Réflexions sur le Travail Intérieur

Samaël Aun Weor

Mes chers amis, mesdames et messieurs, ce soir nous allons parler un peu de nos inquiétudes spirituelles. Avant tout, il est bon de savoir pourquoi nous sommes ici ; qu’est-ce qui nous a amenés, en réalité, ce soir dans cette salle de la Gnose. Au fond, que recherchons-nous ? Nous devons bien éclaircir ces énigmes dans le but de nous orienter.

Nous pouvons, certes, écouter les discours des instructeurs. Mais cela vaut la peine que nous nous posions la question : avons-nous réellement compris leurs paroles ? Notre frère S., Missionnaire Gnostique International, a parlé. Ses désirs ardents, ses aspirations, ses inquiétudes mystiques se sont pleinement exprimés ; disons qu’il a pensé à voix haute ; vous l’avez écouté, mais nous ne sommes pas sûrs que vous ayez compris ses paroles. C’est pourquoi, avant tout, nous devons chercher à examiner un peu, à essayer d’éclaircir : qu’est-ce que nous voulons ? Qu’est-ce que nous recherchons ? Qu’est-ce que nous désirons ? Qu’est-ce qui nous a amenés ici ce soir ?

Nous vivons ! Cela, nous ne pouvons pas le nier, nous existons ! Nous sommes assis : vous, dans l’intention de m’écouter, moi, dans l’intention de vous parler… Vous avez tous des problèmes dans votre vie, qu’ils soient de type économique ou de type moral, etc., il n’y a quasiment personne qui n’ait pas de problèmes. Mais, vous voudriez tous ne pas avoir de problèmes, vivre en paix ; vous voudriez qu’il ne vous manque rien, absolument rien ; et je suis d’accord qu’il est nécessaire d’avoir pain, vêtements et refuge ; c’est évident.

Mais, il faut savoir où finit la NÉCESSITÉ et où commence l’AMBITION. Que nous ayons besoin d’une maison pour vivre, c’est évident ; que nous ayons besoin de nous vêtir décemment, c’est certain ; que nous ayons besoin de manger, c’est naturel, sinon nous mourrions…

Alors où finit la nécessité et où commence l’ambition ? Dans la vie, il y a des gens qui ne se préoccupent que d’obtenir de l’argent, de l’argent et encore plus d’argent. Mais vraiment, en réalité, ils ne savent pas pourquoi, ni à quelle fin. Ils travaillent jour après jour dans l’intention d’obtenir de l’argent et arrivent même à être multimillionnaires.

Mais, je me pose la question et je vous la pose à vous autres : pourquoi cette soif d’argent ? Un jour ou l’autre, ils meurent et l’argent qu’ils ont obtenu avec tant de sacrifices reste là ; ils ne peuvent pas l’emmener. En réalité, en vérité, quand on meurt on n’emmène pas la moindre chose, pas même une aiguille. Alors, à quoi sert à ces « archi-millionnaires » d’avoir sacrifié leur vie sur l’autel de l’argent ?

Je ne veux pas vous dire, à vous autres, qu’il n’est pas nécessaire d’en avoir, puisqu’il est évident que si on n’en a pas, alors on ne peut pas payer le loyer et on nous flanque à la porte ; il est certain que si on n’en a pas, alors on meurt de faim ; si on n’en a pas, alors on marche « tout nus » dans la rue ; c’est évident.

Mais ce qui n’est pas évident, c’est que nous dédiions notre vie exclusivement à vouloir devenir millionnaires. Que gagnent ces ambitieux qui passent leur vie à accumuler une fortune et qui meurent ? Et à quoi leur servent leurs grosses fortunes ?

Cela vaut la peine de réfléchir un peu à toutes ces choses. Il y a beaucoup d’autres inquiétudes : il n’y a pas de doute que l’homme a besoin d’une compagne ; nous ne pouvons pas nier non plus que la femme ait besoin d’un homme, d’un mari, c’est évident. Mais observez les couples et vous verrez qu’ils sont rarement heureux.

Ils vivent souvent en harmonie pendant un temps et soudain, il y a des conflits entre eux. Parfois, il arrive que l’homme rencontre quelque part une autre demoiselle et c’est alors un triangle fatal ; d’autres fois, c’est la femme qui commet l’adultère et c’est l’échec. Mais quelquefois, on voit le cas de couples qui sont heureux en apparence, où il n’y a pas de tierce personne au milieu et il s’avère qu’ils se battent entre eux quand on s’y attend le moins. Il dit une parole, elle en dit une autre, arrive la discussion et, pour finir, la vaisselle vole en éclats… Alors, quoi ?

En réalité et en vérité, l’être humain ne sait pas vivre. Les prisons, par exemple, sont remplies de gens ; tous ceux qui sont en prison se lavent les mains ; ils disent : « Non, je ne suis pas coupable, ce qui se passe, c’est que ces juges injustes m’ont placé ici… ». Résultat : personne n’est coupable. Mais, il n’y a pas de doute qu’ils sont en prison parce qu’ils ne savent pas vivre ; s’ils savaient vivre, ils ne seraient pas en prison. Voilà le problème le plus grave !…

Nous devrions tous dire : « Oui, nous sommes remplis d’inquiétudes et nous ne savons pas vivre »… Si quelqu’un savait vivre, alors il irait bien ; mais nous ne savons pas vivre ; les gens se battent pour tout : quelqu’un dit un petit mot inharmonieux et la personne visée réagit violemment. Résultat, donc : dispute ! Mais cette tendance que j’ai vue dans l’humanité, précisément […] les uns contre les autres et tous contre tous. Personne ne sait vivre en paix. Qu’est-ce qui se passe dans tout cela ? Vraiment, en réalité, cela vaut la peine que nous sachions, nous autres, ce que nous avons, là, à l’intérieur de nous, ce que « nous portons ».

Quand nous frappons à une porte, on nous demande : « Qui est-ce ? ». Nous répondons : « Moi ! ». Mais qui est ce « Moi » que nous avons en nous ? Évidemment, c’est celui des problèmes ; et chacun de nous semble un problème et est un problème ; le Moi est « problèmes ». Mais nous avons un Moi ; chacun de vous a un Moi et quand vous frappez à une porte et qu’on vous demande : « Qui est-ce ? », vous répondez : « Moi ! ».

Eh bien ! Il me semble que ce soir cela vaut la peine que nous essayions de comprendre ce qu’est ce « Moi ». Il me semble qu’il ne doit pas être très « bon » puisque nous nous disputons pour n’importe quoi. Il me semble qu’il ne doit pas être un « saint », alors qu’à toute heure nous sommes remplis d’ambitions.

Si nous laissions, si nous posions, ici, une boite remplie d’or en poudre, pourrions-nous être sûrs qu’aucun d’entre nous ne toucherait à cet or en poudre ? Que les hommes honorables et les femmes très dignes s’examinent eux-mêmes… Ou si untel nous avait laissé la garde de cette boite d’or en poudre, pas ici, mais là-bas, dans notre maison, serions-nous sûrs de ne pas toucher un grain de cet or ? Qui pourrait me donner une réponse ? Qui se sentirait capable de ne pas toucher un milligramme d’une boite où il y aurait de l’or en poudre ?

Je crois qu’il n’y a personne. Parce qu’il y a un dicton qui dit « devant un coffre ouvert, même le plus juste pèche ». Et c’est une terrible vérité. Et pourtant je vous signale que nous sommes tous des personnes honorables (soit disant)…

Or, dans les temps anciens et encore à notre époque, continue d’exister là-bas, au Moyen Orient, une secte vraiment extraordinaire. Je veux me référer à la secte des DRUSES SYRIENS. Un certain gentleman allemand qui arriva en Syrie demanda à entrer dans cette secte. On le mit dans un immense souterrain après l’avoir soumis à beaucoup d’épreuves. Il se sortit bien de toutes les épreuves. Pour finir, étant affamé après environ huit jours sans avoir mangé, on le mit devant des plats délicieux où brillaient des fruits ; enfin cette nourriture sollicitait donc son palais. L’homme avait une faim atroce et, cependant, devant cette scène si merveilleuse, il trouva la force de volonté pour ne pas manger et sortit de là vainqueur…

Mais, arriva alors la partie la plus grave qui est la suivante : L’ÉPREUVE SEXUELLE. On le fit coucher dans une très belle chambre, parmi des fleurs, des parfums et tout. Il était si fatigué qu’il décida de dormir un peu. Soudain, il vit une dame ineffable ; elle s’approcha de lui (bien sûr ce que je suis en train de raconter n’attirera pas l’attention des femmes, car ce sont des femmes. Mais n’oubliez pas que pour les femmes aussi il y a des épreuves, non pas avec des femmes mais avec des hommes, bien sûr ; mais ici, dans ce cas, comme c’était un homme, on devait l’éprouver avec des femmes, c’est évident).

Cette femme arriva en « tenue d’Ève », naturellement, le calice à la main et invitant cet homme à l’amour. On pourrait dire que, plus encore, elle alla même jusqu’à essayer de le violenter sexuellement. Mais lui, avec une force d’acier, avec une puissante volonté, tint ferme et ne chuta pas. Bien sûr, comme il était sorti triomphant, il reçut l’INITIATION SYRIENNE, il reçut quelques pouvoirs ; dans un miroir, un Prêtre lui montra l’avenir qui l’attendait (et cet avenir s’accomplit au pied de la lettre).

Si, à un moment donné, il avait échoué, on l’aurait tué, parce que dans les murs il y avait de petits trous par lesquels il était observé. Une chute de sa part et on le tuait ! Il aurait cessé de vivre, le pauvre ! Mais, il avait une volonté d’acier et il triompha : il reçut l’Initiation et il reçut beaucoup de pouvoirs extraordinaires…

Maintenant, je dis aux femmes que, pour elles, il y a d’autres épreuves, mais les épreuves, pour elles, sont avec des hommes et, si elles chutent, elles subissent le même sort que les hommes…

Maintenant, je demande aux hommes qui sont ici présents : n’auriez-vous pas échoué ? Êtes-vous sûrs que si une de ces femmes, ineffable, vêtue en « tenue de paradis », venait se coucher, dormir avec vous, avec des manières tentatrices, vous auriez une volonté si forte que vous ne tomberiez pas ? Posez la main ici, sur votre coeur, et dites-vous à vous-mêmes, demandez-vous si vous seriez capables de passer cette épreuve.

Quant aux femmes, je leur dirais : seriez-vous capables de la passer si vous, les jeunes, vous vous retrouviez en présence d’un Apollon énamouré ? En sortiriez-vous victorieuses ?

De sorte que nous autres, nous ne sommes pas de douces brebis. En nous, nous portons la fornication, et cela vous ne pouvez pas le nier ; nous portons l’adultère ; qui pourrait le nier ? Les terribles jalousies, celles qui mortifient la vie ; la colère : pour n’importe quelle chose, nous nous mettons en colère, nous sommes grincheux, colériques, irascibles, furieux ; alors, un tel Moi, celui que nous portons à l’intérieur de nous, me semble ne pas être très « saint ». Et il est vrai qu’un tel Moi existe au-dedans de nous et il vaut la peine que nous réfléchissions, ce soir, à ce qu’est le Moi.

Le Moi est une somme de défauts psychologiques : colère, convoitise, luxure, envie, orgueil, paresse, gourmandise, etc. On dit que Jésus de Nazareth expulsa Sept Démons du corps de Marie Madeleine (ceux-ci représentent les SEPT PÉCHÉS CAPITAUX ; chacun d’eux est une tête de légion). Quand Jésus demanda au possédé de l’Évangile quel était son nom, il répondit : « Mon véritable nom est LÉGION… ». Cela veut dire que le Moi est légion, une légion de Démons, c’est clair.

En fait, chacun de nous est un « possédé » ; chacun de nous porte à l’intérieur de lui une légion de Diables. Cela nous dérange qu’on nous parle ainsi, parce que, nous autres, nous sentons que nous sommes de très bonnes personnes, mais la réalité, c’est cela. L’un d’entre vous croit-il qu’il ne porte pas en lui les Sept Péchés Capitaux ?

Rappelons-nous que Marie Madeleine était une femme repentie, mais Jésus dut faire sortir d’elle Sept Démons. Ces démons-là ne sont rien de plus que les « éléments » dont est composé l’Ego, le Moi. Le Moi est quelque chose de PLURALISÉ, non quelque chose au singulier. Le Moi est un tas de gens, pas des gens physiques, en chair et en os, non ! Ce sont des gens psychologiques, mais des gens qui existent en nous.

La colère, en elle-même, est un démon ; elle ressemble à une personne ; elle a ses raisonnements et ses motifs ; elle se justifie, etc. La convoitise est un autre démon ; qui pourrait le nier ? La luxure, de même l’envie, l’orgueil, la paresse, la gourmandise sont des démons et ils existent dans notre corps ; ce sont les Mois. De sorte que le Moi est composé ; il n’est pas singulier, il est pluriel ; ce sont des Mois.

Le Moi pluralisé est analysé maintenant dans la Psychologie Expérimentale. Chacun de nous porte le Moi Pluralisé en lui, c’est-à-dire qu’en chacun de nous il y a beaucoup de Mois et que chaque Moi est une personne. Si nous disons : « À l’intérieur d’une personne vivent beaucoup de personnes », nous sommes en train de dire une vérité. Chacune de ces personnes qui vivent en nous a ses propres critères, ses propres idées, ses propres pensées, ses propres désirs, etc.

Donc, en réalité et en vérité, à l’intérieur de notre personne vivent beaucoup de personnes qui luttent entre elles, qui se battent pour la suprématie, qui veulent contrôler totalement notre corps, notre cerveau, notre coeur, notre sexe, etc. Vous comprendrez maintenant pourquoi vous êtes remplis de tant de CONTRADICTIONS. Si nous pouvions nous voir dans un miroir, de la tête aux pieds, tels que nous sommes, nous fuirions, épouvantés ; à l’intérieur de nous vivent beaucoup de gens. Maintenant, vous comprendrez pourquoi nous nous contredisons à chaque instant.

Le Moi qui, aujourd’hui, jure un amour éternel à une femme est, plus tard, remplacé par un autre Moi qui n’a rien à voir avec ce serment ; l’individu se retire et la malheureuse reste déçue.

Le Moi d’une femme qui jure un amour éternel à un homme, plus tard, à un instant donné, est remplacé par un autre Moi que ça ne regarde pas ; la dame se retire et l’individu reste déconcerté.

Le Moi qui jure un amour éternel pour la Gnose, qui dit : « Oui, je vais suivre ces études, elles sont extrêmement intéressantes et merveilleuses ! » est remplacé, plus tard, par un autre Moi qui dit : « Je n’ai rien à voir avec ces études, elles ne m’intéressent pas ; ce qui m’intéresse, ce sont les affaires, c’est le bistrot ; ce qui m’intéresse, ce sont les fêtes, etc. ». Alors, l’individu se retire et tous les frères du groupe restent déconcertés.

C’est-à-dire que nous n’avons pas de Moi permanent ; ce que nous avons, c’est une multiplicité de Mois. Notre personne humaine est une machine actionnée par différents Mois. Aujourd’hui, nous pensons une chose, demain nous pensons autre chose, c’est-à-dire que notre Mental est un « Mental-girouette » : il va là où le vent l’emmène…

Nous ne sommes pas des individus responsables. Si quelqu’un nous fait un serment, nous pouvons être sûrs que cette personne n’accomplira pas son serment. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas de Moi permanent.

Alors, nous sommes des machines… DES MACHINES ACTIONNÉES PAR DES FORCES QUE NOUS NE CONNAISSONS PAS : souvent, dans l’Espace Infini, il y a une catastrophe (par exemple, deux mondes qui s’entrechoquent, deux planètes) ; comme résultat, de terribles forces cosmiques parviennent à la Terre. Les foules captent ces forces et, immédiatement, elles se lancent dans la guerre en brandissant différents slogans, en disant qu’elles vont se battre pour la démocratie, qu’elles vont se battre contre la tyrannie, etc., mais vraiment, en réalité, elles ne savent pas pourquoi elles vont se battre. Elles ont été touchées par certaines forces du Cosmos et c’est tout.

Et que dire de la CONSCIENCE ? Avez-vous une Conscience ? Je crois que oui, vous en avez une, n’est-ce pas ? Mais elle est ENDORMIE. Si elle était ÉVEILLÉE, vous connaîtriez, par expérience directe, les Mystères de la Vie et de la Mort. Mais, vous ne savez pas pourquoi vous êtes nés, ni quand vous êtes nés. Vous dites que vous êtes nés telle année, à telle date, mais c’est parce qu’on vous l’a dit. Mais, où étiez-vous avant votre naissance ? L’un d’entre vous pourrait-il me dire où il était avant sa naissance ? Eh bien non, évidemment.

Et la mort, qu’est-ce que c’est ? Qu’y a t-il au-delà de la mort ? L’un de vous le sait-il, le connaît-il par expérience directe ? Personne. Vous vivez une portion de vie (qui est, assurément, très amère), un certain nombre d’années. Avant la naissance, vous ne savez rien ! Après la mort, vous ne savez rien ! Vous vivez ici un petit nombre d’années, avec la Conscience endormie, en luttant pour gagner des « prunes », en luttant pour payer le loyer ou pour mettre ces nippes pour ne pas aller tout nus, en luttant pour un quelconque amour, pour un être que vous désirez, un attachement. Ensuite vient la mort. Et alors ? Que savez-vous de la mort ? Rien.

Alors la crue réalité des faits, c’est que les gens ont tous la Conscience endormie. S’ils l’avaient éveillée, ils sauraient où ils étaient avant la naissance. S’ils l’avaient éveillée, ils sauraient ce qui les attend après la mort Mais, ils ne savent rien de cela parce qu’ils ont la Conscience endormie.

À vous, je vais dire quelque chose de plus : de tous les PHÉNOMÈNES PHYSIQUES qui se passent autour de nous, la Conscience humaine n’en perçoit qu’UN MILLIONIÈME. Ici même, autour de nous, beaucoup de faits physiques matériels sont en train de se produire. Je ne vous parle pas de faits métaphysiques, non, physiques, dont vous n’avez pas conscience ; vous ne les voyez pas, vous ne les touchez pas et ils sont physiques ! Et si je vous parlais d’un seul d’entre eux, vous ne me croiriez pas.

J’ai déjà essayé avec certains auditoires. Je leur ai parlé, par exemple, de tel ou tel phénomène que personne ne percevait. Je leur en ai parlé et personne ne m’a compris ! C’est la crue réalité. Pourquoi ? Parce qu’il leur manque certaines zones du cerveau qui, actuellement, ne fonctionnent pas et qui sont faites pour capter ce type de phénomènes.

De sorte que les être humains ont une Conscience de somnambules : ils avancent en dormant. Il serait intéressant d’éveiller la Conscience ; oui, ce serait intéressant ! On pourrait alors percevoir la Vérité directement par soi-même. Si on éveillait la Conscience, on connaîtrait les Mystères de la Vie et de la Mort. Mais tant qu’on est ainsi, tel qu’on est, avec la Conscience endormie, que peut-on savoir des Mystères de la Vie et de la Mort ? Rien, « pas un traître mot ! »…

Y a-t-il une façon de pouvoir ÉVEILLER LA CONSCIENCE ? Je vous dis que oui, il y en a une et ce soir je vais vous remettre la technique : avant tout, on doit admettre qu’on a SA PROPRE PSYCHOLOGIE. Les gens ont un peu de difficulté avec ça ; ils admettent qu’ils ont un corps de chair et d’os parce qu’ils peuvent le toucher, ils peuvent se tenir les mains, les sentir, etc., mais ils acceptent difficilement d’avoir une psychologie, parce que, par contre, ils ne peuvent pas la voir. Comment feraient-ils pour la voir, pour la toucher, pour la palper ?

Cependant, lorsque quelqu’un accepte d’avoir sa propre Idiosyncrasie Psychologique, de ce fait, il commence à S’AUTO-OBSERVER. Quand quelqu’un s’auto-observe, en fait, c’est déjà un individu différent des autres, puisque les autres ne s’auto-observent pas.

Il faut s’auto-observer pendant l’action : rappelons-nous que les défauts qui sont cachés en nous affleurent spontanément quand on y pense le moins ; ils affleurent au contact des amis, dans la rue ; ou avec la famille, à la maison ; ou avec les collègues, à l’usine, etc., mais ils affleurent ! Et si on reste alerte et vigilant comme la vigie en temps de guerre alors, on les voit. Un défaut psychologique qu’on a découvert, on doit LE COMPRENDRE, on doit l’ANALYSER, on doit l’ÉTUDIER…

Supposons que soudain, nous ayons une dispute avec notre conjointe (ou, si nous sommes une femme, avec notre conjoint) pour une question de jalousie ; que nous ayons peut-être trouvé notre compagne (ou notre compagnon) en train de parler d’une manière très intime quelque part avec une personne du sexe opposé, etc. Nous avons ressenti dans notre petit coeur une gêne, un petit ver qui nous ronge horriblement : la jalousie ! Nous nous sommes fachés, nous nous sommes battus avec la conjointe (si nous sommes une femme, avec le conjoint), alors, que faire ?

En arrivant chez nous, donc, il vaut la peine que nous nous couchions sur notre lit, que nous relaxions complètement nos muscles, notre corps, que nous fermions les yeux, que nous nous concentrions sur la scène EN LA VISUALISANT TELLE QU’ELLE S’EST PASSÉE. En la visualisant telle qu’elle s’est passée, on va découvrir qu’on a ressenti de la JALOUSIE, qu’on l’a (le Moi ou le Démon de la jalousie) ; on va découvrir qu’on a ressenti de la COLÈRE, qu’on l’a (le Moi de la colère) ; on va sentir qu’on s’est senti offensé, que notre AMOUR-PROPRE a été blessé, qu’on a le Moi de l’amour-propre. C’est évident : on a découvert qu’on a trois Mois : jalousie, colère, amour-propre. Que faire ? Il faut désintégrer ces trois Mois. Comment faire pour les désintégrer ? Eh bien, il faudra donc faire appel à une force qui soit supérieure au Mental ; le Mental, par lui-même, ne peut altérer fondamentalement aucun défaut : il peut le désigner sous différents noms, le passer d’un département à l’autre de l’entendement, se le cacher à lui-même ou le cacher aux autres, etc., mais il ne peut pas l’altérer fondamentalement. Il faut un Pouvoir qui soit supérieur au Mental, un Pouvoir qui soit capable de pulvériser n’importe quel défaut.

Heureusement, ce pouvoir existe à l’intérieur de nous ; il se trouve à l’état latent ; ce qui importe, c’est d’en faire usage. Je veux me référer, de manière emphatique, à un pouvoir que les hindous, là-bas, en Inde, appellent « KUNDALINI ». La Kundalini a la forme d’un Serpent. Elle monte par la moelle épinière de l’ascète gnostique ; c’est le Serpent de Feu et ce Serpent de Feu existe en chaque être humain. Bien qu’il soit enroulé trois fois et demi dans l’os coccygien (base fondamentale de l’épine dorsale), il existe ! On peut se concentrer sur ce Pouvoir Igné Flammigère appelé « Kundalini ».

Les Alchimistes médiévaux l’appelaient « STELLA MARIS », c’est-à-dire « La Vierge de la Mer » qui est une variante de notre propre Être, mais dérivée. Ce pouvoir existe en chacun de vous (Kundalini). Si vous vous concentrez sur ce pouvoir, sur Stella Maris, et si vous lui demandez vraiment, à cette Mère Divine, de RÉDUIRE EN CENDRES, de convertir en poussière cosmique l’AGRÉGAT PSYCHIQUE ou le défaut psychologique en question, vous pouvez être sûrs que vous serez écoutés et que la Mère Cosmique particulière (qui est Kundalini elle-même, le Serpent en chacun de vous), vous assistera en désintégrant, en réduisant en poussière cosmique le défaut que vous avez COMPRIS INTÉGRALEMENT, dans tous les Niveaux du Mental.

Quand un défaut se désintègre, une partie de la Conscience qui y était enfermée, embouteillée, se libère ; et quand nous serons parvenus à détruire tous nos défauts psychologiques, c’est-à-dire tous nos Mois (parce que chaque défaut est un Moi, c’est une personne physique au-dedans de nous), quand nous en aurons fini avec tous ces Mois, alors notre Conscience restera totalement éveillée, libérée. Une Conscience éveillée est une Conscience qui peut voir, entendre, toucher et palper…