La Justice

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Nous allons étudier dans cette leçon la huitième clé de Basile Valentin, une illustration tirée du Viridarium Chymicum.

La huitième clé est une allégorie alchimique, claire et parfaite, des processus de la mort et de la résurrection qui se produisent inévitablement dans la préparation ésotérique de la Pierre philosophale.

Toute la préparation intime de la Pierre et la transmutation métallique se trouvent représentées dans cette allégorie. Tout matériau humain employé dans ce travail meurt, se putréfie, se corrompt et noircit dans l’Œuf philosophal, puis il blanchit merveilleusement.

Dans l’Œuf philosophal se trouve contenu tout le travail du Grand-Œuvre. Les principes sexuels Masculin-Féminin se trouvent contenus dans l’œuf. Ainsi que de l’œuf sort le pigeon, de la même manière surgit l’Univers de l’œuf d’or de Brahma ; ainsi également, de l’œuf philosophal sort le Maître.

Dans l’illustration du Viridarium Chymicum, la mort est représentée par un cadavre, la putréfaction par quelques corbeaux, l’ensemencement par un humble cultivateur, la croissance (ou l’accroissement) par une gerbe de blé, la résurrection par un mort qui se lève de sa tombe et par un ange qui joue de la trompette du Jugement final.

Nous, les Gnostiques, savons que le cadavre, le mort de la huitième clé de Basile Valentin, représente les deux témoins de l’Apocalypse qui, pour l’instant, sont morts. Grâce à la putréfaction alchimique, représentée par les corbeaux, grâce aux travaux de l’alchimie, les deux témoins ressuscitent.

Notre devise est Thelema. Tout le pouvoir se trouve enfermé dans le grain de semence, pouvoir symbolisé dans la gerbe de blé. L’ange sacré que nous portons à l’intérieur, l’ange si sacré, joue de la trompette et les deux témoins se lèvent du sépulcre.

Les deux archers, l’un qui atteint la cible, et l’autre qui la manque, symbolisent les deux interprétations que l’on peut donner de l’alchimie, la correcte et l’erronée. La magie sexuelle blanche, et la magie sexuelle noire. L’Alchimie d’Or et le satanisme érotique.

Dans l’Alchimie d’Or il n’y a pas d’éjaculation de l’Ens-Seminis. Dans le satanisme érotique, il y a bel et bien éjaculation de l’Ens-Seminis. En Inde, les yogis noirs (Asura Samphata) éjaculent l’Ens-Seminis (Shuhra) pour le mêler criminellement au Raja féminin dans le vagin. Ils réabsorbent alors, au moyen de l’usage négatif du Vajroli, cette liqueur qui vient d’être mélangée avec le Raja féminin. Les yogis noirs (bonzes et Dugpas) croient qu’ainsi ils vont arriver à unir subtilement les atomes solaires et lunaires pour éveiller la Kundalini. Le résultat de ce Tantrisme noir est l’éveil négatif du Serpent. Celui-ci, au lieu de monter, descend alors vers les enfers atomiques de l’homme et se convertit en la queue de Satan.

C’est ainsi que les yogis noirs finissent par se séparer à jamais du Dieu interne. Ce sont des démons. Voilà donc ce qu’est la magie noire. Par ce chemin, les deux témoins de l’Apocalypse ne ressuscitent jamais. Voilà le chemin qui conduit à l’abîme et à la « seconde mort ». Quiconque éjacule sa liqueur séminale s’éloigne de son Dieu interne. Les yogis qui pratiquent l’Urdhvareta Yoga (la magie sexuelle positive), n’éjaculent pas l’Ens-Seminis. Alors, la combinaison de Shuhsra (atomes solaires) et de Raja (atomes lunaires) se réalise au-dedans de l’Œuf philosophal, c’est-à-dire du laboratoire sexuel de l’alchimiste.

C’est ainsi que ressuscitent les deux témoins. « Ce sont les deux oliviers et les deux flambeaux qui se tiennent devant le Dieu de la Terre. Et si quelqu’un s’avisait de leur faire du mal, un feu jaillirait de leur bouche pour dévorer leurs ennemis ; ou quiconque s’aviserait de les malmener, c’est ainsi qu’il lui faudra périr. Ils ont pouvoir de clore le ciel (pour ceux qui pratiquent la magie sexuelle avec éjaculation du Semen) afin qu’il ne pleuve pas durant le temps de leur prophétie, et ils ont aussi pouvoir sur les eaux (humaines), afin de les changer en sang, et pouvoir de frapper la Terre (philosophique, l’organisme humain des fornicateurs) de mille fléaux, autant de fois qu’ils le veulent (en accord avec la Loi). » (Apocalypse 11:4-6)

Disposition des deux témoins :

Les deux témoins sont une paire de cordons sympathiques mi-éthériques, mi-physiques, enroulés autour de la moelle épinière en formant le Huit sacré, le signe de l’Infini. Les deux témoins partent, chez l’homme, des deux testicules, droit et gauche, et chez la femme, des ovaires. Les deux témoins sont situés aux côtés droit et gauche de l’épine dorsale. Les deux témoins s’élèvent alternativement à gauche et à droite jusqu’à former un nœud merveilleux dans l’espace compris entre les sourcils ; puis ils se prolongent dans les fosses nasales. Les deux témoins connectent les organes sexuels avec les fosses nasales. Le cordon ganglionnaire qui provient du côté droit est chaud, solaire ; le cordon ganglionnaire qui part du côté gauche est froid, lunaire. Cette paire de cordons nerveux se nouent gracieusement dans le coccyx. Lorsque les atomes solaires et lunaires du système séminal se rencontrent dans le Triveni, près du coccyx, alors s’éveille la Kundalini.

L’union sexuelle entre initiés a pour unique objet d’établir le contact des pôles opposés pour éveiller la Kundalini. Grâce au contact sexuel, le Mercure de la philosophie secrète se multiplie (la liqueur séminale augmente). En n’étant pas éjaculé, l’Ens-Seminis se transmute en vapeurs séminales.

Celles-ci, à leur tour, se convertissent en énergies qui se bipolarisent en positives et en négatives. Les positives sont les forces solaires. Les négatives sont les forces lunaires.

Les énergies solaires et lunaires montent dans la paire de cordons sympathiques connus comme les deux témoins (Ida et Pingala). Le canal médullaire a un orifice inférieur qui, normalement, chez les personnes communes et courantes, se trouve bouché. Les vapeurs séminales débouchent cet orifice afin que le Serpent sacré puisse entrer par là à l’intérieur du canal médullaire.

Il est nécessaire d’avertir les frères gnostiques rosicruciens qu’ils doivent apprendre à polariser le feu sacré de la Kundalini. Certains dévots boivent de l’alcool et, sous le prétexte de travailler dans le Grand-Œuvre, jouissent bestialement de la passion charnelle (même lorsqu’ils ne gaspillent pas l’Ens-Seminis, ils ressentent le plaisir de la luxure). Le résultat est que ces dévots polarisent alors totalement le feu dans les chakras du bas-ventre et perdent la possibilité de jouir de la félicité et du bonheur du Lotus aux mille pétales. Ce lotus se trouve situé dans la glande pinéale ; c’est l’auréole des saints qui brille sur la tête des grands Initiés. Le Lotus aux mille pétales nous convertit en Maîtres du Samadhi (extase).

Le travail dans le Laboratorium-Oratorium est une véritable cérémonie mystique qui ne doit pas être profanée par le désir animal, ni par des pensées malsaines. Le sexe est le Sanctum Sanctorum du temple. Avant d’entrer au Saint des Saints, purifie ton mental de toute pensée impure.

Les épreuves ésotériques :

Dans l’Arcane huit sont contenus les épreuves initiatiques. Chaque initiation, chaque degré a ses épreuves. Les épreuves initiatiques sont chaque fois plus exigeantes, suivant le degré initiatique. Le nombre huit est le degré de Job. Ce signe, ce nombre, signifie épreuves et douleurs. Les épreuves initiatiques s’accomplissent dans les mondes supérieurs et dans le monde physique.

La carte huit du Tarot :

Dans l’Arcane huit du Tarot apparaît une femme avec une épée dans la main, devant la Balance de la Justice cosmique. Réellement, elle seule peut remettre l’épée au Mage. Sans la femme, aucun initié ne pourra recevoir l’épée. Il y a l’Ève-Vénus, la femme instinctive ; la Vénus-Ève, la femme noble du foyer. Il y a la Vénus-Uranie, la femme initiée aux grands mystères, et nous affirmons qu’il y a, enfin, l’Uranie-Vénus, la femme adepte, la femme réalisée à fond.

Le Feu Flammigère :

Le feu flammigère ouvre les sept Églises de l’Apocalypse (les sept centres magnétiques de la moelle épinière). Avec le premier centre situé à la hauteur des organes sexuels, nous conquérons les pouvoirs de la terre. Avec le second, situé à la hauteur de la prostate, nous conquérons les eaux. Avec le troisième, situé à la hauteur de l’ombilic, nous conquérons le feu universel. Avec le quatrième, situé à la hauteur du cœur, nous conquérons l’air. Le cœur est le sanctuaire de Séphira, la mère des Séphiroths, la divine Mère Cosmique. Avec le cinquième centre, situé à la hauteur du larynx créateur, nous recevons l’ouïe sacrée, et nous dominons l’Akash grâce auquel nous pouvons conserver notre corps vivant même durant les grandes nuits cosmiques. Avec le sixième centre, nous conquérons le centre magnétique du Père, situé entre les deux sourcils. Nous devenons alors clairvoyants. Avec le septième centre, situé dans la glande pinéale, nous recevons la Polyvoyance, la vue intuitive, l’extase.

L’équilibre de la Balance :

La femme de l’Arcane huit du Tarot tient d’une main la balance et de l’autre l’épée. Il est nécessaire d’équilibrer les forces, il est nécessaire et urgent de nous sanctifier absolument et de pratiquer l’Arcane A.Z.F. ; les forces de l’homme et celles de la femme s’équilibrent dans l’Amour et dans la Sagesse.

La double croix des pentacles de Pythagore et d’Ézéchiel représente l’Arcane huit. Vénus équilibre les œuvres de Mars ; Mercure équilibre et réalise les œuvres du Soleil et de la Lune, en haut comme en bas, dans le Macrocosmos et dans le Microcosmos, l’homme. Les œuvres du Soleil et de la Lune, de l’homme et de la femme, sont équilibrées et réalisées par le Mercure de la philosophie secrète (l’Ens-Seminis).

Jamais aucun yogi ou yogini ne pourrait se réaliser sans l’Arcane A.Z.F. Ceux qui veulent exclure l’Arcane A.Z.F. de tout leur yoga, violent la loi de l’Arcane huit. Ce sont ceux qui échouent.

Le vieux Saturne contrebalance le Père des Dieux, Jupiter tonnant. C’est la loi de l’équilibre.