Écrit par : Gnostic Instructor   Catégorie : Bhavachakra, la Roue du Devenir

Dans notre conférence précédente, nous avons discuté d’un sujet très important dans toutes les religions Asiatiques et traditions mystiques, et c’est un concept philosophique appelé Bhavachakra. Ce concept philosophique constitue le fondement de la compréhension de tout le mysticisme Asiatique. Mais, malheureusement en Occident, cette partie de la philosophie a été très mal enseignée. Les gens connaissent cet aspect de la philosophie et de la religion Orientales comme la Roue du Samsara, mais c’est inexact. Si c’était une traduction exacte, elle s’appellerait Samsarachakra, mais ce n’est pas le cas. Cela s’appelle Bhavachakra.

Bhava (भाव) est un mot Sanskrit qui signifie « devenir ». Cela implique une activité, un mouvement, quelque chose avec un potentiel de changement. Samsara (संसार), d’autre part, signifie « cycle, cyclique, répétitif, vie, cours, aller, errer », ce qui n’implique pas la possibilité d’un changement dramatique, mais implique la répétition de la même chose avec peut-être des variations mineures, mais ce qui n’en est pas moins une répétition.

Il est important d’avoir cette distinction à l’esprit, car le Bhavachakra ou la Roue du Devenir est une illustration conceptuelle de nous-mêmes, de notre propre mental. C’est l’autre domaine où cet enseignement a été mal compris en Occident. Les étudiants en philosophie et en religion Asiatiques interprètent à tort la roue comme quelque chose d’extérieur, quelque chose de littéral, quelque chose de physique et peut-être quelque chose qui s’applique à d’autres dimensions qui sont en dehors de nous – dimensions dans lesquelles nous pouvons vivre ou transmigrer, mais seulement avec la distinction entre moi-même et la place / lieu, et c’est faux. C’est une compréhension incorrecte du Bhavachakra. La vérité est que cette roue fournit une base conceptuelle pour comprendre notre propre mental, et c’est notre propre mental qui détermine où nous résidons dans l’univers. C’est la différence critique. C’est notre propre mental qui détermine notre expérience de la vie. Donc, pour comprendre cela, nous approfondirons les sujets que nous avons explorés dans la conférence précédente. Nous entrerons dans l’étude ou l’analyse du Samsara et du Nirvana.

Deux Vérités

Pour mieux nous comprendre et pour comprendre le Bhavachakra avec un certain degré de précision, la première chose à saisir est que la philosophie Bouddhiste décrit deux vérités. En synthèse, on peut vraiment dire qu’il y a une vérité. Nous pouvons dire qu’il y a une vérité ultime, la fontaine d’où tout ce qui est, ce qui était ou ce qui sera a coulé. Mais cette seule vérité n’est comprise ou perçue par aucun de nous. Nous percevons quelque chose, et de notre point de vue il y a certaines « réalités », mais elles ne sont que relatives et non absolues. Voici donc les deux vérités:

  1. Vérité ultime
  2. Vérité relative ou conventionnelle

Afin de nous aider à comprendre ce que cela signifie et à aborder la perception de cette seule vérité ultime, en philosophie, nous parlons de ces deux vérités comme un moyen pour nous de combler le fossé. Il est assez simple de comprendre ce que cela signifie.

Dans ce type d’enseignement, que nous appelons Gnostique, ce que nous recherchons, c’est la vérité, non pas comme concept ou comme philosophie, mais comme expérience, quelque chose que nous avons nous-mêmes connu. C’est ce que veut dire Gnose : connaître parce qu’on l’a vécu, non seulement parce que nous l’avons entendu, ou lu dans un livre, mais parce que c’est quelque chose que nous avons touché, goûté, vu, ressenti, vécu. C’est la Gnose. Donc cette vérité ultime est la Gnose elle-même, et dans d’autres traditions, elle est appelée jhana (Sanskrit). En Tibétain, cela s’appelle rigpa. En Grec, noia, Gnosis. « Connaissance » est une traduction Française superficielle de ce mot Gnose, mais il ne transmet pas le sens exact parce qu’en Français, nous pensons que la connaissance est tout ce que vous tirez d’un livre, mettez-la dans votre intellect, et ensuite vous pensez que vous « savez » quelque chose. Ou, quelqu’un vous a parlé de A, B et C, alors maintenant vous pensez que vous « connaissez » A, B et C, mais c’est une illusion. C’est comparable à celui qui a lu de nombreux livres sur New York, et qui peut vous dire tout ce qu’il y a à savoir sur New York, et qui est convaincu qu’il est une autorité à New York, mais n’y est jamais allé. Cette personne est un imbécile. Quand il s’agit de religion, nous sommes tous comme ça. Nous pensons tous connaître la religion, la spiritualité, Dieu, etc. mais nous ne savons vraiment rien. Nous avons beaucoup de croyances et d’idées, mais aucune expérience de la divinité.

Il est important d’avoir ce type de sincérité, d’analyser vraiment fondamentalement ce que nous savons comme vrai, si jamais nous devons approcher la vérité elle-même, car si nous pensons savoir quelque chose, nous ne chercherons pas à connaître sa réalité. Nous devons d’abord reconnaître que nous ne savons pas, sinon nous resterons ignorants. Le terme ignorance signifie « ne pas connaître ». Nous sommes donc tous dans un état d’ignorance, car nous ne connaissons pas Dieu, Bouddha, Atman. Nous avons des théories et des croyances, mais nous ne connaissons vraiment pas. Nous n’avons pas de Gnose.

Vérité Ultime

La Divinité est la vérité ultime, la Gnose, et en d’autres termes philosophiques, nous pouvons l’appeler Shunyata (Sanskrit), Brahma, Adi Buddha, Samantabhadra, l’Absolu, l’Ain Soph, la Vacuité, le Vide Illuminateur, la Lumière Claire. Tous ces termes décrivent la base fondamentale de tout ce qui existe, et cette base fondamentale est dans l’état de non-existence. L’Absolu est simplement. Il ne dépend de rien pour son existence. C’est pourquoi cette vérité ultime est si difficile à saisir, parce que c’est quelque chose qui dépasse la capacité de l’intellect à comprendre.

L’Absolu tel que décrit dans le Bouddhisme: Adi-bouddha, Samantabhadra, la source primordiale de tout.

L’Absolu, le Vide, est l’état pur de devenir, un état d’archétypes dans lequel il n’y a pas mais il y aura. Il n’y a aucune mesure. Il n’y a ni hauteur, ni largeur, ni profondeur. Il n’y a aucun concept, aucune pensée. Il n’y a pas de sentiment, pas d’émotion. Il n’y a pas de « Moi », pas de soi, mais il y a quelque chose. Il y a de la joie. Il y a de l’amour. Il y a une compréhension, une connaissance et une sagesse brillantes. Cet état d’existence, ou de non-existence, est la vraie nature de toutes choses, mais nous ne le voyons pas. Nous sommes enterrés sous des couches et des couches et des couches de tendances habituelles qui obscurcissent notre perception et nous empêchent de voir la nature de la vérité ultime. Ce que nous percevons est la vérité conventionnelle, la vérité relative.

Vérité Conventionnelle

Le terme vérité conventionnelle décrit tout ce que nous percevons dans notre état actuel (endormi). Nous pouvons dire que le monde physique « existe », c’est donc conventionnellement ou relativement vrai. C’est relatif car le monde physique n’existe pas de manière permanente ou indépendante. De même, notre corps existe dans un sens relatif, mais il n’est ni durable ni indépendant. Donc, il est « relativement réel ».

Plus important encore, nous avons cette perception erronée de nous-mêmes. Nous croyons que notre sens de soi est réel et durable, mais ce n’est ni l’un ni l’autre. Nous sommes très loin de connaître notre véritable identité mais qui n’a pas d’existence indépendante.

Nous croyons à tort que ce que nous percevons est réel et durable, mais rien ne l’est. Tout ce que nous voyons dans notre état de conscience actuel est impermanent et interdépendant – non indépendant. Rien n’existe par lui-même. Tout ce qui dépend des causes et des conditions est considéré comme « relativement réel ».

Voici donc les deux vérités: la vérité ultime, qui est l’Ain Soph, qui est Samantabhadra, l’Adi-Bouddha, la Vacuité, le Vide. Telle est la vérité ultime. Nous ne le voyons pas. Nous ne voyons que la vérité relative, celle que nous percevons ici et maintenant avec nos cinq sens et notre mental.

Ces deux vérités sont très importantes à comprendre, car nous supposons à tort que ce que nous percevons est réel et est l’étendue de la réalité. Nous avons tort. Il est facile de le prouver même de manière superficielle. Si vous remettez vraiment en question ce que vous percevez, ce que vous pensez, si vous vous analysez vraiment vous-même, vous pouvez rapidement voir que ce que vous « voyez » est un mensonge, et que ce que vous pensez, ressentez et croyez n’est pas vrai et est une illusion.

L’Arbre de Vie

C’est pourquoi nous étudions l’Arbre de Vie. Cette image ou graphique symbolise simplement ces deux vérités. Évidemment, ce graphique semble assez complexe lorsque nous ne sommes pas bien familiarisés avec ses subtilités, mais en réalité, il est assez simple. Il cartographie les mondes et les dimensions externes, mais ce n’est pas notre intérêt premier. L’étude des mondes extérieurs ne nous conduit pas à la libération de la souffrance. Seul l’étude de nous-mêmes peut faire cela, nous devons donc étudier ce graphique en relation avec notre propre mental.

Les deux vérités sont décrites ici. Tout, depuis la sephirah Kether vers le bas, représente des degrés de vérité relative. La vérité ultime, la réalité elle-même, est l’Absolu, le Vacuité, qui est montré en haut du graphique.

Il y a une idée fausse très facile à avoir sur ce type d’enseignement et sur ce type de philosophie, et en particulier sur des graphismes comme celui-ci. Nous, sans nous en rendre compte, interprétons ce type d’enseignement de la même manière que nous avons interprété nos religions traditionnelles, en supposant que ce graphique représente des mondes qui sont en dehors de nous, et que le ciel, ou les terres de perfection, sont en quelque sorte « au-dessus » de nous. Nous levons donc toujours la main et montrons le ciel, et le graphique semble le montrer de cette façon, comme si en quelque sorte l’Absolu était « là-haut ». C’est une mauvaise compréhension. C’est « là-haut », mais pas seulement là-haut. La vérité est que ce diagramme est juste une illustration de quelque chose avec lequel vous devez travailler avec votre imagination pour comprendre.

L’Oignon comme Exemple

Ce graphique dés-arrange et sépare un oignon, et cet oignon, c’est vous. La peau extérieure, le papier de cet oignon, est tout ce que vous pouvez voir de vous-même en ce moment. Ce que vous voyez de vous-même maintenant est la partie la plus superficielle et la plus fragile de l’oignon. Vous pouvez à peine le toucher et il se déchirera. C’est votre personnalité et votre corps. Ils sont très faibles, très peu fiables, tout comme la peau d’oignon. Une peau d’oignon est impermanente, et de plus, elle n’est pas comestible. Vous ne pouvez pas compter dessus, vous ne pouvez pas l’utiliser et cela ne vous nourrira pas. Elle a sa place, mais son utilité est limitée. La peau d’oignon protège ce qu’il y a à l’intérieur. Ainsi, notre « peau d’oignon » est la sephirah Malkuth, qui signifie « le royaume ». Cela se rapporte à notre physicalité.

Tous les autres Sephiroth représentés sur ce graphique sont les couches de l’oignon, de nombreuses couches à l’intérieur.

Ce graphique est une représentation simplifiée de la vérité. C’est simplifié pour notre mental parce que notre mental ne peut pas comprendre la réalité, même si elle est relative, nous ne le pouvons pas parce que notre mental est faible. Afin de vraiment comprendre la vérité, nous devons utiliser la conscience.

Ainsi, on pourrait alors penser que par le biais de cette analogie, si l’Absolu est en haut du graphique, alors cela doit être le centre de l’oignon. Mais, ce n’est pas le cas. À l’intérieur des atomes de chaque couche d’oignon se trouve le Vide: l’Absolu. Même à l’intérieur de la peau, le papier autour de l’oignon, l’Absolu est là aussi. L’Absolu n’est pas seulement au centre même de l’oignon. C’est la terre fondamentale de l’oignon lui-même. Tout dans cet oignon est dérivé de l’espace, vide. Si vous prenez un outil scientifique très puissant et que vous regardez de très près et que vous zoomez et zoomez sur cet oignon, vous verrez la peau, vous verrez les fibres. Allez de plus en plus profondément, vous verrez tous les minéraux et éléments, et lorsque vous allez de plus en plus profond, vous atteindrez un espace vide. Vous atteindrez les atomes entre lesquels et dans lesquels il n’y a rien. C’est vide. C’est comme l’Absolu. Mais, lorsque nous parlons de l’Absolu, nous ne parlons pas d’un manque de quelque chose. « Espace » ou « vide » implique un manque de quelque chose, mais ce n’est pas ce qu’est l’Absolu. Au contraire, l’Absolu est le tissu même de l’existence. C’est dans le cœur, dans chaque couche, dans la peau. C’est autour de lui, c’est à l’intérieur. C’est tout ce qui donne la possibilité à un oignon d’être. Chaque couche de l’oignon existe à cause de l’espace, à cause des autres couches, à cause des atomes, des molécules, des fluides et – de manière significative – à cause du processus constant de mort, de naissance et de sacrifice: la capacité de changer les choses. Chaque chose est soutenue parce que d’autres choses sont mortes, ont été sacrifiées pour donner la vie. Ainsi, l’existence de ce cycle de choses, et l’espace dans lequel il se produit, est bhava, « devenir ». Cet oignon est en constante évolution. Il n’est pas stagnant, il change constamment. Nous sommes comme ça. Ce graphique représente cela.

Vacuité

L’Arbre de Vie est illustré avec l’Absolu au sommet juste à titre d’illustration, mais en réalité, il est complètement inexact, car chaque Sephirah est l’Absolu condensé à son niveau, manifesté et particularisé à son niveau, et en son sein se trouve la Vacuité. Physiquement parlant, votre corps physique est comme ça. Physiquement, juste avec la relation avec la matière et l’énergie du corps, si vous regardez assez profondément, vous ne trouverez rien. Réellement, le corps est vide. Il n’y a rien là, mais nous pensons qu’il est réel. Plus important encore, chaque chose manifestée survient, se maintient brièvement, puis disparaît. Autrement dit, tout est impermanent et dépend d’autres choses pour exister. Ainsi, une autre façon d’expliquer la Vacuité est de parler de l’origine dépendante.

La Vacuité n’est pas un espace vide. La Vacuité signifie « manquer d’existence inhérente ». Autrement dit, tout dépend de tout le reste.

Dans le premier degré de compréhension des deux vérités est de comprendre que toutes choses ont cette vacuité dans leur composition même, leur nature même. Mais ce n’est que le début pour comprendre ce que signifient ces deux vérités. Ceci n’est que la base conceptuelle de celui-ci. Cela va plus loin. C’est pourquoi Nagarjuna, le grand enseignant Bouddhiste, a déclaré:

« Ceux qui ne comprennent pas la vacuité ne parviendront pas à atteindre la libération. Ainsi, des êtres ignorants errent impuissants dans la prison des six existences cycliques. »

Nous avons expliqué ces six royaumes dans la conférence précédente: les royaumes des dieux, des demi-dieux, des humains, des animaux, des esprits affamés et de ceux qui sont en enfer. Ces royaumes sont à l’extérieur de nous, mais sont aussi psychologiques, à l’intérieur de nous. Nous sommes un Bhavachakra. Ces royaumes représentent des aspects de notre propre psyché. Nous sommes dans le désert – même la Bible le dit. Une fois que nous avons abusé du fruit de l’Arbre de la Connaissance, nous sommes allés dans le désert pour souffrir. Nous souffrons maintenant. Nous errons impuissants dans la prison de notre mental. Cette prison n’est pas le monde physique, ce n’est pas le corps physique, c’est le mental. C’est la prison qui nous fait souffrir, et nous sommes piégés dans cette prison à cause de notre ignorance. Nous sommes des êtres ignorants. Souvenez-vous que ce terme ignorance ne fait pas référence à l’étude du livre ou au fait d’avoir appris dans une école. C’est manquer de connaissance de la vérité, manquer d’expérience de la réalité. Ignorer, manquer de connaissances.

Il en est ainsi parce que nous ne comprenons pas la vacuité, et ainsi nous échouerons à atteindre la libération. C’est un simple fait. C’est pourquoi nous voyons si peu d’êtres atteindre la libération de la souffrance. Si vous envisagez vraiment cela, c’est déchirant. Ce n’est pas seulement philosophique ou conceptuel. Cela a à voir avec l’expérience exacte en ce moment de chaque être qui existe partout, et cela fait partie de notre illusion. Nous étudions ces enseignements, nous lisons, nous étudions les Écritures, nous entendons les conférences, nous nous considérons comme une personne spirituelle faisant nos efforts, mais en réalité, nos efforts ne concernent que nous-mêmes: nous sommes fondamentalement égoïstes, ignorants. Même dans notre soi-disant vie spirituelle, nous ne pensons vraiment qu’à nous-mêmes. Nous faisons des études et des pratiques spirituelles, nous avons tendance à construire un point de vue philosophique ou un point de vue spirituel qui est saturé d’un sens de soi, de ce que « je » veux, de ce que « j’ai » besoin, de ce « je » sais, de « moi », et c’est pourquoi nous souffrons. C’est une vue erronée. Cela cause de la souffrance pour nous-mêmes et pour les autres.

Des millions de personnes étudient le Bouddhisme et les enseignements sur la vacuité, mais combien d’entre eux ont atteint la libération? Souvenez-vous que la libération ne se produit pas dans le futur. La libération est une expérience de conscience, maintenant. Si nous ne nous libérons pas maintenant, nous ne le ferons jamais. Il est important d’avoir une compréhension conceptuelle des enseignements, car cela clarifie le chemin que nous devons parcourir. Mais la compréhension conceptuelle n’est pas la libération elle-même. Beaucoup de gens ne s’en rendent pas compte. Beaucoup pensent qu’avoir un concept équivaut à vivre l’expérience. C’est une illusion. En fait, si nous ne sommes pas encore libérés, alors nous souffrons de cette illusion à notre manière, et il est fort probable que nous l’ignorions. C’est pourquoi nous sommes toujours pris au piège de l’existence cyclique: nous ne voyons pas les causes de nos souffrances.

Considérons ceci un instant:

« … des êtres ignorants errent impuissants dans la prison des six existences cycliques. »

Je sais que j’ai dit que nous devons avant tout étudier cela en relation avec nous-mêmes. Mais pour y parvenir efficacement, nous devons comprendre notre place dans l’ordre des choses. Cette ignorance dont nous souffrons est le manque de perception de la réalité, et cela commence parce que nous nous percevons incorrectement. Nous pensons savoir qui nous sommes et ce que nous sommes, mais nous ne le savons pas. Nous ne pouvons même pas nous souvenir que nous sommes dans le corps physique. On oublie ça. Nous rêvons constamment. Nous ne sommes jamais ici et maintenant, présents, activement engagés avec toutes les sensations qui circulent à travers nos cinq sens et à travers notre conscience et l’intellect et le cœur. Nous percevons rarement activement ces choses, ces impressions. Cela montre notre ignorance. De plus, ce que nous percevons, nous nous rapportons toujours égoïstement. « Qu’est-ce que j’en retire? Qu’est-ce que je n’en retire pas? » Tout ce que nous percevons, nous nous rapportons de cette manière, et c’est fondamentalement une erreur. C’est une cause de souffrance. Nous avons expliqué tout cela dans la conférence précédente.

De plus, dans ce mode de perception, nous faisons l’hypothèse subtile que nous sommes un individu et que nous serons comme ça, et que nous sommes un être permanent, nous ne mourrons pas. Nous avons tort. Nous mourrons. Nous ne savons pas quand, nous ne savons pas comment. Nous pensons que ce corps durera. Cela ne sera pas. Nous pensons que notre nom, notre visage, notre réputation dureront. Ils ne seront pas.

Nous oublions tout le monde qui existe parce que nous sommes tellement concentrés sur nous-mêmes. Nous pensons que nous sommes le centre de l’univers. Chaque pensée que nous avons, chaque sentiment que nous avons, est vraiment égocentrique. Même lorsque nous faisons quelque chose pour quelqu’un d’autre, nous ne le faisons que dans la mesure où cela ne nous dérange pas, ou nous percevons que nous gagnerons quelque chose que nous voulons de le faire. Nous sommes égoïstes, égocentriques, trompés, ignorants de la vérité.

Quelle est la vérité? C’est qu’absolument tout en nous, jusqu’à la plus petite particule possible, dépend d’autres choses. Rien de nous n’existe indépendamment. Nous avons l’illusion de l’indépendance, mais c’est un mensonge. Pas un seul grain de poussière en nous n’est indépendant.

Tout ce que nous mangeons, buvons, portons, percevons et même pensons, croyons et ressentons est dépendant. Mais, nous ne reconnaissons pas cela. Nous croyons que nous sommes indépendants, individuels, isolés.

Pensons-y un instant avant de continuer, car c’est très important. La réalité est la vérité. Si nous analysons notre perception de soi à la lumière de ce concept des deux vérités, nous devons comprendre quelque chose. Premièrement, l’univers est immense. Prenez conscience en ce moment de votre stature en relation avec la planète… avec le système solaire… avec l’univers.

Maintenant, regardez comment vous vous êtes vu jusqu’à présent aujourd’hui: dans la cage de votre mental, en pensant, pas au courant de quoi que ce soit d’autre. Réalisez que vous avez été dans cette cage de votre mental, distrait, pensant et pensant et pensant, sans aucune réelle conscience de quoi que ce soit en dehors de cela. Reconnaissez d’abord cela, car nous le faisons tous.

Réfléchissez un instant que vous avez toujours fait cela et que fondamentalement cela n’a jamais amélioré votre vie.

De plus, 97% de tout ce que vous pensiez aujourd’hui est une pensée que vous aviez déjà. 97% de ce que vous avez ressenti, de ce à quoi vous vous êtes posé des questions ou imaginé ou rêvé ou souhaité, que vous avez déjà pensé ou ressenti ou rêvé peut-être plus tôt dans la journée, peut-être hier, peut-être la veille.

97% de tout ce que vous avez vécu, psychologiquement, est une répétition. Personnellement, je trouve cela très angoissant, mais je ne peux pas le nier car c’est un fait. Et si c’est un fait, cela montre que la direction que je prends ne change pas. C’est également angoissant. Mais, nous devons voir la vérité.

Dans notre tradition, nous parlons sincèrement de notre travail spirituel, de notre travail psychologique. Nous devons regarder les choses dans ce genre de vérité. Alors mettons cela en perspective.

Si, avec cette conscience, nous réalisons soudainement: « Attendez une minute, pourquoi ai-je besoin de penser tout le temps, de ressentir tout le temps, si je ne fais que me répéter tout le temps? Il y a peut-être un autre moyen? Et il y a, et c’est la nature du chemin. Il y a un moyen. C’est pourquoi nous devons comprendre ce que signifie Bhavachakra. Il existe un moyen d’arrêter le cycle de répétition, de répétition et de répétition. Le moyen est simplement de prendre conscience. Mais cette prise de conscience n’est pas ce que nous appelons actuellement la conscience. La conscience qui traverse le Samsara, tournant, est quelque chose de profond. Lorsque le schéma circulaire de la perception est rompu, le Nirvana, « cessation », est révélé.

Nirvana: Cessation

« Enveloppé par l’obscurité de nombreuses pensées,

Vaincu par la folie comme frappé par la foudre,

Taché par des impuretés telles que la luxure et autres,

qui sont tous difficiles à éviter –

Un tel mental est en effet Samsara », a déclaré Vajadhara.

« On atteint la libération en réalisant que

la nature du mental est la clarté lucide.

Celui qui n’est pas souillé par la luxure et autres,

Qui est sans aucune dualité de sujet et d’objet,

Ce mental supérieur illuminé

est défini comme Nirvana suprême. » – Le Samputa

Vous voyez, cette vérité ultime, l’Absolu, le Vide, est pure conscience, inconditionnée. C’est la cognisance, même au-delà du niveau de ce que nous appellerions un Dieu. Nous l’appelons l’Absolu parce que c’est la racine ultime de tout, même des Dieux, même des univers, et cela est à l’intérieur de nous, pas à l’extérieur. Ce niveau du mental est à l’intérieur de vous, pas à l’extérieur de vous, et vous ne le trouverez pas demain, et vous ne le trouverez pas dans le passé. Vous ne pouvez le trouver que maintenant, dans le moment. La seule façon de le trouver est de se désengager du cycle, qui est un processus psychologique. Pour vous dégager de la roue de la répétition, qui est à l’intérieur de vous, votre mental, votre cœur, votre corps.

Alors faisons cela. Maintenant.

Une Pause pour Réfléchir

Soyez conscient d’être dans le corps.

Relaxons-nous. Observons-nous.

Nous commençons toujours par nous observer; nous sommes le sujet de notre observation. Alors on s’observe, on prend conscience d’être ici et maintenant. Nous observons également ce qui nous entoure, notre environnement, nous regardons aux objets. On regarde juste pour voir ce qu’il y a là: ne pas faire d’hypothèses, ne rien projeter, ne rien étiqueter, mais simplement regarder. Regarder et reconnaître tout ce que vous pouvez percevoir en ce moment, sans rien ajouter, sans rien enlever. Il suffit de regarder. Écoutez. Ressentez.

Soyez sensible et réceptif à toutes les informations qui arrivent à travers vos sens, cinq sens physiques et le mental, la conscience. Soyez réceptif à toutes ces informations, toutes en même temps, sans penser, réagir, analyser, comparer, juger, évaluer. C’est aussi simple que ça! Cela semble facile? Pour nous, ce n’est pas le cas, car le mental est très habituel. Le mental veut continuer à répéter ses pensées et ses sentiments, ses interrogations, ses questionnements et ses doutes, et quand il fait cela, désengagez-vous. Laissez-le faire tout ce qu’il fait, ne le laissez pas vous prendre. C’est comme le courant d’une rivière, laissez-le passer. C’est comme si vous regardiez simplement un nuage dans le ciel, mais au lieu de regarder un nuage, vous regardez la pièce dans laquelle vous vous trouvez et vous surveillez votre mental. Vous voyez que tout change lentement ou change rapidement, mais vous n’avez pas besoin de vous impliquer ou de vous laisser distraire. Vous regardez simplement.

Cette simple prise de conscience, incontrôlée, inconditionnée, est la seule porte d’entrée vers la libération de la souffrance. Il n’y a pas d’autre porte. Cette porte est ici, ici et maintenant. Observer, toujours. C’est la porte pour être libéré de la souffrance. C’est la porte vers la vraie connaissance: attention, conscience, cognisance.

Alors à partir de ce point de vue fondamental, soyons également conscients de tout ce qui se trouve dans notre environnement. Pour cela, vous devrez peut-être commencer à utiliser un peu de votre imagination. Développez votre conscience. Prenez conscience de tout ce que vous pouvez, pas seulement de vous-même quelle que soit la posture que vous avez, mais ce que vous ressentez, intellectuellement, émotionnellement ou physiquement. Commencez à vous développer et à percevoir tout ce que vous pouvez percevoir: la réalité, la pièce dans laquelle vous vous trouvez, les sons que vous entendez, les choses que vous voyez, ce que vous ressentez sur votre corps. Développez cette prise de conscience.

Tel est le but de ces enseignements. C’est pour élargir notre conscience. Se libérer de cette condition de n’être conscient que de nos habitudes égoïstes, et commencer à prendre conscience de ce qui se passe réellement, à l’intérieur et à l’extérieur, mais surtout à l’intérieur. Maintenant, avec un peu d’imagination, élargissez cette prise de conscience jusqu’à, disons, un pâté de maisons. Vous devez plus ou moins avoir une idée de l’endroit où vous vous trouvez et de ce qu’il y a dans la région. Élargissez donc cette conscience à ce que vous avez vu avant d’arriver là où vous êtes. Disons que vous êtes venu dans une salle de classe ou dans une pièce de votre maison. Qu’y a-t-il dans l’environnement en dehors de cela? Soyez conscient de vous par rapport à cela. Il se passe beaucoup de choses dans cet espace, à cent mètres de vous en cercle, tout autour de vous. Qu’y a-t-il? Que se passe-t-il? Où êtes-vous? Quelle est votre importance dans cette perspective? Moins important que lorsque vous vous concentrez uniquement sur vous-même. Alors développons cela davantage. Imaginez la ville dans laquelle vous vous trouvez. Imaginez tous les gens, tous les animaux, toutes les plantes, les insectes, les microbes, tout. Élargissez cela au pays, aux millions de personnes, qui ne vous connaissent pas du tout et ne se soucient pas du tout de vous. Ils ne se soucient que de leurs propres désirs, de leurs propres souffrances et de leurs propres envies. Ils sont ignorants. Ils souffrent.

Maintenant, prenez conscience que toute cette planète est comme ça. Des milliards d’humanoïdes, qui sont dans cet état maintenant que vous étiez il y a à peine quelques minutes, mais maintenant vous essayez de vous en libérer en élargissant votre conscience. Mais les 6 ou 7 autres milliards de personnes ne le sont pas. Soyez conscient de cela. Sachez que vous n’êtes qu’un parmi une foule immense, pas différent des autres. Ni mieux, ni pire. Développez cela davantage. Cette planète n’est pas si grande, il y a d’autres planètes ici. Il existe d’autres systèmes solaires. Il existe d’autres galaxies. Vous sentez-vous petit? Pouvez-vous conceptualiser un instant combien d’êtres existent? Le mental rompt avec l’effort. C’est trop immense, et nous sommes trop insignifiants et nous n’aimons pas penser cela. Nous voulons nous sentir importants. Nous voulons avoir l’impression d’être le centre de l’univers, mais le fait est que nous ne le sommes pas. Nous ne sommes que l’un des innombrables êtres. Beaucoup d’entre eux sont plus développés que nous, beaucoup moins développés que nous. Très peu ont échappé à la roue, mais c’est possible.

Cet exercice devrait susciter un sentiment de crainte, ainsi qu’un puissant sentiment de compassion pour les innombrables êtres souffrants. Nous devrions ressentir de l’amour.

Si cet exercice simple a apporté un nouveau sentiment de conscience ou de sentiment, alors rappelez-vous: si un moment de simple conscience peut changer ce que vous ressentez, imaginez ce qui est possible si vous maintenez cette conscience!

Découragement et Rapidité

Ce type de pratique ou d’exercice ne doit pas vous décourager. Cela devrait vous amener à commencer à prendre conscience de la vérité, c’est-à-dire à mettre votre ego en perspective. Si vous vous sentez dépassé ou découragé, réalisez que votre situation n’est pas désespérée, car la méthode pour échapper à la roue est maintenant disponible pour cette humanité librement comme elle ne l’a jamais été auparavant. Ainsi, même si nous sommes des insectes dans l’ordre des choses (aucune infraction intentionnelle, mais nous ne sommes en réalité que des insectes), nous avons actuellement sur cette planète pour la première fois de notre histoire accès à des enseignements protégés qui n’étaient jamais disponibles. Même il y a quelques décennies à peine, quiconque aurait révélé cela aurait été tué. C’est extraordinaire. C’est la première fois dans l’histoire de cette planète que les enseignements sont disponibles de cette manière. Nous avons accès à tant d’enseignements de tant de maîtres importants, que nous devons en profiter. C’est maintenant notre chance, et cela ne durera pas.

Il est important de réfléchir à cela, car nous sommes toujours pris au piège du Samsara. Élargir notre conscience et élargir notre compréhension ne nous libère pas de la libération. Cela nous donne seulement une perspective d’où nous sommes. Être libéré de la souffrance, être libéré, exige que nous coupions le cycle, que Samsara s’arrête. Nirvana signifie cela: cessation. Nous avons expliqué cela dans la conférence précédente. Nirvana n’est pas qu’un lieu, c’est un état d’être, un état d’être qu’il faut vivre pour comprendre. Vous pouvez croire au Nirvana autant que vous le souhaitez, mais cela ne signifie rien à moins que vous ne viviez le Nirvana en ce moment, car pour demeurer dans le Nirvana, votre conscience doit vibrer à ce niveau. Nous sommes ici dans le monde maintenant parce que c’est le niveau de notre psychologie. Nous sommes ici avec tout le monde parce que c’est là que nous appartenons. Je sais que nous voulons tous être libres et nous aimons tous penser que « nous sommes de grands êtres du passé qui, par accident, se sont retrouvés coincés ici avec tous ces animaux, mais vraiment nous sommes meilleurs et nous méritons d’être au paradis, il y avait une sorte d’erreur de calcul, ou quelqu’un a oublié quelque chose ou peut-être que nous payons juste un peu de karma que nous devons et bientôt nous serons de retour au paradis avec nos amis. Vous vous mentez. C’est une illusion. Nous sommes là où nous sommes parce que nous le méritons, parce que c’est notre niveau.

Notre vie est le reflet de notre psychologie. Pour vivre dans le Nirvana, vous devez être psychologiquement à ce niveau. Nous pouvons y parvenir maintenant.

Samsara

Padmasambhava, qui a introduit le Tantra au Tibet, a déclaré:

« Samara est la forme trompée de votre mental. »

Padmasambhava

C’est une déclaration très directe d’un très grand maître, un Bodhisattva très bien développé, vraiment un être incroyable. « Samsara est la forme trompée de votre mental. » Ainsi, Samsara n’est pas en dehors de vous. C’est vous, jusqu’à ce que vous changiez.

Il a dit dans une autre Écriture:

« Samsara, « tourner », c’est tourner d’un endroit à un autre. Nirvana est d’avoir coupé à travers ce cercle. »

Permettez-moi de souligner à nouveau que l’endroit auquel il fait référence n’est pas physique, mais psychologique. Où êtes-vous psychologiquement actuellement, dans votre vie? Quel est votre niveau d’être? Pour changer cela, vous devez couper vos comportements habituels dans votre mental. Si vous ne changez pas vos tendances psychologiques, vous n’échapperez pas au Samsara, vous ne serez pas libéré. Peu importe ce que vous croyez, peu importe le montant que vous donnez à une église, votre fidélité à votre enseignant, le nombre de livres que vous avez mémorisés et étudiés, ou votre qualité de conférencier, ou combien vous faites pour l’humanité. Si vous ne coupez pas vos tendances psychologiques, vous resterez dans Samsara. Aucune exception. C’est ainsi que fonctionne la nature. C’est pourquoi dans les Évangiles il est dit:

« Quiconque commet le péché est le serviteur du péché. » – Jean 8

Ceci souligne la nature cyclique de nos comportements. Lorsque nous effectuons une mauvaise action, nous en devenons esclaves, cela développe une habitude. C’est Samsara.

« Le monde est dirigé par le mental.

Le mental ne se voit pas lui-même;

Une bonne ou une mauvaise action est causée par le mental.

Il tourne comme une roue de feu, se

déplace comme des vagues,

brûle comme un feu de forêt,

s’élargit comme une grande rivière. » – Ratnamegha-sutra

Donc, c’est la roue, le Bhavachakra, et dans la conférence précédente, nous avons décrit le centre, deux anneaux et aussi les six royaumes autour d’eux. L’anneau extérieur a douze étapes qui sont appelées nidānas en Sanskrit. Nidāna signifie cause, fondation, source ou origine. Il a été expliqué dans cette conférence que l’axe de la roue est représenté par trois animaux, qui sont très profonds dans leurs implications et significations dans notre psychologie. Telle est la loi du trois, la Trinité, le pouvoir de création, qui malheureusement en nous est devenu le pouvoir de destruction. C’est l’axe de la roue de notre souffrance, et encore une fois, ce n’est pas à l’extérieur de nous, c’est à l’intérieur de nous.

Ces trois animaux représentent l’ignorance, le désir et l’aversion, et à cause du mouvement de ces forces dans notre psyché, la cause et l’effet sont adoptés ou renforcés à cause de notre ignorance, à cause de notre désir, à cause de notre aversion, nous causons des effets néfastes, qui est cette deuxième roue. Bon et mauvais, mais néanmoins trompé. Parfois, nous faisons de bonnes choses, parfois nous faisons de mauvaises choses, parfois nous faisons des choses plus ou moins neutres. Mais, néanmoins, puisqu’ils émergent de l’état d’ignorance fondamentale de la réalité, en particulier de notre réalité intérieure, nous nous lions à cette roue.

Ainsi, le Bouddhisme explique ce processus comme ces douze étapes, nidānas, causes, qui proviennent de ce noyau central dans notre mental, dans notre perception, dans de fausses transformations de ce que nous percevons. Je ne vais pas prendre le temps d’expliquer ces douze étapes. Ils sont très bien expliqués dans de nombreux textes Bouddhistes. Vous pouvez les étudier, et je le recommande; ils sont très utiles. Ils sont particulièrement utiles si vous méditez car ils soulignent des interactions très subtiles qui se produisent en nous psychologiquement et que lorsque vous en prenez conscience, cela donne un outil pour couper à travers le cycle. Aujourd’hui, je veux me concentrer sur un. Réellement, c’est le fondement du cycle.

Ignorance

Nous avons expliqué que ces trois animaux représentent le désir et l’aversion, ainsi que la dynamique qui se produit entre eux. Ils ne peuvent vraiment fonctionner que grâce au premier, qui est l’ignorance. Si vous pouvez couper l’ignorance, vous pouvez couper le mouvement de la roue entière.

Le premier nidāna sur les versions Tibétaines de ces graphiques est représenté comme un aveugle. Donc, ce graphique vous montre une peinture de cet aveugle. Cet aveugle nous représente, psychologiquement, comment nous sommes en tant que conscience, trébuchant dans nos vies sans aucune conscience de la réalité, ne voyant pas la vérité, ne voyant pas les étapes devant nous, mais au contraire, complètement et entièrement distraits par une perception erronée de tout.

En Sanskrit, ignorance est avidya. En Tibétain, marigpa. En Grec, agnoia (ἄγνοια). Tout cela signifie la même chose: « ne pas connaître ». Ce n’est pas une connaissance des livres, une connaissance de la philosophie, une connaissance d’une religion. C’est un « ne pas connaître » à travers la perception. Ce n’est pas voir et ne pas connaître.

Vous voyez, cela doit être compris comme ça parce que la plupart d’entre nous ont étudié la religion ou la philosophie d’une manière ou d’une autre. La plupart d’entre nous ont une certaine idée de ce qu’est l’éthique. Je ne parle pas de moralité, je veux dire éthique. Néanmoins, même en ayant ces concepts ou croyances, nous ne les connaissons pas parce que nous les contredisons toujours, surtout quand nous sentons que nous gagnerons quelque chose que nous désirons. Un exemple simple est qu’un toxicomane « sait » que sa dépendance est nuisible. On leur a dit, ils l’ont entendu, ils ont même observé dans leur vie à quel point leur dépendance leur fait du mal. Mais ils ne s’arrêtent pas car ils n’ont pas de Gnose de celui-ci. Ils n’ont pas de vraies connaissances. S’ils connaissaient vraiment, ils ne toucheraient jamais à cette dépendance; ils ne seront même pas tentés. Il n’y aura aucune tentation du tout. Aucun désir, aucune envie, aucune curiosité. Donc, si nous parlons d’alcool, par exemple, ou de cigarettes, un toxicomane peut savoir qu’il est nocif et peut traverser un terrible conflit mental à ce sujet (ou pas), mais néanmoins succomber à l’envie et la justifier de nombreuses manières différentes à eux-mêmes et aux autres. Quelqu’un qui a connaissance (connaissance consciente) des dommages causés par la dépendance n’aura même pas d’atome d’attraction pour cet élément, la cigarette ou la boisson. Ils n’y auront aucun intérêt. Cette cigarette ou cette boisson pourrait être simplement un morceau de papier ou une pierre. Cela n’aurait aucun sens.

C’est important parce que nous sommes tous addicts, et pas seulement des substances extérieures au corps. Nous sommes addicts de nos habitudes, psychologiquement. Nous sommes tous addicts de la fierté, chacun de nous à sa manière. Nous sommes addicts à nous sentir mieux que les autres. Nous sommes addicts aux louanges. Certains d’entre nous sont addicts à être blâmés, maudits et rejetés. Certains d’entre nous sont addicts à se sentir comme un paria ou à se sentir comme un martyr, tandis que d’autres sont addicts de se sentir comme un héros. Certains sont addicts à se sentir exclus, certains à être inclus. Certains sont addicts à être ignorés, et certains sont addicts à attirer l’attention. Nous devons trouver nos addictions psychologiques. Nous sommes addicts à l’orgueil, à la luxure, à l’envie, à la gourmandise, à l’avidité, à la paresse.

C’est pourquoi nous souffrons. C’est pourquoi nous sommes dans un état d’ignorance. Nous avons notre conscience tellement embouteillée et conditionnée; nous n’avons aucune connaissance de quoi que ce soit en dehors des addictions. Nous sommes constamment pris dans un flot de pensées néfastes, de facteurs répétitifs, cycliques et psychologiques. S’inquiéter, s’interroger, se souvenir, imaginer, désirer, éviter. Jamais ici et maintenant, simplement être. Nous essayons toujours de modifier notre environnement extérieur afin de satisfaire une envie intérieure insatiable, et nous ne réussirons jamais. Nous n’avons jamais, nous ne le ferons jamais. Nous devons couper le cycle. Nous le coupons en étant ici et maintenant en acquérant des connaissances, en renonçant au mental, aux désirs, aux pensées, aux sentiments.

Dans l’un des Tantras, il est dit:

« L’ignorance donne naissance à une forme extérieure. Purgé de l’ignorance, le Samsara devient le Nirvana. » – Hevajra-Tantra

C’est une déclaration très puissante et mérite d’être réfléchie. « L’ignorance donne naissance à une forme extérieure ». Cela seul est tellement au-delà de notre capacité à comprendre parce que nous sommes si habituels dans notre méthode de perception. Nous ne pouvons même pas concevoir ce que cela signifie. Notre ignorance est si profonde que cela n’a aucun sens. Nous sommes tellement habitués à supposer que ce que nous percevons physiquement est réel. Nous ne comprenons pas vraiment que ce que nous percevons physiquement est une illusion. Une illusion. Nous percevons la vie et pensons qu’elle est réelle. Nous percevons nos pensées, qui sont plus subtiles, et nous pensons qu’elles sont réelles aussi, ainsi que nos émotions et nos sensations dans le corps.

« Le reflet de la forme dans un miroir est une image sans substance. […] La perception des phénomènes extérieurs en tant que réalité est causée par diverses pensées enracinées dans le résidu psychique des vies antérieures. C’est le mental transitoire. Il crée toutes les formes. Ce qui semble être une réalité extérieure est en fait inexistante [comme les images dans un miroir]. Le soi apparent dans le corps qui expérimente les sens n’est que le mental… » – Lankavatara-sutra

Nous ignorons les deux vérités. Nous ne nous souvenons pas que la forme est la vacuité et la vacuité est la forme. C’est l’essentiel pour nous de la Prajnaparamita, l’Écriture qui explique la nature de l’Absolu.

« Shariputra, tout noble fils ou noble fille qui souhaite ainsi s’engager dans la pratique de la profonde perfection de la sagesse devrait clairement voir de cette façon: ils devraient voir parfaitement que même les cinq agrégats sont vides d’existence intrinsèque. La forme est vacuité, la vacuité est forme; la vacuité n’est pas autre que la forme, la forme n’est pas autre que la vacuité. De même, les sentiments, les perceptions, les formations mentales et la conscience sont tous vides. Par conséquent, Shariputra, tous les phénomènes sont vacuité; ils n’ont pas de caractéristiques déterminantes; ils ne sont pas nés, ils ne cessent pas; ils ne sont pas souillés, ils ne sont pas sans souillure; ils ne sont pas déficients et ils ne sont pas complets. » – Prajnaparamita Sutra

Prajnaparamita représentée sous forme symbolique

Forme et vacuité, ce sont les deux vérités, qui sont réellement une seule vérité. Quand nous comprenons cela, quand nous la percevons, quand nous la voyons, quand nous l’expérimentons; c’est le Nirvana. C’est la perception de la réalité. C’est couper à travers le cycle, l’habitude, les tendances. Cette structure de la Roue du Devenir illustre comment la forme et la vacuité interagissent, que tout ce qui devient est en soi vide.

Interdépendance

Ainsi, une manière de présenter cet enseignement, et une manière dont il est souvent enseigné (une manière très utile), est de comprendre que l’enseignement des douze nidānas est également appelé origine dépendante. Un terme plus simple est, simplement, l’interdépendance. Cet enseignement explique essentiellement: quelle est la cause de tout? Quelle est la source ou l’origine de tout? Où se trouve-t-elle? Nous supposons tous que cette question est adressée à la matière physique: d’où viennent les roches? D’où viennent les plantes, les animaux, tout le reste? C’est aussi ainsi que nous lisons la Bible. Nous pensons que « Dieu a tout créé en six jours et il s’est reposé le septième jour et c’est tout. » Cette interprétation littérale est absurde. Ce que la Genèse explique, c’est l’origine de l’existence, l’origine de nous-mêmes, l’origine de ce que nous voyons, de ce que nous expérimentons, mais l’écriture n’est pas littérale, elle est symbolique.

Comprendre les deux vérités, c’est comprendre que tout dans la vérité relative est interdépendant. J’ai expliqué que la vérité ultime est l’Absolu. C’est plus qu’un vide ou un espace, c’est la connaissance, c’est la Gnose, c’est la sagesse, c’est l’origine et la racine du Divin. C’est altruiste. Tout ce qui émerge ou qui existe est venu de là. Donc tout ce qui existe n’existe qu’à cause de cela. De plus, tout ce qui existe en dehors de cela est impermanent, ne peut être invoqué, se décomposera, passera.

Alors, regardons cela en termes de nous-mêmes, pour comprendre comment cela nous affecte pratiquement, en termes de souffrance, en termes de nos vies. Qu’est-ce que ça veut dire? Cela signifie se regarder. Regardez comment vous percevez, ce que vous vivez, ce que vous voyez, ce que vous ressentez. Dans tout ce qui vous est perceptible, pouvez-vous trouver quelque chose de permanent? Tout ce qui est indépendant? Quelque chose qui ne repose pas sur autre chose?

Eh bien, nous supposons que notre corps est réel et qu’il dure et qu’il est permanent, mais nous nous trompons. Le corps est impermanent; tout y est peu fiable, incertain.

Et la personnalité? Parce que nous croyons tous que nous sommes telle ou telle personne avec ce nom, cette expérience, ces goûts et ces connaissances, et nous sommes vraiment doués pour ces choses et nous pouvons vraiment aider les gens avec ceci et cela, et nous avons beaucoup de confiance dans quelque chose qui est une illusion, quelque chose que nous jetterons au moment où le corps sera mort. Ce nom et ce visage auxquels nous sommes attachés ne sont que l’un des milliers que nous avons eu, mais nous ne nous en souvenons pas. Nous sommes dans un état d’ignorance totale sur qui nous sommes vraiment. La personnalité que nous avons, le nom que nous avons, dépend de causes et de conditions particulières de notre vie qui ont depuis changé, ont disparu. Tout ce qui a créé cette personnalité n’est plus là tel qu’il était, et la personnalité elle-même a changé continuellement, et elle mourra.

Alors, qui est cette personne que nous pensons être? Qu’en est-il de toutes ces pensées et sentiments que nous pensons être notre identité? Que leur est-il arrivé? Sont-ils toujours là? Sommes-nous réels? Avons-nous une existence fondamentale au-delà de l’hypothèse que nous sommes réels? Nous pensons que nos pensées sont réelles, mais nous ne savons pas d’où elles viennent ni où elles vont. Nous pensons que notre pensée est notre identité, mais nous ne pouvons même pas contrôler notre pensée, et nous pensons que nos émotions sont notre identité, notre réalité, mais nous ne pouvons pas non plus contrôler nos émotions.

De plus, nos pensées et nos sentiments, même si nous ne pouvons pas les contrôler nous-mêmes, quelqu’un en dehors de nous peut les contrôler très facilement. Nous sommes très faciles à manipuler. Vous ne me croyez pas? Vous vous souvenez quand vous faisiez la queue et que vous avez commandé quelque chose et que la personne ne l’apportait pas depuis longtemps et que vous deveniez vraiment bouleversé? C’est la faiblesse: l’impatience, la colère, l’orgueil. Même un enfant peut vous mettre en colère, peut vous manipuler pour obtenir ce qu’il veut. Il connaît vos boutons. Il sait que tout ce qu’il a à faire est de pleurer et de faire beaucoup de bruit, et vous ferez tout pour que cela s’arrête. Vous lui donnerez les clés de la voiture même s’il n’a que 5 ans… « Tais-toi! » Voilà à quel point nous sommes faciles à manipuler.

De plus, toute publicité que nous voyons, toute émission télévisée que nous voyons, est une influence subtile mais très puissante qui nous amène à modifier notre comportement à tout moment.

Qu’en est-il de cette soi-disant « individualité » que nous adorons aujourd’hui? Nous pensons tous que nous avons notre propre style, notre propre saveur et nos propres façons de faire. Nous pensons que nous sommes distincts et individuels et nous nous démarquons de la foule, alors qu’en fait chaque détail sur nous-mêmes nous l’avons pris à quelqu’un d’autre. Tout. Ceux qui pensent s’habiller différemment ont juste copié quelqu’un d’autre. De plus, leur désir d’être différent dépend de la personne à laquelle ils se comparent. Ils ne sont donc pas indépendants. Ils dépendent de celui qu’ils ne veulent pas être.

Voyez-vous l’interdépendance? Et ce sont des exemples vraiment superficiels. Nous ne cherchons même pas encore dans les profondeurs du mental. Ceux-ci sont juste liés à Malkuth, la peau de l’oignon.

Nous ne sommes pas libres. Nous avons cette illusion d’individualité en pensant: « Je suis moi-même. Je n’ai besoin de personne. Je suis mon propre homme ou ma propre femme. Je vais suivre mon propre chemin. » C’est un état profond d’ignorance. Pas un seul être sur cette planète n’est indépendant, et si vous voulez le prouver, ne dépendez de personne d’autre pour quoi que ce soit. Vous devrez élever et grandir et fabriquer votre propre nourriture, vos propres vêtements, votre propre eau. Vous n’aurez pas d’électricité. Vous n’aurez pas d’iPhone. Vous n’aurez pas de voiture. Vous n’aurez pas de chaussures, à moins que vous ne les fabriquiez. Vous pouvez vivre de cette façon si vous le souhaitez, mais cela ne vous plaira pas. Ce sera très difficile. Donc: l’indépendance est une illusion.

Tout en nous dépend de tout le monde et dépend de la nature de notre expérience dans le monde. Nous sommes très vulnérables et très stupides. Une différence de l’ordre du micron dans la constitution chimique de notre atmosphère entraînerait la mort de nous tous, ou la composition chimique de l’approvisionnement en eau, ou la position de la planète par rapport au soleil ou à la lune. Nous serions morts, nous ne serions pas ici. Il y a un équilibre si délicat dans tout. Cela est particulièrement vrai en relation avec notre propre psyché.

Toutes ces choses sont importantes, et je vous les présente pour que vous commenciez à cultiver ce sentiment de doute de soi, ou de scepticisme à propos de votre mental et de votre perception.

La manière de marcher dans la Gnose est de remettre en question ce que vous percevez, de ne pas y croire, de le couper, d’être éveillé, d’être conscient. Développer des connaissances réelles, c’est voir la réalité, pas faire des suppositions. Ne pas croire ou mécroire, mais voir, regarder, être. N’essayant plus de tout changer de l’extérieur, essayant plutôt de changer notre perception parce que cette simple action singulière brise toute la Roue du Devenir.

Vous voyez, la libération ne s’acquiert pas en faisant de grands efforts extérieurs. Elle est en fait acquise en étant complètement sans effort, mais en étant éveillé. Il ne nécessite aucun effort pour être libéré. Ce qu’il faut, c’est la connaissance, la perception.

C’est pourquoi il est dit:

« Il n’y a pas de facilité dans les royaumes du Samsara;

la facilité se trouve dans l’état d’éveil.

« Par l’effort, cet état d’éveil n’est jamais gagné;

il ne s’accomplit pas avec des efforts, mais en se laissant être et en ne luttant jamais. » – Padmasambhava

« Laisser être. »

Observez votre mental. Observez votre corps. Remarquez que de jour en jour, d’instant en instant, combien de tension vous avez physiquement. Pourquoi? Si vous vous observez sincèrement et vous analysez vous-même, vous constaterez que votre tension physique n’est que le reflet de votre tension mentale, de votre tension émotionnelle, et celles-ci proviennent d’un conflit psychologique entre « ce qui est » et « ce que vous voulez ». Laissez-moi vous donner un secret: ils ne correspondront jamais. Ils ne correspondront jamais. C’est une illusion, une carotte qui se balance devant l’âne et qu’elle continue de marcher après, mais qui ne l’attrape jamais. L’âne est trop stupide pour s’en rendre compte et nous aussi. Cette carotte est ce que l’ego met là et ce que la société met là pour nous maintenir en esclavage. C’est la prochaine chose que nous voulons, une chose physique ou psychologique: un titre, une réalisation, un statut, des éloges, une condition qui, selon nous, nous donnera le bonheur. Ils ne le font jamais. Certains disent que c’est l’état d’être un être humain; c’est ne jamais être satisfait. C’est vrai. Être un être à notre niveau, c’est ça: jamais satisfait.

J’ai observé des gens très pauvres et des gens très riches, et tous les écarts. J’ai été partout dans le monde. J’ai rencontré suffisamment de gens maintenant pour avoir le sentiment qu’il n’y a pas de satisfaction à trouver dans les choses physiques ou dans la société, car j’ai vu les plus riches qui sont beaucoup plus insatisfaits que les pauvres. J’ai observé un homme, très riche, avec le pouvoir dans le monde, s’asseoir à une table dans un restaurant cher et commander six entrées parce qu’il s’ennuyait avec la nourriture. Ce coût de ce repas aurait pu nourrir une famille entière dans un autre endroit pendant plusieurs mois. Il a dépensé des centaines et des centaines de dollars juste pour goûter chacune d’elles et voir si l’une d’entre elles l’intéressait. Ils n’étaient pas. Il n’a rien mangé. Il goûta chacune d’elles et s’en alla, la gaspilla, parce que son envie ne pouvait jamais être satisfaite. Cet homme n’a trouvé aucune facilité dans le Samsara. Avec toute sa puissance et sa richesse, il n’a rien trouvé.

La facilité se trouve dans l’état d’éveil.

« Par l’effort, cet état d’éveil n’est jamais gagné;

il ne s’accomplit pas avec des efforts, mais en se laissant être et en ne luttant jamais. »

Cela doit être bien compris. Cela ne veut pas dire que vous devriez devenir comme un journal qui s’assied et ne fait rien. Cela signifie que votre attention doit être calme, attentive, ne jamais saisir, avoir envie ou éviter. N’essayant jamais de modifier ce qui est perçu, mais seulement de le percevoir avec perfection, de le voir avec précision, de le voir clairement. Cela ne peut être fait que si nous ne sommes pas dans un état d’envie ou d’aversion, et si nous nous débarrassons de notre ignorance fondamentale, de notre perception.

En d’autres termes, nous avons besoin d’une vue juste, d’une manière de voir de l’intérieur qui soit très expansive, qui n’essaie pas de modifier notre perception, mais juste de voir. Cela ne veut pas dire que nous devrions être inactifs. Bien au contraire! Une fois que vous voyez ce qui se passe réellement, vous devrez être très actif. Si quelqu’un est blessé, aidez-le. Si vous avez un travail à faire, faites votre travail. Si vous avez des responsabilités, prenez-en soin. Soyez une bonne personne. Imitez ceux que vous aimeriez devenir, comme les grands maîtres. Servez l’humanité. Étudiez les enseignements. Soyez sincères. Soyez honnêtes. Saturez-vous des beautés des enseignements auxquels nous avons accès. Éloignez-vous de tout ce qui est négatif et nuisible.

Tout cela demande des efforts. Pratiquer demande des efforts. Servir l’humanité demande un effort énorme, mais s’éveiller est sans effort. S’éveiller, c’est laisser être et ne pas lutter. C’est être ici et maintenant, détendu, en observant toujours. Soyez ici et maintenant, détendu.

La façon de voir si vous réussissez dans ce domaine est si vous avez déjà remarqué ou observé en vous-même une tension – tension physique, tension émotionnelle, tension mentale. Cette tension révèle un conflit entre un désir et la vérité, relative ou absolue. Nous avons des tensions parce que nous voulons que les choses soient différentes. Soit nous ne voulons pas quelque chose que nous avons, soit nous voulons quelque chose que nous n’avons pas, et comme c’est ainsi, nous ne sommes pas heureux, nous ne sommes pas satisfaits. Nous avons des tensions. Nous sommes ignorants. Nous sommes endormis.

L’état d’éveil est acquis par l’acceptation. Ce terme, acceptation, implique une absence de fierté, une absence de désir, d’accepter simplement.

Il y a beaucoup de choses que vous ne pouvez pas changer. Vous ne pouvez pas changer les autres, alors pourquoi en parlez-vous mal? Pourquoi cherchons-nous toujours les défauts des autres? Pourquoi nous plaignons-nous toujours de tout? Les plaintes ne servent à rien. Ils ne répandent que la négativité. Nos commérages ne servent à rien. Cela ne fait que nuire. Au lieu de cela, nous devrions accepter, et là où nous voyons des endroits pour faire un changement, faisons le avec vertu, humilité, diligence, pour le bien des autres, pas pour nous-mêmes.

Aversion

Le passage suivant de cette Écriture déclare:

« Par aversion, le Samsara n’est pas laissé pour compte; Il se libère en lui-même en se laissant être. »

L’aversion est la tendance psychologique à essayer de se distancier des choses que nous ne voulons pas. Par exemple, dans ces types d’enseignements, nous expliquons l’enfer, mais personne n’aime entendre cela. Donc, souvent, quand les conférences arrivent sur l’enfer, les gens arrêtent de venir. Ou un livre sort sur l’enfer et: « Ouais… je le lirai plus tard. Je ne veux vraiment pas savoir à ce sujet. Cela ne s’appliquera pas à moi parce que, bien sûr, je vais au paradis.

L’aversion est cependant plus subtile que cela. Lorsque nous avons affaire à une personne qui contredit notre désir ou notre sens de soi, nous préférons les éviter. La vérité est que la situation est une grande opportunité pour nous de surmonter notre fierté, mais il faut du courage et beaucoup de conscience pour ne pas éviter, mais plutôt pour faire face à la réalité, prendre soin de nos responsabilités, l’accepter pour ce qu’elle est, et apprendre.

Ainsi, un excellent antidote que vous pouvez appliquer à tout est d’apprendre à élargir votre point de vue, à être ici et maintenant, à être perspicace de toutes choses, et à vous souvenir que tous les êtres ont la même divinité à l’intérieur que nous. Aucune différence. Cette personne que vous voulez éviter a aussi la divinité à l’intérieur. Pourquoi voudriez-vous éviter cela? Est-ce parce qu’ils vous donnent un peu d’inconfort? Pourquoi avez-vous de l’inconfort? Est-ce à cause de l’orgueil, du ressentiment, de la colère ou de l’envie? C’est souvent le cas. La personne avec qui nous ne voulons pas être, en fait, nous ne voulons pas être avec elle parce que nous sommes envieuses ou irritées envers elle. Nous ne voulons pas faire face à nos sentiments ou à nos émotions, nous préférons l’éviter.

« Une règle Gnostique générale dans le travail ésotérique Gnostique est que lorsque nous avons un point de discorde avec une autre personne, nous pouvons être certains que c’est la chose même contre laquelle nous devons travailler en nous-mêmes. Tout ce que nous critiquons tant chez les autres est quelque chose qui se situe du côté obscur de nous-mêmes, et que nous ne savons ni ne voulons reconnaître. » – Samael Aun Weor, La Grande Rébellion

Ainsi, nous sommes pris dans un comportement cyclique. Nous sommes dans le Samsara – et comment se libérer de lui? Acceptez-le. L’acceptation ne vient pas du désir, de l’évitement ou de l’ignorance. Cela passe par la connaissance. Le voir pour ce qu’il est, l’accepter pour ce qu’il est. Comprendre. Avec l’acceptation, nous cessons d’essayer de changer les phénomènes externes, et travaillons plutôt à rester conscients. Cela ne veut pas dire que vous devez l’accepter lorsqu’un crime est commis ou que quelqu’un est blessé, ou simplement accepter que vous n’avez pas de nourriture sur votre table – non. Vous devez vous occuper de vos devoirs. Ce que nous entendons par acceptation est quelque chose de psychologique: arrêter le cycle du désir et de l’aversion dans votre mental, qui est enraciné dans une ignorance fondamentale de la vérité.

« Vos tentatives pour guérir vos misères n’ont apporté aucune aise; vous êtes à l’aise en vous laissant être. »

Nos tentatives pour guérir nos misères sont également un processus de l’envie et d’aversion. Toutes les publicités nous disent que si nous avions une certaine voiture, une certaine garde-robe, nous serions très heureux. Ce n’est pas vrai. Je ne présente aucune excuse à tous les constructeurs automobiles, car les publicités sont un mensonge.

Nos tentatives pour guérir nos misères passent par tout ce que nous faisons, non seulement toute la journée, mais toute la nuit dans nos rêves. L’état d’ignorance dans lequel nous souffrons est si profond et si conditionné que nous ne réalisons pas que nous essayons constamment de surmonter la misère par des choses extérieures.

C’est l’état fondamental de l’ignorance qui ne se résoudra jamais si nous ne le comprenons pas, à moins que nous ne « laissions être vaguement ».

Pour cela, il faut arrêter de faire des efforts sur des choses frivoles, des activités frivoles, et plutôt consacrer du temps et de l’énergie à des actions qui profitent à nous-mêmes et à l’humanité. Une personne peut faire une différence incroyable, simplement en faisant cela.

« Vous ne trouvez pas de bonheur dans le désir; seulement quand vous avez abandonné l’envie. »

Je vous recommande d’analyser cela dans votre vie. Maintenant, le mental dit naturellement: « Eh bien… j’ai envie de manger cette nourriture que j’aime vraiment et je suis plutôt satisfait quand je la mange. Donc, je ne suis pas sûr que cette partie de l’Écriture soit correcte. Eh bien, relativement parlant, cela pourrait être vrai, mais qu’en est-il de demain? Qu’en est-il de la semaine prochaine, lorsque cette envie est à nouveau présente et que vous répétez le cycle? Ainsi, ce bonheur que vous avez trouvé était conditionnel, dépendant. Ce n’était ni indépendant, ni permanent. C’est très insignifiant et de courte durée.

Ceux qui sont addicts au profit se sentent très heureux lorsqu’ils réalisent un gros profit, se sentent très fiers, très satisfaits… jusqu’au lendemain où quelqu’un d’autre en aura encore plus. L’envie émerge et leur fierté est blessée et maintenant ils doivent sortir et obtenir encore plus de profit. Ou bien, les profits commencent à baisser et la personne ressent de la peur, de l’anxiété, du désespoir… Même lorsque les profits augmentent, la personne ressent de l’attachement, de la possessivité, de l’orgueil, du ressentiment envers les autres, de la jalousie et, bien sûr, le désir d’encore plus de profit. Le mental animal n’est jamais satisfait. Jamais content. Jamais à l’aise. Jamais éveillé.

Les êtres qui sont soumis à ces conditions – ignorance, désir et aversion – se répètent constamment, non seulement de jour en jour mais de vie en vie, d’aéon en aéon… souffrant, répétant, jamais libre.

Tantra: Continuum

Ainsi, le Dalaï Lama a expliqué que:

« Samsara – notre existence conditionnée dans le cycle perpétuel des tendances habituelles – et Nirvana, véritable liberté face à une telle existence, ne sont que des manifestations différentes d’un continuum de base. Donc, cette continuité de conscience est toujours présente. Telle est la signification du Tantra. » – 14e Dalaï Lama

Certains d’entre vous pourraient être surpris d’entendre que c’est le sens du Tantra, car beaucoup de gens espiègles et très insensés ont confondu l’humanité et présenté le Tantra comme une indulgence sexuelle, et les gens qui font cela sont des démons. Ils sont complètement séparés de la réalité. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est le Tantra. Ce sont des magiciens noirs, des démons, qui trompent intentionnellement ou non l’humanité et provoquent d’énormes souffrances. Ils commettent un crime très, très grave contre l’humanité.

Le mot Tantra signifie littéralement « flux, continuum, fil ». Quelque chose qui bouge.

Samsara et Nirvana sont des conditions de mouvement. Bhavachakra illustre ce mouvement. Un Bhavachakra peut être une condition du Samsara ou une condition du Nirvana. La différence est, simplement, notre état d’être. C’est la seule différence. C’est pourquoi Padmasambhava a enseigné que la seule différence entre Samsara et Nirvana est l’attention.

« Samsara et Nirvana n’ont pas de différence entre le moment de l’ignorance et celui de la conscience, puisque nous ne sommes pas trompés par la perception mais par la fixation. La libération se produit naturellement lorsque nous reconnaissons que les pensées fixées ne sont que la saisie par le mental de ses propres manifestations vides. » – Padmasambhava, Libération en Voyant avec une Conscience Nue

Le Dalaï Lama a déclaré que Samsara et Nirvana « ne sont rien d’autre que des manifestations différentes du continuum de base. » Ce continuum est le Tantra lui-même, le flux d’énergie en toutes choses. Le Tantra est aussi la science pour réaliser cela, pour comprendre cela, pour expérimenter cela. Vous pouvez donc prendre ce mot « Tantra » et mettre le mot « Gnose ». C’est la même chose: la connaissance, l’expérience, la perception.

Celui qui suit la direction du Tantra blanc utilise la sainteté, la charité et la chasteté pour exploiter le flux (Tantra) de toutes choses et transformer toute expérience en un niveau plus élevé d’Être. C’est très difficile, mais c’est le chemin vers la libération complète. Vraiment, c’est un processus d’utilisation de la volonté pour inverser le flux descendant d’énergie dans la nature. Cela est symbolisé dans la vie du Bouddha quand il place le bol de riz de Sujata dans la rivière et qu’il flue vers l’amont.

Le reste du monde permet au flux (Tantra) de la nature mécanique de les abattre, plus profondément dans l’esclavage des cercles mécaniques (Samsara). Certains accélèrent ce flux (Tantra) en exploitant le flux (Tantra) du désir, en l’amplifiant, en s’y livrant, afin de se déplacer plus rapidement vers le bas. C’est très facile et conduit à avoir des pouvoirs, mais aussi plus de karma. Nous n’enseignons pas cette méthode ici. Nous suivons les conseils des Bouddhas, qui nous encouragent à nager à contre-courant.

Le Dalaï Lama continue:

« Selon la pratique Bouddhiste, il y a trois pas ou étapes. La première étape consiste à réduire l’attachement à la vie. La deuxième étape est l’élimination du désir et de l’attachement à ce Samsara. Ensuite, dans la troisième étape, l’auto-préoccupation est éliminée.” – 14e Dalaï Lama

Ces trois étapes sont des visages différents de la même chose. Le chemin que le Bouddha a enseigné, il a expliqué tout simplement… quelqu’un lui a demandé: « Qu’enseignez-vous? » Il a dit: « J’enseigne la souffrance et comment y mettre fin. » Ces trois étapes sont donc celles-ci: la compréhension de la souffrance et comment y mettre fin.

« La première étape est de réduire l’attachement à la vie. » Certaines personnes qui ne comprennent pas ce type de philosophie sont offensées par cette affirmation ou pensent que cela signifie qu’il faut aller vivre dans une caverne et ignorer l’humanité et la souffrance et se séparer de tout. Ce n’est pas le sens. C’est en fait tout le contraire. Cet attachement est ce désir des trois poisons. L’attachement est saisissant. C’est une forme d’ignorance, et par « vie », on entend ici l’état d’être trompé: matérialisme, personnalité, ego. Réduire l’attachement à l’illusion.

Ce n’est que lorsque vous commencez vraiment à comprendre à travers votre propre perception ce qu’est votre vie et que vous pouvez commencer à comprendre la façon dont vous avez vécu la vie, ce qui est vraiment un moyen d’attachement profond à de nombreux facteurs impermanents. Ensuite, vous commencez à réaliser: « Eh bien, attendez une minute… pourquoi devrais-je m’attacher à toutes ces choses qui sont impermanentes et peu fiables? Quand je mourrai, je n’en prendrai rien. Aucun de ces gens qui me louent n’ira avec moi quand je serai mort, et aucun de ceux qui me haïssent ne sera là quand je serai mort… aucun de mes biens, aucun de mes livres, rien. Pourquoi être attaché? » Mieux vaut être à l’aise. Observateur. Cognisant. Éveillé. Actif dans la vie. Assumer nos responsabilités. Servir les autres. Respecter l’éthique qui est nécessaire pour être libéré de la souffrance, mais à l’intérieur, avoir la bonne vue. Comprendre l’interdépendance. Comprendre l’impermanence. Être attaché, c’est être insensé, car c’est la réalité que rien ne dure.

« La première étape est de réduire l’attachement à la vie. » C’est difficile, et ce n’est que la première étape. Par exemple, si vous avez des enfants, à quel point est-il difficile de ne pas être attaché à vos enfants? Si vous êtes marié, à quel point est-il difficile d’être détaché de votre épouse, mais toujours aimant et responsable? Ne pas être attaché, ne pas saisir, ne pas contrôler, mais au contraire avoir l’acceptance. Être à l’aise. Et votre travail? Avec vos revenus? Il est très difficile de ne pas être attaché à des choses dans lesquelles vous vous sentez investi émotionnellement ou mentalement, précisément parce que vous avez tellement d’attachement. C’est pourquoi lorsque ces choses vous sont enlevées, vous souffrez. Quand votre enfant meurt, quand votre épouse part, quand vous êtes licencié, quand l’IRS ou le gouvernement vient et prend tous vos biens, vous traversez de terribles souffrances. Pourquoi? Pas à cause des choses ou des personnes extérieures à vous, mais à cause de votre attachement à elles. La souffrance vient de l’intérieur.

Si vous aviez la Gnose, la conscience, ce point de vue d’être à l’aise, l’acceptation, quand l’épouse mourra vous ressentirez de la douleur, sans doute, mais vous ne serez pas dans un état de misère extrême car il n’y aurait pas d’attachement. Il y aurait de la compréhension. Vous le comprendrez. Vous ne souffrirez pas de la même manière, mais expérimenterez un état d’être plus élevé que celui qui est attaché.

Cette première étape est très difficile, surtout pour nous parce que nous vivons dans le monde, dans la société, qui à chaque instant encourage l’attachement, nous martèle avec l’influence à s’attacher – à s’attacher à certaines politiques, à certaines modes, à certaines musiques, certains types de langues, certaines activités. La société conduit cette maison tout le temps… pour vous attacher, pour être conditionnés par tout ce qu’ils vous vendent. C’est une illusion dans laquelle nous nous dissimulons volontiers.

Mais quelqu’un qui pratique vraiment sérieusement, continuellement d’instant en instant, en méditation pour réduire l’attachement, à l’extérieur et à l’intérieur, peut alors passer à la deuxième étape, qui est l’élimination du désir.

« La deuxième étape est l’élimination du désir et de l’attachement à ce Samsara. » C’est donc plus profond. Même si vous éliminez l’attachement à quelque chose, vous aurez toujours les racines de cet attachement à l’intérieur. Par « désir », on entend ici le désir et l’aversion. L’aversion est un désir. Nous voulons éviter d’être gênés. C’est un désir de l’ego, de l’orgueil.

« Dans la troisième étape, l’auto-préoccupation est éliminée. » C’est, bien entendu, le plus difficile. L’auto-préoccupation n’est pas seulement la pensée: « Je suis une bonne personne, je m’aime… » Je sais que la société encourage beaucoup ce genre de psychologie « aimez-vous ». Ceci est également très nocif. C’est une façon de justifier nos erreurs et de couvrir les poisons qui nous tuent. Les poisons qui tuent l’humanité sont notre auto-préoccupation. Et quand nous entrons dans cette psychologie pompeuse de « s’aimer soi-même », « s’accepter », « s’encourager », c’est une illusion très, très trompeuse qui approfondit l’ignorance. Nous devons contredire l’ignorance. Nous devons apporter des connaissances.

L’auto-préoccupation est le problème fondamental ici. L’auto-préoccupation est l’ignorance. Nous devons aimer la pureté, la divinité, pas notre mental dégénéré. Cela doit mourir pour que notre pureté puisse être libérée.

Ainsi, dans ces trois étapes, nous voyons les trois poisons: l’ignorance, le désir et l’aversion.

Pour synthétiser cela, apprenez à être présent. Cela ressemble à une chose simple, et je sais que tout le monde l’entend probablement depuis des années, mais la simple vérité est qu’il n’y a qu’une seule différence entre nous tous et le Bouddha, un maître, et c’est une différence simple. Nous ne savons pas qui nous sommes. Un Bouddha connaît la nature de son mental. Un Bouddha voit la réalité, nous ne le voyons pas. Nous avons toutes ces idées fantaisistes et sophistiquées qu’un Bouddha a traversé toutes ces renforcements et initiations et a accompli toutes ces étapes le long du chemin, et tout cela est vrai. Mais, le fait fondamental, la différenciation fondamentale entre nous et un Bouddha est la perception.

« Si on vous demande quelle est la différence entre le mental du Bouddha vraiment parfait et le mental des êtres sensibles des trois royaumes, ce n’est rien d’autre que la différence entre réaliser et ne pas réaliser la nature du mental. » – Padmasambhava, Conseils sur la Façon de Pratiquer les Instructions Profondes

Un Bouddha est éveillé, c’est le sens du mot. Nous ne sommes pas, et nous éveiller exige que nous soyons éveillés, rien d’autre. Être. Être ici et maintenant, voir la vérité. Autrement dit, être dans le Nirvana (cessation), non hypnotisé par le mental qui tourne.

Le Nirvana est un état de conscience. Le Nirvana est un état de libération. Cela commence ici et maintenant, en étant ici et maintenant, éveillé et en nous libérant des cages psychologiques.

Apprenez à vous auto-analyser, à discerner ce que vous percevez. Apprenez à remettre en question. Nous parlons dans cette tradition de Rappel de Soi et d’Auto-observation. Nous parlons d’un exercice appelé SOL, que j’ai expliqué plus tôt dans cette conférence. Sujet, Objet et Lieu. Ce sont de bons exercices et des enseignements importants. Mais ils se résument vraiment à une chose très simple: être ici et maintenant. Remettez en question ce que vous voyez. Ne présumez pas et tendez la main. Élargissez votre conscience.

Je l’exprime ainsi parce qu’il y a d’énormes forces qui pèsent sur nous. Pour vraiment s’éveiller, il faut que cet éveil soit persistant, qu’il soit soutenu et que vous vous frayiez un espace dans votre psyché où cette présence est cultivée et dynamisée.

C’est pourquoi nous enseignons tant de pratiques et de techniques, et nous enseignons la transmutation de l’énergie. Nous enseignons comment travailler avec la matière et l’énergie, en tant qu’individu, en tant que couple. Nous enseignons le Tantra, comment travailler avec le continuum de forces qui circulent à travers nous, pour exploiter ces forces et les diriger pour le bien, pour notre développement et pour le bénéfice des autres. Ce n’est pas conceptuel. L’Auto-observation, le Rappel de Soi, être ici et maintenant, n’est pas conceptuel. C’est expérientiel, vous seul pouvez le faire. En d’autres termes, personne ne peut vous éveiller, aucun maître ne peut vous éveiller. Tout le monde prie ses maîtres, les saints, les prophètes: « S’il vous plaît, aidez-moi avec ceci et cela, s’il vous plaît venez, s’il vous plaît, faites ceci et cela. Ils vous aideront, mais ils ne peuvent pas vous éveiller. Vous seul pouvez vous éveiller. Vous seul pouvez devenir un Bouddha grâce à cette conscience d’être ici et maintenant. C’est ainsi que vous coupez le cycle. Être ici et maintenant. Cognisant. Observant les tendances habituelles – physiquement, émotionnellement, intellectuellement. Les couper, apprendre à voir l’interdépendance de tous les phénomènes qui vous ont confondus dans le passé. C’est simple, une chose simple. Pas facile à faire cependant.

Cet effort n’est pas vraiment un effort, et c’est l’autre endroit où les gens sont confus. Cela demande de l’énergie. Donc au début, parce que nous n’avons pas d’énergie, nous avons gaspillé notre énergie, et nous l’avons jetée pour des choses frivoles, nous sommes maintenant vidés de notre vitalité. Alors quand on commence ça, on n’est pas vraiment capable de le maintenir, donc ça a l’air fatiguant et on oublie. En ce sens, on peut dire que cela demande des efforts. Nous devons nous rappeler, nous devons épargner de l’énergie, nous devons faire des pratiques pour accumuler et transformer l’énergie – cela demande des efforts. Mais être éveillé ne l’est pas. Si vous avez un chat ou un bébé, ou différents types d’animaux et que vous les avez observés, vous pouvez voir qu’ils sont éveillés. Ils ne font aucun effort. Un Bouddha est éveillé et ne fait aucun effort, il est juste éveillé. Être éveillé, c’est voir et être conscient de voir. Mais ne laissez pas cela devenir quelque chose de mécanique où vous développez certaines habitudes que vous appelez l’Auto-observation, et laissez-moi vous dire que chaque étudiant tombe dedans. Surveillez-le. Surveillez comment, lorsque vous essayez d’assumer ces enseignements et de les mettre en pratique, vous commencez tout juste à cultiver de nouvelles habitudes, des habitudes que vous appelez l’Auto-observation ou la présence ou la vigilance. Ce ne sont pas de la vraie présence ou de la vigilance.

Être vraiment éveillé, c’est voir comme si vous n’aviez jamais vu. C’est n’avoir aucune projection, aucune interprétation, aucun étiquetage.

« Le maître Padmasambhava, dont la réalisation est égale au Samantabhadra vraiment et complètement éveillé, qui possédait dans son mental tous les enseignements sur la vue et la méditation et ne s’est jamais écarté du vrai sens, a été interrogé par Madame Tsogyal de Kharchen, sur tous les points clés pour résoudre la réalisation de la descente avec la vue d’en haut.

« La Dame de Kharchen a demandé au Maître du Lotus: D’où tout ce qui apparaît et existe, les phénomènes du Samsara et du Nirvana, proviennent-ils d’abord?

« Le maître répondit: Tout ce qui apparaît et existe, les phénomènes du Samsara et du Nirvana, proviennent des tendances habituelles solidifiées de l’étiquetage. Il existe trois types d’étiquettes: les étiquettes mentales, les étiquettes cognitives et les étiquettes verbalisées. Les étiquettes mentales font bouger les pensées; les étiquettes cognitives construisent des tendances habituelles; et les étiquettes verbalisées manifestent les objets multiples. Il vaudrait donc mieux que vous arrêtiez d’étiqueter. » – Descendant avec la Vue d’en Haut

Padmasambhava a expliqué que l’ignorance est caractérisée par la tendance à étiqueter. Par cela, il a expliqué que tout ce que nous percevons, nous le conceptualisons. Nous l’étiquetons. Nous ne le voyons pas pour ce qu’il est, nous voyons notre étiquette. Nous voyons une personne et nous prenons immédiatement cette perception et l’interprétons et mettons un tas d’étiquettes sur cette perception, et nous pensons avoir vu la personne, mais en réalité, nous n’avons vu que la projection de notre mental, pas la personne.

Quelqu’un a-t-il vécu cette expérience où vous avez rencontré une personne, fait toutes ces suppositions à son sujet, et un peu plus tard, vous découvrez que vous aviez complètement tort? J’espère que vous avez vécu cette expérience; c’est une question importante. Nous faisons tous cela tout le temps. Nous jugeons les apparences et nous supposons que les apparences sont vraies, mais elles ne le sont pas. Ce sont des illusions.

Tout ce que nous percevons à ce niveau d’existence est une illusion. Nous ne voyons pas la vérité ultime, nous ne voyons qu’une vérité relative. Nous voyons une vérité de choses qui sont interdépendantes, impermanentes et peu fiables. Nous devons apprendre à voir au-delà de cela, apprendre à voir que ce que nous voyons n’est ni réel, ni vrai.

Certaines écritures disent: « Nous devons voir la vie comme un rêve. » Ensuite, lorsque nous commençons à voir la vie comme s’il s’agissait d’un rêve, nous pouvons alors commencer à voir la réalité pousser à travers le rêve. Mais cela n’arrive pas parce que nous avons le concept dans notre mental, « Oh la vie est un rêve, j’ai entendu un poème à ce sujet une fois… » Cela ne le fait pas. Nous parlons de la Gnose ici, de la perception, de quelque chose que vous voyez réellement, que vous expérimentez réellement. Si vous n’avez pas réellement, physiquement, à travers votre connaissance, à travers votre perception, vu à travers le voile, alors vous ne voyez pas la vérité. Et cette expérience est possible pour n’importe qui. Ce n’est qu’une question d’éveil.

C’est pourquoi j’ai expliqué comment il y a deux vérités et pourquoi ces vérités sont importantes à comprendre. L’Absolu est à l’intérieur de vous, la réalité est à l’intérieur. Toute personne, à n’importe quel niveau, à n’importe quel endroit, à n’importe quel moment, qui apprend à être éveillée peut voir et expérimenter la nature de l’Absolu. Ici et maintenant, dans le corps physique.

Il n’y a pas de limites à cette perception, sauf celles qui sont auto-imposées. Le problème est que nous ne voulons pas les supprimer. Nous les ignorons. On ne les voit même pas. Nous pensons que ce que nous voyons est réel, nous pensons que la façon dont nous voyons est réelle, nous pensons que le percepteur tel qu’il a perçu est réel, et tout est mensonge. Si cela vous semble abstrait, méditez, car vous en ferez l’expérience.

Quelqu’un qui médite sérieusement, travaille sérieusement avec la tension et l’élargissement de la conscience, aura l’expérience de se rendre compte qu’il n’est pas un individu. Ils découvriront qu’ils sont tout le monde. Ils feront l’expérience de la nature fondamentale du mental, qui est l’Absolu lui-même, qui est désintéressé. Et cette expérience peut être terrifiante parce que nous sommes tellement habitués à être dans la cage de l’ego que l’expérience de ne pas ressentir cette cage ressemble beaucoup au prisonnier qui a été prisonnier toute sa vie, mais quand la porte est ouverte, il ne partiras pas parce qu’il a peur du soleil. La liberté nous terrifie en fait.

La vérité relative, qui est tout ce que nous avons expérimenté et tout ce que nous savons, est un état de souffrance conditionnée.

La vérité Absolue est la liberté totale, et faire l’expérience de cela et connaître cela n’est pas une question de temps, d’effort ou de certaines pratiques. Ce n’est qu’une question d’éveil et de coupure à travers le voile.

Alors, dans votre pratique, travaillez avec votre attention tout le temps. Être ici et maintenant, se détendre, accepter, élargir sa conscience et utiliser son énergie de manière bénéfique. Étudiez les enseignements et cette combinaison de forces vous guidera.

Questions et Réponses

Public : Quelle est la meilleure façon de servir l’humanité?

Instructeur: Il s’agit de trouver comment votre Être doit s’exprimer. Vous devez donc demander à votre Être. Vous devez demander à l’intérieur de vous-même. Vous devez trouver cela à l’intérieur. Personne ne peut vous le dire – aucun instructeur, aucun livre, aucun enseignement. C’est quelque chose que vous seul pouvez résoudre en parcourant les étapes de votre propre chemin.

Au début, lorsque vous ne savez pas ce que c’est et que vous cherchez des moyens de servir, trouvez des moyens dans votre vie, cela n’a pas besoin d’être dramatique, adoptez simplement une nouvelle attitude. Mettez votre situation actuelle au service des autres. Saisissez votre situation actuelle comme une occasion d’aider les autres. Utilisez votre travail, votre famille, vos interactions sociales comme un service pour les autres. Ainsi, au lieu de vivre votre vie pour nourrir votre propre sens de ce que vous voulez, avez besoin et attendez, apprenez à vivre votre vie avec une grande conscience de la souffrance des autres, avec une grande gentillesse. Effectuez chaque action en tenant compte de la souffrance des autres. Sortez de l’équation et vous ferez du service, et vous pourriez être surpris des effets.

Public: Vous avez dit, eh bien, c’était écrit, tout ce qui existe en dehors de l’Absolu se décomposera. Comment y a-t-il quelque chose en dehors de l’Absolu? S’agit-il de toutes les manifestations, même des impuretés d’un certain niveau… [inintelligible]

Instructeur: Oui. L’Écriture dit que tout ce qui est en dehors de l’Absolu se décomposera, et cela est expliqué et c’est compréhensible lorsque vous comprenez les deux vérités. Tout est un avec l’Absolu. La forme est vacuité et vacuité est la forme. Mais tout ce qui s’est manifesté est relatif, ce qui signifie qu’il n’est pas impermanent, ce n’est pas éternel. Tout cela est impermanent. Ainsi donc, le sujet change et se décompose – même les dieux, même les cieux.

Cela doit être compris dans son contexte, car à partir du niveau où nous en sommes actuellement, c’est assez subtil. Au niveau auquel nous sommes actuellement, nous pouvons dire à peu près définitivement qu’absolument tout ce que nous vivons va se détériorer. Alors commençons par là, et plus tard, lorsque nous devenons des dieux, nous pouvons réanalyser cette Écriture et voir si elle tient vraiment.

Public: Y a – t-il un mantra, une rune ou une pratique en particulier pour gagner en force dans la conscience?

Instructeur: Eh bien, à peu près tous, n’importe quel mantra, toute pratique effectuée consciemment vous aidera à acquérir de la force. Pourquoi cela est-il ainsi? Parce que lorsque vous utilisez un muscle, vous le renforcez. Être conscient, être présent, en soi, renforce la capacité d’être présent. De la même manière, être distrait, fantasmer et rêver, renforce sa capacité à fantasmer et à rêver. C’est très simple.

Ce que vous faites se nourrit de lui-même. Si vous vous livrez à des préoccupations concernant votre image et la façon dont les autres vous perçoivent, vous renforcez cette préoccupation. Si, d’un autre côté, vous essayez de voir la réalité de ces circonstances et que vous ne soyez pas influencé par votre souci de votre image, mais que vous vous souciez seulement d’être fidèle à vous-même en termes de votre Être et de faire ce qui est le mieux pour tout le monde, alors vous renforcez naturellement, votre cognisance. Très simple, ce n’est que cause et effet. Ce que vous faites a un effet. En agissant, vous renforcez l’action.

C’est pourquoi dans le Lamrim, les enseignements que Tsongkhapa a donnés, il a expliqué très clairement que les effets de chaque action sont plus forts que l’action elle-même. Cela implique que lorsque vous faites quelque chose, il y a une grande libération d’énergie, une expression d’énergie. Cette énergie est directement liée à l’action elle-même. Donc, nous pouvons regarder un exemple et dire, si vous regardez un enfant qui n’a jamais rien vécu en relation avec la sexualité, mais ensuite ils voient une image de quelque chose de lubrique, quelque chose de pornographique, immédiatement, un tout nouveau domaine de vie s’est ouvert pour le meilleur ou pour le pire, et cette perception renforce le besoin de percevoir davantage de ces types d’images. Donc, si cet enfant continue de regarder ces choses, il renforcera cette tendance et cela deviendra une dépendance.

De même, lorsque vous travaillez pour éveiller la conscience, lorsque vous ressentez vraiment le sentiment d’élargir votre conscience et que vous en ressentez la facilité, la béatitude d’être vraiment éveillé, vous renforcez ainsi la conscience, et vous renforcez votre cognisance de l’enseignement, et vous vous sentirez naturellement enclin à en faire l’expérience à nouveau. Cela nous donne de l’inspiration pour continuer.

Nous travaillons avec de nombreuses techniques et pratiques différentes – mantras, postures runiques, techniques de méditation, prières – et toutes sont importantes, et toutes sont utiles et bonnes, mais elles sont inutiles si nous ne les faisons pas attentivement. Si nous les faisons distraitement, nous perdons notre temps. Nous pouvons dire « Je médite pendant une heure tous les jours », mais si à cette heure-là vous ne faites que penser et penser et penser tout le temps, vous ne méditez pas, vous pensez. Méditer, c’est être attentif et présent, non distrait. Des pensées peuvent venir, ou pas. La simple expérience de la méditation authentique se renforce.

C’est pourquoi je l’explique de cette façon. Vous pouvez utiliser tous les mantras et prières que vous voulez, ils peuvent soutenir votre attention, mais si vous n’avez pas d’attention en premier lieu, ils ne feront rien. Vous devez d’abord être attentif ici et maintenant, puis ces techniques peuvent vous aider. En même temps, cela signifie que vous pouvez vous éveiller sans eux. Être éveillé ne nécessite pas de mantra, ni de technique ni de pratique. Il faut être éveillé. Un mantra ne peut pas vous éveiller si vous dormez volontairement.

Public: Dans une précédente conférence, vous avez dit que les corps solaires dans la tradition Tibétaine sont considérés comme des corps illusoires, donc à un certain niveau, ils sont aussi une illusion.

Instructeur: C’est vrai. La raison pour laquelle ils sont expliqués de cette manière est de s’assurer que les pratiquants comprennent que les deux vérités s’appliquent même lorsque nous vivons des expériences spirituelles, même lorsque nous nous développons à travers les étapes de l’initiation. Avoir un corps astral est important et bon, et nous en avons besoin, tout comme le corps mental et le corps causal – nous en avons besoin pour canaliser les énergies nécessaires pour pulvériser les racines de notre psyché, mais ces corps ne sont pas permanents, ils ne sont pas nous-mêmes, ils sont interdépendants. Ils sont illusoires de la même manière que le corps physique est illusoire, mais l’échelle de temps de ces entités solaires est différente. Atman, Chesed, notre Bouddha intérieur, est également interdépendant. Autrement dit, il dépend de quelque chose d’autre, il n’existe pas indépendamment, il existe à cause de son Bouddha intérieur, et ce Bouddha intérieur n’existe qu’à cause de l’Absolu. Donc tout ce qui est en dehors de l’Absolu est impermanent, interdépendant, illusoire, et c’est pourquoi nous appelons toute la nature qui est représentée dans cette roue, nous appelons cela Maya. C’est le nom de la Mère Divine.Ce nom signifie « pas ça », c’est-à-dire que tout ça, l’espace de la Mère Divine d’où tout émerge de son ventre, tout n’est pas ça, ça vient de ça mais c’est impermanent.

Public: Donc, comme la lettre Hébraïque Hei (ה), nous sommes cela.

Instructeur: C’est la lettre Hei (ה), tout sort et tout revient.

Public: C’est et ça ne l’est pas.

Instructeur: C’est vrai. Ce qu’il est important à comprendre à ce sujet, c’est comment cela s’applique à nous ici et maintenant. C’est une compréhension très importante à développer dès le début. C’est pourquoi il est si mis en valeur dans la philosophie Bouddhiste, et c’est pourquoi je le souligne tellement dans la manière dont nous enseignons ici. De nombreuses personnes dans la tradition Gnostique ne parviennent pas à saisir ce point essentiel. Dès qu’ils ont une certaine expérience d’avoir le corps astral ou d’avoir une expérience avec un certain maître, ils développent une fierté et un attachement énormes et ils pensent que l’expérience est réelle, mais ce n’est pas le cas.

Il y a une très belle histoire expliquée dans l’une des anciennes écritures du Tantra qui raconte comment Padmasambhava s’est développé et s’est éveillé. Dans une étape, il étudiait avec son maître en Inde en pratiquant la technique que je vous ai expliquée aujourd’hui. La technique est une technique du Mahamudra, également appelée Dzogchen. C’est ce qu’on appelle la méthode sans méthode. Vous vous asseyez simplement, vous ne faites rien d’autre que d’observer le mental et d’observer tout et de maintenir cette observance. Cela semble facile, mais c’est la pratique la plus élevée, la technique la plus difficile de toutes. Pour le faire correctement, il faut une formation. Donc, il faisait cet exercice pendant longtemps, et à un certain moment il a eu toutes ces expériences – il voyait les dieux, il voyait les divinités, il se voyait comme un corps arc-en-ciel, toutes ces belles expériences différentes. Il est allé voir son maître et a dit: « J’ai eu toutes ces expériences. Le maître a dit: « Tu te trompe. Regarde combien de fierté cela a soulevé. Regarde à quel point cela a provoqué une envie. Reviens en arrière et médite. » Vous retrouvez la même histoire dans la tradition de Milarepa travaillant avec ses étudiants, en particulier Gampopa, où les étudiants ont toutes ces expériences et pensent « Maître, était-ce une bonne ou une mauvaise expérience? » et le maître dit: « Ce n’était ni bon ni mauvais. Méditez davantage. » Les expériences ne sont que des illusions, des images. Et alors? Nous sommes toujours liés à la souffrance. Les expériences ne changent rien fondamentalement. Mais, on se laisse facilement séduire par elles.

C’est pourquoi nous devons étudier ces types d’enseignements: saisir et comprendre que même si vous avez cultivé et créé les corps solaires, ils ne sont pas les vôtres, ils ne sont pas votre identité, ils appartiennent à Dieu. Nous sommes toujours des insectes, et même si votre Être est un grand maître, vous êtes toujours celui qui l’a trahi – un pécheur, un fornicateur, un adultère. Nous ne sommes rien. Nous ne devons pas être victimes du désir et de l’aversion, de l’illusion. Nous devons couper à travers toutes les apparences, apprendre à être simplement, et dans cet être simple, nous pouvons alors refléter fidèlement l’expression de Dieu et du monde. Mais tant qu’il y a un atome d’orgueil, nous le corrompons. Un simple atome corrompt, et nous en avons beaucoup. Nous devons donc être très, très stricts dans la façon dont nous comprenons ces enseignements.

Public: Pour moi, cela ressemblait à une préparation au Yoga du Rêve… [inintelligible]

Instructeur: Eh bien, en fait, le matériel que j’étudiais pour préparer cette conférence fait partie d’un cycle de Tantras qui sont enseignés dans certaines traditions Bouddhistes Tibétaines, qui sont, en fait, des préparations pour le Yoga du Rêve et au-delà. Dans cette tradition, nous mettons beaucoup l’accent sur l’éveil de la conscience physiquement et dans l’état de rêve. Le problème est qu’à différents moments de ce processus, nous pouvons nous attacher, et c’est pourquoi il est si important de mettre l’accent sur les apparences et de ne pas être trompé par tout ce que nous voyons.

Le but de l’étude du Yoga du Rêve n’est pas que nous puissions être éveillés dans le monde des rêves et nous sentir bien dans notre peau et sentir que nous avons du pouvoir, mais beaucoup de gens le poursuivent de cette manière. Si vous le poursuivez de cette façon, vous pouvez l’accomplir, vous pouvez être éveillé dans le plan astral, vous pouvez avoir des expériences dans le monde astral, éveillé. Mais si vous vous attachez à cela, vous vous adonnez à cela, vous deviendrez un magicien noir, une sorcière, un sorcier, et il y en a beaucoup comme ça. Nous n’enseignons pas cela.

La façon dont nous l’enseignons est d’utiliser cette expérience pour couper les apparences à un niveau plus profond. Même lorsqu’on est éveillé dans le plan astral, c’est encore un niveau d’existence relatif qui est profondément illusoire. Le monde physique est très illusoire, même si nous le percevons comme concret à cause du conditionnement de notre psyché. Si nous commençons à nous éveiller, nous commençons à percevoir que ce monde physique n’est pas réel, et cette expérience est rendue plus vibrante lorsque vous vous éveillez dans le plan astral et que vous vous rendez compte que le monde astral (monde des rêves, cinquième dimension) est beaucoup plus réel que le monde physique; Je me rends compte que cela semble étrange, mais vraiment, c’est beaucoup plus réel; c’est en partie pourquoi nous ne nous éveillons pas en rêvant, car cela semble être si réel. Après avoir vu cela, vous réfléchissez: « Je pensais que le monde physique était réel, mais ce n’est vraiment pas le cas. » Il est très illusoire. Il est très trompeur. Donc, comme ça, à mesure que vous approfondissez les différents niveaux de la psyché, non seulement vous pouvez avoir ces expériences, mais les dangers de devenir attaché et confus sont là, et c’est à cause de la nature de notre psychisme. C’est un défi.

Public: Quel est le rôle des Archontes dans notre illusion d’instant en instant?

Instructeur: Les Archontes, tels qu’exprimés dans les écritures Gnostiques, représentent les forces de la nature, spécifiquement en relation avec la dynamique de cause à effet de la matière et de l’énergie. Ces forces sont actives en nous à cause de notre propre comportement. Donc, si nous voulons surmonter et vaincre les Archontes, nous devons changer notre comportement. Nous devons modifier les causes et les effets.

Public: Que fait-on lorsqu’on s’éveille dans un rêve?

Instructeur: Priez votre divinité sous la forme qui vous plaira. Appelez avec votre cœur et demandez de l’aide et des conseils, et demandez qu’elle vous montre ce que vous avez vraiment besoin de comprendre, ce que vous devez vraiment savoir. C’est la meilleure utilisation possible de cette expérience. Ne tombez pas dans l’erreur de nombreux étudiants qui s’éveillent dans ce monde et disent: « Ah, maintenant je peux aller découvrir ce qui se passe réellement dans la maison de mon voisin! » ou « Je peux aller investiguer sur cet étudiant ou cet instructeur, ou je peux aller découvrir… etc. » Ne perdez pas votre temps. Les expériences éveillées sont très précieuses. Traitez-les comme tels. Ce sont des cadeaux que nous offre notre divinité. Nous devons les accepter de cette façon et les traiter de cette façon. Ainsi, lorsque vous avez des expériences éveillées, que ce soit dans ce monde ou dans les mondes intérieurs, traitez-les comme si elles vous avaient été remises entre les mains de votre Mère Divine. Comment traiteriez-vous cela? Comme quelque chose de très précieux. Alors acceptez-le de cette façon et utilisez-le de cette façon. Elle vous aidera.

Bhavachakra: La Roue du Devenir
Qualités du Samsara