Écrit par : Gnostic Instructor   Catégorie : Fuel pour l’Expérience Spirituelle

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«Il y a bonheur quand la Bodhichitta descend d’en haut…» – Milarepa. Un yogi remplit sa coupe de crâne avec la Bodhichitta. Une fresque murale du Lu Kang, le temple secret du Dalaï Lama

Dans les deux conférences précédentes sur le Fuel pour l’Expérience Spirituelle, nous avons discuté des fondements qui sont présents dans toutes les religions pour tirer parti de l’énergie et exploiter cette énergie pour éveiller notre Conscience, pour provoquer une nouvelle expérience dans la vie. L’énergie qui fournit cette possibilité, en Sanskrit, s’appelle Prana.

Comme nous l’avons mentionné dans ces deux conférences précédentes, le Prana est l’énergie dans tout. Aucun de nous n’est séparé du Prana; ce que nous sommes est Prana, mais modifié. Cette énergie ou Prana est modifiée selon la cause et effet, des lois simples dans la nature qui produisent tout ce qui existe. De même, l’expérience spirituelle de toute sorte est produite par la cause et effet, pas par hasard et pas simplement par la grâce divine. Même la grâce divine est cause et effet, elle n’est pas aléatoire ou en dehors de la loi. La grâce ou les bénédictions qui viennent d’en haut viennent à cause de la cause et effet, à cause du karma.

«Ne vous y trompez pas, on ne se moque pas de Dieu, car tout ce que l’homme sème, il le moissonnera aussi.» – Galates 6: 7

Quelle que soit la tradition spirituelle à laquelle nous pourrions nous sentir liés, ces lois sont fondamentales dans toutes les traditions, mais elles ont des noms différents. Dans cette série de conférences, nous utilisons des termes Sanskrits et Tibétains pour décrire les mêmes expériences que celles qui existent dans des traditions non Tibétaines ou Sanskrites comme le Christianisme. Comme preuve de cela, j’ai trouvé une belle Écriture écrite par Thomas de Kempis il y a quelques centaines d’années dans un livre intitulé «L’Imitation du Christ». Ce livre est à cent pour cent Gnostique, mais il est aussi cent pour cent Bouddhiste, parce que si vous lisez le livre sans être pris dans la terminologie, vous trouverez une belle expression du Bouddhisme Mahayana, alors je vais vous lire une courte citation qui ouvre la voie au sujet d’aujourd’hui.

«Ah Seigneur Dieu, mon saint amant, quand tu entre dans mon cœur tout ce qui est en moi se réjouit. Tu es ma Gloire et l’Exaltation de mon cœur. Tu es mon Espoir et mon Refuge et le jour de ma Tribulation. Mais parce que mon amour est encore faible, et ma vertu imparfaite, je dois être fortifié et réconforté par toi, rends-moi souvent visite et enseigne-moi ta sainte discipline, libére-moi des passions mauvaises et purifie mon cœur de toute affection désordonnée pour qu’il soit guéri et purifié de l’intérieur, pour que je sois propre à aimer, fort à souffrir et ferme à persévérer. L’amour veille, il ne dort pas, il n’est pas fatigué, il ne se raidit pas, il ne s’alarme pas, il n’est pas confus… Mais comme une flamme vivante, une torche enflammée, il force son chemin vers le haut et passe indemne à travers chaque obstacle.» – Thomas de Kempis, L’Imitation du Christ 42

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Thomas de Kempis

Ce court extrait est pur Tantra, cent pour cent. Il décrit exactement la même chose qui est écrite dans les Yogas de Naropa, les Yogas de Niguma et le Kalachakra Tantra. Tous les Tantras disent exactement ce que ce passage explique, qui est à travers la dévotion, à travers l’amour, le cœur explose et est enflammé de divinité. C’est la clé ultime de l’expérience spirituelle.

Dans les deux premières conférences, nous avons décrit comment exploiter les énergies vitales du corps – non seulement le corps physique, mais nos corps internes. En exploitant cette énergie, nous la fusionnons, nous l’harmonisons avec le divin. C’est ce qui prépare le feu divin appelé Candali ou Kundalini à remplir notre cœur, à remplir notre mental, à nous donner de l’expérience, mais de plus, à nous aider à être un véhicule approprié pour ce feu pour que nous puissions exprimer la lumière de ce feu dans le monde.

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Kundalini dans le Christianisme

Niveaux d’Instruction

Pour préparer l’humanité à cette expérience, toutes les religions ont été organisées en trois groupes, ou en trois étapes d’instruction.

Première Étape: introductif, enseignements extérieurs. Niveau public Symbolisé par les Égyptiens comme «Apprentis». Dans la plupart des religions, ce qui est enseigné au public ou aux laïcs.

Deuxième Étape: niveau Intermédiaire, enseignements intérieurs. Privé. Symbolisé par les Égyptiens comme «Compagnons». Dans la plupart des religions, ce qui est enseigné aux preneurs de vœux, moines, nonnes, renonciateurs.

Troisième Étape: enseignements Secrets. Symbolisé par les Égyptiens comme «Maîtres». Dans la plupart des religions, ce qui est enseigné aux prêtres, aux lamas, aux rabbis, etc.

La première étape est toujours le niveau introductif; dans le Bouddhisme, il s’appelle Sutrayana ou Shravakayana, et c’est le niveau introductif, qui concerne principalement l’éthique. Ce n’est pas seulement l’éthique de faire quelque chose parce que quelqu’un vous dit de le faire, c’est une éthique basée sur une réelle compréhension de la cause et effet. C’est la compréhension que lorsque j’effectue une certaine action, cela cause de la souffrance. Quand vous voyez vraiment cela, vous ne voulez plus effectuer cette action. C’est une véritable éthique. C’est ce que les niveaux introductifs de chaque religion sont supposés accomplir: vous guider vers cette expérience de savoir en vous-même que «quand je fais cela, ça me fait mal, ça fait mal à quelqu’un d’autre, je devrais arrêter». C’est ce que fournit ce qu’est la compréhension de la souffrance, ce qu’est la souffrance. Les gens qui travaillent à ce niveau de la religion se concentrent généralement sur ce qu’est la souffrance, comment je souffre et comment puis-je changer cela. C’est le niveau de Sutryana; c’est généralement un niveau d’instruction publique.

Quand quelqu’un a vraiment saisi cela, ils ont commencé à vraiment comprendre que leur comportement, non seulement physiquement mais aussi psychologiquement, a un impact sur les autres, alors ils veulent changer, ils veulent commencer à se comporter d’une manière qui soit bénéfique à eux-mêmes et bénéfique aux autres. C’est ce qui fait émerger dans le mental de cette personne un nouveau type de psychologie: une sensibilité à la souffrance des autres et un abandon progressif de ses propres besoins.

«Tant que nous continuons à nous embourber dans l’auto-sympathie», tout développement de l’Être devient quelque chose de plus qu’impossible. Nous devons apprendre à voir les points de vue des autres. Il est urgent de savoir se mettre à la place des autres.» – Samaël Aun Weor, Traité de Psychologie Révolutionnaire

Quand quelqu’un commence à réaliser, «Je peux faire la différence non seulement pour moi mais pour les autres», dans le Bouddhisme, ce niveau d’instruction est appelé Mahayana. C’est le niveau supérieur, le deuxième niveau d’instruction. Dans chaque religion, vous avez ce niveau d’enseignement, et il s’agit de l’amour conscient. C’est alors que l’attention de la personne s’éloigne d’elle-même et s’oriente vers les autres. Ce n’est pas quelque chose de théorique, ce n’est pas simplement une aspiration. Nous commençons par une aspiration, nous commençons par une intention, mais quelqu’un qui marche vraiment comme un pratiquant du Mahayana, quelqu’un qui vit le deuxième niveau d’instruction, n’a même pas besoin d’y penser; au lieu de cela, cela se voit dans leurs actions. Cela se voit dans ce qu’ils font, dans la façon dont ils traitent les gens, comment ils marchent dans la vie, comment ils traitent les gens au travail, à l’église, au temple, dans le métro, dans la voiture. Dans chaque action, ils démontrent une attitude et une manière de se comporter différentes. Ce n’est pas pour montrer à leurs amis spirituels à quel point ils sont spirituels, mais parce que même seuls, même invisibles, ils ont cette attitude dans leur mental. L’attitude Mahayana ne peut émerger que si quelqu’un a déjà vécu spontanément et naturellement au premier niveau, l’éthique consciente. Ce niveau basique d’introduction comprend la cause et effet est résumé dans le mot renoncement, de sorte que vous pouvez appeler le premier niveau d’éthique ou de renonciation.

Qu’est-ce que ce renoncement? Nous pensons tous que renoncement signifie enfiler des robes et aller vivre dans la forêt, mais cela ne veut pas dire cela. Le renoncement signifie renoncer à une action nuisible. Que quelqu’un d’autre le sache intellectuellement ou non est hors de propos; ce qui compte c’est comment nous agissons, ce qui se trouve dans notre mental. Quelqu’un qui a un véritable esprit de renoncement ne veut tout simplement pas pour lui-même et ne veut pas faire une action nuisible, même en secret, parce que cette personne sait dans son expérience que cette action produira du mal. Vu ou invisible, il en résu