Clés gnostiques pour le rajeunissement (Pranayama et Lamaserie)

Samaël Aun Weor

[…] en pliant les jambes à la manière des Yogis de l’Inde, car c’est de l’exagération.

J’ai connu un ami qui s’est oublié en pliant ses jambes et il a fini par se faire une déchirure à une jambe, il s’est vraiment fait une déchirure. Il voulait tellement forcer sur ses jambes qu’il s’est retrouvé avec une déchirure. Ce n’est pas nécessaire…

Nous allons maintenant pratiquer le PRANAYAMA. Voyez ! Vous savez comment se pratique le Pranayama égyptien, n’est-ce pas ?

Disciple. En vérité, je ne le connais pas.

Maître. Je vais d’abord le pratiquer seul et ensuite nous le pratiquerons alors tous ensemble. Avec l’index, voyez ce que je fais… [On entend l’inhalation et l’exhalation]. Voyez maintenant ce que je vais faire : la position de PROSTERNATION ÉGYPTIENNE… [il se place en position et vocalise le mantra Ra], RRRRRAAAAAA, RRRRRAAAAA, RRRRRAAAAA.

Bon, nous sommes retournés au point de départ originel. Pour cela, il y a évidemment divers mantras. Avec cela, on cherche à unir les ATOMES SOLAIRES et LUNAIRES pour faciliter l’éveil de la KUNDALINI. Ces atomes solaires et lunaires s’unissent dans le TRIVENI, près de l’os coccygien (cet os qui sert de base, là derrière, à toute l’épine dorsale). Mais il a ses mantras : TON-SAH-HAM, ce sont les mantras de l’inhalation, TON-RA-HAM sont ceux de l’exhalation.

De sorte que si vous observez bien ce que j’ai fait et la respiration, vous verrez trois temps. Vous verrez… [il inhale]. Là entre le TON ; avec le KUMBHAKA (c’est-à-dire la rétention du souffle avec les deux doigts) entre le SAH ; et dans l’exhalation, par la fosse nasale gauche, entre le HAM. Ensuite, inhaler de nouveau par la fosse nasale gauche, de nouveau le TON ; Kumbhaka, c’est-à-dire la rétention, RA ; exhalation, HAM.

Ton-Sah-Ham, Ton-Ra-Ham, ce sont les mantras ; inhalation, exhalation, etc.

Disciple. Maître, et les femmes ne commencent-elles pas de l’autre côté, car chez elles Ida et Pingala se trouvent à l’inverse par rapport aux hommes ?

Maître. Ce n’est pas nécessaire. Bon, on peut commencer, c’est volontaire ; elles peuvent le faire et, sinon, eh bien non ; ce n’est pas nécessaire, CELA FONCTIONNE DE TOUTE MANIÈRE… cela fonctionne de toute manière… Voyons…

D. Maître, pouvez-vous nous expliquer comment cela se fait vers l’intérieur et vers le haut ?

M. Bon, dans ce cas, cela ne compte pas ; c’est pour le mantra HAM-SAH, n’est-ce pas ? Mais nous sommes maintenant dans un domaine différent, nous en sommes au Pranayama.

D. Et quand s’active la Force Séminale ou la Force Sexuelle ?

M. Bon, ce que je peux t’ajouter, comme explication, c’est que le NEC PLUS ULTRA DU PRANAYAMA se réalise précisément dans la FORGE DES CYCLOPES. Si, par exemple, l’un d’entre vous, alors qu’il est en plein travail dans la Neuvième Sphère, comprend qu’il peut échouer, il pratique alors le Pranayama durant la Copulation Chimique elle-même. Et en le pratiquant, par exemple, en le faisant ainsi [il inhale], il attire les Forces, depuis les gonades jusqu’au cerveau, avec l’imagination et la volonté unies en vibrante harmonie.

Et si on le retient ainsi [il inhale et retient], il y a alors un Kumbhaka, c’est-à-dire une rétention du souffle ; on exhale, et de nouveau on inhale (on inhale la Force qui doit monter jusqu’au cerveau, on retient et on exhale).

Le maximum de pouvoir du Pranayama se trouve dans la Forge des Cyclopes. Et il sert à tirer l’Énergie Créatrice et à l’amener au cerveau. C’est ainsi qu’on tire cette force et qu’on l’amène au cerveau. Et bien sûr, on évite le danger d’une chute sexuelle.

Maintenant, le Pranayama, comme je l’ai pratiqué, a de grands avantages. Je vous enseigne non pas le Pranayama hindou, mais l’égyptien. Il comprend six inhalations avec ses exhalations correspondantes. Je ne vous enseigne pas le Pranayama hindou, mais l’égyptien.

Et ses mantras, je vous les ai déjà donnés : Ton-Sah-Ham, Ton-Ra-Ham. Le mantra Ra, après les respirations, est merveilleux. Mais il doit être accompagné (comme vous l’avez vu) de la Prosternation Égyptienne.

Ce « Raaa » fait vibrer intensément tous les chakras de l’épine dorsale et il les développe. Au moyen de ce Pranayama, on obtient alors la transmutation. Mais le maximum de son pouvoir se trouve dans la Forge des Cyclopes.

C’est ainsi qu’on obtient la transmutation, la sublimation de l’Énergie Créatrice ; l’atmosphère s’éclaircit : on élimine beaucoup d’atomes impurs qui existent à l’intérieur de l’organisme, etc.

Nous allons voir maintenant si vous en êtes capables ; en serez-vous capables ?

D. Maître, et qu’arrive-t-il lorsque l’on fait le Ra, et que l’on est dans cette espèce de retour à l’intérieur de soi-même, qu’est ce qui se passe ?

M. Comment ça, quel retour à l’intérieur de soi-même ?

D. C’est comme si l’on s’élevait, comme si l’on était en train de faire des tours tout… M. Bon, il y a des personnes sensibles qui peuvent ressentir lorsque les chakras tournent, de gauche à droite…

D. Et est-ce correct qu’ils tournent quel que soit le sens ?

M. Les chakras tournent toujours de gauche à droite, comme les aiguilles d’une horloge, l’horloge vue de face. Ils doivent tourner de gauche à droite. Mais, il faut prendre en compte aussi qu’aux étudiants gnostiques, il leur arrive beaucoup de choses étranges, incohérentes, floues, imprécises. Tout cela est dû précisément aux divers éléments inhumains qu’ils ont en eux.

Lorsqu’on annihile ces éléments, ces choses étranges et incohérentes disparaissent pour toujours ; il ne reste que la LOGIQUE SUPÉRIEURE qu’Ouspensky a cristallisée parfaitement dans le « TERTIUM ORGANUM », le Samadhi logique, exact, mathématique comme une Table Pythagoricienne, la lucidité radicale absolue.

Les incohérences, les choses bizarres et étranges qui arrivent aux néophytes, eh bien, elles s’arrêtent lorsque l’Ego disparaît. L’Ego produit une multitude de bêtises qui ne viennent pas à propos.

Voyons, nous allons voir si vous êtes tous capable de pratiquer en groupe…

D. Maître, il est nécessaire de définir les groupes…

M. Comment ?

D. Il est nécessaire de définir les groupes…

M. Pourquoi ? […] Ce qui est intéressant, c’est de travailler avec le Prana et c’est tout. Voyons, nous allons donc voir les frères pratiquer le Pranayama. Je crois que vous devez être un peu plus au large, jusque là, pour faire la cérémonie de Prosternation.

D. […] M. Ah ! Les mantras ? Ils se vocalisent avec le mental, mentalement : TON-SAH-HAM, TON-RA- HAM, TON-SAH-HAM, TON-RA-HAM. Vous savez déjà cela et ils sont là, enregistrés sur ces bandes, pour que vous les copiiez ensuite. Voyons, commencez.

[Le Maître dirige la pratique].

Kumbhaka, c’est-à-dire rétention. Ensuite, exhalation par le côté gauche ; inhalez par le côté gauche ; retenez dans un Kumbhaka ; exhalez maintenant par le côté droit ; inhalez par le côté droit ; Kumbhaka, rétention ; exhalez par la gauche ; inhalez par la gauche ; un Kumbhaka, rétention ; exhalez par la droite ; inhalez par la droite ; un Kumbhaka, rétention ; exhalez par la gauche ; inhalez par la gauche ; un Kumbhaka, rétention ; exhalez par la droite ; inhalez par la droite ; un Kumbhaka, c’est-à-dire rétention ; exhalez par la gauche ; maintenant inhalez par la gauche ; un Kumbhaka, rétention ; exhalez par la droite ; inhalez par la droite ; Kumbhaka ; exhalez par la gauche.

Maintenant, tous pour la cérémonie de prosternation. Je suis assis pour observer, rien de plus… Non, vous ne mettez pas les mains comme ça, que faites-vous ? Je vais voir comment vous mettez les mains. Les pouces se touchent entre eux. Entre eux, pas comme ça, mais les paumes des mains jointes, cela, comme toi tu les as, comme toi tu les as. Non, non, non, quelles diableries ! en Égypte les choses se font comme il faut, non frères, pas comme ça, regardez : les pouces se touchent comme ça, voyez, voyez, observez ; voyez comme ça se fait sur la terre des Pharaons, voyons, observez ici… [pendant que les frères vocalisent, le Maître Samaël en corrige certains]. Posez les paumes sur la terre, mais comme ça, correct, la tête sur les mains.

[Tous les frères chantent le mantra RA], RRRRRAAAA, RRRRRAAAA, RRRRRAAAA, RRRRRAAAA, RRRRRAAAA, RRRRRAAAA, RRRRRAAAA…

On peut le faire trois ou sept fois… trois ou sept fois…

Bien, mes chers frères, maintenant asseyez-vous, car E.V.Q. va nous faire un « show ».

D. [Rires]

M. Bon, sais-tu quel est le show qu’il va faire maintenant, sais-tu quel est le show ?

D. Euh ? Non.

M. Il s’agit de quelque chose de sérieux, mes amis ; ce qui se passe, c’est que nous devons rendre l’Enseignement agréable, sans offenser personne, et c’est pourquoi nous ne manquons pas de vous faire chahuter un peu.

D. Et nous de rougir…

M. Bon, en tous cas, avez-vous lu le livre « Transformation Radicale » de E. V. Q. ?

D. Oui.

M. J’ai appris à E. V. Q. un Yoga très mystérieux pour que les personnes âgées rajeunissent, et je le lui ai enseigné de façon pratique. De sorte que, pratiquement, vous allez entourer E. V. ici, bon ici ça n’entre pas… écartez-vous un peu en arrière, car il va vous montrer la « Transformation Radicale ». Tous en arrière, en arrière, en arrière, en arrière, formez un cercle, vous n’allez pas faire une chaîne, formez un cercle, c’est cela…

E. V.Q. Il faut nous unir à l’Essence, au peu que nous avons d’Être, d’Essence à l’intérieur de nous, lui demander son aide, essayer de nous harmoniser intimement, en fusionnant le plus possible avec notre Être Intérieur, dans le but que notre exercice puisse alors être combiné entre le physique et le spirituel, entre l’animique et le physique, pour que l’exercice soit équilibré.

Une fois que la prière intime à l’Être est totalement réalisée, pour qu’il nous aide, qu’il nous permette de réaliser cet exercice, alors nous nous mettons dûment en croix et nous commençons à faire des TOURS en tournant toujours de gauche à droite comme les aiguilles d’une horloge, en essayant alors de faire le plus de tours qu’il nous est possible.

Celui qui ne peut en faire que deux ou trois, car il a la tête qui tourne ou quelque chose de semblable, il doit commencer à faire quelques tours et va les augmenter jusqu’à ce qu’il arrive à un minimum de douze tours. S’il arrive à faire beaucoup de tours, alors c’est mieux. Je vais essayer d’en faire ici quelques-uns, car il y a longtemps que je n’ai pas fait cet exercice. De toute manière, commençons…

M. […] maintenant, il faut LEVER LES JAMBES, plus, plus, plus…

D. Une demi-heure. Avec les mains qui les saisissent…

M. Ce n’est pas nécessaire, ce n’est pas nécessaire…

D. On ne peut pas se tenir […]

M. Mais c’est mieux de les soulever.

D. Mais sans les saisir. Une heure et demie, pardon Maître…

M. Bon, ça y est. Maintenant, assieds-toi, tu es déjà assis ? Que se passe-t-il d’autre ? Rappelle-toi ! Ce que tu as écrit dans « La Transformation Radicale ».

E. V.Q. Mais c’est qu’il y a longtemps que je n’ai pas fait l’exercice, Maître…

M. Comment est-ce possible que tu ne fasses pas ces exercices !

E.V.Q. Je me consacre maintenant aux Runes, Maître, et ensuite, eh bien…

M. Bon, mais maintenant nous ne sommes pas en train de « runer » [Rires]. Continue maintenant la […]

E.V.Q. Le PRANAYAMA.

M. Très bien, et après ?

E.V.Q. Commençons les Pranayamas…

M. Les […] ne sont pas recommandables. Voyons, d’abord vers l’avant, la tête ensuite vers l’arrière. Non, non, il n’est pas nécessaire de lancer le corps en arrière, c’est la tête, le plus possible. Correct.

E.V.Q. Tout est prêt…

M. Cette partie est déjà faite. Maintenant, tu dois monter le ventre, correct, c’est cela. Non, non, pas encore, tu montes un peu. D’abord, assieds-toi bien et tu t’appuies sur les mains en arrière, correct. Et maintenant tu montes.

D. Le pont, Maître ?

M. La TABLE…

D. Euh ! la table…

C’est que le pont ressemble bien à la table [Rires].

M. Voyons, voyons, qu’est-ce qui t’arrive ?

D. N’est-ce pas ainsi Maître ? Où est-ce qu’on se soutient totalement comme ça ?…

M. La tête, il faut la lancer en arrière… correct. Une table parfaite […] correct, et jusque là nous n’avons rien à objecter. Bon, alors assieds-toi.

D. Qu’est-ce qu’il y a maintenant ?

M. Le PETIT LÉZARD ; le petit lézard a quel objectif ?

D. Pour la « courbe du bonheur ».

M. Pour en finir avec la « courbe du bonheur ».

D. Cinquante !… Deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, la dernière, la dernière, la dernière.

M. Maintenant, y a-t-il autre chose ? Que vas-tu faire maintenant ?

E.V.Q. Je ne m’en souviens pas, Maître, excusez-nous…

D. L’Arc.

M. LE PONT, maintenant, en effet, vient le Pont… Plus, plus ; correct, correct, bien.

Le sixième est le VAJROLI MUDRA pur, mais […] un Général, en Inde ; mais ce Général anglais était alors un homme qui était assez âgé […] le pauvre marchait […] non, c’est à peine s’il pouvait mastiquer l’eau, n’est-ce pas ? Ses cheveux blancs, bref, ce malheureux était déjà au bord de la tombe. Mais que se passa-t-il ?

Il entendit parler d’une LAMASERIE TIBÉTAINE où l’on enseignait un Yoga pour rajeunir. Il le communiqua à un ami, un compagnon de bureau (ce compagnon était assez jeune) et, bien sûr, celui-ci ne put que rire de cet homme âgé qui aspirait à être jeune.

Alors, le Général se décida… il partit pour la Lamaserie. La Lamaserie se nommait « La Source de l’Éternelle Jeunesse ». Il resta là quelques temps pour pratiquer des exercices […] un bon manteau ou, dans le cas contraire, il s’expose à de terribles rhumatismes […]

D. Maître, puisqu’ici il y a beaucoup de personnes qui vont partir comme Missionnaires pour diffuser l’Enseignement, j’ai su que l’on enseignait, chez les Derviches Tourneurs, une autre série de choses qui ne sont pas dans le livre « Transformation Radicale » ; il y avait, entre autres, ce qu’on enseignait au Guatemala, qui est un mouvement ainsi.

M. Bon, mais ça n’a rien à voir avec cela.

D. Cela n’a rien à voir…

M. Cela n’a rien à voir avec ce Yoga Tibétain. Je ne vous dis pas que ce mouvement là ne sert pas, il est clair que ce mouvement sert, n’est-ce pas ? Cela n’a qu’un objectif : pouvoir enlever les pensées qui pèsent dans le mental, les retirer.

D. Équilibre du centre intellectuel. Et le Maître G… aussi…

M. Mais cela n’entre pas dans ces six rites, c’est à part.

D. Le Maître G.K. enseigne aussi […] que dans chaque position, on travaille avec les différents élémentaux.

M. Bon, là vous ajoutez beaucoup de choses ! N’ajoutons ni n’enlevons rien aux six rites, tels que les a ramenés le Général anglais du Tibet ; laissons ce Kriya complet, sans rien y ajouter ni enlever.

D. Maître, et sans la pétition à la Mère Divine, ces exercices ne servent à rien ?

M. On pratique tous ces exercices avec la Kundalini. Car c’est Devi Kundalini Shakti qui a le pouvoir sur le corps physique, sur les organes créateurs, sur les chakras. De sorte que tous ces travaux se font toujours avec la Kundalini. Dans chacun de ces mouvements, il faut faire appel à la Kundalini, travailler avec la Kundalini, prier la Kundalini…

D. Combien de temps le militaire anglais resta-t-il dans la Lamaserie ?

M. Bon, franchement, je n’ai pas demandé cela, je ne l’ai jamais demandé. Mais, la crue réalité, c’est qu’il a rajeuni. C’était un pauvre vieillard qui ne pouvait même plus mastiquer l’eau, et il est revenu plein d’énergie, très joyeux et content ; figurez-vous qu’il a même réussi à trouver une fiancée et qu’il s’est marié.

D. Maître, combien de temps est-il conseillé de pratiquer ces rites ?

M. Eh bien, le temps que l’on tienne, ce n’est pas une affaire de temps. Ces Lamas, raconta-t-il (le Général anglais l’a raconté) passaient toute la journée à faire cela : des vieillards, qui n’y arrivaient même pas (mais toute la journée avec l’envie de redevenir jeune), ils le faisaient toute la journée et même la nuit et ils recommençaient le jour suivant ; et c’était douloureux et douloureux et douloureux ; et ceux qui redevenaient jeunes s’en allaient.

D. […] M.

Eh bien, ça alors, je n’ai pas non plus demandé cela au Général… Je vous l’ai déjà dit, je ne peux rien ajouter ni enlever, je dois me limiter strictement à la vérité.

D. […] en trois ans, n’est-ce pas ? Qu’il a fallu trois ans…

M. Attends que je me rafraîchisse un peu la mémoire. Ah ! le Général a eu besoin d’environ quatre ans, il l’a fait en quatre ans ; la mémoire m’est revenue, tu sais ?… Il a rajeuni en quatre ans… Je crois que quatre ans, ce n’est pas rien, ça file vite. Mais il faut avoir de la continuité de propos pour travailler jour et nuit, à toutes heures et le dimanche et ne pas se reposer durant un an entier. Rares sont ceux qui ont cette continuité de propos pour arriver au but. Bon…

D. Ces exercices servent-ils pour les hommes et pour les femmes ?

M. Oui, et durant les exercices on doit invoquer la Mère Divine et la supplier. Et si on est malade, on la supplie d’appeler son époux, le Troisième Logos, pour qu’il soigne nos maladies, etc.

Bon, nous allons donc donner une petite conférence. Dans cette petite conférence, j’espère qu’il y aura des questions. Quelle heure as-tu ?

D. Une heure et… deux heures et quart…

M. Nous allons donner une courte conférence. Qu’est-ce que le principal, le plus important dans la vie lorsque l’on veut changer radicalement ? Voyons qui peut me donner une réponse.

D. Être sincère envers soi-même, Maître.

M. Être sincère envers soi-même, et quoi d’autre ?

D. Voir la nécessité de […]

D. Se réévaluer soi-même…

D. Reconnaître sa mécanicité, Maître ; reconnaître que l’on est multiple et que l’on n’est pas un.

M. Toi, que dis-tu ?

D. Le plus important est de développer sa Conscience…

M. Bon, la crue réalité, c’est que les réponses sont toutes plus ou moins exactes.

Je ne dois réfuter aucune réponse. Toutes sont exactes. Quant au fait de développer la Conscience […] car pour développer la Conscience, nous devons commencer par savoir ce qui s’appelle Conscience. Réellement, il existe une intime relation entre ESSENCE et CONSCIENCE.

La Conscience est une faculté cognitive de l’Être, une faculté d’appréhension ou de cognition. Mais cette Conscience est […] cette Essence est venue un jour, peu importe lequel, de la Voie Lactée. Elle est partie de là avec la note LA ; elle a traversé le coeur du Soleil avec la note SOL ; elle est passée à travers les planètes du Système Solaire avec la note FA ; et alors, elle est entrée dans notre corps physique avec la note MI.

Lorsqu’on possède la Conscience vécue des étoiles, il est évident qu’il serait correct de la développer. Sous quelle forme pourrions-nous la développer ?

Si nous pensons que ce serait plus faisable de l’éveiller, évidemment que la […] serait encore plus précise… car le germe d’un arbre, par exemple, est susceptible de développement, d’évolution et de progrès, mais la Conscience est complète en elle-même, et elle est venue de la Voie Lactée et c’est une faculté naturelle, cosmique, de cognition. Assurément, ce qu’il faut, ce n’est pas la développer, ce qui est requis, c’est de L’ÉVEILLER.

L’Évangile nous parle du fils prodigue. Celui-ci avait tout chez lui, il vivait heureux. Un jour, désireux d’aventures, il parle à son père et lui dit :

– Seigneur, donnez-moi l’héritage qui m’appartient car je pars…

Le père lui remit son héritage et le fils s’en alla. En d’autres terres, ce fils gaspilla sa fortune dans les plaisirs, l’alcool, avec des femmes aux moeurs libertines, etc. Une fois dans l’amertume, lorsqu’il eut perdu tout son capital, lorsqu’il ne lui resta plus un seul centime, il chercha du travail ; personne ne voulait lui donner du travail. Finalement, après avoir beaucoup souffert, il obtint qu’on lui propose un travail de pasteur, non pas de brebis, mais de porcs.

Savez-vous ce que c’est que de mener paître des porcs ? Non, cela n’a rien d’agréable. Le pauvre homme souffrait là, dans une porcherie (dans un « chiquero » comme nous disons par ici), à s’occuper des porcs. Il se nourrissait des caroubes qui tombaient d’un arbre ; les gens ne lui donnaient pas à manger, il avait faim ; il gagnait une misère ; il était devenu un malheureux dans la boue.

Cependant, il se souvint de son père qui avait beaucoup d’argent, de sa maison, de son père. Il se dit alors : « mais, bon, qu’est-ce que je fais ici ? Alors que dans ma maison, il y a de l’abondance, il y a de la richesse, il y a de tout, de la joie, et que moi, ici, je suis malheureux, il vaudrait mieux que je retourne chez moi ». Et il se mit en marche, en direction de sa maison.

Assurément, mes chers frères, il a beaucoup souffert pour retourner chez lui. Lorsqu’il s’approchait enfin de la demeure du seigneur, de son père, les domestiques le virent et prévinrent le maître. Celui-ci envoya immédiatement ses serviteurs pour le recevoir ; le père lui-même sortit à sa rencontre et il lui baisa le front. Il y eut une grande joie et le seigneur ordonna qu’on le lave, qu’on lui mette une tunique blanche et un anneau à la main droite. Bien plus, il ordonna que l’on fasse une grande fête.

Bien sûr que ce fut pour le père quelque chose d’extraordinaire que son fils soit revenu ! Les musiciens firent résonner leurs instruments et il y eut de la danse et de la joie…

L’autre fils, son frère, était absent. Lorsqu’il revint, il trouva un grand vacarme, de la musique, du bonheur et de la joie, et il demanda immédiatement aux domestiques :

– Qu’est-ce qui se passe ?

Alors, ils lui expliquèrent que son autre frère était revenu et que, pour ce motif, son père était content. Alors […] il dit :

– Et comment est-ce possible que mon frère soit fêté de cette manière ? Alors qu’il a gaspillé sa fortune sur d’autres terres, dans les plaisirs et dans les vices, et maintenant qu’il revient, on lui fait la fête ? Et pour moi qui suis resté fidèle ici, dans la maison, pour moi, il n’y a même pas eu d’agneau à partager avec mes amis ; et pour lui, on sacrifie une tête de bétail. Quoi ? […] alors que moi, on ne m’a jamais récompensé !

Et en arrivant à la maison, il fit une réclamation à son père. Son père lui répondit :

– Mon fils était mort et il est ressuscité. Il était loin de moi et il est revenu. Voilà pourquoi j’ai célébré une fête…

« Il y a plus de joie […] maîtres, dans la Cathédrale de l’Âme pour un pécheur qui se repent, que pour mille justes qui n’ont pas besoin de repentir »…

Cette merveilleuse parabole de l’Évangile Christique est formidable. L’Essence doit retourner à la « maison » ; l’Essence, la Conscience que nous avons à l’intérieur doit retourner à la maison de notre Père qui est en secret. Chacun de nous doit retourner à la maison du Père.

Mais pour que ce retour puisse commencer, le CENTRE DE GRAVITÉ que nous avons, le Centre Magnétique que nous avons actuellement dans notre personne humaine, doit être transféré à la Conscience, à l’Essence. C’est ainsi seulement que l’Essence pourra commencer le retour qui va de la Personnalité jusqu’au Père. C’est ainsi seulement que l’Essence pourra commencer le voyage (très long, c’est sûr) qui va de la Personnalité jusqu’aux Étoiles.

Mais pour que l’Essence puisse voyager, on doit désintégrer lentement tous ces agrégats psychiques où la Conscience est embouteillée. Lorsque tous les agrégats seront désintégrés, lorsque la Conscience se retrouvera libre, alors elle s’éveillera. Et une fois éveillée, convertie en un Homme véritablement céleste, elle commencera son retour, qui va de la personnalité jusqu’à la maison du Père, le Monde de l’Esprit.

Maintenant, le voyage est long, long et difficile ; nous devons lutter contre beaucoup de dangers, contre beaucoup d’ennemis. Le plus grave, c’est que les ennemis de l’homme sont à l’intérieur de lui-même, dans sa propre personnalité. Ces ennemis sont nos agrégats psychiques que nous portons à l’intérieur de nous.

Il me vient en mémoire, en ce moment, une phrase du Livre Sacré des Morts égyptien, qui dit : « je suis le Crocodile Sacré Sebek, je suis la flamme à trois mèches et mes mèches sont immortelles. J’entre dans la Région de Sekem, j’entre dans la Région des Flammes qui ont vaincu mes adversaires ».

Ce « CROCODILE SACRÉ SEBEK », c’est précisément l’ESSENCE. « J’entre dans la Région des Flammes », qui est le NIRVANA, la « RÉGION DE SEKEM ». Ceux qui vivent dans cette région « ont vaincu leurs adversaires », c’est-à-dire ces Mois que nous portons à l’intérieur de nous ; il faut les battre, les vaincre, les détruire. C’est pourquoi l’on dit dans le Rituel « qu’il faut tuer tous les infidèles. Qu’ils soient maudits, condamnés et mis à mort ». Cela se réfère à eux, aux Mois que nous portons à l’intérieur de nous. Ce sont eux, les « infidèles », nous devons lutter contre eux, nous devons « verser leur propre sang »…

Ainsi, le voyage est indispensable pour parvenir aux étoiles, pour retourner à la maison du Père qui nous a toujours souri. Mais on a besoin de l’ÉVEIL DE LA CONSCIENCE. La Conscience ne peut pas s’éveiller, commencer son voyage, si on ne désintègre pas l’Ego ; il faut le réduire en poussière ; c’est ainsi seulement que la Conscience libre, souveraine et maîtresse d’elle-même, s’éveille, commence son voyage pour retourner à la maison du Père. Voilà la signification de la parabole du fils prodigue. Et c’est très important de comprendre cette parabole.

Si nous étudions les choses de ce point de vue, nous allons comprendre…