Arcane 8 : La Justice

tarot-8

Description de la Lame

Dans cet arcane, on voit dans les eaux de la vie le serpent qui se mord la queue, formant le signe de la Mère cosmique, de l’infini (0, le zéro).

Une femme se trouve agenouillée sur un tumulus à trois marches, qui représente l’Arcane AZF (eau + feu = conscience).

La femme tient dans sa main gauche l’épée de pouvoir pointée vers le haut, et dans sa droite, elle tient une balance en équilibre, pour indiquer l’équilibre qui doit exister entre le mental, le cœur et le sexe. Dans la partie supérieure apparaît Ra (c’est un autre symbole pour représenter Ra, différent des ailes).

Signification Ésotérique de l’Arcane

L’Arcane 8 est le Jugement ; le 8 est le nombre de Job, des épreuves et des douleurs, et on le représente par une épée, qui correspond à l’aspect ésotérique.

Le 8 est le nombre de l’infini. Les forces vitales du feu du Phlégéton et de l’eau de l’Achéron circulent en se croisant dans la Neuvième Sphère, au cœur de la terre, en forme de huit. La forme du symbole de l’infini se retrouve également dans l’épine dorsale. Le signe de l’infini signifie le travail dans la Neuvième Sphère, celle-ci étant le sexe.

L’Arcane 8 du Tarot est une femme qui porte une épée en main, devant la balance de la justice cosmique. En réalité, elle seule peut remettre l’épée au Mage ; sans la femme, aucun initié ne peut recevoir l’épée.

Il y a l’Eve-Vénus, la femme instinctive, et la Vénus-Eve, la femme du foyer ; il y a la Vénus-Uranie, la femme initiée aux grands mystères, et nous affirmons finalement l’existence de l’Uranie-Vénus, la femme adepte, la femme réalisée à fond.

La femme de l’Arcane 8 du Tarot tient la balance d’une main et l’épée de l’autre. Il est nécessaire d’équilibrer les forces, il est nécessaire et urgent de nous sanctifier absolument et de pratiquer l’Arcane AZF ; les forces de l’homme et de la femme s’équilibrent dans l’amour et dans la sagesse.

L’ascension miraculeuse de l’énergie séminale jusqu’au cerveau est possible grâce à une paire de cordons nerveux en forme de huit qui se déroulent à droite et à gauche de l’épine dorsale.

Dans la philosophie chinoise, cette paire de cordons est connue sous les noms classiques de Yin et de Yang, le Tao étant le sentier du milieu, le canal médullaire, la voie secrète par laquelle monte le Serpent.

Il est évident que le premier de ces deux canaux est de nature lunaire, et il est visible que le second est de type solaire.

Quand les atomes lunaires et solaires entrent en contact dans le Triveni, près du coccyx, alors le serpent igné de nos pouvoirs magiques s’éveille.

Le serpent, qui prend la forme d’un cercle dans cette transe gnostique où il dévore sa propre queue, constitue une synthèse extraordinaire du merveilleux message du Seigneur Quetzalcoatl ; dans la position verticale, il illustre l’idée maya et Nahuatl de la vipère divine qui dévore l’âme et l’esprit de l’homme ; ou encore, les flammes sexuelles consumant l’Égo animal, l’annihilant, le réduisant en cendres.

Indubitablement, le serpent est le symbole ésotérique de la sagesse et de la connaissance occulte. Depuis les temps les plus anciens, le serpent est mis en relation avec le dieu de la sagesse.

Le serpent est le symbole sacré de Thot et de tous les dieux saints tels qu’Hermès, Sérapis, Jésus, Quetzalcóatl, Bouddha, Tlaloc, Dante, Zoroastre, Bochica, etc.

On peut correctement représenter n’importe quel adepte de la Fraternité blanche universelle par un « grand serpent » à l’image de celui qui occupe une place si notoire parmi les symboles des dieux sur les pierres noires des édifices babyloniens.

Esculape, Pluton, Esmun et Knepp sont tous, selon Dupuis, des déités possédant les attributs du serpent. Ils sont tous guérisseurs, dispensateurs de santé spirituelle et physique, et d’illumination.

Les Brahmanes ont obtenu leur cosmogonie, leur science et leurs arts en assimilant la culture des fameux Nagas-Mayas, appelés par la suite Danavas. Les Nagas et les Brahmanes ont utilisé le symbole sacré du serpent à plumes, emblème indiscutable des Mexicains et des Mayas.

Les Upanishads contiennent un traité sur la science des serpents, ou, ce qui revient au même, sur la science de la connaissance occulte.

Les Nagas (serpents) du bouddhisme ésotérique sont des hommes authentiques, parfaits et autoréalisés en vertu de leur connaissance occulte, et ils sont protecteurs de la loi du Bouddha, parce qu’ils interprètent correctement ses doctrines métaphysiques.

Jamais le grand Kabire Jésus de Nazareth n’aurait conseillé à ses disciples d’être aussi sages que le serpent si celui-ci avait été un symbole du mal. Il n’est pas superflu de rappeler que les Ophites, les sages gnostiques d’Égypte de la « Fraternité du serpent », n’auraient jamais adoré une couleuvre vivante dans leurs cérémonies comme emblème de la sagesse, de la divine Sophia, si ce reptile avait été relié aux puissances du mal.

Le serpent sacré ou Logos sauveur dort blotti au fond de l’Arche, faisant un guet mystique, à l’affût du moment où il s’éveillera.

Kundalini, le serpent igné de nos pouvoirs magiques enroulé à l’intérieur du centre magnétique du coccyx (à la base de l’épine dorsale), est lumineuse comme l’éclair.

Ceux qui étudient la physiologie ésotérique à la manière Nahuatl ou Hindoustane soulignent l’idée transcendantale d’un centre magnétique merveilleux situé à la base de la colonne vertébrale, à égale distance de l’orifice anal et des organes sexuels.

Au centre du chakra Mulhadara se trouve un carré jaune, invisible aux yeux de la chair mais perceptible pour la clairvoyance ou sixième sens ; d’après les Hindous, ce carré représente l’élément terre.

On nous a dit qu’à l’intérieur de ce carré, il existe une Yoni, un utérus, et qu’au centre de celle-ci se trouve un Lingam, un phallus érotique dans lequel se trouve enroulé le serpent, cette mystérieuse énergie psychique appelée Kundalini.

La structure ésotérique de ce centre magnétique ainsi que sa position insolite entre les organes sexuels et l’anus offrent des fondements solides et irréfutables aux écoles tantriques de l’Inde et du Tibet.

Il est indubitable que c’est seulement au moyen du Sahaja Maïthuna, de la magie sexuelle, que l’on peut éveiller le serpent.

La couronne formée d’un aspic, le Thermutis, appartient à Isis, notre Divine Mère Kundalini particulière et individuelle, car chacun d’entre nous a la sienne.

Le serpent, en tant que déité féminine en nous, est l’épouse de l’Esprit-Saint, notre Vierge Mère pleurant au pied de la croix sexuelle, le cœur transpercé par sept poignards.

Il n’y a pas de doute que le serpent des grands mystères est l’aspect féminin du Logos. Dieu-Mère, épouse de Shiva, elle est Isis, Adonia, Tonantzin, Rhéa, Marie, ou pour mieux dire, Ram-Io, Cybèle, Opis, Der, Flore, Paule, Io, Akka, la Grande Mère en sanscrit, la Déesse des Lha, Lares ou esprits d’ici-bas, la Mère angoissée de Huitzilopochtli, l’Ak ou Déesse blanche en turc, la Minerve Chalcidique des mystères initiatiques, l’Aka-Bolzub du Temple lunaire de Chichen Itza (Yucatan), etc.