Écrit par : Samael Aun Weor   Catégorie : L’Enfer, le Diable, et le Karma

Mes amis, vous qui m’écoutez ce soir, nous allons parler des Enfers vénusiens, situés, comme on le sait, dans les infradimensions de la nature, sous l’épiderme de la Terre…

Il s’agit indiscutablement d’une région beaucoup plus dense que les deux précédentes, beaucoup plus grossière, puisque chaque atome de matière y contient, en son intérieur, 288 atomes de l’Absolu.

Il est évidemment question là d’atomes plus lourds et donc leur matérialité est beaucoup plus grande.

En outre, le fait même d’être gouvernée par 288 lois fait de cette zone souterraine quelque chose de très compliqué, épouvantablement difficile et douloureux.

Observons soigneusement les tavernes, les cabarets, les maisons de plaisir, etc., dans notre monde tridimensionnel d’Euclide.

L’ombre vitale de tout ceci, l’aspect sinistre des grandes orgies et bacchanales, nous pouvons indiscutablement les rencontrer dans la Sphère submergée de Vénus.

Ceux qui ont toujours vécu d’orgie en orgie, de taverne en taverne, submergés dans la boue des grands festins, des banquets et des beuveries, savent très bien ce qu’ils ressentent après une nuit de fête. Beaucoup veulent noyer dans le vin l’état désastreux dans lequel ils se trouvent après une orgie, en suivant le chemin du vice, jusqu’à la catastrophe finale pour leur organisme.

En élargissant cette question, en approfondissant un peu ce thème, je peux vous affirmer instamment qu’après le plaisir vient la douleur. Vous pourrez maintenant vous expliquer vous-mêmes ce que doit être ou comment doit être l’existence des âmes perdues dans la région submergée de Vénus.

À juste titre, Dante rencontra, dans les Abimes submergés du troisième Cercle infernal, une pluie incessante, un froid épouvantable, de la boue, des eaux noires, de la pourriture, etc.

Pourtant, les défunts de cette région écoutent avec horreur les aboiements épouvantables de Cerbère, le chien infernal.

Chien symbolique qui, avec ses trois faces cruelles, représente les passions animales sexuelles violentes, lucifériennes, hors de tout contrôle.

Il y a là les plaisirs de la vieille Rome des Césars convertis en résultat fatal. Pétrone, qui mourait au milieu du tapage et de la fête aimé par toutes les femmes et couronné de roses et de lauriers. Là aussi, la déesse Lesbos et ses lesbiennes ; là, la poétesse Sapho, qui chanta tous les dégénérés de son époque ; là, la lyre de Néron, en morceaux, et les orgueilleux seigneurs des grands festins…

Grotesque demeure des Héliogabales, fameux gourmands, véritables paons resplendissants, glorieux, dans les anciens tumultes.

Qu’advint-il de leurs coupes de fin baccarat ? Que reste-t-il des épées des chevaliers, de leurs serments d’amour, des baisers de leurs dames, de leurs douces paroles, des applaudissements des invités, des flatteries, des louanges, des beaux vêtements, du parfum des dames, des danses vaniteuses, des tapis touffus, des brillants miroirs, des magnifiques poèmes, de la pourpre maudite et des très belles soies ?

Il n’y a maintenant que la pestilence du monde enfoui, où Ciacco prophétisa à Dante la chute du parti victorieux dans la belle Florence et le triomphe des humiliés, lesquels ensuite, nouvellement vaincus, furent dominés de manière plus tyrannique encore par les premiers ; abominable zone d’amertume où ce poète, disciple de Virgile, se demande perplexe ce qu’il en est de Farinata et Thegghiajo qui furent si dignes et de Jacques Rusticcucci, Arrigo et Mosca, d’autres qui se dédièrent à faire le bien et qui demeurent maintenant dans des régions encore plus profondes des Mondes Enfers.

Beaucoup de sincères trompés, involuant de manière épouvantable dans ces régions abyssales, des gens qui égayèrent de leur lyre les fastueuses salles des grands seigneurs, de magnifiques jeunes filles vertueuses qui chantèrent des poèmes, de malheureux buveurs de vin dans les banlieues des villes, etc., vivent maintenant dans ces Enfers du troisième Cercle dantesque.

QCher Maitre, vous mentionnez le fait que dans le troisième Cercle dantesque de Vénus vivent beaucoup de sincères trompés, c’est-à-dire beaucoup d’âmes qui, sans aucun doute, firent de bonnes œuvres et qui, malgré cela, souffrent en Enfer. Je vous demande si, par hasard, la sincérité de telles âmes ne constitue pas une circonstance atténuante qui les sauve d’un châtiment si ténébreux.

R. Mon ami, monsieur, vous qui posez la question, nous pouvons faire beaucoup de bien dans la vie, et vous pouvez être sûr que les bonnes œuvres seront toujours largement payées ; le divin ne reste jamais avec rien : il paye toujours chacun selon ses œuvres.

Je vous prie patiemment de prêter attention, de suivre le cours de cette dissertation. Écoutez-moi, entendez-moi. Tous ceux qui ont épuisé le cycle de 108 existences entrent dans l’involution submergée des Mondes Enfers, s’ils n’ont pas atteint l’autoréalisation intime de l’Être.

Pourtant, il est ostensible qu’avant d’entrer dans la demeure de Pluton, les bonnes œuvres nous sont payées.

Vous comprendrez maintenant, mesdames et messieurs, la raison pour laquelle de nombreux pervers, dans leur vie actuelle, vivent dans l’opulence, tandis que quelques saintes personnes qui se sont autoréalisées ont à peine du pain, un manteau et un abri.

Il est indiscutable que, les bonnes œuvres une fois payées, ceux qui n’ont pas l’autoréalisation entrent dans les Abimes souterrains.

Il y a également des gens pieux aux délits inavouables ; ce qu’ils eurent de bon fut toujours payé par la Loi du Karma, mais le mal les conduit à l’Abime de perdition.

Comprenez donc, mon ami, ce qu’est la Loi de la Rétribution, comprenez tous s’il vous plait, comprenez…

QVénérable Maitre, je voudrais que vous nous expliquiez pourquoi les fornicateurs habitent dans la région de Mercure qui est une zone moins dense que celle de Vénus et les gourmands et ivrognes dans la région de Vénus qui est encore plus dense que la précédente ?

R. Mesdames, messieurs, cher monsieur qui posez la question, comprenez-moi, je vous en prie…

On nous a dit instamment que le péché originel est la fornication, et ceci est le fondement des vagues involuantes des Mondes infernaux.

Je ne dis pas que dans le troisième Cercle infernal vivent exclusivement les ivrognes et les gourmands ; il est évident que les perdus sont à cent pour cent des fornicateurs irrécupérables ; vous comprendrez vous-mêmes maintenant la raison pour laquelle Dante rencontra le chien Cerbère, symbole vivant des pouvoirs sexuels, aboyant lugubrement dans les régions ténébreuses.

Ceci signifie clairement que les habitants des régions submergées ne sont jamais délivrés de la luxure et souffrent épouvantablement.

Néanmoins, nous devons spécifier, ainsi le fait le disciple de Virgile, comme nous, que dans chacun des neuf Cercles ou régions infradimensionnelles de la nature ressortent des défauts déterminés que nous portons en nous-mêmes et c’est tout.

QMaitre, nous avons appris en étudiant les cartes du Tarot égyptien que le chien symbolise l’Esprit-Saint qui nous guide pour sortir des Enfers quand nous avons décidé de nous autoréaliser, mais le Cerbère dont parle Dante, d’après ce que vous nous dites, symbolise la luxure. Voudriez-vous nous éclaircir ce point ?

R. Monsieur, qu’il me soit permis de vous informer de ce que le chien de Mercure est strictement symbolique ; il est donc une claire allégorie du pouvoir sexuel.

Hercule le sortit de l’Abime afin qu’il lui serve de guide : ce que nous faisons nous-mêmes, quand nous obtenons la chasteté ; alors, en travaillant dans la forge des cyclopes, en pratiquant la Magie sexuelle, en transmutant nos énergies créatrices, nous avançons sur le sentier du fil du rasoir, jusqu’à la libération finale.

Malheureux l’homme qui abandonne son chien ! Il sortira du chemin et tombera dans l’Abime de perdition.

Malheureusement, l’animal intellectuel, à tort appelé homme, n’est pas parvenu à la chasteté, c’est-à-dire qu’il n’a pas sorti Cerbère des domaines infernaux.

Vous comprendrez maintenant vous-mêmes la raison pour laquelle les défunts souffrent dans les Abimes plutoniens quand ils écoutent les aboiements de Cerbère, le chien aux trois gueules affamées.

Il est évident que dans l’épouvantable Tartarus les perdus souffrent de l’insatiable soif de luxure.

QMaitre, pourriez-vous nous dire comment sont les bacchanales et les orgies dans le troisième Cercle dantesque ou région submergée de Vénus ?

R. Mesdames, messieurs, cette question me rappelle les temps de ma jeunesse.

Moi aussi je participais aux grands festins où brillèrent, dans le tintamarre et la fête, des nuits de beuverie et d’orgie qui ne laissaient qu’amertumes, remords de conscience, etc. Après une de ces fêtes, je fus emporté au troisième Cercle dantesque, absolument conscient. Vêtu de mon Corps astral, je m’assis à la tête de la table fatale à la fête des démons. Crue réalité d’une épouvantable matérialité, dont le seul souvenir remue les fibres de mon âme les plus intimes.

La table était couverte de bouteilles de liqueur et de viandes immondes très spéciales pour les gourmands. Au centre de cette table, il y avait un grand plateau, sur lequel ressortait une tête de porc. Horrifié par ce macabre et horripilant festin, je regardais douloureusement du côté de l’orgie…

Rapidement tout changea ; mon Être réel, l’Intime, cet ange de l’Apocalypse de Saint-Jean qui tient dans ses mains les clés de l’Abime, m’attrapant avec force par un bras et m’arrachant de cette salle comme par enchantement, me jeta sur un drap blanc mortuaire qu’il y avait là, sur le sol dégoutant et plein de boue ; avec une grande chaine, il me fouetta, tandis qu’il me disait :

— Tu es mon Bodhisattva, mon âme humaine, et j’ai besoin de toi pour remettre le Message de la Nouvelle Ère du Verseau à l’humanité. Vas-tu me servir, ou quoi ?

Alors, le cœur affligé, je lui répondis :

— Oui Seigneur, je te servirai, je me suis repenti, donc pardonne moi !

C’est ainsi, mes amis, que j’en vins à abhorrer les liqueurs, les festins, les gloutonneries, les beuveries, etc. ; le seul résultat de toutes ces immondices ce sont les larmes, symbolisées par la pluie dans cette région horrible ; les eaux pestilentielles de l’amertume et l’affreuse boue de la misère.