La Mort

Écrit par : Samael Aun Weor   Catégorie : En Regardant le Mystère

QIl y a quelques années, mon père venait de mourir et nous étions en train de le veiller, quelques personnes et moi. Ces personnes étaient avec moi lorsque je me suis endormie un moment ; tout à coup, j’ai vu mon père entrer dans la pièce où nous le veillions. Il a mis les mains dans ses poches de pantalon et m’a demandé qui était mort, qui était étendu là. J’ai pensé alors que c’était mon père qui venait de mourir, et qu’il était là à me parler !

Pourriez-vous me dire à quoi est dû ce phénomène ?

R. Il est indispensable de comprendre tout d’abord que les gens ne se préoccupent jamais de leur vie d’éveiller leur conscience ; en réalité, toutes les personnes de l’agrégat social ont la conscience profondément endormie. Il est évident qu’après la mort, l’animal intellectuel qu’on appelle faussement « homme » continue de vivre dans ses rêves ; si on disait à n’importe quel désincarné qu’il est mort, il ne le croirait sûrement pas.

On voit que les désincarnés pensent toujours être en vie, et ils ne trouvent donc rien d’étrange à mourir. Ils continuent de voir le même soleil, les mêmes nuages, les mêmes oiseaux qui prennent leur envol des mêmes branches…

Après le « grand saut », ceux qu’on nomme morts continuent à déambuler dans les rues de la ville ou dans les quartiers de la banlieue où ils sont décédés. Ils continuent normalement leur travail quotidien, ils s’assoient à table dans leur propre maison, et ils se paient même le luxe de coucher dans leur lit, sans penser une seconde qu’ils sont passés « dans l’autre monde » ; ils se sentent bien vivants, ici et maintenant.

Dans ces conditions, lorsqu’ils voient leur corps dans le cercueil, ils présument qu’il s’agit de quelqu’un d’autre, ils ne se doutent pas le moins du monde qu’il s’agit de leur propre véhicule physique décédé ; ceci est la crue réalité des faits, et c’est pourquoi ils ne s’étonnent pas du tout de cette expérience intime qu’ils ont vécue.

QComment s’explique la peur qu’avait ma petite sœur d’entrer dans la chambre où nous veillions mon père ?

R. Cette peur provient surtout de l’hérédité. En général, elle se transmet de père en fils, et personne ne peut dire qu’il ne l’a jamais sentie dans sa vie. La même peur surgit quand nous entrons dans une caverne sombre ou quand nous nous trouvons en présence d’un fantôme réel. La causa causorum, la cause première de tout réside dans notre structure psychologique subjective, c’est-à-dire dans notre conscience endormie.

Quiconque éveille sa conscience élimine ces peurs du même coup.

QPourquoi les enfants peuvent-ils voir un désincarné et les adultes non ? Mon fils le plus jeune a vu mon père récemment décédé, et il a parlé avec lui.

R. Au nom de la vérité, nous devons être clair et soulever certaines notions. Il n’est pas superflu de dire que tous les enfants sont clairvoyants. Il nous a été dit qu’avant que la fontanelle se referme et que le crâne du nouveau-né durcisse, ce dernier a le pouvoir de voir le suprasensible, ce qui ne fait pas partie du monde physique, ce qui est invisible aux adultes.

Si les êtres humains reconquéraient l’innocence dans leur esprit et dans leur cœur, ils recouvreraient sans aucun doute la divine clairvoyance, cette faculté de voir l’occulte, le mystérieux, l’inconnu.

QQuand nous mourons, ne courons-nous pas le danger de nous perdre, ou de perdre nos proches ?

R. Mais qu’est-ce que cela veut dire, Madame, « nous perdre » nous-mêmes ? Quand cesserez-vous d’avoir peur – quelqu’un peut-il se perdre dans sa propre maison ? J’ai été suffisamment clair là-dessus : durant les premiers jours, nous continuons à vivre dans la maison même où nous sommes morts, plusieurs témoignages le confirment.

À la mort, nous nous retrouvons avec les chers défunts qui nous ont précédés, c’est-à-dire avec nos parents et amis.

QPouvons-nous reconnaître ces parents et amis que nous retrouvons à notre désincarnation ?

R. Vous pouvez reconnaître votre mère décédée, votre père, vos amis et parents ; pensez-vous qu’il soit possible que quelqu’un ne reconnaisse pas ceux qu’il aime ?

Votre question est bien étrange – il est évident que tout fils et toute fille reconnaît l’auteur de ses jours, nous avons tous la capacité de reconnaître ceux que nous avons connus.

QQuand nous mourons, souffrons-nous de solitude ?

R. Chacun reste tel quel : l’égoïste, celui qui se referme sur lui-même, le misanthrope, celui qui n’aime personne, devra évidemment connaître de nouveau l’amertume de la solitude. Après son décès, la triste douleur de son état de solitaire se manifeste de façon bien claire et définie dans la région des morts.

QExiste-t-il ce que nous appelons un « destin », nos jours et nos heures sont-ils comptés ?

R. Quand vous partez en voyage, vous devez apporter une certaine quantité d’argent pour payer votre transport. Vous devez apprendre à dépenser cet argent judicieusement, parce que si vous le gaspillez, vous serez forcée d’interrompre votre voyage.

Je veux que vous compreniez qu’à notre naissance, les Anges du Destin déposent dans nos trois cerveaux un certain capital de valeurs vitales. Évidemment, si nous le gaspillons, si nous dilapidons cette fortune, notre voyage sur le chemin de l’existence s’interrompra rapidement. Par contre, si nous le ménageons, notre voyage pourra durer longtemps et nous vivrons vieux.

QCela me surprend de vous entendre parler de trois cerveaux ; j’ai toujours appris que nous en avions un seul. Pourriez-vous me dire quels sont les deux autres ?

R. Qu’est-ce qui vous surprend là-dedans ? Écoutez-moi bien : dans la boîte crânienne se trouve notre cerveau intellectuel ; dans la partie supérieure de l’épine dorsale nous avons le cerveau moteur, le centre principal de nos mouvements ; dans le plexus solaire et dans les autres centres du système sympathique se trouve le cerveau de nos émotions. Vous comprenez, maintenant ?

QPourquoi avons-nous peur de la mort et pourquoi nous attachons-nous à la vie ?

R. Le désir de vivre est très grand ; tous les êtres humains veulent vivre et sont attachés à la vie sensuelle. Il est certain que ce désir, cet attachement très fort à l’existence matérielle, nous tient fascinés, ce qui fait qu’à aucun prix nous ne voudrions mourir : nous avons peur de la mort et nous ne voulons pas cesser d’exister.

Si les gens, par la compréhension, perdaient leur désir de la vie matérielle, leur peur de la mort disparaîtrait. On en arrive à perdre cette peur lorsqu’on comprend l’illusion de l’existence, lorsqu’on voit que rien dans ce monde n’est permanent. Tout passe : les idées, les choses et les gens.

QQue fait l’âme lorsque quelqu’un se désincarne ? Où se trouve-t-elle avant de s’incarner à nouveau ?

R. Parlons clairement pour bien comprendre. Les gens ont l’esprit trop dogmatisé. L’intellect est détérioré, et les gens ne sont pas capables de s’ouvrir à du nouveau, de voir le naturel ; ils perçoivent selon les apparences, et ensuite ils se servent de leur point de vue comme modèle pour tout ce qu’ils voient.

Il y eut des époques où les sens humains n’étaient pas dégénérés comme ils le sont aujourd’hui. Aux époques reculées de notre monde, les gens pouvaient voir les désincarnés, les entendre, les palper, etc.

En Lémurie, par exemple, lorsque quelqu’un allait se désincarner, il creusait sa propre fosse et s’y couchait la tête à l’est ; il faisait dans la joie ses adieux à ses parents, et ceux-ci souriaient de bonheur. Celui qui passait « dans l’au-delà » ne devenait pas invisible aux yeux de ses parents, il pouvait fort bien continuer de vivre agréablement parmi les siens. L’air était comme transparent, on pouvait voir clairement dans l’atmosphère les esprits, les âmes, les créatures innocentes de la nature.

Nous savons que dans l’atmosphère, sous les zones qui font partie des trois dimensions du monde physique, il existe des régions métaphysiques, des « mondes » ou espaces où les âmes des morts vivent avant de revenir prendre un nouveau corps.

QPourquoi, toutes les fois que je rêve de mes parents défunts et que je parle avec eux, m’affirment-ils qu’ils ne sont pas morts mais en parfaite santé ?

R. Avant tout, je veux que vous compreniez le processus des rêves. Le rêve est une « petite mort ». Durant les heures où notre corps repose endormi dans notre lit, notre âme se promène sans lui, visite différents endroits, prend contact avec les morts et parle même avec eux.

Il est évident que les morts ne croient jamais être morts, parce que jamais durant leur vie ils ne se sont souciés d’éveiller leur conscience. Ils se pensent toujours vivants ; vous comprendrez à présent pourquoi les êtres décédés qui vous sont chers vous font de telles affirmations.

QPourquoi les fervents de spiritisme ont-ils une prédilection particulière pour appeler ou invoquer les défunts ?

R. Bon. Ils la tiennent de leurs maîtres : Allan Kardec, Léon Denis et bien d’autres. Le malheur est que ces auteurs n’ont pas investigué à fond le cœur de la question.

Avant tout, vous devez savoir que tout être humain a en lui un « Je », un « Ego », un « Moi-même ».

N’allez pas penser que ce « Je » est le meilleur. Étudiez plutôt le Livre des Morts des anciens Égyptiens, et vous comprendrez ce que je vous dis maintenant.

Avez-vous lu Faust, de Goethe ? Si vous connaissiez ce qu’est Méphistophélès, vous me donneriez raison, son caractère ténébreux est indiscutable : Méphistophélès, c’est l’Ego, le Je, le Moi-même.

Ce qui entre dans le corps du médium spirite, c’est le Moi du défunt, Ahriman, Méphistophélès. Ce Moi personnifie évidemment tous nos défauts psychologiques, toutes nos erreurs.

L’Être du défunt ne se manifeste jamais dans une séance de spiritisme. Distinguez l’Être d’avec le Moi : celui qui accourt à ces séances est Satan, le Moi-même. Comprenez bien la loi d’action et de conséquence : celui qui prête son corps, sa matière aux Moi des morts, à Méphistophélès, à Satan, devra dans sa prochaine vie souffrir d’épilepsie.

QPourriez-vous me dire ce qu’est l’Être ?

R. L’Être est l’Être, et la raison d’être de l’Être est ce même Être. L’Être est le Divin, l’étincelle immortelle de tout être humain ; il n’a pas de début et pas de fin, il est terriblement divin.

Les êtres humains ne possèdent pas encore cette Étincelle dans leurs corps, mais si nous nous sanctifions et éliminons le Moi pécheur, le Méphistophélès, il est certain qu’un jour l’Étincelle pourra entrer dans nos corps. À partir de maintenant, cherchez à comprendre ce qu’est l’Être.

QAprès la mort, se souvient-on de toute la vie qui vient de se terminer ?

R. Sachez qu’après avoir abandonné son corps physique, tout défunt revit de façon rétrospective la vie qu’il vient de passer.

Le désincarné revivra d’abord les instants qui ont précédé sa mort, et pour cette raison, comme nous l’avons déjà dit, il vivra pendant les premiers jours parmi les siens, dans sa maison, son village, sa ville, son bureau, à son travail ; puis il revivra dans tous les lieux qu’il a connus il y a plus longtemps. Dans toutes ces facettes de sa vie passée, il répètera les mêmes drames, les mêmes mots, les mêmes scènes, etc. La dernière partie de cette rétrospection correspond aux événements de l’enfance. Une fois la rétrospection terminée, nous devons nous présenter devant les tribunaux de la justice divine : les Anges de la Loi nous jugent à nos actes, à nos œuvres.

Trois chemins s’ouvrent alors devant le désincarné. Le premier : passer des vacances dans les régions lumineuses de l’espace infini, avant de retourner prendre un corps. Le deuxième : retourner immédiatement dans une nouvelle matrice, ou après quelque temps. Le troisième : entrer dans les mondes infernaux, à l’intérieur de la planète où nous vivons.

QEst-il possible que cette rétrospection se fasse du vivant d’une personne ?

R. Plusieurs personnes qui ont été sur le point de mourir noyées ont vu leur vie se dérouler de façon rétrospective ; la même chose est arrivée à des gens qui, pour une raison ou pour une autre, sont passés près de la mort.

QUn jour où je négociais des arrangements pour l’enterrement de membres de ma famille, je discutais avec l’administrateur du cimetière, lorsque brusquement quelque chose me laissa muet, les yeux exorbités. Cela dura un bon moment, puis l’administrateur, voyant que je ne prêtais plus attention à ses paroles, me demanda ce qui m’arrivait. Il se mit alors à me parler fort, et m’éveilla de ma torpeur. Je lui racontai alors ce qui venait de m’arriver : au moment où j’avais cessé de parler, j’avais senti une présence près de moi. Je m’étais retourné et j’avais vu à côté de moi ma belle-mère récemment décédée, pour laquelle j’étais en train de régler les questions de cimetière. Elle me souriait aimablement, et m’invitait du geste à la suivre. Comme je ne pouvais pas bouger, elle m’avait simplement salué et avait disparu de ma vue. À la fin de mon récit, l’homme avait la chair de poule et les cheveux dressés sur la tête. Il me dit nerveusement que, depuis toutes les années durant lesquelles il avait été responsable du cimetière, jamais il n’avait eu connaissance d’un événement aussi sensationnel. Pourriez-vous m’expliquer ce phénomène ?

R. Avec le plus grand plaisir. Ne vous étonnez en aucun cas de visions suprasensibles comme celle-ci. À l’époque de la Lémurie, comme je le disais, tous pouvaient voir les morts dans l’atmosphère. Quel dommage qu’aujourd’hui les gens soient surpris par ce genre de visions.

Il n’y a rien d’étrange à ce qu’un mort puisse à l’occasion se rendre visible dans l’atmosphère : vous l’avez constaté vous-même, il est évident que vous avez pu le vérifier par la perception directe. L’administrateur du cimetière n’en était pas si loin ; il avait peut-être une certaine sensibilité psychique, du moins suffisante pour que sa peau et ses cheveux se hérissent.

QChaque fois que je rêve de ma grand-mère maternelle et que je la vois triste, elle m’annonce quelque chose dont je ne me souviens pas au réveil. Mais je me suis rendu compte, au fil des années, que dans les huit jours suivant ces rêves, il y a un membre de ma famille qui tombe gravement malade. Pourriez-vous m’expliquer cela ?

R. J’ai souligné amplement dans mes conférences le fait que, durant les heures du sommeil normal que tous nous connaissons, les âmes des vivants s’échappent du corps endormi dans le lit et entrent en contact avec les âmes des morts.

Dans cette dimension inconnue, il est normal que vous vous retrouviez avec votre grand-mère. Vous lui rendez visite dans des moments d’angoisse ou lorsque des membres de votre famille sont sur le point d’être malades ; vous voyez, maintenant, combien les morts sont près de nous ?

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Ce chapitre est tiré de En Regardant le Mystère (1972) de Samael Aun Weor. Les éditions imprimées et ebook de Glorian Publishing (une organisation à but non lucratif) sont illustrées pour faciliter votre compréhension et comprennent des fonctionnalités telles qu’un glossaire et un index. Achetez le livre, et vous bénéficiez vous-même et les autres.