Endroit et Envers des Vertus Humaines

Samaël Aun Weor

Bon, en résumé, ce Maître, je le répète, a commis l’erreur de sous-estimer les […] qualités chrétiennes ou les vertus enseignées par l’Évangile et il restera seulement avec les caractéristiques de Geburah (la Rigueur, la Loi) ; donc, il n’est pas parvenu à entrer dans l’Ordre Supérieur…

Je connais aussi beaucoup de cas intéressants : des gens magnifiques, très sincères, très chrétiens, qui se sont consacrés seulement et exclusivement à l’obtention en eux-mêmes des Vertus de l’Évangile Chrétien, mais en sous-estimant complètement les caractéristiques de Geburah. Ils finirent, en général, par faire un mauvais usage des Vertus, en les utilisant hors de propos et j’ai déjà dit et je le répète : « Une Vertu, aussi bonne soit-elle, qui n’est pas à sa place, se convertit en quelque chose de pernicieux, en quelque chose de mauvais ».

Par exemple : la haine est quelque chose qui n’est pas à sa place, parce que ce qui est naturel, c’est l’Amour. L’envie, c’est quelque chose qui n’est pas à sa place. Pourquoi devons-nous ressentir de l’envie pour le bien d’autrui ? Au contraire : Nous devrions nous réjouir pour les biens de nos semblables. Malheureusement, l’envie s’est convertie, pour ainsi dire, en axe de toute notre organisation sociale, en ces temps de dégénérescence humaine.

La Charité est grandiose ! Mais, que dirait-on de quelqu’un qui sortirait donner l’aumône aux drogués, pour qu’ils achètent de la drogue ; aux alcooliques, pour qu’ils se saoulent dans les bistrots ; aux avares, pour qu’ils continuent à s’enrichir, etc. Il est logique qu’une Vertu aussi précieuse que celle de la Charité, mais qui n’est pas à sa place, paraisse donc de la folie, non ? Quelque chose d’anormal, quelque chose d’absurde. Toutefois, la Charité est l’une des Vertus les plus précieuses mais, elle doit toujours être à sa place.

Nous sommes nous-mêmes en train de fonder l’Institut de la Charité Universelle et nous le faisons avec plaisir, pour servir nos semblables, pour aider ceux qui le méritent véritablement : les personnes âgées qui ne peuvent pas travailler, les veufs, les orphelins, les défavorisés, etc. L’égoïsme, par exemple, est quelque chose qui n’est pas à sa place, parce que ce qui est naturel, c’est l’Altruisme ; c’est clair.

La liberté est magnifique. Mais la mauvaise utilisation de la liberté se convertit en libertinage et le libertinage n’est pas à sa place, parce que ce qui est normal, c’est la liberté consciente, non le libertinage, qui est l’aspect négatif, et ainsi de suite.

Par conséquent, il est très facile de se tromper ; c’est pourquoi la dissolution du Moi s’avère épouvantablement difficile.

Maintenant, il y a une tendance très marquée à l’auto-considération : beaucoup d’individus qui, apparemment, mènent une vie chaste, forniquent soudain par auto-considération et se justifient en disant : « Oui, j’ai dû forniquer, c’était nécessaire », etc.

Une femme qui se livrait à l’adultère (qui a commis le crime d’adultère) justifiait, un jour, son délit en disant : « Oui, eh bien, c’est parce que mon mari ne me satisfaisait pas sexuellement ? Et j’ai dû chercher, alors, une autre personne avec laquelle je puisse satisfaire un besoin très naturel, très normal ». C’est-à-dire qu’elle justifiait son délit ; il lui semblait qu’elle n’avait commis aucune faute.

Il y a donc une tendance très marquée à l’auto-considération et à l’auto-justification. Il n’est pas possible d’éliminer les éléments inhumains qui constituent l’Ego, tant qu’existent l’auto-considération et l’auto-justification ; c’est clair. On doit se convertir (si on veut dissoudre l’Ego) en ennemi impitoyable de soi-même : se traiter sans auto-considération d’aucune sorte, être crûment réaliste avec soi-même.

Normalement, les gens voudraient s’échapper de la prison où ils se trouvent (au moins quelques-uns, peu nombreux, voudraient s’échapper), mais ils ne trouvent pas la porte ; et s’ils la trouvent, ils ne veulent pas s’échapper : en la voyant, ils ne la voient pas. Ainsi est l’humanité…

Il y en a qui arrivent à s’échapper de cette prison horrible du Samsara. Mais, au lieu de chercher le chemin qui leur convient vraiment, ils prennent un autre chemin. Alors les Seigneurs de la Loi les ramènent de nouveau à la prison.

Pour tout cela et pour beaucoup d’autres motifs, il s’avère difficile d’éliminer les éléments inhumains que l’on a en soi. Maintenant, nous nous expliquons pourquoi il est si difficile de pouvoir pénétrer dans l’Ordre Supérieur.

Quand on a obtenu la mort de soi-même dans toutes ses formes : dans ses pensées, dans ses sentiments, dans ses volitions, dans ses désirs ; quand on est réellement mort soi-même dans tous ses aspects, quand il ne reste rien de l’Ego, vient alors l’Auto-réalisation Intime de l’Être. Et c’est là, vraiment, qu’on gagne le droit d’entrer dans l’Ordre Supérieur des Maîtres Immortels et c’est tout.

C’est pourquoi j’invite franchement tous mes frères à l’Auto-réflexion… Il est nécessaire de devenir sérieux. Je ne peux pas considérer qu’une personne soit sérieuse si elle ne se consacre pas à la mort du moi-même, du soi-même.

Les Maîtres qui ont travaillé à leur Auto-réalisation Intime sont très nombreux. Toutefois, je l’ai déjà dit et je le répète à nouveau : « Ils n’ont pas tous réussi à entrer dans l’Ordre Supérieur ». A cet Ordre appartiennent seulement quelques Immortels, très peu nombreux, une infime poignée d’hommes et de femmes de bonne volonté. Bon, ici s’arrête mon entretien, mon cher E. V. Q.

Paix Invérentielle !