’Orphée ne s’était pas encore brisée en morceaux sur le pavé du temple.

Lorsque l’humanité se sépara en sexes opposés, tout changea. Cet oeuf, expulsé par l’ovaire, naissait sans avoir été fécondé, puisque le principe masculin s’était séparé du féminin. Il fut alors nécessaire de coopérer pour qu’il y ait une création.

Il n’est pas superflu de se rappeler les grandes pérégrinations qui se faisaient depuis des lieux très lointains jusqu’aux temples sacrés. Les KUMARATS dirigeaient ces processions mystiques. L’acte sexuel avait lieu dans les cours pavées des temples des mystères ; l’humanité se reproduisait par KRIYASHAKTI, c’est-à-dire par la Volonté et le Yoga. Personne ne commettait le crime d’extraire de son organisme le sperme sacré. Un spermatozoïde pouvait s’échapper à n’importe quel moment pour féconder une matrice.

À cette époque, la douleur de l’enfantement n’existait pas et les enfants naissaient sans que la mère eût à souffrir. Malheureusement, mes chers frères, vint le moment où les gens ont changé, disons, à cause de certains principes ténébreux qui pullulaient dans l’atmosphère du monde, et ils se sont dédiés à la fornication animale. C’est à cette époque que les gens furent expulsés des temples des mystères, et cela fut inscrit comme tradition dans les livres sacrés. C’est pourquoi on dit souvent que « Adam et Ève furent chassés du Paradis Terrestre ».

La menstruation ne peut être du karma. L’aspect féminin, séparé du masculin, a continué à avoir ses menstruations, a continué à envoyer l’ovule à l’extérieur, mais sans avoir été fécondé, et cela ne peut être un karma, mais une fonction naturelle.

D. Que pourriez-vous nous dire sur le vampirisme ?

M. Bon, on parle aussi beaucoup de vampirisme. On dit que « beaucoup de femmes sont vampirisées ». Je ne nie pas qu’il y ait des vampires sexuels, il y en a en effet, les « Dracula » ont existé et ils continuent d’exister, mais ce qui est normal aujourd’hui, ce qui abonde de partout, ici et là, c’est ce qu’on appelle communément des Harpies.

Nous devons bien nous rappeler les aventures des Troyens avec ces fameuses furies dont nous a parlé Virgile, le poète de Mantoue, dans son oeuvre extraordinaire intitulée « L’Énéide ». Il n’y a pas de doute que lorsque ces magiciennes noires, lorsque ces furies mettent leur corps en état de Jinas, elles peuvent se transporter dans différents coins de la Terre. Si elles ont des ennemis hommes ou femmes, elles s’approchent d’eux et les mordent. La morsure apparaît, plus tard, comme une tâche noire sur telle ou telle partie du corps, c’est-à-dire là où il y a eu la morsure.

Ainsi, il ne s’agit pas, à proprement parler, de vampirisme, mais de furies, de Harpies, c’est tout… Qu’on les appelle des sorcières ? C’est quelque chose de très courant et n’importe qui le sait.

D. Dans le cas où la femme a des pollutions, comment est la substance qu’elle éjacule et quel nom lui donne-t-on ?

M. La liqueur séminale féminine est cristalline, nous pourrions aussi l’appeler « verre liquide, flexible, malléable ». Naturellement, elle ne contient pas des millions de spermatozoïdes comme dans le cas concret des hommes, mais elle contient des principes vitaux, des hormones, des forces, des substances extraordinaires. Il n’y a pas de doute que la femme, avec l’orgasme, perd des richesses incalculables, des calories, du prana, des principes électriques et magnétiques, l’hydrogène sexuel Si-12 avec lequel il est possible de créer les Corps Existentiels Supérieurs de l’Être.

D. Nous conseillons toujours aux jeunes filles gnostiques de s’abstenir des pratiques de transmutation durant les jours de la menstruation car elles sont dans une période où l’organisme se désintoxique et sécrète des substances inutiles à l’organisme et la transmutation est un processus d’inhibition, d’absorption. Cependant, nous aimerions que vous nous donniez votre opinion à ce sujet.

M. Il n’est absolument pas conseillé à la femme de transmuter ses énergies créatrices durant la période d’ovulation, c’est-à-dire durant la période de la menstruation. Nous devons tenir compte que c’est un processus très délicat, et que certaines substances pourraient monter jusqu’au cerveau et causer de très graves dommages.

D. Nous recommandons fréquemment les pratiques de transmutation en profitant de la musique classique, car nous avons expérimenté des états sublimes avec la stimulation de la musique ineffable. Que pouvez-vous nous dire là-dessus ?

M. Il est possible de faire des transmutations avec la musique ineffable des grands Maîtres. On peut aussi sublimer ainsi. Rappelons-nous les Neufs Symphonies de Beethoven, « La Flûte Enchantée » de Mozart, qui nous rappelle une antique initiation égyptienne, etc. Il est possible aussi de sublimer les énergies créatrices avec des sports sains, comme la natation ou le tennis, etc. En tous cas, sublimer n’est pas préjudiciable.

D. Combien de temps recommandez-vous pour réaliser la pratique du VAJROLI MUDRA ?

M. Le Vajroli Mudra pour transmuter et sublimer s’avère au fond transcendantal et divin. Cependant, on ne doit pas abuser non plus du Vajroli. Les Maîtres qui sont passés au-delà du sexe transmutent uniquement chaque mois au moyen du Vajroli. Ceux qui ne sont pas parvenus à ces hauteurs, ceux qui se trouvent sur les premiers échelons du chéla, les simples initiés doivent pratiquer, tout au plus, une fois par semaine. C’est mon opinion.

D. Nous connaissons des cas de petites filles qui, de manière involontaire, réalisent des pratiques de transmutation. Cela est dû au fait qu’elles ont déjà accoutumé leurs organes sexuels à l’absorption. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

M. Que certaines personnes transmutent involontairement ? Ce serait possible seulement si elles écoutaient de douces symphonies, si elles arrivaient jusqu’à l’extase, comme Thérèse de l’enfant Jésus ou François d’Assise.

D. Lorsque la femme entre en état d’excitation, elle expérimente certaines palpitations dans le sexe. Quelle explication ésotérique pouvez-vous nous donner à ce sujet ?

M. Durant l’excitation sexuelle, il y a indiscutablement certaines palpitations dans les organes créateurs féminins. Il n’y a pas de doute que celles-ci obéissent à la systole et la diastole du coeur.

Souvenons-nous que le phallus masculin a aussi ce type de palpitations. Or, si nous pensons que le clitoris (le centre sexuel spécifique des organes créateurs de la femme) est masculin, nous comprendrons alors, par nous-mêmes, ce qu’est réellement le mouvement péristaltique dans les organes créateurs féminins.

D. Maître, en ce qui concerne les pratiques du Vajroli Mudra, nous avons entendu certaines filles dire qu’en réalisant ces pratiques, elles n’expérimentent pas d’émotivité sexuelle. Notre question est : si elle ne sent pas d’excitation, effectue-t-elle la pratique de transmutation correctement, puisque, dans l’explication que vous donnez dans le livre « Transformation Radicale », vous dites qu’il doit y avoir excitation.

M. L’excitation sexuelle violente n’est pas nécessaire pour pouvoir réaliser les processus de transmutation. Ceux qui pensent de cette façon cherchent seulement, au fond, la satisfaction de la luxure.

D. Pour atteindre l’Autoréalisation Intime de l’Être, qu’est-ce qui est le plus conseillé : une femme froide ou une femme ardente ?

M. Pour pouvoir s’autoréaliser, une femme ne doit pas être nécessairement passionnée, ni non plus froide comme de la glace. Comme on dit vulgairement : « Ne sois pas brûlante à l’intérieur, ni gelée à l’extérieur ». L’équilibre parfait est nécessaire ; nous ne devons jamais violenter la loi de la balance. C’est tout !

D. À quel phénomène ésotérique est due la frigidité chez la femme ?

M. Souvent, une femme est frigide simplement par sa constitution sexuelle, par la conformation de son organisme, etc. Mais, si cet Ego désincarne et retourne dans un corps masculin, il pourra être violent, du point de vue sexuel ou vice-versa ; s’il retourne, s’il se réincorpore de nouveau dans un corps féminin, mais sain et fort, il pourra s’exprimer de manière luxurieuse. Compris ?

D. À quoi est due l’infertilité chez la femme ?

M. L’infertilité de la femme a pour causa causorum, ce qui s’appelle le Karma. Des femmes qui, dans le passé, n’ont pas su accomplir leur devoir de mères, naissent stériles dans leur nouvelle existence. Des femmes qui n’ont jamais voulu d’enfants ou qui les ont rejetés, en revenant, en retournant, en se réincorporant dans des véhicules féminins, doivent subir la douleur, la souffrance morale de la stérilité.

D. Que pouvez-vous nous dire de la femme à l’époque actuelle ?

M. Au cours de l’histoire, il existe des époques de valorisation masculine et des époques de valorisation féminine. Nous savons bien que, durant 42 ans, c’est le sexe masculin qui gouverne, et que durant 42 autres années, c’est le sexe féminin. C’est-à-dire que le cycle sexuel complet est de 84 ans. Lorsque le pôle masculin d’Uranus s’oriente vers le soleil, la force qui dirige (en Uranus), qui provient de là, qui descend, fait que le sexe masculin domine, commande. Il n’est pas superflu de se souvenir, par exemple, de l’époque des pirates, des époques des grands gestes des hommes, des grandes guerres.

Nous devons aussi nous rappeler que lorsque le pôle féminin d’Uranus s’oriente vers le soleil, la force qui provient de là élève la femme et fait qu’elle s’impose et commande. Maintenant, en ce moment, précisément, nous nous trouvons à une époque de valorisation féminine ; la femme s’est imposée au gouvernement, à la banque, dans la société, dans la science, etc.

Malheureusement, les êtres humains ne savent pas reconnaître avec exactitude quand c’est le sexe masculin qui commande et quand c’est le sexe féminin. Il faut savoir profiter de ces énergies pour notre propre Autoréalisation intime de l’Être…

Dans l’être humain lui-même, dans « l’humanoïde » lui-même, il existe 42 ans d’activité forte, masculine, et 42 ans d’activité féminine. Cela veut dire que si un individu, par exemple, est né durant la valorisation masculine, c’est-à-dire aux époques où vibrait la planète Uranus de manière positive, il aura indubitablement un pouvoir sexuel puissant (durant ces 42 ans).

Mais lorsque viendra l’aspect féminin, au lieu de languir sexuellement, au lieu de s’affaiblir, il est encore plus fort par la stimulation du pôle contraire. Voilà ce que sont les forces masculine et féminine en alternance dans tout le rythme merveilleux du grand univers. De nos jours, la femme commande, gouverne, et elle continuera encore à commander pendant longtemps. Mais viendra le moment où elle n’aura plus cette opportunité. À ce moment là, l’homme reprendra le sceptre du pouvoir… C’est tout ce que je peux dire en ce moment au sujet de la femme.

D. Certains disent que Satan est féminin, car dans la carte 15 du Tarot, Typhon Baphomet, le diable, est représenté avec une jupe et des seins. Qu’en dites-vous ? Nous, nous croyons qu’il est androgyne puisque si Dieu est androgyne, son ombre doit l’être aussi. Nous savons que Dieu en tant que sagesse est masculin et en tant qu’amour il est féminin.

M. Bien, parlons un peu de la carte 15 du Tarot. Cela me fait plaisir de parler de cette lame. Je ne sais pas pourquoi les gens jugent si mal Typhon Baphomet. Cependant, les Gnostiques n’ignorent jamais cette phrase qui dit : « Je crois en le Mystère du Baphomet et de l’Abraxas. »

La Carte 15 du Tarot (le DIABLE) est profondément significative. Rappelons-nous qu’elle se trouve après les cartes 13 et 14. Indiscutablement, la carte 13 correspond à la mort du moi-même, du soi-même, de l’Ego. Indubitablement, la carte 14 nous parle de cette TEMPÉRANCE, de cette CHASTETÉ, de cette PERFECTION qui résulte de la mort de l’Ego. Après, vient la carte 15 qui correspond inévitablement à l’androgyne primitif, au Mystère du Baphomet et de l’Abraxas, au Diable. Ce dernier mot fait horreur aux gens pieux, mais il constitue un feu extraordinaire pour le Sage.

Dans la cathédrale Notre-Dame de Paris apparaît un corbeau. Il regarde fixement vers le coin du temple, vers ce lieu où se trouve la petite pierre angulaire, la pierre maîtresse, la pierre de la Vérité. Cette pierre a une forme terrible, en effet, avec des cornes qui font frémir d’horreur : le Diable (frayeur de beaucoup de pseudo-ésotéristes et pseudo-occultistes)… Les alchimistes médiévaux disent « Brûle tes livres et blanchis le laiton »…

Pourquoi le corbeau noir regarde-t-il vers le Diable ? Parce que nous devons mourir en nous-mêmes, il est nécessaire que nous désintégrions les éléments inhumains que nous portons à l’intérieur ; il est urgent que nous les réduisions en cendres, en poussière cosmique. C’est ainsi que nous pourrons « blanchir le laiton », ce laiton ou cuivre représenté par l’Étoile du Matin. Nous savons tous très clairement qu’un jour, pas très lointain, cette Étoile Vespérale s’appelait aussi « LUCIFER », le « FAISEUR DE LUMIÈRE »…

Si nous réussissons donc à ce que meure en nous tout ce qui est inhumain, nous blanchirons le laiton, nous blanchirons le Diable. Ce Diable est la réflexion du Troisième Logos à l’intérieur de nous-mêmes, ici et maintenant. Dans le passé, ce fut l’Archange le plus lumineux, le plus resplendissant de l’espace infini. Lui, en nous-mêmes, est la partie la plus importante de notre Être, c’est notre propre Être qui, il y a longtemps, fut lumineux, resplendissant, merveilleux, l’Archange le plus excellent… Malheureusement, lorsque nous sommes tombés dans la génération animale, il fut précipité dans l’Averne. Maintenant, il est noir comme du charbon et c’est nous-mêmes qui l’avons mis dans cet état de misère.

Vous vous expliquerez maintenant, mes chers frères, pourquoi Lucifer apparaît dans « La Divine Comédie », au coeur de la Terre, pleurant de ses six yeux (ce nombre 6 répété trois fois donne 666 : « La Grande Prostituée »). Oui, il pleure parce que nous l’avons rendu tel qu’il est, nous l’avons rendu noir comme du charbon. Maintenant, nous devons le blanchir. Ce ne sera possible qu’en désintégrant les éléments inhumains que nous portons à l’intérieur, en désintégrant nos erreurs psychologiques, en en finissant avec le moi-même, avec le soi-même, en mourant ici et maintenant. Mais si nous continuons avec nos erreurs, si nous marchons continuellement sur le chemin de la fornication, de la haine, de la luxure, de l’envie, de l’hypocrisie, de l’orgueil, etc., il continuera d’être en état de disgrâce.

C’est lui le PROMÉTHÉE enchaîné à la dure roche du sexe, ce Prométhée qui a souffert horriblement et dont un vautour dévora les entrailles. En effet, le vautour du désir lui empoisonne l’existence. Nous devons avoir pitié de ce Diable intime, particulier, que nous portons à l’intérieur. Le blanchir, voilà qui est urgent, mes chers frères et soeurs, vous qui écoutez cette cassette, il est nécessaire que nous le fassions resplendir.

S’il vaut raisonnablement la peine de lire ce livre de Giovanni PAPINI qui s’intitule « Le Diable », c’est parce que cet homme est arrivé à pressentir ce qu’est le Mystère du Baphomet. Il a dit : « Si Dieu est pur Amour et qu’il pardonne à toutes les créatures, pourquoi ne pourrait-il pas pardonner au Diable ? » Ces paroles lui valurent donc l’excommunication (c’était l’enfant gâté du Vatican).

Or, nous, nous ne croyons pas à un Diable anthropomorphique, assis derrière les nuages, lançant de la foudre et des éclairs contre cette triste fourmilière humaine… Non, mes chers frères ! Nous, nous pensons à un Diable personnel, à un Diable intime, à un Diable qui doit de nouveau resplendir, scintiller, briller.

« Blanchis le laiton et brûle tes livres »… Il vaut mieux blanchir le laiton que toutes les théories écrites et à écrire. Lorsque le Diable sera blanchi, il fusionnera avec notre âme, il fusionnera avec notre esprit, et nous nous transformerons alors en quelque chose de distinct, de différent, en Archange de Lumière, en Seigneur de Lumière, c’est pourquoi on nomme Lucifer « Faiseur de Lumière ». Je ne vois donc pas pour quel motif on traite cet androgyne divin comme quelque chose de méprisable.

La Carte 15 du Tarot apparaît après la 13 (qui est la mort de l’Ego, du moi, du moi-même) et après la 14 (l’Homme qui a acquis la tempérance, la vertu, la perfection). Ainsi donc, cette Carte 15 est celle qui resplendit de nouveau, c’est l’androgyne divin, c’est le Diable transformé en Lucifer, c’est le « laiton blanchi ».

D. Que pouvez-vous nous dire de ces personnes qui méprisent la femme, qui la sous-estiment ?

M. Ceux qui méprisent le sexe féminin, ceux qui le considèrent inférieur, marchent sur le chemin de l’erreur, car Elohim est Dieux et Déesses. L’aspect féminin de Dieu ne peut être méprisé.

D. Quelle doit être la préoccupation fondamentale de la femme, en ce qui concerne sa vie intérieure ?

M. Il est nécessaire que la femme se préoccupe de l’éveil de la Conscience. Il n’est pas superflu de rappeler que dans un passé lointain, à cause d’une erreur de quelques individus sacrés, l’humanité développa l’abominable organe Kundartigateur. Plus tard, lorsque cet organe fut éliminé de l’espèce humaine, il resta, à l’intérieur de chaque organisme, quelque chose d’abominable. Je me réfère à tous ces éléments inhumains qui, dans leur ensemble, constituent l’Ego, le moi-même, le soi-même, c’est-à-dire que les éléments inhumains qui sont restés dans les organismes animaux sont simplement les mauvaises conséquences de l’abominable organe Kundartigateur, et c’est à l’intérieur de ces mauvaises conséquences qu’est embouteillée l’Essence. Vous comprendrez maintenant pourquoi l’Essence, la Conscience, sommeille profondément.

Cependant, la Conscience des êtres humains n’a pas toujours été aussi endormie que maintenant. À l’origine, son sommeil était léger, mais après la submersion du continent Atlante, les gens sont restés profondément hypnotisés par le pouvoir sinistre de l’abominable organe Kundartigateur. Il est clair que l’Ego, le moi, est le résultat de cet organe, et puisqu’il est endormi en nous-mêmes et qu’il est subjectif, la Conscience a fini par fonctionner à l’intérieur de celui-ci de manière subjective.

Si je dis que l’humanité est hypnotisée, je ne dis pas quelque chose de faux. Cependant, les gens ne se rendent pas compte qu’ils se trouvent en état d’hypnose ; les gens croient qu’ils sont éveillés et voilà leur grande erreur… Ils arrivent seulement à savoir que l’hypnotisme existe lorsque la force hypnotique se répand très légèrement ou se concentre sur un individu déterminé, dans une session hypnotique, par exemple. En dehors de cet instant, les gens ignorent qu’ils se trouvent en état d’hypnose, de sommeil profond.

Lorsque nous venons au monde, en naissant, nous formons une nouvelle personnalité. Plus tard, nous entrons dans une école et, naturellement, nous sommes éduqués selon les coutumes de l’époque ; on nous instruit, on nous enseigne toutes sortes de préjugés, etc. Avec tout cela, avec tout ce lest, nous finissons par établir en nous une fausse Conscience. Mais l’Essence, en elle-même, reste ensommeillée dans nos profondeurs. C’est en elle que sont déposées les données dont nous avons besoin pour l’Autoréalisation intime de l’Être, mais elle reste reléguée, je le répète, et elle est même qualifiée de subconsciente, et on va seulement prendre pour conscient, authentique, réel, véritable, tout ce bagage de théories que nous portons à l’intérieur, toute cette fausse éducation reçue, tous ces préjugés de race, de caste et de nation.

Ainsi donc, en nous, en chacun de nous, s’est formée une double conscience. En ésotérisme, on appelle la Conscience « ZOOSTAT » (cela s’écrit avec les lettres Z-O-O-S-T-A-T). Il est triste de savoir qu’un « Zoostat » est divisé en deux.

Il est aussi très certain et tout à fait vrai que, pour s’adapter, la Nature a dû placer deux courants sanguins dans notre organisme, deux systèmes, pour parler plus clairement. Le premier est celui qui se manifeste durant l’état de veille : le sang remplit certains vaisseaux. Le second est celui qui s’exprime durant les heures de sommeil, où certains vaisseaux (différents) sont remplis de sang. Ainsi donc, il y a comme deux systèmes circulatoires en nous, en accord avec la double fonction d’un « Zoostat ».

Nous avons besoin de nous éveiller, de déchirer le voile, d’en finir avec tout ce qui n’est pas l’Être, d’en finir avec tous les préjugés de race, de famille, de nation, avec toute cette fausse éducation reçue, avec toute cette fausse Conscience. Il faut détruire l’Ego, le réduire en cendres, afin que l’Essence s’exprime en nous. En elle sont contenues les données dont nous avons besoin pour l’Autoréalisation intime. C’est vital, c’est urgent, c’est pressant, c’est impératif.

La femme est appelée à s’éveiller, elle doit s’intéresser […] pour cela et lutter pour que l’homme s’éveille aussi. Personne n’est plus proche de l’homme que la femme ; par conséquent, elle doit lutter afin d’aider l’homme qui se trouve si dégénéré de nos jours. Avec l’énergie créatrice merveilleuse, nous pouvons créer les corps existentiels supérieurs de l’Être. On a dit beaucoup de choses sur le corps astral. Malheureusement, les humanoïdes actuels ne possèdent pas ce merveilleux véhicule. Communément, et pour cela, disons, par convenances, on dit : « Je sors en astral », etc., mais ces sorties astrales sont des sorties de l’Ego, c’est le moi, le moi-même, le soi-même qui remplace l’astral, pour voyager à travers les espaces infinis.

Il est nécessaire de créer l’authentique et légitime corps astral, et ce n’est possible qu’au moyen du Mercure de la Philosophie Secrète, en apprenant à transmuter cette force merveilleuse. Le véritable nom du corps astral est le corps kedsjano (ce mot s’écrit avec les lettres suivantes : K-E-D-S-J-A-N-O). Ceux qui savent transmuter consciemment le sperme en énergie (hommes et femmes) peuvent créer le corps kedsjano. On sait qu’on a ce corps lorsqu’on peut voyager avec lui, consciemment et positivement. Beaucoup plus tard, il sera nécessaire de créer l’authentique corps de la raison objective, c’est-à-dire le corps mental, véhicule extraordinaire qui va seulement prendre forme au moyen de l’Hydrogène Sexuel Si-12. Enfin, il faudra créer le corps de la volonté « Egoaitoorasienne » de l’Être, c’est-à-dire le corps causal.

Ces corps, je le répète, ne se créent qu’au moyen de la transmutation du sperme en énergie. Lorsque quelqu’un arrive à posséder ces véhicules, lorsqu’il les a véritablement, il peut alors incarner, en lui-même, son Principe Animique, son Réel Être intérieur, pour se convertir en Homme authentique, en Homme véritable ; à l’intérieur du mot « Homme », j’inclus naturellement la femme, de même qu’à l’intérieur du mot « Elohim » – Dieux -, sont aussi incluses les Déesses.

Ainsi, donc, mes chers frères, travailler intensément avec l’énergie créatrice du Troisième Logos est urgent, impératif, si un jour nous voulons vraiment atteindre la libération finale.

Paix Invérentielle !