Écrit par : Samael Aun Weor   Catégorie : L’Enfer, le Diable, et le Karma

Mes amis, nous voici réunis ici ce soir, le 18 décembre de l’an 1972, dixième année du Verseau, et nous entrons dans la deuxième partie de nos dissertations.

On a beaucoup parlé du Diable, on a assez écrit sur ce thème, mais peu sont ceux qui l’ont réellement expliqué.

Il faut chercher l’origine de ce mythe dans les cryptes initiatiques du passé, et dans les cavernes archaïques.

Réfléchissons un moment sur ce qu’est le Soleil. Indiscutablement, l’Astre-Roi nous illumine et donne la vie ; cependant, il fait contraste avec les ténèbres.

Tout midi, aussi resplendissant soit-il, a ses ombres, sous les frondaisons des arbres du chemin solitaire, dans les grottes des montagnes, ou simplement derrière n’importe quel corps mobile ou immobile.

Chacun de nous projette son ombre par-ci, par-là, çà et là.

La lumière et les ombres, en harmonieuse antithèse, marquent un dualisme complet dont l’extraordinaire synthèse est la sagesse.

Allons maintenant un peu plus loin, descendons au profond, au très profond de notre Être.

Nous savons qu’au-delà du corps, des attachements, et du mental, il y a le Logos intérieur divin. Indiscutablement, ce qui est l’ineffable, le réel, projette sa propre réflexion, son ombre particulière, à l’intérieur de nous-mêmes, ici et maintenant.

Indubitablement, le Soleil intime de chacun de nous a son ombre, et celle-ci accomplit une mission spécifique dans le fond même de notre propre conscience.

Évidemment, cette ombre, cette réflexion logoïque, est l’entraineur psychologique, Lucifer, le tentateur…

On a toujours besoin, dans le gymnase psychologique de l’existence humaine, d’un entraineur, afin d’éduquer pouvoirs, facultés, vertus extraordinaires, etc.

De quelle manière pourraient croitre en nous les vertus si la tentation n’existait pas ?

C’est au moyen seulement de la lutte, du contraste, de la tentation et de la rigoureuse discipline ésotérique que peuvent bourgeonner en nous les fleurs de la vertu.

Le Diable n’est donc pas ce personnage ténébreux créé par le dogmatisme de quelques sectes mortes et contre qui le marquis de Mirville lança tous ses anathèmes.

Le Diable n’est pas non plus cette entité fabuleuse qui mérite le pardon, tel que l’a décrit Giovanni Papini dans son fameux livre « Le Diable », œuvre pour laquelle fut excommunié le compatissant écrivain ; nous tous savons bien que Giovanni Papini était l’enfant gâté du Vatican ; cependant, il fut discrédité du temps de Pie XII.

Mesdames et messieurs, Satan, Lucifer, le Diable est quelque chose de plus que tout cela ; c’est la réflexion de notre propre Être intime, en nous-mêmes et à l’intérieur de notre conscience, ici et maintenant.

En revoyant les vieilles mythologies des temps antiques, nous mettons clairement en évidence que ce mythe satanique fut divulgué dans tous les coins du monde par les prêtres de la religion héliolatre ou héliocentrique, qui fut auparavant définitivement universelle.

Rappelons-nous qu’il y eut des époques du passé où furent érigés partout, en tous lieux de la planète Terre, des temples du Soleil et du Dragon.

C’est alors qu’existèrent les cultes du Dragon et les prêtres de cette religion universelle s’intitulaient eux-mêmes « Fils du Dragon » ou se qualifiaient simplement de Dragons.

Le symbole du Dragon fut pris de ces reptiles volants gigantesques qui ont existé aux époques de l’Atlantide et de la Lémurie.

Il est intéressant que ce symbole ait été utilisé pour l’allégorie de toute ombre du Soleil, toute réflexion de l’Astre-Roi, le Lucifer intime particulier de chaque être humain inclus.

Dans l’Égypte des pharaons, le Soleil de midi, le Soleil sacré absolu, fut toujours symbolisé par Osiris, tandis que son ombre, sa réflexion, son Lucifer eut son allégorie en Typhon.

Dans les mystères grecs, le Soleil spirituel, l’étoile de Noël, le démiurge créateur, fut toujours représenté par Apollon, tandis que son ombre, son Lucifer, son Satan, par l’allégorie définitive de Python.

Dans l’Apocalypse de Saint-Jean, le Christ, Soleil resplendissant, est toujours symbolisé par Michel, la divinité guerrière, tandis que son ombre cosmique est personnifiée par le Dragon rouge.

Au Moyen Âge, on faisait une allégorie du Logos par la personnalité de Saint-Georges, tandis que son ombre est symbolisée par le Dragon.

Observons ce que sont Bel et le Dragon, le Soleil et son ombre, le jour et la nuit.

Le Diable n’est donc pas ce personnage que certaines sectes mortes ont assis sur un trône d’ignominie pour terroriser les faibles.

Avec juste raison, Goethe met dans la bouche de son Dieu cette phrase par laquelle la divinité s’adresse à Méphistophélès : « De tous ceux de ton espèce, génies rebelles à mes lois, tu es le moins nuisible et le moins préjudiciable. »

On a beaucoup parlé du mythe satanique et quelques-uns supposent qu’il est arrivé au monde occidental depuis la terre d’Égypte.

Nous ne nions en aucune manière l’arrivée sur la terre des pharaons, de nombreux dieux solaires et de leurs dragons correspondants, provenant de l’Inde. Nous ne nions pas non plus que l’allégorie d’Osiris et de Typhon fut représentée dans la vieille Europe ; pourtant, allons plus loin : nous sommes en droit de penser aux hyperboréens et à leurs cultes solaires, avec leurs Dragons et leurs Enfers.

L’Inde prévédique ne fut pas exclusivement la seule à envoyer en Égypte ses dieux solaires et ses cultes ; sans aucun doute, l’Atlantide submergée laissa aussi, dans le pays de Saïs, aux bords du Nil, des cultes archaïques du Soleil et de ses Dragons.

Vaincre le Dragon, tuer le Dragon est urgent, si on veut être avalé par le Serpent, si on désire se convertir en Serpent.

Ceci signifie sortir triomphalement de toutes les tentations créées par le Dragon, sortir victorieux, éliminer l’Ego, désintégrer tous les agrégats psychiques qui le composent, réduire en poussière cosmique tous les souvenirs du désir, etc.

Sans nul doute, après avoir été dévorés par le serpent, nous nous transformons en serpent ; plus tard, l’aigle, le troisième Logos, L’Archihiérophante et L’Archimage, notre Être réel, le Maitre secret, avale le Serpent ; nous nous convertissons alors en Serpent à plumes, en Quetzalcóatl mexicain, en Mahatma, et l’œuvre est réalisée.

En arrivant à ces hauteurs transcendantales de l’Être, à ces revalorisations intimes, la réflexion du Logos, son ombre particulière à l’intérieur de nous, le Diable, devient le Logos, se mêle à lui, fusionne avec lui, parce qu’au fond, IL est LUI…

QMaitre, si je dois oublier jusqu’aux souvenirs du désir, quel stimulus vais-je utiliser pour mon travail dans la forge ardente de Vulcain ?

R. C’est avec grand plaisir que je répondrais à cette question qui vient de l’auditoire.

Les écritures sacrées insistent sur le fait que d’abord est l’animal, ensuite vient le spirituel.

Indubitablement, quand on commence le travail dans la forge des Cyclopes, on a besoin du désir (uste, en sanscrit), parce que les profondes revalorisations de l’Être ne sont pas encore réalisées.

Il serait impossible d’exiger d’un débutant en Maïthuna, sexologie transcendantale, yoga du sexe ou Kundalini Yoga, une exclusion radicale du désir.

Pourtant, plus tard, avec la dissolution du Moi psychologique, il est indiscutable que ce facteur « désir » devient superflu. Car tout agent animal subconscient éliminé, le désir ne peut radicalement pas exister.

En arrivant à ces hauteurs transcendantales de l’Être, nous pouvons travailler dans la Neuvième sphère, exclusivement avec la force d’Éros, le pouvoir de l’Hydrogène sexuel Si-12, l’électricité transcendante des spermatozoïdes.

Ainsi mes amis, en dernière instance, le désir n’est pas indispensable pour le travail dans la Forge allumée de Vulcain.

QCher Maitre, Satan étant la réflexion de Dieu et donc Satan étant amour, ne serait-il pas incongru de dire que l’Ego est satanique ?

R. Cher monsieur, chers amis, mes chères dames, rappelez-vous qu’il existe deux types de ténèbres : on appelle le premier l’obscurité du silence et de l’auguste secret des sages ; le deuxième, nous le qualifierons d’obscurité de l’ignorance et de l’erreur.

Le premier, évidemment, est la supra-obscurité ; le deuxième, naturellement, est l’infra-obscurité.

Ceci veut dire que les ténèbres se bipolarisent et que le négatif n’est que le dédoublement du positif.

Je vous invite à comprendre, par simple induction logique, que Prométhée-Lucifer enchainé à la dure roche, se sacrifiant pour nous, soumis à toutes les tortures, bien qu’étant le fidèle de la balance, le donneur de lumière, la mesure et le poids, le gardien des sept demeures qui ne laisse passer personne, sinon ceux qui sont oints par la sagesse et qui portent dans leur droite la lampe d’Hermès, se dédouble inévitablement dans le fatal aspect de la multiplicité egoïque, en ces sinistres agrégats psychiques qui composent notre Moi et qui ont dument été étudiés par l’ésotérisme tantrique bouddhiste.

Messieurs, je considère qu’avec ces explications, vous avez compris mes paroles.

QMaitre, la pratique du yoga Maïthuna existe depuis des temps immémoriaux. L’Inde védique offrant à la vue du public des stimulus érotiques complexes, en tant que bas-reliefs des temples eux-mêmes, il me semble que ces stimulus rendent la pratique du Maïthuna encore plus difficile ?

R. Avec le plus grand plaisir, je donnerais une réponse précise à la question qu’un monsieur ésotériste a formulée avec une entière clarté.

Dans le « Kama kalpa » hindou, certes, apparait une photographie tantrique d’une sculpture sacrée existant dans un temple très ancien.

Je veux maintenant me référer instamment à cette œuvre de magie sexuelle.

Si nous observons soigneusement la photographie de ce livre hindou, nous verrons une femme en Sirshasana ; sa tête se trouve dirigée vers le bas, ses jambes vers le haut, avec la particularité qu’elles ne se trouvent pas en figure de lotus, mais ouvertes à droite et à gauche, malgré les genoux pliés, la partie inférieure des jambes en figure horizontale. La tête est appuyée sur les mains et avant-bras, tel qu’on connait cette asana sacrée dans le monde du yoga.

Le plus intéressant est ce qui suit : un mage, pratiquement assis entre ses jambes, le phallus introduit forcément dans l’utérus, pratique le Maïthuna.

Indubitablement, cette femme tantrique ne pourrait soutenir cette position, avec la tête en bas, si deux femmes ne l’aidaient pas à droite et à gauche.

On voit clairement là deux jeunes femmes à demi nues aidant à soutenir le corps de la yogini.

Ces femmes auxiliaires, à demi nues, ressentent une terrible luxure, et ceci se devine aisément dans leurs yeux.

Le mage jouit, en caressant les seins de l’une et de l’autre, tandis qu’il maintient son phallus connecté avec le Yoni féminin.

Indubitablement compliquée et difficile, cette pratique tantrique entre quatre personnes est inutile et se trouve totalement rejetée par la Fraternité blanche universelle.

Il n’est pas superflu de rappeler à l’auditoire que ces pratiques sexuelles compliquées, réalisées avec plus de deux personnes, correspondent en effet au tantrisme noir, et ceci, nous pouvons le mettre en évidence, quand nous étudions les sinistres enseignements des Dugpas, dans l’église des prêtres au bonnet rouge, dans la région de l’Himalaya, au Tibet oriental.

Il est évident que les adeptes de l’église jaune, tantristes blancs ou véritables Urdhvaretas-Yogis ne pratiquent le Sahaja Maïthuna qu’en accord avec les commandements de l’Église gnostique (union sexuelle entre époux et épouse, dans des foyers légitimement constitués).

Ainsi, les actes sexuels ou Maïthuna entre plus de deux personnes, comme ceux qui ont servi à illustrer le Kamakalpa, sont indiscutablement de la magie noire.

Le tantrisme de gauche est évidemment différent du tantrisme blanc, et cette illustration du Kamakalpa est manifestement sinistre et ténébreuse. Jamais elle ne pourrait être acceptée par l’initiation Tantra blanche de l’Église Jaune bouddhiste.

Il ne fait aucun doute que les multiples asanas des tantristes noirs, au lieu d’éveiller la Kundalini, ou Prana sacré, pour la faire monter par le canal médullaire, stimulent et développent l’abominable organe Kundartigateur, l’aspirant se convertissant alors en une personnalité ténébreuse, en un mage noir de la pire espèce.

Nous ne méconnaissons pas le Kama sutra et le Kama kalpa ; le premier malheureusement a été falsifié honteusement pour le faire circuler dans le monde occidental ; quant au deuxième, il est taché de Tantras noirs ou Sadhanas des Bonpos et Dugpas.

Mes affirmations se corroborent, se vérifient clairement par l’étude préalable des canons bouddhistes et des livres secrets occultes cachés dans des cryptes souterraines de l’Asie centrale.

Puisque je suis un Adepte et que je suis en contact direct avec les Maitres de la Loge blanche, comme K.H., Morya, Hilarion, etc., il est clair que je peux donner ces explications de manière totalement consciente et précise.

QMaitre, comment pouvons-nous différencier le moment où agit Lucifer en nous de celui où agit l’Ego ?

R. Je vais donner une réponse à cette question avec le plus grand plaisir.

Nous avons déjà parlé clairement de la supra-obscurité luciférienne et de l’infra-obscurité de l’ignorance et de l’erreur. Lucifer, le tentateur, le grand entraineur du gymnase psychologique de l’existence, travaille en nous tentant, et ces impressions internes peuvent se polariser négativement ou fatalement, l’activité égoïque aidant.

Indubitablement, par l’autoréflexion sereine et la méditation intérieure profonde, nous pouvons faire une claire différenciation entre les impressions intimes lucifériennes directes et les impressions égoïstes bestiales.

Les gens à la conscience endormie ne sont normalement pas préparés à faire cette différenciation des impressions ; ceci requiert un grand entrainement psychologique.

QMaitre, l’allégorie du Diable comporte toujours un trident ; ce symbole a-t-il une signification spéciale ?

R. Cette question de l’auditoire me rappelle le trident du mental qu’utilisent les brahmanes de l’Inde et du Pakistan ; pourtant, nous irons plus loin, et nous arriverons aux trois forces primaires de l’Univers, dont le trident est l’allégorie ; il est clair que si nous vainquons le Dragon, nous pouvons cristalliser ces trois forces à l’intérieur de nous et que nous nous convertissons, de ce fait, en vrais dieux solaires.

Le Dragon n’est-il pas la réflexion du Soleil ? Comprenez alors, ce que signifie le trident.

QCher Maitre, en travaillant dans la Neuvième sphère avec Lucifer, pour éliminer l’Ego, le faisons-nous avec les forces positives et négatives de Lucifer ?

R. Cher monsieur, mesdames. Lucifer, évidemment, est une échelle pour descendre et une échelle pour monter et un pouvoir pour travailler et dissoudre l’Ego dans le laboratoire de l’alchimie sexuelle.

Indiscutablement, par le seul feu luciférien, nous pourrons réduire en cendres les cristallisations négatives de notre psyché, les éléments infra-humains, les agrégats psychiques, malheureuses déviations du pouvoir luciférien.

C’est ainsi, mes amis, que le fohat transcendant, l’électricité sexuelle, le pouvoir merveilleux du Christ-Lucifer rachète, travaille, désintègre l’inutile afin de libérer l’Essence, la conscience, la Bouddhata