Gens d’autres Mondes

Nous, pauvres et misérables vers de terre de la boue, serions-nous par hasard si niais que nous ayons besoin d’enquêter plus encore sur cette question de possibles visiteurs extra-terrestres ?

Toutes les données que nous possédons ne seraient-elles pas plus que suffisantes ?

Serions-nous, pour notre malheur, si obtus, si lents et balourds que nous ne puissions comprendre que depuis les temps antiques des gens d’autres mondes nous ont toujours rendu visite ?

Ils nous évitent ? Ils nous fuient ? Ils ne sortent pas à la lumière du jour ? Ne ferions-nous pas de même, par hasard, devant une tribu de cannibales ?

Les gens des autres mondes savent très bien que, précisément, nous ne sommes pas de douces brebis, et ils préfèrent, avant de tomber entre nos félines griffes fratricides, disparaître furtivement dans le ciel étoilé.

Que feraient les grandes puissances avec ce type de vaisseaux cosmiques ? Il n’est pas difficile de le deviner.

Comme ces « soucoupes volantes » chargées de bombes atomiques se révèleraient épouvantables !

Se retrouver en prison ; sans aucun motif, comme cela ; ou se convertir en cobaye dans un laboratoire à fin d’expériences pour qu’on vous enlève des glandes ou qu’on vous injecte diverses substances, dans le but de connaître vos réactions, n’a certes rien d’agréable. N’est-ce pas ? Les visiteurs extra-terrestres, c’est évident, ne veulent pas subir pareil sort, raison pour laquelle ils préfèrent nous éviter, ne pas faire attention à nous.

Ceci ne signifie pas que les gens des autres mondes ne puissent pas se défendre ; il est clair que s’ils ont déjà conquis l’espace, ils doivent également posséder des armes formidables ; mais ils ne sont pas des assassins et il vaut mieux, de toute évidence, éviter les problèmes.

Et quand à nous ? Quand serons-nous capables de rendre des visites à nos amis extra-terrestres ?

Certains spéculateurs romantiques des XVIIIème et XIXème siècles envisageaient la possibilité de voyager jusqu’à la Lune poussés par des ailes ou au moyen de ballons aérostatiques.

De telles fantaisies disparurent évidemment du milieu intellectuel quand on découvrit la limite de notre atmosphère planétaire.

Les moyens scientifiques du voyage spatial défini revécurent avec les oeuvres merveilleuses de Konstantin Eduardovitch Tsiolkovski dans lesquelles sont mentionnées les fusées cosmiques.

En 1920, le savant en question prédit que dans un futur assez proche, les ondes courtes des radios pénètreraient dans notre atmosphère et se convertiraient en le moyen de communication stellaire principal. Cette prophétie est en train de s’accomplir ; les scientifiques modernes, malheureusement, ne sont pas encore capables d’interpréter les messages cosmiques.

Tsiolkovski croit que sur une planète au moins, située à un endroit quelconque, les êtres humains ont déjà atteint une technologie qui leur permet de vaincre la force de gravité et de coloniser l’Univers.

Il est évident que nous autres, les gnostiques, nous allons beaucoup plus loin. Nous savons très bien, par expérience mystique directe, que toute humanité inoffensive de l’espace cosmique infini peut s’offrir le luxe de voyager vers d’autres mondes habités.

On parle beaucoup en ces temps modernes de la possibilité de voyages dans des systèmes solaires, et même de fantastiques fusées propulsées par l’énergie atomique et guidées par la pression de la lumière. Il existe actuellement de très belles théories spatiales, aussi bien les russes que les nord-américains luttent consciencieusement pour la conquête de l’espace.

Il est malheureusement évident que pour arriver à n’importe quelle étoile semblable au Soleil qui nous éclaire, à l’intérieur d’une période de temps bien humain, il est nécessaire de rompre tout d’abord la barrière de la vitesse de la lumière.

Dans cette barrière existe le monde tridimensionnel ; la rompre, la transcender équivaut de ce fait à pénétrer réellement dans la quatrième dimension ; cette dernière, en soi, est le temps.

La conquête suprême de l’espace étoilé est impossible si le temps n’a pas été conquis auparavant.

Sans doute, nous affirmons radicalement que la conquête du temps est impossible tant que nous restons enfermés dans ce monde tridimensionnel de la vie, déterminé par la vitesse de la lumière.

Dans la quatrième dimension, il est évident que nous pouvons voyager dans le temps, nous submerger dans le lointain passé, ou nous projeter dans le lointain futur ; rappelons-nous que le temps est rond.

Si un vaisseau cosmique décollait de notre monde affligé à une vitesse supérieure à celle de la lumière vers quelque mystérieux soleil resplendissant situé quelque part, à l’incommensurable distance de 137 années-lumières, il est certain, manifeste, qu’en revenant à cette vallée de larmes, tout en conservant pendant tout le trajet la même vitesse, son équipage devrait passer par une terrible confusion en retrouvant notre Terre avancée de 274 ans dans le temps.

Cependant, quelle est la fusée cosmique capable, en vérité, de voyager à une vitesse supérieure à celle de la lumière ?

Il est certain que le fameux système de fusées, s’il peut vraiment nous emmener jusqu’à la Lune avec quelques difficultés et éventuellement jusqu’à Mars, se révèle au fond complètement absurde pour la conquête de l’espace infini.

Purcell, éminent homme de science, analysa sérieusement la quantité d’énergie indispensable pour réaliser un hypothétique voyage sidéral aller-retour à n’importe quelle rutilante étoile qui se trouverait située à quelques 12 années-lumière, avec la particularité spécifique d’atteindre à mi-chemin – tant à l’aller qu’au retour – une vitesse maximum de 99% de la vitesse de la lumière (nos chers lecteurs ne doivent pas oublier que la lumière voyage à la vitesse non négligeable de 300 000 km/seconde).

Reste encore la question du combustible. Il ne fait aucun doute que la fusion de la bombe à hydrogène dans laquelle les isotopes de cet élément, tels le tritium et le deutérium qui se combinent savamment pour former l’hélium, est certainement la source d’énergie la mieux appropriée disponible actuellement.

Pensons un moment, cher lecteur, à la terrible efficacité de cette fusion extraordinaire qui fait resplendir le Soleil. Il est clair que dans cette formidable réaction, 4 noyaux d’hydrogène se transforment dans une chaleur superlative et une puissante pression pour former un noyau d’hélium.

La merveilleuse énergie de cohésion qui maintient le noyau d’hélium totalement uni est sans aucun doute légèrement inférieure à celle des noyaux d’hydrogène originaux. On nous a dit qu’après la réaction, il y a un résidu qui agit sous forme d’énergie libre dans son mouvement.

Il est certain, évident, pathétique, que ce type spécial d’énergie libérée est imposant, terrible, car, selon l’équation d’Einstein : l’énergie divisée par la masse est égale au carré de la vitesse de la lumière (E = mc2). La valeur « E » a, c’est clair, de gigantesques proportions.

Purcell suppose très justement qu’avec ce type de fusion solaire, on aurait besoin de rien de moins que de 16 000 millions de tonnes d’hydrogène pour mouvoir son vaisseau sidéral dans l’hypothétique voyage.

Il est clair que pour ce voyage à 12 années-lumière, ce véhicule cosmique aurait un poids approximatif de 100 tonnes.

Il est logique que ce vaisseau cosmique devrait être accéléré au décollage, arrêté à l’atterrissage, accéléré à nouveau pour commencer le retour à la Terre et finalement, être encore retenu à l’atterrissage en ce monde. Toutes ces manoeuvres impliquent une terrible consommation de milliers de millions de tonnes de combustible. Quelle fusée serait capable de transporter semblable chargement ?

Il nous resterait encore le recours d’obtenir de l’énergie en combinant intelligemment la matière et l’anti-matière. Il est démontré à satiété que si deux de ces substances contraires font contact direct, elles se détruisent mutuellement en libérant de l’énergie sous forme de rayons gamma.

Nous devons reconnaître, au nom de la vérité, que c’est certes l’unique processus connu par lequel matière comme anti-matière peuvent se transformer en énergie. Les fameux rayons gamma qui se trouvent effectivement à l’extrême de l’onde courte dans le spectre électromagnétique, pourraient évidemment propulser un vaisseau cosmique dans des conditions identiques à celles de la pression de la lumière.

A chaque particule atomique correspond, de fait et de droit propre, une anti-particule. Il est facile de comprendre que l’anti-particule est le reflet de son original. Il est évident que si ce dernier en soi est chargé négativement comme l’électron, sa particule s’avèrera indubitablement positive. Ce problème d’engendrer de l’énergie pour lancer un vaisseau cosmique apparemment résolu, l’hypothétique voyage de Purcell n’en est pas expliqué pour autant.

On aurait rapidement besoin pour ce voyage de 406 400 tonnes de combustible également réparties entre matière et anti-matière. Est-ce qu’un navire de 100 tonnes pourrait par hasard charger une telle quantité de combustible ?

Et, nous devons le répéter car il ne s’agit pas de l’oublier, que nous parlons d’un hypothétique voyage à 12 années-lumière seulement. Quel serait le problème de combustible si le supposé vaisseau devait se transporter à 50 ou 500 années-lumière ?

Ceci, naturellement, est un problème sans solution ; si nous voulons réellement conquérir l’espace, nous devons envisager la question sous un autre angle. Nous avons besoin d’une authentique révolution scientifique : il est urgent d’apprendre à utiliser l’énergie solaire. Marconi disait à juste titre : « Où un rayon de soleil arrive, l’homme peut arriver ».

Energie solaire et quatrième dimension seront les deux fondements de la future humanité. Il est nécessaire de tracer la quatrième verticale, et ceci n’est possible qu’en étudiant l’atome à fond. Quand la quatrième coordonnée sera tracée, il sera alors possible d’élaborer une nouvelle géométrie de type tétradimensionnelle. Il est facile de comprendre qu’on peut créer, sur ce fondement vivant, une physique révolutionnaire à 4 dimensions.

La physique actuelle se montre régressive, retardataire, réactionnaire ; elle ne sert à rien pour la conquête de l’espace, elle est obsolète, désuète. Nous pourrons, quand nous aurons une physique révolutionnaire tétradimensionnelle, fabriquer des vaisseaux cosmiques capables de traverser instantanément la barrière de la vitesse de la lumière.

De tels vaisseaux cosmiques voyageraient dans le temps à des vitesses des millions de fois supérieures à la vitesse de la lumière.

Cette sorte de navires poussés par l’énergie solaire n’auraient pas à charger de combustibles d’aucune espèce et voyageraient librement dans l’espace infini. Le monde tridimensionnel n’est pas tout, ce n’est certes rien de plus qu’une feuille de l’arbre de la vie ; pensons à la quatrième dimension. Nous allons révolutionner la science. Nous parvenons déjà à traverser la barrière du son avec des avions et des capsules ultrasoniques, mais nous n’avons pas encore pu outrepasser la barrière de la vitesse de la lumière.