Écrit par : Samael Aun Weor   Catégorie : L’Enfer, le Diable, et le Karma

Mes amis, réunis ce soir en cette maison, nous allons étudier aujourd’hui la Loi de l’Éternel Retour de toutes les choses.

À l’heure de la mort arrive toujours devant le lit l’ange de la mort. De ceux-ci, il y a légion et tous travaillent en accord avec la Grande Loi.

Trois choses vont à la sépulture ou au cimetière. Premier, le cadavre physique. Deuxième, le corps vital (celui-ci s’échappe du corps physique avec le dernier souffle) ; ce véhicule flotte devant le sépulcre et se décompose peu à peu, à mesure que se désintègre le corps physique. Troisième, l’ex-personnalité, celle-ci indiscutablement, peut parfois s’échapper de la tombe et déambuler autour de la sépulture ou se diriger vers des endroits qui lui sont familiers.

Il ne fait aucun doute que l’ex-personnalité se dissout lentement, avec le temps ; il n’y a aucun lendemain pour la personnalité du mort ; celle-ci est périssable en soi.

Ce qui continue, ce qui ne va pas au sépulcre, c’est l’Ego, le Moi-même, le Soi-même.

La mort, en elle-même, est une soustraction de fractions ; l’opération mathématique terminée restent seulement les valeurs.

Évidemment, la somme des valeurs s’attirent et se repoussent, selon la Loi de l’Aimantation universelle ; elles flottent dans l’atmosphère du monde.

L’éternité ouvre ses gueules pour avaler l’Ego et ensuite l’expulse, le rejette, le rend au temps.

On nous a dit qu’à l’instant précis de la mort, au moment où le défunt exhale son ultime souffle, il projette un dessin électropsychique de sa personnalité, ce dessin continue dans les régions suprasensibles de la nature, et, plus tard, il vient saturer l’œuf fécondé ; c’est ainsi qu’en revenant, en réincorporant un nouveau corps physique, nous en venons à posséder des caractéristiques personnelles très similaires à celles de la vie antérieure.

Ce qui continue après la mort n’est donc pas quelque chose de très beau. Ce qui n’est pas détruit avec le corps physique n’est rien d’autre qu’un amas de diables, d’agrégats psychiques, de défauts. La seule chose décente qui existe dans le fond de toutes ces entités caverneuses qui constituent l’Ego est l’Essence, la psyché, ce que nous avons d’âme.

Quand nous revenons à un nouveau véhicule physique, la Loi du Karma entre en action, car il n’y a pas d’effet sans cause ni de cause sans effet.

Les anges de la vie se chargent de connecter le Cordon d’argent au spermatozoïde fécondant ; indiscutablement, des millions de spermatozoïdes s’échappent au moment de la copulation, mais un seul d’entre eux jouit du pouvoir suffisant pour pénétrer dans l’ovule afin de réaliser la conception.

Cette force de type très spécial n’est pas un produit du sort ou du hasard ; ce qui arrive, c’est qu’elle est incitée depuis l’intérieur dans son énergétisme intime par l’ange de la vie qui, en ces instants, réalise la connexion de l’Essence qui retourne.

Les biologistes savent bien que les gamètes masculin et féminin portent chacun vingt-quatre chromosomes ; additionnés entre eux, ils donnent la somme totale de quarante-huit chromosomes qui viennent composer la cellule germinale.

Ces 48 chromosomes viennent nous rappeler les 48 lois qui gouvernent le corps physique.

L’Essence est donc connectée à la cellule germinale au moyen du cordon d’argent, et cette cellule se divise en deux, et les deux en quatre, et les quatre en huit, ainsi successivement par le processus de gestation fœtale. Il est clair que l’énergie sexuelle se convertit de fait en agent de base de cette multiplication cellulaire ; ceci signifie que le phénomène de la mitose ne pourrait aucunement se réaliser sans la présence de l’énergie créatrice.

Le désincarné, celui qui se prépare à prendre un nouveau corps physique, ne pénètre pas dans le fœtus ; il vient se réincorporer à l’instant où nait la créature, au moment précis où elle réalise sa première inhalation.

Il est très intéressant que la désincarnation survienne avec le dernier souffle du moribond, et qu’avec le premier souffle nous revenions à un nouvel organisme.

Il est complètement absurde d’affirmer qu’on choisit de manière volontaire le lieu où l’on doit renaitre ; la réalité est très différente : ce sont précisément les seigneurs de la Loi, les agents du Karma qui sélectionnent pour nous l’endroit exact, le foyer, la famille, la nation, etc., où nous devons retourner, nous réincorporer.

Si l’Ego pouvait choisir l’endroit, le lieu, la famille, etc., pour sa réincorporation, alors les ambitieux, les orgueilleux, les avares, les envieux, chercheraient les palais, les maisons de millionnaires, les riches demeures, les lits de roses et de plumes et le monde serait toute richesse et somptuosité ; il n’y aurait pas de pauvres, pas de douleur ni d’amertume, personne ne paierait de karma, nous pourrions tous commettre les pires délits sans que la Justice céleste ne puisse nous atteindre, etc.

La crue réalité des faits est que l’Ego n’a pas le droit de choisir le lieu ou la famille où il doit naitre ; chacun de nous doit payer ce qu’il doit ; il est écrit que celui qui sème la foudre récolte les tempêtes ; la loi est la loi, et la loi s’accomplit.

Il est donc très regrettable que tant de fameux écrivains de la spiritualité contemporaine affirment instamment que chacun a le droit de choisir l’endroit où il doit renaitre.

Ce qu’il y a au-delà du sépulcre est quelque chose que seuls peuvent connaitre les hommes éveillés, ceux qui désintègrent l’Ego, les gens véritablement auto-conscients.

Il y a dans le monde beaucoup de théories, soit de type spiritualiste, soit de type matérialiste, et la raison des humanoïdes intellectuels est bonne pour tout, elle peut créer aussi bien des théories spiritualistes que matérialistes.

Les homoncules rationnels peuvent élaborer dans leur encéphale cérébral par les processus logiques les plus sévères, une théorie soit matérialiste soit spiritualiste, et tant dans l’une que dans l’autre, dans la thèse comme dans l’antithèse, la logique de fond est réellement admirable.

Indiscutablement, la raison, avec tous ses processus logiques, comme faculté d’investigation, a un début et une fin ; elle est trop étroite et limitée ; comme nous l’avons déjà dit, elle se prête à tout, sert à tout, à la thèse comme à l’antithèse.

Ostensiblement, les processus de cérébralisation logique ne sont pas convaincants en eux-mêmes du fait concret qu’avec eux, on peut élaborer n’importe quelle thèse spirituelle ou matérielle, en démontrant dans les deux la même vigueur logique, certainement plausible pour tout raisonneur humanoïde.

Il n’est donc pas possible que la raison connaisse vraiment quelque chose de ce qu’est Tehas, de ce qui est au-delà, de ce qui continue après la mort.

Emmanuel Kant, le grand philosophe allemand, a déjà démontré dans son œuvre intitulée La Critique de la Raison pure, que la raison, par elle-même, ne peut rien connaitre de la vérité, du réel, de Dieu, etc.

Nous ne lançons donc pas en l’air des idées à priori ; ce que je dis avec tant d’insistance peut être documenté par l’œuvre du philosophe cité.

Nous devons évidemment écarter la raison en tant qu’élément de cognition idoine pour la découverte du réel.

Les processus raisonnatifs archivés dans cette question de métaphysique pratique, nous asseyons dès à présent une base solide pour la vérification de ce qui est au-delà du temps, ce qui continue et ne peut pas être détruit avec la mort du corps physique.

J’assure quelque chose qui me concerne, quelque chose que j’ai expérimenté en l’absence de la raison ; il n’est pas superflu de rappeler à cet honorable auditoire que je me souviens de toutes mes vies antérieures.

Dans les temps antiques, avant la submersion du continent Atlante, les gens avaient développé cette faculté de l’Être connue sous le nom de Perception instinctive des Vérités cosmiques.

Après la submersion de cet antique continent, cette précieuse faculté entra dans le cycle involutif descendant et se perdit totalement.

Il est possible de régénérer cette faculté par la dissolution de l’Ego ; ce but atteint, nous pourrons vérifier par nous-mêmes de manière auto-consciente la Loi de l’Éternel Retour.

Ladite faculté de l’Être nous permet indubitablement d’expérimenter le réel, ce qui continue, ce qui est au-delà de la mort, du corps physique, etc.

Puisque je possède cette faculté développée, je puis affirmer avec une pleine autorité ce qui me concerne, ce que j’ai vécu, ce qui est au-delà, etc.

En parlant sincèrement, avec le cœur sur la main, je puis dire ce qui suit : les défunts vivent normalement dans les Limbes, dans l’antichambre de l’Enfer, dans la région des morts, l’Astral inférieur, région pleinement représentée par toutes les grottes et cavernes souterraines du monde, lesquelles, unies et intimement entrelacées, forment un tout dans leur ensemble.

L’état dans lequel se trouvent les défunts est lamentable, ils paraissent être des somnambules, ils ont la conscience complètement endormie, vont de part et d’autre et se croient fermement vivants. Ils ignorent leur mort.

Après leur mort, les boutiquiers continuent dans leurs boutiques, les ivrognes dans leurs cabarets, les prostituées dans leurs bordels, etc.

Il serait impossible que de telles gens inconscients puissent se donner le luxe de choisir le lieu où ils doivent renaitre.

Le plus naturel est qu’ils naissent sans savoir à quelle heure, ni comment, et meurent complètement inconscients.

Les ombres des défunts sont nombreuses, chaque désincarné a une montagne d’ombres inconscientes, une montagne de larves, qui vivent dans le passé, qui ne se rendent pas compte du présent, qui sont embouteillées dans tous leurs dogmes, leurs rances croyances d’hier, dans les évènements des temps enfuis, les affections, les sentimentalismes de famille, les intérêts égoïstes, les passions animales, les vices, etc.

Quand on renait, l’Essence s’exprime pendant les trois ou quatre premières années de l’enfance et l’enfant est alors beau, sublime, innocent, heureux ; malheureusement, l’Ego commence peu à peu à s’exprimer quand on commence à approcher sept ans et il se manifeste entièrement quand la personnalité a été complètement créée.

Il est indispensable de comprendre que la nouvelle personnalité se crée précisément pendant les sept premières années de l’enfance et qu’elle se renforce avec le temps et les expériences.

La personnalité est énergétique, elle n’est pas physique contrairement à ce que prétendent beaucoup de gens, et après la mort, elle se décompose lentement dans le cimetière jusqu’à se désintégrer radicalement.

L’Essence peut, avant que la nouvelle personnalité ne se forme totalement, se donner le luxe de se manifester dans toute sa beauté et faire que les petits enfants soient psychiques, sensitifs, clairvoyants, purs, etc.

Comme nous serions heureux si nous n’avions pas d’Ego, si s’exprimait en nous seulement notre Essence ! Indiscutablement, il n’y aurait pas de douleur, la terre serait un paradis, un Éden, quelque chose d’ineffable, de sublime.

Le retour de l’Ego en ce monde est vraiment dégoutant, horripilant, abominable.

L’Ego, en lui-même, irradie des ondes vibratoires sinistres, ténébreuses, pas agréables du tout.

Je dis que toute personne tant qu’elle n’a pas dissous l’Ego, est plus ou moins noire, bien qu’elle soit sur le chemin de l’initiation et qu’elle se vante de sainteté et de vertu.

L’incessant retour de toutes choses est une loi de la vie, et nous pouvons le vérifier d’instant en instant, de moment en moment. La Terre retourne à son point de départ chaque année, et alors nous célébrons le Nouvel An ; tous les astres retournent à leur point de départ d’origine, les atomes dans la molécule retournent à leur point de départ, les jours retournent, les nuits retournent, les quatre saisons retournent : printemps, été, automne, hiver ; les cycles, Kalpas, Yugas, Mahamanvantaras, etc., retournent.

La Loi de l’Éternel Retour est donc un fait indiscutable, irréfutable, irrécusable.

QMaitre, vous nous avez dit qu’il n’y a aucun lendemain pour la personnalité du mort et que le corps éthérique se désintègre peu à peu. Je voudrais savoir si la personnalité tarde plus longtemps que le corps physique dans la désintégration.

R. La question venant de l’auditoire m’a paru assez intéressante, et je m’empresse d’y répondre avec le plus grand plaisir.

Indiscutablement, l’ex-personnalité a une plus grande durée que le fond vital éliminé.

Je veux affirmer par là que le corps vital se décompose à mesure que le corps physique se désintègre dans sa sépulture.

Il n’en va pas de même pour la personnalité, puisqu’elle se fortifie à travers le temps, avec les différentes expériences de la vie. Évidemment, elle tarde plus, elle est une note énergétique plus ferme, elle peut résister pendant de nombreuses années.

Il n’est pas exagéré, en aucune manière, d’affirmer que la personnalité écartée peut survivre pendant des siècles entiers ; il est curieux de regarder plusieurs personnalités écartées parler entre elles.

Je parle en ce moment de quelque chose qui peut vous paraitre étrange ; j’ai pu compter jusqu’à dix personnalités écartées correspondant à un même propriétaire ; c’est-à-dire à dix retours d’un même Ego.

Je les ai vues, échangeant des opinions subjectives, réunies entre elles par affinité psychique.

Je veux pourtant expliquer un peu tout ceci, afin d’éviter des confusions : j’ai dit qu’on nait avec la personnalité, qu’on doit la former, que ceci est possible au cours des sept premières années de l’enfance ; j’ai également affirmé qu’à l’instant de la mort, cette personnalité va à la sépulture et parfois, elle y déambule, ou elle se cache dans la sépulture.

Pensez maintenant un instant, à un Ego qui, après chaque retour, s’échappe du corps physique. Il est clair qu’il laisse derrière lui la personnalité.

Si nous réunissons par exemple dix vies d’un même Ego, nous aurons dix personnalités différentes et celles-ci peuvent se réunir par affinité, pour parler dans les cimetières et échanger des opinions subjectives.

Indubitablement, ces ex-personnalités s’affaiblissent peu à peu, s’éteignent extraordinairement jusqu’à se désintégrer, enfin, radicalement.

Néanmoins, le souvenir de ces personnalités se poursuit dans le Monde causal, dans les archives akashiques de la nature.

Ici, à l’instant même où je vous parle, ce soir, me vient à la mémoire une ancienne existence que j’eus en tant que militaire, à l’époque de la Renaissance, dans la vieille Europe. À un moment quelconque, tandis que je travaillais dans le Monde des causes naturelles comme homme causal, il m’arriva de sortir des archives secrètes de cette région, le souvenir de cette ex-personnalité. Le résultat fut certes extraordinaire ; je vis alors ce militaire, vêtu de l’uniforme de cette époque où je vécus. Dégainant son épée, il m’attaqua violemment. Il ne me fut pas difficile de le conjurer, pour le ranger à nouveau parmi les archives.

Ceci signifie que dans le Monde des causes naturelles, tout souvenir reste vivant, a une réalité, et ceci est quelque chose qui peut surprendre nombre d’étudiants ésotéristes et occultistes.

QMaitre, vous nous dites que la personnalité ne nait pas avec l’Ego ; que pouvez-vous nous dire à propos de la naissance du corps vital ?

R. Mes amis, je veux que vous compreniez que le corps vital, siège de base de la vie organique, a été désigné par les agents de la vie en accord avec la Loi des Causes et Effets.

Ceux qui, dans leur existence passée, ont accumulé des dettes très graves pourront naitre avec un corps vital défectueux, qui, c’est bien naturel, servira de base à un corps physique également défectueux.

Les menteurs peuvent naitre avec un corps vital déformé qui aurait pour résultat un véhicule physique monstrueux ou infirme.

Les vicieux pourront naitre avec un corps vital manifestement dégénéré, lequel donnera lieu à un corps physique également dégénéré.

Exemple : celui qui abuse de la passion sexuelle à la longue peut naitre avec un corps vital indument polarisé, ce qui déterminera un véhicule homosexuel ou une forme féminine lesbienne.

Homosexuels et lesbiennes sont indubitablement le résultat de l’abus sexuel dans des existences passées.

L’alcoolique peut naitre avec un cerveau vital anormal, lequel donnera naissance à un cerveau physique également défectueux.

L’assassin, l’homicide, celui qui répète sans cesse cet horrible délit, peut naitre, à la longue, invalide, boiteux, paralytique, aveugle, déformé, horripilant, dégoutant, idiot ou définitivement fou.

Il est bon de savoir que l’assassinat est le pire degré de corruption humaine, et que l’assassin ne saurait en aucune manière retourner avec un véhicule sain.

Il serait donc très long de parler davantage, en ce moment, de ce point relatif à la question qui m’a été posée.

QMaitre, alors le fait de naitre avec des défauts physiques n’est pas une tare héréditaire ?

R. Chère madame, votre question est très importante et mérite que nous l’examinions en détail ; les tares héréditaires, évidemment, sont au service de la Loi du Karma et en viennent à être un merveilleux mécanisme au moyen duquel se déroule le karma.

L’hérédité est évidemment dans les gènes du sexe, c’est là que nous la trouvons et, avec eux, la loi travaille avec tout le mécanisme cellulaire.

Il est bon de comprendre que les gènes contrôlent la totalité de l’organisme humain, qu’ils se trouvent dans les chromosomes, dans la cellule germinale, qu’ils sont le fondement de la forme physique.

Quand ces gènes se trouvent en désordre, quand il n’existe pas de formation naturelle et légitime entre eux, ils engendrent indiscutablement un corps défectueux, et ceci est démontré.

QMaitre, si les Ego désincarnés qui sont profondément endormis dans la région des morts et se croient vivants manquent de corps mental, comment peuvent-ils se représenter les scènes de leur vie ?

R. La question de monsieur est erronée dans son fond même, cela signifie qu’elle est mal posée. L’Ego pluralisé est mental ; nous avons déjà parlé clairement, nous avons déjà dit que l’animal intellectuel improprement appelé homme n’a pas un mental, mais des mentaux.

Les divers agrégats psychiques qui composent l’Ego, indubitablement, ne sont rien d’autre que diverses formes mentales ; pluralisation de l’entendement, etc.

En revenant, cet ensemble de mentaux ou de Moi, querelleurs et criards, peut ne pas se réincorporer entièrement ; sur une somme totale d’agrégats psychiques, quelques-uns de ceux-ci entrent dans l’involution submergée du règne minéral ou se réincorporent dans des organismes animaux, ou bien encore adhèrent à des lieux déterminés, etc.

Après la mort, chacun de ces agrégats vit dans ses propres évènements et désirs, toujours dans le passé, jamais dans le présent. N’oubliez pas, chers amis, que le Moi est mémoire, que le Moi est temps, que le Moi est un livre aux nombreux tomes.

QÀ partir de ce que vous achevez de nous dire, Maitre, comme il y a une légion de Moi, je dois conclure que nous non plus n’avons pas de réalité, étant également des formes mentales ; mon interprétation est-elle correcte ?

R. Cher ami, messieurs, mesdames, vous devez comprendre que l’animal intellectuel improprement appelé homme n’est pas encore un être « arrivé », ceci signifie qu’il est un point mathématique dans l’espace qui parvient à servir de véhicule à des sommes de valeurs déterminées.

Chaque sujet est un pauvre animal pensant, condamné à la peine de vivre ; une machine contrôlée par de multiples agrégats psychiques infra-humains et bestiaux.

L’unique chose digne qu’il y a dans chacun de nous est l’Essence, le matériau psychique, la matière première pour fabriquer une âme et celle-là malheureusement est embouteillée dans tous ces agrégats psychiques inhumains.

Être un homme est quelque chose de très différent ; on a besoin pour cela de désintégrer le Moi et de fabriquer les corps existentiels supérieurs de l’Être ; je crois que maintenant, vous m’avez compris.

QMaitre, voulez-vous dire alors que nous sommes en effet des formes mentales sans réalité objective ?

R. Mes amis, s’il vous plait, comprenez-moi ! Quand je parle d’agrégats psychiques, je me réfère à des formes mentales ; il est clair que les agrégats psychiques sont assurément des cristallisations du mental et ceci, je crois que vous le comprenez ; il ne me parait pas nécessaire de continuer à l’expliquer, cela a déjà été dit.

QVous allez me dire, cher Maitre, que toutes ces personnes qui exposent le pouvoir magique du mental, qui exaltent la grande importance d’avoir un mental positif sont donc dans l’erreur ?

R. Mes amis, en ces temps du Kali-Yuga, de l’Âge de fer, les gens se sont dédiés au mentalisme, et ici ou là, on rencontre dans les librairies des milliers de livres qui racontent des merveilles sur l’âne du mental.

L’intéressant de tout ceci est que Jésus, le Grand Kabire, monta sur l’âne (le mental) pour entrer dans la Jérusalem céleste, le dimanche des Rameaux, comme l’expliquent les Évangiles, ainsi le disent-elles, mais les gens crucifient Jésus, le Christ, et adorent l’âne. Voilà l’humanité, mes chers frères, voilà l’époque de ténèbres dans laquelle nous vivons.

Que veulent développer les mentalistes ? La force mentale ? La force de l’âne ? Il serait préférable que les compréhensifs montent sur cet animal et le dominent avec le fouet de la volonté ; ainsi les choses changeraient et nous ferions de bons chrétiens, n’est-ce pas ?

Que veulent développer les mentalistes ? La force de l’Ego mental ? Il serait préférable de le désintégrer, de le réduire en poussière cosmique, ainsi l’esprit resplendirait en chacun d’eux.

Malheureusement, les gens de cette époque ne veulent rien savoir de l’Esprit, ils sont maintenant agenouillés, baisant les pattes de l’âne et, au lieu de se purifier, ils s’annihilent misérablement.

Si les gens savaient qu’ils n’ont pas de corps mental et que la seule chose qu’ils possèdent est une somme d’agrégats psychiques, de dégoutantes cristallisations mentales, si au lieu de les fortifier, de donner de la robustesse à ces Moi bestiaux, ils les désintégraient, ils travailleraient alors pour leur propre bien et pour leur félicité.

Mais en développant les forces de la bête, le sinistre pouvoir de l’Ego mental, la seule chose qu’ils obtiennent est de devenir chaque jour plus ténébreux, plus gauches, plus abyssaux.

Je vous dis, mes amis, je vous dis, frères du Mouvement gnostique, de réduire en cendres votre Ego mental, de lutter inlassablement pour vous libérer de votre mental et ainsi vous atteindrez la béatitude.

QNe vous semble-t-il pas, Maitre, qu’une Essence sans Ego aurait pour résultat que la vie serait extrêmement abrutissante sur une planète si belle ?

R. Mes amis, à l’Ego l’existence parait abrutissante quand il n’a pas ce qu’il veut.

Pourtant, quand l’Ego est-il satisfait ?

L’Ego est désir, et le désir, à la longue, se convertit en frustration, en lassitude, en dégout, et la vie devient alors abrutissante.

De quel droit l’Ego ose-t-il s’élever contre l’abrutissement quand lui-même, dans le fond, se convertit en ennui, amertume, désillusion, désenchantement, frustration, abrutissement ?

Si l’Ego ne sait pas ce qu’est la plénitude, comment peut-il lancer des concepts sur cela même ?

Indiscutablement, une fois l’Ego mort, réduit en cendres, la seule chose qui reste en nous est l’Essence, la beauté, et de celle-ci vient la félicité, l’amour, la plénitude.

Ce qui arrive, c’est que les amants du désir, ceux qui veulent les satisfactions passionnelles supposent que, sans l’Ego, la vie serait terriblement fastidieuse.

Si ces gens n’avaient pas d’Ego, ils penseraient différemment, ils seraient heureux, et s’exclameraient alors : « La vie de l’Ego est épouvantablement abrutissante ! » Croiriez-vous par hasard, mes amis, qu’il est tout à fait délicieux de retourner dans cette vallée de larmes pour pleurer et souffrir continuellement ?

Il est nécessaire d’éliminer l’Ego pour nous libérer de la roue du Samsara.