Concentration

Écrit par : Gnostic Instructor   Catégorie : Spiritualité Pratique

concentration
Concentration de la Lumière

Aujourd’hui, nous allons parler de la concentration, qui en Sanskrit est dharana.

Ce cours s’appelle Spiritualité Pratique et explore les Écritures les plus significatives de la tradition du Yoga : la Bhagavad Gita («Chant du Seigneur») et les Yoga Sutras, une très courte Écriture écrite par Patanjali pour expliquer ce qu’est le Yoga et comment pratiquer le Yoga

Le mot Yoga vient de la racine Sanskrit «yuj» qui signifie «joindre». Le mot religion vient d’une racine Latine «religare» qui signifie «relier, lier ensemble». Donc les deux mots Yoga et religion signifient la même chose chose. C’est ainsi que nous restaurons ou réunissons la Conscience en nous avec son état naturel, la racine d’où elle vient. Ainsi, nous sommes ici pour apprendre à restaurer ou récupérer l’état de pureté que nous avions autrefois mais avons perdu à cause de notre chute dans le péché, le désir, la luxure, la colère, l’orgeuil et toutes les autres qualités que les écritures à travers l’histoire essayaient de nous montrer sont la cause de nos problèmes.

Bien sûr, de nos jours, les gens pensent que le Yoga s’étendre ou être un acrobate de cirque, capable de tordre votre corps en nœuds. En fait, cela n’a presque rien à voir avec le vrai Yoga. Le Hatha Yoga, les exercices d’étirement, sont comme le niveau de la maternelle par rapport à obtenir un doctorat. Obtenir un doctorat, il faut de nombreuses années de travail, d’effort et d’éducation, mais vous allez seulement au jardin d’enfants pendant 8 ou 9 mois. Donc, la partie d’étirement du Yoga est comme la maternelle; elle a sa place dans la tradition du Yoga, c’est comme ça que vous préparez le corps pour la Méditation, mais ce n’est pas l’ensemble du travail. C’est simplement la pré-école, la première phase d’introduction du Yoga. Étirer votre corps physique ne peut pas libérer votre Conscience du conditionnement. C’est plutôt évident, mais malheureusement beaucoup de gens sont induits en erreur à cet égard.

Jusqu’à présent dans ce cours, nous avons expliqué beaucoup de préliminaires, beaucoup de termes, et nous sommes entrés dans les détails sur les structures de base de ce qu’est le Yoga. Dans la conférence d’aujourd’hui, je ne répéterai pas ce matériel d’introduction, mais parlerai spécifiquement d’un aspect: dharana.

Avant la conférence d’aujourd’hui, nous n’avons pas médité. Au lieu de cela, nous avons fait quelques exercices préliminaires, des exercices d’entraînement qui peuvent nous apprendre à atteindre la Méditation. Cette distinction est vraiment importante. La Méditation n’est pas une pratique. Ce n’est même pas une théorie. Ce n’est pas quelque chose qui peut être imité. Correctement définie, la Méditation est un état de Conscience. En tant qu’état de Conscience, il s’agit d’un phénomène expérientiel qui ne peut être transmis par des mots, de l’argent, par l’appartenance à un groupe ou par la croyance. Il ne peut être provoqué en vous-même que par cause et effet. Si vous comprenez les causes de cet état de Conscience, et que vous produisez ces causes, alors inévitablement vous expérimenterez l’état qui s’appelle la Méditation. Cela n’a rien à voir avec les croyances, les religions, les traditions, la race, le sexe, la culture ou quoi que ce soit d’autre.

La Méditation est un état de Conscience ; c’est en fait votre état naturel. C’est l’état de Conscience inconditionnée, c’est-à-dire que lorsque la Conscience est extraite de l’état conditionné dans lequel elle se trouve maintenant, elle devient complètement libre de la souffrance. Là maintenant, notre Conscience est fortement conditionnée. Nous apprenons les étapes de la Méditation afin de libérer la Conscience de ce conditionnement, même si brièvement, afin que nous puissions alors comprendre cet état naturel, et ensuite comprendre comment libérer la Conscience de façon permanente.

L’état de Méditation est un état de perception dans lequel la Conscience se connaît elle-même et n’est pas liée par l’orgueil, la colère, la peur, la luxure, l’envie, l’avidité, la gourmandise, la paresse, l’anxiété. Tous les problèmes et les souffrances que nous avons maintenant sont levés. Dans l’état de Méditation, la Conscience est libre, naturelle, spontanée, contente, joyeuse, sage, intelligente, perspicace et surtout, perçoit la réalité et comprend ce qu’elle perçoit. C’est l’état de la Méditation.

Pour accéder à cet état, il y a des exigences. De la même manière que vous ne pouvez pas faire pousser une plante sans eau, lumière et nutriments, pour atteindre la Méditation, vous avez besoin de certains éléments. Aujourd’hui, nous avons atteint la sixième étape du Yoga : dharana, concentration.

«Sans une sage concentration de la pensée, l’expérience de la vérité est impossible.» – Samael Aun Weor

«… la concentration est la première et principale chose qu’un sadhaka ou un aspirant doit acquérir sur le chemin spirituel.» – Swami Sivananda

La concentration est la capacité de faire attention sans être distrait. Nous avons tous cette capacité. Tout le monde ici est capable de regarder leur émission de télévision préférée, ou écouter leur chanson préférée, ou jouer à leur jeu préféré, ou poursuivre leur passe-temps favori et être très concentré. Cela démontre la capacité de la Conscience à maintenir une continuité d’attention quand elle s’intéresse au sujet pour lequel elle est attentive. Le problème que nous avons est que nous ne savons généralement pas comment faire attention aux bonnes choses, de la bonne manière, au bon moment. Nous sommes facilement attirés par les choses qui correspondent à nos désirs, à nos peurs, à nos angoisses ou à notre colère. Quand quelqu’un nous provoque et blesse nos sentiments, il nous est très facile d’accorder beaucoup d’attention à cette douleur, d’être très concentré sur cette douleur et de maintenir cette attention pendant de longues périodes de temps, même une vie d’attention constante à ce traumatisme dans la psyché, mais c’est une utilisation erronée de l’attention. Cela ne résout pas la douleur, mais l’exacerbe, la renforce, la nourrit et rend ce traumatisme psychologique gras et lourd, et lui donne du pouvoir sur la Conscience. C’est une façon de causer de la souffrance pour nous-mêmes et pour les autres. Nous le faisons de millions de façons: en nous concentrant sur les objets des désirs, nous renforçons et allongeons nos souffrances.

Ainsi, dans la vie spirituelle, le simple but de la concentration est de détourner la concentration des tendances néfastes et de la rediriger vers les tendances bénéfiques. Nous apprenons à retirer notre attention des comportements nuisibles et à les diriger vers des comportements bénéfiques et à les maintenir.

La concentration est vraiment critique dans notre développement spirituel, mais la plupart des gens ne savent pas ce qu’est réellement la concentration. La plupart des gens qui essaient d’apprendre la Méditation peuvent aller à quelques cours ou retraites, ou lire des livres, et ils peuvent essayer la Méditation plusieurs fois, mais quand ils sont confrontés à leur état mental sauvage, ce mental instable qui est constamment dardant de pensée en pensée, de sensation en sensation, de mémoire en mémoire avec un chaos d’anxiété et de douleur, de stress, d’incertitude, il est écrasant, douloureux et frustrant, alors ils abandonnent. La grande majorité des gens qui s’intéressent à la Méditation s’arrêtent avant même d’avoir réellement commencé, parce que quand ils voient la réalité de leur mental, ils ne peuvent pas accepter la vérité, et ils ne sont pas éduqués sur la façon de gérer cela, alors ils abandonnent et partent. Au lieu de cela, ils vont chercher quelque chose de plus facile, une pilule magique ou un groupe spirituel qui leur donnera une garantie spirituelle, les fera se sentir bien dans leur peau pour qu’ils oublient la réalité du mental, cela n’emmène nulle part de bon.

Le progrès spirituel dépend de la réalité et cette réalité est dans le miroir, en nous regardant dans le visage.

Apprendre à méditer ne consiste pas à s’échapper de la vérité ou à éviter la réalité, c’est affronter la vérité, la comprendre et apprendre à changer pour notre propre bénéfice et celui des autres. C’est ce en quoi consistent les étapes du Yoga.

Les Étapes du Yoga

1. Yama ou Vœux Éternels: • Ahimsa (non-violence) • Satya (vérité) • Asteya (non-voleur) • Brahmacharya (continence) et • Aparigraha (non-avarice);

2. Niyama ou Observances: • Saucha (pureté) • Santosha (contentement) • Tapas (austérités) • Svadhyaya (étude) et • Ishvarapranidhana (soumission à Dieu);

3. Asana (posture méditative ferme et confortable);

4. Pranayama (la régulation de la force vitale);

5. Pratyahara (abstraction des sens et du mental des objets);

6. Dharana (concentration);

7. Dhyana (Méditation); et

8. Samadhi (état super-conscient ou transe)

En Sanskrit, les deux premières étapes de la vie spirituelle sont appelées Yama et Niyama, ou autodiscipline et préceptes. Nous avons expliqué ces étapes à fond dans les premières leçons de ce cours, mais juste pour vous rafraîchir la mémoire, elles se résument à un simple mot: l’éthique. Le Yoga commence par vivre de façon éthique, pas seulement dans nos actions extérieures, mais principalement dans notre mental. Nous pouvons parler doucement physiquement à ceux qui nous entourent, mais si dans notre mental nous avons une colère démoniaque et enragée qui blâme et crucifie constamment les gens, ce n’est pas éthique. En surface, nous pouvons sembler doux et aimants, mais si dans notre mental nous traitons tout le monde comme un ennemi et nous blâmons toujours les autres et que nous nous justifions, ce n’est pas une façon éthique de vivre et ce n’est pas honnête. Il en est de même de tous nos défauts: orgueil, luxure, colère, envie, gourmandise, etc.

L’éthique est codifiée dans le Yoga comme Yama et Niyama, et ils reflètent simplement la réalité de la cause et effet. Si nous produisons une action qui cause de la douleur, les conséquences se répercuteront sur nous. C’est aussi simple que ça. Toutes les religions du monde ont expliqué cela. Si nous disons un mot dans la colère et que nous blessons les gens, nous nous blessons aussi. La luxure nous fait mal et ça fait mal aux autres. L’orgeuil nous blesse et blesse les autres. L’envie fait mal à tout le monde. Toutes ces qualités que nous protégeons si vigoureusement en nous-mêmes sont en fait les causes de notre douleur.

Yama et Niyama sont au sujet de reconnaître ces causes de souffrance et d’arrêter ces actions et de prendre plutôt des actions bénéfiques. Donc, parmi ces éthiques, il y a toutes les règles de base que nous apprenons dans chaque religion: ne pas mentir, ne pas tuer, ne pas voler, ne pas prendre de substances intoxicantes, ne pas commettre d’inconduite sexuelle et les règles que nous connaissons dans chaque religion. Bien sûr, nous nous donnons tous l’exception: «Je vais pratiquer la spiritualité, mais je n’ai pas vraiment besoin de suivre toutes ces règles. Je veux dire que je les connais dans mon mental, mais je vais faire ce que je veux faire et pratiquer la Méditation de toute façon.» Et c’est ainsi que la plupart des gens qui pratiquent le Yoga ou le Christianisme ou le Bouddhisme approchent leur religion, et c’est pourquoi ils n’arrivent jamais nulle part: ils ne changent jamais. Ils ont l’apparence d’être une personne spirituelle: ils ont des livres spirituels sur leur étagère, ils portent des perles ou des symboles religieux, ils vont à leur groupe spirituel, ils parlent des Écritures, ils parlent doucement et ils sourient doucement et ils essaient d’être gentils pour tout le monde, mais spirituellement, psychologiquement, ils sont les mêmes qu’avant: ils sont remplis de peur, de luxure, de colère, d’orgueil… Ils ne changent pas à l’intérieur. L’apparence extérieure peut être différente, mais la condition psychologique est inchangée. La preuve en est qu’ils ne sont pas capables d’accéder à des états de Conscience plus élevés. Ils peuvent s’asseoir dans la posture de Méditation parfaite, mais ne peuvent pas accéder à la Méditation. Ils peuvent sembler méditer, mais n’ont jamais médité. Ils n’ont pas accédé à l’état réel de la Méditation. En d’autres termes, ils n’ont jamais dépassé les deux premières étapes du Yoga, parce qu’ils ne changent pas éthiquement, psychologiquement.

Lorsque le fondement de l’éthique est réellement établi, la troisième étape est facile: la posture, la relaxation. La relaxation devient très facile quand vous avez un mental éthique. Lorsque vous ne blessez pas les autres avec vos paroles et vos actions, lorsque vous ne vous blessez pas, lorsque vous agissez de manière éthique, d’une manière très bénéfique pour vous et les autres, votre environnement est celui de la sérénité, de la joie, du bonheur, contentement, sans stress, anxiété, regret, et donc quand vous êtes prêt à méditer, la relaxation est très facile. Vous êtes déjà détendu. Vous n’êtes pas en conflit avec vous-même ou avec d’autres personnes. Vous ne produisez pas de douleur pour vous-même ou pour les autres, il n’y a donc aucune raison de perturbation dans le mental ou le corps. Ainsi, la troisième étape est sans effort.

La quatrième étape est Pranayama, exploiter la force de vie à l’intérieur de nous. Ceux qui observent Yama et Niyama pratiquent Bramacharya, la continence sexuelle, la chasteté. Ils traitent l’aspect sexuel de leur vie comme quelque chose de sacré. Pour eux, le sexe n’est pas un jeu, pas une cause de plaisir, pas une poursuite du désir à courir après, mais au contraire, il devient le centre, le fondement même de la vie spirituelle. Et c’est quelque chose que nous traitons avec beaucoup de révérence, comme quelque chose de très pur, très saint, très sacré. Quand c’est la base de notre vie spirituelle, quand notre vie sexuelle et notre vie spirituelle sont complètement fusionnées et traitées comme une seule et même chose, Pranayama est l’endroit où nous utilisons cette énergie au lieu de la gaspiller, que ce soit physiquement ou mentalement. Au lieu de nourrir la luxure et le désir, cette énergie nourrit plutôt notre vie spirituelle, nourrissant la Conscience, saturant notre système nerveux de cette énergie vitale. C’est ce qui provoque l’éveil de la Conscience. C’est ce qui restaure le système nerveux, le cerveau, le cœur et toute la vitalité organique dont nous avons besoin, la vitalité émotionnelle, la vitalité mentale. C’est ce qui développe ce que nous appelons Sanskrit «Ojas», qui est un type de vitalité spirituelle ou de force spirituelle. C’est la source du pouvoir d’un prêtre ou d’une prêtresse. Cela dépend entièrement de l’éthique. C’est pourquoi tous les prêtres, prêtresses, moines, moniales, font vœu de retenir cette énergie, de transformer cette énergie et de la consacrer à leur vie spirituelle au lieu de poursuivre la luxure comme des gens ordinaires dans la société. Pranayama est l’endroit où cette énergie est exploitée et dirigée vers l’intérieur.

Lorsque toutes ces étapes sont engagées, la cinquième étape Pratyahara se produit facilement, naturellement. Dans le pratyahara, nous nous asseyons pour la Méditation et nous nous retirons facilement des sens et du monde extérieur. Pratyahara signifie «se retirer». Cet état émerge spontanément lorsque nous nous asseyons pour méditer, nous nous relaxons, nous avons notre fondement éthique, nous exploitons notre force vitale, le Prana, et nous attirons notre attention vers l’intérieur pour prier ou réfléchir, méditer; il est très facile pour les sens de devenir distants et quand nous nous tournons vers l’intérieur pour la prière, ou pour la Méditation sur une Écriture ou pour la Méditation sur un événement que nous voulons comprendre, nous pouvons facilement nous retirer de toute distraction. C’est ce qu’on appelle Pratyahara.

Lorsque ce retrait s’approfondit, nous accédons à Dharana, le sujet de la conférence d’aujourd’hui.

Dharana, concentration, est l’endroit où notre attention reste ferme et constante sur l’objet que nous voulons comprendre ou réfléchir.

Disons que nous avons eu un événement douloureux dans notre vie et nous voulons comprendre cela, résoudre ce traumatisme. Nous nous asseyons pour méditer, nous nous détendons, nous avons une bonne posture, nous exploitons la force de vie, le Prana, et nous pouvons faire une respiration ou un exercice pour diriger cette énergie dans le système nerveux, pour stabiliser le mental et le corps, approfondir notre attention. Quand nous nous retirons du monde extérieur, nous accédons à Pratyahara; quand nous nous concentrons (Dharana) sur cette scène, nous évoquons le souvenir de cet événement, nous le visualisons. Lorsque Dharana devient très fort, nous sommes capables de visualiser facilement cet événement et de garder l’attention dessus sans distraction. Même la douleur de cet événement ne nous empêche pas d’être en mesure de se concentrer sur elle avec sérénité. Avec la continuité de cette concentration, nous accédons alors à Dhyana (étape sept) qui est la Méditation réelle, et c’est là que le sens de «moi-même» disparaît. Ce sens du «moi» – cet égoïste, vous pourriez dire, orgueil – ce sens de soi disparaît, mais la concentration / Conscience est toujours attentive pour pénétrer cette douleur traumatique, mais elle n’a pas ce sens de «moi» qui est à l’origine de la douleur, où la douleur est centrée. Au lieu de cela, cette scène est devenue quelque chose de réel, quelque chose de très stable, quelque chose de très vif et vivant, et si nous persistons dans ce type de perception nous accédons à Samadhi (étape huit) où la Conscience devient complètement libre de conditionnement et nous pouvons pénétrer dans la nature de cet événement, comprendre le karma, les causes, les conséquences, la chaîne des événements qui ont conduit à ce traumatisme, et au milieu de cela à travers la perception de cette mémoire, vient la compréhension. La Conscience, qui n’est plus liée par la douleur de l’événement, par son orgueil, par la peur, par l’anxiété, par tout facteur conditionnant, est maintenant restituée à son état naturel, perceptive, perspicace, sage, contente, sereine, joyeuse et est capable de regarder ce traumatisme de manière impersonnelle, sans attachement, sans peur, sans ressentiment, sans colère. Elle peut y regarder avec sérénité et compréhension. Avec cette perception et cette compréhension, le traumatisme est immédiatement affaibli, voire dissous. La Conscience qui était piégée en elle peut alors être libérée. C’est ainsi que vous atteignez la libération de la souffrance. C’est le but du Yoga et de la religion.

Maintenant, vous pouvez voir combien de pouvoir est dans cette capacité: être capable de regarder sereinement et fermement dans n’importe quoi pour comprendre cette chose. En accédant à cet état de Conscience qui est l’état de Méditation, nous sommes capables de nous libérer du conditionnement qui produit la souffrance. C’est ainsi que chaque ange, maître, bouddha ou Dieu est devenu ce qu’ils sont devenus: en se libérant de tous ces traumatismes, douleurs, désirs et notions erronées de soi.

C’est ce qu’est le Yoga. Ces huit étapes sont appelées «Ashtanga» qui signifie «huit membres». C’est ce qu’on appelle aussi Raja Yoga qui signifie «Union Royale». C’est le Yoga ultime. C’est l’union de toutes les différentes écoles de Yoga. Si vous avez étudié les traditions du Yoga, il y a de nombreuses variantes du Yoga, mais elles sont toutes distillées et synthétisées dans le Raja Yoga, l’Ashtanga Yoga, qui est ce que sont ces huit étapes.

1. Yama ou Vœux Éternels: • Ahimsa (non-violence) • Satya (vérité) • Asteya (non-voleur) • Brahmacharya (continence) et • Aparigraha (non-avarice);

2. Niyama ou Observances: • Saucha (pureté) • Santosha (contentement) • Tapas (austérités) • Svadhyaya (étude) et • Ishvarapranidhana (soumission à Dieu);

3. Asana (posture méditative ferme et confortable);

4. Pranayama (la régulation de la force vitale);

5. Pratyahara (abstraction des sens et mental des objets);

6. Dharana (concentration);

7. Dhyana (Méditation); et

8. Samadhi (état super-conscient ou transe)

Maintenant vous remarquerez que dans cette liste les étapes six à huit sont colorées en rouge, et les étapes un à cinq ne le sont pas. Ceci est pour illustrer pour vous que les étapes 1 à 5 sont la préparation à la Méditation. Elles fournissent le fondement de la Méditation. Si vous n’êtes pas capables d’accéder à l’état de Méditation, c’est parce que les étapes un à cinq ne sont pas bien établies dans votre vie. C’est aussi simple que ça. Si vous voulez accéder à l’état de la vraie Méditation, alors vous devez perfectionner les étapes un à cinq dans votre vie. La plupart du temps, le problème est dans les étapes un et deux: l’éthique. Et, la plupart des gens qui veulent apprendre à méditer sont incapables d’apprendre parce qu’ils ne veulent pas changer. Ils sont attachés à leur orgueil, leur colère, leur envie, leur matérialisme, leur luxure, et à cause de cela ils sont conditionnés par le choix. Mais, si votre aspiration la plus sincère est de connaître la Divinité par vous-même, personnellement et face à face, d’expérimenter la réalité, de vous libérer du conditionnement et de la souffrance que vous éprouvez actuellement, alors dédiez-vous d’abord à changer d’éthique. Maîtrisez les étapes un et deux, Yama et Niyama. Plus le changement que vous faites dans votre comportement éthique est grand, plus vous approcherez rapidement de l’expérience de la vraie Méditation. Les étapes trois à cinq sont faciles. Les étapes un et deux sont les plus difficiles. Cela signifie que vous ne pouvez plus justifier votre colère, votre luxure, votre orgueil, mais travaillez activement pour vous libérer d’eux… en travaillant activement tous les jours.

Lorsque nous travaillons chaque jour sur cette base et que nous pratiquons les techniques quotidiennement, alors peu à peu les étapes restantes six à huit commenceront à se produire spontanément, par elles-mêmes. Elles ne peuvent jamais se produire par la force. Elles se produisent spontanément et naturellement de leur propre chef lorsque les conditions sont bonnes. Elles sont produites par cause et effet, pas par la force, pas par don à un temple ou à un enseignant, elles ne vous sont pas données parce que vous avez récité un mantra un million de fois, elles ne vous sont pas données parce que vous portez les vêtements appropriés ou vous avez les bons livres dans votre bibliothèque.

Dharana, Dhyana et Samadhi se produisent lorsque votre Conscience est exactement dans la bonne position pour que cet état se produise spontanément, et cette position est déterminée par votre éthique. Quand le fondement éthique est là (Yama et Niyama) et que vous adoptez une posture détendue (Asana) pour la Méditation, alors le Pranayama devient facile, et parce que vous retenez et transformez le prana à travers votre pratique Pranayama, Pratyahara est le résultat naturel. Lorsque Pratyahara ou le retrait des sens se produit, Dharana devient facile.

Chaque étape est cause et effet. Chaque étape est une cause qui conduit à l’effet de l’étape suivante. En d’autres termes, vous ne pouvez ignorer aucune étape.

Ces étapes sont intégrées. Elles travaillent les unes avec les autres. C’est une relation de cause à effet très synthétique et naturelle, étape par étape. Vous ne pouvez pas sauter une étape, vous ne pouvez pas tricher parce que c’est la nature, notre nature intérieure. Vous ne pouvez pas tromper la nature: les lois sont les lois. Malheureusement, notre mental sournois cherche toujours à échapper à la réalité. Nous sommes toujours à la recherche d’un raccourci, et parce que nous avons cette tendance, toujours à la recherche du raccourci, nous ne commençons jamais sur la route parce que nous pensons, avec orgueil: «Je peux être l’exception. Je vais être celui qui trouve la voie la plus rapide» et c’est un mensonge, c’est une auto-tromperie qui se propage surtout de nos jours.

Dharana

Dharana signifie concentration, mais cela signifie aussi:

«Dharana (Sanskrit धारणा) «concentration, tenue, fermeté, maintien, relèvement, bon souvenir, certitude, droiture, regulièreté»

«Dharana (concentration) fixe la Conscience en un seul endroit.» – Yoga Sutras 3: 1

Dharana peut également être utilisé pour notre capacité à nous souvenir des choses, et aussi à attirer l’attention en général. Ceci illustre la relation essentielle entre l’attention et la Méditation. Si vous ne pouvez pas faire attention, vous ne pouvez pas méditer. La Méditation n’apparaît qu’une fois que vous savez comment faire attention régulièrement.

Dharana en tant que pouvoir est également appelé Dharana Shakti, et se rapporte spécifiquement à notre capacité à comprendre: c’est le pouvoir de saisir une idée.

Toutes ces significations tournent autour de la question centrale: la capacité de se concentrer sur une chose.

Quand nous avons fait notre exercice aujourd’hui, une partie de l’instruction consistait à observer combien de temps vous étiez capable de retenir votre attention sur votre objet sans être distrait. Réfléchissez maintenant aux faits pratiques de combien de temps vous êtes capable de retenir l’attention sur un objet simple sans distraction. Était-ce pour 1 respiration, 2 respirations, 5 respirations, une minute, 2 minutes, 3 minutes, 10 minutes, 15 minutes sans distraction?

Pour la plupart des gens qui commencent à apprendre la Méditation, ils peuvent difficilement retenir l’attention pour une seule respiration parce que le mental est tellement sauvage, mais une personne qualifiée qui est formée à la concentration peut retenir une chose sans distraction pendant des heures. Oui: il est possible d’avoir un mental qui n’a pas une seule pensée.

Vous pourriez penser, «alors quoi, quel est le point de cela?» Le point est très simple. Lorsque la Conscience est entraînée à se concentrer, de nombreux effets accompagnent cette capacité. Premièrement, l’attention est alors sous le contrôle de la Conscience, l’âme, pas l’ego, pas le désir. Donc, quand nous, en tant qu’âme, en tant que Conscience, voulons placer l’attention sur quelque chose, nous pouvons, parce que nous sommes en charge de nous-mêmes. Nous ne sommes pas contrôlés par le désir, la peur, la colère, la luxure, l’orgueil. La Conscience est en contrôle. C’est très précieux. Cela signifie que dans toute situation de la vie, peu importe la difficulté ou la subtilité, la Conscience peut garder le contrôle sur notre vie et ne pas laisser la colère, l’orgueil, la luxure ou l’envie nous interférer et nous faire commettre des erreurs.

Si vous regardez le contexte de nos vies maintenant, l’état de notre société, l’état de notre monde, cette compétence n’a jamais été plus importante. De nos jours, un moment de distraction peut causer une souffrance incroyable. Un moment de distraction peut tuer. Lorsque vous conduisez une voiture, si vous êtes distrait d’un instant, vous pouvez mourir. Non seulement vous pouvez vous tuer, mais les autres, les gens dans votre voiture et les gens autour de votre voiture. Un moment d’être distrait peut tuer beaucoup de gens. Un moment d’être séduit par votre colère, votre orgueil, votre désir, peut vous amener à faire de graves erreurs dans votre vie. Beaucoup d’entre nous portent des conséquences exactement comme ça. Donc, cette capacité à retenir l’attention et à contrôler l’attention est très importante.

Avec cette capacité à contrôler l’attention et la maintenir stable vient une grande confiance. Une grande confiance en soi signifie une réduction de la peur, une réduction du stress et de l’anxiété. La confiance est accompagnée de joie et de sérénité.

Lorsque la Conscience est capable de placer l’attention et de la maintenir stable pendant de longues périodes prolongées, cela signifie que le mental ne peut pas contrôler la Conscience, ainsi le mental abandonne, le mental s’installe. Il devient calme. Lorsque le mental devient calme, le corps aussi. La tension et une grande partie de la souffrance que vous ressentez physiquement ne sont là que parce que le mental est si agité, si stressé, si sauvage. Lorsque le mental devient très serein et calme, le corps devient calme. Vous savez que c’est vrai parce que vous avez eu des moments de cette expérience. Peut-être quand vous êtes allé pour des vacances. Vous avez eu des moments, peut-être lors d’un rassemblement de famille ou d’amis, à une fête, à la plage ou au lac, où vous vous êtes soudainement senti si détendu, si content, sans souci du monde comme quand vous étiez enfant. Ce contentement physique, cette relaxation physique se produit parce que le mental est détendu. Pourquoi le mental est-il détendu? C’est une question profonde que vous devriez examiner en vous-même. Si vous êtes capable de produire cet état de relaxation par intermittence dans votre vie, alors pourquoi ne pouvez-vous pas le produire de manière cohérente? Vous pouvez, mais cela nécessite de la formation et cela nécessite la volonté de changer et de laisser tomber les mauvaises habitudes. Surtout, vous devez apprendre que cet état de Conscience ne dépend pas de circonstances extérieures; au lieu de cela, c’est une attitude intérieure.

Dharana est concentré et dirigé l’attention, qui est une fonction de la Conscience. La Conscience est comme la lumière. Elle est insignifiante, mais présente. Ce n’est pas quelque chose qui est facilement défini, mais elle est facilement reconnue. Nous savons tous ce qu’est la lumière parce que nous sommes entourés de lumière et que nous utilisons la lumière tout le temps, mais sa vraie signification et sa profondeur évitent la description. Si vous contemplez vraiment la nature de la lumière, c’est assez mystique. Considérez la lumière qui vient du Soleil qui donne vie à tout ce qui vit. Quelle chose mystique! Nous le prenons vraiment pour acquis. Nous ne la comprenons pas du tout. Même les scientifiques sont déconcertés par la nature de la lumière. La lumière est pleine de caractéristiques bizarres et intrigantes, comme le fait qu’elle soit à la fois une onde et une particule, une chose à laquelle les scientifiques se battent depuis des décennies, pendant des siècles. La lumière est un phénomène très mystique et intimement lié à la Conscience.

La Conscience est notre vraie nature. C’est notre capacité à percevoir et à comprendre ce que nous percevons, mais en nous en ce moment cette capacité est très désintégrée, dispersée. La preuve en est dans les caractéristiques de votre mental. Si vous observez la nature de votre mental d’instant en instant, vous pouvez voir qu’il est radicalement incompatible. Il est un chaos flambé de pensées incohérentes, des émotions, des images, des rêves, des soucis, des fantasmes, et d’un instant à l’autre, il ne cesse de se contredire. Nous le voyons chez les autres plus facilement que nous le voyons en nous-mêmes. Les critiques que nous faisons contre les autres reflètent les qualités en nous-mêmes que nous ne voulons pas voir. Nous sommes remplis de contradictions et c’est parce que la Conscience est si dispersée, désintégrée.

Dharana, concentration, prend la lumière et la concentre, en l’intégrant. Voilà pourquoi dans les exercices préliminaires de Méditation les étudiants de toute tradition apprennent à observer la respiration, ou répéter un mantra, ou visualiser une divinité, mais la plupart d’entre eux ne savent pas pourquoi. Ils apprennent à retirer la lumière de la Conscience de tous les éléments distractives et dispersés dans la psyché et à concentrer tout dans une chose. Pour développer Dharana, la concentration, nous prenons toute la puissance disponible de la Conscience et le concentrons sur une chose. Cette lumière est faible lorsqu’elle est dispersée, mais lorsqu’elle est concentrée elle peut percer tous pour voir sa vraie nature.

Si vous avez un problème très difficile dans votre vie et que votre mental est très désorganisé, distrait et chaotique, vous ne pouvez pas résoudre ce problème. Le problème est trop lourd, trop rigide, trop fort, et la Conscience n’a pas suffisamment l’accent ou la force de percer les obstacles. Mais quand le mental devient calme, détendu, et a de l’énergie (venant de la transmutation sexuelle) tout à coup la réponse deviendra très évidente, et la Conscience peut percer. Telle est la puissance de la Conscience quand elle est concentrée et dirigée en toute sérénité. Les pratiques préliminaires pour concentrer le mental sont à cette fin. Voilà pourquoi le Yoga Sutras dit,

«Dharana fixe la Conscience en un seul endroit.» – Yoga Sutras 3: 1

La capacité de concentrer l’attention sur une chose est une technique préalable à toute vie spirituelle. Dans le processus de développement de la concentration, nous devons comprendre que cela ne se produit pas du jour au lendemain et cela ne se produit pas comme par magie. Le développement de la concentration se produit selon des lois.

«Comme une lampe placée dans un endroit sans vent ne scintille pas – à cela est comparé le Yogi du mental contrôlé…» – Bhagavad Gita 04:19

Cette lampe et la flamme constante qui ne scintille pas correspond à un état de Conscience qui est concentrée, Dharana, où la lumière de la Conscience se concentre et se calme, mais comment ça se fait? Beaucoup de gens qui étudient les religions pensent que l’expérience de Méditation, ou l’expérience de la divinité ne peut se produire que comme un cadeau de Dieu. Ils sentent comme si cela peut seulement se produire quand Dieu vous donne par un caprice, ou comme une aubaine. Oui, sur une occasion la divinité peut accorder de telles expériences. Mais la plus grande vérité est que chaque écriture donne des exemples de la capacité de parler à la divinité directement, et ce qui est requis est la pureté éthique… Si nous avons cela, alors tout le reste du Yoga se passe d’elle-même, spontanément, ce qui signifie que plus nous devenons pur, plus notre condition intérieure permet que de telles expériences se produisent spontanément, jusqu’à ce que nous devenons capables de les avoir naturellement, facilement, de la même manière que nous pouvons choisir d’entrer et de sortir de notre maison.

Cela commence par l’état de notre mental. Quel est notre état psychologique? Est-ce que notre mental est «un endroit non sauvage qui ne scintille pas»? Pas encore.

Quels sont les vents qui déplacent la flamme? Les pensées, les sensations, les émotions, les souvenirs, les soucis, les désirs, les angoisses, les peurs, l’orgueil, l’envie, la luxure, la cupidité, la gourmandise, etc.

Voilà pourquoi les étapes du Yoga sont si importantes. Lorsque nous établissons Yama et Niyama, la base éthique dans notre mode de vie, nous arrêtons les actions nuisibles, nous réduisons aussi la tendance à perturber le mental. Quand nous mentons, trichons, volons et effectuons l’inconduite sexuelle, le mental est agité. Quand nous devenons en colère, le mental est agité. Quand nous devenons lascif, le mental est extrêmement agité. Avec l’éthique, nous cherchons à réduire l’agitation qui afflige le mental. Lorsque nos éthiques sont forts, le mental est naturellement calme, en raison de la cause et effet.

Ainsi, lorsque nous nous approchons de l’étape trois, Asana, se détendre, c’est facile parce que le mental est déjà détendu. Nous ne mentons pas, nous ne trichons pas, nous ne volons pas, nous ne faisons pas des choses que nous connaissons être mauvaise, nous pouvons ainsi nous détendre. Cela ne signifie pas que tous nos problèmes sont résolus. Cela signifie simplement que nous ne leur ajoutons pas aussi vigoureusement que la plupart des gens le font. Voilà comment nous créons psychologiquement cet endroit sans vent. Voilà pourquoi j’ai dit ce n’est pas un effort du jour au lendemain, et cela ne vient pas comme un cadeau de Dieu. C’est en conséquence de nos actions. Avoir un mental qui est serein et en paix est une conséquence d’avoir un mode de vie éthique – la réduction de l’orgueil, la colère, la luxure, l’envie. Nous avons expliqué tout cela dans les conférences précédentes de ce cours et dans un autre cours que nous avons donné appelé «Les Essentiels de la Méditation», surtout au début de ce cours où nous avons parlé des conditions préalables pour le développement de votre Méditation pratique, comme le fait d’être content avec ce que l’on a, de vivre une vie simple, en réduisant nos activités mondaines. Ces choses simples font un grand impact sur nous psychologiquement et aident notre vie quotidienne à être plus propice au développement de notre pratique spirituelle.

Étapes de Concentration (Bhumikas)

Le long du processus, nous allons expérimenter différentes qualités du mental, et dans le Yoga elles sont expliquées comme des étapes de concentration exactement comme dans le Bouddhisme. Dans ce cours, «Essentiels de la Méditation», nous avons enseigné les Neuf Étapes de la Sérénité Méditative ou Shamatha qui sont expliquées dans cette image.

shamatha_lg

Ces étapes décrivent d’une manière très simple le processus de développement de la concentration. Avec la pratique quotidienne constante, tout le monde peut changer cet état mental qui est totalement sauvage et hors de contrôle, qui est représenté par ces animaux qui courent sur cette route étant pourchassé par un moine. C’est le mental sauvage que nous avons tous, qui dans le Yoga en Sanskrit est appelé Kshipta ou «errance».

1. Kshipta

Kshipta décrit un mental qui est totalement distrait, qui est constamment bondissant de distraction en distraction sans aucun contrôle du tout, et qui est l’état mental que tout le monde dans le monde a aujourd’hui. Ce monde vit avec ce niveau de mental, et cela se reflète dans notre société. Certaines personnes l’appellent «mental de singe» ou «mental comme oiseau», comme un oiseau qui est toujours bondissant de branche en branche, comme un singe qui est toujours bondissant d’arbre en arbre et à chasser un fruit sans cesse après ses désirs. Comme tout animal dans la nature, notre mental non entrainé est toujours en train de courir ici et là à la recherche de nourriture. L’instinct est tout ce qui l’entraîne. Nous n’avons aucune conscience, aucune auto-attention, aucune maîtrise de soi. Tout ce que le mental veut c’est de survivre et de satisfaire ses faims, et la plupart de l’humanité vit de cette façon: d’une manière animale, instinctive. La conséquence d’avoir un mental comme ça, un mental errant, est la vie d’un animal: vécu dans l’instinct, pour l’instinct et par instinct. Il ne se comprend pas ou sa place dans le monde, et finit par mourir dans l’ignorance.

Le mental errant ne présente aucun avantage, mais de nombreux inconvénients.

«Il n’y a aucune connaissance du Soi à l’instable, et à l’instable aucune Méditation n’est possible, et au non-méditatif, il ne peut y avoir de paix, et à l’homme qui n’a aucune paix, comment peut-il y avoir de bonheur? Car le mental qui suit dans le sillage des sens errants, emporte son discernement comme le vent (emporte) un bateau sur les eaux.» – Bhagavad Gita 2: 65-66

La voie à suivre d’ici est d’étudier les enseignements, et commencer à pratiquer (1) l’auto-observation pendant la journée, et (2) la pratique de la concentration quotidienne, plus d’une fois par jour.

2. Mudha

Quelqu’un qui réalise les inconvénients de ce mental errant et voudra pratiquer la Méditation, commence toujours par apprendre la concentration et l’auto-observation (pleine Conscience). Cependant, tout en essayant de diriger l’attention d’instant en instant, ils découvrent qu’ils peuvent seulement le faire brièvement avant de se laisser distraire à nouveau. Ainsi, ils ont des moments de Conscience séparés par plus de temps d’être distrait. Dans le Yoga, ce niveau de concentration est appelée Mudha, qui signifie «oublieux».

Donc, si vous avez pratiqué une sorte de Méditation pendant un certain temps et que vous voyez que vous pouvez vous rappeler que vous êtes en train de méditer pendant quelques respirations ou quelques instants, mais la plupart du temps, vous oubliez que vous méditez parce que votre mental est distrait, cela est Mudha. De temps en temps, vous vous souvenez. De temps en temps, vous êtes attentif et conscient dans l’instant, mais la plupart du temps, vous oubliez. C’est Mudha.

La voie à suivre est d’augmenter l’intensité de l’auto-observation tout au long de la journée: entraînez-vous d’être présent, dans l’instant, conscient de ce que vous faites.

3. Vikshipta

Le troisième type de concentration est Vikshipta, qui signifie «rassemblement». À ce stade, on est conscient et concentré plus de temps. Les temps d’être distrait sont plus courts maintenant. Nous «rassemblons» notre attention de manière plus cohérente.

Cela indique que la personne commence à former un «centre de gravité» dans la Conscience. Auparavant, ils n’avaient pas de centre de gravité du tout: au contraire, les «vents» a conduit le corps et le mental au hasard, ici et là. Avec Vikshipta, le mental et le corps deviennent stables, cohérents, mais ont encore besoin d’être consolidé davantage.

La voie à suivre c’est de se retirer des distractions et «rassembler» toute notre attention sur un objet, que ce soit dans la Méditation ou lorsque nous sommes actifs.

4. Ekagrata

Le quatrième type de concentration est Ekagrata, qui signifie «uni-pointé» Quand ces personnes méditent, ils placent l’attention et méditent, ils restent stables, sans être distraits. Ils peuvent placer l’attention pendant 10 minutes, 15 minutes, 20 minutes, 30 minutes et ils sont stables. Ils n’oublient pas qu’ils méditent. Quand ils placent leur attention sur quelque chose ils restent là. Ils ont toujours l’ego, les pensées, les sensations et les distractions, mais la Conscience ne vacille pas; elle est tenue ferme.

La voie à suivre ici est plus de Méditation. Plus précisément, il faut lâcher des désirs subtils, même le désir pour d’expériences, de Méditation ou de Samadhi. Le mental doit devenir complètement sans désir, vide.

«Il atteint la paix dans laquelle tous les désirs entrent comme les eaux entrent dans l’océan, qui, rempli de tous les côtés, reste impassible ; mais pas l’homme qui est plein de désirs. L’homme atteint la paix, qui, en abandonnant tous les désirs, se déplace sans désir, sans le sens du mien et sans égoïsme.» – Bhagavad Gita 2: 70-71

5. Nirudha

Le cinquième type de concentration est appelée Nirudha, «bien retenu.» Ceci est la parfaite concentration, et est parfaitement établi dans tous les domaines de la vie. Autrement dit, quelqu’un qui a ce degré de concentration est très vigilant et conscient en tout temps, même lorsque le corps physique est endormi.

Les gens qui ont atteint Nirudha sont rares dans le monde d’aujourd’hui. Beaucoup de gens prétendent l’avoir, mais ils ne l’ont pas. Ceux qui l’ont gardent le silence, parce que l’orgueil le détruit. Ainsi le fait le matérialisme, la luxure, l’envie, etc.

Nirudha correspond à la neuvième étape de Shamatha et au-delà. Il y a d’autres niveaux de concentration au-delà du neuvième degré.

Dans l’état de Nirudha les vrittis sont complètement passifs, donc le mental est tout à fait calme. Maintenir cela nécessite beaucoup de travail minutieux.

Pour nos besoins en tant qu’aspirants sur le chemin, ce que nous avons vraiment besoin de comprendre sont les types un à quatre, être capable de reconnaître ces qualités en nous-mêmes, et comprendre que le niveau que nous sommes peut maintenant être transformé. Cela peut être fait, cela a été fait, et il y a une science pour le faire. Si nous nous appliquons et avons la volonté de changer, nous pouvons le faire aussi.

Le développement de la concentration ne vient pas comme un don de Dieu, ou parce que vous êtes spécial, ou que vous devez appartenir à un certain groupe, ou vivre dans un certain pays. Non! La Méditation dépend de la cause et effet: si vous produisez les causes, les effets se produiront. Les causes qui nous mèneront à travers ces étapes de concentration sont en vous, pas en dehors de vous.

Comment Atteindre Samadhi

«La Conscience est transformée vers Samadhi comme le fait d’être tout-pointé diminue, et Ekagrata (le fait d’être uni-pointé) se pose.

«La Conscience se transforme vers Ekagrata (le fait d’être uni-pointé) comme subsidence et surgissement sont rendus semblables.» – Yoga sutras 3: 11-12

Dharana est la sixième étape de l’Ashtanga, Raja Yoga. Samadhi est la huitième. Samadhi est l’union, le Yoga, l’intégration, et c’est là où la Conscience est dans son état naturel, intégrée. Entre eux se trouve Dhyana, «absorption». Dhyana est l’endroit où le «Moi» tombe, et Samadhi est où la Conscience vole libre, libérée. À vrai dire, dharana, dhyana et samadhi ne peuvent pas être étudiés séparément. Ils sont interdépendants, inséparables même. Dans un certain sens, les termes sont malheureusement insuffisants, mais restent nécessaires pour nous aider à comprendre intellectuellement quelque chose qui n’est pas intellectuelle.

Samadhi est le but du Yoga. Dans Samadhi, la Conscience est brièvement libérée, et dans cette expérience elle est capable de voir et de comprendre la réalité. Pour avoir cette expérience, on a besoin de Dharana (concentration) et de Dhyana (absorption), et cela se produit lorsque «le fait d’être tout-pointé diminue, et Ekagrata (le fait d’être uni-pointé) s’élève.» Donc, pour atteindre Samadhi, nous devons comprendre le fait d’être tout-pointé et le fait d’être uni-pointé.

Nous avons expliqué il y a un moment que le fait d’être uni-pointé est le quatrième type de concentration, Ekagrata, et c’est où une personne a développé une volonté suffisante de l’attention qu’ils peuvent rester concentrés sur un objet quelconque sans distraction. Vous atteignez cela en laissant le fait d’être tout-pointé s’amenuiser. Alors, quelle est le fait d’être tout-pointé? La façon dont nous vivons maintenant avec le mental complètement distrait. Observez notre mode de vie: le mental est toujours en train de regarder, de rechercher, d’errer. Nous sommes toujours distraits. Nous «multitâchons». Cela n’est pas un acte vertueux, c’est un symptôme de distraction profonde. Considérez cela: vous avez une ressource finie, et plutôt que de concentrer une action sur cette ressource, vous la dispersez parmi d’autres. Quel est le résultat? Plutôt que de bien faire une chose, vous faites mal cinq choses.

«Le fait d’être tout-pointé» est la tendance à être distrait, affamés, recherchant des impressions. Cette tendance de faim instinctive cherche la distraction, de nouvelles sensations, recherche des plaisirs tout le temps. Voilà ce qu’il faut diminuer.

Pour développer la concentration, nous devons rassembler l’attention et nous concentrer sur une chose à la fois. Pour ce faire, il faut renoncer à la tendance à se laisser distraire. Cette dynamique est ce qui conduit l’âme, la Conscience, vers Samadhi pour l’intégration.

«La Conscience est transformée vers Ekagrata (le fait d’être uni-pointé) comme subsidence et surgissement sont rendus similaires.» – Yoga Sutras 03:12

Ces termes «subsidence et surgissement» sont très belles et ont beaucoup de sens.

Réfléchissons sur la pratique de la concentration que nous avons fait aujourd’hui. Chacun d’entre nous avons placé notre attention sur un objet quelconque. Qu’avons nous expérimenté? Avec l’attention nous avons essayé de garder une chose, mais que c’est-il passé dans cet environnement psychologiquement? Le surgissement de la pensée, l’apparition de sensations dans le corps, des sons, des sentiments, des images, des rêves, des voix dans notre tête. Ils se présentent, ils se soutiennent brièvement, et ils passent, mais nous sommes toujours distraits par eux. Si nous sentons une démangeaison, nous grattons. Une pensée vient et nous commençons immédiatement à suivre la pensée et cette pensée est associée à une mémoire, alors nous nous souvenons de cette mémoire – et cette mémoire s’associe à un certain souci que nous avons alors nous pensons à ce souci. De toute évidence, dans cet état notre mental est constamment en train de rebondir, distrait. C’est ce «subsidence et surgissement» implique: toutes les distractions qui causent la dispersion de notre attention. Plutôt que d’être concentré sur une chose, nous avons 5% de l’attention sur l’objet de concentration, 10% sur notre mal de dos, 20% sur notre ventre qui gronde, 30% sur cette personne attrayante à proximité, 20% sur les pensées qui continuent à venir, etc..

«subsidence et surgissement» implique aussi passé et futur. Si vous observez la nature de votre mental distrait, il a tendance à rebondir entre le passé et le futur; les traumatismes et les inquiétudes ou les douleurs du passé, les espoirs et les aspirations pour le future. Très rarement le mental est concerné par le moment présent. La plupart du temps il pense: «Que vais-je faire?» Ou «C’était si douloureux ce qui est arrivé hier ou l’année dernière…» Le mental est toujours en train de rebondir mais rarement dans le moment présent. Nous pourrions peut-être dans notre milieu de travail avoir une conversation avec quelqu’un, mais nous ne sommes pas vraiment attentifs à cet instant-là. Nous pensons vraiment à ce qu’ils ont dit avant ou comment ce dont ils parlent nous affectera la semaine prochaine ou l’année prochaine. Nous sommes toujours hors du moment, distrait.

Rendre «subsidence et surgissement similaires» se produit lorsque notre Conscience se retire de cet état distrait, et est présente, et commence à voir tous ces phénomènes comme la même chose. Ce n’est pas une pensée, «Passé et futur sont les mêmes.» Non, c’est VOIR cela. Expérimenter des choses de cette façon. Quand vous voyez un nuage, vous le voyez pour ce qu’il est: une illusion passagère. Vous ne prêtez pas un sens. De même, lorsque la Conscience se stabilise, elle voit des phénomènes de cette façon: comme des illusions qui passe.

C’est comme ceci: quand vous êtes assis dans la concentration en observant votre objet et qu’une pensée émerge, vous êtes conscient de la pensée et vous savez que la pensée passera. Une image apparaît et vous savez que l’image est une illusion comme un nuage et il passera. Vous ne pensez pas que ces pensées. Au lieu de cela, c’est juste une sorte de Conscience ou de compréhension.

Voilà comment la Conscience se transforme vers le fait d’être uni-pointé, en se retirant de ces pensées discursives, distractives et des émotions et des sensations. En d’autres termes, se retirant du fait d’être tout-pointé ou des distractions qui tirent toujours l’attention, nous tenons l’attention à un seul endroit.

Lorsque ce genre de perception surgit spontanément, cela signifie que vous approchez de la porte de dhyana et de samadhi. Cependant, si vous êtes excité ou réagissez, la porte fuira loin de vous. Il faut voir aussi ce désir de samadhi de la même manière. Ne vous laissez pas identifié.

Dhyana et Samadhi surgissent spontanément, par eux-mêmes lorsque les conditions sont bonnes. Ainsi, ne chasser pas Samadhi. Ne voulez pas Samadhi. Au lieu de cela, affinez votre état psychologique. Affiner votre concentration. Retirez-vous, détendez-vous, concentrez-vous.

Développer la Concentration

Pour avancer à travers ces étapes, les pratiquants de toutes les traditions apprennent des exercices simples pour développer la concentration. Cependant, rappelez-vous: la concentration n’est pas la Méditation. La pratique de la concentration est un exercice de formation préliminaire qui mène à la Méditation, mais la concentration n’est pas la Méditation.

La concentration est un exercice de formation, et elle est nécessaire. Si vous voulez apprendre à être un athlète olympique, vous devez faire beaucoup de formation de nombreux types différents. De même, si vous voulez apprendre à être un méditant, vous avez besoin de beaucoup de formation, et les formations primaires sont la formation éthique et la formation de concentration.

La formation pour développer la concentration est d’apprendre à fixer l’attention sur un seul objet et l’y maintenir pendant un certain temps. Dans toutes les traditions du monde, nous trouvons d’innombrables exemples de méthodes pour former l’attention, la concentration, et honnêtement, ils sont tous les mêmes. Vous pouvez utiliser celle que vous voulez. Tous marchent. La clé c’est d’intégrer la Conscience sur ce point d’attention, ce qui signifie tirer l’attention de tout le reste. En d’autres termes, nous apprenons à mettre 100% d’attention sur cette chose, pas 90% avec 10% sur les démangeaisons de notre genou. Placez 100% de votre attention sur l’objet de concentration.

Il y a de nombreux types de techniques que les gens utilisent dans différentes traditions et ils sont tous efficaces: l’observation des objets extérieurs, une partie du corps, une image à visualiser ou à imaginer, un passage de l’Écriture, un son, un mantra, une prière, une flamme de bougie, une lune, une étoile ou l’étendue du ciel ouvert. Tous ceux-la marchent.

Pour vraiment développer la concentration efficacement, elle doit être travaillée tous les jours. C’est un type très rigoureux de formation. Cela ne fonctionne pas si vous le faites 10 minutes par semaine; avec cela, vous n’allez nulle part.

Au début, de courtes sessions sont une bonne idée. Commencez par dix minutes. Si vous pouvez le faire plusieurs fois par jour, c’est encore mieux.

Graduellement, au fur et à mesure que vous commencez à en profiter et à obtenir des avantages de celle-ci, vous pouvez augmenter le temps peu à peu.

En même temps, il est essentiel d’établir l’éthique et la relaxation.

Et, au cours de la journée, faites tout ce que vous faites avec une grande concentration. Lorsque vous faites votre travail, faites votre travail avec attention. Si vous construisez des petits widgets, alors prenez chaque morceau avec une grande concentration et mettez les ensemble avec toutes vos compétences, avec toute votre attention; si vous faites cela, vous devenez toujours un employé très apprécié. Si votre travail est en service pour servir d’autres personnes, alors servez chaque client avec attention, et laissez-moi vous dire, ils sauront que vous faites cela, et chacun d’entre eux apprécieront. Votre patron appréciera aussi, et vous deviendrez très apprécié. De plus, et le meilleur de tous, votre concentration se développera. Lorsque vous conduisez votre voiture, concentrez-vous entièrement sur la conduite. Arrêtez la radio. Atteignez le téléphone. Concentrez-vous! Lorsque vous marchez, marchez. Ne pensez pas! Arrêtez de penser tout le temps. Apprenez à être juste. Apprenez à le faire. Lorsque vous brossez vos dents, brossez les juste. Ne pensez pas! Laissez se reposer le mental. Concentrez-vous sur ce que vous faites dans l’instant, ainsi en toutes choses, en tous lieux, de toutes les façons et vous développerez rapidement la concentration et votre mental deviendra très stable et calme. Votre vie va changer à partir de cette chose simple.

Soyez attentif, présent, concentré, et tous les jours pratiquez la concentration sur un objet. Cela peut être votre souffle, le bout de votre nez, le battement de votre cœur, une divinité, un mantra, vous pouvez aller à l’extérieur et observer la lune, vous pouvez aller à l’extérieur et observer les vagues à la plage ou l’eau dans la rivière, mais ne pensez pas, ne soyez pas distrait par quoi que ce soit. Il suffit d’observer, placez 100% de votre attention sur cette observation et maintenez la pendant 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes et au fur et à mesure que vous le faites votre mental changera rapidement. Vous changez physiquement votre cerveau, en changeant physiquement votre système nerveux, vous changerez votre cœur et surtout vous changerez votre Conscience. Si vous faites cela tous les jours, votre vie va changer, parce que vous changez de l’intérieur. Vos circonstances extérieures sont tout simplement le reflet de ce que vous êtes psychologiquement. Si vous commencez à changer psychologiquement, tout à l’extérieur de vous changera sans exception. Ceci est une loi de la nature. Si vous avez envie de changement, ne vous concentrez pas sur l’évolution des circonstances externes – votre travail, votre ville, vos vêtements – rien de tout cela importe! Ce qui importe est votre état psychologique. Change ça! Le développement de la concentration est un moyen très puissant pour le faire.

Chaque jour pratiquez de cette façon. Si vous pouvez pratiquer une fois par jour, alors c’est merveilleux. Si vous pouvez le faire deux fois par jour alors c’est encore mieux: concentrez-vous en sessions courtes pendant 10 minutes, 15 minutes, surtout en début de matinée. Réveillez-vous tôt, asseyez-vous même sur votre lit et observez une flamme d’une bougie ou une image d’une Divinité ou observez simplement votre respiration pendant 10 ou 15 minutes sans réfléchir. Abandonnez les pensées, concentrez-vous juste et détendez-vous.

Plus important encore, lorsque vous faites cet exercice, ne vous battez pas avec votre mental. Ne vous battez pas avec votre corps ou votre mental. Détendez-vous! La concentration ne doit pas vous rendre tendu. Vous ne devriez pas être crispé. Vous devriez être plus relaxé, physiquement et mentalement.

Plus de Conseils pour Développer la Concentration

Perfectionnez votre éthique. C’est l’aspect le plus important de l’apprentissage de la Méditation, sans exception. Vous ne pouvez pas comprendre les mots Sanscrits, les mots Grecs, les mots Latins, toutes les différentes terminologie que nous utilisons. Peu importe vraiment. Vous ne pouvez pas vous souvenir tous ces mots – Ekagrata, Dharana, Dhyana, Samadhi – ils peuvent tous être rien pour vous et ça va, cela n’a pas d’importance. Ce qui importe est votre éthique. Comprenez cela et vivez éthiquement et si vous avez besoin de comprendre comment faire, à la fin de cette conférence, nous vous recommandons quelques livres à étudier.

Réduisez vos activités mondaines. Pour vraiment développer la concentration et votre vie spirituelle, vous avez besoin de consacrer du temps et de l’énergie à elle et nous avons seulement beaucoup de temps et d’énergie. Essayez de réduire les activités qui sont une perte de temps. Beaucoup de choses que nous faisons sont complètement inutiles. Permettez-moi de souligner un grand – Facebook. Une perte de temps! La plupart des médias sociaux est une perte de temps; la plupart du temps que nous sommes sur Internet est une perte de temps. Alors arrêtez! Au lieu de passer ces heures de navigation non-sens, étudiez une écriture, étudiez les enseignements, méditez, faites une promenade dans la nature. Faites quelque chose de réel. «Réduire vos activités mondaines» comprend beaucoup de choses que nous faisons par habitude qui sont une perte de temps – shopping, se promènent dans les magasins, beaucoup de choses que nous faisons. Donc, trouvez des moyens que vous pouvez réduire les activités mondaines.

Maintenez le silence de la langue et du mental, autant que possible. Le silence de la langue et du mental conduit vers la Méditation. Voilà pourquoi les moines et les nonnes, les prêtres et prêtresses, passent par de longues périodes prolongées de silence: pour stabiliser le mental, pour stabiliser le psychisme. Beaucoup d’entre nous ont cette habitude de parler en non-stop. Ceci est une très mauvaise habitude avec des conséquences néfastes pour nous psychologiquement et, en plus, nous avons tendance à agacer les autres.

Apprenez à vous détendre tout le temps. Pas seulement dans la Méditation, mais tout le temps. La tension reflète un conflit mental. Si vous êtes stressé et que vous avez la tension c’est parce que votre mental est en conflit. Ainsi, résolvez le conflit, détendez-vous. Relaxer le corps aide, mais vraiment pour se détendre à fond, nous devons découvrir la cause de conflits dans notre mental et la résoudre.

Malheureusement, la plupart du temps, les conflits mentaux que nous avons sont des illusions de toute façon. Nous sommes dans notre apparence conflictuelle, notre image, ce que les gens pensent de nous et nous sommes tendus à ce sujet, mais qu’importe. Vraiment, qui se soucie? La plupart des choses auxquelles nous sommes vraiment inquiets n’ont aucun sens, aucune importance. Plus tôt nous reconnaissons cela, plus vite nous pourrons passer à des choses qui ont un sens réel.

Transmutez votre énergie. Épargnez l’énergie et transmutez-là. Au lieu de gaspiller bêtement l’énergie par des explosions de colère et de luxure, épargnez votre énergie. Elle est très précieuse. Chaque atome d’énergie que vous pouvez conserver peut être dédié à développer votre Conscience. Au lieu de la perdre sur la folie, apprenez à la conserver et à la transformer. Encore une fois, pour apprendre davantage sur cela nous avons beaucoup de conférences et de livres que vous pouvez étudier.

Contrôlez vos sens. Nous avons tendance à vivre comme des animaux laissant nos sens nous contrôler et c’est la raison pour laquelle nous souffrons. Par exemple, combien de notre vie est dominée par ce petit un demi-pouce au bout de la langue? Goût! Toujours envie, cherchant toujours à satisfaire les envies de la langue. Combien de temps et d’énergie et d’argent gaspillons-nous et combien pouvons-nous nuire à notre santé à travers les envies de la langue? Des Moines, religieuses, prêtres et prêtresses vivent avec des régimes alimentaires très simples. Très simple! Ne soyez pas esclave de la langue et de ses désirs.

La même chose est vraie de cette petite fraction du paysage du corps qui sont les organes sexuels. La grande majorité de l’humanité vit dominé par les désires des organes sexuels, mais nous devons dominer cela. Si vous voulez vivre comme un animal, continuez, mais comprenez que vous allez aussi souffrir et mourir comme un animal. Mais si vous voulez transcender la souffrance animale, alors vous devez cesser de vivre comme un animal asservis par vos sens.

Nous devons contrôler les sens. Pas seulement les sens physiques qui sont nos yeux et nos oreilles, mais aussi ce que nous écoutons, ce que nous regardons. Tout ce qui vient à travers les sens affecte la Conscience. Quand nous regardons des ordures à la télévision, ces ordures vont dans le mental et nous influencent inconsciemment. Donc, si vous voulez changer votre mental, changez ce que vous regardez à travers vos yeux, changez ce que vous écoutez dans vos oreilles. La musique que vous écoutez, les conversations que vous écoutez, vous affecte émotionnellement et mentalement. Pensez-y! Les gens qui écoutent les conversations à la radio sont généralement très en colère ou très peur parce qu’ils ont été touchés par les haut-parleurs à la radio. S’ils ont fermé la radio leur peur et leur colère se dissiperont. Le problème est que ces gens sont accros à leur colère et à leur peur. Alors, ils aiment écouter les animateurs de radio qui stimulent leur colère et leur peur. Si nous arrêtons de les écouter, nous pouvons devenir calme, mais pour ce faire, nous devons contrôler nos sens. Si vous pouvez le manipuler, fermez le téléviseur, éteignez la radio, fermez l’Internet et voyez comment vous changer. Faites des choix différents et expérimentez. Voyez si vous vous sentez différent après un mois sans télévision, sans radio ni Internet. Vous le serez!

Ne vous battez pas avec le mental. Beaucoup de gens se sentent frustrés dans la Méditation pratique et veulent forcer le mental à se taire et c’est une erreur. Vous ne pouvez pas forcer le mental à se taire. La violence dans le mental conduit à la douleur. Lorsque vous essayez de vous concentrer ou d’essayer de faire une pratique spirituelle, ne vous battez pas avec les distractions, les pensées, l’agitation, l’inconfort. Vous ne les surmonterez pas en combattant avec eux. Vous les surmonterez en vous prélassant à travers elle. L’acceptation, la tolérance, est le plus grand pouvoir. C’est comme traiter avec une personne très en colère. Si vous vous battez avec elle, vous ne faites qu’empirer les choses. Alors, quand votre mental est agité, ne vous battent pas avec lui, parce que vous ne ferez qu’empirer les choses. Soyez serein, soyez doux, ne soyez pas engagé avec lui, et il se dispersera de lui-même.

Enfin, observez la durée du temps que vous pouvez rester concentré avant de devenir distraits. Cela vaut au cours de votre exercice de concentration et également au cours de votre vie quotidienne. Lorsque vous essayez d’être conscient de vous-même, de vous observer et que vous marchez autour de votre maison ou autour de votre lieu de travail, notez: combien de temps restez-vous attentif? Si vous vous levez de votre bureau pour marcher à la cuisine pour obtenir un beignet, pouvez-vous vous rappeler et être attentif de chaque étape que vous faites? Pouvez-vous rester attentif quand vous prenez ce beignet et commencez à manger ce beignet? Ou est-ce que vous devenez distraits à un moment donné le long du chemin par des pensées? «Oh!quelqu’un me regarde» ou «Oh! ils me jugent» ou «quelqu’un d’autre va obtenir le donut avant moi». Pendant combien de temps pouvez-vous rester attentif? Pendant combien de temps pouvez-vous garder le mental et chercher à étendre ces temps?

Exercice Pratique

Au moins une fois par jour, détendez-vous, devenez calme et pratiquez certains Pranayama un peu de temps.

Retirez-vous de tous les sens et concentrez-vous à l’intérieur.

Ensuite, pendant toute la durée de votre pratique, concentrez entièrement votre attention sur une chose. Cela peut être rien du tout. Au début, il est préférable de se concentrer sur quelque chose de concret. Quelque chose comme une chaise, une plante, la lune, et d’observer cette chose constante. Peu à peu au fur et à mesure que vous développez de plus en plus de concentration, vous pouvez travailler avec de plus en plus des sujets abstraits comme des mantras, des images visualisées, ou des sons.

Livres Utiles à Étudier:

La Grande Rébellion

Traité de Psychologie Révolutionnaire

 

Vous pouvez retrouver cet article en version anglaise : Concentration